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30 octobre 2019 3 30 /10 /octobre /2019 05:29

Des étoiles affamées ?

Claude AMOZ : Etoiles Cannibales.

Nul ne sait pourquoi il s’était surnommé Gégène. A cause de la guerre d’Algérie, par réminiscence d’un incident électrique lorsqu’il était jeune ? Ni comment il a atterri à Viatre, petite commune au bord du Rhône.

Gégène a été retrouvé mort sous la passerelle où il dormait, arrosé d’essence, brûlé. Jonas qui couchait près de lui n’a rien entendu, rien vu, trop abruti par son absorption de Baleine rose, mélange de sirop à la framboise et de vin blanc.

Gégène et Jonas se rendaient quotidiennement au Foyer, afin de trouver une pitance préparée par Habiba, la cuisinière. Mais ils ne voulaient plus faire partie des Apprentis, obligés d’effectuer de petits travaux d’entretien. Quelques jours plus tard, Nakusha, une jeune fille malingre, atteinte d’anorexie mentale, et qui a vécu elle aussi au foyer, est retrouvée défenestrée, gisant au pied d’un immeuble laissé à l’abandon. Un suicide ?

Jonas recueille une chienne éclopée, à qui il ne subsiste qu’un moignon à la patte antérieure gauche. L’animal avait été attaché à la passerelle et Jonas a coupé le lien qui le retenait prisonnier, presque malgré lui, un reste d’humanisme. La chienne est mal en point, et lorsque Jonas confie la bête à Odile, vétérinaire et sœur de Jef, l’animateur du foyer, c’est pour apprendre que l’espèce de cicatrice qu’elle porte au cou est une plaie de brûlure.

D’autres disparitions surviennent et entre Odile et Habiba s’établit une complicité qui les amène à penser que le directeur du Foyer, le Chameau, est le coupable de ces meurtres. Le Taleb, un sorcier qui prodigue conseils et médecines imaginaires, la plupart du temps à des femmes recherchant l’âme sœur, déstabilisées dans leurs relations affectives, contre trois billets de valeur différente, cherche lui aussi à comprendre les évènements.

 

Chacun des protagonistes de ce roman, qu’il soit d’un côté ou l’autre de la barrière sociale, recèle en lui une profonde meurtrissure issue presque toujours de l’enfance ou de l’adolescence. Ce qui explique souvent leur comportement de marginaux ou d’êtres qui s’apitoient, plus ou moins ouvertement, sur les autres.

Mais ce livre nous oblige aussi à porter un regard différent sur les sans abris, les exclus, les marginaux que nous rencontrons aux portes des magasins ou établissements financiers.

Il nous apprend la compassion et à réfléchir sur ces êtres dont nous ne pouvons croiser le regard, par la faute d’a priori, de colportage de ragots, comme quoi ce ne sont que des ivrognes et des feignants.

Nous ne savons pas pourquoi ils sont ainsi en marge, leur refusant le plus souvent l’aumône d’une pièce, d’un sourire, d’un bonjour. Une œuvre forte, dense, poignante, réaliste, qui met le doigt où ça fait mal, mais qui se refuse à toute démagogie.

 

Claude AMOZ : Etoiles Cannibales. Collection Rivages Noir n°487. Editions Rivages. Parution 3 octobre 2003. 272 pages.

ISBN : 978-2743611682

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29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 05:17

Un roman nippon ni mauvais !

James MELVILLE: Le samouraï récalcitrant

Dans l'incendie d'un immeuble appartenant à une famille locale des yakuza, la mafia japonaise, les policiers retrouvent le corps d'une jeune femme. Il s'agit de Marianna Van Wijk, ressortissante hollandaise qui séjournait à Osaka afin de parfaire la langue nippone. Elle effectuait un stage dans une société pharmaceutique, mais ce n'est pas cela qui gêne les subordonnés du commissaire Otani.

