Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 12:10

Comme disait Gérard Majax, y'a un truc...

Georges-Jean ARNAUD : La vie truquée.

A huit ans, Claudia Mirail n'a avec ses parents que de trop rares contacts.

Ils ne viennent que rarement la voir, confiant à la grand-mère le soin d'élever la gamine. Ils sont continuellement par monts et par vaux, et Carole, la jeune bonne, s'ingénie à entretenir, à cultiver le doute dans l'esprit de Claudia qui attend avec impatience les rares moments de bon heur où elle peut se glisser dans le giron de sa mère, pour quelques heures trop brèves.

Jusqu'au jour où elle apprend qu'elle ne verra plus ses parents, qu'ils sont morts dans un accident de voiture. Elle ne veut pas y croire et pense à un simulacre. Pourtant les cadavres sont enterrés dans le cimetière du petit village.

Claudia découvre des coupures de presse, tout un dossier concernant ses parents, révolutionnaires de mai devenus des terroristes, peut-être à l'origine de l'assassinant d'Aldo Moro.

Alors elle décide de reprendre le flambeau, inscrivant des slogans sur les murs des propriétés environnantes ou en provoquant des incendies. Ce ne sont pas les séjours en famille d'accueil, dans des maisons de correction, puis dans des prisons qui adouciront son caractère de révoltée. D'autant que des événements étranges pointillent son parcours de l'enfance vers l'adolescence. On la suit, on lui veut du mal, à elle ou à ses proches, on met à sac la maison de sa grand-mère.

 

Georges-Jean Arnaud effectuait avec ce roman un retour en force au Fleuve Noir, utilisant une recette éprouvée et qui a fait le succès de nombreux de ses livres comme Le Coucou, Les enfants de Périlla, Les jeudis de Julie, L'homme noir et bien d'autres.

Une atmosphère d'angoisse latente et diffuse sur laquelle plane une incertitude orchestrée diaboliquement par l'auteur qui joue avec les nerfs de ses lecteurs.

Il emmène sur des chemins de traverse, affirme puis se rétracte, laissant libre court à toutes les suppositions, toutes les interprétations. Et le lecteur est victime consentante de son savoir-faire, de son professionnalisme, de son machiavélisme.

Georges-Jean ARNAUD : La vie truquée. Collection Les Noirs. Grand Format. Editions Fleuve Noir. Parution janvier 1997. 252 pages.

Partager cet article

Repost0
6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 13:05

En général, c'étaient les jeunes filles qui se faisaient enlever !

Albert BONNEAU : L'enlèvement de Catamount. Les nouvelles aventures de Catamount.

Dans un bouge de Galveston, un port du Texas, cinq hommes discutent, se demandant comment ils vont pouvoir remplacer Kirby, marin comme eux qui vient de décéder à la suite d'une mauvaise fièvre.

Sam Trill, le second du Sea-Mew dont le capitaine Hyatt est gravement malade, sait qu'il peut compter sur ses quatre compagnons car la cargaison embarquée sur le navire, dont la destination est Cuba, n'est pas exactement celle prévue. Théoriquement ce sont des balles de coton qui sont entreposées dans la cale, mais celles-ci renferment des armes.

En compagnie de Sam Trill sont assis à la table, Sardell, que les scrupules n'étouffent pas et qui vient de Baltimore; Brackson, un gros homme qui apprécie la bonne chère, embarqué à New-Orléans un soir de carnaval; Cobilovici qui exhibe fièrement ses nombreux tatouages et enfin Hermann, un Allemand déserteur.

Le seul problème qui se présente à eux, outre remplacer Kirby, c'est la fille de Hyatt qui voyage en compagnie de son père sur le trois-mâts. Un homme aux yeux clairs et à l'allure d'un cow-boy entre dans l'établissement et Sam Trill l'invite à sa table. Un Tenderfoot, un pied tendre, à la dégaine de vacher, la recrue idéale pense le marin.

L'homme, qui dit s'appeler Bill Lern, accepte le whisky qui lui est servi, whisky qui sera suivi de beaucoup d'autres, et les marins sont obligés de le soutenir pour regagner le navire.

Lorsqu'il se réveille à fond de cale où il a été balancé, Catamount, car c'est de lui dont il s'agit, a la tête dans un étau. Et les pieds enchainés. Sardel lui rend une petite visite amicale, l'avertissant qu'il aura à manger s'il est sage et promet de travailler comme un forçat. Un avertissement confirmé par Trill qui le fait détacher. Il est confié à Luiggi, le cuistot du bord, qui le sustente et lui apprend qu'il prépare le bouillon du capitaine, lequel bouillon est confectionné à base d'herbes. Mais ce bol d'eau amélioré ressemble plus à un poison qu'à une panacée. Et trois fois par jour cette boisson est ingurgitée par le capitaine.

Ils essuient une tempête et Catamount, qui n'a pas le pied marin, s'en tire sans dégats. Il est affecté à la cambuse et se propose de préparer la soupe du capitaine, tandis que Luiggi est occupé par ailleurs. Le bouillon à base de pommes de terre est plus reconstituant que l'infect préparation aux herbes, ce qui conforte le ranger dans son impression.

