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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 13:58

Bon anniversaire à Colette Piat, alias Patricia Lumb, née un 6 septembre.

Patricia LUMB : Lady Blood à Tokyo.

Il ne faut pas croire que dans les romans policiers, seuls les policiers sont les héros. Les méchants savent aussi se mettre en valeur.

Rappelez-vous Arsène Lupin le facétieux créé par Maurice Leblanc, Fantômas le malfaisant de Souvestre et Allain, Chéri-Bibi de Gaston Leroux, Parker de Richard Stark alias Donald Westlake, ou encore Bernie Rhodenbarr de Lawrence Block.

Patricia Lumb, avec Lady Blood, met en scène un Fantômas en jupon qui heureusement fait moins couler le sang que le mystérieux criminel mais possède des appétits sexuels difficilement rassasiables.

D'ailleurs elle a tout pour plaire. Belle, intelligente, sans scrupule, elle n'est pas dénuée d'humanisme. Entreprenante, cultivée, elle sait jour les naïves, les ingénues, les blondes évaporées.

Cependant elle peut également se montrer sous un jour plus noir. Téméraire, audacieuse, volontaire, hardie, autoritaire, déterminée, et amorale lorsque les circonstances l'exigent.

 

Chez Sotheby's à New-York, la grande attraction est un tableau de Van Gogh, Les Dahlias, adjugé à cinquante sept millions de dollars. Faut dire que la mode est aux Van Gogh et que ceux-ci s'arrachent comme des petits pains un jour de disette.

Ah, s'il pouvait entendre les enchères ce rapin qui ne prêtait qu'une oreille aux contingences matérielles !

Mais se porter acquéreur ne veut pas dire être propriétaire, car entre temps de petits futés subtilisent la toile au grand détriment de l'heureux enchérisseur.

Les transports Glass sont ce qu'il y a de mieux au point de vue convoyage, et pourtant... Le fourgon est retrouvé délesté du tableau convoité, le chauffeur amoché, et son coéquipier incinéré. Quoique...

Dans le même temps, de mystérieux détrousseurs de cercueils réalisent une opération rafle dans un cimetière, lors d'un enterrement. Lady Blood en finesse est maintenant en possession de cette peinture hors de prix.

Il ne lui reste plus qu'à négocier quelques petites transactions bassement matérielles, qui la mèneront jusqu'à Tokyo, en plein repaire de yakusas.

Mais Lippia Citriodora, ne pas confondre avec la Cicciolina, surnommée Lady Blood, aura maille à partir avec des escrocs aux dents longues, des complices taraudés par la jalousie, des membres rapportés de la famille guère complaisants.

Et tout comme Fantômas, elle traîne derrière elle son Juve en la personne de Mac Kenzie, agent du FBI, qui n'en peut mais.

Cette institution américaine n'est plus ce qu'elle était, et ses dignes représentants ont la fâcheuse tendance à se faire marcher sur les pieds.

 

Moins sanguinolent et pervers que je m'y attendais, les critiques des précédents romans mettant en scène cette jeune femme dédaignant le port du slip, à vos souhaits, et révélant une nudité pubienne aussi rose et lisse que le crâne de Yul Brynner (c'est devenu une mode paraît-il), n'ayant guère été élogieuses, j'ai donc entamé ce roman avec une certaine appréhension et une circonspection certaine.

En réalité je me suis franchement amusé à la lecture de ce livre qui est un véritable pastiche, alliant les énormités et les retournements de situations propres aux feuilletons du XIXe siècle, aux aspirations les plus secrètes des dames patronnesses frustrées de cette fin de siècle. Le droit aux fantasmes mais également à leur accomplissement.

Sérieux s'abstenir, amateurs de canulars soyez les bienvenus dans l'univers de Lady Blood.

 

Patricia LUMB : Lady Blood à Tokyo. Collection Sueurs Froides. Editions Denoël. Parution 17 septembre 1991. 192 pages. 13,00€.

