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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 07:59

Hommage à Dominique Rocher

décédée le 13 septembre 2016.

Dominique ROCHER : La nuit des pantins.

Anthony, qui vient de passer quelques années dans les geôles françaises, débarque au Kenya.

Il veut rencontrer, pour une raison qui lui est particulière, le Colon. Pris en stop par un policier anglais, il est déposé non loin du domicile du fermier. Lorsqu’il arrive à l’habitation, il est accueilli par un prêtre, le père Massimo, qui lui annonce le décès de celui qu’il désirait rencontrer. Un meurtre perpétré quelques heures auparavant.

Surgit alors une jeune femme, Elizabeth Leclerc, Canadienne, qui elle aussi aspirait à rencontrer le Colon. Pour des raisons personnelles elle aussi. Selon le père Massimo, le Colon devait recevoir la visite d’un certain monsieur Forrest, qui se fait attendre.

Le prêtre, atteint d’un accès de paludisme est soigné par Anthony. Lequel n’est pas chaud pour rester dans cette ferme isolée mais le réservoir de la Jeep qu’il désirait “ emprunter ” est vide. Enfin monsieur Forrest daigne se présenter.

 Ce n’est autre que le policier anglais qui a aimablement aidé Anthony à effectuer une partie de son voyage. Il est légèrement blessé, une estafilade due à une sagaie lancée par des rebelles Kikuyus.

 Commence une nuit au cours de laquelle Anthony et le policier vont tenter soit de concert, soit chacun de leur côté, de découvrir qui a tué le Colon, et accessoirement pourquoi. Un huis clôt éprouvant pour les participants, dans lequel s’ébauche une histoire d’amour, avec retournements de situations, rebondissements, épilogue légèrement ambigu, disons pour le moins un fin ouverte.

 

Dominique Rocher abandonne l’humour et son personnage de la Rouquine, infirmière dans le civil et détective à ses heures, pour nous conter une histoire plus profonde, plus subtile, plus intimiste.

Les faits se situent au Kenya durant la période de la révolte des Mau-Mau et qui voit le début de la révolte africaine contre les envahisseurs, les colons, britanniques et autres.

Cette révolte sert de décor et de prétexte pour ce roman qui pourrait tout aussi bien, avec quelques aménagements de lieux, de contexte, se passer n’importe où et n’importe quand. Ce sont les relations entre les protagonistes qui priment. Relations qui oscillent entre tension, sympathie, manipulation, faux-semblants.

Et je pense que ce roman pourrait facilement être transposé au théâtre.

Dominique ROCHER : La nuit des pantins.

Dominique ROCHER : La nuit des pantins. Le Manuscrit.com, N°3802. Décembre 2003. Format Broché : 19,90€. Format Kindle : 7,90€.

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 08:23

Bon anniversaire à Olivier Thiébaut

né le 21 septembre 1963.

Petit entretien express avec Olivier THIEBAUT.

Dans le roman noir, comme en général dans toute littérature, existent les textes qui dérangent et dont les chroniqueurs parfois n'osent rendre compte, peut-être de peur de se mouiller. L'enfant de cœur d'Olivier Thiébaut paru dans la Série Noire (N°2332) quasiment en même temps que La Sirène rouge de Maurice Dantec (N°2326) n'a pas eu les honneurs de la grande presse, ou alors juste quelques lignes en catimini. Il est vrai que ce roman est plus intimiste que la plupart des productions habituelles de la vénérable vieille dame en noir et jaune. Et qu'il aborde un thème un peu tabou. Faut-il pour cela l'occulter ? Non, au contraire, il faut en parler et ne pas hésiter à donner son avis.

Toutes les sensibilités doivent être respectées et ce n'est pas parce qu'une histoire trouble la conscience qu'elle doit se trouver sous l'éteignoir.

 

 

Prévenu Thiébaut: nom, prénom, âge, profession, antécédents scolaires ?

Je m'appelle Olivier Thiébaut, je suis né le 21.09.63 à Cherbourg. Mon père était inspecteur du trésor, ma mère prof d'anglais. Tous deux sont bien vivants, je tiens à le préciser. Scolarité chaotique avec au bout du compte Bac D., DEUG LAEC...

Ce qui veut dire ?

