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25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 04:24

Un auteur bicéphale

Pierre MAËL : Fille de rois.

En ce mois de janvier 1641, partie de la région de Quimperlé, la jeune Jeanne de Plonay, comtesse de Blois et de Poher, treize ans, surnommée Jeanne la Pâle à cause de son teint de porcelaine blanche, se rend à Rennes. Elle désire rencontrer les Messieurs du Parlement afin de plaider sa cause dans une affaire de spoliation d’héritage que c’est approprié un sien parent.

Elle est accompagnée de huit personnes : son cousin Hervé de La Ville-Rouault, le sire de Kerbullic son oncle maternel, le majordome Anthelme Bullic plus deux serviteurs, Hugon Bohec et Yves Kemener. Dans le fiacre qui l’emmène, siègent Anne de Plonay, une parente, et Reine Bohec la première de ses suivantes, et la petit Aloyse Kemener, sœur du serviteur.

Sa requête n’ayant pu aboutir, Jeanne de Poher décide d’en référer plus haut auprès du cardinal Mazarin mais avant de rejoindre la capitale, elle se rend à Blois où siègent quelques membres de la famille royale.

En cours de route, cet équipage s’installe pour une nuitée dans une auberge. Mais celle-ci est attaquée par des brigands de grands chemins, et Hervé de La Ville-Rouault, dix-neuf ans, et ses compagnons ainsi que l’aubergiste et ses valets, se montrent intrépides, refoulant les assauts. Une bataille bientôt couronnée de succès. Surtout pour Hervé qui est amoureux de sa jeune cousine.

Puis il aura encore l’occasion de démontrer son courage lorsque des loups affamés par la rigueur de l’hiver attaquent eux aussi le convoi. Non sans mal encore une fois, il réussira à mettre en fuite les canidés.

Arrivée à Blois, Jeanne de Poher est reçue comme il est dû à son rang, mais la jeune Anne Marie Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier, fille de Gaston d’Orléans et cousine germaine du futur Louis XIV, lui bat froid car toutes deux possèdent le titre de comtesse de Blois. Pourtant Jeanne de Poher n’usurpe pas son titre puisqu’elle est la petite fille d’Oliver de Bois, duc de Penthièvre. Une mise au point nécessaire qui attire les bonnes grâces de celle qui deviendra la Grande Mademoiselle. Les deux adolescentes sont à peu près du même âge et bientôt elles deviendront amies.

Tandis que Jeanne de Poher reste à Blois en compagnie de sa jeune compagne mademoiselle de Montpensier, Hervé de La Ville-Rouault se rend à Paris où il est présenté au cardinal de Richelieu, par l’entremise de son oncle Geoffroy de Kerbullic et d’un ancien compagnon d’armes de celui-ci attaché au service du prélat ministre.

Il est affecté au service du maréchal de La Meilleraie puis à celui de Louis de Bourbon, duc d’Enghien, un général de vingt-deux ans. Il se distingue lors de la bataille de Rocroy contre les Espagnols.

 

Ce roman se déroule de 1641 jusqu’en 1652, à la fin de cette période qui vit la révolte des Princes, déclenchée par la haine de Condé et quelques autres envers Mazarin et contre la royauté en général depuis Henri IV et Louis XIII. La fameuse Fronde ou Guerre des Lorrains qui ébranla le pouvoir royal.

Un épisode trouble au cours duquel Hervé de La Ville-Rouault saura se mettre en valeur, tandis que La Grande Mademoiselle participera activement à cette révolte, contre le jeune futur Louis XIV né en 1638.

Trempant sa plume dans l’encrier d’Alexandre Dumas, Pierre Maël, pseudonyme collectif de Charles Causse (1862-1904) et Charles Vincent (1851-1920), fait revivre cette période agitée avec verve.

Fille de rois est tout autant un roman historique, qu’un roman sentimental, malgré le jeune âge des deux principaux protagonistes. Surtout Jeanne de Poher qui n’a que treize ans au début du récit mais dont l’émoi amoureux s’intensifie au fur et à mesure de la déclinaison de cette intrigue, un élan amoureux qui toutefois reste chaste (y’en a qui ont eu peur, l’époque actuelle fustigeant les amours enfantines).

Malgré leur jeune âge, treize ans et un peu plus, Jeanne de Poher et Anne Marie Louise d’Orléans sont déjà matures. Jeanne la Pâle est déterminée, courageuse, et Anne Marie Louise est déjà rebelle, indépendante et dotée d’un fort caractère. Ce qui les a divisé au départ et a forgé leur amitié par la suite. Deux figures féminines loin des clichés de soumission de l’époque. Mais les autres protagonistes eux aussi possèdent un caractère trempé.

Les romans d’aventures, historiques et sentimentaux de Pierre Maël étaient destinés à la jeunesse et furent souvent associés comme livres d’étrennes et prix scolaires. Ils connurent le succès jusque dans les années 1950 et si leurs auteurs, tous deux d’origine bretonne, étaient catholiques fervents et légitimistes, n’en font pas étalage dans leurs écrits. A noter que Charles Causse est le père de Jean d’Agraives, lui-même auteur fort reconnu

Pierre MAËL : Fille de rois. Collection Bibliothèque de la Jeunesse. Editions Hachette. Parution 1948. 256 pages.

Première publication : Hachette. 1902.

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17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 04:26

A ne pas confondre avec les Compagnons de J’ai bu !

Alexandre DUMAS : Les compagnons de Jéhu.

Le 9 octobre 1799, deux voyageurs s’arrêtent à l’Hôtel du Palais-Royal d’Avignon et demandent à se sustenter à la table d’hôtes, où déjà sont installés une douzaine de convives. Les discussions vont bon train, la ville papale étant principalement royaliste. Mais ce sont les récentes attaques de diligences qui alimentent les conversations.