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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 13:49

Hommage à Arthur Upfield, né le 1er septembre 1890.

Arthur UPFIELD : L'homme des deux tribus

Au sud de l'Australie s'étend une immense plaine désertique, inhospitalière, baptisée Nullarbor, pas d'arbre.

Seuls s'érigent quelques villages, petits points reliés par une longue ligne de chemin de fer et des exploitations agricoles dont la vocation est l'élevage.

Depuis plus de cinq semaines, Easter, le brigadier de gendarmerie de Chifley, passe son temps à rechercher les traces de Myra Thomas, une jeune femme disparue à l'un des arrêts du Transcontinental. Disparition d'autant plus mystérieuse que Myra venait d'être acquittée du meurtre de son mari.

Selon une légende aborigène, Ganba, un esprit malin, enlevait les jeunes filles ou femmes pour les dévorer. Et nombreux sont ceux qui pensent que le vieux Ganba vient de commettre un nouveau forfait.

L'inspecteur Napoléon Bonaparte est dépêché par l'administration afin de reprendre l'enquête de zéro.

Pour cela il endosse l'identité de William Blake, pseudo neveu de Patsy Lonergan, prospecteur, trappeur, chasseur de dingos - espèce de renards australiens - qui vient de mourir d'une crise cardiaque suite à une cuite carabinée.

Le vieux trappeur avait consigné dans son journal son itinéraire, jour par jour, les petits faits anodins qui émaillaient ses pérégrinations, dans la relève de ses pièges.

Une nuit il a entendu et vu un hélicoptère, la nuit même de la disparition de la jeune femme. Y-a-t-il corrélation entre ces deux événements ?

L'identité, la provenance, la destination de l'appareil ne sont mentionnées nulle part.

Alors, partant de Mount Singular, une exploitation où Lonergan disposait d'un refuge, l'inspecteur Napoléon Bonaparte, Bony pour tout le monde, va remonter la piste du trappeur, empruntant un itinéraire aux noms évocateurs mais inscrits sur aucune carte ou relevé topographique, se fiant à l'instinct et au flair des deux chameaux et du chien de Lonergan, malgré les propos dissuasifs des habitants de Mount Singular.

 

Bony est un homme de terrain, d'origine aborigène, possédant dans le sang les qualités de patience, d'endurance, de déduction, d'observation de ses ancêtres. Toutes qualités dont il aura bien besoin pour mener à bien sa mission.

L'Australie, terre de rêves, de légendes, de migrations, est un pays que la plupart d'entre nous connaissons uniquement par des clichés, nullement révélateurs.

Sidney, Melbourne, les troupeaux immenses de moutons, les kangourous, les boomerangs, le rugby, voilà tout le folklore que l'on peut associer aux paysages désertiques du Bush australien.

Grâce à Arthur Upfield, précurseur du polar ethnologique, genre à qui Tony Hillerman doit une grande partie de ses succès, adaptant la recette pour mettre en scène ses limiers Navajos, nous découvrons un univers inconnu, différent.

Les descriptions de la culture aborigène, ses légendes, les mœurs de son peuple, ses coutumes, alliés à des intrigues solides, permettent au lecteur avide d'évasion, de grands espaces, de pouvoir contenter son envie à satiété sans pour autant être confronté à des ouvrages arides, ennuyeux, rébarbatifs, ou par trop pédagogiques.

Arthur UPFIELD : L'homme des deux tribus

Arthur UPFIELD : L'homme des deux tribus (The man of two tribes - 1956. Traduction de Michèle Valencia). Collection Grands Détectives N°2226. Editions 10/18. Première édition 1991. Réimpression 2008.

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 13:39

Hommage à Jack Vance né le 28 août 1916.

Jack VANCE : Un plat qui se mange froid

Seize années passées en prison, surtout si c'est pour rien, il y a de quoi aigrir un homme.

