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1 avril 2021 4 01 /04 /avril /2021 04:00

Dans les plaines du far-west, quand vient la nuit…

BUFFALO Bill : A la rescousse ou Les francs-tireurs à cheval

Un cow-boy parfois se repose, même lorsque l’on s’appelle William Cody, alias Bill Cody, alias Buffalo Bill. Mais il est toujours sur ses gardes et ne dort que d’un œil.

Allongé dans l’immense plaine de l’Arkansas près d’un massif de cotonniers, il entend une galopade dans le lointain. Son fidèle cheval, Bucksin, lui aussi a perçu le bruit émanant de sabots. Un cri de femme résonne ainsi que des coups de feu.

Bientôt une jeune fille juchée sur un petit cheval bai est poursuivie par une bande de brigands. Mais l’animal butte et Alice, c’est ainsi que la nomme le chef de ses poursuivants, se trouve en fort mauvaise posture. Heureusement Buffalo Bill est là, chevalier sauvant la veuve et l’orphelin, et les jeunes filles en péril.

Sans viser, Buffalo Bill tire trois balles avec sa carabine. Bilan, deux hommes à terre, ainsi que le cheval du chef, Jack Corters, qui se prétend colonel et est surnommé le Loup de la prairie. Bravache, il préfère toutefois déguerpir ainsi que ses hommes.

Buffalo reconnait en la jeune fille Alice Enfield, dont le père tient l’Agence indienne, un grand magasin fournissant tout ce dont ont besoin Blancs et Rouges. Alice s’est enfuie, ayant eu des différents avec son père qui l’a élevée. Mais Enfield veut récupérer sa fille, et Buffalo Bill ne peut s’élever contre l’autorité paternelle. Alice dit à Buffalo, avant de le quitter, de se méfier d’un certain Hankins, un sang-mêlé, un fourbe qui fricote avec les Cheyennes mais également avec son père.

Seulement les Cheyennes patrouillent dans la région. Heureusement, quatre hommes, des employés de Buffalo Bill arrivent à la rescousse, mettant en fuite les indiens. Puis Buffalo et ses hommes se rendent chez sa mère où vivent ses deux sœurs et leurs maris, leurs enfants, ainsi que les employés, souvent des amis.

Bientôt un orage suivi d’une tempête éclate et Hankins se présente à la ferme de Ruby Creek, le domaine de la famille Cody. La loi de l’hospitalité prévaut, et il est invité à se restaurer. Blessé, Enfield se réfugie dans la ferme, accusant Jack Corters d’avoir enlevé Alice. Jack Corters revanchard passe à l’attaque avec sa bande. Une des gamines est grièvement blessée. Fourbe, Hankins l’est réellement puisqu’il déclare sa flamme à Lotty, l’une des femmes de la maison. Mais les malheurs de Lotty ne sont pas terminés, car Hankins profite d’un moment où ils sont seuls pour hypnotiser la jeune femme et l’enlever.

Buffalo et ses compagnons se lancent à la poursuite de la bande de Jack Corters qui est allié avec les Cheyennes. Mais Buffalo trouve de l’aide avec une autre ethnie indienne, les Ogallallas, grâce à l’entremise de la reine Allanah qui règne sur la tribu depuis quelques décennies.

Les deux camps s’affrontent dans l’île aux Ours mais leurs déboires ne sont pas terminés. De nombreux combats ponctuent cette intrigue dont le dénouement réserve quelques surprises familiales.

 

L’on retrouve dans cette histoire un Buffalo Bill différent de ses précédentes aventures. Il n’est pas soldat et son combat est axé contre des bandits et des indiens. Plus particulièrement les Cheyennes, considérés comme les mauvais garçons. Mais en contrepoint, les Ogallallas sont eux des bons sujets, de bons indiens, et donc il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier. D’ailleurs, la plupart du temps, les indiens incriminés sont mené par des blancs, des hors-la-loi, plus virulents que les autochtones.

En fait, l’Arkansas était alors le rendez-vous d’une quantité de gens sans aveux qui, pour les colons honnêtes du pays, constituaient un bien plus grand danger que les Indiens avec qui les fermiers étaient en lutte perpétuelle. La manière dont les hommes rouges pratiquaient la guerre, tout abondante qu’elle fût en ruses et en traîtrises, pouvait être qualifiée de loyale en comparaison de la lâche et ignoble perfidie que déployaient les voleurs blancs pour arriver à leurs fins.

 

BUFFALO Bill : A la rescousse ou Les francs-tireurs à cheval (Buffalo Bill’s Rifle Rangers – A story of Rough Riding Rescue). Fascicule 3. Parution éditions Eichler 1906-1908.

Réédition : Ebooks libres et gratuits. Parution février 2018. 113 pages.

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22 mars 2021 1 22 /03 /mars /2021 05:05

Guide touristique, un métier de tout repos ?

Philippe WARD : Comuna 13.

A cause d’indélicatesses dénoncées par l’IGPN, Sébastien Rafeou a été obligé de quitter son emploi de policier et de dire adieu à sa retraite. Alors il s’est expatrié en Colombie devenant en premier lieu garde du corps, ce qui ne le changeait guère de son premier emploi, puis il a trouvé le bon filon en devenant guide touristique à Medellin.

Les touristes ne manquent pas et il connait les endroits susceptibles de les intéresser comme le Graffiti tour, ainsi dénommé pour les nombreuses fresques picturales qui ornent les murs. Ainsi, à chaque fois qu’il les entraîne dans Comuna 13, un quartier déshérité de Medellin, il ne manque d’effectuer une pause chez Anna Lucia qui prépare le meilleurs jus de canne à sucre de la ville, voire du pays, le vendant un prix dérisoire.