En effet, une bande nommée Les Compagnons de Jéhu s’en prend aux diligences transportant des fonds destinés au gouvernement, s’emparant de l’argent récolté. Cet argent, indûment acquis, est destiné aux rebelles de Vendée afin de leur permettre de continuer leur travail de sape et de rétablir les Bourbons sur le trône de France, en l’occurrence le roi Louis, dix-huitième du nom.

S’introduit un homme masqué, répondant au nom de Morgan, qui remet à l’un des convives un sac d’argent qui se trouvait en compagnie de l’argent destinée au gouvernement. Car, il l’affirme, les Compagnons de Jéhu ne sont point des voleurs de grands chemins et ne dérobent jamais le pécule des particuliers. Puis il repart comme il est arrivé sans être inquiété.

Les deux inconnus ne sont guère diserts. L’un répond au nom de Roland, l’autre est un général d’après son ami. L’on apprendra plus tard qu’il s’agit de Bonaparte qui vient de débarquer à Toulon, ayant quitté précipitamment l’Egypte. Nous retrouverons plus tard Bonaparte, mais ce sont bien Roland de Montrevel et le fameux Morgan, qui n’est autre que le baron Charles de Sainte-Hermine, qui s’imposent comme personnages principaux de ce roman.

Le général et Roland se quittent, l’un pour monter à Paris, l’autre pour se rendre dans sa famille près de Bourg (devenue Bourg-en-Bresse). Mais auparavant, Roland doit s’acquitter d’une dette d’honneur envers l’un des convives et pour cela, il demande à un Anglais, qui était présent lors de la tension qui montait autour de la table, sir John Tanlay de lui servir de témoin. Roland sort vainqueur de son duel et peut partir dans l’Ain en compagnie du Britannique, un compagnon qu’il apprécie et les deux hommes deviendront amis.

Roland et sir John Tanlay sont accueillis à bras ouverts par Madame de Montrevel, le jeune Edouard, treize ans, et Amélie, la sœur de Roland, une fort belle jeune fille d’une vingtaine d’années. Les Compagnons de Jéhu sévissent dans la région et Roland, qui a découvert leur refuge dans un vieux couvent, est épargné. Il n’est va pas de même de Sir John, qui s’étant rendu de nuit sur les lieux où Roland a surpris une réunion des Compagnons, déguisés et masqués, est grièvement blessé. Mais ce qu’ils ignorent, c’est que Morgan et Amélie se retrouvent en cachette, étant amoureux l’un de l’autre.

Puis Roland, ayant retrouvé Bonaparte à Paris, est envoyé par celui-ci en mission afin de parlementer avec Georges Cadoudal, le chef des insurgés bretons. Les fameux Chouans, ou chats-huants, ainsi surnommés car leur cri de ralliement est le cri de la chouette.

Entre Morgan et Amélie, ce sont des amours contrariées, car ils appartiennent à des clans différents. Quant à Sir John, remis de ses blessures, il tombe amoureux de la jeune fille.

 

Situé entre le 9 octobre 1799 et le 14 juin 1800, ce roman fourmille de nombreuses péripéties hautes en couleurs, dont les moindres ne sont pas le coup d’état du 18 brumaire fomenté par Bonaparte, instaurant le Consulat, et la bataille de Marengo, décrite en long, en large, et en travers.

Un roman dense, qui n’oublie pas les coups d’éclats, une très grande partie se déroulant en Bresse ou encore dans le Morbihan, fief de Cadoudal. Avec des personnages qui se combattent mais en même temps, quoiqu’ils appartiennent à des régimes politiques différents, s’estiment. Les amours de Morgan et d’Amélie s’inscrivent dans la longue liste des amants qui s’aiment malgré les divisions dressées entre eux. Un peu à la façon de Roméo et Juliette. Une histoire dans l’histoire.

C’est la reconstitution de toute une époque avec en toile de fond l’ombre du général Dumas, le père de l’auteur, et du général Brune, deux proches de Bonaparte mais pas de Napoléon. Roland de Montrevel est un jeune homme atteint de mélancolie qui désire mourir, quel que soit le moyen, duels, combats contre des adversaires, mais sans aller jusqu’au suicide. Or lorsqu’il combat les Chouans, en Bresse puis en Bretagne où il est envoyé par Bonaparte, sa vie est mystérieusement préservée, se demandant pour quelle raison.

Le personnage de Bonaparte, pour une fois de la part de Dumas, n’est pas considéré comme un chef d’état plongeant la France dans les guerres. Il bénéficie d’une certaine mansuétude, contrairement à certains romans, comme Conscience l’Innocent dans lequel il est surnommé l’Ogre Corse ou encore le Petit tondu.

Si Dumas se perd parfois en digressions, il se justifie, tout comme il explique dans sa note au lecteur, narrant les différents événements dont Avignon, ville royale et papale, fut le théâtre, qu’il ne peut rédiger un roman sans se rendre personnellement sur place afin de s’imprégner de l’atmosphère des lieux et du décor qui les nimbent.

 

Collection Alexandre Dumas. Fac-similé Collection A. Levasseur et Cie. Illustrations de G. Doré, A. De Neuville et Daubigny. Editions Altaya. 366 pages.

Collection Alexandre Dumas. Fac-similé Collection A. Levasseur et Cie. Illustrations de G. Doré, A. De Neuville et Daubigny. Editions Altaya. 366 pages.

A noter que la différence du nombre de pages qui existe entre les trois versions proposées est consécutive à la mise en page et à la taille des polices de caractères employées.