Ausley Wyett, accusé de viol et de meurtre sur la personne de la jeune Tissie, a toujours clamé son innocence. Pourtant il est allé en prison, les déclarations des témoins ne laissant aucun doute aux jurés.

Sa peine purgée, Ausley revient chez lui dans le comté de Rodrigo, en Californie, mais tous se souviennent encore de cette affaire lamentable. Et son retour est accueilli de façon mitigée. Certains réprouvent même cette attitude jugée inconvenante, pour ne pas dire provocante.

D'autant que des incidents se produisent qui ravivent la mémoire des témoins mais également de toute la population du comté.

Quelqu'un a versé de l'eau dans le réservoir à essence du vieux break de Bus Hacker. Ausley est immédiatement accusé d'avoir réalisé cette mauvaise plaisanterie.

Les cinq témoins à charge du procès reçoivent une lettre d'Ausley leur demandant comment ils pensent réparer les dommages qu'il a subis.

Si les petites tracasseries s'arrêtaient là, il n'y aurait pas grand chose à dire, mais des décès suspects enveniment l'atmosphère.

Pour Joé Bain, shérif intérimaire en remplacement du vieux Conch, voilà une belle occasion de démontrer ses capacités. Le pain sur la planche ne manque pas, et s'il veut être élu shérif titulaire aux prochaines élections, les faux pas lui sont interdits.

L'avocat Lee Gervase est lui aussi prétendant à ce poste, soutenu par quelques notabilités du coin. Il ne s'embarrasse pas de scrupules pour dénoncer des magouilles, des prévarications, supposées ou réelles.

 

Jack Vance est surtout connu en France pour ses romans de science-fiction, dont près de trente titres ont été édités chez Pocket et d'autres éditeurs.

Mais il ne faut pas oublier pour autant ses romans policiers de très belle facture, dont Méchant garçon ou Méchante fille réédition de Professeur Poltron.

Dans Un plat qui se mange froid, Jack Vance, tout en construisant un roman à la trame rigoureuse, nous offre une pinte de bonne humeur. Une nouvelle facette de son talent multiple.

Jack VANCE : Un plat qui se mange froid (The fox valley murders - 1966. Traduction de Jacqueline Lenclud). Collection Pocket Noir N°3728. Editions Pocket. Parution janvier 1992. 250 pages.

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 07:53

Bon anniversaire à Barbara Hambly née le 28 août 1951.

Barbara HAMBLY : Les Murs des ténèbres.

Murs des ténèbres, est écrit par un auteur qui n’est pas inconnu des amateurs de Star Trek ou Star Wars.

En effet Barbara Hambly a participé à ces deux phénomènes cinématographiques, télévisés et littéraires, sans compter les jeux de rôle. Toutefois c’est sa première œuvre qui est ici publiée, datant déjà de 1983 et qui s’apparente à une Fantasy située entre le roman de Genefort et la série du Lancedragon publiée au Fleuve Noir.

Dans ce second volet du Cycle de Darwarth, le premier étant Les Forces de la Nuit (Abysses n°2), Gil et Rudy entraînés dans un monde parallèle médiéval, combattent aux côtés du peuple de Dare obligé de fuir les Ténébreux. Ils parcourent le pays sous la neige, le vent, la tempête et se réfugient dans un Donjon dont nul ne connaît véritablement les arcanes.

Le sorcier Ingold et Rudy partent à la recherche du mage Lohiro qui pourrait leur donner la clé de la victoire, et Faucon-de-Glace décide lui aussi d’aller à l’aventure.

Dans le Donjon, les forces magiques et religieuses s’affrontent pour obtenir le pouvoir et être écoutées de La reine Minalde, régente d’un royaume en déliquescence. Elle trouve heureusement auprès d’elle Gil, qui se révèle être une guerrière née tandis que Rudy, en compagnie de Ingold, se découvre le don de sorcellerie.