Lettres, arts, expression, communication. Tout un programme pour beaucoup de vent dans la tête. Puis une licence de cinéma. Ce qui est loin de valoir une licence IV...

Pas d'humour déplacé si vous voulez bien.

Bien monsieur. Quant à mon expérience professionnelle, elle se résume en de petits boulots. Animateur et directeur adjoint de jolies colonies de vacances, surtout avec des enfants de la DDASS; puis stagiaire et assistant, mais très peu, à la mise en scène et enfin scénariste sur une dizaine de séries télévisées. Sinon, mis à part les oreillons à 20 ans, je ne vois pas de quoi défrayer la chronique.

Comment vous est venue l'idée de ce roman.

J'avais envie de raconter une histoire d'adolescent. Ce passage entre l'enfance et l'âge adulte engendre, à mon sens, des comportements intéressants dus à la fragilisation, l'incertitude, le manque de confiance en soi... De plus je souhaitais mettre en scène un personnage de "victime" qui devienne malgré lui un "bourreau". De là à me lancer dans une sorte "d'Oedipe version rock and roll", il n'y avait qu'un pas. D'autre part, le côté familial et intimiste sans héros flics ou détectives ( d'autres auteurs font ça mieux que moi) est un genre un peu délaissé. Et pourtant, statistiquement, on a plus de chance de se faire assassiner en famille au coin du feu que dans la rue par un étranger patibulaire... Quant à la poésie, je voulais insérer un élément un peu onirique, en décalage avec le côté sordide de l'histoire. Pour Benoît, le héros, si tant est qu'on puisse l'appeler ainsi, elle tient lieu de véritable religion même s'il ne l'assimile qu'à la fin. Voilà pour l'idée dont, finalement, je ne sais plus d'où elle vient. Si, de J.B. Pouy qui m'a dit un jour : " Ecris-moi un polar... Je te laisse deux mois..." J'ai mis un an. C'est énervant les gens qui pensent qu'on est aussi doués qu'eux...

Qu'elle est la part d'autobiographie ...

Elle est quasiment nulle pour autant qu'un auteur puisse totalement faire abstraction de son vécu.

Quelles sont vos antécédents littéraires ?

Dès le berceau mes parents m'ont appris à aimer la lecture. . Plus tard, ils ont insisté sur l'importance de l'expression écrite. C'est devenu une quasi obsession. Sinon, j'aimerais bien prendre l'apéro avec le prof de français qui m'a mis 7 à l'oral du BAC et qui m'a dit que si je voulais écrire, j'avais du boulot...

Un peu de respect, s'il vous plaît. Bien, passons à vos auteurs préférés et quelles sont vos influences ?

Ça fait deux question !

Pas d'impertinence et répondez !

Difficile... En polar, j'aime surtout les auteurs français. Moins de flics, de détectives... Et surtout une réalité bien de chez nous que je suis plus facilement capable d'appréhender et où l'identification est plus évidente. Je ne citerai pas de nom pour ne pas passer pour un fayot mais Pouy, par exemple, j'aime beaucoup... Hors polar, encore que, selon moi, la frontière est très mince, j'apprécie particulièrement : Vian, Nabokov, Belleto, Toole - L'unique conjuration des imbéciles - , Céline ... Et encore bon nombre d'auteurs, surtout ceux qui sur un bouquin de 500 pages ne font pas 400 pages de description pour expliquer comment le petit pont qui enjambe la rivière est joli quand le soleil se couche.

Et votre travail comme scénariste à la télé ?

Alimentaire mon cher Watson, oh pardon ...

Vous êtes excusé, mais uniquement parce que vous savez apprécier à sa juste valeur J.B.

Merci de votre mansuétude. Je voulais dire que mon travail comme scénariste c'est ... c'est un boulot qui m'a appris la rigueur, le sens du rebondissement, la simplicité d'une écriture directe et aussi l'humilité.

Acquitté, au bénéfice du doute, et à condition que vous fassiez des petits frères à L'enfant de cœur.

 

(Entretien publié dans la revue 813 N°52 de juin 1995).

