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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 15:16

Hommage 2 à Georges Simenon, né le 12 février 1903.

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années parisiennes. 1923 - 1931.

De son vivant, Simenon a intrigué bon nombre de journalistes, de critiques et de chroniqueurs, et bien évidemment de lecteurs.

Les études et articles consacrés au plus Français des Belges sont donc extrêmement nombreux, avant et après sa mort.

De tous ceux qui sont parus en cette année 1990, les ouvrages de Jean-Christophe Camus comptent parmi les plus intéressants. A plusieurs titres.

D'abord au point de vue recherche et situations du personnage dans une époque qui peut paraître magique et féérique pour certains d'entre-nous. Les années d'après-guerre, des années de décompression, d'insouciance, une impression. Alors que dans d'autres récits, je pense notamment au Simenon de Stanley Eskin paru aux Presses de la Cité, certains faits sont juste évoqués, suggérés, ici ils sont décrits avec humour et émotion, dans un esprit de véracité et d'impartialité.

Le fameux bal anthropométrique par exemple, qui devait fêter la mort de Georges Sim et la naissance de Simenon, le grand coup de publicité réalisé avec l'aide de l'affichiste Paul Colin pour la parution des premiers Maigret, les officiels, chez Fayard. Ou encore cet amour payé de retour avec celle qui fut surnommé la Perle Noire, Joséphine Baker.

Egalement les ancêtres littéraires de Maigret. Maigret qui apparait en coup de vent, dont la silhouette se dessine dans des romans édités chez Tallandier ou qui se cache sous les traits de l'inspecteur Sancette, alias 107,alias G7, alias L53... Les anecdotes foisonnent mais sans sombrer, et je pense là encore au livre de Stanley Eskin, sans sombrer dans une recherche systématique de la vie sexuelle de l'écrivain.

De plus, les reproductions en couleurs d'une quinzaine de couvertures de romans écrits dans les années 1920 par celui qui fut surnommé le romancier-vapeur et les fac-similés d'articles et de dessins parus dans la presse de l'époque, apportent la note d'authenticité à un texte qui se lit comme un roman.

Simenon, bourreau de travail, bourreau de plaisirs, avide de découvertes, nous étonnera toujours. Une imagination débordante, certes, mais alliée à un emploi de situations, de personnages et d'aventures, ou mésaventures, survenues au créateur de Maigret.

Simenon, romancier populaire, aura réussi sa carrière pratiquement comme il l'avait souhaité. Cependant il restera obnubilé toute sa vie par une obsession : faire de la littérature, de la vrai. Avec un souhait qui, lui, ne sera jamais exaucé, recevoir le Prix Nobel de littérature. Mais il possède un lectorat ce qui est primordial lorsqu'on est écrivain.

Simenon, adulé de son vivant, conspué par des pisse-froid en mal de copie, lié d'amitié avec des célébrités telles que Renoir, Marcel Achard, et bien d'autres, ne pourra jamais tomber dans l'oubli.

 

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années parisiennes. 1923 - 1931. Editions Hatier. Parution 1990. 260 pages.

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 14:19

Hommage à Georges Simenon, né le 12 février 1903.

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années du journalisme. 1919 - 1922.

Lorsque Georges Simenon entre, en forçant la porte du directeur, au journal La Gazette de Liège, il n'a pas encore seize ans.

Quinze ans et onze mois pour être précis.

Pourtant ce n'est pas cette volonté de travailler, de devenir journaliste qui m'a le plus étonné, surpris, mais c'est bien la maturité, le ton incisif, gouailleur, l'esprit caustique, impertinent, la facilité d'écriture de ce débutant, de cet adolescent, qui imprègnent les chroniques rédigées par Georges Simenon.

Des billets poétiques à la gloire de sa ville natale aux féroces diatribes envers les édiles socialistes, Simenon, alias Georges Sim, alias Monsieur Le Coq, se fait la main, emmagasinant souvenirs, odeurs, recherches sur la nature humaine pour mieux nous les restituer à travers ses romans, mémoires et dictées.