Au dehors les Ténébreux rôdent, mais ce ne sont pas les seuls. Les Pillards Blancs, les Dooiques (hommes néanderthaliens) s’avèrent de redoutables ennemis tandis que les Pénambriens, eux aussi en exode, souhaiteraient trouver refuge dans le Donjon. Ce que refusent certains responsables malgré l’avis de Minalde car selon eux les vivres ne sont pas inépuisables. Le Donjon recèle ses mystères qu’aimerait découvrir Gil.

 

Gil qui est d’ailleurs une transposition de Barbary Hambly, puisque celle-ci possède un diplôme d’histoire médiévale (elle a également passé une année à étudier à la Faculté de Bordeaux) et est ceinture noire de Karaté.

Mais l’on retrouve également dans ces romans une influence directe de Lovecraft et dans une moindre partie de Tolkien. Un ouvrage dense, qui démarre doucement, l’action n’étant pas la priorité de l’auteur, mais dont l’atmosphère finit par envoûter le lecteur.

Et Barbara Hambly pose une question primordiale par le biais de son héroïne qui combat et tue des renégats pour sauver sa peau. L’homme, l’être humain qui tue sans réfléchir en état de légitime défense est-il plus coupable que le juré qui le condamne à mort dans un esprit de justice ? Mais Barbara Hambly écrit aussi des romans historiques et l’on peut lire toujours au Masque, en Grand Format, L’innocence de Janvier, dont l’action se passe en Louisiane au XIXe siècle.

 

Première édition Collection Club du livre d'Anticipation N°122. Editions Opta. Parution 1986. 416 pages.

Première édition Collection Club du livre d'Anticipation N°122. Editions Opta. Parution 1986. 416 pages.

Réédition Folio SF. Parution 21 juin 2007.448 pages.

Réédition Folio SF. Parution 21 juin 2007.448 pages.

L'intégrale de Darwath. Editions Terre de Brume. 2005.

L'intégrale de Darwath. Editions Terre de Brume. 2005.

Barbara HAMBLY : Les Murs des ténèbres. Le cycle de Darwath, volume 2. (The walls of air- 1983. Traduction de Françoise Maillet). Collection Abysses n° 9. Librairie des Champs Elysées. Parution septembre 1998. 448 pages.

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 08:45

Bon anniversaire à René REOUVEN, né le 23 août 1925.

René REOUVEN : Souvenez-vous de Monte-Cristo.

Exercer la profession de documentaliste dans un lycée peut réserver parfois d'heureuses surprises.

C'est ce qui arrive à César Brunel qui déniche, enfoui au fond d'un rayon de la bibliothèque, un ouvrage signé d'un certain Peuchet, préfet de police au début du 19ème siècle, et dont s'inspira largement Alexandre Dumas pour écrire son Comte de Monte-Cristo.

Brunel a envie de devenir riche, et pour cela il lui suffit d'hériter de son oncle. Or, coïncidence étrange, un parallèle existe entre l'un des personnages des mémoires de Peuchet et Brunel. Loupian.

Loupian, nom de jeune fille de sa mère et du héros de ce livre qui lui livre sinon la solution du moins une façon de procéder pour éliminer son riche parent.

Pour détourner l'attention de la maréchaussée, il choisit quelques victimes en concordance avec ce roman qui devient sa bible de chevet. Le premier pas est plus facile à sauter qu'il le pensait, il ne lui reste plus qu'à continuer sur sa lancée.

 

René Réouven abandonne un temps le pastiche holmésien dont il s'est instauré le chantre mais pas le plaisir d'émailler son roman de références littéraires et historiques.

Sans pour autant verser dans le pédantisme.

Un roman fort bien construit malgré une facilité apparente, jusque dans la pirouette finale, pourtant annoncée mais dont on se demande si l'auteur osera l'exécuter.

Le tout enrobé d'un brin d'humour léger, pour ne pas dire primesautier.

