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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 09:55

Hommage à Jacques Blois né le 26 mars 1922.

Jacques BLOIS : Un portrait.

Jacques Blois, de son vrai nom Jacques Faucher est né le 26 mars 1922 à Bonn en Allemagne mais est périgourdin d’origine. Après des études classiques et un passage à la faculté de Sciences puis de médecine-chirurgie avec comme loisirs le jazz, le théâtre et le rugby, il connaît les affres de la Seconde Guerre Mondiale.

En 1943 il est déporté pour une durée de deux ans avec au bout du compte une condamnation à mort signifiée par la S.D. « 65 jours en cellule à attendre corde ou rafale » (correspondance personnelle). Il est libéré par un commando Patton et passe deux ans en internat de sana-chirurgical où les radioscopies dévorent ses hématies. « J’abandonne et vais me refaire une santé en haute montagne. Barrage de Tignes puis chantier expérimental dans les Hautes Pyrénées (ravitaillé par les choucas). En 1954 je suis l’un des assistants de l’Abbé Pierre pour la création d’Emmaüs ».

En 1956 le PDG d’un grand magasin parisien l’appelle et il y restera pendant 27 ans, gravissant tous les échelons. Dans le même temps il se délasse par l’écriture de ses ouvrages pour le Fleuve et multiplie les rencontres au cours de nombreux voyages. Depuis il vit dans la paix magique d’une forêt templière avec la découverte de la pensée complémentaire de Lao-Tseu. L’écriture « n’est qu’une branche de l’éventail largement ouvert tout au long de ma vie pour ma plus grande joie ». Le rugby, l’équitation, le théâtre, le jazz (Hot Club de France), la haute montagne et les voyages dans l’Europe, la Scandinavie et la Chine profonde pour le Tao, le tout lié à ses occupations professionnelles, chantiers de travaux publics d’Emmaüs et commerce, complètent cet éventail.

Mais sa passion principale, c’est bien la vie. « La vie sous toutes ses formes ! Le spectacle gratuit et permanent de la Comédie Humaine ! Toutes mes activités ont été passions d’homme libre loin de l’autoritaire de la philosophie grecque et des brumeuses incertitudes d’un Descartes » Parmi les romanciers de littérature populaire qu’il lit avec plaisir, bon nombre d’auteurs du Fleuve dont Claude Rank, Pierre Nemours, André Caroff et Klotz. En littérature générale, il aime Montaigne, Rabelais, Giono, Céline, Revel, Blondin, Bodard, Morrison, Chester Himes, Gunther Gräss, des Japonais et des Chinois. « Parce qu’ils ont le souffle, la maîtrise du souffle qui donne ce fleuve aux mille caprices sur lequel les mots voguent comme des barques. A l’inverse il y a le tripatouillage (je suis poli) méningé des pédants besogneux et sans souffle... »

S’il est venu à l’écriture, c’est un peu par atavisme régional. « Mes racines sont ancrées dans une région noble, le Périgord, où l’on aime conter, raconter. De la parole à l’écriture, il n’y a qu’à saisir un stylo (à la suite d’un pari que j’ai perdu). Malgré une activité débordante j’ai écrit, dans ma joie, deux ouvrages sans imaginer une seconde qu’un éditeur... C’est un ami qui m’a propulsé dans le cirque en confiant mes histoires aux Presses, et sans m’en avertir. Bonne farce ! Rendez-vous au Fleuve Noir et c’était parti pour plus de soixante-dix ouvrages, toujours avec le même relax, le même plaisir, et surtout sans effort, car comme je raconte, j’écris d’instinct avec le support de banales règles classiques et la beauté de notre langage - hier mais plus aujourd’hui -. Quant au terme populaire, j’ignore ce qu’il veut dire. Cette marée pathologique de tout mettre à rancir dans des bocaux sur des étagères de hauteur différente - quelle sclérose ! Pour moi, il n’y a pas cinquante littératures - il y a une écriture humaine comme la peinture est humaine.

Toutefois Jacques Blois n’aime pas trop le terme littérature populaire, trop ancré selon lui dans l’esprit du public comme une sous-littérature. Il préfère la formule « littérature d’action et d’aventures », citant volontiers Christophe Mercier : « ...la littérature populaire est devenu un grand fourre-tout, comme si le fait d’écrire pour un large public, et de lui plaire, était un péché originel et excluait du Parthénon littéraire... ! Les romanciers populaires ne sont pas des primaires, mais des écrivains conscients, des expérimentateurs de forme. L’art pour l’art - hors de toute démonstration - c’est eux ! ». Ce qu’il ne manquait pas de développer lors de conférences données au profit du Rotary Club notamment. Petite anecdote amusante, le parcours d’un manuscrit - « N’ayant jamais eu le goût et le temps de lécher les moquettes, mes passages au Fleuve Noir étaient rapides et quasi anonymes. Un jour j’adresse un manuscrit de polar au Fleuve. Un mois plus tard il me revient refusé! Trop en avance pour l’époque ??? Sans état d’âme, je le range dans un tiroir. Deux ou trois ans plus tard, coup de fil du Fleuve un rien énervé. As-tu un manuscrit police bientôt prêt, c’est urgent ! Je promets pour la fin de la semaine. Largement le temps de sortir le refusé de son placard. Honnêtement je change le titre. Un mois plus tard, accepté. Trois mois plus tard en librairie. Sic gloria transit. Merci Sainte Modestie narquoise... ». Le cinéma ne s’est pas intéressé ouvertement à l’œuvre de Jacques Blois, pourtant celui-ci constate que des idées lui ont été « prises en toute sérénité silencieuse. Ceci est une autre histoire qui me laisse indifférent ! ».