 

*****

Des petits frères à L'enfant de cœur, Olivier Thiébaut en a fait quelques-uns, entre deux scénarii et des illustrations notamment pour des ouvrages destinés aux adolescents et publiés aux éditions Sarbacane. Mais il a écrit, seul ou en compagnie d'Eric Kristy, de Jean-Claude Schineizer et autres, des scénarii de téléfilms et séries telles que Une femme d'honneur, Les enquêtes d'Eloïse Rome, Le grand patron, Fabien Cosma ou encore de Chante !

 

Bibliographie :

Enquête d’un père, éd. Après la Lune, coll. Lunes Blafardes, 2006 ;

L’un seul, Editions Lignes noires. 2000.

J’irai revoir mon Cotentin, Éditions Baleine, coll. Tourisme et Polar, 1998.

Les Pieds de la dame aux clebs, Éditions Baleine, coll. Le Poulpe, N°15. 1996.

Rock and Vérole. La Loupiote N°4. 1996.

Larmes de fond, Éditions Baleine, coll. Instantanés de Polar, no 5. 1995.

L’Enfant de cœur, Gallimard, coll. Série noire n° 2392. 1993.

 

Romans Jeunesse

À feu et à sang, Syros, coll. Souris noire, 1996 puis 2000, illustré par Lewis Trondheim.

Frères de sang, Syros, coll. Souris Noire, 1998.

 

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 11:26

Bon anniversaire à Peter Lovesey

né le 10 septembre 1936.

Peter LOVESEY : Un flic et des limiers

Lorsque l'on n'est pas d'accord avec son supérieur, le meilleur moyen de ne plus l'avoir sur le dos est de démissionner.

C'est ce qu'a fait Peter Diamond, héros de Un flic en voie de disparition. Seulement le métier d'enquêteur, Diamond l'a dans la peau. Aussi après avoir résolu avec brio l'affaire Mountjoy dans La convocation, il a repris ses activités et est superintendant à la police criminelle de Bath.

Il s'aperçoit rapidement alors qu'il enquête sur la mort de Sid Towers, un gardien de nuit, qu'il est confronté à un crime en local clos, plus précisément sur une péniche appartenant à Milo Motion, adhérent comme lui à une Société des amis du roman policier, Les Limiers.

Or Motion est en possession d'un timbre-poste qui possède deux particularité : celui d'être le plus cher au monde et d'avoir été volé quelques jours auparavant.

 

Peter Lovesey avec Un flic et des limiers parodie avec humour le roman d’énigme et le problème du meurtre en chambre close sans oublier de nous proposer son point de vue sur le roman policier en général par le truchement de ses personnages, véritables amateurs de littérature policière qui se chamaillent parce qu’ils ne possèdent pas les mêmes goûts.

J’aime que le livre réponde à toutes les interrogations qu’il soulève déclare l’un des protagonistes. Et chacun de se livrer à l’apologie du genre qu’il préfère, dénigrant les autres formes de littérature policière. Rien que ce préambule, dont l’action se passe dans la crypte d’une chapelle, vaut le détour.

Mais il ne faut pas oublier que Peter Lovesey a construit un véritable roman à énigme, dont l’intérêt ne réside pas uniquement sur les joutes orales des protagonistes ou dans la résolution de l’énigme d’un meurtre en chambre close et dont le tout est en fait un véritable petit bijou jubilatoire.

 

Peter LOVESEY : Un flic et des limiers (Bloodhounds - 1997. Traduction Stéphane Trieulet). Le Masque N° 2369. Edition Librairie des Champs Elysées. Parution 15 avril 1998.

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 13:58

Bon anniversaire à Colette Piat, alias Patricia Lumb, née un 6 septembre.

Patricia LUMB : Lady Blood à Tokyo.

Il ne faut pas croire que dans les romans policiers, seuls les policiers sont les héros. Les méchants savent aussi se mettre en valeur.

Rappelez-vous Arsène Lupin le facétieux créé par Maurice Leblanc, Fantômas le malfaisant de Souvestre et Allain, Chéri-Bibi de Gaston Leroux, Parker de Richard Stark alias Donald Westlake, ou encore Bernie Rhodenbarr de Lawrence Block.

Patricia Lumb, avec Lady Blood, met en scène un Fantômas en jupon qui heureusement fait moins couler le sang que le mystérieux criminel mais possède des appétits sexuels difficilement rassasiables.