Première édition Collection Sueurs Froides. Editions Denoël. Parution 14 mai 1996. 224 pages. 12,14€.

Première édition Collection Sueurs Froides. Editions Denoël. Parution 14 mai 1996. 224 pages. 12,14€.

René REOUVEN : Souvenez-vous de Monte-Cristo.

René REOUVEN : Souvenez-vous de Monte-Cristo. Folio N° 3034. Parution 23 janvier 1998. 208 pages. 6,50€.

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 12:50

Bon anniversaire à Alexis Lecaye, né le 22 août 1951.

Alexis LECAYE : Julie Lescaut.

Mutée dans un commissariat d'une petite ville de la banlieue parisienne, Madame le commissaire Julie Lescaut est un peu perdue.

Pas encore la quarantaine, divorcée et mère de deux fillettes, elle en avait marre de végéter au Ministère de l'Intérieur après avoir exercé durant quelques années le métier d'avocate.

Sa première journée au commissariat lui fait découvrir un monde auquel elle n'était pas habituée. Tétanisée, elle subit les attouchements de Peuchard, l'heureux retraité grivois qui la pelote sans vergogne. Pour sa défense il faut avouer qu'il est quelque peu éméché.

Trémois, un inspecteur au faciès cadavérique, lui remet un rapport dans lequel il est question de cercles de jeux clandestins, de tripots. Une affabulation, ou un début de paranoïa, pense-t-elle.

Quant à N'Guma, un autre inspecteur, un Noir natif de Bécon, il l'a suivie ostensiblement en sifflotant Auprès de ma blonde... Plus que l'erreur dans la couleur de cheveux,      Julie Lescaut est rousse, cette drague qu'elle estime éhontée lui a mis les nerfs en pelote.

Elle va avoir bien du mal à s'imposer, à diriger ce poste banlieusard dans lequel ses trente-deux subordonnés ont été habitués à recevoir des ordres d'un supérieur hiérarchique mâle.

Elle a à peine le temps de s'installer dans son bureau que la disparition d'un gamin de huit ans, Tarik, est signalée. Bonjour l'ambiance.

Entre Julie Lescaut, qui s'illusionnait lors d'un rendez-vous avec le meilleur ami de son mari, le meilleur ami du couple, et Trémois, dont la vie privée est un cauchemar, un calvaire, le courant passe mal, mais rien ne vaut une bonne enquête policière dans laquelle chacun peut démontrer ses qualités, parfois cachées, pour souder une équipe.

 

Alexis Lecaye, qui sous le pseudonyme d'Alexandre Terrel nous avait régalé avec sa série consacrée au Croque-mort, présentait un nouveau personnage qui ne manque ni d'attrait, ni de charme.

Interprétée au petit écran par Véronique Genest, Julie Lescaut a su plaire et s'imposer auprès des téléspectateurs, grâce à ses qualités et ses défauts.

Ce n'est pas une superwoman. C'est une femme tout simplement, avec tous les aléas de la vie quotidienne, familiale et professionnelle que cela comporte. La description des autres policiers évoluant dans ce roman ne manque pas non plus de profondeur. L'enquête est au cœur de l'histoire, certes, mais les à-côtés sont tout aussi intéressants.

Alexis Lecaye n'a écrit qu'un seul roman mettant en scène Julie Lescaut, la série télévisée lui prenant tout son temps, son énergie, et il faut bien l'avouer, se montrant plus lucrative qu'un livre.

Réédition Le Masque Jaune N°2492. 12 Janvier 2005. 7,50€.

Réédition Le Masque Jaune N°2492. 12 Janvier 2005. 7,50€.

Alexis LECAYE : Julie Lescaut. Le Masque Jaune N°2098. Editions Librairie des Champs Elysées. Parution 1992.

Réédition Le Masque Jaune N°2492. 12 Janvier 2005. 7,50€.