Jacques Blois est décédé en mai 2010.

Cet article a été réalisé d'après une correspondance échangée avec l'auteur.

Jacques BLOIS : Un portrait.

Collection L'Aventurier:

129 - Retour à l'expéditeur

131 - La Marotte de Dame Marouatte

132 - Gymnastique suédoise

135 - Cure sans sommeil

137 - Le Pool aux oeufs d'or

139 - Le Cheval de proie

142 - Poivre, sel et piment

145 - A contre-carats

147 - A titre d'huile

150 - Bal en berne

152 - Voyage sans horizon

154 - Voltige en Haut-Adige

159 - Vampé, le vampire

162 - Le Bénitier du Diable

167 - Le Radeau des médusés

169 - Trident aux dents

173 - Le signe du trèfle

177 - Paradis, part à deux

181 - Pot aux pruneaux

184 - De l'or dans l'aile

189 - A cloche-cheval

 

Jacques BLOIS : Un portrait.

Espiomatic-Infrarouge -

17 - Le Conch frappe les trois coups

19 - Le Conch joue à la balle

21 - Le Conch, 8ème plaie d'Egypte

23 - Tap tap Conch

25 - Le Conch ne fait pas de fleurs

27 - Spécial pétrole, Conch !

30 - Le Conch au carnaval des anges

43 - Pépites en rafale

 

Jacques BLOIS : Un portrait.

Spécial Police -

732 - Panique en sous-bois

779 - Une bien belle affiche

817 - Qui trop embrase

866 - Le gobe-souris

899 - A brûle-chassis

924 - Blouson à redorer

949 - La mort vient en jouant

992 - Au clair de la mort

1029 - Je tue pour toi

1046 - Quand tout s'effiloche

1078 - Escale pour un voyou

1388 - Trois pieds dans une tombe

1405 - Trop peureux pour être honnête

1442 - Taxi tire-lires

1544 - Le gros, le grand et la pagaille

1588 - Appelez-moi Victoire!

1609 - Silence! on tourne... mal

1655 - Les mains au feu

1694 - Un éphémère chez les books

1799 - Trois belles, trois méchants, trois flic

 

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 13:32

Bon anniversaire à Sergueï Dounovetz né le 19 mars 1959.

Sergueï DOUNOVETZ : Vipères au train.

Septuagénaire (et plus) pour l’état-civil, trentenaire dans sa tête d’aventurier, Cyprien attend à l’ombre des hangars l’avion qui doit amener Léo, un copain de longue date, la cinquantaine tranquille et cheminot en retraite.

Un copain, c’est vite dit, disons une connaissance qui aurait mangé dans la même gamelle, qui l’aurait fait cocu, s’il faut tout préciser. Mais si Cyprien attend Léo, c’est parce qu’il a besoin de lui et de son expérience ferroviaire.

Cyprien, qui a passé plus d’un quart de siècle en tôle n’a pas raccroché. Il est en relation avec un truand local, Ted, et de quelques affidés pour le moins ahuris et déjantés. Faut dire que le soleil tape fort dans ce coin d’Amérique latine et la bière tout comme le tord-boyaux local, l’alcool d’agave, coulent à flot. La petite bande, constituée il faut bien le dire de branquignols, s’est mise en tête de dévaliser une banque contenant le trésor, composé de lingots d’or, de pierres précieuses et de diamants bruts, de Zédler, le dictateur régnant sans partage sur le pays.

Mais l’Herbe Rouge, une organisation révolutionnaire en lutte contre le tyran pourrait bien faire avorter ce projet par les actions commandos engagées contre le pouvoir. S’emparer du magot, puis le faire voyager à travers désert de sable, dunes et montagnes, n’est pas un mince problème. D’autant que se greffe l’intrusion d’une guérillera de vingt ans, qui se conduit déjà en femme fatale.

 

Vipères au train est un aimable pastiche de westerns tequila baroques dans lesquels les protagonistes tous aussi déjantés les uns que les autres. Voir les films ayant pour acteurs principaux Terence Hill et Bud Spencer par exemple.