Une photo a été retrouvée dans son sac à main, un cliché représentant Otani en compagnie de sa famille dans un parc de loisirs. Hanae, la femme du commissaire, avoue avoir entraperçu leur gendre Akira embrassant en pleine rue celle qui devait périr dans l'incendie. Or, Akira a disparu, ne remettant pas les pieds chez lui et sa femme Akiko s'inquiète.

Les soupçons pèsent sur Akira, même s'ils ne sont qu'évoqués, et Otani se doit, par respect du règlement, se retirer de l'affaire confiée à ses collaborateurs. Akira et Marianna se sont connus en Angleterre alors que le Nippon était avec sa famille pour le compte de son entreprise dans la capitale britannique. Leur liaison a repris lorsqu'ils se sont rencontrés à Osaka.

Otani, enquête en marge et par Akiko découvre que son gendre, dont le passé de gauchiste le poursuit, avait des relations avec le directeur d'un laboratoire pharmaceutique et un ancien condisciple reconverti dans le zen. Ses adjoints rencontrent Penny Johnston, qui hébergeait Marianna et secrétaire du directeur de recherche du laboratoire de pharmacie. La jeune femme parait effondrée.

Les connivences entre Akira et la mafia semblent étroites et le procureur est persuadé que le disparu est véritablement impliqué dans cette affaire. Pas dans l'incendie qui serait imputé aux yakusa lesquels l'aurait provoqué afin de toucher l'argent de l'assurance, mais dans le meurtre de la ressortissante batave.

La mère d'un mafieux emprisonné cherche à négocier la relaxation de son fils en avouant avoir vu des yakusa pénétrer dans le bâtiment peu avant l'incendie ainsi qu'avoir aperçu Akira en compagnie de Marianna. Le rôle de Murata, le directeur de recherche n'est pas clair. Il aurait mis au point un médicament destiné aux femmes, mais dont les effets seraient plus du domaine sexuel que thérapeutique.

 

Ce roman, qui date de 1988, outre l'enquête d'Otani et les problèmes familiaux auxquels il est confronté, pose le problème avec dix ans d'avance sur les recherches médicales et surtout pharmaceutiques.

A l'heure où le Viagra fait tant parler de lui, ou les problèmes de dopage dans les milieux sportifs retiennent l'attention, l'apparition d'un médicament dont les effets secondaires ne sont pas toujours mesurés avec certitude, et la commercialisation mercantile qui peut en être faite, pose la question de l'éthique.

James Melville aurait pu prendre un pseudonyme japonais sans que quiconque trouve à redire tant la description des us et coutumes du Pays du Soleil Levant sont décrites avec précision. La touche personnelle dans les démêlés familiaux du commissaire apportant ce petit plus qui débanalise le roman à énigme pour en faire un roman humaniste.

 

James MELVILLE: Le samouraï récalcitrant (The reluctant ronin – 1988. Traduction de l'anglais par Gilles Berton). Grands détectives 2871. Editions 10/18. Parution 5 septembre 1997. 318 pages.

ISBN : 2264025522

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19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 04:07

Lorsque des Français trouvaient refuge à Londres.

Béatrice NICODEME : Le Chacal Rouge.

Sur les traces des grands auteurs populaires dont la prépondérance littéraire s’inscrivait dans le roman historique, voici la suite des aventures d’Eléonore, personnage créé par Béatrice Nicodème avec Les loups de la Terreur et La mort du Loup Blanc.

En l’an de grâce 1798, réfugiée à Londres avec son petit garçon, issu d’un rapport avec un nobliau décédé lors de la Chouannerie et dont la femme est devenue son amie, quoique les relations entre les deux femmes soient imprégnées des brumes anglaises, Eléonore fréquente le clan des exilés afin de nouer des connaissances.

Ce que l’on comprendra parfaitement, même si actuellement cet état de fait est considéré comme de l’ostracisme, un refus de se mettre au diapason de la patrie qui vous héberge ou encore relève du sentiment de parcage comme voudraient nous le faire croire les théoriciens de l’amalgame (bon encore une fois je dérape).