Simenon possède un insatiable appétit de vivre, se montrant boulimique de lectures, de femmes. De seize à dix-neuf ans, par ses écrits parfois virulents dans La Gazette de Liège, mais également dans d'autres publications, il affine son écriture. Il se veut le témoin de son temps et devient le chantre des petites gens que l'on retrouvera tout au long de ses romans, la série des Maigret bien évidemment, mais aussi tous ses romans dits littéraires et surtout noirs.

Jean-Christophe Camus, journaliste lui-même à La Gazette de Liège, met ses pas dans les traces du jeune Sim qui deviendra le grand Simenon, réalisant une monumentale étude de caractère de celui qui excellait dans ce genre.

Un récit passionnant dans lequel on découvre le père de Maigret avec ses joies, ses colères, ses farces, sa jeunesse, son appétit de la vie. Un regard neuf sur un écrivain que l'on croyait connaître.

De très nombreuses illustrations, des reproductions, des fac-similés de journaux complètent cet ouvrage passionnant de bout en bout.

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années du journalisme. 1919 - 1922. Editions Hatier. Parution décembre 1989. 222 pages.

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 14:32

Hommage à Jules Verne né le 8 février 1828.

Lionel DUPUY : En relisant Jules Verne.

Voyage au centre de la Terre, Le tour du monde en 80 jours, Le château des Carpathes, Vingt milles lieues sous les mers, L’île mystérieuse, tout le monde a entendu parler de ces célèbres romans de Jules Verne, à défaut de les avoir lu.

Chacun en garde un souvenir impérissable tant les mondes décrits par Jules Verne entraînaient le lecteur dans des aventures fabuleuses. Peut-être moins aujourd’hui que les inventions décrites par ce visionnaire sont devenues réalité voire dépassées.

Lionel Dupuy nous propose une relecture de ces cinq romans, en relevant des aspects parallèles, des similitudes, des procédés littéraires qui méritent d’être mis en évidence. Ainsi les volcans sont quasi présents dans l’espace géographique mis en scène par Jules Verne même si à priori ceux-ci ne sont pas visibles.

Pourtant si dans Voyage au centre de la Terre, le volcan est bel et bien présent car la remontée des explorateurs s’effectue par le Stromboli, dans Le château des Carpathes, le col où se situe l’édifice en question se nomme Vulkan. L’île en général aussi joue une importance toujours présente dans l’esprit de l’auteur, mais ce ne sont que deux points pris au hasard.

L’espace et le temps sont des facteurs primordiaux dans la construction de l’œuvre, pas forcément mis en évidence. D’ailleurs à ces romans on pourrait ajouter Michel Strogoff puisque l’envoyé du tsar doit traverser la Russie jusqu’à l’autre bout du continent asiatique et afin de réussir sa mission lutter contre le temps. On pourrait également dire que Jules Verne pratiquait l’écologie avant l’heure.

Les ouvrages sur Jules Verne sont légion en ce moment mais l’étude de Lionel Dupuy s’avère intéressante dans le sens où les romans de Jules Verne incitent aussi à la réflexion, démarche pas toujours entreprise lorsque nous dévorions ces romans lors de notre préadolescence.

 

Lionel DUPUY : En relisant Jules Verne. Un autre regard sur les Voyages Extraordinaires. Editions La Clef d’argent. Parution février 2005. 176 pages. 12€.

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 10:29

Bon anniversaire à Hubert Prolongeau

né le 27 janvier 1962.

Hubert PROLONGEAU : L’assassin de Bonaparte.

Le décor, l’ambiance, la restitution de scènes historiques sont aussi pour Hubert Prolongeau les ressorts principaux utilisés, la partie enquête n’étant qu’un ingrédient dilué dans l’histoire.