Ce roman oscille entre parodie et gravité, avec parfois des traits d’humour grinçants et des scènes, limite bon goût penseront les pisse-froid, aimables gauloiseries de fin de banquet pour ma part.

Une parodie bon enfant qui ne montre pas toutefois toutes les possibilités d’écriture de Sergueï Dounovetz qui nous avait habitué à plus de rigueur. Un entracte en quelque sorte.

 

Sergueï DOUNOVETZ : Vipères au train. Collection Rail Noir N°6. La Vie du Rail. Parution février 2004. 150 pages. 7,00€

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 10:42

Bon anniversaire à Brigitte Aubert, née le 17 mars 1956.

Brigitte AUBERT : La Rose de fer.

Les apparences sont trompeuses : Georges Lyons n’est pas économiste et ne pointe pas dans une entreprise comme il l’affirme.

En réalité, lorsqu’il quitte son domicile de Genève le matin, c’est pour se rendre dans un petit bureau où il se livre à des exercices physiques pour entretenir sa forme, ou alors il participe à un hold-up en compagnie de Benny, Phil et Max, la dernière recrue.

Le braquage, ce jeudi 8 mars à Bruxelles, s’effectue sans trop de problèmes. Seul grain de sable dans une machine bien huilée, Lyons croit reconnaître Martha, sa femme, au bras d’un inconnu. Il pense se trouver devant un sosie et téléphone à Martha, sensée se trouver chez sa mère.

La jeune femme décroche et Lyons est rassuré. Arrivé chez lui, il se rend compte que quel que soit le numéro de téléphone qu’il compose, il obtient Martha au bout du fil. Il se confie à Lanzman, un psychiatre qu’il voit régulièrement depuis un accident de voiture dont il est sorti indemne, légèrement amnésique, mais qui a fait une victime, un auto-stoppeur. Les souvenirs affluent parfois, surtout le visage de Grégory, son frère battu et abandonné par leur mère alcoolique à l’âge de quatre ans.

Tout se dérègle lorsque Max lui apprend que Phil a été détroussé et l’accuse d’avoir facilité cette spoliation. Dans le même temps, des tueurs tentent de l’abattre. A nouveau, il aperçoit celle qui ressemble tant à sa femme, couleur de cheveux exceptée, et la suit jusqu’à une réunion chez un avocat du nom de Silberman, dirigeant d’un parti néo-fasciste. La femme dit s’appeler Magdalena et être mariée avec l’un des invités. Il est poursuivi à la fois par des tueurs et par ses anciens acolytes.

Max, le premier, le convoque, mais Georges évite le piège tendu et tue son complice, s’apercevant que celui-ci travaillait en réalité pour les Palestiniens. C’est Phil ensuite qui se présente chez lui, et Georges doit la vie sauve à Martha qui abat sans complexe l’intrus. Une facette de la personnalité de Martha que découvre Georges, le confortant dans sa suspicion envers cette femme devenue énigmatique.

Un ami chinois vivant en fraude à Genève lui donne l’explication des mystères téléphoniques : les numéros qu’il compose sont reliés à un téléphone sans fil détenu par Martha. Le souvenir de Grégory, le frère mythique, le taraude de plus en plus. Une réminiscence obsessionnelle. Benny lui tend également un piège, mais il est abattu par un tueur auquel Georges échappe. Martha confirme à Georges qu’elle est effectivement Magdalena, ce sosie qui se trouve souvent sur son chemin et lui avoue qu’elle est à la recherche d’une liste d’anciens nazis réfugiés en Amérique du Sud. Une liste qu’elle n’est pas seule à convoiter d’où les avatars subis par Georges. Il va comprendre peu à peu qu’il a été manipulé, hypnotisé par son psychiatre et qu’en réalité il est peut-être Grégory, Georges étant mort dans l’accident, et qu’il serait le fils d’un nazi.

 

Autant le précédent roman de Brigitte Aubert — Les quatre fils du docteur March (1992) — jouait sur le suspense psychologique et mêlait avec habileté angoisse et noirceur, autant celui-ci s’avère rocambolesque, parfois à la limite de la parodie du roman d’espionnage, d’aventures et du feuilleton fin de siècle dernier.

Le côté humoristique au deuxième degré et l’absence de temps mort allègent une histoire désordonnée, qui fuse en tous sens. Les thèmes de la gémellité, du double, double vie de certains personnages par exemple, et la quête de l’identité sont une fois de plus largement exploités, alliés à des préoccupations plus actuelles : la chasse aux criminels de guerre et la résurgence du fascisme.

Double intrigue dans laquelle patauge le héros, mais parfois aussi le lecteur. Il faut du talent pour se sortir de cet imbroglio et Brigitte Aubert n’en manque pas. Elle ne se cantonne pas dans un seul genre, et l’entreprise est louable en soi.

 

Réédition Collection Points policiers N°104. Parution juin 1995. 296 pages. 6,10€.