Ce jour-là, Anna Lucia remet à Sébastien un bijou, un pendentif dans lequel est inséré une émeraude. Puis elle lui de venir la rejoindre le lendemain car elle veut lui confier un secret concernant Griselda Blanco.

Ouvrons une parenthèse : Griselda Blanco, la première narcotrafiquante, présentée comme le mentor de Pablo Escobar, a été assassinée à Medellin le 3 septembre 2012 par des inconnus en moto qui lui logent deux balles dans la tête. Fermons la parenthèse.

Le lendemain, Sébastien, se rendant au rendez-vous fixé par la vieille dame, découvre son cadavre. Il assiste à son enterrement et rencontre Maribel Cifuentes, la petite-fille d’Anna Lucia. Il lui parle de son pendentif et ils sont d’accord pour envisager que le bijou aurait pu être offert par Griselda Blanco à son amie.

Maribel est une ancienne des FARC, et elle est profondément antifasciste. Elle désire se présenter à la mairie de Medellin afin d’y faire le ménage. Seulement, un personnage convoite lui aussi le trésor présumé de Griselda Blanco. Il aborde Sébastien et lui met le marché en main. Non seulement il désire le pendentif mais le trésor de Griselda, persuadé qu’Anna Lucia lui a fait des confidences.

Ce personnage n’est autre que Lozano, le petit-fils de l’empereur de l’émeraude, mais il n’a pas la stature de son aïeul. Ce qui ne l’empêche pas d’être toujours accompagné de ses gardes du corps et de ses sicaires.

Débute alors une véritable guerre entre Lozano et ses hommes, et l’équipe constituée par Sébastien et Maribel. Sébatien et Maribel trouvent des alliés de circonstance, mais sont-ils fiables ? C’est à l’usage qu’ils pourront en juger.

Et le lecteur les suit de Medellin à Bogota en passant par Salento pour finir à Facatativa, échappant aux tueurs lancés à leur poursuite, eux-mêmes à la recherche d’un improbable trésor. Sébastien démontre qu’il n’a pas perdu ses réflexes d’ancien policier et tout naturellement, une histoire d’amour se greffe sur cette trame.

 

A début de cette intrigue, le lecteur a l’impression d’avoir déjà lu maintes fois ce genre d’histoires de tueurs, de courses poursuites, de trésors et de trafiquants. Mais Philippe Ward renouvelle habilement le thème pour offrir, entre fiction et réalité, un opus qui hypnotise au fur et à mesure que l’on entre dans cette succession de péripéties mouvementées.

Cela aurait pu pencher vers un petit côté fantastique, le thème s’y prêtait, avec les bijoux d’origine Muiscas ou Chibcha, du nom de la peuplade indigène qui vivait dans les hautes terres de la Colombie au temps de l’invasion espagnole.

Documenté sans être un guide touristique ou historique pesant, Comuna 13 est un bon roman d’action, d’aventures, agréable à lire et qui au fur et à mesure du développement de l’intrigue devient de plus en plus envoûtant.

Mais il est dommage que subsistent quelques coquilles typographiques, que ne peut relever un logiciel de correction orthographique, parfois savoureuses telles que celle-ci :

Maribel gémit de plus en plus fort, sans se retenir et jouit d’un seul cou.

 

Pour se procurer cet ouvrage, rien de mieux que se rendre sur le site de l’éditeur en pointant le curseur de votre souris sur l’un des liens ci-dessous :

 

Philippe WARD : Comuna 13. Collection I Cal ana. Hors Série 77. Editions Rivière Blanche. Parution 1er mars 2021. 280 pages. 20,00€. Existe en version numérique : 4,99€.

ISBN : 978-1-64932-053-7

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25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 04:24

Un auteur bicéphale

Pierre MAËL : Fille de rois.

En ce mois de janvier 1641, partie de la région de Quimperlé, la jeune Jeanne de Plonay, comtesse de Blois et de Poher, treize ans, surnommée Jeanne la Pâle à cause de son teint de porcelaine blanche, se rend à Rennes. Elle désire rencontrer les Messieurs du Parlement afin de plaider sa cause dans une affaire de spoliation d’héritage que c’est approprié un sien parent.

Elle est accompagnée de huit personnes : son cousin Hervé de La Ville-Rouault, le sire de Kerbullic son oncle maternel, le majordome Anthelme Bullic plus deux serviteurs, Hugon Bohec et Yves Kemener. Dans le fiacre qui l’emmène, siègent Anne de Plonay, une parente, et Reine Bohec la première de ses suivantes, et la petit Aloyse Kemener, sœur du serviteur.

Sa requête n’ayant pu aboutir, Jeanne de Poher décide d’en référer plus haut auprès du cardinal Mazarin mais avant de rejoindre la capitale, elle se rend à Blois où siègent quelques membres de la famille royale.

En cours de route, cet équipage s’installe pour une nuitée dans une auberge. Mais celle-ci est attaquée par des brigands de grands chemins, et Hervé de La Ville-Rouault, dix-neuf ans, et ses compagnons ainsi que l’aubergiste et ses valets, se montrent intrépides, refoulant les assauts. Une bataille bientôt couronnée de succès. Surtout pour Hervé qui est amoureux de sa jeune cousine.

Puis il aura encore l’occasion de démontrer son courage lorsque des loups affamés par la rigueur de l’hiver attaquent eux aussi le convoi. Non sans mal encore une fois, il réussira à mettre en fuite les canidés.