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 12:43

Hommage à Noëlle Loriot connue aussi sous le nom de Laurence Oriol, née le 6 août 1925.

Noëlle LORIOT : Meurtrière bourgeoisie.

Laurence Herbault est une jeune visiteuse de prison qui prodigue un réconfort matériel et moral auprès notamment de son frère, jeune délinquant et surtout de François Couderc, accusé d’avoir assassiné son beau-père de banquier et employeur.

François venait d’être licencié, naturellement est-il immédiatement soupçonné et emprisonné. Il possède le profil du coupable idéal. Cependant Laurence, qui vient de divorcer d’avec Jérôme Brochard, procureur adjoint, ne peut s’empêcher de ressentir une certaine attirance envers ce prisonnier qui se défend d’avoir perpétré ce meurtre.

Il est défendu par maître Davioud, reconnu comme l’un des meilleurs de sa profession, mais ce sont ses adjoints qui établissent le dossier avec les moyens du bord.

Persuadée de l’innocence de François, Laurence se jette dans une enquête entraînant avec elle Vincent, un homosexuel dont elle partage l’appartement. Et les faits semblent lui donner raison, puisque malgré la surveillance, François subit une tentative d’empoisonnement et que Vincent est renversé par un véhicule.

Même Jérôme Brochard n’échappe pas à cette vague d’intimidation, sa voiture étant piégée. De plus le défunt naviguait dans les eaux troubles de la pédophilie, ainsi que certaines de ses relations auxquelles, de par leur notabilité, on aurait donné le Bon Dieu sans confession. Cependant il faudra beaucoup de courage et de persévérance de la part de Laurence et de ses amis, occasionnels ou non, pour démêler cet imbroglio.

 

Une histoire narrée avec efficacité par un auteur qui n’en est pas à son premier coup d’essai et qui se complaît à jouer avec les apparences, et démonter avec élégance d’écriture les perversités qui s’épanouissent dans toutes les couches de la société, surtout là où on ne les attend pas.

L’intrigue est bien menée et le suspense entretenu, même si lecteur accroché polar se pose des questions, que je ne révèlerai pas ici car poser la question c’est un peu résoudre l’énigme. J’aurai préféré un autre titre, moins banal, mais bon, ce n’est pas le titre qui fait le bouquin.

Je terminerai par la citation du jour :

Je ne lis plus de romans policiers ; ils sont trop inférieurs à la réalité des faits divers que la presse ose révéler, et à ceux qu’elle n’ose pas révéler parce qu’on ne les croirait pas.

Noëlle LORIOT : Meurtrière bourgeoisie. Collection Spécial Suspense. Editions Albin Michel. Parution avril 2004. 320 pages. 19,80€.

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 13:14

Hommage à Phyllis Dorothy James, née le 3 août 1920.

P.D. JAMES : Par action et par omission

Depuis quelques mois, le Norfolk vit son cauchemar.

Un tueur psychopathe, surnommé le Siffleur, attaque des jeunes femmes qui se promènent solitaires la nuit.

Adam Dalgliesh, qui vient de publier un recueil de poèmes, décide de s'octroyer quelques jours de congés dans cette contrée de l'est de l'Angleterre. Officiellement pour prendre possession de l'héritage que vient de lui léguer une de ses tantes, mais pour ses supérieurs, s'il pouvait en même temps fouiner et aider les enquêteurs locaux, cela leur ôterait une grosse épine du pied.

Il fait la connaissance de ses voisins lors d'une soirée et à nouveau le Siffleur se manifeste.

Adam Dalgliesh va même faire une expérience nouvelle pour lui : buter sur un cadavre la nuit, alors qu'en général les policiers laissent ce soin aux pauvres quidams qui dans ce cas deviennent suspects.

Mais ce nouveau crime ne peut être imputé au Siffleur, le redoutable récidiviste venant d'être arrêté quelques heures auparavant.

