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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 05:03

Entre deux noms d’auteur et deux titres différents pour un même roman, il y a de quoi se pendre…

Carter DICKSON : Un cas pendable sous titré La flèche peinte

Ils se sont rencontrés pour la première fois dans le Sussex le soir de Noël, ils se sont fiancés le Jour de l’An, et le 4 janvier, Jimmy Answell se rend à Londres afin de demander la main de Mary à son père, le respectable, soupçonneux et intègre directeur de la Capital Counties Bank, Avery Hume. Tout content, Jimmy avait même remis à son cousin Reginald un chèque de cent livres, alors que celui-ci n’en demandait que cinquante, en remerciement de l’avoir présenté à la jeune fille.

Théoriquement, tout aurait dû bien se passer. D’ailleurs, à une lettre de Mary destinée à son père, elle avait reçu un message de félicitations. Pourtant lorsqu’elle accompagne Jimmy à la gare, elle est quelque peu pâle et triste. L’inquiétude peut-être. Aussi, lorsqu’il se présente au 12 de Grosvenor Street, à 18h10, Jimmy est reçu par Dyer, le maître d’hôtel, mais se montre nerveux. Answell, tel est le nom qu’il donne au domestique, semble perdre ses moyens. L’émotion. Son chapeau lui échappe des mains, il préfère garder son manteau, et il aperçoit du haut du palier de l’étage une jeune femme qui l’observe.

Enfin le voici devant le maître de maison qui reste sur sa réserve, on le comprend. Pourtant, comme le jeune homme a l’air intéressé, il lui explique la provenance de ses trophées, de la présence de trois flèches posées en triangle sur le manteau de la cheminée, et autres bricoles, et lui offre même à boire. Seulement, lorsque Jimmy Answell goûte son whisky, il lui trouve un drôle de goût et s’endort. A son réveil, une vingtaine de minutes plus tard, il découvre le corps de son ex futur beau-père allongé, une flèche dans le cœur. Les fenêtres son hermétiques closes, la cheminée est fermée, de même que la porte de la pièce qui est close à l’aide d’un fort verrou. Le carafon de whisky est intact. Le principe même d’un meurtre en chambre close.

Dyer, le maître d’hôtel, Amelia Jordan, la secrétaire entraperçue, un voisin proche avec lequel le défunt devait jouer aux échecs, le docteur Spencer Hume, le frère du défunt, ont tous entendu à des moments divers des bruits dans la pièce, Avery Hume déclarer à son hôte, mais vous devenez fou, ou quelque chose comme cela. Ils essaient d’ouvrir la porte. Celle-ci le sera par Jimmy Answell qui est tout ébaubi de ce qui lui arrive. Les policiers rapidement prévenus ne peuvent que constater le décès du propriétaire et arrêter Jimmy Answell.

Quelques semaines plus tard, Jimmy Answell est dans le box des accusés. Il ne s’est toujours pas remis de ce qu’il a vécu le 4 janvier. Sir Henry Merrivale est chargé de la défense du prévenu qui ne communique guère, une attitude qui ne plaide pas à son avantage.

 

Le procès est décrit par Kenwood Blake, qui assiste aux débats en compagnie de sa femme, l’ami et proche collaborateur de Sir Henry Merrivale. Et il transcrit les témoignages des divers témoins, les questions posées par l’avocat général, par le juge et ses assesseurs, ou celles de l’avocat de la défense, Sir Henry Merrivale.

On ne peut s’empêcher d’établir une corrélation entre ce roman et ceux d’Erle Stanley Gardner et son célèbre avocat Perry Mason. L’ambiance du prétoire, les interrogatoires des témoins, les contre-interrogatoires, les détails à approfondir, leurs mensonges parfois, leurs oublis, leurs erreurs ou leurs tergiversations.

La reconstitution orale de ce problème est minutée, et pourtant il existe des zones d’ombres qui peu à peu se dissiperont, grâce au talent de Merrivale. Un minutage serré, les faits et gestes des différents témoins lors de la demi-heure environ qui s’écoule entre l’arrivée de Jimmy Answell et la découverte du drame, ne résolvent pas tout.

Car il existe des points d’achoppement. Par exemple l’empennage de la fameuse flèche, une plume à laquelle il manque un morceau introuvable. Et puis, à plusieurs reprises, Merrivale évoque un judas, sans vouloir préciser à quoi il se réfère. Sauf lors de l’explication finale évidemment.

Ce roman rigoureux dans sa conception ne requiert aucun artifice, aucune résolution puisée dans le fantastique, contrairement à d’autres romans dont La Chambre ardente qui propose deux solutions complémentaires. Il joue uniquement sur un quiproquo fatal.

L’un des meilleurs romans de John Dickson Carr, et de son double Carter Dickson, que personnellement j’ai lu.

Carter DICKSON : Un cas pendable sous titré La flèche peinte

Carter DICKSON : Un cas pendable sous titré La flèche peinte (The Judas Window – 1938. Traduction de Jeanne Fournier-Pargoire). The Yard N°3. Editions des Loisirs. Parution 4e trimestre 1948. 128 pages.

Réédité sous le nom de John Dickson Carr et le titre La flèche peinte. Collection Le Masque Jaune N°1934. Librairie des Champs Elysées. Parution octobre 1988. 224 pages. Une nouvelle version a été traduite par Jeanne Fournier-Pargoire et Danièle Grivel, parue sous le même numéro, en 2003, comportant 285 pages.