Un Chinois rôde dans les cales, considéré par tous comme une vermine. Catamount s'en fait un ami et Chink, tel est le nom du pauvre asiate, lui montre que les ballots de coton sont en fait des caches d'armes. Le ranger s'empare de quelques-uns de ces objets providentiels et affronte Trill et ses hommes qui organisent une mutinerie. Les armes sont destinées aux insurgés cubains en lutte contre l'oppresseur espagnol et Hyatt n'était pas au courant de ce trafic.

Catamount organise la fuite en chaloupe emmenant avec lui Hyatt mal en point, sa fille Claudette et Chink. Ils abordent sur l'île de Pinas et sont recueillis par des Cubains insurgés contre la domination espagnole.

 

Catamount et ses compagnons vont vivre des aventures mouvementées, Trill et ses compagnons partant à leur poursuite. Mais un navire espagnol cabote dans les eaux cubaines prêt à intervenir contre les trafiquants d'armes.

 

Une aventure maritime pour Catamount qui regrette son fidèle cheval, Mezquite, et les chevauchées dans la Prairie. Il était envoyé en mission afin de mettre la main au collet d'un bandit et se retrouve entraîné malgré lui dans des aventures périlleuses.

Mais il y a un léger antagonisme dans cette histoire concernant ce trafic d'armes. On peut comprendre que Catamount combat les mutins du Sea Mew, dont les agissements sont en marge de la loi et qui veulent prendre la place du capitaine par des moyens plutôt brutaux. Toutefois ces mutins font de la contrebande d'armes en faveur des insurgés cubains et Catamount est lui aussi, en tant qu'Américain, aux côtés de ces révoltés. C'est à dire que les deux clans œuvrent pour une même cause mais avec des moyens différents.

Il est amusant de constater que lors de notre adolescence on s'attache moins au style qu'à l'intrigue. Et c'est en relisant ce roman, quelques décennies plus tard, que je me suis aperçu qu'Albert Bonneau possédait un style d'écriture particulier, que l'on pourrait qualifier de Célinien, à moins qu'il ait influencé le fameux docteur Destouches dans l'emploi systématique de points de suspension en fin de phrase. Mais une autre particularité est attribuée à l'écriture d'Albert Bonneau. Celle de phrases à rallonge, dont voici un exemple :

Brackson refusa d'obtempérer, il allait diriger son arme contre le ranger, il n'eut pas le temps de le mettre en joue, une détonation éclata, avant même qu'il eût pu se rendre compte de ce qui lui arrivait, le matelot éprouvait une violente douleur à la main, le sang se mit à couler entre ses phalanges déchirées par la balle que venait de lui adresser l'homme aux yeux clairs...

La date à laquelle se déroule cette histoire n'est pas précisée mais on peut raisonnablement penser qu'elle se passe après 1868, durant ce qui fut appelé la Guerre des dix ans, ou guerre d'indépendance. Et c'est un épisode qu'Albert Bonneau a choisi de mettre en évidence, alors que les indépendantistes, des Mambis ou guérilleros antiespagnols cubains pour la plupart, ayant à leur tête Pablo Alvarez, s'étaient réfugiés sur l'île de Pinos située à quelques miles de Cuba. Cette île serait la fameuse île qui aurait servi de décor pour L'île au trésor de Robert Stevenson.

Albert BONNEAU : L'enlèvement de Catamount. Les nouvelles aventures de Catamount. Editions Jules Tallandier. Janvier 1956. 220 pages.

Partager cet article

Repost0
29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 13:29

Le genre de bonnes relations toujours utiles...

Pierre SINIAC : Des amis dans la police.

Lors de la parution d'un nouveau roman de Pierre Siniac, le lecteur impatient était sujet à une interrogation simple mais anxieuse : qu'allait bien pouvoir nous inventer cet auteur imprévisible ?

Une histoire à la limite ou franchement fantastique comme Charenton non stop ou L'affreux joujou ? Une histoire en spirale comme Femmes blafardes ? Une histoire d'aventures comme Les Morfalous ? Un recueil de nouvelles comme Reflets changeant sur mare de sang ou L'unijambiste de la côte 284 ? Un roman consacré à ses affreux personnages que sont Luj Inferman et La Cloducque, des San-Antonio et Bérurier en négatif ? Une histoire totalement farfelue comme De l'horrifique chez les tarés ?

Que nenni ! une histoire toute simple mais avec un dénouement étonnant et renversant, tel est Des amis dans la police.

Siniac ne peut rester simple et même dans un court roman, ou une grande nouvelle, il faut qu'il étonne et piège le lecteur.

 

Je sais que vous avez tué une femme. Ce crime parfait est resté impuni, mais ça pourrait changer. Ne prenez surtout pas cet aveu charitable pour une plaisanterie.

Un petit mot doux comme celui-ci a de quoi vous occasionner une crise cardiaque. Surtout si ce message, vous le trouvez coincé entre deux pages d'un livre d'occasion que vous venez d'acheter chez votre bouquiniste préféré.

L'Albinos, surnommé ainsi pour des raisons qui crèvent la vue, et ex-inspecteur de police, en fait la funeste expérience. Sa compagne et Jo, son seul ami et inspecteur de police lui aussi, vont remonter la filière, essayant de savoir :

Primo, qui a bien pu glisser ce carton révélateur et mortel dans le livre acheté par Germain dit l'Albinos.