Réédition Collection Points policiers N°104. Parution juin 1995. 296 pages. 6,10€.

Une autre couverture de la Collection Points

Une autre couverture de la Collection Points

Réédition : éditions Alliage. Parution septembre 2016. Version numérique. 3,99€.

Réédition : éditions Alliage. Parution septembre 2016. Version numérique. 3,99€.

Brigitte AUBERT : La Rose de fer. Collection Seuil Policiers. Editions du Seuil. Parution 3 juin 1993. 300 pages. 17,30€.

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 13:46

Hommage à Maurice Renard né le 28 février 1875.

Maurice RENARD : Romans et contes fantastiques.

Qui se souvient aujourd'hui de ce grand fantastiqueur français qui œuvra dans la foulée de Jules Verne, de Herbert-Georges Wells, voire d'Edgar Poe, et fut reconnu par ses pairs, tout aussi bien Rosny Aîné que Jean Ray.

Rosny Aîné écrivait à son propos : Imaginons un Poe non plus mangeur d'opium, mais grand lecteur de Descartes : nous aurons un surnaturel à la française, un insolite qui n'exclut pas l'explication rationnelle, un merveilleux qui fait référence aux découvertes scientifiques, voila qui donne au fantastique de Maurice Renard son originalité.

Et en 1923, Jean Ray écrivait : Toute l'œuvre de Maurice Renard égrène ses pages comme un chapelet de pierres de luxe, de pierres de l'angoisse, de gemmes aux reflets opalins d'une cervelle humaine palpitante de la vie. Et les cailloux précieux se tiennent, s'agrippent, ne se séparent plus car, malgré sa beauté polychrome, sa diversité d'essence et d'action, cette œuvre semble tendre vers un tout, vers un point unique situé au-delà des connaissances humaines.

 

Lorsque j'ai découvert cet auteur, sur le tard, je n'ai pas été déçu comme on peut l'être parfois par un auteur trop encensé. Des œuvres élégantes, claires, dénuées de toutes ces horreurs, de toutes ces atrocités dans lesquelles se complaisent certains auteurs actuels qui recherchent plus l'accumulation de l'effroyable, de la cruauté, du sensationnel, que la nouveauté. Certains, pas tous heureusement.

Maurice Renard fut en quelque sorte le précurseur dans ce domaine littéraire d'un genre bien particulier, et à la lecture de quelques uns de ses contes, j'ai ressenti comme une impression de déjà lu. impression inévitable puisque les textes de Maurice Renard sont antérieurs à bon nombre de récits que j'ai pu lire depuis des décennies, depuis mon adolescence.

Des similitudes, je ne parle pas de plagiats ni de parodies, des similitudes existent avec des textes dus à des auteurs américains par exemple. Ce qui n'est pas forcément répréhensible ou gênant pour le lecteur. Partant d'une même idée de base, chacun peut la développer à sa façon, dans son style propre.

Maurice Renard est un auteur à découvrir, à lire ou à relire, car il écrit d'une manière alerte, claire, élégante (je sais je l'ai déjà écrit), dénuée de toute vulgarité ou de ce style ampoulé qui paraît bien désuet aujourd'hui.

Un merveilleux conteur et prosateur, également poète, qui sait faire passer dans le dos ce délicieux frisson de l'aventure fantastique.

 

Ainsi dans Les mains d'Orlac (1920) il explore le thème de la main greffée qui acquiert une existence autonome aux dépens de son propriétaire. Auparavant, dans Le Péril bleu (1912) il met en scène, thème récurrent, des extra-terrestres inattendus. Mais il manipule également l'impossible, avec virtuosité, dans Le Maître de la lumière, Le professeur Krantz ou L'homme truqué à moins qu'il préfère l'indicible des Mille et un matins, ou encore Fantômes et fantoches.

Le lecteur de ces pages ne ressort pas avec un goût amer dans la bouche et des visions d'horreur plein la tête, mais émerveillé et quelque peu rêveur.

En nous sommeille notre âme d'enfant, et elle ne demande qu'à se réveiller comme lorsqu'au temps de nos tendres années nous nous délections avec des histoires issues des Contes des Mille et une nuits, des aventures de Peter Pan ou de Gulliver.

 

Sommaire :

Préface de Jean Tulard.

Fantômes et fantoches

Le docteur Lerne , sous-dieu

Le péril bleu

M. D'Outremort

Les mains d'Orlac

L'homme truqué

Château hanté

La rumeur dans la montagne

Un homme chez les microbes

Le professeur Krantz

Le maître de la lumière

Contes des mille et un matins

Documents (recueillis par Francis Lacassin)

Maurice RENARD : Romans et contes fantastiques. Recueil établi par Jean Tulard et Francis Lacassin. Collection Bouquins. Editions Robert Laffont. Parution mars 1990. 1282 pages.

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 11:35

Hommage à Paul Gerrard, né le 21 février 1910.

Paul GERRARD : La Javanaise.