La nouvelle victime, Hilary Roberts, une jeune femme travaillant à la centrale nucléaire de Larksoken, ne comptait pas que des amis, loin s'en faut.

Les prétendants à ce meurtre sont légion, de Alex Mair, directeur de la centrale nucléaire et ancien amant de la jeune femme, à Neil Pascoe, écologiste convaincu et passionné qui vit dans une caravane en compagnie d'une jeune mère et de son bébé qu'il a recueillis, en passant par Ryan Blaney, artiste peintre alcoolique et père de quatre enfants élevés par l'aînée et locataire de plus en plus indésirable d'un cottage que possédait Hilary Roberts.

Plus d'autres personnes qui ne manquent pas de motifs pour faire disparaître cet encombrant personnage. Hilary Roberts, une femme de caractère, autoritaire, impitoyable, qui ne faisait rien pour s'attirer la sympathie et l'amitié de ses voisins et collègues.

 

Les auteurs britanniques féminins de romans policiers ont la réputation, non dénuée de fondement, de délayer leurs intrigues à l'extrême et parfois de se perdre dans des digressions souvent longues et monotones.

P. D. James ne faillit pas à cette règle mais ses réflexions, souvent justes et douces-amères qui parsèment son récit, ne manquent pourtant d'humour et de réalisme.

Ainsi sur la condition précaire et pas toujours enviable des poètes ou de la gloire éphémère des littérateurs.

Ou encore sur l'opportunité, le bien-fondé, et peut-être les dangers réels ou supposés des centrales nucléaires, ainsi que des comparatifs entre le moderne et le traditionnel.

Un tournant dans l'œuvre littéraire de P.D. James mais il faut avouer que les précédents romans de cette nouvelle Reine du crime peuvent être considérés comme des œuvres de jeunesse, une façon de parler, ou un apprentissage.

Réédité au Livre de Poche, collection Policier N°9542. Novembre 1992 et 2005.

Réédité au Livre de Poche, collection Policier N°9542. Novembre 1992 et 2005.

P.D. JAMES : Par action et par omission

P.D. JAMES : Par action et par omission (Devices and Desires - 1989. Traduction de Demise Meunier). Editions Fayard. Parution mars 1990.

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 10:00

Bon anniversaire à John Farris né le 26 juillet 1936.

John FARRIS : La forêt sauvage

Whitman Bowers profite de la venue de son fils Terry, quatorze ans et demi, qu'il ne voit que lors des vacances, pour allier plaisir et travail. C'est à dire qu'en plus de quelques excursions de détente, il va visiter les Great Smoky Mountains, principalement la forêt de Wildwood, pour le compte de son employeur.

En effet celui-ci compte bâtir un village de vacances ainsi que des pistes de ski, et Whitman doit étudier sur place si ces projets sont réalisables.

Il va retrouver sur place Arn Rutledge et sa femme Faren. Arn servit sous ses ordres pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Mais Wildwood semble bien être une forêt maléfique. Faren se montre réticente lorsque Whitman lui expose ses projets. Quant à Arn, il est parti à la chasse, mais nul ne sait exactement quel est son gibier.

Wildwood, forêt sauvage, mystérieuses, enchantée, magique, mais aussi maléfique, et qui recèle bien des secrets.

En 1916, il y a un peu plus de quarante ans de cela, lors d'une réception organisée par Edgar Langford, Edgar le Fou, magicien et prestidigitateur à ses heures, passionné d'archéologie et de la civilisation assyrienne en particulier, lors d'une réception donc, ses cinq cents invités et son château disparaissent bizarrement.

Un château immense, construit à la manière des châteaux européens des XVIe et XVIIe siècles, ne peut se volatiliser ainsi dans la nature, et pourtant !

Des manifestations bizarres se produisent de temps à autre. De même apparaissent des personnages étranges, mi êtres humains, mi animaux.