Secundo, qui est si bien au courant de la vie privée du dit Albinos et de certaines affaires remontant à quelques années.

 

Non seulement ce livre de Pierre Siniac est un petit régal d'ingéniosité mais de plus il fourmille de références ayant trait à la littérature policière.

Un excellent Siniac !

Pierre SINIAC : Des amis dans la police. Le Masque Jaune N° 1949. Parution mars 1989. 124 pages.

Partager cet article

Repost0
26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 11:03

Ça doit faire un de ces chahuts...

R. M. De NIZEROLLES : La forêt qui parle.

Cet ouvrage est la réédition abrégée d'une série sous-titrée Voyages extraordinaires d'un petit Parisien dans la stratosphère, la Lune et les planètes, publiée entre 1935 et 1937. A l'origine les aventures de Tintin, le petit Parisien, comportait 108 fascicules qui furent reliés en un seul volume en 1938. Le fascicule présenté ici portait le numéro 30.

De 1950 à 1951 seuls 26 fascicules ont été réédités.

 

Le Bolide, l'engin spatial en forme d'obus dans lequel voyagent M. Saint-Marc, un vieux savant, Timmy-Ropp le reporter anglais, le capitaine Rhinoff, agent secret, et Justin, alias Tintin l'intrépide petit Parisien, s'élance gaillardement vers Mercure à la demande d'un passager qu'ils ont accepté à bord en quittant Vénus.

La planète dédiée à la déesse de l'amour et de la séduction a accueilli au fil du temps des Dieux mythologiques et l'un d'eux, se prétendant Mercure, désirait rejoindre la planète qui porte son nom. Et après quelques mises au point et un parachute qui leur permet de se poser en douceur, les voici mettant le pied sur cette terre mystérieuse et inconnu. Il leur semble bien que la vie existe sur Mercure. Seul inconvénient, ils doivent porter un masque lorsqu'ils sortent de leur engin à cause du manque d'oxygène. Et ils commencent leur exploration, s'enfonçant dans la forêt proche.

De cette agglomération de troncs d'espèce inconnue, se dégagent des bruits, comme si des habitants parlaient une langue dont ils ne comprennent pas la signification.

Pendant ce temps sur Terre, Yvonne Blanchard, la jeune sœur de Tintin, est accompagnée d'amis fidèles dont le jeune et impétueux Jean de Requirec. Grâce au richissime Mac Brown ils ont obtenu les fonds nécessaires à la construction d'un autre engin spatial, le Bolide numéro 2, une invention du créateur génial qu'est le Français Germain Landry, astronome de son état.

Seulement dans l'ombre veille leur ennemi, le professeur Schilber, le redoutable chef de l'Etoile Noire, une vaste organisation qui s'étend sur le monde comme une gigantesque toile d'araignée.

Le richissime mécène a disparu depuis quelques jours en même temps que d'autres passagers à bord de la Flèche d'Azur. L'épave avait été retrouvée surnageant sur l'océan. Yvonne et ses compagnons se trouvent à Visby, sur l'île Götland, lorsqu'ils reçoivent un appel téléphonique de Jacques Lambert, un ingénieur qui contribue efficacement aux progrès de la science aéronautique.

 

Chacune de leur côté les deux équipes vont courir des dangers et lorsque le roman se clôt; Tintin est dans une position critique. Bien entendu nous savons qu'il va se dépêtrer de ses ennuis, car la suite comporte de nombreux épisodes tout aussi prenant et mouvementés. Mais c'est un moyen efficace pour fidéliser les lecteurs.

Quant aux explications scientifiques elles peuvent tout à la fois se montrer farfelues tout en étant plausibles.

Sous le nom de R.M. de Nizerolles se cache un prolifique romancier ayant œuvré dans tous les domaines de la littérature populaire : Marcel Priolet qui signé également sous les pseudonymes de Henri ou Henry de Trémières, René Valbreuse, Claude Fleurange, Marcelle-Renée Noll.

R. M. De NIZEROLLES : La forêt qui parle. Série les Aventuriers du ciel. N°14. Editions Ferenczi. Parution 3e trimestre 1950. 32 pages.

Partager cet article

Repost0
25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 12:29

Because... toujours !

Jean RAYNAL : Because coco.

Il ne faut jamais se fier aux notices mises en ligne sur Wikipedia. Ainsi le nom de Jean Raynal est associé à celui d'André Duquesne, connu également sous celui de Peter Randa.

Or ce roman, Because coco, malgré son titre, ne correspond pas du tout au style du prolifique auteur d'origine belge. Mais avant de revenir justement sur le style, découvrons cette histoire.

Alors qu'il s'apprête à quitter le Palais de Justice qui jouxte les locaux du fameux 36 Quai des Orfèvres, le juge Baldeyroux est abordé par un motocycliste qui lui remet une enveloppe volumineuse. Il s'agit du rapport concernant l'assassinat du commissaire Brossier, survenu une heure auparavant sur le boulevard des Invalides. Il se rend immédiatement sur place. Il ne glane guère de renseignements, un seul témoin étant présent sur place lors de la fusillade effectuée à bord d'une Traction. Toutefois, la mallette contenant des documents que possédait Brossier a disparu.

Le soir même le juge Baldeyroux est invité à une réception chez le docteur Desmottes, professeur à la Faculté de Médecine et médecin psychiatre. Doivent participer à ce petit raout entre gens de bien, le Prince de Witt, le ministre Brun et d'autres personnes que j'énumérerai plus tard.