Le docteur Jenner vient de mettre au point un vaccin, ou plus exactement un sérum contre la variole, mais les morts se succèdent dans la petite colonie française réfugiée à Londres. Faut-il en déduire que les Londoniens n’acceptent pas cette promiscuité forcée, qu’un sérial killer s’en donne à cœur joie et dans ce cas selon quels critères ? Et que vient faire dans ce tourbillon le succédané du comte de Saint-Germain ?

 

Vous le saurez en lisant ce roman d’une auteur(e) qui ne fait pas parler d’elle dans les médias mais qui construit une œuvre forte, intelligente et diverse puisque Béatrice Nicodème écrit également des ouvrages pour enfants dont le propos n’est pas forcément l’agressivité, mais plutôt le jeu littéraire.

Le roman historique connaît un regain d’audience, ce que nous ne déplorons pas, au contraire. C’est un peu comme au cinéma, ces grandes fresques en habit d’époque qui font rêver, et permettent un voyage dans le temps, comme si l’histoire n’était pas un éternel recommencement.

 

Béatrice NICODEME : Le Chacal Rouge. Collection Labyrinthes N°75. Editions du Masque. Parution 21 juin 2000. 254 pages. 9,00€.

ISBN : 978-2702496886

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18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 04:32

Loup, où es-tu ?

Henri LOEVENBRUCK : La louve et l’enfant

Aléa, une gamine de treize ans qui n’a jamais connu ses parents, subsiste à ses besoins en chapardant et parfois cela lui joue des tours. Les villageois de Saratea, comté de Sarre, lui offrent de menues victuailles ou bien la pourchassent, mais Aléa parvient toujours à résister à la faim, plus ou moins bien.

Il lui arrive de proposer ses services, par-ci, par-là, mais jamais pour longtemps. Une altercation avec le boucher du village l’oblige à s’éloigner du village, à cause de deux malheureux bouts de viande qu’elle a dérobé. Tout en pleurant, elle remue la terre. C’est alors qu’elle met à jour une main qui se dresse, portant à un doigt une bague. Tant pis, le cadavre n’aura plus besoin du bijou, donc elle s’en empare.

Elle narre son aventure au policier qui ne la croit guère mais lui enjoint de trouver du travail. Kerry et Tara, le couple d’aubergistes, ont pitié de la gamine. En échange du gîte et du couvert, Alea accepte d’aider à la cuisine et de servir les clients. Elle y fera la connaissance de Faith, une barde, puis de Phelim, qui vont marquer son destin. Elle refuse de montrer sa bague à Phelim et apeurée elle s’enfuit.

Elle désire retrouver Amine, une jeune amie d’enfance partie à Providence, la capitale du royaume de Galatie. Mais en cours de route les embûches ne manquent pas. Deux brigands veulent détrousser un nain et Alea les met en fuite à coups de pierre. Mjolln, tel est le nom du nain, ancien forgeron et joueur de cornemuse continue son chemin en compagnie d’Alea qui sera rejointe successivement par Phelim et Faith.

Phelim décèle en l’adolescente d’étranges pouvoirs et au lieu de se rendre à Providence, il décide d’emmener ses compagnons à Saî Mina, la résidence des druides. Pendant ce temps, dans la forêt, Imala, une louve, ne peut supporter la domination d’Ahéna, la louve-chef du clan. Imala est blanche de fourrure et elle se sent différente de ses congénères. Alors elle part seule à l’aventure, se heurtant à la vindicte des hommes, les verticaux comme elle les appelle.

 

Comment la route d’Imala et d’Alea va se croiser, c’est ce que vous saurez en lisant ce roman. Ce premier volume de la série La Moïra, dont la première édition a paru chez Bragelonne en 2000, n’a rien à envier aux ouvrages anglo-saxons, au contraire. N’y manquent aucuns des ingrédients nécessaires pour captiver le lecteur : action, charme, poésie, humanisme, mystère, magie, rêve, sans oublier l’ode à la nature profonde.