Lors de la campagne d’Italie en 1796, le jeune Sébastien Cronberg, d’origine franco-allemande, voit sa mère et une partie des habitants du village où il habite passés par les armes, désignés au hasard par Lannes.

Il ressent une terrible envie de vengeance envers Bonaparte et va tenter de l’assassiner. Curieusement, son forfait ne peut être perpétré, et Cronberg va s’enticher de ce général qui ne pense qu’à rejoindre sa femme Joséphine.

De retour à Paris, Bonaparte confie une mission délicate à Cronberg. Retrouver des missives qu’il aurait écrite et qui ont été dérobées lors du meurtre de Barbey, un proche du Directoire.

 

Etonnant que ce revirement dans les sentiments d’un jeune homme meurtri physiquement et moralement par Bonaparte et ses hommes et qui deviendra le plus fervent défenseur de celui qui déjà est considéré comme un futur dictateur.

La reconstitution de la tuerie du village de Binasco, près de Pavie, est un moment d’horreur tel qu’ont pu en connaître certains habitants de bourgades décimées lors de la seconde guerre mondiale, les moyens n’étant pas les mêmes mais les représailles si.

Et la ferveur napoléonienne, la fascination envers celui qui deviendra Napoléon 1er, ressemble un peu à celle ressentie par les Allemands, du moins une partie de la population, envers qui vous savez.

 

Première édition Le Masque moyen Format. Parution décembre 2001.

Première édition Le Masque moyen Format. Parution décembre 2001.

Réédition Le Livre de Poche Policier N°35009. Parution janvier 2005.

Réédition Le Livre de Poche Policier N°35009. Parution janvier 2005.

Hubert PROLONGEAU : L’assassin de Bonaparte. Réédition J'Ai Lu Librio. Collection J'Ai Lu Roman. 15 octobre 2014. 384 pages. 7,60€.

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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 13:54

Hommage à Paul Gerrard, décédé le 19 janvier 1994.

Paul GERRARD : Le masque de verre.

La petite Nathalie ne se sentait pas à l'aise dans cette propriété immense gardée par deux grands dogues jaunes et blancs, deux molosses aux yeux roses.

Rien que de les voir, de les sentir tournicoter autour d'elle, lui coupait les jambes. Et quand on a les jambes coupées, on ne court pas vite, ce qui est vraiment dommage car deux malabars qui vous filent le train à longueur de journée avec comme idée fixe de goûter à vos mollets dodus, ce n'est guère rassurant.

Elle avait bien raison de se méfier Nathalie, qui malgré les mises en garde et objurgations de toutes sortes, s'est affolée.

Terminer sa destinée comme pâtée à chiens n'est pas une destinée rêvée et pourtant c'est ainsi que Nathalie va perdre la vie.

Ceux qui sont bien embêtés, ce sont les membres de la famille Hiricalde, car non seulement il va falloir trouver une remplaçante à la jeune fille sans que le voisinage se doute de quoi que ce soit, mais de plus l'odeur de l'argent, sous forme d'héritage commence à titiller agréablement leurs narines. Et les Hiricalde auraient bien besoin d'argent frais pour renflouer l'entreprise familiale.

 

L'univers décrit par Paul Gerrard dans ses romans est résolument noir, même si transparaissent parfois des pointes d'humour. Dans les années 1960, Paul Gerrard avait fait les beaux jours de la collection Un Mystère, mais les modes, les goûts changent, et Paul Gerrard était tombé dans un purgatoire qu'il ne méritait pas. Heureusement le directeur du Masque, collection qui dans les années 1980 était en pleine mutation, l'avait sorti des oubliettes ainsi que bien d'autres romanciers qui avaient marqué une génération de lecteurs.