Pour l'heure, alors qu'il est encore dans le hall d'entrée, Baldeyroux est abordé par le maître de maison qui souhaite l'entretenir d'une question urgente, mais le moment est mal approprié. Le juge a un emploi du temps très chargé, or justement une place s'est libérée pour le lendemain. Elle était réservée à Brossier.

A ce repas assistent donc, outre les deux personnes déjà présentées et leurs épouses, le docteur Fabre, l'assistant de Desmottes, la comtesse Barovici, Jack Frère, égyptologue, Edith Susman, interne à l'hôpital Sainte-Anne bien connu pour son unité psychiatrique. Des rafraichissements divers sont proposés aux convives, whisky, champagne, et comme à son habitude Desmottes s'enferme dans son bureau, afin de pouvoir converser en toute tranquillité avec ses invités qu'il reçoit un à un. Le juge Baldeyroux lui-même participe à ces apartés, suivi par la jeune Edith Susman puis par la comtesse Barovici... En fin de soirée le valet de chambre prévient sa maîtresse, je veux dire la maîtresse de maison, qui affolée se rend immédiatement auprès de son mari. Peu après le juge Baldeyroux est averti que le Docteur Desmottes vient de décéder d'un accident cardiaque.

Le commissaire-principal Mercurave chargé de l'affaire Brossier n'avance guère dans ses investigations. Il se résout à suggérer à Ditot, le Directeur de la Police Judiciaire, de confier l'enquête à Odon Gentil, un commissaire réputé pour son originalité mais efficace.

Odon Gentil débute par se rendre chez son collègue Brossier afin de voir si les policiers qui l'ont précédé n'auraient rien oublié dans leurs investigations. Tout est rangé impeccablement, Brossier étant un homme soigné, limite maniaque. Toutefois son attention est attirée par un annuaire téléphonique ouvert et le numéro du docteur Desmottes y est coché. Odon Gentil en fait part au juge Baldeyroux et avance la supposition que le docteur aurait été assassiné et donc qu'il y aurait corrélation avec le meurtre de Brossier. Une hypothèse que Baldeyroux réfute mais faute de mieux Odon Gentil peut quand même suivre les deux pistes.

Puis Odon Gentil rencontre les différents convives ayant assistés au dîner fatal. Et cela l'emmènera d'abord à l'Institut d'Egyptologie, dirigée par Jack Frère, se faisant passer pour un docteur en médecine en provenance de Tananarive, puis dans une maison spécialisée sise à Saint-Cloud où il est mis en présence d'une femme, cocaïnomane qui ne jure que par le Sauveur, le Christ et l'Antéchrist, puis à Tanger en compagnie du jeune inspecteur Demol, un individu pas très futé et imbu de sa personne. Mais Gentil sait ce qu'il fait lorsqu'il le convie à enquêter avec lui.

 

Le contexte, le style, les situations et les personnages, rien ne peut faire croire un moment qu'il s'agit d'un roman écrit sous pseudonyme par André Duquesne. Et, en exergue de ce roman se trouve une citation extraite d'un poème de Saint-John Perse.

Renverse, ô scribe, sur la table des grèves, du revers de ton style la cire empreinte du mot vain.

 

Les personnages ne fument pas de cigarettes, mais des cigares et ne battent pas le briquet, expression employée à répétition notamment les romans qui sont signés Peter Randa, mais allument tout simplement l'objet de leur passion.

Pas de malfrats, ou guère, dans cette histoire qui est narrée à la troisième personne, et la description des jeunes femmes dites de petite vertu ou des danseuses dans les clubs de Tanger n'est pas forcée mais presque respectueuse.

 

Le style de Jean Raynal est nettement plus travaillé que celui d'André Duquesne comme peut le démontrer la citation suivante :

La femme l'observa sans rien dire, la tête rejetée en arrière, les cheveux fous. Elle ressemblait un peu à ces chérubins abuminuriques de la Renaissance, dont les joues trop gonflées font penser à des ballons sur le point d'éclater.

Mais peut-être existe-t-il une coquille et faudrait-il lire albuminuriques...

 

Enfin, en clôture de ce roman figure la précision suivante concernant l'écriture de ce roman :

Quelque part en mer, août 1957.

 

La confirmation de mes hypothèses et l'identité réelle de ce romancier est venue de la part de Tonton Pierre, infatigable et minutieux chercheur, qui révèle le résultat de ses recherches sur le forum de Littérature Populaire dont je vous livre le lien ci-dessous :

Jean RAYNAL : Because coco. Collection SOS-SOS. N°8. Editions Baudelaire. Parution 1958. 192 pages.

Partager cet article

Repost0
22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 12:57

Bon anniversaire à Alexis Lecaye, né le 22 août 1951.

Alexis LECAYE : Les carnets secrets d'Hippolyte Vernet.

En ce 1er mai 1898, Hippolyte Vernet attend le client dans son bureau aménagé en trompe l'œil.

Installé à Paris depuis quelques semaines, il vient d'ouvrir une agence de détective privé, et compte bien se faire un nom dans la profession.