Henri Loevenbruck place son intrigue dans un pays imaginaire qui pourrait être l’Irlande, avec ses druides au rôle prépondérant dans la vie politique et religieuse, avec un peuple qui brimé, asservi, obligé de se terrer, reprend du poil de la bête et tente de reconquérir ses territoires, avec ses entités maléfiques, avec également sa communauté chrétienne qui veut imposer ses croyances religieuses mais aussi ses visions de la modernité (les druides par exemple ne croient qu’en l’oral tandis que les chrétiens prônent l’écrit).

Il a composé une fiction allégorique pleine de saveur qui se poursuit avec La Guerre des loups (J’ai Lu N° 6935) et La Nuit de la louve (J’ai lu N° 7331).

Henri LOEVENBRUCK : La louve et l’enfant (La Moïra – 1). J’ai Lu Fantasy N°6757. Parution le 18 novembre 2003. 350 pages.

ISBN : 978-2290325322

Les trois volumes composant la saga de La Moïra ont été publiés en première édition puis réédités chez Bragelonne.

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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 04:47

Et aux Innocents les mains pleines ?

Maurice PERISSET : Le bal des Innocents.

Affable, souriant, sympathique, tel se présentait Maurice Périsset lorsque je l’ai vu pour la première fois lors du festival du roman policier de Reims en 1983 ou 1984.

S’il fut l’auteur de nombreuses biographies consacrées aux vedettes du cinéma français, Raimu, Simone Signoret, Jean Gabin ou encore Gérard Philippe, Maurice Périsset était également considéré, à juste titre, comme l’un des maîtres français du suspense psychologique.

On pourrait classer ses œuvres succinctement en deux parties : celles dans lesquelles les artistes jouent un rôle prépondérant et celles qui mettent en scène les petites gens, les humbles. Pourtant ces deux tendances se rejoignent, car sous le vernis, le maquillage des artistes, se cachent des personnes qui souffrent, dans leur âme et dans leur chair, et mises à nues, les personnes du spectacle se confondent avec les héros anonymes de la vie quotidienne.

Dans Le bal des Innocents, Maurice Périsset s’est penché sur un des à-côtés, sur un épisode, sur l’un de ces faits-divers qui n’ont pas défrayé la chronique mais qui pourtant ont empoisonné l’existence de milliers d’êtres humains.

En ces temps troubles (cette chronique a été rédigée en juillet 1990, mais l’on peut se rendre compte que malgré les exhortations diverses d’hommes politiques et d’associations, rien n’a changé) où l’on parle de racisme, d’antiracisme, de ségrégation, d’ostracisme et tutti quanti, comme si ce mal de société était nouveau, l’auteur soulève un voile et ce qui se trouve dessous n’est guère reluisant.

Tout le monde se sent la conscience tranquille. Si beaucoup de nous se souviennent ou ont appris à l’école, à travers des manuels scolaires ou autres, que les Américains débarquèrent en Italie durant la Seconde guerre mondiale, combien savent que ce ne fut pas sans conséquence pour des milliers d’enfants qui naquirent peu après. En effet, parmi ces soldats, bon nombre étaient Noirs et ils marquèrent leur passage chez les autochtones.

Plus de trois mille enfants naquirent des amours éphémères entre Italiennes du Sud et Noirs Américains. Et ces gosses furent méprisés, bannis, bafoués par toute une communauté bien pensante et soi-disant chrétienne.

 

Ferrucio, onze ans, est l’un des ces petits « métis » qui vit à Gênes, en butte aux attaques, aux quolibets, aux brimades des voisins. Il essaie de se confectionner une carcasse mais c’est dur tout seul. Sa mère, oh sa mère ! Elle l’aime bien mais elle fait sa vie, elle fait la vie. Ses ressources : la prostitution dans le port de Gênes. De retour dans son village natal, Gina se verra reprocher sa condition de femme facile, mais c’est sur Ferrucio que se portent tous les regards, tous les reproches, tous les opprobres. Ferrucio pensait s’être fait un ami d’Ermano, le nouvel et jeune amant de sa mère, mais celui-ci bientôt le délaisse provoquant le drame.