Arrivée à Blois, Jeanne de Poher est reçue comme il est dû à son rang, mais la jeune Anne Marie Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier, fille de Gaston d’Orléans et cousine germaine du futur Louis XIV, lui bat froid car toutes deux possèdent le titre de comtesse de Blois. Pourtant Jeanne de Poher n’usurpe pas son titre puisqu’elle est la petite fille d’Oliver de Bois, duc de Penthièvre. Une mise au point nécessaire qui attire les bonnes grâces de celle qui deviendra la Grande Mademoiselle. Les deux adolescentes sont à peu près du même âge et bientôt elles deviendront amies.

Tandis que Jeanne de Poher reste à Blois en compagnie de sa jeune compagne mademoiselle de Montpensier, Hervé de La Ville-Rouault se rend à Paris où il est présenté au cardinal de Richelieu, par l’entremise de son oncle Geoffroy de Kerbullic et d’un ancien compagnon d’armes de celui-ci attaché au service du prélat ministre.

Il est affecté au service du maréchal de La Meilleraie puis à celui de Louis de Bourbon, duc d’Enghien, un général de vingt-deux ans. Il se distingue lors de la bataille de Rocroy contre les Espagnols.

 

Ce roman se déroule de 1641 jusqu’en 1652, à la fin de cette période qui vit la révolte des Princes, déclenchée par la haine de Condé et quelques autres envers Mazarin et contre la royauté en général depuis Henri IV et Louis XIII. La fameuse Fronde ou Guerre des Lorrains qui ébranla le pouvoir royal.

Un épisode trouble au cours duquel Hervé de La Ville-Rouault saura se mettre en valeur, tandis que La Grande Mademoiselle participera activement à cette révolte, contre le jeune futur Louis XIV né en 1638.

Trempant sa plume dans l’encrier d’Alexandre Dumas, Pierre Maël, pseudonyme collectif de Charles Causse (1862-1904) et Charles Vincent (1851-1920), fait revivre cette période agitée avec verve.

Fille de rois est tout autant un roman historique, qu’un roman sentimental, malgré le jeune âge des deux principaux protagonistes. Surtout Jeanne de Poher qui n’a que treize ans au début du récit mais dont l’émoi amoureux s’intensifie au fur et à mesure de la déclinaison de cette intrigue, un élan amoureux qui toutefois reste chaste (y’en a qui ont eu peur, l’époque actuelle fustigeant les amours enfantines).

Malgré leur jeune âge, treize ans et un peu plus, Jeanne de Poher et Anne Marie Louise d’Orléans sont déjà matures. Jeanne la Pâle est déterminée, courageuse, et Anne Marie Louise est déjà rebelle, indépendante et dotée d’un fort caractère. Ce qui les a divisé au départ et a forgé leur amitié par la suite. Deux figures féminines loin des clichés de soumission de l’époque. Mais les autres protagonistes eux aussi possèdent un caractère trempé.

Les romans d’aventures, historiques et sentimentaux de Pierre Maël étaient destinés à la jeunesse et furent souvent associés comme livres d’étrennes et prix scolaires. Ils connurent le succès jusque dans les années 1950 et si leurs auteurs, tous deux d’origine bretonne, étaient catholiques fervents et légitimistes, n’en font pas étalage dans leurs écrits. A noter que Charles Causse est le père de Jean d’Agraives, lui-même auteur fort reconnu

Pierre MAËL : Fille de rois. Collection Bibliothèque de la Jeunesse. Editions Hachette. Parution 1948. 256 pages.

Première publication : Hachette. 1902.

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17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 04:26

A ne pas confondre avec les Compagnons de J’ai bu !

Alexandre DUMAS : Les compagnons de Jéhu.

Le 9 octobre 1799, deux voyageurs s’arrêtent à l’Hôtel du Palais-Royal d’Avignon et demandent à se sustenter à la table d’hôtes, où déjà sont installés une douzaine de convives. Les discussions vont bon train, la ville papale étant principalement royaliste. Mais ce sont les récentes attaques de diligences qui alimentent les conversations.

En effet, une bande nommée Les Compagnons de Jéhu s’en prend aux diligences transportant des fonds destinés au gouvernement, s’emparant de l’argent récolté. Cet argent, indûment acquis, est destiné aux rebelles de Vendée afin de leur permettre de continuer leur travail de sape et de rétablir les Bourbons sur le trône de France, en l’occurrence le roi Louis, dix-huitième du nom.

S’introduit un homme masqué, répondant au nom de Morgan, qui remet à l’un des convives un sac d’argent qui se trouvait en compagnie de l’argent destinée au gouvernement. Car, il l’affirme, les Compagnons de Jéhu ne sont point des voleurs de grands chemins et ne dérobent jamais le pécule des particuliers. Puis il repart comme il est arrivé sans être inquiété.

Les deux inconnus ne sont guère diserts. L’un répond au nom de Roland, l’autre est un général d’après son ami. L’on apprendra plus tard qu’il s’agit de Bonaparte qui vient de débarquer à Toulon, ayant quitté précipitamment l’Egypte. Nous retrouverons plus tard Bonaparte, mais ce sont bien Roland de Montrevel et le fameux Morgan, qui n’est autre que le baron Charles de Sainte-Hermine, qui s’imposent comme personnages principaux de ce roman.