ISBN : 9782702418444

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11 janvier 2021 1 11 /01 /janvier /2021 04:58

Elles jouent aux quatre coins ?

J.B. LIVINGSTONE : Quatre femmes pour un meurtre.

Malgré tous ses efforts, l’inspecteur-chef Higgins n’arrive pas à déguster une retraite heureuse et amplement méritée. Si ce n’est pas le Yard qui le consulte, c’est un ami qui requiert ses services en faisant jouer la corde sensible.

Watson B. Petticott, l’une des têtes pensantes de la Banque d’Angleterre, demande à Higgins de vérifier une information : Archibald Stanley, l’un des financiers les plus puissants de la planète, serait mort assassiné. Une rumeur qui met en péril et en émoi tout le système bancaire et boursier.

Higgins accepte cette mission d’autant que Barbara Stanley, la fille du milliardaire, lui a écrit par deux fois, implorant presque sa venue. Le domaine d’Archibald Stanley est une immense propriété dans laquelle il est extrêmement difficile d’entrer, surtout si l’on est un homme. A part Stanley, n’y vivent que des femmes. Même le chef de la sécurité est une représentante du sexe dit faible.

Stanley a été abattu dans son bureau de quatre balles de revolver, le jour de son anniversaire. Mais une formidable volonté et une constitution solide lui permettent de survivre à cette tentative d’assassinat. Cependant il est plongé dans un état comateux.

Qui de Victoria, sa mère, d’Emily, sa femme, de Barbara, sa fille, ou de Laurie Warner, sa maîtresse, a osé tirer sur le milliardaire ? Quel en est le mobile ?

Enquête complexe pour Higgins, assisté de l’inévitable Scott Marlow, superintendant de son état. Complexe mais non dénuée d’embûches, pour ne pas dire de danger.

Cloîtré dans un immense domaine, Stanley ne voit sa femme Emily qu’une fois par an, lors de son anniversaire. Le reste du temps elle vit dans une villa de style colonial à l’intérieur du domaine.

Victoria, la mère de Stanley, passe son existence dans une ferme africaine, entourée de marigots où sommeillent des crocodiles. En pleine Angleterre ? Mais si, c’est possible !

Laurie Warner se contente d’être l’amante, et Barbara, la fille, entre deux cours à Oxford, s’applique à prendre la relève paternelle.

Entre ces quatre femmes, l’ambiance est plus que tendue. Un jour ça pète. Le jour où Stanley sort du coma, il se refuse à dire qui a tiré sur lui. Mais le sait-il vraiment ?

Retirer une enquête à Higgins lorsqu’on l’a presque forcé, obligé à s’y atteler, c’est tenter de reprendre à un chien affamé un os à moelle. Higgins fouille, écoute, inscrit sur son petit carnet noir, réfléchit, enquête à gauche et à droite. Une bien vilaine affaire dont l’origine remonte à quelques vingt-cinq ans en arrière, lorsque Stanley a fait la connaissance de celle qui allait devenir sa femme, en Afrique Centrale, alors que leurs pères respectifs s’entretuaient lors d’une chasse au lion.

 

J.B. Livingstone, avec ce seizième roman, reste fidèle à sa ligne de conduite : facture classique teintée d’exotisme relatif, et un final dans lequel les quatre suspects sont tour à tour inculpés et blanchis.

Mais J.B. Livingstone s’amuse et prend le roman policier comme une récréation, tout en démontant les recettes de vieux maîtres ou en inventant de nouvelles possibilités.

Rigueur et pointe de fantastique pour pimenter une recette éprouvée mais remise au goût du jour.

J.B. LIVINGSTONE : Quatre femmes pour un meurtre. Collection Les dossiers de Scotland Yard. Editions du Rocher. Parution octobre 1990. 242 pages.

ISBN : 9782268010489

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8 décembre 2020 2 08 /12 /décembre /2020 04:22

Y’avait-il encore un Médecin ? Oui, mais plus pour longtemps !

J.B. LIVINGSTONE : Meurtre dans le Vieux Nice.

Quoi de plus attristant et de plus provocant que le décès d’un Lord anglais dans une ville où se tient un congrès mondial de criminologie.

C’est pourtant ce qui arrive à Nice, en plein cœur de la vieille ville, comme un défi envers les spécialistes du genre.

Un Lord anglais est donc découvert mort, assassiné, le crâne défoncé par un boulet de canon datant du 16e siècle, apparemment empoisonné par un toxique, les lèvres scellées à l’aide d’un papier encollé, un poignard au manche de nacre enfoncé dans le cœur et une cordelette autour du cou. C’est quand même beaucoup pour un seul homme !

L’ex-inspecteur-chef Higgins, qui se trouve sur place un peu à cause du congrès, un peu à cause d’une vieille histoire sentimentale, est prié instamment de débrouiller cette affaire, pour le bien et l’honneur de la France, de Scotland Yard et des criminologues.

Une belle occasion de découvrir et visiter Nice sous un angle touristique, contre-point du Nice décrit par Patrick Raynal ou Michel Grisolia dans leurs romans.

Un Nice obscur, secret, vivant au rythme du Carnaval et de sectes plus ou moins caritatives.