D'ailleurs elle a tout pour plaire. Belle, intelligente, sans scrupule, elle n'est pas dénuée d'humanisme. Entreprenante, cultivée, elle sait jour les naïves, les ingénues, les blondes évaporées.

Cependant elle peut également se montrer sous un jour plus noir. Téméraire, audacieuse, volontaire, hardie, autoritaire, déterminée, et amorale lorsque les circonstances l'exigent.

 

Chez Sotheby's à New-York, la grande attraction est un tableau de Van Gogh, Les Dahlias, adjugé à cinquante sept millions de dollars. Faut dire que la mode est aux Van Gogh et que ceux-ci s'arrachent comme des petits pains un jour de disette.

Ah, s'il pouvait entendre les enchères ce rapin qui ne prêtait qu'une oreille aux contingences matérielles !

Mais se porter acquéreur ne veut pas dire être propriétaire, car entre temps de petits futés subtilisent la toile au grand détriment de l'heureux enchérisseur.

Les transports Glass sont ce qu'il y a de mieux au point de vue convoyage, et pourtant... Le fourgon est retrouvé délesté du tableau convoité, le chauffeur amoché, et son coéquipier incinéré. Quoique...

Dans le même temps, de mystérieux détrousseurs de cercueils réalisent une opération rafle dans un cimetière, lors d'un enterrement. Lady Blood en finesse est maintenant en possession de cette peinture hors de prix.

Il ne lui reste plus qu'à négocier quelques petites transactions bassement matérielles, qui la mèneront jusqu'à Tokyo, en plein repaire de yakusas.

Mais Lippia Citriodora, ne pas confondre avec la Cicciolina, surnommée Lady Blood, aura maille à partir avec des escrocs aux dents longues, des complices taraudés par la jalousie, des membres rapportés de la famille guère complaisants.

Et tout comme Fantômas, elle traîne derrière elle son Juve en la personne de Mac Kenzie, agent du FBI, qui n'en peut mais.

Cette institution américaine n'est plus ce qu'elle était, et ses dignes représentants ont la fâcheuse tendance à se faire marcher sur les pieds.

 

Moins sanguinolent et pervers que je m'y attendais, les critiques des précédents romans mettant en scène cette jeune femme dédaignant le port du slip, à vos souhaits, et révélant une nudité pubienne aussi rose et lisse que le crâne de Yul Brynner (c'est devenu une mode paraît-il), n'ayant guère été élogieuses, j'ai donc entamé ce roman avec une certaine appréhension et une circonspection certaine.

En réalité je me suis franchement amusé à la lecture de ce livre qui est un véritable pastiche, alliant les énormités et les retournements de situations propres aux feuilletons du XIXe siècle, aux aspirations les plus secrètes des dames patronnesses frustrées de cette fin de siècle. Le droit aux fantasmes mais également à leur accomplissement.

Sérieux s'abstenir, amateurs de canulars soyez les bienvenus dans l'univers de Lady Blood.

 

Patricia LUMB : Lady Blood à Tokyo. Collection Sueurs Froides. Editions Denoël. Parution 17 septembre 1991. 192 pages. 13,00€.

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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 13:49

Hommage à Arthur Upfield, né le 1er septembre 1890.

Arthur UPFIELD : L'homme des deux tribus

Au sud de l'Australie s'étend une immense plaine désertique, inhospitalière, baptisée Nullarbor, pas d'arbre.

Seuls s'érigent quelques villages, petits points reliés par une longue ligne de chemin de fer et des exploitations agricoles dont la vocation est l'élevage.

Depuis plus de cinq semaines, Easter, le brigadier de gendarmerie de Chifley, passe son temps à rechercher les traces de Myra Thomas, une jeune femme disparue à l'un des arrêts du Transcontinental. Disparition d'autant plus mystérieuse que Myra venait d'être acquittée du meurtre de son mari.

Selon une légende aborigène, Ganba, un esprit malin, enlevait les jeunes filles ou femmes pour les dévorer. Et nombreux sont ceux qui pensent que le vieux Ganba vient de commettre un nouveau forfait.

L'inspecteur Napoléon Bonaparte est dépêché par l'administration afin de reprendre l'enquête de zéro.

