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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 13:40

Et le vice et la vertu….

 

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Il est des premières pages qui incitent à continuer sa lecture sans vraiment savoir où l’on va.

Depuis que les flics sont passés aux trente-cinq heures, leurs performances ne se sont guère améliorées.

Intriguant, non ? Et ambigu aussi.

Lorsqu’il entend les sirènes de trois véhicules de police s’arrêter près de chez lui, Jon Ayaramandi, un tueur sexagénaire débonnaire et habité par le rock, n’est pas très rassuré. Il se demande si les flics ne seraient pas à sa recherche. Il est prêt à s’enfuir en passant par l’arrière de sa propriété, mais le Samu intervient sur les entrefaites. Alors, curieux comme une vieille chatte, il revient sur ses pas, en s’esquintant un pied au passage. Un de ses voisins est allongé sur le bitume, la tête éclatée. Une jeune femme noire, dont le corps est démantibulé lui est tombée dessus en provenance directe du ciel. En général on y monte, on n’en descend pas, du ciel. Le problème est que deux flics installés dans leur voiture surveillent les lieux.

De plus comme son amie Perle, sa charmante voisine, lui avait annoncé auparavant qu’elle allait déménager pour vivre avec Al, son compagnon, il enregistre un coup de massue supplémentaire au moral. Perle partir à une trentaine de kilomètres de Largos, c’était la première mauvaise nouvelle de la journée. Elle lui a tout de même mis du baume au cœur en lui promettant qu’il aurait la garde de Luna, la fille de Perle âgée de six ans, le mercredi.

Jon vogue dans ce double marasme lorsque Valentin, son ami Valentin qui lui servait de chauffeur lorsqu’il était appointé comme tueur à gages pour Marconi, lui téléphone afin de lui dire qu’un hélicoptère a lâché quelques heures auparavant une de ses musiciennes noires dans le parc de sa propriété éloignée de toute habitation. Roxane M’bow, la sœur jumelle d’Alison, celle qui s’est retrouvée à quelques mètres de chez Jon. Bon, d’accord, Roxane et sa jumelle était des scandaleuses qui jouaient torse nu dans le groupe de Valentin, les Fucking Puppets. Et ce groupe qui connait une certaine notoriété, enchainant les tubes les uns après les autres, ne plait pas à tout le monde. Aux intégristes catholiques en tête, mais il faut avouer qu’un rien les dérange ceux-là. Chrétiens mais pas tolérants.

Mais il se pourrait que quelqu’un d’autre leur en veuille. Car tous deux sont concernés par ces cadavres délivrés par la poste héliportée. Concernés et même peut-être impliqués. Tandis que Jon cherche une cache pour enterrer Roxane, celle choisie par Valentin au fond du parc ne lui convenant pas, trop facile à découvrir, Valentin répond aux questions des journalistes attirés comme des mouches par le cadavre d’Alison et qui connaissent à peu près l’endroit où se terre en général le chanteur rocker. Et s’ils savaient que celui de Roxane gît non loin d’eux… Les deux amis remuent leurs méninges. Et si le coup fourré provenant de leur ancien patron Marconi ? Pas impossible, même si Jon a prétendument assuré ses arrières. Tueur à gages pour Marconi, il a quand même une quarantaine d’homicidés à son actif, il ne touche pas de pension légale. Marconi lui verse trois mille euros par mois, et Jon lui a annoncé qu’il a écrit un livre témoignage qui sera publié à son décès. Donc Marconi a intérêt à ce que Jon vive le plus longtemps possible.

Jon et Valentin sont persuadés que quelqu’un de leur entourage a, à un moment ou autre, dévoilé leurs adresses. Mais ni Perle, ni Mylène, la coiffeuse délurée, ni Jean-Luc Taureau, le cafetier du coin et ami de Jon, ni les Sri Lankais qui servent de gardes du corps à la rock star, d’ailleurs ils sont en voyage, bref aucune de leurs connaissances n’a la langue trop longue. A moins que Burger, qui fut tueur employé de Marconi… Oui mais Burger n’existe plus ! Alors

Jon, le juke-box ambulant qui n’a pas besoin que quelqu’un le gave en pièces de monnaie pour que des airs issus des années jeunesse lui trottent dans la tête, décide de faire appel à Paco, le gitan et à ses cousins. Contre une modique rémunération, ils vont surveiller discrètement Perle, Luna et consorts.

Voici Jon et Valentin pérégrinant dans le Pays basque, Valentin à la recherche de ses musiciens qui ne lui donnent pas signe de vie, participant malgré eux à la fête de Bayonne, et autres aventures rocambolesques susceptibles de refroidir leurs ardeurs.

 

Dans une ambiance très musicale, quasi exclusivement rock, l’auteur s’amuse à griffer au passage tout ce qui bouge ou est sensé bouger. Le bio, le maire de Paul, et quelques autres idées qui ne sont pas forcément des élucubrations. Les personnages sont atypiques et l’on se demande vers qui se porte notre sympathie, Luna la gamine dont les réflexions nous incite à penser qu’elle est plus mature que l’on voudrait nous le faire croire, Mylène la provocante, Perle, la douce, Frida la pythie qui possède une Lamborghini Murcielago et se grise de vitesse, et encore je ne parle que des femmes. L’humour est toujours sous-jacent, mais parfois se développe pour devenir loufoque, ce qui n’empêche pas les scènes fortes en émotions et tragiques. Des décors naturels, grandioses, avec faune en liberté. Mais également des décors plus réfrigérants, ou plus orageux. Une fois de plus ce sont les intégristes, les fanatiques religieux qui sont montrés du doigt (Voir par exemple Délivrance) et font les frais de la gouaille de l’auteur.

Le titre, s’il peut sembler abscons de prime abord, prend toute sa signification dans le déroulement du récit, surtout vers la fin. On peut regretter que Frantz Delpanque n’ait pas listé les titres des airs évoqués et leurs interprètes.

 

A lire également l'avis de Claude sur Action Suspense.

 

Frantz DELPLANQUE : Elvis et la vertu. Roman Noir, éditions du Seuil. 368 pages. 19,50€.

 

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commentaires

Lystig 08/02/2013 09:47

rien que le titre est une promesse rock & roll !

Oncle Paul 08/02/2013 15:18



Avec de temps en temps un slow pour décompresser !



Le Papou 07/02/2013 17:43

Un titre à la Frédéric Dard ? Le roman en a-t-il la saveur ?

le Papou

Oncle Paul 08/02/2013 08:50



Non, Papou. Je ne dirais pas ça. Les titres de Dard (pas San Antonio) ne ressemblent pas à celui-ci. Quant au roman, il est différent dans sa forme et dans le fond. Même si l'humour y est présent
ce qui n'était pas forcément le cas dans les romans noirs de Dard.


Amitiés



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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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