Si les jeux des adultes et ceux des enfants parfois se ressemblent étrangement, il faut bien constater néanmoins que ceux des adultes sont toutefois plus meurtriers et moins ingénus.

Si Sandri et ses petits camarades se frottent à la bande des frères Peyraud, Les Rouquins comme ils les ont surnommés, en réalité cela ne va jamais bien loin.

Enfin pas jusqu'à mort d'homme ! Ce n'est pas comme les adultes qui n'ont aucun savoir vivre.

Pour un malheureux colis qu'ils s'arrachent, les voilà qu'ils défouraillent à tout va. Même que les balles ne sont pas perdues pour tout le monde. Surtout pas pour le pauvre Sandri, le pauvre, qui récolte des pruneaux alors qu'il ne demandait rien à personne. Juste un peu d'amour et de compréhension.

Mais, et si on envisageait l'hypothèse, saugrenue je vous l'accorde, que le jeune Sandri était celui à qui étaient destinées les projectiles ?

En ce cas on serait en droit de se demander ce qui avait nécessité de telles mesures expéditives. Les morts gratuits, cela existe, et comme dit son père, Je suis le plus insignifiant des hommes et mon fils n'avait que le capital de sa jeunesse.

 

Un roman policier qui débute un peu comme un ouvrage destiné à la jeunesse mais qui devient très rapidement pathétique, avec un regard sans complaisance jeté sur des parents, des adultes cyniques.

D'ailleurs Paul Gerrard, né sous le patronyme de Jean Sabran, a écrit de nombreux romans pour la jeunesse sous le pseudonyme de Paul Berna dont l'immortel : Le cheval sans tête, qui a reçu le Grand Prix de littérature du salon de l'enfance en 1955.

De temps à autre on redécouvre Paul Gerrard et il serait bon de retrouver quelques rééditions de bon aloi, ne serait-ce qu'en volume Omnibus. Il le vaut bien. Même si des Intégrales ont été publiées par le Masque à la fin des années 1990, mais cela est bien loin et les ouvrages ne sont plus disponibles.

La Javanaise, un roman dur, émouvant, poignant, avec cependant quelques touches d'humour, histoire de mieux se replonger dans la triste réalité.

 

Première édition : Presses de la Cité. Coll. Un Mystère n°707. Parution 1964.

Première édition : Presses de la Cité. Coll. Un Mystère n°707. Parution 1964.

Paul GERRARD : La Javanaise. Collection Le Masque Jaune N°1964. Parution 5 juillet 1989.

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 10:25

Hommage à Dick Francis, décédé le 14 février 2010.

Dick FRANCIS : Dans l’œil du cyclone

Perry Stuart est l’un des "Monsieur Météo" de la BBC, quelqu’un qui fait la pluie et le beau temps, à qui bon nombre d’entraîneurs de chevaux de courses viennent demander conseils, pronostics et prévisions météorologiques.

Ami et collègue de Kris Ironside, autre présentateur adulé, Perry ne résiste pas à la tentation de l’accompagner chez des propriétaires de chevaux, dont un protégé en devenir semble mal en point, puis de le suivre jusqu’en Floride afin de scruter, à bord d’un avion, l’œil d’un cyclone dans la mer des Antilles. Ce qui leur permettrait de faire d’une pierre deux coups : visiter en même temps une île lilliputienne qui abriterait ils ne savent trop quoi, le propriétaire de cette chiure de mouche sur une carte maritime n'étant pas prolixe dans ses explications.

L’épopée se déroule contre vents et marées et Perry se retrouve seul sur l’îlot en question, tel un Robinson moderne, survivant grâce à un troupeau de bovidés dont la présence est pour le moins insolite.

Et il va se trouver bon gré mal gré au cœur d’un complot dont l’attrait principal est l’uranium enrichi. Parmi les personnages qui gravitent dans cette histoire assez alambiquée, une accorte infirmière et un duo d’agents secrets, plus un cheval, animal qui pour une fois ne tient pas le rôle principal.

 

Dick Francis est un excellent raconteur d’histoires et le lecteur se laisse prendre à chaque fois dans des mailles plus ou moins grosses mais efficaces.

L’humour sous-jacent est toujours présent et les scènes à grand spectacle ne manquent pas. Et l’on découvrira la prépondérance des prévisions météorologiques, souvent plus importantes que les informations d’ordre général.

 

Dick FRANCIS : Dans l’œil du cyclone (Second Wind - 1999. Traduction Mona de Pracontal). Collection Thriller. Editions du Rocher. Parution 16 mai 2001. 266 pages.

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 14:57

Hommage à Rafael Sabatini décédé le 13 février 1950.

Rafael SABATINI : Scaramouche

L'insurrection, la révolte, la Révolution n'ont pas été l'apanage des Parisiens même si les faits les plus marquants, les plus indélébiles se sont produits dans la capitale.

