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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 13:28

Bon anniversaire à Béatrice Nicodème

née le 26 novembre 1951.

Béatrice NICODEME : Mauvaise rencontre.

Anna, fâchée avec son compagnon Pascal, décide de partir seule, dans sa petite voiture, alors que la nuit se profile à l’horizon.

Elle est avide d’indépendance, ressentant un besoin de liberté totale pour s’exprimer pleinement dans la peinture, son travail et sa passion. Un banal accrochage avec un animal, sa voiture qui tombe en panne, et c’est le début des ennuis.

Anna voit, ou croit voir dans les frondaisons baignées d’obscurité d’étranges silhouettes se livrant à d’inquiétantes activités. Elle se résout à contre cœur à faire appel à son ex puis rentre chez elle pour recevoir un appel anonyme.

Le premier d’une longue série qui empoisonne son existence. Le temps passe, dans un début de chaos cérébral, elle héberge une amie Fanny, retrouve un ancien condisciple de l’école de peinture qu’elle a fréquenté pendant quelques années, continue à donner des cours à des étudiants plus ou moins doués.

Jusqu’au jour où, les appels téléphoniques anonymes ne suffisant plus elle est confronté à un cadavre gisant dans son petit appartement. Nul doute, quelqu’un lui en veut. Qui persécute Anna et pourquoi, Béatrice Nicodème se charge de vous le révéler dans ce nouveau roman sélectionné pour le prix du roman d’aventures.

 

Bon roman de suspense, mais un peu faible comparé à La tentation du silence, Mauvaise rencontre joue avec les nerfs du lecteur.

L’intrigue est menée tambour battant, l’ambiguïté des personnages reste plausible, toutefois l’épilogue qui joue sur une coïncidence, le hasard a souvent bon dos, est un peu tiré par les cheveux.

Toutefois ne boudons pas notre plaisir et apprécions ce cru qui n’est pas exceptionnel mais se laisse déguster.

 

Béatrice NICODEME : Mauvaise rencontre. Le Masque jaune N°2455. Parution septembre 2001. 250 pages. 7,50€.

Existe au format Kindle : 4,99€.

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 13:33

Bon anniversaire à Pierre Pelot, né le 13 novembre 1945.

Pierre PELOT : Après le bout du monde.

Englué dans la grisaille, la brume et la pluie, Nicolas Courot se demande dans quelle galère il s'est fourvoyé.

Quatre jours qu'il est dans ce camp, au cœur de la Papouasie Nouvelle Guinée, avec Adine la photographe et Zuchetto son commanditaire. Et voilà que l'un des chercheurs d'or, un nommé Dimenbal vient de décéder, lors d'un glissement de terrain.

Nico sent le coup fourré, mais il est incapable de discerner d'où ça provient. Adine vient de lui donner des patates, à moitié cuites, que l'un des indigènes lui a apportées. Caché dans l'une d'elle, un petit trésor constitué de pépites, la fortune de Dimenbal peut-être.

Nico regrette ce voyage entreprit à la demande de Zuchetto. Ce n'est pas qu'il était bien à Paris, mais là, c'est pire que tout. Cinéaste passé de mode, spécialiste des documentaires, Nico est sur la pente descendante. Sa famille se disloque et il n'est plus en odeur de sainteté auprès des différentes chaînes de télévision pour qui il travaillait.

Zuchetto s'est érigé en sauveur un jour, en se pointant à la terrasse d'un café où Nico réfléchissait sur son avenir. Et le voilà à se demander qui a pu glisser les pépites dans le tubercule et à quelles fins.

 

Délaissant le temps d'un roman sa région de prédilection, les Vosges, Pierre Pelot nous entraîne au cœur d'un pays pauvre et riche à la fois, enfer et paradis.