 

Alexandre DUMAS : Les compagnons de Jéhu. Collection Folio Classique N°6855. Parution 26 novembre 2020. 864 pages. 11,50€.

ISBN : 9782070464463

Collection Alexandre Dumas. Fac-similé Collection A. Levasseur et Cie. Illustrations de G. Doré, A. De Neuville et Daubigny. Editions Altaya. 366 pages.

Collection A tous les vents. La Bibliothèque électronique du Québec. 851 pages. Version numérique gratuite. 544 pages sur liseuse Bookeen.

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12 février 2021 5 12 /02 /février /2021 05:24

A ne pas confondre avec un certain ZAC de Fred Noro dans la collection  Espiomatic/Infrarouge.

Robert TRAVIS : Welcome to Sarajevo.

Ce n'est plus la guerre, mais ce n'est pas encore tout à fait la paix. Sarajevo peu à peu panse ses plaies sous le contrôle de l'IFOR qui a remplacé la Forpronu.

Une organisation maffieuse en profite pour s'en mettre plein les poches. Corruption, meurtres, rackets sont gérés par Zlatko Bolkan, un truand qui bénéficie d'appuis auprès des hauts responsables de l'état et Mahir Crébic, conseiller du ministre de l'Intérieur. Zlatko professe une admiration sans bornes pour De Niro et espère s'exiler prochainement aux Etats-Unis. Mahir et Zlatko n'ont qu'un but, s'emplir les poches tout en évitant que les Français de l'IFOR viennent mettre leur nez dans leurs trafics.

Le lieutenant Artaud dit Zac, chargé depuis quelques mois de la sécurité du PTT building, apprend par un des ses informateurs, Milan, cette emprise maffieuse. Il fait la connaissance d'Azra, une jeune veuve mère de deux enfants, maîtresse par obligation de Mahir. Ils dînent ensemble mais la jeune femme est surveillée par un sbire de Mahir.

 

Ce deuxième volet des aventures de Zac, tout comme le premier, est fort bien charpenté, mais il pêche par un côté parfois trop documentaire qui hache l'action.

A mi-chemin entre le roman d'aventures et le roman de politique-fiction - mais où commence et où s'arrête la fiction ? - cette série entre dans la mouvance d'ouvrages anglo-saxons tels ceux écrits par Frédéric Forsyth.

Travis dénonce comme bien d'autres avant lui, certaines pratiques, l'utilisation de la pègre par exemple, pour asseoir les intérêts politiques et financiers de quelques personnages.

Il met le doigt dans la plaie, mais n'accable pas d'opprobre une ethnie plus qu'une autre. Il relate simplement les atrocités commises par les deux camps, jetant serbes et bosniaques dans le même panier de crabes. Un roman à lire sans idée préconçue.

Si vous recherchez les livres de cette collection, deux numéros au Fleuve Noir, la collection continuant chez Vauvenargues pour sept titres, parfois le nom de Jean-Yves Proverbio (vrai nom de l’auteur) est substitué à celui de Robert Travis.

Robert TRAVIS : Welcome to Sarajevo. Collection Lieutenant Zac N°2. Editions Fleuve Noir. Parution novembre 1996. 224 pages.

ISBN : 9782265056008

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8 février 2021 1 08 /02 /février /2021 05:19

Et l’Ange vint…

David ANGEVIN : Les aigus Bee-Gees.

Ce roman de David Angevin ne s'inscrit pas directement dans la mouvance de la littérature noire, pourtant il existe une atmosphère qui s'y apparente et une ébauche d'enquête rapidement avortée.

Garth est enseignant dans un collège et Emma, sa collègue, est en butte aux agressions sexuelles de ses élèves. La déprime est proche et Garth saura lui rendre le goût de vivre dans une séance de copulation sur la moquette élimée de son appartement.

La voisine de Garth, qui lui prête des magazines dont la teneur est strictement réservée aux adultes, part pour le Mexique. Mais elle ne revient pas et au bout de quelques mois Garth décide de la retrouver en compagnie d'Emma.

Ils feront la connaissance d'un producteur de télé qui avale du Prozac comme d'autres sucent à longueur de journées du Cachou, de stars du porno, et chacun trouvera sa voie, qui comme scénariste, qui comme vedette en page centrale.

 

Les aigus Bee-Gees se découpe en chapitres qui constituent à eux seuls de petites nouvelles, comme les romans de Barry Gifford mettant en scène Sailor et Lula.

Un roman bizarre dans lequel l'intrigue passe au second plan, l'auteur s'ingéniant à privilégier les personnages et les tranches de vie prélevées comme au hasard. Un peu comme si le lecteur feuilletait un album photo.

Un livre qui ne peut laisser indifférent.

 

David ANGEVIN : Les aigus Bee-Gees. Collection Franc-parler. Editions de l'Incertain. Parution juin 1994. 120 pages.

ISBN : 9782906843523

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6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 05:50

La grande course autour du monde…

Paul D’IVOI : La course au radium.

Nonchalamment étendu dans un fauteuil de son appartement parisien, Dick Fann, détective privé anglais, se repose béatement. Il n’a rien d’autre à faire. Sauf que Jean Brot, son serviteur engagé de la veille, un gamin d’une quinzaine d’années, s’introduit dans la pièce en précisant qu’une jeune fille désire lui parler. C’est une question de vie ou de mort, selon elle.

Aussitôt le détective redevient l’homme d’action et reçoit Fleuriane Defrance, Canadienne. Son père, Catulle Defrance, est le syndic de l’Association mondiale du commerce des pierres précieuses. Or quelques mois auparavant, un vol simultané a été perpétré en divers pays, et les individus malhonnêtes se sont emparés de quelques vingt-trois grammes de radium.