Pour cela il endosse l'identité de William Blake, pseudo neveu de Patsy Lonergan, prospecteur, trappeur, chasseur de dingos - espèce de renards australiens - qui vient de mourir d'une crise cardiaque suite à une cuite carabinée.

Le vieux trappeur avait consigné dans son journal son itinéraire, jour par jour, les petits faits anodins qui émaillaient ses pérégrinations, dans la relève de ses pièges.

Une nuit il a entendu et vu un hélicoptère, la nuit même de la disparition de la jeune femme. Y-a-t-il corrélation entre ces deux événements ?

L'identité, la provenance, la destination de l'appareil ne sont mentionnées nulle part.

Alors, partant de Mount Singular, une exploitation où Lonergan disposait d'un refuge, l'inspecteur Napoléon Bonaparte, Bony pour tout le monde, va remonter la piste du trappeur, empruntant un itinéraire aux noms évocateurs mais inscrits sur aucune carte ou relevé topographique, se fiant à l'instinct et au flair des deux chameaux et du chien de Lonergan, malgré les propos dissuasifs des habitants de Mount Singular.

 

Bony est un homme de terrain, d'origine aborigène, possédant dans le sang les qualités de patience, d'endurance, de déduction, d'observation de ses ancêtres. Toutes qualités dont il aura bien besoin pour mener à bien sa mission.

L'Australie, terre de rêves, de légendes, de migrations, est un pays que la plupart d'entre nous connaissons uniquement par des clichés, nullement révélateurs.

Sidney, Melbourne, les troupeaux immenses de moutons, les kangourous, les boomerangs, le rugby, voilà tout le folklore que l'on peut associer aux paysages désertiques du Bush australien.

Grâce à Arthur Upfield, précurseur du polar ethnologique, genre à qui Tony Hillerman doit une grande partie de ses succès, adaptant la recette pour mettre en scène ses limiers Navajos, nous découvrons un univers inconnu, différent.

Les descriptions de la culture aborigène, ses légendes, les mœurs de son peuple, ses coutumes, alliés à des intrigues solides, permettent au lecteur avide d'évasion, de grands espaces, de pouvoir contenter son envie à satiété sans pour autant être confronté à des ouvrages arides, ennuyeux, rébarbatifs, ou par trop pédagogiques.

Arthur UPFIELD : L'homme des deux tribus

Arthur UPFIELD : L'homme des deux tribus (The man of two tribes - 1956. Traduction de Michèle Valencia). Collection Grands Détectives N°2226. Editions 10/18. Première édition 1991. Réimpression 2008.

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 13:39

Hommage à Jack Vance né le 28 août 1916.

Jack VANCE : Un plat qui se mange froid

Seize années passées en prison, surtout si c'est pour rien, il y a de quoi aigrir un homme.

Ausley Wyett, accusé de viol et de meurtre sur la personne de la jeune Tissie, a toujours clamé son innocence. Pourtant il est allé en prison, les déclarations des témoins ne laissant aucun doute aux jurés.

Sa peine purgée, Ausley revient chez lui dans le comté de Rodrigo, en Californie, mais tous se souviennent encore de cette affaire lamentable. Et son retour est accueilli de façon mitigée. Certains réprouvent même cette attitude jugée inconvenante, pour ne pas dire provocante.

D'autant que des incidents se produisent qui ravivent la mémoire des témoins mais également de toute la population du comté.

Quelqu'un a versé de l'eau dans le réservoir à essence du vieux break de Bus Hacker. Ausley est immédiatement accusé d'avoir réalisé cette mauvaise plaisanterie.

Les cinq témoins à charge du procès reçoivent une lettre d'Ausley leur demandant comment ils pensent réparer les dommages qu'il a subis.

Si les petites tracasseries s'arrêtaient là, il n'y aurait pas grand chose à dire, mais des décès suspects enveniment l'atmosphère.

Pour Joé Bain, shérif intérimaire en remplacement du vieux Conch, voilà une belle occasion de démontrer ses capacités. Le pain sur la planche ne manque pas, et s'il veut être élu shérif titulaire aux prochaines élections, les faux pas lui sont interdits.

L'avocat Lee Gervase est lui aussi prétendant à ce poste, soutenu par quelques notabilités du coin. Il ne s'embarrasse pas de scrupules pour dénoncer des magouilles, des prévarications, supposées ou réelles.