Se présente Edmond de Guiry, qui prétend qu'on lui a volé des bijoux, mais en fait c'est son voleur qu'il désire retrouver. D'ailleurs il possède la photographie de celui-ci, un jeune éphèbe connu au Bal Bullier, un endroit fréquenté par des travestis et des gens de la Haute désireux de s'encanailler.

Vernet assiste en ce lieu interlope à une scène au cours de laquelle une bourgeoise subit les assauts d'un nabot. Il tord violemment l'oreille de la petite frappe mais son geste a des conséquences qu'il n'avait pas prévues. Le nain est soigné hâtivement par un jeune homme, lequel n'est autre que l'éphèbe recherché par Vernet, puis conduit à l'hôpital où il décède d'une hémorragie.

Vernet suit l'objet du désir de son client mais il perd sa trace dans les rues de la capitale. Au cours de la même nuit son client, qui lui avait donné un faux nom est assassiné en pleine rue. Vernet, pour l'honneur, décide de découvrir son assassin.

 

Avec Carnets secrets d'Hippolyte Vernet, nous sommes loin des précédents personnages créés par Alexis Lecaye, qu'il s'agisse de Julie Lescaut, des Deux justiciers ou encore du Croque-mort sous le pseudonyme d'Alexandre Terrel. Là nous retrouvons avec un bonheur ineffable le rythme, l'ambiance, la trame des feuilletons du 19ème siècle.

Dans un décor de chanson réaliste, nous suivons les aventures de Vernet et de sa première enquête digne de ce nom. Une enquête au cours de laquelle il manque de passer de vie à trépas, enfermé dans un caveau du cimetière du Père Lachaise.

Les moments forts ne manquent tels la fuite du juif Lévine aidé en cela par Vernet et un inspecteur qui pue des pieds - un personnage sympathique malgré la sudation dont il souffre - ou encore la leçon de savate appelée encore boxe française.

Mais ce roman se veut également historique avec cette Ligue des bouchers qui nous rappelle d'autres événements et les manifestations antisémites qu'elle déploie. D'ailleurs l'ombre de Dreyfus plane sur cette histoire qui sent bon les Mystères de Paris.

 

Alexis LECAYE : Les carnets secrets d'Hippolyte Vernet. Le Masque N°2206. Collection Les Maîtres du roman policier. Editions Librairie des Champs Elysées. Parution 1994.

Partager cet article

Repost0
14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 11:17

Une lady avec un nom de médicament, normal pour un écrivain médecin !

Arthur Conan DOYLE : L'horrible agonie de Lady Sannox.

Le nom de Sir Arthur Conan Doyle est indéfectiblement lié à celui de Sherlock Holmes, pourtant les ouvrages mettant en scène le célèbre détective ne représentent qu'une faible partie de l'œuvre du grand romancier britannique. Outre ses romans historiques, ceux de science-fiction, ou de spiritualisme, Conan Doyle a écrit bon nombre de romans et de nouvelles ayant trait à son statut de médecin.

Un pan de son œuvre est en partie oubliée comme ce titre, L'horrible agonie de Lady Sannox, qui est un recueil de nouvelles, à classer dans le genre médical.

 

Mais auparavant intéressons-nous à la préface de Robert Barr, construite comme s'il s'agissait d'une conversation réelle, une discussion à bâtons rompus entre l'auteur et le préfacier, qui parlent de choses et d'autres et surtout d'auteurs. Charmante et inhabituelle.

 

L'horrible agonie de Lady Sannox, titre éponyme du recueil, n'est pas due à une maladie mais à sa propension à tromper son mari. Lord Sannox parait beaucoup plus vieux que son âge. On le serait à moins surtout lorsque sa femme sort ostensiblement avec Douglas Stone, célèbre chirurgien opérateur. Ce soir là alors qu'il s'apprête à rejoindre sa belle, Douglas Stone est arrêté dans son élan par un coup de sonnette. Un Turc est là lui proposant une forte somme d'argent pour opérer sa femme. Une opération délicate car celle-ci s'est coupé la lèvre avec un poignard empoisonné. Sa conscience de médecin l'oblige à se rendre sur place, différant son rendez-vous.

 

La malédiction d'Eve nous invite à partager les affres d'un affable commerçant en confection. Marié, il partage avec sa femme son amour pour sa boutique, mais hélas ils n'ont pas d'enfant. Jusqu'au jour où certains changements se précisent. Madame Mère de Madame Johnson est conviée afin d'aider et le jour fatidique, il faut aller chercher un docteur. Et là, ce n'est pas une mince affaire.

 

Le survivant de 1915. Dans le petit village de Woolwich, les commérages vont bon train sur l'âge de Brewster, un vétéran qui a participé à la campagne de Waterloo. Il est obnubilé par l'acte de bravoure qu'il a réalisé et se désole de cette nouvelle armée dont il peut apercevoir les éléments d'un régiment basé dans sa commune. Sa nièce se propose de s'en occuper, assistée du docteur local, et de quelques soldats qui s'ébaubissent lorsqu'il narre ses exploits.

 

La troisième génération nous entraîne dans le cabinet d'un docteur fort occupé. Un patient se présente, pressé, se présentant comme sir Francis Norton et donne sa carte au domestique qui transmet. Il entend bien de l'antichambre des éclats de voix provenant du cabinet comme si deux joueurs s'amusaient aux cartes. Il se plaint d'un tibia, d'une vue un peu faible et d'autres maux. Ce qui fort le toubib qui justement est en train de rédiger une monographie sur le mal dont soufre son patient.