Le général et Roland se quittent, l’un pour monter à Paris, l’autre pour se rendre dans sa famille près de Bourg (devenue Bourg-en-Bresse). Mais auparavant, Roland doit s’acquitter d’une dette d’honneur envers l’un des convives et pour cela, il demande à un Anglais, qui était présent lors de la tension qui montait autour de la table, sir John Tanlay de lui servir de témoin. Roland sort vainqueur de son duel et peut partir dans l’Ain en compagnie du Britannique, un compagnon qu’il apprécie et les deux hommes deviendront amis.

Roland et sir John Tanlay sont accueillis à bras ouverts par Madame de Montrevel, le jeune Edouard, treize ans, et Amélie, la sœur de Roland, une fort belle jeune fille d’une vingtaine d’années. Les Compagnons de Jéhu sévissent dans la région et Roland, qui a découvert leur refuge dans un vieux couvent, est épargné. Il n’est va pas de même de Sir John, qui s’étant rendu de nuit sur les lieux où Roland a surpris une réunion des Compagnons, déguisés et masqués, est grièvement blessé. Mais ce qu’ils ignorent, c’est que Morgan et Amélie se retrouvent en cachette, étant amoureux l’un de l’autre.

Puis Roland, ayant retrouvé Bonaparte à Paris, est envoyé par celui-ci en mission afin de parlementer avec Georges Cadoudal, le chef des insurgés bretons. Les fameux Chouans, ou chats-huants, ainsi surnommés car leur cri de ralliement est le cri de la chouette.

Entre Morgan et Amélie, ce sont des amours contrariées, car ils appartiennent à des clans différents. Quant à Sir John, remis de ses blessures, il tombe amoureux de la jeune fille.

 

Situé entre le 9 octobre 1799 et le 14 juin 1800, ce roman fourmille de nombreuses péripéties hautes en couleurs, dont les moindres ne sont pas le coup d’état du 18 brumaire fomenté par Bonaparte, instaurant le Consulat, et la bataille de Marengo, décrite en long, en large, et en travers.

Un roman dense, qui n’oublie pas les coups d’éclats, une très grande partie se déroulant en Bresse ou encore dans le Morbihan, fief de Cadoudal. Avec des personnages qui se combattent mais en même temps, quoiqu’ils appartiennent à des régimes politiques différents, s’estiment. Les amours de Morgan et d’Amélie s’inscrivent dans la longue liste des amants qui s’aiment malgré les divisions dressées entre eux. Un peu à la façon de Roméo et Juliette. Une histoire dans l’histoire.

C’est la reconstitution de toute une époque avec en toile de fond l’ombre du général Dumas, le père de l’auteur, et du général Brune, deux proches de Bonaparte mais pas de Napoléon. Roland de Montrevel est un jeune homme atteint de mélancolie qui désire mourir, quel que soit le moyen, duels, combats contre des adversaires, mais sans aller jusqu’au suicide. Or lorsqu’il combat les Chouans, en Bresse puis en Bretagne où il est envoyé par Bonaparte, sa vie est mystérieusement préservée, se demandant pour quelle raison.

Le personnage de Bonaparte, pour une fois de la part de Dumas, n’est pas considéré comme un chef d’état plongeant la France dans les guerres. Il bénéficie d’une certaine mansuétude, contrairement à certains romans, comme Conscience l’Innocent dans lequel il est surnommé l’Ogre Corse ou encore le Petit tondu.

Si Dumas se perd parfois en digressions, il se justifie, tout comme il explique dans sa note au lecteur, narrant les différents événements dont Avignon, ville royale et papale, fut le théâtre, qu’il ne peut rédiger un roman sans se rendre personnellement sur place afin de s’imprégner de l’atmosphère des lieux et du décor qui les nimbent.

 

Collection Alexandre Dumas. Fac-similé Collection A. Levasseur et Cie. Illustrations de G. Doré, A. De Neuville et Daubigny. Editions Altaya. 366 pages.

Collection Alexandre Dumas. Fac-similé Collection A. Levasseur et Cie. Illustrations de G. Doré, A. De Neuville et Daubigny. Editions Altaya. 366 pages.

A noter que la différence du nombre de pages qui existe entre les trois versions proposées est consécutive à la mise en page et à la taille des polices de caractères employées.

 

Alexandre DUMAS : Les compagnons de Jéhu. Collection Folio Classique N°6855. Parution 26 novembre 2020. 864 pages. 11,50€.

ISBN : 9782070464463

Collection Alexandre Dumas. Fac-similé Collection A. Levasseur et Cie. Illustrations de G. Doré, A. De Neuville et Daubigny. Editions Altaya. 366 pages.

Collection A tous les vents. La Bibliothèque électronique du Québec. 851 pages. Version numérique gratuite. 544 pages sur liseuse Bookeen.

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12 février 2021 5 12 /02 /février /2021 05:24

A ne pas confondre avec un certain ZAC de Fred Noro dans la collection  Espiomatic/Infrarouge.

Robert TRAVIS : Welcome to Sarajevo.

Ce n'est plus la guerre, mais ce n'est pas encore tout à fait la paix. Sarajevo peu à peu panse ses plaies sous le contrôle de l'IFOR qui a remplacé la Forpronu.

Une organisation maffieuse en profite pour s'en mettre plein les poches. Corruption, meurtres, rackets sont gérés par Zlatko Bolkan, un truand qui bénéficie d'appuis auprès des hauts responsables de l'état et Mahir Crébic, conseiller du ministre de l'Intérieur. Zlatko professe une admiration sans bornes pour De Niro et espère s'exiler prochainement aux Etats-Unis. Mahir et Zlatko n'ont qu'un but, s'emplir les poches tout en évitant que les Français de l'IFOR viennent mettre leur nez dans leurs trafics.