Les chercheurs d'or païulas, véritable secte, vivent comme à l'âge préhistorique, et entassent les billets verts, fruits de leurs fouilles. Ils gardent jalousement leur territoire, en haut de la montagne, la jungle les séparant de Port Moresby, la capitale. Ils possèdent des téléviseurs à pile qui ne captent que difficilement les images ,et ne sont vêtus en tout et pour tout que d'un étui pénien la plupart du temps.

Un roman exotique d'atmosphère dans lequel on reconnaît le coup de patte de Pierre Pelot, auteur prolifique mais jamais décevant.

 

Pierre PELOT : Après le bout du monde. Coll. Aventures sans frontières N°5. Editions Fleuve Noir. Parution novembre 1995. 220 pages.

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 13:51

Bon anniversaire à Gilbert Picard, né le

1er novembre 1927.

Gilbert PICARD : Monsieur le Maire.

Malgré la mise en garde de l’auteur, on ne peut s’empêcher de mettre un nom et un visage sur le personnage de ce roman.

Ses initiales, sa description physique, ses antécédents, ses prises de position et son parcours politique sont précis et transparents. Les événements décrits dans cet ouvrage sont trop proches de ceux relatés par les médias depuis quelques mois (lors de la parution du roman) pour ne pas les superposer aux avatars niçois.

Maire d’une ville florissante de la Côte d’Azur, dont le nom n’est jamais cité, mais ne peut abuser personne, Joël Modane gère sa cité d’une façon paternaliste, confondant ses intérêts avec ceux de sa municipalité. Ses relations affables avec ses concitoyens en font un homme estimé de tous, parfois même idolâtré. Les menus services qu’il rend, pour démagogiques qu’ils soient, forcent la sympathie et la popularité.

Cependant chaque médaille comporte son revers. Celui de Joël Modane se nomme Robert Gallois, gérant d’un supermarché. Gallois ayant refusé de signer un contrat publicitaire avec un journal local dépendant d’une société créée par le maire, celui-ci n’entérine pas la demande d’extension du supermarché, favorisant l’implantation à proximité d’une grande surface concurrente.

Ruiné, Gallois décide de se venger et porte des révélations au Canard enchaîné sur la fortune de Modane qui sent peu à peu s’effriter autour de lui les fondations de son petit empire. Son allié, le préfet, est relevé de ses fonctions, premier d’une série de coups durs pour le maire qui pense déjà à l’exil. Après la Société varoise d’éditions, une autre de ses sociétés est dans le collimateur du président de la Chambre régionale des Comptes : la Sodéfinco, société financière chargée de renégocier les taux d’intérêts des emprunts de la municipalité, et qui aurait versé des commissions à deux autres sociétés dont il est le président.

 

Tribun à la dialectique féroce et à l’éloquence aisée, Modane a tendance parfois à s’emporter, ne se contrôlant plus dans ses déclarations. Habilement décortiquée de son contexte, une de ces phrases se révèle comme une bombe amorcée par les infos régionales puis nationales, mettant en émoi le monde politique.

L’affaire Modane dépasse les frontières françaises et le père de Suzy, banquier scrupuleux, enquête sur les agissements de son gendre et l’implantation de ses sociétés américaines, mettant sa fille en garde. Traqué, Modane se réfugie derrière ce qu’il pense être une porte de secours. Si l’on continue à le persécuter, il se fait fort de dévoiler certaines magouilles de ses adversaires politiques.

Mais, dans l’ombre, Robert Gallois continue d’alimenter en informations la presse satirique. De tous les côtés, les partis politiques lâchent le maire, ne voulant pas être mêlés, de loin ou de près, au cloaque financier dans lequel Modane s’embourbe.

 

 

Le personnage de Modane, que tout un chacun aura reconnu, oscille entre le cynisme et la naïveté.

Persuadé d’avoir œuvré en toute légalité pour l’expansion de sa ville, il s’inscrit en marge des lois. Cet homme est adulé par les humbles qui le reconnaissent comme leur maître et leur dieu. Un mélange de paternalisme et de féodalité.