 

Jack Vance est surtout connu en France pour ses romans de science-fiction, dont près de trente titres ont été édités chez Pocket et d'autres éditeurs.

Mais il ne faut pas oublier pour autant ses romans policiers de très belle facture, dont Méchant garçon ou Méchante fille réédition de Professeur Poltron.

Dans Un plat qui se mange froid, Jack Vance, tout en construisant un roman à la trame rigoureuse, nous offre une pinte de bonne humeur. Une nouvelle facette de son talent multiple.

Jack VANCE : Un plat qui se mange froid (The fox valley murders - 1966. Traduction de Jacqueline Lenclud). Collection Pocket Noir N°3728. Editions Pocket. Parution janvier 1992. 250 pages.

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 07:53

Bon anniversaire à Barbara Hambly née le 28 août 1951.

Barbara HAMBLY : Les Murs des ténèbres.

Murs des ténèbres, est écrit par un auteur qui n’est pas inconnu des amateurs de Star Trek ou Star Wars.

En effet Barbara Hambly a participé à ces deux phénomènes cinématographiques, télévisés et littéraires, sans compter les jeux de rôle. Toutefois c’est sa première œuvre qui est ici publiée, datant déjà de 1983 et qui s’apparente à une Fantasy située entre le roman de Genefort et la série du Lancedragon publiée au Fleuve Noir.

Dans ce second volet du Cycle de Darwarth, le premier étant Les Forces de la Nuit (Abysses n°2), Gil et Rudy entraînés dans un monde parallèle médiéval, combattent aux côtés du peuple de Dare obligé de fuir les Ténébreux. Ils parcourent le pays sous la neige, le vent, la tempête et se réfugient dans un Donjon dont nul ne connaît véritablement les arcanes.

Le sorcier Ingold et Rudy partent à la recherche du mage Lohiro qui pourrait leur donner la clé de la victoire, et Faucon-de-Glace décide lui aussi d’aller à l’aventure.

Dans le Donjon, les forces magiques et religieuses s’affrontent pour obtenir le pouvoir et être écoutées de La reine Minalde, régente d’un royaume en déliquescence. Elle trouve heureusement auprès d’elle Gil, qui se révèle être une guerrière née tandis que Rudy, en compagnie de Ingold, se découvre le don de sorcellerie.

Au dehors les Ténébreux rôdent, mais ce ne sont pas les seuls. Les Pillards Blancs, les Dooiques (hommes néanderthaliens) s’avèrent de redoutables ennemis tandis que les Pénambriens, eux aussi en exode, souhaiteraient trouver refuge dans le Donjon. Ce que refusent certains responsables malgré l’avis de Minalde car selon eux les vivres ne sont pas inépuisables. Le Donjon recèle ses mystères qu’aimerait découvrir Gil.

 

Gil qui est d’ailleurs une transposition de Barbary Hambly, puisque celle-ci possède un diplôme d’histoire médiévale (elle a également passé une année à étudier à la Faculté de Bordeaux) et est ceinture noire de Karaté.

Mais l’on retrouve également dans ces romans une influence directe de Lovecraft et dans une moindre partie de Tolkien. Un ouvrage dense, qui démarre doucement, l’action n’étant pas la priorité de l’auteur, mais dont l’atmosphère finit par envoûter le lecteur.

Et Barbara Hambly pose une question primordiale par le biais de son héroïne qui combat et tue des renégats pour sauver sa peau. L’homme, l’être humain qui tue sans réfléchir en état de légitime défense est-il plus coupable que le juré qui le condamne à mort dans un esprit de justice ? Mais Barbara Hambly écrit aussi des romans historiques et l’on peut lire toujours au Masque, en Grand Format, L’innocence de Janvier, dont l’action se passe en Louisiane au XIXe siècle.

 

Première édition Collection Club du livre d'Anticipation N°122. Editions Opta. Parution 1986. 416 pages.

Première édition Collection Club du livre d'Anticipation N°122. Editions Opta. Parution 1986. 416 pages.

Réédition Folio SF. Parution 21 juin 2007.448 pages.

Réédition Folio SF. Parution 21 juin 2007.448 pages.

L'intégrale de Darwath. Editions Terre de Brume. 2005.

