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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 10:08

Sans faire de taupinières...

Robert DARVEL : L'homme qui traversa la Terre. Roman d'amour et de vengeance.

Le zoo de Bréval, un zoo comme un autre puisqu'il possède comme pensionnaire un rhinocéros indien, est toutefois le théâtre de deux incidents, sans aucun rapport entre eux, c'est l'auteur qui nous l'affirme.

La santé de Dürer, le mammifère herbivore appartenant à la famille des Rhinocerotidae, ordre des Périssodactyles, inquiète la belle et jeune Emerance de Funcal, fille de monsieur Funcal, riche et redoutable homme d'affaires, et fiancée de Louis Zèdre-Rouge, un savant dont les neurones sont perpétuellement en ébullition et qui vient de mettre au point, ou presque, une invention qui devrait révolutionner le monde moderne.

Emerance s'inquiète donc de Dürer et elle demande à examiner l'animal dont la peau pèle. Elle entre dans la cage, veut flatter le rhinocéros, placide habituellement, mais qui n'apprécie pas le geste, peut-être trop appuyé et lourd sur le corps de l'unicornis, et elle se fait bousculer. Rien de grave. Mais cette main pesante et les frissons qui parcourent la belle Emerance sont probablement dus à un incident qui s'est produit la veille dans le laboratoire de Louis Zèdre-Rouge, en compagnie de Gilping, l'assistant du savant.

Remise de ses émotions, Emerance rentre chez son père, or, en cours de route, un étrange phénomène se produit. Elle marche sur le bitume mais ses pieds s'enfoncent comme s'il ne s'agissait que de vulgaire boue.

Elle a été exposée la veille, une maladresse de Gilping probablement, au rayon ZR, mais elle a confiance. Louis Zèdre-Rouge a sûrement, elle n'en doute point, mis au point le procédé inverse, le rayon RZ.

Seulement les conséquences sont plus graves qu'elle pouvait penser. Rentrée chez elle, elle est accueillie par son père en colère. Il vitupère contre Louis Zèdre-Rouge, passant sous silence que la faute n'en incombe point au savant mais à son assistant. Louis, prévenu, se rend chez de Funcal où il est reçu plus que fraîchement. Mais les deux amants peuvent se voir, dans la salle de bain, elle nue et lui habillé, et se réconfortent mutuellement.

Ils se rendent au laboratoire, ils c'est-à-dire Louis Zèdre-Rouge, Thomas Gilping et Emerance afin de procéder à de nouvelles expériences avec le rayon RZ qui doit, théoriquement contrebalancer les effets du rayon ZR. Les jours passent et Louis calcule toujours d'improbables spéculations afin de remédier au désagrément du funeste rayon. Funeste ? Et oui, Louis aperçoit Emerance s'enfoncer dans le sol bétonné, et bientôt il ne reste plus de la jeune fille qu'une vague trace bientôt effacée.

Louis Zèdre-Rouge est accusé d'avoir attenté à la vie d'Emerance et est emprisonné. Mais il se promet bien de sortir de geôle, car incarcéré pour un crime qu'il n'a pas commis, et spolié de ses inventions, il compte bien rendre la monnaie de leur pièce à ceux qui sont à l'origine du drame. Selon les journaux, à scandale ou non, il se serait pendu dans sa cellule.

Dix ans plus tard, en Islande, à Snæfellsjökull exactement, où cas l'envie vous prendrait d'aller visiter les lieux, des ouvriers-racleurs altérés, en langage courant des altéracs (comme Joseph ?), travaillent en sous-sol afin d'extraire un minerai fort convoité pour la réalisation de procédés modernes n'étant plus astreints à fonctionner à la vapeur et au gaz. Ils explorent la lithosphère pour le compte de Funcal, dont l'empire ne cesse de grandir. Un empire en pire.

 

Si ce roman est placé sous les augustes parrainages de Jules Verne et de Paul Féval, il ne faut pas non plus oublier ces étonnants précurseurs du roman de merveilleux scientifique, à la trame et aux intrigues débridées que furent Paul d'Ivoi, Arnould Galopin, Jean de la Hire, Ernest Pérochon ou encore Maurice Renard et quelques autres dont l'imagination débordante produisait des feuilletons extraordinaires qui offraient des heures de lecture rafraîchissantes aux grands comme aux petits.

Mais Robert Darvel, tout en possédant ce don de romancier-hypnotiseur (dont on ne peut lâcher les romans avant le mot fin), va plus loin dans l'extrapolation tout en employant les recettes des grands anciens, mais sans la lourdeur de la narration, parfois, ou le style ampoulé, voire amphigourique et emphatique qui étaient de mise.

Robert Darvel possède et exploite habilement une élégance d'écriture au service du roman populaire, faisant la nique aux détracteurs de la littérature dite de genre ou populaire, qui justement avancent effrontément, et sans avoir lu les ouvrages, que ceux-ci sont mal écrits, bourrés de fautes et donc sans intérêt. Les pauvres qui se contentent de romans de la Blanche aux nombreuses coquilles qu'ils placent devant leurs yeux d'intégristes de la littérature les prenant pour une nouvelle forme d'orthographe.

En vérité, je vous le dis, Robert Darvel mérite de figurer dans votre bibliothèque en compagnie des plus grands noms de la littérature de l'imaginaire.

Robert DARVEL : L'homme qui traversa la Terre. Roman d'amour et de vengeance. Collection La Bibliothèque Voltaïque. Les Moutons électriques éditeurs. Parution 6 octobre 2016. 224 pages. 15,90€. Existe en version numérique : 5,99€.

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