Gilbert Picard, tout en le montrant souvent sous son plus mauvais jour, lui accorde quelques excuses implicites. D’ailleurs ne fait-il pas dire à Me Lauteri, expliquant la situation à son ami : « On trouvera bien un journaliste, de préférence de la région, qui écrira un livre plutôt complaisant à votre égard. »

 

Gilbert PICARD : Monsieur le Maire. Collection Saga. Editions Hermé. Parution avril 1991. 294 pages.

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 13:53

Bon anniversaire à André Besson né le 27 octobre 1927.

André BESSON : Les randonneurs.

Renouant avec la tradition familiale, les frères Borel, Léon et Jean-Luc, vivent de la contrebande. Ils vivent aux Rousses dans le Jura et passent fréquemment en Suisse. Pendant la guerre ils ont convoyé des clandestins et passer du courrier.

Après la Libération ils ont été contactés par un ancien chef de réseau de la Résistance reconverti dans la pègre pour aider des repris de justice à se rendre en Suisse et transporter des marchandises illicites.

Léon doit passer en fraude une coquette somme d’argent mais il est pris dans un guet-apens. Leur correspondant Suisse avertit Jean-Luc que son frère ne s’est pas présenté au rendez-vous comme convenu. Jean-Luc reçoit un mandat expédié par son frère et Anne-Marie, une jeunette peu farouche, lui affirme que Léon lui a téléphoné. Il reste toutefois inquiet, d’autant que trois malfrats viennent aux nouvelles, le fameux colis n’ayant pas été livré. Fini l’exotisme.

 

Besson campe son intrigue dans un décor qu’il connaît bien, le Jura. Comme dans bien des romans il veut faire tomber certains tabous puisqu’il met en scène deux frères, l’aîné amoureux d’une aubergiste, mère d’une jolie rousse émancipée qui couche, entre autres avec le cadet.

Les personnages sont parfois un peu stéréotypés, notamment ceux des truands, mais l’histoire est prenante même si l’épilogue est un peu téléphoné.

On pourra regretter que sacrifiant à la pagination, André Besson n’ait pu s’exprimer pleinement pour planter d’une façon plus approfondie le magnifique paysage qui sert de décor.

André BESSON : Les randonneurs. Spécial Police N°1209. Editions Fleuve Noir. Parution 4ème trimestre 1975. 224 pages.

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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 12:44

Hommage à Brice Pelman, décédé le 17 octobre 2004.

Brice PELMAN : Attention les fauves.

Patrick et Marieke, les jumeaux de onze ans, n’ont pas du tout envie d’aller en pension. Ils n’envisagent pas cette possibilité une seconde, quel qu’en soit le prétexte.

Depuis le décès de leur père deux ans auparavant ils vivent seuls avec leur mère qui pour des raisons d’économie a loué une petite maison dans l’arrière pays niçois. Afin de subsister elle effectue des traductions pour une maison d’édition parisienne. Alors, lorsque ce matin-là en se levant ils découvrent leur mère décédée, ils décident de ne rien dire, de ne rien faire, de gérer leur emploi du temps en se conduisant comme la veille et les jours précédents.

Doria, leur mère, est allongée sur son lit, sa langue est noire. Aussitôt Patrick avance l’hypothèse de la peste. Mais comment pourrait-il savoir que la veille au soir, alors qu’il dormait, tout comme sa sœur, leur voisin, Jourdain, est venu rendre visite à leur mère sous un prétexte futile. Et devant cette jolie femme, lui qui est frustré sexuellement, sa femme étant sujette à des migraines quotidiennes, il a perdu la tête. Il a violé Doria et afin d’empêcher la jeune femme de crier, il l’a étranglée.

Patrick et Marieke avalent leur petit déjeuner et empruntent le car scolaire comme si de rien n’était. Et ils vont vivre pendant quelques jours ainsi, effectuant quelques achats afin de se sustenter, préparant leurs repas selon leurs maigres possibilités culinaires, fermant à clé la chambre de leur mère.

