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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 15:15

C'était un p'tit bonheur...

Georges-Jean ARNAUD : Le petit bonheur piégé.

Solange Simoni, mère célibataire d’un garçon de trois ans a compris trop tard pourquoi Pierre Lafitte, gérant d’une agence immobilière à Toulon, l’a embauchée.

Il s’intéressait plus à son enfant qu’à elle, même s’il l’a culbutée à quelques reprises sans passion. Seul le besoin que l’enfant l’appelle Papa comptait apparemment à ses yeux. Lors d’une virée, elle s’est endormie dans la voiture. Au réveil elle est seule perdue dans la montagne. Plus d’enfant, plus de patron.

Une disparition orchestrée avec traces de sang et une vieille machette retrouvée par les gendarmes. Suspecte elle passe quelques années en prison. Dix neuf ans plus tard, sortie de geôle et après divers boulots, l’envie de reconstituer son passé, de retrouver au moins Gilbert, la tenaille. Elle s’aperçoit qu’ils n’étaient qu’un leurre.

Philippe, alias Peter Bruckner, était un agent de la Stasi. Pour protéger sa compagne Agnès et ses enfants, il lui fallait s’inventer une famille fictive. Elle interroge Tata Marcelle, la nourrice de Gilbert qui a sombré dans l’alcoolisme, laquelle lui apprend que la propriétaire de l’agence était liée à Peter. Une piste qui semble coupée mais dont elle renoue les liens peu à peu pour retrouver l’oncle de celle qui vivait avec Peter, Alex, un apiculteur, braconnier, sauvage, cupide et libidineux.

Pendant ce temps Agnès est abordée par Michael qui est persuadé retrouver sa mère. Agnès a fui durant toutes ses années par monts et par vaux, retrouvant Peter quatre fois par an, à dates et lieux précis. Jusqu’au jour où Peter est décédé d’un cancer.

Gertrud, la mère de Peter, est, elle aussi, en France. Ancienne nazie, communiste fanatique, elle est à la recherche de documents, remontant le passé de son fils et de son petit-fils qui la déteste. Elle étrangle Tata Marcelle puis tue une belle-sœur d’Agnès. Solange extorque la vérité auprès d’Alex, mais il la maîtrise et l’enferme dans un puits.

 

Le petit bonheur piégé s’inscrit dans la veine du roman intimiste avec lequel Arnaud s’est forgé une solide réputation de chroniqueur de personnages en quête d’identité.

C’est également un retour en arrière, sur les agissements de la Stasi, la police politique Est-allemande, sur la chute du mur de Berlin et des espoirs que la destruction de ce symbole a suscités.

Sans oublier ce goût de la manipulation qui imprègne pratiquement tous les ouvrages de G.-J. Arnaud, avec en point de crête une mise en scène réglée au détail près, la description de sentiments exacerbés, de liens familiaux en déliquescence, une complexité d’intrigue savamment orchestrée, qui font passer en arrière plan et oublier cette distorsion dans le temps et les coïncidences qui amènent les personnages à se mettre en mouvement ensemble au même moment. Une réussite.

 

Georges-Jean ARNAUD : Le petit bonheur piégé. Collection Les Noirs du Fleuve Noir N°50. Editions Fleuve Noir. Parution septembre 1998. 350 pages.

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