Renouvelant avec le roman d’énigme et le roman de détection, J.B. Livingstone apporte une bouffée de fraîcheur dans le roman policier. Humour garanti allié à une écriture alerte, vive, spirituelle, dénuée de vulgarité, au service d’une histoire.

A l’époque de la parution de ce roman, on ne savait rien de cet auteur qui vivait masqué. Depuis, on a appris que derrière ce pseudonyme britannique, se cachait un romancier spécialisé dans l’égyptologie, Christian Jacq. Plus d’une quarantaine de romans consacrés à Higgins sont parus et plus tard, dans les années 1990, il s’est attelé à une nouvelle série consacrée à Lord Percival, sous le pseudonyme de Christopher Carter.

Ce roman a été réédité sous le titre Crime niçois, collection les enquêtes de l’inspecteur Higgins, dans une coédition. XO Éditions - J. Éditions. Parution le 23 janvier 2020. 238 pages. 13,90€.

J.B. LIVINGSTONE : Meurtre dans le Vieux Nice.

J.B. LIVINGSTONE : Meurtre dans le Vieux Nice. Les Dossiers de Scotland Yard. Editions du Rocher. Parution juin 1990. 240 pages.

ISBN : 9782268009568

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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 04:52

En France, les maisons closes sont fermées !

James MELVILLE : Le neuvième Netsuke

A Kobé, comme dans bien d’autres villes nippones, existent des hôtels d’amour permettant aux couples illégitimes, et aux prostituées, d’assouvir leur passion ou d’exercer leur petit métier en toute impunité.

Et c’est dans l’une des chambres sophistiquées du Fantasia Hôtel (lits tournants, TV Couleur, vidéo…) qu’a été découvert le cadavre d’une jeune femme dont le principal revenu résidait dans le commerce de ses charmes.

Le commissaire Otani, désirant compléter l’enquête de son adjoint Kimura et peut-être découvrir de nouveaux indices, y loue une chambre pour deux heures en compagnie de sa femme. Un prétexte qui devient récréation, mais n’entrons pas dans les détails et respectons leur vie privée.

Donc Otani fouille cette chambre à l’ambiance érotique et sa femme trouve, cousu dans l’ourlet des rideaux qui masquent le lit, les entourant tel un baldaquin, un netsuke, petite figurine d’ivoire haute de cinq centimètres, fort délicatement ciselée, et en vogue au XVIIIe siècle. Le personnage féminin représenté par cette statuette ne correspond pas aux canons de la beauté définis par les artistes et la mode de l’Empire du Soleil Levant.

Otani s’adresse au conservateur du musée de Kyoto afin d’obtenir de plus amples renseignements sur ce qui s’avère être une pièce de collection. Le musée détient sept netsukes et celui en possession d’Otani complète ou presque la collection représentant les neuf muses de la Grèce antique. Jugeant cette figurine comme une pièce à conviction, Otani refuse de se dessaisir de ce que les responsable du musée qualifie de trésor national, à la valeur inestimable.

Le comportement de Ninja Noguchi, un de ses collègues, plonge le commissaire dans la plus profonde perplexité, d’autant qu’il est convoqué par les hautes autorités policières de la capitale.

Cette figurine, et le meurtre qui y est lié, fait remonter à la surface la période trouble de la guerre américano-japonaise, prenant ses racines dans les Philippines, et de hauts personnages affiliés à la Diète, assemblée politique nippone, semblent compromis.

 

Plus qu’un roman policier, alerte mais à la trame fragile, ce livre permet de plonger dans un univers oriental, mystérieux, courtois, loin des clichés dus à certains auteurs qui ne trouvaient en l’exotisme que l’alibi du péril jaune.

Vu par un Anglais connaissant fort bien les us et coutumes de ce pays, nous progressons sur les traces du commissaire Otani dans un pays partagé entre le désir de se moderniser, de s’ouvrir à l’Occident, et celui de garder intact et de protéger ses traditions, divisé entre son passé et son avenir.

Un roman plein de fraîcheur, de suavité, mais qui ne tombe pas dans le piège de l’onctuosité outrancière, et des yakusas, ce qui nous change de la noirceur de certains romans américains et de leurs gangsters arrogants.

James Melville a écrit une dizaine de romans policiers mettant en scène le commissaire Otani dont Mortelle cérémonie ou Le samouraï récalcitrant.

James MELVILLE : Le neuvième Netsuke (The ninth Netsuke – 1982. Traduction de Gilles Berton). Editions Philippe Picquier. Parution octobre 1991. 192 page.

ISBN : 9782877300957

Réédition : Collection Grands Détectives N°2369. Editions 10/18.

Parution avril 1993.

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7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 03:57

Ce n’est pas la clé de Sol, alors ?

Sax ROHMER : La clé du temple du ciel.

Le véritable héros, le véritable protagoniste des œuvres de Sax Rohmer, romans et nouvelles, ce n’est pas le diabolique docteur Fu-Manchu, mais bien l’Orient.

Pas seulement la Chine et ses habitants, quoiqu’ils tiennent une place prépondérante, mais également l’Inde ou l’Asie mineure. C’est l’Orient, l’Orient mystérieux transposé, transplanté, réduit telle une maquette dans un quartier londonien, Chinatown, situé entre Limehouse Causeway et Pennyfields.