Des expériences ont démontré que l’exposition de corindons ordinaires au radium transformait ces pierres de peu de valeur en pierres précieuses tandis que l’exposition des gemmes dans un four électrique amenait une décoloration et une dépréciation de ces mêmes gemmes. Des manipulations préjudiciables dans certaines circonstances mais destinées également pour éloigner des individus peu scrupuleux.

Fleuriane sent que les voleurs de radium la surveillent pour l’amener à la cachette de pierres précieuses transformées en vils corindons, et elle a peur pour son père resté au Canada. Aussi elle se propose d’organiser une course automobile, et elle demande à Dick Fann d’être son mécanicien. Ce qui lui permettrait de rejoindre l’autre côté de l’Atlantique en compagnie d’autres concurrents.

C’est à ce moment que Jean Brot introduit un policier émérite en la personne de monsieur Ginat. Celui-ci demande d’enquêter sur un vol de pierres précieuses en la boutique d’un joailler installé rue de la Paix, le sieur Larmette. Dick Fann se rend au lieu indiqué et s’aperçoit que le célèbre joailler a pipé les dés et que le vol est du pipeau.

Bientôt c’est le grand jour du départ de la course automobile, qui part de Paris, traverse l’Atlantique, se rend de New-York à San-Francisco, remonte à Valdez en Alaska, traverse le détroit de Béring, puis parcourant la Sibérie, revient à Paris via Moscou. Parmi les concurrents, Dick Fann qui sert de mécanicien, c’est-à-dire de chauffeur à Fleuriane, le jeune Jean Brot ainsi que dame Patorne, la dame de compagnie de Fleuriane. Ils voyagent à bord d’une De Dion de 30 CV. Mais Larmette, le joailler prétendument spolié, participe également à cette course en compagnie de Botero, l’ingénieur qui a mis au point leur véhicule de 100 CV, sorte de tout terrain. Larmette s’attache aux pas, ou plutôt aux roues de Fleuriane, dans l’espoir que celle-ci l’amènera à son père et aux corindons trafiqués. La vie de Catulle Defrance, de sa fille Fleuriane, et bien entendu des accompagnateurs de la jeune fille, est menacée. Ils s’en rendront rapidement compte.

Car voyage ne s’avère pas être de tout repos. De nombreux incidents, voire accidents, ponctuent ce périple. Dick Fann est obligé de se grimer à afin de pouvoir mieux surveiller les agissements de Larmette et consorts. De plus il se trouve embarqué dans une enquête à la demande de Gregson, chef de la police new-yorkaise, à l’initiative de Larmette qui a présenté les deux hommes l’un à l’autre. Pendant ce temps Fleuriane, Jean Brot et madame Patorne continuent leur périple à travers les Etats-Unis, conduits par un nouveau mécanicien, un homme à la solde de Larmette. Larmette lui-même se trouve parfois devant, parfois derrière Fleuriane qui sera rejointe par Dick Fann en cours de route. Jean Brot, qui tient un carnet de voyage, transcrit leurs péripéties, nombreuses et mouvementées, lorsque Dick Fann est occupé par ailleurs.

 

Il existe une similitude entre Dick Fann, détective privé britannique, et Sherlock Holmes. C’est un adepte de la déduction par l’observation. Il pourra démontrer ses talents à moult reprises au cours de ce voyage qui s’inspire de The Great Race, un événement médiatisé durant les années 1907 et 1908 en France et aux États-Unis. Et qui n’est pas sans rappeler le film de Blake Edwards, La grande course autour du monde, sorti en 1965, avec Tony Curtis, Jack Lemmon et Nathalie Wood dans les rôles principaux. Fatalitas !

Des autres concurrents, il n’est est pas question, l’auteur s’attachant à décrire les aventures partagées par Dick Fann et ses compagnons d’une part, et dans un moindre nombre d’épisodes, à Larmette et consorts.

Les personnages mis en scène ne manquent pas d’originalité apportant au récit des touches d’humour, dans une intrigue débridée.

Le radium a été découvert par Marie Curie et son mari Pierre en 1898 et de nombreux romanciers se sont emparés de cette donnée scientifique pour l’imposer dans des romans de science-fiction. Tout naturellement Paul d’Ivoi y a trouvé un emploi dans ce roman d’aventures fantaisistes et policières, teintées de fiction scientifique, et lui offrant quelques débouchés originaux, le tout combiné à cette fameuse course évoquée ci-dessus.

Le point de départ semble un peu faible, tiré par les cheveux comme disait le chauve, mais il est rapidement gommé par l’accumulation d’épisodes, reliés ou non, qui constituent l’intrigue, un peu dans l’esprit, mais par anticipation, de la série télévisée animée composée de 34 épisodes et qui s’intitulait Satanas et Diabolo et les fous du volant.

 

Paul D’IVOI : La course au radium. Illustrations intérieures de Louis Blomfeld. Les voyages excentriques N°16. Editions J’ai Lu N°1544. Parution 10 octobre 1983. 512 pages.

ISBN : 9782277215448

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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 04:38

Une collection éphémère ! Une de plus…

Robert TRAVIS : Piège à Naqoura.

Commerçant à Naqoura au Sud Liban, Khalil a été surpris par deux soldats de la FINUL en train d'ouvrir un paquet compromettant. Il les accuse d'avoir volé un appareil-photo ce qui n'est pas du goût de leurs chefs, l'adjudant Le Goffic et un Irlandais.