En effet outre ses romans noirs pour adultes, Paul Gerrard avait adapté pour la jeunesse des ouvrages publiés dans des collections comme Rouge et Or au début des années 1950, des romans qui ont pour titre Le dernier des Mohicans, Les contes des Mille et une nuits ou encore Les Trois mousquetaires pour ne signaler que les plus célèbres, mais également sous le nom de Paul Berna écrit une petite trentaine de romans juvéniles dont le célèbre Cheval sans tête (Gd prix de littérature du salon de l'enfance 1955) qui a été réédité à moult reprises.

 

Réédition Le Masque Jaune N°2003. 1990.

Réédition Le Masque Jaune N°2003. 1990.

Paul GERRARD : Le masque de verre. Collection Un Mystère N°755. Editions des Presses de la Cité. Parution 1965. 192 pages.

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 10:22

Bon anniversaire à Jacques Vettier,

né le 8 décembre 1959.

 

Jacques VETTIER : Sous les nuées vertes.

Dans les années 2060 existent encore, et peut-être plus qu’aujourd’hui, les S.R., les Sans Revenus.

Ils quémandent un morceau de viande que leur jettent, comme aux animaux des zoos, les nantis. Pas toujours par bonté d’âme mais en protection car la bidoche peut parfois être contaminée. Ce ne sont que des cobayes.

Sortant d’une boucherie devant laquelle s’agglutinent les S.R., une jeune femme refuse de jeter son obole, arguant qu’elle possède déjà ses propres pauvres.

Un délit que ne manque pas de sanctionner Jess Monroni, un civpol, sorte mutante de milicien. Seulement la contrevenante s’avère être une huile, un juge chargé des délits d’information, sous-entendu, elle fabrique des dossiers avant de les transmettre au Parquet.

Un avatar dont se serait bien passé Jess qui le lendemain est trahi par son chef, lequel l’accuse de frayer avec des marginaux et peut-être même avec Macno.

Mais les relations entre la justice et les forces de l’ordre ne sont pas toujours très claires, Jess va rapidement s’en rendre compte et que les manipulateurs sont souvent manipulés et vice versa.

 

Sous une enveloppe S.F., Jacques Vettier nous propose un univers noir du XXIe siècle, un monde régit par la magouille, asservi aux forces de l’ordre lesquelles sont dominées par une Justice qui n’accepte que les coupables qui lui conviennent, en fabriquant à l’occasion.

Serait-ce une parabole, une parodie de ce que nous vivons aujourd’hui ? Pourquoi pas, il n’y a qu’à lire les journaux et écouter la radio.

Jacques VETTIER : Sous les nuées vertes. Collection Macno N°12. Editions Baleine. Parution avril 1999. 196 pages. 8,00€.

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 15:11

Contrairement à Serge Gainsbourg qui chantait Je suis venu te dire que je m'en vais, Michel Averlant est parti, sans tambour ni trompette, sur la pointe des pieds, rejoindre le Paradis des romanciers et des directeurs littéraires.

Michel Averlant en compagnie de Maurice Bernard Endrèbe et Igor B. Maslowski. Photo de R. Landin

Michel Averlant en compagnie de Maurice Bernard Endrèbe et Igor B. Maslowski. Photo de R. Landin

C'est par un contact Facebook (je n'aime pas le vocable d'ami lié à Facebook, cela me donne l'impression de faire partie d'une secte), que j'ai appris le décès de Michel Averlant le 23 septembre de cette année 2015. Apparemment, à preuve du contraire, les médias et magazines spécialisés n'ont pas évoqués cette disparition, alors un petit hommage se devait de lui être rendu pour bons et loyaux services.

Né le 2 février 1931 à Malo-les-Bains (Nord) et après de multiples petits boulots, Michel Averlant intègre Détective-Club, dirigé par Frédéric Ditis, le 16 août 1953. Officiellement il sera secrétaire, mais ses missions sont diverses : taper le courrier, faire les paquets, établir les factures, corriger les épreuves et séduire... les critiques. Ceci de 1953 à 1955, arrêt de Détective-Club.