Un quartier mal famé, aux impasses noyées dans le brouillard, aux ruelles peu sûres, aux bouges enfumés, exhalant une forte odeurs d’épices et d’encens, avec une arrière senteur d’opium ; des façades grises, monotones, des fenêtres aux carreaux sales qui dissimulent des richesses incomparables, anachroniques, dans un décor de misère, de beuveries, de crimes crapuleux et sinistres, avec en bruit de fond la Tamise et ses docks.

L’on pourrait croire que Sax Rohmer a un compte à régler avec les Asiatiques, mais en réalité ce n’est qu’un paravent (chinois). Pour preuve ce dialogue extrait de la première nouvelle de ce recueil, Rhapsodie pour Limehouse.

Parfois dans vos écrits vous avez dit du mal de mes compatriotes. N’est-ce pas la vérité ?

C’est la vérité, répondis-je, mais seulement dans une certaine limite. Peut-être ai-je dépeint sous un jour défavorable certains individus de votre race ; mais jamais le Chinois en général. Il y a des méchants en Chine comme dans tous les pays.

L’exotisme et le mystère ont toujours fasciné et l’aventure est toujours plus belle lorsqu’elle est parée de dorures et de brocards scintillants, dissimulée dans des boîtes ou des cercueils à secrets, parfumée à l’encens et aux extraits de pavots, gardée et défendue par des dragons de jade.

Sans oublier les sectes mystérieuses et leurs mots de passe, leurs rendez-vous énigmatiques.

Composant ce volume, où l’on retrouve les inspecteurs Wessex et Kerry, le détective Paul Harley et le journaliste Malcolm Knox, le narrateur, huit nouvelles aux titres alléchants, dans la tradition des feuilletons et romans populaires. Parmi ces nouvelles deux ont déjà été traduites en France et non pas une seule comme annoncée dans la bibliographie due à Francis Lacassin. Mais tout ceci est détaillé dans le sommaire ci-dessous :

 

Préface par Francis Lacassin.

Rhapsodie pour Limehouse (Limehouse Rapsody – 1939. Traduction Jacques Brécard. Publiée dans Le Saint Détective Magazine n°53 de juillet 1959 sous le titre Un bourreau respectable).

La clé du temple du ciel (The Key of the Temple of Heaven – 1922. Traduction Robert-Pierre Castel)

Le mandarin noir (The Black Madarin – 1922. Traduction de Jacques Brécard. Publiée dans Le Saint Détective Magazine n° 139 de septembre 1966).

La fille de Huang Chow (The daughter of Huang Chow - 1921. Traduction Robert-Pierre Castel).

La natte de Hi Wing Ho (The Pigtail of Hi Wing Ho – 1916. Traduction Robert-Pierre Castel).

La maison de l’idole d’or (The House of the Golden Joss – 1920. Traduction Robert-Pierre Castel).

L’homme au crâne rasé (The Man with the Shaven Skull – 1920. Traduction Robert-Pierre Castel).

Le gosse de Kerry (Kerry’s Kid – 1922. Traduction Robert-Pierre Castel).

Bibliographie par Francis Lacassin avec l’indication des revues et éventuellement des recueils dans lesquels ces nouvelles ont été publiées.

Sax ROHMER : La clé du temple du ciel. Série L’Aventure insensée dirigée par Francis Lacassin N°2067. Edition 10/18. Parution décembre 1989. 320 pages.

ISBN : 9782264013040

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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 03:05

Désormais, je ne réponds plus aux invitations, on ne sait jamais…

Christian JACQ : Meurtre sur invitation.

Pour se faire pardonner de quelques indélicatesses perpétrées à leur encontre, le comte Brian de Lechtworth envoie des cartons d’invitations à ses meilleurs ennemis, tous collectionneurs comme lui d’objets hétéroclites mais précieux.

Pourtant l’intitulé et surtout les deux PS ne manquent ni d’originalité, ni d’interrogations. Il promet à ces collectionneurs un cadeau qui devrait les satisfaire et contenter leur soif de recherches, en leur offrant à chacun une pièce rarissime. Seulement, selon le premier PS, ils doivent se présenter avec quelques-unes de leurs pièces de collection, les plus remarquables. Ensuite, dans le petit deux, il précise que cette rencontre sera sans précédent et sera accompagnée d’un meurtre.

Sont donc invités à cette réunion extraordinaire : Lady Jane Berwick, une veuve à laquelle on ne donnerait pas ses soixante printemps, qui collectionne entre autres les canes-épées ; la belle Kathlyn Amwell, qui à vingt-cinq ans s’est forgée une solide réputation de portraitiste et dont la passion se fixe pour les lunettes anciennes et d’ailleurs elle en arbore une paire aux verres teintés en permanence ; Lord Tennyson Buzzard, grand amateur de Bugatti anciennes ; le jeune érudit Emmett Barkway, chercheur scientifique à Oxford, qui s’est entiché de tanagras ; enfin le couple John Kintbury, lui banquier à la collection impressionnante de chaussons de danse, et sa femme Margaret, conseillère conjugale et adepte des bouteilles de vin historiques.

