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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 06:59

Entre Fantômette et Madame Atomos, n'hésitez pas : Panthéra est là !

Pierre-Alexis ORLOFF : Panthéra contre Faustus.

Mais qui est cette Panthéra qui défraie la chronique, pas plus tard que la semaine dernière, c'est à dire en temps compensé, le 22 octobre 1963 ? Nul ne saurait le dire, pas même François Renouard, journaliste au quotidien Soir-Nouvelles, pourtant toujours bien informé.

Maître Joseph Gorvain, notaire à Corbeil-Essonnes, a été retrouvé mort dans son étude, et si le crime n'est pas formellement établi, une carte signée Panthéra sur laquelle est suscrite la phrase suivante, la vengeance est mienne, a été déposée près du corps.

Or une semaine auparavant, à quinze kilomètres de là, à Saint-Firmin sur Essonne, Mrs Margareth Arlington avait été assassinée, et les témoins, Percival le fils de la victime, et Mireille, la domestique, avaient décrit la meurtrière comme féline. Et coïncidence c'était ce même notaire qui avait procédé à la vente des Peupliers, la propriété des Arlington, à la fin de la guerre.

Un article journalistique qui n'échappe pas à Antoine Duchard, l'héritier de Marcel, industriel dans l'armement et l'aéronautique. Enfin, fils de Marcel, c'est à voir, car il s'agit de Marcel qui grâce à un artifice, disons démoniaque, est resté jeune et pour la galerie a pris sa propre succession. Antoine Duchard fait part de sa lecture à son amie Berthe Windgassen qu'il a connue durant la guerre, grâce à des accointances avec un officier Allemand. Bertha est devenue Bertha Camden, Lady Dunsmore, a hérité de la propriété les Peupliers, et de temps à autre se mue en miss Jane Camden, sa nièce. Elle vit actuellement dans le Devon, secondée par son majordome et amant occasionnel James Fischer.

Il demande, ordonne pourquoi ne pas employer les termes exacts, à Faustus, le satyre, le faune, et son compagnon Dorilien, le farfadet, tous deux faëriens, de découvrir qui se cache sous l'enveloppe de Panthéra. Les Faëriens sont issus d'une lointaine entité ayant pignon sur rue, puisqu'une ambassade de Faërie est implantée à Londres.

 

Alice de Sérigny est depuis peu la secrétaire de Marie-France d'Aygues-Vives, romancière et rédactrice d'un hebdomadaire féminin, ce qui déplait fortement à Tanya Morin, son amie d'enfance et même plus, puisqu'elles ont été élevées ensemble, mais pas que. Tanya, dont le nom d'emprunt est Farnèse, est chercheuse auprès du professeur Bellières, dans un domaine particulier, celui de l'influx nerveux face à l'envoi de fausses informations. Tanya, qui est handicapée, bossue et pied-bot, est quelque peu jalouse mais il faut bien faire avec sa colocataire-amie. D'autant qu'Alice doit ressortir ce soir, après la réception littéraire à laquelle elle a assisté, et redevenir le temps de quelques heures Panthéra, celle dont tout Paris et la France parle, et pas obligatoirement en bien.

Ayant enfilé sa combinaison noire et sa cagoule, Panthéra se rend aux Peupliers afin de vérifier, parmi les papiers, l'acte de vente de la propriété. Seulement l'inspecteur (stagiaire) Carlier a disposé deux hommes afin de garder la demeure et ses occupants. Une demeure dans laquelle elle a vécu les premiers mois de sa vie et dont le blason porte encore les armes de la famille Sérigny. Elle s'introduit dans la pièce où se trouve déjà Percival et celui-ci est tout de suite subjugué par la jeune femme. Mais Mireille, qui a subi les foudres peu avant de son amant de patron, ne peut s'endormir et elle perçoit des bruits. Curieuse, elle aperçoit Panthéra qui s'introduit dans la pièce et immédiatement alerte le policier en faction. Le drame couve, car lorsque le policier veut intervenir, le démon qui est en Panthéra prend du poil de la bête et non seulement se défend mais attaque. Le policier est grièvement blessé, Panthéra peut s'échapper mais le mal est fait.

 

L'inspecteur (stagiaire) Carlier, ami de Renouard le journaliste, est aussitôt sur les lieux, enquêtant et accusant Percival de connivence. Carlier possède d'autres accointances, dont Erynia, la nymphe, et lui fait part de la présence possible d'un démon. Erynia révèle cette information à son compère Sargo, le centaure, et celui-ci embarque pour l'Angleterre et plus précisément dans le Devon, chez lady Dunsmore. Sargo, le faune, et Erynia, la nymphe, sont deux Faëriens, chasseurs de démons, et ne jouent pas dans la même cour de récréation que Faustus et Dorilien.

 

Cette histoire prend sa genèse, du moins une grande partie, durant la seconde guerre mondiale, et en cette année 1963, soit vingt ans après, rien n'est effacé, rien n'est oublié, rien n'est terminé.

A l'instar des grands feuilletonistes des siècles précédents, de Dumas à Léon Sazie, en passant par Féval, Zevaco, Arnould Galopin, Souvestre et Allain, et quelques autres, Pierre-Alexis Orloff, qui est un pseudonyme bientôt dévoilé, construit avec Panthéra une œuvre magistrale, dont les différents volumes se lisent indépendamment mais se suivent, l'épilogue relançant l'action, et comme l'on sait, action - réaction. Car les réactions sont nombreuses et les épisodes s'enchaînent sans discontinuer, le lecteur ne prenant même pas le temps de souffler, à peine celui de boire et de manger.

Un roman épique mélangeant avec bonheur les genres, allant du fantastique au policier, du dramatique au mystérieux, avec incursion historique, et un côté sentimental et familial dont étaient friands les auteurs précités, sans oublier Xavier de Montépin et Hector Malot.

Mais les personnages ne sont pas tous issus de la fiction et de l'imaginaire de Pierre-Alexis Orloff. Ainsi sous le nom de Marcel Duchard, puis de son "fils" Antoine, industriels dans l'armement et l'aéronautique, on ne manquera pas d'accoler ceux d'industriels ayant réellement existé ou vivant encore, le fils entretenant quelques indélicatesses avec la justice. Quant à Maître Roger Formellot, il possède un air de ressemblance avec René Fleuriot, célèbre avocat d'après-guerre.

Et l'on pourra poursuivre les aventures de Panthéra bientôt avec les autres titres de cette série qui ne manque pas d'allant, d'humour, de piquant, et d'imagination. Et surtout on apprendra que les amours entre personnes de même sexe parfois peuvent sauver la vie, ou pas.

 

Pour commander ce livre, version papier, une seule adresse :

 

Mais si vous préférez la version numérique, n'hésitez pas, c'est par ici :

Pierre-Alexis ORLOFF : Panthéra contre Faustus. Collection Noire N°30. Editions Rivière Blanche. Parution juillet 2011. 228 pages. 17,00€.

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