Mais Jourdain se demande bien comment il se fait que personne n’ait réagi, et puis dans son affolement il a perdu la petite culotte de Doria qu’il avait empochée. Madame Josépha, la grenouille de bénitier du quartier, est-elle aussi surprise de l’absence de Doria mais les enfants ont une bonne raison à invoquer. Toutefois elle se pose des questions sur les mœurs de sa jolie voisine lorsqu’elle trouve la culotte dans un fourré.

La catastrophe survient sous la forme d’une lettre émanant de Tante Françoise qui a décidé de passer quelques jours chez sa belle-sœur. L’oncle Paul, son mari polytechnicien est en déplacement au Mexique, alors, passer quelques jours au soleil lui semble une bonne initiative. Pour les enfants c’est tout le contraire, d’autant que la tante Françoise est une fouineuse. Et lorsqu’elle ouvre la chambre avec une clé de rechange, les enfants ayant jeté la première, et découvre Doria, c’est le drame qui s'amplifie.

 

Issu d’un fait-divers, l’un des rares utilisé par Brice Pelman qui nous raconte dans l’entretien qu’il m’avait accordé, la genèse de cette histoire, ce roman nous entraîne dans l’univers des enfants qui se prennent pour de grandes personnes, par la force des événements mais également par peur d’être envoyés en pension.

Des enfants qui veulent forger leur destin, à la place des adultes. Leur imagination, leur rouerie presque, leur permet de s’affranchir temporairement mais il ne faut pas se leurrer, ils seront obligés de se conformer à l’autorité. Dans quelles conditions, et comment l’histoire se dénouera, c’est Brice Pelman qui nous donne les clés.

Et il ne faut pas chercher une quelconque moralité dans ce roman qui parfois joue avec les nerfs, tant on se sent proche de ces enfants qui veulent préserver leur liberté, et pourtant on voudrait les morigéner parce qu’ils ne se conforment pas à une attitude considérée comme normale, c'est-à-dire se conduire en enfants.

Et puis que penser de ces personnes, ces voisins qui s’ingénient à vouloir connaître ce qui se passe chez les autres, des curieux éhontés pour certains car leur comportement est à tout le moins indiscret. Mais lorsqu’un drame vient de se dérouler, on reproche justement à ceux qui ne se sont pas inquiétés de se montrer indifférents. Alors quel comportement adopter ?

Réédition collection Noir Rétro, éditions Plon. Parution juillet 2010. 186 pages. 9,20€.

Réédition collection Noir Rétro, éditions Plon. Parution juillet 2010. 186 pages. 9,20€.

Brice PELMAN : Attention les fauves. Collection Spécial Police N°1641. Editions Fleuve Noir. Parution 1981.

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 12:43

Hommage à Bob Leuci, décédé le 12 octobre 2015.

Bob LEUCI : Captain Butterfly

Depuis dix-neuf ans, Marjorie Buttera, surnommée Captain Butterfly, est dans la police, et après avoir fait ses classes sur le terrain, elle est actuellement à la DAI (Division des Affaires Internes), la police des polices. Marjorie prend son boulot à cœur, n’hésite pas à braver des inspecteurs chefs comme Janesky qui règne en véritable petit potentat outrepassant ses droits et ses devoirs tant dans son quartier de Red Hook à Brooklyn que sur ses hommes.

Marjorie veut une police propre, responsable, soucieuse de son éthique. Elle en fait un acte de foi, et combat, insensible aux retombées possibles. Charlie Rose, son amant, journaliste, tente toutefois de la temporiser, la mettant en garde contre de possibles dangers. Marjorie n’en a cure. Elle sait que Janesky et ses hommes sont coupables de corruption, qu’ils violentent et torturent les criminels, les truands qui leur tombent sous la main. Mais son intime conviction ne suffit pas, il lui faut apporter des preuves afin d’évincer ces brebis galeuses.