 

Un faux départ met en présence dans une petite localité un vieux docteur rétrograde et un jeune médecin qui désire s'installer. Il faudra qu'un malade, un notable, requiert les services du nouvel arrivant et que celui-ci se montre diplomate pour que soit signée une entente cordiale entre les deux hommes aux visions différentes de la médecine.

 

Sa première opération, comme son titre l'indique, nous plonge dans les affres d'un carabin qui va assister à une opération pratiquée dans un amphithéâtre. Cela sent le vécu.

 

Amoureux, n'est pas celui qui raconte cette histoire, mais un vieil homme qu'il rencontre un matin. Le narrateur, un médecin qui aime prendre le frais tôt dans la journée, admirer la mer et ses bateaux de pêche, la nature dans sa splendeur matutinale, s'assied comme à son habitude sur un banc. Un vieillard le rejoint, ne dis rien, mais de jour en jour son allant se déprécie. Il lit une lettre émanant probablement d'une femme.

 

Enfin, dernier texte, Le chirurgien de Gaster Fell. Le narrateur s'établit dans la petite ville de Kirkby-Malhouse, en plein Yorkshire. Il recherche le calme et la solitude, seulement sa logeuse se montrant trop indiscrète à son gré, il se met en quête d'une autre habitation. Une vieille masure est disponible mais il faut la retaper. En attendant que cette cabane soit habitable il est obligé de cohabiter avec sa logeuse et une nouvelle venue, une jeune femme qui sort la nuit. Intrigué il la suit dans la lande et se heurte à un personnage qu'il aurait préféré ne pas rencontrer.

 

Huit nouvelles, huit contes qui explorent les diverses situations dans lesquelles un médecin, jeune ou vieux, peut être amené à se confronter. Les débuts dans une ville de province, les affres d'une première opération, les relations avec un collègue vieillissant, la jalousie, l'humanisme sans lequel un docteur n'exercerait pas sa profession qui est plus une vocation qu'une charge ou un métier, le tout mêlé d'humour, d'approche de fantastique, de noirceur.

Une autre facette de Sir Arthur Conan Doyle dans laquelle il dépeint des situations auxquelles il a pu être confronté, lui ou ses confrères.

 

Curiosité :

La publication de cet ouvrage date probablement des années 1920, puisqu'il est précisé en avant-dernière page :

Imprimerie française H. Mathon. Wiesbaden (Allemagne occupée).

Arthur Conan DOYLE : L'horrible agonie de Lady Sannox. Préface de Robert Barr. Collection Drames d'histoire et de police. L'Edition Française Illustrée. Sans date. 288 pages.

Partager cet article

Repost0
12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 13:02

Hommage à Francis Lacassin disparu le 12 août 2008 dans les limbes d'une bibliothèque populaire...

Francis LACASSIN : A la recherche de l'empire caché.

De nos lectures juvéniles ou adolescentes, souvent il ne reste que quelques images, forgées par notre inconscient ou les illustrations figurant à l'intérieur des volumes de la Bibliothèque Verte ou Rouge & Or, des scènes d'actions, des épisodes tragiques ou comiques, des noms de héros et parfois ceux de leurs créateurs.

Nous avons été bercés, envoutés, charmés, par les exploits, souvent homériques, et les aventures, souvent périlleuses, de personnages issus de l'imagination débridée et fantasque d'auteurs tels que Paul Féval, Alexandre Dumas, Michel Zevaco, Eugène Sue, Gustave Le Rouge, Gaston Leroux, Hector Malot.

D'autres prosateurs ont été phagocytés par leurs créatures, parfois malfaisantes, tout au moins en marge de la loi, ou plongées dans des univers oniriques mais pas forcément bucoliques. Souvestre et Allain, Maurice Leblanc, Sax Rhomer, Rider Haggard, Edgar Rice Burroughs, Jean Ray sont surtout connus par leurs héros positifs ou négatifs : Fantômas, Arsène Lupin, Fu-Manchu, Elle-qui-doit-être-obéie ou Allan Quatermain, Tarzan ou John Carter, Harry Dickson le Sherlock Holmes américain.

Parvenu à l'âge adulte, qui oserai aujourd'hui les lire ou les relire sans ressentir une petite pointe d'appréhension du sourire ironique, de mépris plus ou moins affecté de ses collègues, voisins, amis, connaissances, et de tous ceux, nombreux, qui préfèrent s'ennuyer à la lecture d'intellectuels nombrilistes que se plonger délicieusement dans des volumes, version intégrale ou passés à la moulinette par des réducteurs de texte qui pratiquent l'ablation sans vergogne. Des volumes vivifiants dans lesquels l'imagination et l'aventure prédominent.

Francis Lacassin, en maître es-littérature populaire démontre à travers la vie et l'œuvre de neuf auteurs qui ont marqué de façon indélébile le 19e et le 20e siècle que leurs écrits ne sont pas si infantilistes que certains pourraient le prétendre et que leurs personnages perdurent à travers le cinéma, la télévision, la bande dessinée et surtout dans l'esprit populaire puisque souvent ils sont cités comme références.

