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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 16:36

Un ectoplasme roulé dans la farine ?

Fabrice BOURLAND : Le fantôme de Baker Street.

Natifs du Canada, James Trelawney et Andrew Singleton se sont installés depuis quelques mois à Londres, exerçant la profession de détectives privés. Alors qu’ils vivotent de petites enquêtes, ils reçoivent la visite de la veuve de Sir Arthur Conan Doyle. Le père de Singleton et le fameux écrivain se sont rencontrés par le passé à deux reprises, tous deux férus de spiritisme.

Lady Doyle leur apprend qu’au 221 Baker Street, là où son mari avait situé le domicile de Sherlock Holmes, adresse qui n’existait pas de son vivant, se déroulent d’étranges évènements. Elle leur révèle également que Doyle aurait écrit juste avant son décès, d’une soit disant crise cardiaque, un message énigmatique Le pensionnaire est dans la boîte, il faut qu’il y reste. Elle aurait entendu au moment du décès de son mari des voix dans la chambre. Enfin elle part en prophétisant des meurtres.

Effectivement des personnes ont été assassinées ; des prostituées, selon les méthodes employées par Jack l’éventreur quarante ans auparavant. Andrew et James se rendent au 221 Baker street dont le propriétaire est le major Hipwood. Son neveu adepte de spiritisme, le Dr Dryden, leur propose de les prendre en photo. Au développement les deux amis aperçoivent posant derrière eux une sorte d’ectoplasme ressemblant vaguement à Holmes. Singleton subodore un trucage.

Ils sont conviés à une séance de spiritisme pour le soir même. Malgré son scepticisme Singleton est troublé. Non seulement Holmes fait une apparition leur enjoignant de se rendre le lendemain à minuit dans un quartier mal famé, mais de plus il entend une voix qui semble provenir de sa mère, décédée alors qu’il n’avait que six mois. Certains lieux, certains meurtres, titillent l’esprit de Singleton. Grand lecteur il fait appel à ses souvenirs et se rend compte que ces évènements funestes font référence à des ouvrages de Stevenson, Oscar Wilde, Bram Stoker mais surtout à leurs créatures.

 

Le duo de détectives de l’étrange imaginé par Fabrice Bourland est éminemment sympathique et nous replonge dans ces merveilleux textes où le fantastique côtoie le vraisemblable. Le lecteur est subjugué, entraîné malgré lui alors qu’il sait pertinemment plonger dans un univers onirique. Il croise des personnages connus, issus de la littérature populaire, toujours présents dans son inconscient, et brusquement ils prennent forme devant lui, en lui.

On ne se débarrasse pas si facilement de ceux qui ont hanté nos esprits, éveillés ou non. Malgré quelques longueurs, ce premier opus mettant en scène le duo Singleton – Trelawney est réjouissant et nous promet d’autres belles aventures. Du moins si l’on se réfère au manuscrit de Singleton, car il s’agit bien d’un manuscrit retrouvé par une firme d’avocats Américains transmis à l’éditeur. Sherlock Holmes possédait son biographe en la personne de Watson, ici c’est le héros qui narre ses propres aventures.

 

Fabrice BOURLAND : Le fantôme de Baker Street. Grands Détectives 4090. Editions 10/18. Parution janvier 2008. 248 pages. 7,10€.

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