D'autant que pour tous, seuls les résultats comptent. Elle se sert d'indicateurs qui travaillent au sein même du commissariat sur lequel elle enquête. Ken Malloy mis provisoirement hors course, elle jette son dévolu sur Franck Bosco, flic intègre mais qui préfère garder les yeux fermés sur ces exactions. Franck vient de vient de perdre Murray, son coéquipier en qui il avait toute confiance, même s'il traficotait par-ci, par-là. C mais il en veut pas voir la réalité en face. Sa femme et sa fille sont en Floride et il attend avec impatience sa retraite. Surtout il ne veut pas d'éclaboussures qui lui feraient perdre le bénéfice de sa pension alors qu'il n'a plus que six mois à tirer. Cependant, certaines choses le révoltent. Ainsi Ronnie, la jeune fille dont il s’est entiché, se pique et il se promet de la sauver.

 

Marjorie se dresse en purificatrice de la police. Sans peur et sans reproche, elle combat les traîtres à la profession, ceux qui dérogent à la déontologie. Elle est animée d’une foi presque intégriste. Mais elle ne se rend pas compte qu’elle flatte en même temps son ego et que son intransigeance risque de tout balayer sur son passage.

Elle entraîne sous son étendard des hommes fatigués, usés, qu’elle parvient toutefois à exalter. Elle s’apitoie légèrement sur le sort de Franck, blessé au cours de la dernière algarade, mais Franck mort, elle eut été tout de même satisfaite d’avoir mené à bien sa mission.

Une mission qu’on lui avait confiée et qu’elle s’est appropriée.

Bob LEUCI : Captain Butterfly (Captain Butterfly. Traduction de Annie Hamel). Rivages Noir N°149. Parution mars 1993. 304 pages. 9,15€.

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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 12:46

Bon anniversaire à Jean-Pierre Andrevon né le 19 septembre 1937.

Jean-Pierre ANDREVON : L’amour, comme un camion fou.

L’angoisse, c’est délicieux. Surtout lorsque ce sentiment nous est procuré à la lecture d’un livre d’où surgissent les fantasmes de la peur.

Avec L’amour, comme un camion fou, Jean-Pierre Andrevon continue son exploration de l’angoisse ordinaire.

François Valmont, la quarantaine assurée - il va fêter ses quarante-deux balais - passe quelques jours chez sa mère. Un courrier reçu de son ami Xavier, qu’il n’a pas vu depuis des années, lui sauve ses vacances. C’est ce qu’il pense car arrivé à Caussac, au fin fond de la campagne auvergnate, les déboires commencent.

Des rêves, des apparitions nocturnes étranges qui le réveillent en pleine nuit, des fantômes qui s’obstinent à venir entretenir des cauchemars dont il se passerait bien - mais sont-ce vraiment des cauchemars ou une réalité changeante - perturbent ce séjour qu’il regrette peu à peu, les réminiscences se ressentant plus vives d’heure en heure, la mémoire défaillante dont il est affligé se réveillant peu à peu transformant son univers en catastrophe.

 

Roman noir, roman d’angoisse, L’amour, comme un camion fou est précédé d’une courte préface signée Serge Brussolo. Andrevon reste un maître angoisseur, quel que soit le domaine littéraire dans lequel il évolue. Un domaine bien particulier, étrange, parsemé de petites touches comme une composition à la Vasarely, partant du noir le plus sombre pour aboutir au blanc le plus éclatant, en passant par toutes les gammes du gris mais qui par un effet d’optique inverserait les couleurs.

 

Jean-Pierre ANDREVON : L’amour, comme un camion fou. Moyen Format. Le Masque. Parution décembre 2001. 282 pages.

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 13:16

Hommage à Loup Durand né le 18 septembre 1933.

Loup DURAND : Le seigneur des tempêtes.

Etre traqué, poursuivi, chassé, à la fois par des policiers et des truands, je ne veux pas dire que c'est un cas banal, ni courant, mais quoi, cela arrive encore assez souvent.