Le Lieutenant Jacques Artaud, surnommé Zac à cause d'un défaut de prononciation de son prénom lorsqu'il était enfant, prend lui aussi la défense des militaires, et ordonne à Khalil de quitter le village. Le commerçant décide de se venger et s'en remet à son plus jeune frère, Fouad, responsable d'un camp du Hezbollah.

Peu après Le Goffic et Zac échappent, alors qu'ils patrouillaient en deux endroits différents, à des attentats. Zac, blessé, se voit octroyer une permission de huit jours. Il en profite pour se rendre à Beyrouth où il fait la connaissance de Sandra et de sa copine Mina. Une rencontre qui n'est pas le fruit du hasard.

Sandra et Khalil marchent main dans la main dans la réalisation de petits trafics. Il s'éprend de Mina malgré sa propension à la boisson. Ils échappent à une tentative d'enlèvement et Mina les conduit tous les trois dans une maison qu'elle possède dans la banlieue de Beyrouth. C'est reculer pour mieux sauter.

Khalil est assisté de Gabriel un tueur qui a déjà essayé de supprimer Zac, de Walid et Abou Addas, deux autres comparses. Il s'adresse au commissaire Mourad, à qui il révèle ses intentions. Enlever Mina, obtenir une rançon et la tuer en faisant porter le chapeau à Zac. Deux jours plus tard, Khalil et ses hommes kidnappent Zac et Mina.

 

Ce roman d'aventures dans un Liban décimé par la guerre, déchiré par des communautés extrémistes, et où l'ONU tente de rétablir une paix précaire sans beaucoup de moyens, permet de faire la connaissance d'un nouveau héros qui ne s'inscrit pas dans la lignée des baroudeurs genre superman.

Zac est sympathique, possède ses faiblesses comme tout un chacun.

Robert Travis, à ne pas confondre avec Robert Travert, l'auteur du fameux Autopsie d'un meurtre est le pseudonyme d'un aventurier moderne ayant parcouru le monde et auteur de nombreux romans notamment chez Lattes. Il est fort documenté sur les armes, les décrit, ce qui apporte un goût d'authenticité, ce dont le lecteur se passerait volontiers à part les mordus d'armes à feu.

Le Lieutenant Zac n’aura connu que deux numéros au Fleuve Noir, et cinq ou six autres chez Vauvenargues/Vaugirard.

Robert TRAVIS : Piège à Naqoura. Collection Lieutenant Zac N°1. Editions Fleuve Noir. Parution mai 1996. 216 pages.

ISBN : 9782265055995

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3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 05:15

Allo Papa Tango Charlie…

Captain W.E. JOHNS : Worrals au dessus de la forêt vierge

Familièrement appelée Worrals, Joan Worralson survole l’Afrique à bord de son Kingfisher en compagnie de son amie Betty Lowell surnommée Frecks à cause de ses éphélides nombreux. Elles sont parties de Londres en épuisant toutes leurs économies dans l’achat de cet avion que maîtrise parfaitement Worrals. Tout comme Frecks, elle est officier d’aviation, démobilisée, et comme pour certains, l’après-guerre est synonyme d’un retour à la vie civile assez compliqué et ennuyeux.

Elles avaient fait la connaissance de Bill Ashton, lieutenant aviateur dans la R.A.F. et s’étaient liées d’amitié. Bill était même tombé amoureux de Worrals, mais la jeune fille, trop éprise de son indépendance n’était pas prête à se laisser passer la bague au doigt. Par dépit, Bill s’était envolé en Afrique du Sud afin de retrouver son oncle Dick, qu’il n’avait jamais vu. Oncle Dick, associé avec Andrew Macintosh, est l’heureux possesseur d’une concession aurifère, à Magube Drift, à la lisière du désert du Kalahari. Seulement les conditions d’exploitation ne sont guère favorables et les deux hommes végètent malgré la présence de filons prometteurs, des problèmes de logistique entravant leurs recherches.

Lorsque Bill était parti, il avait promis d’écrire tous les quinze jours à Worrals. Elle a bien reçu une lettre expédiée du Cap, au contenu quelque peu embrouillé, comme s’il l’avait rédigée sous l’emprise de la boisson, mais depuis rien. Deux mois se sont écoulés et Worrals inquiète s’est décidée à rejoindre Bill en compagnie de Frecks. Elles ont pour objectif immédiat Impala Vley, un aérodrome provisoirement abandonné, afin de se ravitailler en carburant.

Seulement, à l’atterrissage, quelle n’est pas leur déconvenue en se voyant refuser le précieux carburant par deux hommes qui se déclarent être les nouveaux propriétaires du terrain d’aviation. Ils sont armés et n’hésiteront pas à leur tirer dessus si elles ne partent pas immédiatement. Elles obtempèrent mais Worrals est bien décidée à fournir du liquide à son avion qui a soif. Elle se pose sur une piste tracée par des animaux et revient à la nuit à l’aérodrome en compagnie de Frecks. Elles s’emparent de quelques bidons dans une réserve, en cachent d’autres, et peuvent s’envoler vers Magube Drift.

L’oncle Dick est lui aussi sans nouvelles de son neveu Bill parti deux mois auparavant pour Le Cap et jamais revenu. Il leur explique la situation et les démêlés qu’il a avec les deux hommes qui se sont approprié le terrain d’aviation et les installations, lesquels sont toujours propriété de l’état. En outre, deux tribus d’indigènes se combattent, les Hereros et les Ovambos. Les Hereros ne leur posent aucun problème, surtout que l’Oncle Dick et son ami ont sauvé la vie de leur chef. Quant aux Ovambos, ils semblent avoir pactisé avec Shardwell et Gronck, les deux spoliateurs.