L'intégrale de Darwath. Editions Terre de Brume. 2005.

Barbara HAMBLY : Les Murs des ténèbres. Le cycle de Darwath, volume 2. (The walls of air- 1983. Traduction de Françoise Maillet). Collection Abysses n° 9. Librairie des Champs Elysées. Parution septembre 1998. 448 pages.

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 08:45

Bon anniversaire à René REOUVEN, né le 23 août 1925.

René REOUVEN : Souvenez-vous de Monte-Cristo.

Exercer la profession de documentaliste dans un lycée peut réserver parfois d'heureuses surprises.

C'est ce qui arrive à César Brunel qui déniche, enfoui au fond d'un rayon de la bibliothèque, un ouvrage signé d'un certain Peuchet, préfet de police au début du 19ème siècle, et dont s'inspira largement Alexandre Dumas pour écrire son Comte de Monte-Cristo.

Brunel a envie de devenir riche, et pour cela il lui suffit d'hériter de son oncle. Or, coïncidence étrange, un parallèle existe entre l'un des personnages des mémoires de Peuchet et Brunel. Loupian.

Loupian, nom de jeune fille de sa mère et du héros de ce livre qui lui livre sinon la solution du moins une façon de procéder pour éliminer son riche parent.

Pour détourner l'attention de la maréchaussée, il choisit quelques victimes en concordance avec ce roman qui devient sa bible de chevet. Le premier pas est plus facile à sauter qu'il le pensait, il ne lui reste plus qu'à continuer sur sa lancée.

 

René Réouven abandonne un temps le pastiche holmésien dont il s'est instauré le chantre mais pas le plaisir d'émailler son roman de références littéraires et historiques.

Sans pour autant verser dans le pédantisme.

Un roman fort bien construit malgré une facilité apparente, jusque dans la pirouette finale, pourtant annoncée mais dont on se demande si l'auteur osera l'exécuter.

Le tout enrobé d'un brin d'humour léger, pour ne pas dire primesautier.

Première édition Collection Sueurs Froides. Editions Denoël. Parution 14 mai 1996. 224 pages. 12,14€.

Première édition Collection Sueurs Froides. Editions Denoël. Parution 14 mai 1996. 224 pages. 12,14€.

René REOUVEN : Souvenez-vous de Monte-Cristo.

René REOUVEN : Souvenez-vous de Monte-Cristo. Folio N° 3034. Parution 23 janvier 1998. 208 pages. 6,50€.

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 12:50

Bon anniversaire à Alexis Lecaye, né le 22 août 1951.

Alexis LECAYE : Julie Lescaut.

Mutée dans un commissariat d'une petite ville de la banlieue parisienne, Madame le commissaire Julie Lescaut est un peu perdue.

Pas encore la quarantaine, divorcée et mère de deux fillettes, elle en avait marre de végéter au Ministère de l'Intérieur après avoir exercé durant quelques années le métier d'avocate.

Sa première journée au commissariat lui fait découvrir un monde auquel elle n'était pas habituée. Tétanisée, elle subit les attouchements de Peuchard, l'heureux retraité grivois qui la pelote sans vergogne. Pour sa défense il faut avouer qu'il est quelque peu éméché.

Trémois, un inspecteur au faciès cadavérique, lui remet un rapport dans lequel il est question de cercles de jeux clandestins, de tripots. Une affabulation, ou un début de paranoïa, pense-t-elle.

Quant à N'Guma, un autre inspecteur, un Noir natif de Bécon, il l'a suivie ostensiblement en sifflotant Auprès de ma blonde... Plus que l'erreur dans la couleur de cheveux,      Julie Lescaut est rousse, cette drague qu'elle estime éhontée lui a mis les nerfs en pelote.

Elle va avoir bien du mal à s'imposer, à diriger ce poste banlieusard dans lequel ses trente-deux subordonnés ont été habitués à recevoir des ordres d'un supérieur hiérarchique mâle.

Elle a à peine le temps de s'installer dans son bureau que la disparition d'un gamin de huit ans, Tarik, est signalée. Bonjour l'ambiance.

Entre Julie Lescaut, qui s'illusionnait lors d'un rendez-vous avec le meilleur ami de son mari, le meilleur ami du couple, et Trémois, dont la vie privée est un cauchemar, un calvaire, le courant passe mal, mais rien ne vaut une bonne enquête policière dans laquelle chacun peut démontrer ses qualités, parfois cachées, pour souder une équipe.