Règlement de comptes d'un côté, justice de l'autre, les journaux relatent souvent ce genre de fait-divers. Mais ne pas connaître les causes de cette traque parce que l'on se réveille amnésique, voilà de quoi pimenter la situation.

C'est ce que pense Luis Sahagun en se réfugiant dans une propriété privée du Dauphiné. Avec la complicité d'une jeune femme, Luis Sahagun - mais est-ce véritablement son nom ? - parvient à déjouer les barrages mis en place. Jusqu'à un certain point !

D'abord arrêté par des gendarmes, il ne doit son salut qu'à la complicité d'un policier. Ensuite les truands qui le traquent lui annoncent qu'en fait ils le protègent.

Une cavalcade qui le conduit du Dauphiné en Provence en passant par la France profonde et Paris.

Luis Sahagun, appelons-le ainsi puisque c'est son nom jusqu'à preuve du contraire, se sent l'objet d'une vaste manipulation. Mais de la part de qui ?

Des truands qui essaient de l'occire tout en le protégeant, ou des policiers qui semblent débordés tout en le suivant à la trace ? Si seulement il pouvait se raccrocher à un petit bout de mémoire. Mais non, rien de rien. Pas le moindre fil conducteur malgré les repères qu'obligeamment ses complices lui dévoilent. Complices ou ennemis?

Une question parmi tant d'autres qui taraudent notre héros.

 

Une histoire rocambolesque écrite à cent à l'heure, sans limitation de vitesse, et qui se lit de même.

Loup Durand possède un parcours d'écrivain peu ordinaire. Après avoir écrit sous le pseudonyme de H.L. Dugall pour l'ouvrage La porte d'or, prix du Quai des Orfèvres 1967 (roman coécrit avec Henri Gallissian) puis sous celui de Loup Durand (ce roman date de 1983) on n'en entend plus parler. Puis d'un seul coup c'est la résurgence avec Daddy et Le Jaguar. Pourtant entre deux, il a continué à écrire, mais en homme invisible puisqu'il a collaboré avec Bernard Lenteric pour La nuit des enfants-rois et La gagne, avec Pierre Rey pour la série des TNT sous le pseudonyme de Michael Borgia, ou encore avec Sulitzer mais sans jamais que son nom apparaisse.

Loup Durand est décédé en 1995.

Réédition collection Sueurs Froides; Denoël. Parution mai 1990. 216 pages.

Réédition collection Sueurs Froides; Denoël. Parution mai 1990. 216 pages.

Loup DURAND : Le seigneur des tempêtes. Collection Sueurs Froides. Editions Denoël. Parution avril 1983.

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 13:42

On ira tous au Paradis...

François DARNAUDET : Boris au pays Vermeil.

Descendu du car afin d'acheter une boisson à son fils Boris, Francis Darnet voit avec stupéfaction filer devant lui le véhicule, alors qu'il avait demandé au chauffeur de l'attendre trente secondes, le temps de son achat et que trois voyageurs prennent leur billet.

Forcément Darnet est inquiet, son fils n'a que deux ans, et de plus que va dire sa compagne Cathy avec laquelle il partage la garde du gamin.

Darnet est peintre-portraitiste à Montmartre et il tire le diable par la queue, comme pratiquement tous les rapins. Il a connu Cathy à Collioure, alors qu'il avait été invité par Alain un ami peintre comme lui, ils se sont plus et aimés, ont rejoint la capitale, ont eu Boris, mais au bout de deux ou trois ans, Cathy en a eu marre et elle est repartie chez elle à Banyuls comme enseignante de philo dans un établissement privé.

Mais voilà à Argelès, le car est parti sans lui en emportant Boris. Affolé il court derrière le car et un individu le prend en stop. Darnet demande à rejoindre le plus vite possible la prochaine étape, mais lorsqu'ils arrivent point de car. Celui-ci a pris un chemin de traverse. Outre Boris, une dizaine de voyageurs sont dans ce véhicule dont un adolescent prolongé au cerveau enfantin et qui fier de ses dessins les montrait à tout le monde.