Worrals et ses nouveaux amis, vont tenter de contrecarrer les deux indélicats et retrouver Bill. Mais le combat va être rude, ce qui ne dérange guère la jeune fille intrépide. Seulement d’autres éléments, et non des moindres se dressent sur leur chemin. Lors d’un voyage de Worrals au Cap, celle-ci est appréhendée par un policier sous couvert qu’il a découvert qu’elle transportait un sachet de diamants. Elle retourne la situation grâce à son courage et à sa malice.

Mais des animaux sauvages rôdent dans la forêt : lions, rhinocéros, éléphants, et indigènes qui se montrent plus vindicatifs que les carnassiers quadrupèdes.

 

Délaissant son héros fétiche, Captain Johns nous offre en Worrals une héroïne courageuse, téméraire, audacieuse, qui ne se laisse pas monter sur les pieds par les êtres humains qui se montrent plus féroces que les espèces animales.

Un roman enlevé avec deux amies dissemblables mentalement, mais qui savent se surpasser dans des conditions délicates comme le prouve Frecks en de nombreuses situations. Elles tiennent tête aussi bien aux deux malfrats, qu’aux Ovambos et aux animaux ou encore au policier qui n’hésite pas à se rendre sur le terrain.

Un bon roman d’aventures qui rend hommage au courage féminin, à l’esprit d’entreprise que déploient Worrals et Frecks, et qui nous fait planer.

Captain W.E. JOHNS : Worrals au dessus de la forêt vierge (Worrals in the Wilds – 1947. Traduction S. Hot). Collection Captain W.E. Johns. Presses de la Cité. Parution le 20 janvier 1957. 192 pages.

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 04:43

A cause du Covid 19 ?

Benoit BECKER : Dernier contact.

Dans une villa cossue de Saint-Cloud, près de Paris, un professeur chinois s’active. Il brûle des papiers dans la cheminée, et en range d’autres dans une serviette de cuir noir. Il se méfie de Tô, son domestique, et il a bien raison car celui-ci s’introduit dans la pièce un poignard à la main.

Le professeur est plus rapide. Il abat ce domestique indélicat. Gao, un complice de Tô qui attendait de pouvoir s’introduire dans la demeure, ne peut que constater les dégâts. Tô est mort et le professeur s’est envolé. Aussitôt Gao se lance à la poursuite du professeur jusqu’à la Gare du Nord. Le professeur prend un billet pour le Nord-Express, sa serviette à la main. Gao parvient à monter dans le train in-extremis.

Arrivé à Hambourg, le professeur doit embarquer sur le Matsuro mais le navire n’est pas encore à quai, coincé à Rotterdam à cause d’une petite avarie. Gao qui était attendu par un comparse le suit toujours, et le lendemain, alors que le professeur sort de son hôtel, la filature reprend. Tous se dirigent vers un parc zoologique. Gao et son complice arrivent à s’emparer de la mallette, laissant le professeur mortellement blessé dans la fosse aux lions. Fin de voyage pour le professeur.

Mais il a eu le temps de tirer sur l’un de ses assaillants, le contact de Gao, et l’homme sérieusement blessé a été transporté à l’hôpital. C’est là que le retrouvent Max Carud, un agent secret français, accompagné d’une fort jolie femme qui se fait appeler Maria Von Bissing, une agente allemande qui émarge au Deuxième Bureau Français. Et Maria n’a pas froid aux yeux, ni ailleurs, comme Max Carud pourra s’en rendre compte par la suite.

Les deux agents doivent interroger le blessé dans le cadre d’une enquête qui n’a rien à voir avec le décès du professeur. Il s’agit de Gargenval, un des pontes de la collaboration en France durant la guerre, qui avait suivi Laval à Sigmaringen. Il est soupçonné d’avoir reconstitué des groupements d’anciens miliciens, de faire noyauter des cellules communistes, et de pouvoir fournir des renseignements sur l’activité réelle de certains fonctionnaires vichyssois.

L’homme refuse de parler, d’indiquer dans quelles conditions il a été blessé. Mais pour Max Carud et Maria Von Bissing, dont ce n’est pas l’identité réelle, il n’y a qu’une solution pour que le blessé avoue ses forfaits et le reste. La torture.

 

Ayant appris l’incident survenu à un vieux Chinois, une rencontre malencontreuse avec un lion affamé, Max Carud décide de se rendre à la morgue. Etonné il reconnait le cadavre. Il s’agit de Li-Pang, l’ancien directeur de l’Institut Météorologique de Pékin, qui a fui le régime de Mao Tsé-toung et vivait en France depuis des années.

Gargenval, à force de tortures et d’un peu de chantage, avoue que s’il suivait Li Pang en compagnie de Gao, c’est parce que le professeur désirait transmettre des documents à Tchang Kaï-chek à Formose, des documents qui pourraient changer la face du monde en cas de guerre.

 

Dernier contact s’inscrit dans une époque d’après-guerre, alors que la Chine est divisée entre deux factions. Le parti communiste chinois, sous la bannière de Mao Tsé-toung, prend le pouvoir, et Tchang Kaï-chek est obligé de se réfugier à Formose, aujourd’hui Taïwan, qui était alors sous domination britannique.

Il s’agit donc d’une enquête croisée pour l’agent secret français, Max Carud, et l’on peut dire qu’il bénéficie d’heureuses coïncidences. Il s’aperçoit rapidement que sa collaboratrice Maria Von Bissing, qui s’est imposée dans l’enquête, n’est pas réellement ce qu’elle prétend être.

Le mythe de la belle espionne sans scrupule n’est pas nouveau, et perdure encore de nos jours. Max Carud est un agent qui n’hésite pas, mais il est vrai que dans certains cas cela s’avère indispensable, à employer la manière forte, et même très forte.