Le lieutenant Artaud dit Zac, chargé depuis quelques mois de la sécurité du PTT building, apprend par un des ses informateurs, Milan, cette emprise maffieuse. Il fait la connaissance d'Azra, une jeune veuve mère de deux enfants, maîtresse par obligation de Mahir. Ils dînent ensemble mais la jeune femme est surveillée par un sbire de Mahir.

 

Ce deuxième volet des aventures de Zac, tout comme le premier, est fort bien charpenté, mais il pêche par un côté parfois trop documentaire qui hache l'action.

A mi-chemin entre le roman d'aventures et le roman de politique-fiction - mais où commence et où s'arrête la fiction ? - cette série entre dans la mouvance d'ouvrages anglo-saxons tels ceux écrits par Frédéric Forsyth.

Travis dénonce comme bien d'autres avant lui, certaines pratiques, l'utilisation de la pègre par exemple, pour asseoir les intérêts politiques et financiers de quelques personnages.

Il met le doigt dans la plaie, mais n'accable pas d'opprobre une ethnie plus qu'une autre. Il relate simplement les atrocités commises par les deux camps, jetant serbes et bosniaques dans le même panier de crabes. Un roman à lire sans idée préconçue.

Si vous recherchez les livres de cette collection, deux numéros au Fleuve Noir, la collection continuant chez Vauvenargues pour sept titres, parfois le nom de Jean-Yves Proverbio (vrai nom de l’auteur) est substitué à celui de Robert Travis.

Robert TRAVIS : Welcome to Sarajevo. Collection Lieutenant Zac N°2. Editions Fleuve Noir. Parution novembre 1996. 224 pages.

ISBN : 9782265056008

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8 février 2021 1 08 /02 /février /2021 05:19

Et l’Ange vint…

David ANGEVIN : Les aigus Bee-Gees.

Ce roman de David Angevin ne s'inscrit pas directement dans la mouvance de la littérature noire, pourtant il existe une atmosphère qui s'y apparente et une ébauche d'enquête rapidement avortée.

Garth est enseignant dans un collège et Emma, sa collègue, est en butte aux agressions sexuelles de ses élèves. La déprime est proche et Garth saura lui rendre le goût de vivre dans une séance de copulation sur la moquette élimée de son appartement.

La voisine de Garth, qui lui prête des magazines dont la teneur est strictement réservée aux adultes, part pour le Mexique. Mais elle ne revient pas et au bout de quelques mois Garth décide de la retrouver en compagnie d'Emma.

Ils feront la connaissance d'un producteur de télé qui avale du Prozac comme d'autres sucent à longueur de journées du Cachou, de stars du porno, et chacun trouvera sa voie, qui comme scénariste, qui comme vedette en page centrale.

 

Les aigus Bee-Gees se découpe en chapitres qui constituent à eux seuls de petites nouvelles, comme les romans de Barry Gifford mettant en scène Sailor et Lula.

Un roman bizarre dans lequel l'intrigue passe au second plan, l'auteur s'ingéniant à privilégier les personnages et les tranches de vie prélevées comme au hasard. Un peu comme si le lecteur feuilletait un album photo.

Un livre qui ne peut laisser indifférent.

 

David ANGEVIN : Les aigus Bee-Gees. Collection Franc-parler. Editions de l'Incertain. Parution juin 1994. 120 pages.

ISBN : 9782906843523

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6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 05:50

La grande course autour du monde…

Paul D’IVOI : La course au radium.

Nonchalamment étendu dans un fauteuil de son appartement parisien, Dick Fann, détective privé anglais, se repose béatement. Il n’a rien d’autre à faire. Sauf que Jean Brot, son serviteur engagé de la veille, un gamin d’une quinzaine d’années, s’introduit dans la pièce en précisant qu’une jeune fille désire lui parler. C’est une question de vie ou de mort, selon elle.

Aussitôt le détective redevient l’homme d’action et reçoit Fleuriane Defrance, Canadienne. Son père, Catulle Defrance, est le syndic de l’Association mondiale du commerce des pierres précieuses. Or quelques mois auparavant, un vol simultané a été perpétré en divers pays, et les individus malhonnêtes se sont emparés de quelques vingt-trois grammes de radium.

Des expériences ont démontré que l’exposition de corindons ordinaires au radium transformait ces pierres de peu de valeur en pierres précieuses tandis que l’exposition des gemmes dans un four électrique amenait une décoloration et une dépréciation de ces mêmes gemmes. Des manipulations préjudiciables dans certaines circonstances mais destinées également pour éloigner des individus peu scrupuleux.

Fleuriane sent que les voleurs de radium la surveillent pour l’amener à la cachette de pierres précieuses transformées en vils corindons, et elle a peur pour son père resté au Canada. Aussi elle se propose d’organiser une course automobile, et elle demande à Dick Fann d’être son mécanicien. Ce qui lui permettrait de rejoindre l’autre côté de l’Atlantique en compagnie d’autres concurrents.

C’est à ce moment que Jean Brot introduit un policier émérite en la personne de monsieur Ginat. Celui-ci demande d’enquêter sur un vol de pierres précieuses en la boutique d’un joailler installé rue de la Paix, le sieur Larmette. Dick Fann se rend au lieu indiqué et s’aperçoit que le célèbre joailler a pipé les dés et que le vol est du pipeau.