Tous entretiennent une profonde animosité, pour ne pas dire une haine, envers leur hôte qui à un moment donné de leur existence leur a mis des bâtons dans les roues dans leurs quêtes de l’objet convoité. Pourtant l’accueil qui leur est réservé est plutôt chaleureux, surtout de la part de Despina, la jeune et unique domestique du comte. Invité surprise de dernière heure, l’ex-inspecteur chef Higgins, qu’un de ses amis a contacté, lui demandant de veiller sur Emmett Barkway.

Au cours de la séance de remise des cadeaux prévus par Brian de Lechtworth, dans une mise en scène théâtrale, le comte s’excuse des méfaits qu’il a ou aurait pu provoquer à l’encontre de ses invités. Réfutant toutefois d’avoir agi délibérément dans l’intention de leur nuire. Ainsi Lord Tennyson Buzzard a été victime d’un accident de la circulation occasionné malencontreusement par le comte, le privant de compétitions sportives automobiles alors qu’il était un conducteur accompli. Depuis il boîte et porte en permanence un foulard jaune autour du cou afin de cacher une cicatrice. Mais les autres éléments du groupe sont sujets eux aussi à leurs petites manies, à leurs tocs, à leurs défauts et autres problèmes.

Deux tentatives de meurtre à l’encontre du comte Brian de Lechtworth attisent la curiosité de Higgins qui ne peut malgré tout en empêcher une troisième qui elle sera fatidique. Plus de comte à rendre.

Des indices sont disposés à des endroits stratégiques mais il semblerait que ce ne soient que des leurres. Et les motifs pour se venger du comte ne manquent pas chez les uns et les autres. Alors Higgins se résout à demander à son ami le superintendant Scott Marlow de venir le rejoindre au château avec quelques hommes qui procéderont à des perquisitions tandis que le légiste devra examiner le cadavre.

 

Ce roman résolument ancré dans le genre fort prisé durant un certain temps et de nos jours négligé, le roman de détection, fait penser un peu à ce qu’auraient pu écrire Agatha Christie et John Dickson Carr pour l’ambiance et la mise en scène, et à P.G. Wodehouse pour l’humour subtil et toujours présent dans certaines situations, descriptions et dialogues.

Comme souvent la vérité se niche dans le passé et heureux qui comme Higgins a fait de longs voyages, en Inde notamment. Ce qui lui permet de découvrir une partie de la solution et l’identité du ou de la coupable parmi les sept personnes qui gravitaient autour du comte. Car il ne faut pas oublier la jeune domestique Despina parmi les prétendants au meurtre.

Les nombreux couloirs secrets qui mènent d’une pièce à une autre et la disposition des différents bâtiments du château autour d’une cour, le caractère des intervenants, tout est bon pour mener le lecteur dans un labyrinthe énigmatique.

L’on découvre une facette cachée de l’ex-inspecteur-chef Higgins, qui outre ses nombreux voyages à l’étranger, est atteint d’arthrose, ce qui arrive à tout un chacun arrivé à un certain âge mais de plus il n’est pas fier de lui. Il est perturbé et se reproche constamment de ne pas avoir pu éviter le drame. Mais dans ce cas, l’histoire aurait tourné net et n’aurait pu donner lieu à un roman.

L’art des grands criminels, souligna Higgins d’une voix douce, consiste parfois à commettre leur forfait en pleine lumière pour mieux aveugler les témoins.

Première édition : J.B. Livingstone. Meurtre sur invitation. Les dossiers de Scotland Yard. Editions du Rocher. Parution 15 mai 1991. 238 pages.

Première édition : J.B. Livingstone. Meurtre sur invitation. Les dossiers de Scotland Yard. Editions du Rocher. Parution 15 mai 1991. 238 pages.

Christian JACQ : Meurtre sur invitation. Les enquêtes de l’inspecteur Higgins N°5. Editions XO. Editions Limitée. Parution 2 juillet 2020. 218 pages. 6,90€.

ISBN : 978-2374482507

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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 04:44

Pour une fois qu’il y a quelque chose de gratuit !

Maurice DERBLAY : Un mort gratuit.

Cela aurait pu être un vaudeville, puisque le triangle parfait était formé d’une femme et de deux hommes. Ce sera une tragédie.

Colette, une femme jeune et belle, est mariée à un homme riche mais dont le poids des ans commence à peser sur les épaules. D’ailleurs un œdème au poumon vient brutalement le rappeler à l’ordre.

Le médecin de famille appelé en catastrophe ramène à la vie le mourant potentiel, ce qui n’arrange guère les affaires de la jeune femme qui commençait à lorgner du côté de l’héritage.

Le troisième larron est un jeune homme, étudiant en médecine, du nom de Milo, et qui va servir de secrétaire, un peu un homme à tout faire. Même s’il se nomme Milo, il ne manque pas de bras.

Colette est plus attirée par l’odeur de l’argent que par la prestance, toute relative de Milo. Pourtant elle va le charmer et lui suggérer de l’aider dans la course à l’héritage.

C’est sans compter sur ce mari cardiaque qui s’accroche  la vie comme un coquillage sur son rocher. Chacune des tentatives va se solder par un échec, jusqu’au jour où…

Mais le destin, ce petit malin, s’amuse à brouiller les cartes.

A noter le rôle d’un inspecteur qui ressemble à s’y méprendre à Columbo, dans ce roman qui date de 1965.