Darnet repart à pieds par le chemin qu'a dû emprunter le car et arrivé à proximité il entend des détonations et une Audi partir à toute vitesse. Plus qu'inquiet, il monte dans le car et ne peut que constater le carnage. Une dizaine de corps gisent dans leur sang. Il retrouve Boris sain et sauf émergeant de dessous un siège où il a récupéré un gâteau que sa voisine, une vieille dame charmante qui ne lui en donnera plus, lui avait offert. Aussitôt il prévient anonymement la gendarmerie et s'empresse de redescendre vers le village chez son ami Alain auquel il confie ses soucis Lequel Alain en informe un ami journaliste.

Le lendemain les journaux locaux font étalage du carnage mais la situation de Francis Darnet est précaire. En effet les forces de l'ordre recherchent un individu qui avait acquis un billet Perpignan Collioure et ne figure pas parmi les voyageurs occis.

Darnet est abordé par l'individu qui la veille l'avait pris en stop. L'homme est attablé devant une bière et lit un ouvrage intitulé Les quatrains d'Omar Khayyâm. Il se nomme Gérard Touzot et se présente en tant que journaliste au Muséart, devant rédiger un papier sur les jeunes peintres de Collioure.

Charles Cortal, le journaliste du Punt, hebdomadaire local satyrique dans l'esprit du Canard enchaîné, est surchargé de travail. Il doit couvrir l'affaire Sainte-Croix, l'arrestation du notaire Marioton, des affaires qui sentent bon les scandales politiques, financiers et immobiliers. Des trucs qui en général sont liés comme les doigts de la main. Dans cette ambiance délétère Darnet se rend bientôt compte qu'il va être la cible de dangereux personnages, des gardes du corps du maire d'un bled qui veut transformer le Côte Vermeille en jeu de construction.

 

Ce Poulpe détone un peu par rapport aux précédents de la série car ce n'est pas Gabriel Lecouvreur qui tient la vedette mais Francis Darnet, clone de l'auteur.

Cette histoire est narrée à la première personne, par Francis Darnet lui-même et Gabriel, s'il tient un rôle non négligeable, est relégué au second plan. Tout tourne autour de Darnet et de Boris, son gamin, et François Darnaudet s'amuse comme dans ses précédents romans à mettre en scène des personnages réels, sous leur propre identité ou sous un alias légèrement déformé. Ainsi le peintre catalan Bernadi fait ce que l'on peut appeler de la figuration intelligente, tandis que Gérart Touzot ne peut qu'être Gérard Touzeau, historien, auteur de l'ouvrage Benoit XIII, le trésor du pape catalan.

La peinture, l'un des dadas de François Darnaudet, tient une grande place dans cette histoire. Outre les peintres qui y gravitent, Claire la galeriste est l'un des personnages attachant de cette fiction par son côté déluré et femme libérée. Elle démontre la condition précaire de ces artistes, en déclarant cyniquement :

 

Je faisais de la sculpture aux Beaux-arts de Paris. J'ai très vite compris qu'en m'installant ici qu'il valait mieux être galeriste qu'artiste... Je choisis les peintres ! Je n'ai pas à me prostituer pour me vendre.

Une profession de foi qui évidemment n'est pas forcément partagée par tout le monde.

Au delà de l'intrigue, qui se déroule entre Argelès et Cerbère, une région que François Darnaudet connait bien pour y habiter, ce qui marque c'est la fusion qui existe entre le père et le gamin. Francis Darnet passe tout à son fils et lui promet une voiture en chaque circonstance, au grand dam de Cathy, appelée Kaky par Boris, qui aimerait que son ex-compagnon ne soit pas aussi laxiste concernant l'éducation de leur fils.