La prise de la Bastille n'est que l'un des jalons de cet embrasement populaire qui secoua la France à des degrés plus ou moins violents. Mais en province aussi la grogne couvait et pas uniquement dans les villes. Les campagnes étaient atteintes elles aussi par ce phénomène d'aspiration à plus de liberté, de justice, de reconnaissance de l'être humain en tant que tel et non uniquement que d'une fraction favorisée et privilégiée de la population.

Parfois un simple petit fait que l'on pourrait signifier d'insignifiant suffisait à déclencher la colère et à révéler à certains leur possibilité d'entrer dans la bataille et dans l'histoire.

Ainsi André Moreau, après avoir suivi des études de droits et travaillant comme clerc de notaire à Gavrillac, près de Rennes, n'envisageait-il qu'un avenir relativement modeste, et peut-être un mariage avec la fille de son parrain, son père adoptif, monsieur de Kercadiou.

Mais en ce froid matin de novembre, à la suite d'une duel à l'équité plus que douteuse, presqu'un assassinat, la mort de Philippe de Valmorin son meilleur ami provoquée par le marquis de La Tour d'Azyr, il devient un agitateur, un contestataire, un révolutionnaire, haranguant la foule et les étudiants sur la place du Palais de Justice de Rennes.

Obligé de fuir, de se cacher, activement recherché par la maréchaussée, André Moreau trouve refuge dans une troupe de saltimbanques. Il se découvre une vocation d'acteur et d'auteur, et le succès aidant, après des représentations villageoises dont les spectateurs sont de plus en plus nombreux et enthousiastes, c'est la consécration à Nantes.

Mais sa vindicte envers le marquis de La Tour d'Azyr n'est pas refroidie, de même que son amour pour la belle Aline, fille de son parrain et promise au mariage avec le marquis exécré.

Obligé de fuir à nouveau, André Moreau va tenter sa chance à Paris. L'amour et l'accomplissement de sa vengeance seront-ils au rendez-vous ?

 

Il est frappant de voir qu'à part Alexandre Dumas, les plus belles pages des romans populaires écrits à cette époque, XIXe et début XXe siècle, consacrés à la Révolution Française, ont été écrite par des romanciers étrangers. Peut-être justement grâce ou à cause de leur statut d'étrangers, qui leur permet d'y apporter une vision plus impartiale.

La Baronne Orczy, avec le fameux Mouron Rouge, et Rafael Sabatini avec André Moreau alias Scaramouche, son nom de scène.

Rafael Sabatini est né en 1875 d'un père italien et d'une mère anglaise, tout deux évoluant dans le monde de la musique. Auteur d'une quarantaine de romans historiques, à prédominance de cape et d'épée, et d'études historiques, Rafael Sabatini a également été sollicité par le cinéma dans les années 1920/1930. En France il est surtout connu pour ses romans Capitaine Blood et Scaramouche et quelques nouvelles parues dans Mystère-Magazine.

De Scaramouche, paru en 1955 dans une version quelque eu abrégée dans la collection Idéal-Bibliothèque chez Hachette en 1955, j'avait gardé un souvenir vivace et attendri, dont les deux derniers chapitres m'avaient particulièrement marqué par leur pathétisme poignant.

Aussi ce n'est pas sans émotion que j'ai relu Scaramouche dans sa version intégrale, et une fois encore la magie littéraire a opéré en moi ce déclic que seuls les grands auteurs populaires savent déclencher. Il existe une suite, Scaramouche, The Kingmaker, qui malheureusement reste inédite en France.

Collection Idéal-Bibliothèque en 1955 chez Hachette. Illustrations de Jacques Pecnard. 192 pages.

Collection Idéal-Bibliothèque en 1955 chez Hachette. Illustrations de Jacques Pecnard. 192 pages.

Version d'octobre 1989, édité par L'Atalante dans la collection Bibliothèque de l'évasion. 352 pages.

Version d'octobre 1989, édité par L'Atalante dans la collection Bibliothèque de l'évasion. 352 pages.

Le roman Scaramouche a été adapté au cinéma à plusieurs reprises, dont en 1952 par Georges Sidney, avec dans les rôles principaux Stewart Granger, Janet Leigh, Eleanor Parker et Mel Ferrer. En 1963, l'espagnol Antonio Isasi-Isasmendi signait un film franco-espagnol avec Gérard Barray dans le rôle titre, Michèle Girardon, Yvette Lebon, Gianna Maria Canale et Alberto de Mendoza.

Rafael SABATINI : Scaramouche

Rafael SABATINI : Scaramouche (Scaramouche - 1921). Traduction de Jean Murray. Collection Libretto. Parution le 2 juin 2016. 324 pages. 10,00€.

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 09:04

Bon anniversaire à Pierre Colin-Thibert

né le 29 janvier 1951.

Colin THIBERT : Le bâtard de l’espace.

