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20 janvier 2018 6 20 /01 /janvier /2018 10:31

J’ai la guitare qui me démange…

Eric FOUASSIER : Forever club 27.

Il parait que Dieu a créé le monde en six jours et que le septième, il s’est reposé. Laurent Siegel, vingt-sept ans, est plus tenace. Il parvient à jouer à peu près potablement les sept premières mesures de Purple Haze, mais pour la huitième, ça coince toujours. Pourtant il s’en donne du mal et esquinte avec obstination les oreilles de son frère, le narrateur, de cinq ans plus jeune.

Laurent est obsédé par le nombre vingt-sept. Son âge ! Mais celui aussi auquel sont morts bon nombre de musiciens célèbres : Jimmy Hendrix, le surdoué de la Fender Stratocaster, Brian Jones, le premier guitariste des Rolling Stones, Janis Joplin la Mamma cosmique, Jim Morrisson le chanteur et fondateur des Doors, Kurt Cobain qui pensait atteindre le Nirvana, ou encore Alan Wilson. Quoi, vous ne connaissez pas Alan Wilson, du groupe Canned Heat, qui interprétait On the road again, ce tube qui trottine encore dans la tête des soixante-huitards. Tous sont décédés dans des conditions tragiques.

Entre Laurent et son frère, c’est fusionnel, come s’ils étaient jumeaux malgré leur différence d’âge. Ils vivent en banlieue, à Nanterre, dans un petit studio, au dessus de box à louer, prêté gratuitement par un copain de Laurent. Heureusement que c’est gratuit, car ce ne sont pas leurs nombreux colocataires à six ou huit pattes qui les auraient aidés. Mais le rêve de Laurent, c’est d’aller aux States, à Nashville, le temple de la musique country et de l’industrie du disque. Et pour se rendre de l’autre côté de l’Atlantique, il faut de l’argent, beaucoup d’argent.

Alors ils bricolent dans la fauche. Cela ne leur rapporte pas beaucoup, aussi Laurent à une idée, initiée par des Croates ou des Serbes. Dévaliser un diamantaire, et avec le butin, ils vont pouvoir faire un beau voyage.

C’est sans compter sur le destin qui se matérialise sous la forme d’une gentillette gamine dont Laurent s’entiche. Et c’est réciproque. Stéphanie, il l’a connue dans une boîte, sur le parquet de danse, mais je ne sais pas quel genre de chorégraphie ils ont effectués. Pas du goût du copain de Stéphanie en tout cas, qui a pu goûter aux poings de Laurent sur sa tronche. Et il se débrouille mieux dans la castagne Laurent que sur sa gratte. Le problème, c’est que le frérot ne la sentait pas cette intruse. Et il avait raison !

 

Cela aurait pu être une histoire convenue de deux frères petits malfrats, mais Eric Fouassier sait monter la mayonnaise dans le tube, et nous offre une chute intéressante.

Le début ravivera quelques souvenirs à tous ceux qui ont, dans les années soixante ou soixante-dix, essayé de tirer des sons pas trop discordants de leurs grattes ou se sont échinés à interpréter des airs comme Jeux interdits, fausses notes à la clé. Et l’on sait que lorsqu’une fille s’infiltrait dans les groupes, cela se traduisait souvent par des tensions entre les membres.

Le plus dur n’est pas de renouveler à chaque fois un genre, mais de s’en inspirer pour écrire autre chose. Et d’étonner les lecteurs. Or Eric Fouassier, romancier éclectique, est un véritable touche-à-tout, passant allègrement du roman noir au roman historique, de la littérature dite générale au roman d’aventures.

Et en bon pharmacien qu’il est, il soigne ses préparations, et n’hésite pas à offrir un antidote à la morosité ambiante, même si tout ne baigne pas dans l’humour.

 

Si vous êtes intéressé par cette nouvelle, vous pouvez l’acquérir en cliquant sur le lien ci-dessous :

Une sélection de titres d’Eric Fouassier chroniqués sur ce blog :

Eric FOUASSIER : Forever club 27. Nouvelle numérique. Collection Noire sœur. Editions Ska. Parution 02 novembre 2015. 19 pages. 1,49€.

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