 

John Farris, dont on n'a pas oublié le magnifique Ecailles, paru dans la même collection, nous livre cette fois encore un roman envoûtant, magique, angoissant, moins teinté d'exotisme mais tout aussi prenant, à cause ou grâce à l'ambiance ténébreuse, démoniaque et énigmatique qu'il distille avec un art consommé du suspense d'épouvante.

John Farris semble obsédé, obnubilé, fasciné par les serpents, puisque, tout comme dans Ecailles, ils jouent un rôle important. Mais le serpent n'est-il pas l'origine biblique de la race humaine, tout au moins l'un de ses acteurs principaux.

John FARRIS : La forêt sauvage (Wildwood - 1986. Traduction de Michel Demuth). Collection J'ai Lu épouvante N°2407. Editions J'ai Lu. Parution juin 1988. 448 pages.

Réédition février 2001.

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 14:12

Hommage à Alexandre Dumas né le 24 juillet 1802.

Alexandre DUMAS : Voyage au Caucase.

Pour Kléber Haedens, Alexandre Dumas écrivait à la bonne franquette dans une langue remuante et dépourvue de toute rigueur, dont l'enthousiasme fait négliger les contradictions.

Mais le rôle d'Alexandre Dumas dans la littérature ne s'arrête pas là, et d'autres voient en lui un formidable précurseur et un prodigieux inventeur. Sans jamais avoir écrit de véritables romans policiers même s'il a abordé ce genre, Dumas amorce néanmoins une lignée de personnages qui marquèrent la littérature à tout jamais, même si ses mérites ne sont pas assez reconnus : D'Artagnan qui se transforme en détective privé pour récupérer les férets de la Reine Anne d'Autriche, courant mille dangers dans la plus pure tradition du roman noir; Milady de Winter, l'archétype de la femme fatale, séduisant les hommes pour mieux les asservir; ou encore l'abbé Faria, premier détective en chambre.

Mais Alexandre Dumas n'est pas que le romancier de cape et d'épée qui a enchanté notre jeunesse, et encore maintenant.

Ce fut également un grand voyageur et un grand reporter avant la lettre. Ses impressions de voyage il nous les restitue comme dans Voyage au Caucase, dans un style alerte, vif, chaleureux, bon enfant, enthousiaste, pétillant, gai, parfois naïf, mais ne ménageant pas pour autant ses réflexions personnelles et les petite piques. Ainsi écrit-il :

Principe général : il ne faut rien laisser décider aux savants, attendu qu'ils ne décident rien. Si Oedipe avait laissé l'énigme du Sphinx à deviner aux savants de la Béotie, le Sphinx dévorerait encore aujourd'hui les voyageurs.

Les anecdotes foisonnent dans ce récit qui se lit comme un roman. Je sais, c'est une formule un peu plate, passe-partout, conventionnelle, employée bien souvent par des critiques qui ne savent pas comment s'en sortir, mais que dire d'autre de Dumas et de ses œuvres non romanesques ?

Les péripéties contées par Dumas sont tellement savoureuses, incroyables de nos jours, que l'on se demande quelle est la part de vérité, de réalité et de fabulation.

Mais il ne faut pas oublier que ce voyage s'est déroulé en 1858, et que le risque était présent dans chaque déplacement, que la route qu'il parcourait était loin d'être balisée et sécurisante, que les hôtels et les auberges ne poussaient pas comme des champignons et que le danger était partout présent et à l'affût.

Ce récit est un véritable enchantement, et mon seul regret, que bon nombre d'entre vous partagerons j'en suis sûr, le manque de reproductions de quelques-uns des croquis et dessins de Moynet qui effectuait ce voyage en compagnie de Dumas.

Autre édition : éditions François Bourin. Parution mars 1990. 586 pages.

Autre édition : éditions François Bourin. Parution mars 1990. 586 pages.

Alexandre DUMAS : Voyage au Caucase. Préface de Michel Brix. Editions Bartillat. Parution 12 mai 2016. 624 pages. 22,00€.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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