Projetant, dans un futur plus ou moins proche, des faits de société, pseudo culturels ou scientifiques, Colin Thibert extrapole avec une ironie grinçante des petits événements qui semblent de prime abord anodins. Seulement il faut se méfier de ce que l’avenir nous réserve.

Dans Le bâtard de l’espace, nouvelle éponyme de ce recueil, des producteurs de télévision ont imaginé, afin de redorer leur blason et reconquérir une part d’audience qui fléchit, de réaliser un nouveau concept de Loft Story à bord d’une navette spatiale. Bien sûr les dés sont pipés, seulement pendant que les téléspectateurs se focalisent sur cette émission, des actes graves se déroulent sur Terre.

Fauché par un camion alors qu’il s’amusait en skate, le héros de Bonheur et Alacrité se réveille dans une chambre d’hôpital en 3057. Décédé, il avait été cryogénisé, et c’est par hasard que son corps a été découvert. Les êtres humains sont devenus plus paisibles, plus tolérants, plus calmes, plus pacifiques. Mais il suffit d’une visite, en compagnie d’autres élèves, d’un musée pour que tout se dérègle.

Dans Pivorce un jeune adolescent rencontre un avocat afin de se plaindre des mauvais traitements qu’il subit de la part de ses parents. Il veut pivorcer, comme les parents qui divorcent. Mais ses revendications sont-elles recevables ?

Le jour de ses quinze ans Lionel a comme cadeau d’anniversaire la surprise d’apprendre que son père lui a programmé un clone, pour si un jour il lui arrivait un accident. Tel est le point de départ de Alter Ego, une nouvelle qui prouve que parfois il est plus commode de se retrancher dans la facilité que d’affronter l’adversité.

Nettement plus poignante Le cobra nous entraîne à la suite de touristes qui découvrent avec effroi que dans le pays qu’ils visitent, de nombreux autochtones sont handicapés. Se renseignant auprès de l’un d’eux, ils apprennent avec horreur que tous ces mutilés vendent soit un œil, soit un bras, soit une jambe pour survivre.

Dans Vendredi sur la huitième lune, un chercheur de sélénium va se rendre compte, à ses dépens, qu’il n’est pas bon de trafiquer un robot, même s’il manque de compagnie. Quatre autres nouvelles complètent ce recueil qui s’intéresse à l’avenir, notre avenir, et sous couvert d’un humour souvent ravageur, décapant, et nous amène à réfléchir à un soi-disant progrès. A classer auprès des ouvrages de Fredric Brown.

 

Colin THIBERT : Le bâtard de l’espace. Nouvelles. Editions Thierry Magnier. Parution 19 janvier 2009. 186 pages. 10,10€.

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 10:08

Bon anniversaire à Jérôme Zolma, né le 24 janvier 1962.

ZOLMA : Adios Viracocha.

Votre mission, si vous l’acceptez, est de retrouver le meurtrier de mon frère !

C’est un peu ce genre de phrase qu’Hubert Renault tient à Lily Verdine, détective privée qui pensait que son client l’avait convoquée dans son bar favori pour une histoire d’adultère.

Célèbre dessinateur de bandes dessinées, Run alias Yves Renault, a été assassiné dix jours auparavant dans sa propriété près de Carcassonne. Il avait créé avec Jean-Michel Char, scénariste, un personnage, Pierron, hussard napoléonien, qui était un héros à l’égal des Tintin et Lucky Luke.

Puis pour une raison indéterminée Char avait rompu l’association et Run travaillait seul depuis des années, se retranchant durant des mois dans sa maison isolée des Corbières.

Cinq ans auparavant, il avait été victime d’un accident vasculaire cérébral et était resté à moitié paraplégique. Depuis il a sorti deux nouvelles aventures de Pierron. Mais ce que le public ignore, c’est que Thomas Carayol, l’homme affecté à l’entretien, doué pour le dessin, avait suppléé le dessinateur, handicapé. Or justement Thomas Carayol a disparu et évidemment il devient l’assassin présumé. Bref Hubert Renault demande à Lily de retrouver Thomas avant les policiers.

En compagnie de son Péruvien d’amant, Juan-Manko surnommé Viracocha, qui vient passer quelques jours en France, elle part vers les Corbières enquêter sur place. Se faisant passer pour une journaliste, elle rencontre le lieutenant de gendarmerie en charge de l’affaire ainsi que Shéhérazade, l’amie de Thomas, visite la propriété de Run sans y être invitée, interroge des proches de l’homme en fuite dont un de ses anciens patrons.

Thomas n’est guère prisé, sauf par son amie évidemment, car il ressort que le fuyard est un homme susceptible, qui se sert volontiers de ses poings pour affirmer ses droits. La présence de Lily n’est pas appréciée de tous et elle est agressée par deux encagoulés, et Viracocha est prié de regagner ses Andes natales suite à un conflit avec les forces de l’ordre, qui comme on le sait provoquent volontiers le désordre.