Un roman dans l’esprit de ce qu’il se faisait à l’époque d’après-guerre, avec des réminiscences à la collaboration mais qui met aux prises deux entités asiatiques, alors que souvent il s’agissait d’un affrontement Est-Ouest. Quant à la découverte du professeur Li-Pang, elle semble obsolète de nos jours.

Sous le nom de Benoit Becker sa cachait un collectif d’auteurs composé de José-André Lacour, Stéphane Jourat, Jean-Claude Carrière et Christiane Rochefort. Il s’agit donc de l’un ou des deux noms cités en premier puisqu’ils ont collaboré ensuite sous les pseudos de Christophe Stork pour des romans d’Anticipation et de Marc Avril pour des romans d’Espionnage.

Quant à l’illustration de couverture, il s’agit d’une photo semblant retouchée d’une gare avec le dessin assez rigide d’un personnage en premier plan.

Benoit BECKER : Dernier contact. Collection Espionnage N°85. Editions Fleuve Noir. Parution 4e trimestre 1955. 224 pages.

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 05:05

Et non remboursé !

Olivier KOURILSKY : THC sans ordonnance.

Dans la neige immaculée pyrénéenne, une tête écrabouillée et des viscères éparpillés constituent le reliquat d’un corps qui sera retrouvé peu après dans une cour de ferme.

Pour le commissaire Claude Maplède (Tiens, cela me rappelle quelqu’un !) et son adjoint le lieutenant Pierre Leroy, il s’agit d’un véritable imbroglio. Ils se sont déplacés de Toulouse à la demande de l’adjudant-chef Bergui, de la brigade de Saint-Lary-Soulan, qui se trouve dans un cas dépassant ses compétences. Autant les deux policiers toulousains sont incommodés par le spectacle peu ragoûtant, autant l’adjudant-chef reste stoïque, calme, voire serein. Comme s’il avait l’habitude de ce genre de scène.

D’autant que l’identification du cadavre ne va guère être facilitée, les porcs de Bigorre, appartenant à une petite entreprise familiale et vivant en plein air, ont commencé à en déguster les extrémités. Les doigts et les orteils ont disparu dans leur estomac, ce qui va nuire évidemment à la fabrication de pâtés et dégoûter la clientèle locale. Des traces de pneus d’un 4X4 sont bien relevées, mais il s’agit d’un type de véhicule assez répandu.

En attendant les résultats de l’autopsie, les deux policiers s’installent à l’unique chalet du village d’Aulon, dont la patronne qui gère seule l’établissement, aidée parfois par un jeune homme, est l’heureuse propriétaire d’un 4X4, actuellement indisponible pour des raisons relevant de pneumatiques défaillants.

Heureusement, grâce à l’analyse ADN du défunt, qui offrait un repas non désiré aux vautours et aux porcins, l’identité est établie en compulsant le fichier national automatisé des empreintes génétiques. Ce qui ne les avance guère puisque l’homme, un nommé Pedro Ramirez, est inscrit comme trafiquant de drogue. Ce serait une excellente piste, sauf que le Pedro Ramirez en question est officiellement décédé trois ans auparavant d’une crise cardiaque, et enterré en Espagne, non loin de Huesca, près de la frontière.

Une vérification s’impose et, à leur grande surprise, le cercueil ne contient que des pierres. Les propriétaires de l’entreprise de pompes funèbres, qui ont procédé à l’inhumation, sont morts d’un accident de voiture quelques années auparavant. Le docteur qui a établi l’acte de décès a vendu son cabinet à un jeune confrère et depuis a disparu dans la nature.

Pedro Ramirez était en cheville avec des malfrats parisiens dont Lambert, riche industriel, Daneur, ancien directeur d’un club de karaté et judo, Doresme, le chauffeur de Lambert, et un homme de main, Boris Korsoff dit King-Kong à cause sa morphologie. Ils sont actuellement sous les verrous. Etaient car Korsoff s’est évadé trois semaines auparavant, et Lambert doit bénéficier d’une remise de peine. Ces quatre personnages avaient été arrêtés par le commandant Claude Chaudron, chef de groupe à la Criminelle, et Hubert Piron, commandant affecté aux Stups.

Maplède se met en relation immédiatement avec Claude Chaudron et il est tout étonné d’avoir à faire avec une femme. Réaction compréhensible à cause d’une prénom épicène. Nonobstant, Chaudron et Piron s’emparent de cette affaire, avec quelques-uns de leurs hommes, dont une femme, et bientôt ils se rendent compte qu’un tueur joue au Petit Poucet semant des cadavres. Le triste individu pratique la politique de la terre brûlée.

 

Nous retrouvons avec plaisir les personnages principaux des précédents romans d’Olivier Kourislky, c’est-à-dire Chaudron et compagnie pour une affaire qui s’avère tortueuse. Une enquête qui les mène à la frontière espagnole, du côté de Pithiviers et en d’autres endroits où Korsoff est localisé ainsi que divers protagonistes malfaisants.

Pedro Ramirez servait d’homme de main à des trafiquants de cannabis, le fameux THC ou en langage clair le tétrahydrocannabinol, plus connu sous l’appellation de cannabis récréatif. Mais ce qui s’avère le plus intéressant, quoi que, ne réside pas dans cette enquête échevelée, mais dans le rôle des différents participants officiels ou non.

Ainsi Victor Maupas, l’ancien chef de Chaudron parti en retraite va s’insérer dans cette enquête, un peu par ennui et beaucoup parce que son amie Agnès, qui est mariée et dont il est plus ou moins secrètement amoureux, est l’une des victimes du tueur.