Bientôt c’est le grand jour du départ de la course automobile, qui part de Paris, traverse l’Atlantique, se rend de New-York à San-Francisco, remonte à Valdez en Alaska, traverse le détroit de Béring, puis parcourant la Sibérie, revient à Paris via Moscou. Parmi les concurrents, Dick Fann qui sert de mécanicien, c’est-à-dire de chauffeur à Fleuriane, le jeune Jean Brot ainsi que dame Patorne, la dame de compagnie de Fleuriane. Ils voyagent à bord d’une De Dion de 30 CV. Mais Larmette, le joailler prétendument spolié, participe également à cette course en compagnie de Botero, l’ingénieur qui a mis au point leur véhicule de 100 CV, sorte de tout terrain. Larmette s’attache aux pas, ou plutôt aux roues de Fleuriane, dans l’espoir que celle-ci l’amènera à son père et aux corindons trafiqués. La vie de Catulle Defrance, de sa fille Fleuriane, et bien entendu des accompagnateurs de la jeune fille, est menacée. Ils s’en rendront rapidement compte.

Car voyage ne s’avère pas être de tout repos. De nombreux incidents, voire accidents, ponctuent ce périple. Dick Fann est obligé de se grimer à afin de pouvoir mieux surveiller les agissements de Larmette et consorts. De plus il se trouve embarqué dans une enquête à la demande de Gregson, chef de la police new-yorkaise, à l’initiative de Larmette qui a présenté les deux hommes l’un à l’autre. Pendant ce temps Fleuriane, Jean Brot et madame Patorne continuent leur périple à travers les Etats-Unis, conduits par un nouveau mécanicien, un homme à la solde de Larmette. Larmette lui-même se trouve parfois devant, parfois derrière Fleuriane qui sera rejointe par Dick Fann en cours de route. Jean Brot, qui tient un carnet de voyage, transcrit leurs péripéties, nombreuses et mouvementées, lorsque Dick Fann est occupé par ailleurs.

 

Il existe une similitude entre Dick Fann, détective privé britannique, et Sherlock Holmes. C’est un adepte de la déduction par l’observation. Il pourra démontrer ses talents à moult reprises au cours de ce voyage qui s’inspire de The Great Race, un événement médiatisé durant les années 1907 et 1908 en France et aux États-Unis. Et qui n’est pas sans rappeler le film de Blake Edwards, La grande course autour du monde, sorti en 1965, avec Tony Curtis, Jack Lemmon et Nathalie Wood dans les rôles principaux. Fatalitas !

Des autres concurrents, il n’est est pas question, l’auteur s’attachant à décrire les aventures partagées par Dick Fann et ses compagnons d’une part, et dans un moindre nombre d’épisodes, à Larmette et consorts.

Les personnages mis en scène ne manquent pas d’originalité apportant au récit des touches d’humour, dans une intrigue débridée.

Le radium a été découvert par Marie Curie et son mari Pierre en 1898 et de nombreux romanciers se sont emparés de cette donnée scientifique pour l’imposer dans des romans de science-fiction. Tout naturellement Paul d’Ivoi y a trouvé un emploi dans ce roman d’aventures fantaisistes et policières, teintées de fiction scientifique, et lui offrant quelques débouchés originaux, le tout combiné à cette fameuse course évoquée ci-dessus.

Le point de départ semble un peu faible, tiré par les cheveux comme disait le chauve, mais il est rapidement gommé par l’accumulation d’épisodes, reliés ou non, qui constituent l’intrigue, un peu dans l’esprit, mais par anticipation, de la série télévisée animée composée de 34 épisodes et qui s’intitulait Satanas et Diabolo et les fous du volant.

 

Paul D’IVOI : La course au radium. Illustrations intérieures de Louis Blomfeld. Les voyages excentriques N°16. Editions J’ai Lu N°1544. Parution 10 octobre 1983. 512 pages.

ISBN : 9782277215448

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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 04:38

Une collection éphémère ! Une de plus…

Robert TRAVIS : Piège à Naqoura.

Commerçant à Naqoura au Sud Liban, Khalil a été surpris par deux soldats de la FINUL en train d'ouvrir un paquet compromettant. Il les accuse d'avoir volé un appareil-photo ce qui n'est pas du goût de leurs chefs, l'adjudant Le Goffic et un Irlandais.

Le Lieutenant Jacques Artaud, surnommé Zac à cause d'un défaut de prononciation de son prénom lorsqu'il était enfant, prend lui aussi la défense des militaires, et ordonne à Khalil de quitter le village. Le commerçant décide de se venger et s'en remet à son plus jeune frère, Fouad, responsable d'un camp du Hezbollah.

Peu après Le Goffic et Zac échappent, alors qu'ils patrouillaient en deux endroits différents, à des attentats. Zac, blessé, se voit octroyer une permission de huit jours. Il en profite pour se rendre à Beyrouth où il fait la connaissance de Sandra et de sa copine Mina. Une rencontre qui n'est pas le fruit du hasard.

Sandra et Khalil marchent main dans la main dans la réalisation de petits trafics. Il s'éprend de Mina malgré sa propension à la boisson. Ils échappent à une tentative d'enlèvement et Mina les conduit tous les trois dans une maison qu'elle possède dans la banlieue de Beyrouth. C'est reculer pour mieux sauter.

Khalil est assisté de Gabriel un tueur qui a déjà essayé de supprimer Zac, de Walid et Abou Addas, deux autres comparses. Il s'adresse au commissaire Mourad, à qui il révèle ses intentions. Enlever Mina, obtenir une rançon et la tuer en faisant porter le chapeau à Zac. Deux jours plus tard, Khalil et ses hommes kidnappent Zac et Mina.