Et cette fusion ne demande pas d'explications complémentaires, de longs développements, ce passage suffit à tout exprimer et tout expliquer :

Le contact de mon fils me rassérénait une fois de plus. Un type sous morphine ou LSD n'aurait pas été mieux que moi. Les gosses sont un formidable sujet d'angoisses et, en même temps, le seul véritable moteur d'une existence. Vivre avec son enfant, c'était comme prendre un ticket pour un grand huit géant : une série ininterrompue de hauts et de bas à toute vitesse, sensations fortes garanties. Et les années filaient dix fois plus vite que pour un célibataire.

François DARNAUDET : Boris au pays Vermeil. Le Poulpe N°231. Editions Baleine. Parution janvier 2002. 168 pages. 8,00€.

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 08:36

Hommage à Boris...

Boris et François DARNAUDET : Daguerra.

Armand Delange, journaliste dans un journal à sensation, était également un écrivain de romans porno sous le pseudo de Ramon Chandler avec des titres comme Au pieu, ma jolie ! ou Le gland sommeille.

Il est découvert chez lui la gorge tranchée et émasculé. Luc Vandel, qui l’a côtoyé à ses débuts, pense tenir un article intéressant pour le mensuel qu’il a fondé : Pervers mystères de Paris. Il est assisté de Caroline, documentaliste, et de Stéphanie, illustratrice.

Vandel a trouvé chez Delange un vieux numéro à moitié carbonisé de Paris Coquin, revue qui porte bien son nom. En compagnie de Yasmine, amie de Stéphanie, la petite troupe se rend chez les amis de Thanatos, une association de pornocrates sensée réaliser et promouvoir des films d’horreur et dont le siège se situe dans de vieux entrepôts. Une entrevue qui ne donne rien. Par contre deux bouquinistes leur ont prêté des numéros anciens de Paris Coquin. En couverture du numéro en partie brûlé figurait Daguerra, top modèle des années 30, à la plastique impressionnante.

Yasmine, atteinte d’un petit coup de blues, téléphone d’une cabine publique à son patron et ami, Salomon, le directeur de l’agence Arkham, un cabinet d’investigation spécialisé dans la résolution d’affaires que les autorités officielles n’ont pu solutionner. A son retour, elle est accueillie par les cadavres des journalistes.

Ses amis de l’agence Arkham la prennent en charge et Tom, pensant dérider l’atmosphère, emmène le petit groupe à San-Sébastian, à un festival de cinéma rétro, consacré cette année à Tod Browning, spécialiste des films d’horreur. Une surprise les y attend. Anna-Maria Costa, l’une des star du cinéma muet, n’est autre que Daguerra. Or l’actrice s’est suicidée au milieu des années 30, dans une vieille maison qu’elle habitait à Auch. Les mystères ne font pas peur aux membres de l’agence Arkham, au contraire, ils en demandent toujours plus. Parfois au péril de leur vie.

 

Cette histoire fantastique est surtout un hommage au cinéma d’horreur, en particulier une plongée en apnée dans la réminiscence des vieux films en noir et blanc et muets de la fin des années 20, ainsi qu’aux pin-up, même si on ne les appelait pas encore ainsi à l époque.

Le lecteur ressentira ce délicieux frisson de l’angoisse, celui qui tient en haleine et fait qu’on ne peut lâcher le livre qu’à la dernière ligne tout en regrettant qu’il n’y ait pas plus de pages. Le contraire des romans américains où l’on déplore (si, si , j’assume! ) les digressions oiseuses, surtout certains Stephen King au début de ses romans, et qu’il faut aux auteurs écrire 500 pages pour voir enfin l’action décoller. Là, c’est le contraire, l’action est présente continuellement et l’on regrette qu’il n’y en ait pas plus. Tant pis si je me répète.

Le tout est pimenté d’humour, noir évidemment.

 

Boris Darnaudet (Boris et François Darnaudet pour Daguerra) c'est mon fils né en 1990, qui à l'époque a travaillé sur trois chapitres faisant intervenir des films d'horreur.

correspondance avec François Darnaudet.

Boris et François DARNAUDET : Daguerra. Collection Arkham, éditions DLM. Parution avril 1997. 126 pages.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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