 

Cette collection titrée Polar 50, on se demande pourquoi puisque les romans proposés dataient des années 50 en général, eut la bonne idée de rééditer ce livre de Maurice Derblay, auteur peu connu certes, mais qui était le pseudonyme de Noël Calef, frère du metteur en scène Henri Calef.

Noël Calef ne fut guère prolifique et sa carrière, qui était prometteuse, s’interrompt brutalement en 1968.

Mais il nous laissé au moins deux belles réussites qui ont marqué l’histoire du roman policier. Echec au porteur, Prix du Quai des Orfèvres en 1956, et surtout Ascenseur pour l’échafaud, dont l’adaptation cinématographique par Louis Malle a remporté le Prix Delluc en 1957, servie par une musique inoubliable de Miles Davis, interprétée par Miles Davis à la trompette, Barney Wilen au saxophone ténor, René Urtreger au piano, Pierre Michelot à la contrebasse et Kenny Clarke à la batterie.

Première édition : collection Spécial Police N°498. Editions Fleuve Noir. Parution 1965.

Première édition : collection Spécial Police N°498. Editions Fleuve Noir. Parution 1965.

Maurice DERBLAY : Un mort gratuit. Collection Polar 50 N°16. Editions Fleuve Noir. Parution février 1989. 192 pages.

ISBN : 9782265039964

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26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 04:41

Un journaliste se doit d’être au cœur de l’action !

Gaston MARTIN : Plus dans la course.

Si Gaston Martin, journaliste et narrateur de cette intrigue, se trouve propulsé rédacteur en chef du journal dans lequel il travaille, ce n’est pas grâce à ses compétences hors normes. Si, un peu, mais ce sont des circonstances néfastes qui ont amenées son patron à le désigner à cette responsabilité. Et il entame son nouveau job par une conférence de… presse avec ses collègues.

En effet, en trois semaines, trois assassinats ont été perpétrés sur la personne du chef de publicité, un reporter-photos, et leur collègue Emile, aimé de tous. Toutes les trois victimes d’un coup de poignard dans le dos. Mais l’assassin n’a-t-il pas eu le temps de récupérer son arme, qui est restée fichée dans le dos d’Emile ? Ou est-ce pour indiquer le nom du coupable ?

Car cette arme blanche fait partie de la collection de Zigowski, un collègue et meilleur ami de Gaston Martin. Ce brave Zig se défend mais Marco, le chef des informations, ricane et laisse planer la suspicion. Peut-être par jalousie. Le pauvre Zig s’enfuit, niant comme un perdu, ce qui n’arrange pas son cas.

Gaston mande sa secrétaire, la troublante Gisèle, puis convoque Triboulet l’homme à tout faire du journal. Triboulet mate sans vergogne Gisèle se gratter l’intérieur de la cuisse et se prendre pour Sophia Loren avec ses effets de seins à damner un saint. Triboulet en a les yeux qui roulent dans les orbites mais il est chargé d’une mission et quitte à regret le bureau de Gaston qui en profite pour lutiner Gisèle.

Triboulet est muni d’une lettre à l’intention de son ami Zodiaque à qui il demande d’enquêter, n’ayant qu’une confiance relative envers les roussins, c’est-à-dire la police. Zodiaque lui dépêche Dédé, son homme de confiance, un malabar qui en impose plus que le ministère des finances, de par sa corpulence. D’après un papier qui lui a été remis le matin même, l’explication de la provenance de ce document sera révélé plus tard, donc pour le moment nul n’est besoin de s’attarder dessus, les trois noms des défunts y figurent ainsi que trois dates. Coïncidence, les trois hommes ont été assassinés à neuf jours d’intervalle, et un quatrième nom est inscrit, celui de Gisèle. Or le lendemain ce sera le neuvième jour du dernier meurtre.

Gaston prend la menace au sérieux, mais malgré ses précautions, Gisèle est victime elle aussi d’un coup de couteau, dans son bureau, alors que la porte de communication a été fermée quelques secondes. Un meurtre en chambre close, presque, car Zig, Marco, Triboulet ont été à même d’entrer dans ce bureau au moment du meurtre.

 

Plus dans la course est une énigme policière classique, relevant du huis-clos car toutes les actions, et elles sont nombreuses, se déroulent dans les locaux du journal et de l’imprimerie.

Si Zodiaque participe activement, durant la seconde partie de cette enquête, il est toutefois en retrait par rapport à Gaston Martin, le narrateur, et surtout par rapport à Dédé son homme de main.

Le roman, l’intrigue et l’écriture sont ancrés dans les années 1950, avec un mélange d’argot et une intrique classique franco-américaine, tels qu’auraient pu en écrire, et en ont écrits les romanciers de cette moitié de siècle. On pense à Brett Halliday, à Peter Cheney, à San-Antonio par certains côtés, mais sans qu’il y ait véritablement une ressemblance ou un copier-coller. Le reflet d’une époque. Et il s’agit d’un argot compréhensible, non point comme celui employé par Ange Bastiani qui exigeait un glossaire.

Seulement la couverture ne reflète en rien l’intrigue puisque tout se passe en huis-clos. Donc pas de voiture rouge sur une route de montagne. L’illustrateur, non mentionné, s’est peut-être laissé influencer par le titre qui peut être pris à double sens.