Elle essaie de remonter une filière qui l’emmène de la frontière espagnole jusqu’en Hongrie puis retour à Paris où elle sollicite le concours de Philippe, son cafetier préféré et ami, possesseur d’une Kalachnikov, une arme qui peut s’avérer utile.

Si Thomas est en fuite, d’autres personnes manquent à l’appel, dont Martin le fils de Run, et ce n’est pas forcément la faute aux intempéries qui ont sévi durant les jours qui ont précédé et suivi le meurtre du dessinateur de B.D. Des intempéries qui perturbent le bon déroulement de l’enquête, les gendarmes étant occupés à retrouver les disparitions provoquées par des éléments déchainés et éventuellement identifier les corps.

 

Adios Viracocha, dont l’explication du titre réside dans l’épilogue, démarre sur les chapeaux de roues, puis se calme, adoptant un régime de croisière, mais une croisière qui ne manque pas d’imprévus et de retournements de situation. Lily se montre égale à elle-même, toujours aussi combative, acerbe, insolente mais en même temps romantique, idéaliste. Lily, on ne peut pas mieux la définir qu’en citant ces vers de Georges Brassens :

Un' jolie fleur dans une peau d'vache,

Un' jolie vach' déguisée en fleur

Qui fait la belle et qui vous attache

Puis, qui vous mèn' par le bout du cœur.

 

Dès la première page, le lecteur est plongé dans une atmosphère dont il ne peut se dépêtrer, ce qui fait qu’il ne peut lâcher le livre jusqu’au mot fin, qui d’ailleurs n’est pas imprimé.

La figure de Juan-Manko est prégnante avec ses imperfections linguistiques, l’emploi volontiers d’argot, ce qui prouve qu’il a compris ce qu’est l’intégration, puisqu’il ne s’exprime pas de façon académique mais populaire. Et bizarrement cela lui nuira. Pourtant j’en connais qui n’hésitent pas à proférer « Casses-toi, pauv’… » (Vous pouvez compléter les points de suspension à votre gré et selon votre inspiration) et qui sont toujours là !

 

ZOLMA : Adios Viracocha. Polar Jigal. Editions Jigal. Parution 5 mai 2010. 208 pages. 16,23€.

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 09:45

Hommage à Alexandre Dumas, décédé le

5 décembre 1870.

Alexandre DUMAS : Madame et la Vendée.

Si Alexandre Dumas est réputé pour ses romans historiques - il l’est aussi pour avoir employé des nègres en écriture, notamment Auguste Maquet - son activité de prête-plume est plus confidentielle.

Grâce à Claude Ribbe, biographe de Thomas-Alexandre Davy de la Pailleterie dit le général Dumas, père de notre gloire littéraire nationale, le lecteur curieux peut se plonger dans un livre attribué au général Dermoncourt, qui fut l’aide de camp du général Dumas, et auquel Alexandre Dumas participa activement pour la rédaction.

A l’époque de la première parution de ce livre en 1833, Dumas était connu pour ses pièces de théâtre, dont Antony, La Tour de Nesle. Le propos de cet ouvrage consiste à relater la campagne entreprise par le général Dermoncourt au cours du printemps 1832 afin d’annihiler le rêve de Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, veuve du Duc de Berry, fils de Charles X : placer sur le trône de France son fils Henri V, à la place de Louis-Philippe.

Pour concrétiser ce rêve elle quitte l’Italie et traverse la France de Marseille jusqu’en Vendée. Elle espère compter sur le soutien massif des Chouans, comme lors du soulèvement pendant la Révolution et jusqu’au Consulat.

Mais l’époque où les royalistes, appelés aussi les carlistes, se levaient en masse est révolue. Et au lieu de l’armée escomptée, ce n’est qu’une poignée d’hommes qui prennent les armes. Elle ne désespère pas et grâce à quelques amis dévoués elle parcourt la campagne, se cache dans des châteaux ou chez des paysans, échappant toujours de peu aux troupes de Dermoncourt.

Une guerre de tranchées est organisée, les haies et les bois se révélant propices aux embuscades. De Chateaubriand à Nantes en passant par Clisson et nombre de petits villages de la Loire Inférieure, actuellement la Loire Atlantique, Marie-Caroline, duchesse de Berry, va se comporter en aventurière, habillée aussi bien en noble qu’en paysanne. Elle se trouvera confrontée à des situations épiques, que Dumas relate avec sa verve habituelle.

Les passages techniques qui relatent les mouvements de troupe et autres, semblent plus écrits sous la dictée du général Dermoncourt, mais Dumas sait trouver le souffle nécessaire pour digérer ce qui pourrait n’être qu’un pensum militaire. Une œuvre de jeunesse qui contient de belles promesses et que le lecteur, amateur de Dumas ou non, savourera avec plaisir.

Alexandre DUMAS : Madame et la Vendée. Collection Ethiopica. Editions Alphée. Parution le 25 mai 2009. 270 pages.

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