 

Alexis Lecaye, qui sous le pseudonyme d'Alexandre Terrel nous avait régalé avec sa série consacrée au Croque-mort, présentait un nouveau personnage qui ne manque ni d'attrait, ni de charme.

Interprétée au petit écran par Véronique Genest, Julie Lescaut a su plaire et s'imposer auprès des téléspectateurs, grâce à ses qualités et ses défauts.

Ce n'est pas une superwoman. C'est une femme tout simplement, avec tous les aléas de la vie quotidienne, familiale et professionnelle que cela comporte. La description des autres policiers évoluant dans ce roman ne manque pas non plus de profondeur. L'enquête est au cœur de l'histoire, certes, mais les à-côtés sont tout aussi intéressants.

Alexis Lecaye n'a écrit qu'un seul roman mettant en scène Julie Lescaut, la série télévisée lui prenant tout son temps, son énergie, et il faut bien l'avouer, se montrant plus lucrative qu'un livre.

Réédition Le Masque Jaune N°2492. 12 Janvier 2005. 7,50€.

Réédition Le Masque Jaune N°2492. 12 Janvier 2005. 7,50€.

Alexis LECAYE : Julie Lescaut. Le Masque Jaune N°2098. Editions Librairie des Champs Elysées. Parution 1992.

Réédition Le Masque Jaune N°2492. 12 Janvier 2005. 7,50€.

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 12:43

Hommage à Noëlle Loriot connue aussi sous le nom de Laurence Oriol, née le 6 août 1925.

Noëlle LORIOT : Meurtrière bourgeoisie.

Laurence Herbault est une jeune visiteuse de prison qui prodigue un réconfort matériel et moral auprès notamment de son frère, jeune délinquant et surtout de François Couderc, accusé d’avoir assassiné son beau-père de banquier et employeur.

François venait d’être licencié, naturellement est-il immédiatement soupçonné et emprisonné. Il possède le profil du coupable idéal. Cependant Laurence, qui vient de divorcer d’avec Jérôme Brochard, procureur adjoint, ne peut s’empêcher de ressentir une certaine attirance envers ce prisonnier qui se défend d’avoir perpétré ce meurtre.

Il est défendu par maître Davioud, reconnu comme l’un des meilleurs de sa profession, mais ce sont ses adjoints qui établissent le dossier avec les moyens du bord.

Persuadée de l’innocence de François, Laurence se jette dans une enquête entraînant avec elle Vincent, un homosexuel dont elle partage l’appartement. Et les faits semblent lui donner raison, puisque malgré la surveillance, François subit une tentative d’empoisonnement et que Vincent est renversé par un véhicule.

Même Jérôme Brochard n’échappe pas à cette vague d’intimidation, sa voiture étant piégée. De plus le défunt naviguait dans les eaux troubles de la pédophilie, ainsi que certaines de ses relations auxquelles, de par leur notabilité, on aurait donné le Bon Dieu sans confession. Cependant il faudra beaucoup de courage et de persévérance de la part de Laurence et de ses amis, occasionnels ou non, pour démêler cet imbroglio.

 

Une histoire narrée avec efficacité par un auteur qui n’en est pas à son premier coup d’essai et qui se complaît à jouer avec les apparences, et démonter avec élégance d’écriture les perversités qui s’épanouissent dans toutes les couches de la société, surtout là où on ne les attend pas.

L’intrigue est bien menée et le suspense entretenu, même si lecteur accroché polar se pose des questions, que je ne révèlerai pas ici car poser la question c’est un peu résoudre l’énigme. J’aurai préféré un autre titre, moins banal, mais bon, ce n’est pas le titre qui fait le bouquin.

Je terminerai par la citation du jour :

Je ne lis plus de romans policiers ; ils sont trop inférieurs à la réalité des faits divers que la presse ose révéler, et à ceux qu’elle n’ose pas révéler parce qu’on ne les croirait pas.

Noëlle LORIOT : Meurtrière bourgeoisie. Collection Spécial Suspense. Editions Albin Michel. Parution avril 2004. 320 pages. 19,80€.

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