 

Gaston Martin, de son véritable nom Gaston Martineau, né au Havre le 28 août 1924, mort au Mans le 21 juin 1986, fut journaliste, dessinateur, romancier, auteur de quelques 168 aventures de Zodiaque dans les années 1950. Il a également signé sous les pseudonymes d’Alain Descarmes et d’Aldé.

Gaston MARTIN : Plus dans la course. Les Aventures de Zodiaque N°92. Editions de Neuilly. Parution 3e trimestre 1955. 96 pages.

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22 avril 2020 3 22 /04 /avril /2020 03:52

Un homme confiné… Volontairement !

Rex STOUT : Le secret de la bande élastique

Le pachydermique et gargantuesque détective en chambre Nero Wolfe a décidé de pratiquer un sport ! Et durant un quart d’heure, de 15h45 à 16h00, il lance des séries de cinq fléchettes dans une cible. Et naturellement, lorsqu’il manque celle-ci, la fléchette tombe. Charge à Archie Goodwin, son secrétaire de la ramasser. Ce qui amène Archie à s’intéresser à un article de journal concernant un certain marquis de Clivers, un Anglais venu aux Etats-Unis pour régler des problèmes diplomatiques et financiers. Ceci n’est pas anodin car Clivers s’intégrera rapidement dans le récit.

Mais Nero Wolfe s’occupe également de ses trois mille et quelques orchidées, qu’il élève amoureusement dans une serre située au dernier étage de l’immeuble qu’il habite. D’accord, il a un jardinier pour l’aider. Disons qu’il les surveille amoureusement et procède parfois à quelques ajustements, des greffes et autres.

Ce jour-là, Néro Wolfe a de nombreux rendez-vous à honorer. Et comme il ne se déplace jamais, qu’il ne sort jamais de chez lui, c’est à ses clients potentiels de se rendre ponctuellement à son bureau, ou, le cas échéant, le soin de rencontrer ses clients à leurs bureaux est dévolu à Archie Goodwin.

Le lendemain, lundi 7 octobre, Nero Woolfe reçoit donc en son bureau Perry, président d’une société de vente de produits exotiques, et accessoirement membre du conseil d’administration de la banque du détective. Bref un personnage important. Perry déplore le vol de trente mille dollars et les soupçons sont portés sur Clara Fox, employée chargée du service des télégrammes de la société depuis trois ans. Perry ne la soupçonne pas vraiment mais c’est son vice-président qui l’affirme. Alors Perry désirerait prouver ou démontrer l’innocence de la jeune femme. Archie Goodwin doit se rendre au siège de la société, mais auparavant il reçoit un visiteur qui a l’apparence d’un vieux cow-boy, se nommant Harlan Scovil. Le nouveau venu prend Perry pour un certain Mike Walsh. Scovil devait venir à 18 heures avec les autres, c’est-à-dire la fille de Vic Linquist, une autre jeune fille et le fameux Mike Walsh, et peut-être George Roxley, trois ou quatre personnes dont il ne connait pas les visages, qu’il n’a peut-être jamais fréquentés, puisqu’il vient du Wyoming. Il évoque également le marquis de Clivers. Tiens, encore lui !

Archie se rend donc au siège de la société dirigée par Perry et rencontre les différents individus qui pourraient être incriminés pour ce vol, dont Muir, le vice-président, la secrétaire de celui-ci et Clara fox, qui lui fait une agréable impression. Puis il repart, retournant chez Nero Woolfe.

Pendant ce temps Harlan Scovil a quitté l’immeuble et il sera retrouvé plus tard, mort. Et enfin Goodwin peut recevoir, en compagnie son patron, les quémandeurs du rendez-vous et il est surpris de retrouver Clara Fox, accompagnée de Hilda Linquist et de Mike Walsh. Nero Woolfe est fort intéressé par l’histoire que ceux-ci lui racontent et qui prend sa source quarante ans auparavant dans le Nevada.

Le père de Clara Fox faisait partie de la Bande élastique, ainsi surnommée parce que son chef, Rubber Coleman, se relevait toujours d’un bond lorsqu’il était à terre. Et George Roxley, lui aussi membre de cette Bande élastique et qui était promis à la pendaison, s’est évadé en achetant une monture grâce à l’argent subtilisé à la bande et provenant d’un vol.

Si vous ne venez pas à la police, la police vient à vous ! C’est ainsi que deux représentants de force de l’ordre tentent d’entrer de force chez Nero Wollfe. Mais ils sont rapidement boutés sur le trottoir. Le détective pachydermique qui ne perd pas son flegme et continue d’enfiler les bouteilles de bière, propose à Clara Fox de s’installer dans une des chambres de l’appartement. Niant le fait de cacher la jeune femme à Cramer, inspecteur de police venu annoncer que l’argent dérobé à Perry a été retrouvé dans la voiture de Clara. Et que Mike Walsh a lui aussi été mortellement blessé.

Et c’est ainsi que de trois affaires, dont une ancienne, et des personnages qui apparemment ne se connaissaient pas se trouvent embringués dans une histoire où réapparait le fameux marquis de Clivers, nom et titre qui ne sont que des emprunts.