 

Ce roman d'aventures dans un Liban décimé par la guerre, déchiré par des communautés extrémistes, et où l'ONU tente de rétablir une paix précaire sans beaucoup de moyens, permet de faire la connaissance d'un nouveau héros qui ne s'inscrit pas dans la lignée des baroudeurs genre superman.

Zac est sympathique, possède ses faiblesses comme tout un chacun.

Robert Travis, à ne pas confondre avec Robert Travert, l'auteur du fameux Autopsie d'un meurtre est le pseudonyme d'un aventurier moderne ayant parcouru le monde et auteur de nombreux romans notamment chez Lattes. Il est fort documenté sur les armes, les décrit, ce qui apporte un goût d'authenticité, ce dont le lecteur se passerait volontiers à part les mordus d'armes à feu.

Le Lieutenant Zac n’aura connu que deux numéros au Fleuve Noir, et cinq ou six autres chez Vauvenargues/Vaugirard.

Robert TRAVIS : Piège à Naqoura. Collection Lieutenant Zac N°1. Editions Fleuve Noir. Parution mai 1996. 216 pages.

ISBN : 9782265055995

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3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 05:15

Allo Papa Tango Charlie…

Captain W.E. JOHNS : Worrals au dessus de la forêt vierge

Familièrement appelée Worrals, Joan Worralson survole l’Afrique à bord de son Kingfisher en compagnie de son amie Betty Lowell surnommée Frecks à cause de ses éphélides nombreux. Elles sont parties de Londres en épuisant toutes leurs économies dans l’achat de cet avion que maîtrise parfaitement Worrals. Tout comme Frecks, elle est officier d’aviation, démobilisée, et comme pour certains, l’après-guerre est synonyme d’un retour à la vie civile assez compliqué et ennuyeux.

Elles avaient fait la connaissance de Bill Ashton, lieutenant aviateur dans la R.A.F. et s’étaient liées d’amitié. Bill était même tombé amoureux de Worrals, mais la jeune fille, trop éprise de son indépendance n’était pas prête à se laisser passer la bague au doigt. Par dépit, Bill s’était envolé en Afrique du Sud afin de retrouver son oncle Dick, qu’il n’avait jamais vu. Oncle Dick, associé avec Andrew Macintosh, est l’heureux possesseur d’une concession aurifère, à Magube Drift, à la lisière du désert du Kalahari. Seulement les conditions d’exploitation ne sont guère favorables et les deux hommes végètent malgré la présence de filons prometteurs, des problèmes de logistique entravant leurs recherches.

Lorsque Bill était parti, il avait promis d’écrire tous les quinze jours à Worrals. Elle a bien reçu une lettre expédiée du Cap, au contenu quelque peu embrouillé, comme s’il l’avait rédigée sous l’emprise de la boisson, mais depuis rien. Deux mois se sont écoulés et Worrals inquiète s’est décidée à rejoindre Bill en compagnie de Frecks. Elles ont pour objectif immédiat Impala Vley, un aérodrome provisoirement abandonné, afin de se ravitailler en carburant.

Seulement, à l’atterrissage, quelle n’est pas leur déconvenue en se voyant refuser le précieux carburant par deux hommes qui se déclarent être les nouveaux propriétaires du terrain d’aviation. Ils sont armés et n’hésiteront pas à leur tirer dessus si elles ne partent pas immédiatement. Elles obtempèrent mais Worrals est bien décidée à fournir du liquide à son avion qui a soif. Elle se pose sur une piste tracée par des animaux et revient à la nuit à l’aérodrome en compagnie de Frecks. Elles s’emparent de quelques bidons dans une réserve, en cachent d’autres, et peuvent s’envoler vers Magube Drift.

L’oncle Dick est lui aussi sans nouvelles de son neveu Bill parti deux mois auparavant pour Le Cap et jamais revenu. Il leur explique la situation et les démêlés qu’il a avec les deux hommes qui se sont approprié le terrain d’aviation et les installations, lesquels sont toujours propriété de l’état. En outre, deux tribus d’indigènes se combattent, les Hereros et les Ovambos. Les Hereros ne leur posent aucun problème, surtout que l’Oncle Dick et son ami ont sauvé la vie de leur chef. Quant aux Ovambos, ils semblent avoir pactisé avec Shardwell et Gronck, les deux spoliateurs.

Worrals et ses nouveaux amis, vont tenter de contrecarrer les deux indélicats et retrouver Bill. Mais le combat va être rude, ce qui ne dérange guère la jeune fille intrépide. Seulement d’autres éléments, et non des moindres se dressent sur leur chemin. Lors d’un voyage de Worrals au Cap, celle-ci est appréhendée par un policier sous couvert qu’il a découvert qu’elle transportait un sachet de diamants. Elle retourne la situation grâce à son courage et à sa malice.

Mais des animaux sauvages rôdent dans la forêt : lions, rhinocéros, éléphants, et indigènes qui se montrent plus vindicatifs que les carnassiers quadrupèdes.

 

Délaissant son héros fétiche, Captain Johns nous offre en Worrals une héroïne courageuse, téméraire, audacieuse, qui ne se laisse pas monter sur les pieds par les êtres humains qui se montrent plus féroces que les espèces animales.

Un roman enlevé avec deux amies dissemblables mentalement, mais qui savent se surpasser dans des conditions délicates comme le prouve Frecks en de nombreuses situations. Elles tiennent tête aussi bien aux deux malfrats, qu’aux Ovambos et aux animaux ou encore au policier qui n’hésite pas à se rendre sur le terrain.