Frédéric Ditis crée alors La Chouette en compagnie de Geneviève Manceron, qui avait intégré la petite équipe en 1954, et Michel Averlant. Ditis avait décidé de se passer des auteurs et de se partager le travail à trois. C'est ainsi que les premiers paraissent sous les noms de Michel Averlant, qui pensait prendre un pseudonyme mais y a finalement renoncé, et de Bruno Bax, alias derrière lequel se cachait Geneviève Manceron

Frédéric Ditis trouvait des idées de livres et les confiait à des nègres qui en faisaient des canevas. Puis Geneviève Manceron et moi devions rédiger les bouquins au rythme de six par an.

Des rééditions complétaient cette première livraison, des Anthony Morton, créateur de la série Le Baron, et des rééditions issues du catalogue Détective-Club, dont Ange de William Irish.

Avant d'entrer chez Ditis, je ne lisais guère de romans policiers. Je trouvais cela plutôt rasoir. Les écrire, j'ai trouvé cela encore plus rasoir ! J'avais horreur d'écrire, j'avais horreur de Ludovic Martel, mon "héros". J'avais horreur des canevas que pondait ce nègre. C'était un type très gentil que j'ai rencontré après et qui trouvait que je gâchais ses idées.

Ensuite Michel Averlant part aux Etats-Unis pour étudier l'anglais pour devenir traducteur à temps complet. Il rentre en France à la demande de Ditis en 1966 afin de s'occuper de la collection J'ai Lu Policier. Puis J'ai Lu policier cède le pas également. Il travaille également pour la radio, adaptant notamment La Dame du lac de Chandler, et a travaillé pour quelques épisodes de L'homme à la voiture rouge d'Yves Jamiaque, un feuilleton-radiophonique qui connaissait alors un énorme succès.

La raison de cet abandon ?

Parce qu'on ne vendait plus qu'à 25 000 exemplaires, ce qui, à l'époque, n'était pas suffisant.

Ensuite Michel Averlant devient chef de fabrication lorsque Jacques Sadoul entre chez J'ai Lu en 1968. Il assure les traductions, les corrections, et entre 1978 et 1982 effectue de nombreuses "fugues" pour aller vivre durant trois mois au Brésil, revenant en France trois mois puis repartant. Lattès lui propose alors de travailler chez Hachette puis Le Masque.

J'étais stupéfait ! Je croyais la collection morte et enterrée depuis longtemps. Lattès m'a proposé d'y faire ce que je voulais.

 

Michel Averlant dépoussière la vieille dame et crée deux nouvelles collections internes au Masque : Les Maîtres du Roman Policier puis Les Reines du Crime, rééditant des classiques devenus introuvables publiés à l'origine au Masque ou dans des collections comme L'Empreinte, Détective-Club, La Tour de Londres...

Surtout il fait retraduire les romans d'Agatha Christie, lesquels avaient connus des coupes lors de leurs premières parutions. Il remet au catalogue les romans de John Dickson Carr et propose de très nombreux inédits. Et il ouvre son catalogue à de jeunes auteurs étrangers leur permettant de se faire connaître. Réginald Hill, Peter Lovesey, ou encore Ruth Rendell qui avait déjà publié par ailleurs mais dont le nom brille d'une aura scintillante, ou encore des Français tels que Michel Grisolia, Alexis Lecaye alias Alexandre Terrel, Paul Halter, Andréa H. Japp...

Michel Averlant était un homme très discret et il n'existe guère de photos de lui.

Sources : Les métamorphoses de la Chouette. Ouvrage de Jacques Baudou et Jean-Jacques Schleret. Futuropolis. Octobre 1986. Entretien réalisé par Jacques Baudou et Jean-Jacques Schleret en février 1986.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 15:23

Hommage à Alexandre Dumas, décédé le

5 décembre 1870.