Si l’identité du coupable, responsable de la mort de Pedro Ramirez, trottine dans la tête du lecteur, ce n’est qu’au dénouement final qu’elle est dévoilée, et surtout les motivations qui l’ont conduit à se débarrasser du trafiquant.

Un très bon roman policier, qui sonne juste pour le profane que je suis, et qui permet de retrouver des personnages connus dans leur vie quotidienne, professionnelle, familiale et sentimentale.

L’action débute en septembre 2019. Ils ont eu chaud, car après ils étaient confinés.

Olivier KOURILSKY : THC sans ordonnance. Editions GLYPHE. Parution 15 janvier 2021. 240 pages. 15€.

ISBN : 9782352851264

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25 janvier 2021 1 25 /01 /janvier /2021 05:22

Quand Barbara Cartland dénonçait la politique discriminatoire des races appliquée par ses compatriotes !

Barbara CARTLAND : Les roses de Lahore

Devenue orpheline à seize ans dans des conditions tragiques, Azalée Osmund a été recueillie par son oncle, un militaire intransigeant, rigide et obtus à la fin des années 1880.

Elle fille d’un militaire britannique et d’une mère d’origine russe, a quitté son pays natal, l’Inde, et s’est trouvée mise au service de son oncle et de sa famille. Sa tante, qui ne vaut guère mieux que son mari, et leurs deux filles. Elle est devenue la Cendrillon du foyer, occupée à des tâches ménagères, qu’elle subit sans broncher car elle sait qu’elle ne peut se rebeller. Le passé de ses parents ne plaide guère pour elle, selon son oncle. Elle cache un secret honteux, du moins c’est ce qu’il affirme, et elle doit vivre avec sans en parler. Sans pouvoir s’épancher auprès d’une oreille amie.

Lors d’une réception, elle est surprise, dans une salle retirée, par Lord Sheldon, un militaire impérieux et séduisant. Il était en discussion avec un ami, se plaignant de la politique britannique envers les peuples placés sous la domination de la Couronne royale. Il pense être en présence d’une domestique, à cause de sa vêture, et qu’elle l’espionnait mais elle dément toute intention de lui nuire.

Son oncle doit se rendre à Hong-Kong afin de remettre de l’ordre, le gouverneur actuel professant des idées qui ne sont pas à l’ordre du jour. Azalée est toute contente. Elle va retrouver une ambiance et une atmosphère qui lui manquent. Le froid, l’humidité, la grisaille britannique lui pèsent et au moins elle va se sentir presque chez elle. Le voyage s’effectue à bord d’un navire et si la famille Osmund bénéficie d’une cabine de première classe, la pauvre Azalée se verra confinée dans une sorte de débarras.

Mais elle ne reste pas recluse longtemps. Azalée s’occupe, avec l’accord d’une stewardesse, d’enfants des 2e et 3e classes. Au moins pendant qu’elle leur chantera des chansons et racontera des histoires, ils ne seront pas à courir dans les couloirs. Elle se lie avec une Chinoise de Hong-Kong qui doit rejoindre son mari. Et un jour, alors qu’elle se promène sur le pont, elle rencontre incidemment Lord Sheldon. Elle lui apprend son statut d’orpheline mais garde pour elle son secret. Ils tombent amoureux, ça arrive, pourtant durant leur séjour à Hong-Kong, elle continuera à rester évasive sur ce qui la tracasse et l’empêche d’être heureuse.

A Hong-Kong, elle sera reçue par son amie chinoise, et vivra des aventures mouvementées, étant même la proie de pirates qui pillent les navires malgré la flotte britannique qui maraude autour de l’île.

 

Roman sentimental, Les roses de Lahore est aussi un roman d’aventures historiques qui s’immisce dans la sociologie et la géopolitique de l’époque. Barbara Cartland écrit en prologue :

Sir John Pope-Kennedy fut le premier gouverneur de Hong-Kong à traiter les Chinois en égaux. Il fut aussi le premier à mettre en pratique le principe de non-discrimination des races, principe énoncé dans les instructions du gouverneur en 1886 seulement, mais bien antérieurement dans les lois concernant les colonies britanniques.

Et c’est bien ce principe de non-discrimination qui porte l’intrigue de ce roman, Barbara Cartland le mettra souvent en avant, dénonçant la morgue de ses compatriotes vis-à-vis des pays colonisés dont les habitants sont traités comme des êtres inférieurs. Azalée se hausse comme porte-parole de cette révolte morale. Elle n’hésite pas à déclarer à Lord Sheldon, lors de leur première rencontre située sous le signe d’un malentendu :

Les remarques que vous avez faites au sujet des femmes me font croire que vous êtes un homme insupportable, suffisant et vaniteux ; celles émises à propos de Hong-Kong correspondent exactement à ce que j’attendais d’un Anglais buté qui croit que la seule façon de prouver sa suprématie est d’écraser ceux qu’il a conquis par la force des armes.

N’avez-vous jamais pensé que tout irait mieux si notre nation traitait ces peuples étrangers avec davantage de générosité, de clémence et de considération ?

Et elle continue sa diatribe en enfonçant le clou. Mais ces propos ne sont pas uniquement à mettre au déficit moral de l’Angleterre. Bien des pays pourraient être la cible de ces vindictes, de nos jours encore.

Ce qui prouve que les romans de Barbara Cartland ne sont pas si anodins que certains veulent le croire en les dénigrant. Encore faut-il les lire pour porter un jugement de valeur.

Barbara CARTLAND : Les roses de Lahore (Fragrant Flower – 1976. Traduction de Roger Foehrle). Editions J’Ai Lu N°1069. Parution 15 avril 1980. 224 pages.

ISBN : 2277210692

Première édition : Editions de Trévise. 1978.

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