Le bal des innocents, dont l’action se situe dans les années 1950, est un roman dense dans lequel Maurice Périsset nous propose un peu d’émotion, de sensibilité, de chaleur humaine, d’amitié, d’humilité envers nos voisins, quelle que soient la couleur de leur peau et leur origine.

 

Première parution Les Presses du Mail. 1964

Première parution Les Presses du Mail. 1964

Maurice PERISSET : Le bal des Innocents. Editions du Rocher. Parution mai 1990. 264 pages.

ISBN : 9782268009667

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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 04:11

Dans le ghetto de Lisbonne…

Jean-Marie PALACH : La bataille de Mocambo.

En cette fin du mois de juin 1712, le Pombal, le navire au bord duquel s’est embarqué Loïc dit Sabre d’or, est en vue de Lisbonne. Le jeune marin espère rejoindre sa promise, Amalia, la fille de l’amiral Azevedo, qui fêtera ses seize ans le 31 juillet. Il espère surtout arriver avant le mariage, arrangé, de celle qu’il aime avec un noble Anglais, Thomas Howard, duc de Norfolk et neveu d’Anne, reine de Grande-Bretagne et d’Irlande, et faire capoter cette union.

Il a voyagé comme marin, prétendant se nommer Rodrigo et être natif de Faro, d’une mère portugaise dont le grand-père était Hollandais. Il lui faut bien justifier ce nom lusitanien avec ses cheveux blonds et ses yeux verts. Grâce à son ami Antonio, il pourrait trouver un logement chez le maître d’équipage auquel il a sauvé la vie, mais il préfère se rendre chez les frères Costa, les oncles de Carmelita. Il a connu Carmelita à Rio de Janeiro et elle lui a remis une lettre d’introduction pour les patrons de l’auberge du Nouveau Monde.

Après discussions, les deux aubergistes acceptent de loger Loïc dans une petite dépendance, au fond de la cour. En contrepartie ils exigent qu’il serve en salle, travail auquel le jeune garçon était habitué dans l’estaminet de sa mère surnommé La Belle Marquise. Les deux frères sont très proches de leurs reis, l’argent portugais, et Loïc, ne voulant pas se dévoiler, affirme être démuni. Ils possèdent une trentaine d’esclaves africains qu’ils louent principalement comme porteurs d’eau pour les notables des hauts quartiers.

Loïc fait la connaissance de Violette, l’une des esclaves, une jeune femme magnifique, mère d’un petit Luis, qui travaille plus que les autres esclaves car elle n’a jamais voulu céder à leurs avances. Elle lui narre ses aventures et surtout ses mésaventures et comment elle, qui est instruite, est arrivée entre les pattes des frères Costa.

Il devient également l’ami de Gustavo, un ancien capitaine qui ne peut plus naviguer et passe ses journées attablé dans l’auberge. Ainsi que de Michele Durafore, qui se dit Portugais, mais est Français comme lui. Les deux compatriotes en arrivent à échanger des confidences gardant toutefois vers eux quelques secrets.

Si Loïc se fait des amis, il se fait également des ennemis notamment avec Bernardo le brutal responsable des esclaves. Lors d’une journée où Loïc l’accompagne encadrant les porteurs d’eau, à la demande expresse des frères Costa, il vient à la rescousse d’un des esclaves. Et il prend aussi la défense de Violette qui manque trébucher.

Mais les jours passent et la journée fatidique approche. Il parvient à s’infiltrer dans le château d’Azevedo, espérant pouvoir communiquer avec Amalia. Caché derrière des tentures, il surprend Azevedo et deux autres hauts militaires complotant contre le Roi Jean V, dit le Magnanime. Il est découvert, parvient à échapper aux sbires lancés sur sa trace et rentre à l’auberge. Seulement les soldats ne sont pas longtemps sans découvrir sa cache et Violette l’emmène dans le Mocambo, le quartier réservé aux Noirs, esclaves affranchis ou en fuite, un territoire sur lequel règne la Princesse Yennenga, une vieille femme noire encore belle et dont l’aura sur ses sujets ne souffre d’aucune contestation.