Un bon roman d’aventures qui rend hommage au courage féminin, à l’esprit d’entreprise que déploient Worrals et Frecks, et qui nous fait planer.

Captain W.E. JOHNS : Worrals au dessus de la forêt vierge (Worrals in the Wilds – 1947. Traduction S. Hot). Collection Captain W.E. Johns. Presses de la Cité. Parution le 20 janvier 1957. 192 pages.

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 04:43

A cause du Covid 19 ?

Benoit BECKER : Dernier contact.

Dans une villa cossue de Saint-Cloud, près de Paris, un professeur chinois s’active. Il brûle des papiers dans la cheminée, et en range d’autres dans une serviette de cuir noir. Il se méfie de Tô, son domestique, et il a bien raison car celui-ci s’introduit dans la pièce un poignard à la main.

Le professeur est plus rapide. Il abat ce domestique indélicat. Gao, un complice de Tô qui attendait de pouvoir s’introduire dans la demeure, ne peut que constater les dégâts. Tô est mort et le professeur s’est envolé. Aussitôt Gao se lance à la poursuite du professeur jusqu’à la Gare du Nord. Le professeur prend un billet pour le Nord-Express, sa serviette à la main. Gao parvient à monter dans le train in-extremis.

Arrivé à Hambourg, le professeur doit embarquer sur le Matsuro mais le navire n’est pas encore à quai, coincé à Rotterdam à cause d’une petite avarie. Gao qui était attendu par un comparse le suit toujours, et le lendemain, alors que le professeur sort de son hôtel, la filature reprend. Tous se dirigent vers un parc zoologique. Gao et son complice arrivent à s’emparer de la mallette, laissant le professeur mortellement blessé dans la fosse aux lions. Fin de voyage pour le professeur.

Mais il a eu le temps de tirer sur l’un de ses assaillants, le contact de Gao, et l’homme sérieusement blessé a été transporté à l’hôpital. C’est là que le retrouvent Max Carud, un agent secret français, accompagné d’une fort jolie femme qui se fait appeler Maria Von Bissing, une agente allemande qui émarge au Deuxième Bureau Français. Et Maria n’a pas froid aux yeux, ni ailleurs, comme Max Carud pourra s’en rendre compte par la suite.

Les deux agents doivent interroger le blessé dans le cadre d’une enquête qui n’a rien à voir avec le décès du professeur. Il s’agit de Gargenval, un des pontes de la collaboration en France durant la guerre, qui avait suivi Laval à Sigmaringen. Il est soupçonné d’avoir reconstitué des groupements d’anciens miliciens, de faire noyauter des cellules communistes, et de pouvoir fournir des renseignements sur l’activité réelle de certains fonctionnaires vichyssois.

L’homme refuse de parler, d’indiquer dans quelles conditions il a été blessé. Mais pour Max Carud et Maria Von Bissing, dont ce n’est pas l’identité réelle, il n’y a qu’une solution pour que le blessé avoue ses forfaits et le reste. La torture.

 

Ayant appris l’incident survenu à un vieux Chinois, une rencontre malencontreuse avec un lion affamé, Max Carud décide de se rendre à la morgue. Etonné il reconnait le cadavre. Il s’agit de Li-Pang, l’ancien directeur de l’Institut Météorologique de Pékin, qui a fui le régime de Mao Tsé-toung et vivait en France depuis des années.

Gargenval, à force de tortures et d’un peu de chantage, avoue que s’il suivait Li Pang en compagnie de Gao, c’est parce que le professeur désirait transmettre des documents à Tchang Kaï-chek à Formose, des documents qui pourraient changer la face du monde en cas de guerre.

 

Dernier contact s’inscrit dans une époque d’après-guerre, alors que la Chine est divisée entre deux factions. Le parti communiste chinois, sous la bannière de Mao Tsé-toung, prend le pouvoir, et Tchang Kaï-chek est obligé de se réfugier à Formose, aujourd’hui Taïwan, qui était alors sous domination britannique.

Il s’agit donc d’une enquête croisée pour l’agent secret français, Max Carud, et l’on peut dire qu’il bénéficie d’heureuses coïncidences. Il s’aperçoit rapidement que sa collaboratrice Maria Von Bissing, qui s’est imposée dans l’enquête, n’est pas réellement ce qu’elle prétend être.

Le mythe de la belle espionne sans scrupule n’est pas nouveau, et perdure encore de nos jours. Max Carud est un agent qui n’hésite pas, mais il est vrai que dans certains cas cela s’avère indispensable, à employer la manière forte, et même très forte.

Un roman dans l’esprit de ce qu’il se faisait à l’époque d’après-guerre, avec des réminiscences à la collaboration mais qui met aux prises deux entités asiatiques, alors que souvent il s’agissait d’un affrontement Est-Ouest. Quant à la découverte du professeur Li-Pang, elle semble obsolète de nos jours.

Sous le nom de Benoit Becker sa cachait un collectif d’auteurs composé de José-André Lacour, Stéphane Jourat, Jean-Claude Carrière et Christiane Rochefort. Il s’agit donc de l’un ou des deux noms cités en premier puisqu’ils ont collaboré ensuite sous les pseudos de Christophe Stork pour des romans d’Anticipation et de Marc Avril pour des romans d’Espionnage.

Quant à l’illustration de couverture, il s’agit d’une photo semblant retouchée d’une gare avec le dessin assez rigide d’un personnage en premier plan.

Benoit BECKER : Dernier contact. Collection Espionnage N°85. Editions Fleuve Noir. Parution 4e trimestre 1955. 224 pages.

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