 

Avec l’âge les goûts changent, évoluent, et pas toujours dans le bon sens. Alors que plus quarante ans auparavant je m’étais délecté à la lecture de quelques romans de Rex Stout, dont les principaux protagonistes étaient Nero Woolfe et Archie Goodwin, leur trouvant une intrigue sérieuse et des traits d’humour, je me suis ennuyé à la relecture de celui-ci.

Je l’ai trouvé verbeux, bavard, n’avançant pas dans l’intrigue. Ennuyeux en quelque sorte. Pourtant, le roman dit d’énigme, comme celui-ci, m’a toujours plus intéressé que le roman dit noir. Alors, mauvaise pioche de ma part, probablement. Ou peut-être faut-il chercher des causes extérieures à cette désaffection, le confinement par exemple.

L’illustration de couverture ne correspond en rien à Nero Wolfe, qui est un véritable tonneau de bière sur pattes. Il est donc logique de penser qu’il s’agit d’Archie Goodwin qui est représenté.

 

Rex STOUT : Le secret de la bande élastique

Contrairement à ce que l’éditeur affirme en quatrième de couverture, c’est-à-dire que ce roman n’aurait pas été réédité depuis 1949, il a bien été réédité :

Publié en français sous le titre La Bande élastique. Collection Le Scarabée d'Or no20. Gallimard. 1938.

Réédition Collection L'Homme aux orchidées no3 Paris. Fayard. 1949. Réédition collection Le Club des Masques no252. Editions Librairie des Champs-Élysées. 1975

Réédition, collection Les Classiques du crime. Édito-Service. 1981.

Publié en français dans une nouvelle traduction intégrale de Pascal Aubin sous le titre La Bande élastique dans Rex Stout, volume 1. Collection Les Intégrales du Masque. Librairie des Champs-Élysées. 1996

 

Rex STOUT : Le secret de la bande élastique (The Rubber band – 1936. Traduction par E. Michel-Tyl). Collection Rivages/Mystère N°1. Editions Rivages. Parution 14 janvier 1988. 224 pages.

ISBN : 9782869301276

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22 février 2020 6 22 /02 /février /2020 05:39

Joueurs de blues
On est des joueurs de blues…

Paul COUTURIAU: Blues pour Mary Jane.

De la Grosse Pomme à la Cité du Croissant, il n’y a qu’un pas que Jason Nash a allègrement franchi, désirant changer de vie, d’atmosphère, de lieu, de travail.

Ex-flic à New-York, Jason Nash s'est reconverti comme musicien, saxophoniste ténor à La Nouvelle-Orléans, berceau du Jazz, et occasionnellement comme détective privé.

Par Sam, son amie avocate, il rencontre Mary Jane, une jeune fille à l'esprit en cavale, qui s'accuse d'avoir tué un homme. Il n'y pas, ou plus, de cadavre dans la baignoire lorsque le lendemain Jason se rend en compagnie de Mary Jane chez elle. Par contre un homme fraîchement assassin‚ gît dans le salon et Mary Jane a disparu.

La présence de Gerry Cramer, un flic, près de la maison n'est qu'un pur hasard. Entre les deux hommes la méfiance prend le pas sur l'amitié. Sam a effectué sa petite enquête de son côté : Mary Jane habite une maison appartenant à Malcolm Laird, le gouverneur de la Louisiane et son oncle par la même occasion.

Hank le père de Mary Jane, est foncièrement égoïste, Loretta, la mère, déteste tout ce qui dérange ses petites habitudes, quant à Alan, le fiancé, c'est un escroc qui a su séduire la fille et les parents. Malcolm Laird, inquiet par la fugue de Mary Jane, avait fait surveiller sa maison de Bayou road par Earl Blythe, un lieutenant de la Criminelle qui, apercevant des ombres et un inconnu s'échapper, était entré dans la maison et a procédé au déménagement du cadavre.

Le corps découvert par Jason est un policier quant au cadavre baladeur, retrouvé à la morgue, ce n'est autre que le père de Mary Jane. Jason confie Mary Jane, qui s'était réfugiée chez sa mère, à ses voisins et amis Dalt et Joséphine. Alors que Cramer l'attend chez lui, Jason est invité à rencontrer Alan. Perplexe, le détective musicien se demande qui de Malcolm, Blythe ou Cramer a pu renseigner l'escroc.

 

Placé résolument sous l'influence du Jazz, ce qui devrait séduire les amateurs, ce roman est construit en deux parties: la première relève de l'énigme tandis que la seconde s'intègre profondément dans le roman noir. Le titre est emprunté à un morceau de Stan Getz, Blues for Mary Jane, Stan Getz qui vient de décéder le jour où débute cette histoire.

Hommage au Jazz donc mais surtout à Stan Getz, décédé le 6 juin 1991 à Malibu, en Californie.

Un roman à placer entre Mercredi des Cendres de Bill Pronzini et Docteur Jazz de Jacques Sadoul, entre autres, ces romans ayant comme point communs La Nouvelle Orléans.

 

Réédition version numérique : Editions Otago. 9,99€. En attendant la version papier…

Réédition version numérique : Editions Otago. 9,99€. En attendant la version papier…

Paul COUTURIAU: Blues pour Mary Jane. Editions du Rocher. Parution 16 novembre 1993. 158 pages.

ISBN : 9782268016016

 

Réédition version numérique : Editions Otago. 9,99€. En attendant la version papier…

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Présentation

  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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