Souvent même ces littérateurs innovèrent, à l'exemple d'Eugène Sue, un peu à l'origine du courrier du cœur, qui a fait également le procès d'un système social et du pouvoir spirituel, ce que ne lui pardonnèrent pas les représentants du clergé. Eugène Sue qui osait pour la première fois mettre en scène les petites gens, les représentants du peuple, brèche dans laquelle s'engouffra Victor Hugo.

Dans la mouvance d'Eugène Sue, Paul Féval effectue la transition entre le roman de mœurs et ce qui deviendra le roman policier, mais il s'érige également en pionnier de la littérature fantastique (La Vampire par exemple) et du roman patriotique qui deviendra plus tard le roman d'espionnage.

Gustave Le Rouge avec son roman Le mystérieux docteur Cornélius montre que, je cite Francis Lacassin : ... même repeint aux couleurs pimpantes de l'exotisme et du cosmopolitisme, le roman populaire reste fidèle aux préoccupations sociales qui avaient provoqué sa naissance au siècle dernier. Voilà de quoi déculpabiliser tous ceux qui pensaient et pensent encore que ce genre littéraire était réservé aux enfants ou aux adolescents. Car sous un vernis superficiel d'aventures mirifiques, hautes en couleurs, bien souvent c'est le constat d'une époque qui est effectué par Eugène Sue, Sax Rohmer et confrères.

S'étonnera-t-on dans ce cas qu'Apollinaire, Cendras, Cocteau et quelques autres en firent leurs livres de chevet.

A la recherche de l'empire caché est un livre indispensable dans toute bonne bibliothèque, avec cependant un reproche, il manque une conclusion à cet ouvrage.

 

Après une préface de l'auteur, sont ainsi proposés neuf chapitres déclinés comme suit :

 

Eugène Sue ou l'art de muer en épopée les misères du peuple.

Paul Féval ou la comédie humaine racontée par Vautrin.

Gaston Leroux ou les mille et une nuits d'un exclu du Matin.

Fantômas ou l'opéra de treize sous.

Gustave Le Rouge ou Fantômas raconté par Bernardin de Saint-Pierre.
Fu Manchu ou le défi de l'Asie.

Harry Dickson ou le détective trouvé à Vannes.

Elle-qui-doit-être-obéie ou la mort simple entracte de la vie.

Tarzan, du cœur populaire au cœur de la terre.

 

Un ouvrage qui donne envie de lire ou relire ces grands classiques de la littérature populaire, n'en déplaise aux intellectuels infatués de leur vide abyssal en matière de culture justement populaire.

Francis LACASSIN : A la recherche de l'empire caché. Editions Julliard. Parution février 1991. 372 pages.

Partager cet article

Repost0
8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 12:09

Bon anniversaire à Sarah Dunant née le 8 aout 1950.

Sarah DUNANT : Beauté fatale

De nombreux incidents émaillent le séjour des pensionnaires d’un institut de remise en forme situé dans la banlieue londonienne.

Hannah Wolfe, chargée de découvrir le fautif, est inscrite en tant que cliente et subit, à son corps défendant, régime basses calories et exercices quotidiens préconisés par Carol, la directrice, en l’absence de Mme Marchant, propriétaire de l’établissement. Martha, une masseuse, apprend à Hannah que l’une des esthéticiennes roule sur l’or depuis quelque temps. Hannah fouille la chambre de la suspecte et découvre que la coupable est Lola qui partage la chambre de l’esthéticienne soupçonnée. Lola révèle qu’elle a reçu une lettre anonyme contenant de l’argent afin de perpétrer ses forfaits. Olivia Marchant renvoie sur le champ Lola et confie à Hannah que son mari, chirurgien esthétique, reçoit depuis quelques mois des lettres anonymes. Une enquête complémentaire s’offre à Hannah.

Elle découvre que certaines des clientes étaient recommandées par Olivia pour se faire opérer par son mari et vice versa. Elle recherche si une des patientes, dont l’opération se serait mal déroulée, aurait choisi de se venger. Elle sélectionne les noms de quelques-unes des victimes potentielles. Certaines entretiennent des griefs envers le plasticien, l’une d’elles s’est même suicidée. Le chirurgien est retrouvé assassiné, les yeux crevés.

Les soupçons se portent sur Olivia dont le gardien pense avoir aperçu la silhouette mais elle possède un alibi. Hannah suspecte Bélinda, croupière dans un casino, et la découvre dans sa baignoire : un suicide apparemment concocté après le meurtre du chirurgien. Mais elle n’est pas satisfaite de cet épilogue. Deux détails lui donnent la clé de l’énigme.

 

La résolution d’une énigme tient parfois à peu de choses, c’est ce que constate Hannah Wolfe, féministe aux amours contrariées. Son enquête officielle est complétée par une enquête officieuse dont l’a chargé sa sœur.

Son ménage ne tourne pas rond et elle pense que son mari la trompe. Hannah le surveille se rendant à un rendez-vous féminin. Ce n’est qu’après avoir forgé une théorie sur l’infidélité de son beau-frère qu’Hannah se rend compte qu’en réalité, il se rendait chez une psy. Cette interprétation erronée des faits avec la photo remontant à son enfance lui permet de découvrir la face cachée des relations entre Marchant et sa femme et le rôle joué par la jeune esthéticienne.