Alexandre DUMAS : Sur Gérard de Nerval.

Le 26 janvier 1855, Gérard de Nerval est découvert pendu rue de La Vieille Lanterne à Paris.

Un suicide dû à un accès de folie. Cette folie qui depuis des années taraude par intervalles Gérard de Nerval et inquiète ses amis dont Dumas. Une folie peut-être héréditaire, mais due également à des états dépressifs chroniques, des difficultés financières constantes et la mort du grand amour de Nerval, la cantatrice Jenny Colon.

Dumas voue à Gérard de Nerval une amitié sincère, désintéressée, l'aidant même par tous les moyens. Moyens financiers certes, mais également en l'associant à l'écriture de certaines pièces de théâtre. Ce sont ces relations et ce décès que raconte avec sensibilité, émotion, tendresse, Alexandre Dumas.

Avec une certaine superficialité mais souvent avec lyrisme.

Dumas est avant tout un conteur et il ne peut s'empêcher de digresser, sur la mort de sa mère par exemple, sur son amitié pour le Duc d'Orléans, sur les poèmes d'Antony Deschamps...

Parfois excessif dans la démonstration de ses sentiments, de ses peines, Alexandre Dumas sait également se montrer persuasif et même prophétique lorsqu'il écrit :

Comme tous les talents fins, distingués et poétiques, Gérard de Nerval était peu populaire... A notre avis la réputation de Gérard n'en sera pas moins durable, au contraire, bien des torches que l'on croyait éternelles pâliront et s'éteindront, tandis que sa lampe confiée aux soins de cette vestale qu'on appelle la Poésie ira toujours plus vivante et de plus en plus lumineuse.

 

La préface de Claude Schopp, le spécialiste de Dumas, est un régal.

Claude Schopp se pose cette question : Dumas aurait-il lié deux textes préexistants lorsque Nouveaux Mémoires, Dernières Amours parurent en feuilleton dans le journal Le Soleil ?

Pour ma part j'en suis persuadé, car page 127, Alexandre Dumas écrit Le terrain... est compris dans un grand carré marqué par six magnifiques sapins plantés lors de la mort de mon père. Aujourd'hui ils en ont quarante neuf [ans] et sont magnifiques.

Sachant que le père d'Alexandre Dumas est mort en 1806, on peut dater ces lignes en 1855.

Mais si l'on se fie, à la page 203, où on peut lire : Vingt-quatre ans après [le voyage à l'île d'Elbe en compagnie du Prince Napoléon], à l'époque où j'écris ces lignes... il n'y a qu'à additionner 1842 date du voyage, plus 24, cela donne 1866. A moins que quelque chose m'ait échappé !

Quoiqu'il en soit ce texte de Dumas est chaleureux et se révèle comme une ode à l'amitié.

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 13:32

Hommage à Cornell Woolrich, alias William Irish, né le 4 décembre 1903.

William IRISH : Le territoire des morts

En apparence anachronique, ce roman de William Irish reflète pourtant l'un des thèmes majeurs de l'œuvre de l'auteur : le pessimisme.

Pessimisme qui conduit les héros malgré eux, une invitation aux retrouvailles de l'autre côté du monde réel, du monde des vivants.

Les romans qui se terminent bien, à la conclusion heureuse, sont fait rare chez Irish. C'est l'amour passion, l'amour coup de foudre qui prime, trouvant son aboutissement et son apogée dans la tourmente. L'amour éternité ne peut se réaliser qu'après d'âpres combats, dans un au-delà mythique.

Un homme aime une femme sur une vision, une rencontre fortuite, mais est-ce vraiment le déclic émotionnel ou seulement les prémices à une autre passion plus ravageuse, plus intellectuelle ?