Un roman plaisant à lire qui nous invite à découvrir un commerce en pleine expansion, les instituts de remise en forme, et nous fait partager la vie privée d’une enquêteuse sans véritable signe particulier sinon son appréhension des hommes.

Sarah DUNANT : Beauté fatale (Under my Skin - 1995. Traduction d'Augustine Mahé). Collection Crime. Calmann-Lévy. Décembre 1996. 282 pages.

Partager cet article

Repost0
31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 12:06

N'y voyez aucune connotation religieuse !

Franklin JAMES : La môme Casse-burettes

Dans le train qui la conduit du Texas jusqu'à Chicago, Madelon Richards, dite Mickey, pense.

En cette année 1945, elle n'a que vingt-cinq ans et a déjà connu des nombreuses expériences plus ou moins malheureuses. Elle vient de passer un an chez son père à dresser ses chevaux. Et elle se rend à Chicago vérifier la comptabilité et les affaires fiscales du Silver Star, l'affaire dont elle est propriétaire avec Rickey, une sorte de complexe hôtelier avec aérodrome, fournissant également des plats à l'usine d'armement sise non loin.

Mickey pense. A sa mère et à sa fille de six ans, installées en Suisse, à ses deux maris, Victor le premier et père de la fillette de six ans, décédé, et surtout à Rickey, porté disparu à Burma (le nom anglais de la Birmanie) deux ans auparavant.

Un mauvais rêve s'est imposé dans son esprit peu de temps auparavant lors d'une période d'endormissement. Muée en sergent de ville, poursuivie sur la plage de Coney Island par des bucherons, chevauchant des enfants, s'aplatissant dans le sable et entendant l'un des gamins s'écrier : Sa tête est partie.

Heureusement son voisin, un marin, lui fait la causette, lui parlant de jazz et surtout d'un orchestre dirigé par Charlie Carlin.

Elle s'installe au Duchesse de Kent, où elle est accueillie comme une princesse par le directeur qui la connait bien avant se rendre au cabinet d'avoués dont le juge Purnell qui gèrent ses affaires. L'un des associés possède des intérêts dans l'affaire, mais Purnell se demande pourquoi Mickey garde celle-ci. C'est par pur sentimentalisme affirme-t-elle. A ce moment se produit l'intrusion d'Hiram Bolter qui annonce la mort d'Otto Schubert.

Panique à bord car Otto a été retrouvé décapité dans la chambre froide des cuisines où il officiait comme cuisinier hors pair. Le rêve, ou cauchemar de Mickey est concrétisé. Elle connaissait Otto de longue date, car il avait été auparavant employé chez sa mère. Hiram lui est le comptable de la société. Selon lui Otto était net, mais des hommes louches trainaillaient le soir sur le parking du Silver Star.

La police est prévenue, et Mickey, en fouinant dans la chambre froide s'aperçoit que les carcasses de bœufs ne sont pas estampillées. Les restrictions ont cours aux Etats-Unis, à cause de la guerre. Elle se demande donc si un trafic de viande au marché noir n'aurait pas été organisé. Tandis que les flics se demandent eux si Otto n'aurait pas eu des accointances avec un parti nazi américain, ses origines ne plaidant pas pour lui. Il s'était réfugié aux USA un peu avant la guerre fuyant le régime imposé par Hitler.

Mais il faut penser avant tout à satisfaire la clientèle, qui vient se délasser au son de l'orchestre de Charlie Carlin deux fois par semaine, et déguster les petits plats qui seront préparés, suite à la défection inopinée d'Otto, par la femme de Johnson, l'homme de confiance.

 

Policiers municipaux, du comté, le FBI et des représentants du fisc ou encore du Ravitaillement, vont grenouiller entre les jambes de Mickey, extrapolant toutes les suppositions, tandis que des patrons de boites de jeu, des malfrats, des musiciens, des individus peu recommandables et d'autres qui le sont un peu plus s'interposent essayent de s'interposer dans ses affaires.

Mais Mickey, malgré son jeune âge, n'est pas née de la dernière pluie, et elle ne s'en laisse pas conter ni compter. Pour preuve elle balance du 18e étage de la chambre qu'elle occupe un individu peu estimable, et ce sans barguigner. Elle fume et boit de pleins verres de Bourbon whisky et de scotch ainsi que d'autres mixtures qui s'accommodent fort bien avec sa gorge, son estomac et sa faculté de raisonnement.

Un roman un peu fouillis, alambiqué, complexe comme certains des romans de Peter Cheney, dans lequel le rôle des divers protagonistes n'est pas toujours bien défini. Et l'alcool coule à flots.

A noter que Mickey Richards, l'héroïne, est la narratrice et s'exprime à la première personne.

 

Hélène Hécat, a également traduit pour les Editions du Scorpion et la Série Noire des romans de James Hadley Chase, William Peter McGivern et Catherine L[ucille] Moore.

Vous êtes la plus jolie femme du monde mais vous ne cherchez pas à en tirer avantage. J'ai toujours désiré une femme qui serait capable de se comporter en homme... une fois sortie du lit.

Franklin JAMES : La môme Casse-burettes (Killerin the kitchen. Traduction de Hélène Hécat). Collection Les Romans Noirs. Editions du Scorpion. 4ème trimestre 1949.

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
  • Contact

Recherche

Sites et bons coins remarquables