Pour cela il faudrait analyser toute l'œuvre de William Irish, et surtout se reporter à sa vie privée et des incidences qu'elle eut sur justement son œuvre. Que ce soit au travers des romans mondialement connus tels que La sirène du Mississippi, La mariée était en noir, J'ai épousé une ombre, Lady Fantôme et d'autres moins connus mais tout aussi intéressants, comme ce Territoire des morts, l'amour contrarié est viscéralement ancré. Mais si Le territoire des morts aborde un thème plus fantastique, il n'a garde d'oublier les relations émotionnelles homme/femme.

 

Parce qu'il est en panne de voiture, Larry frappe une nuit à la porte d'une habitation perdue dans la nature. A l'une des fenêtres du premier étage s'inscrit en blanc le visage d'une jeune femme. Coup de foudre réciproque et Larry enlève Mitty.

Après le mariage devant un juge, ils partent en voyage à bord d'un bateau. Lors de l'escale de Puerto Santo, Mitty descend à terre. Larry s'inquiète, descend lui aussi, fouille la ville à la recherche de son épouse, et lorsqu'enfin il la retrouve, le bateau a levé l'ancre.

Commence alors une étrange histoire. Irrésistiblement Mitty est attirée par ce qui se trouve de l'autre côté de la montagne. Pourtant tous les témoignages concordent et sont formels : il n'y a rien de l'autre côté, personne. C'est le Territoire des morts.

 

Dans une histoire à la Ridder Hagard, William Irish a su créer une atmosphère insidieuse, envoûtante, diabolique, toute à l'image de son œuvre.

Première édition, tirage limité : Sinfonia. 1987.

Première édition, tirage limité : Sinfonia. 1987.

William IRISH : Le territoire des morts (Savage Bride - 1950 ou 1952. Traduction de Gérard de Chergé). Collection Série 33. Editions Clancier-Guénaud. Parution avril 1988. 256 pages.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 13:10
Michel CHEVRON : J'irai faire Kafka sur vos tombes.

Bon anniversaire à Michel Chevron

né le 27 novembre 1945.

Michel CHEVRON : J'irai faire Kafka sur vos tombes.

Vlad, l'aide-cuistot de Gérard, le patron du restaurant Au pied de porc de la Sainte Scolasse, est ami avec un réfugié roumain José.

Celui-ci a confectionné les axes du train d'atterrissage pour le Polikarpov, l'avion cher au Poulpe. En échange, l'émigré désire que Gabriel Lecouvreur, alias le Poulpe, enquête sur la disparition d'un couple de Roumains.

Le Poulpe se rend donc à Sainte-Croix-des-Eaux, près de Confolens, un petit village sous la botte d'un édile qui possède une milice dont l'amusement principal est de traquer des Roumains venus en France illégalement.

Ces étrangers sont parqués dans un enclos, derrière un mur surnommé la Muraille de Chine, et lorsqu'ils tentent de s'échapper, ils sont chassés, abattus comme des bêtes. Il n'en faut pas plus pour exciter la curiosité du Poulpe et alimenter sa colère envers des pratiques ségrégationnistes.

Le Poulpe va côtoyer des personnages étranges dont le moindre n'est pas José, ouvrier qui chante dans une chapelle désaffectée transformée en salle de concert, déguisé en Drag Queen.

 

Cette nouvelle aventure du Poulpe, dans lequel ce héros moderne campe le personnage d'un Rambo hargneux et fragile à la fois, nous entraîne dans un univers médiéval, onirique, vampirique, voire gothique, résurgence d'une aura de superstition que cultive certaines campagnes.

Déroutant et captivant, ce roman s'inscrit comme une parenthèse dans la mission libératrice et justicière que s'impose comme un postulat notre ami le Poulpe.

Quant au titre il prend sa véritable signification dans l'explication fournie par l'une des protagonistes du roman mais ne comptez pas sur moi pour vous la révéler.

Michel CHEVRON : J'irai faire Kafka sur vos tombes. Le Poulpe N°35. Editions Baleine. Parution octobre 1996. 140 pages.

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