Loïc est recherché mais sa popularité grandit parmi la population, malgré les mensonges éhontés qui sont propagés par Azevedo et sa clique. Le roi, qui est un peu falot et s’en remet volontiers à ses généraux, ordonne la destruction du quartier de Mocambo. La vie de Loïc, Violette, la Prince Yennega et tous les Noirs qui vivent dans cette enclave, ne tient qu’à un fil.

 

La bataille de Mocambo est un roman d’aventures à prédominance historique et didactique, destiné à l’édification des adolescents, mais pas que. Bien des adultes pourraient en tirer profit, à moins d’être obtus dans leurs convictions négatives.

Ce roman dénonce les conditions d’exploitation des esclaves noirs africains au XVIIIe siècle au Portugal, des conditions précaires mais ce pays n’était pas le seul à se montrer aussi dur. Bien d’autres pays, dont la France, se conduisaient ainsi, de manière indigne.

Il est bon parfois de rappeler ce qu’il se passait afin de comprendre les réticences, voire le ressentiment, de certains peuples vis-à-vis des Européens et de leur méfiance.

Un roman humaniste donc mais dont l’épilogue est apparenté à un conte merveilleux, sans les fées, dont on sait que la fin, en général, se termine bien. Presque toujours.

Ce roman clôt la saga de Loïc dit Sabre d’or et c’est dommage. J’aurais bien lu d’autres aventures de ce marin intrépide et attachant, même si parfois, par ses actions d’éclat, il se montre un peu à l’égal d’un super héros, un peu à la manière de Michel Zevaco dans ses feuilletons historiques, notamment la saga des Pardaillan.

 

Jean-Marie PALACH : La bataille de Mocambo. Les aventures de Loïc le corsaire tome 4. Editions du Volcan. Parution le 8 octobre 2019. 228 pages. 12,00€.

ISBN : 979-1097339173

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12 octobre 2019 6 12 /10 /octobre /2019 03:55

Un djinn ni troué, ni déchiré, ni délavé !

Philippe WARD : Le maître du Nil.

En l’an 386 de l’Hégire, Al-Aziz, le calife d’al-Qahira se meurt. Son fils Al-Hakim va prendre la succession mais il n’a que onze ans, aussi c’est Barjawan dit le slave qui assurera la régence. Une décision qui ne plait guère à Ibn Ammar, le chef des Berbères Kutana qui a par le passé rendu service au calife moribond, portant les Fatimides au pouvoir.

Avant de décéder, le calife murmure ses derniers conseils à son fils : frapper les Abassides qui sont leurs ennemis, s’emparer de Bagdad et de Byzance, les ennemis de leur peuple Fatimide, et de leur religion.

La rivalité entre Barjawan et Ibn Ammar éclate dès le trépas du calife et Amr, un djinn qui surveille la destinée d’Al-Hakim, aide Barjawan, malgré les divergences qui les opposent, à se débarrasser de son adversaire. Barjawan peut donc désormais diriger le pays en tant que vizir, avec le secret espoir de devenir le calife à la place du calife.

Sitt, la sœur quelque peu plus âgée d’Al-Hakim, est le fruit des amours du calife défunt avec un djinn femelle, tandis que la mère du garçonnet était chrétienne. Or les djinns ne sont guère appréciés de la population. Malgré tout, Amr poursuit son œuvre, sa mission, auprès d’Al-Hakim qui s’affirme de jour en jour.

Enfant, Al-Hakim s’amusait à piéger les oiseaux avec de la glu dans les arbres puis à les égorger. En vieillissant, passant peu à peu à l’adolescence, son instinct sanguinaire ne faiblit pas, au contraire. Il n’apprécie pas être contredit et ceux qui osent le défier ne terminent pas la journée.

Si Amr est de bon conseil, il tient parfois à s’effacer, laissant Al-Hakim prendre des initiatives plus ou moins bonnes. Il trouve une alliée de circonstance en Sitt qui protège son petit frère, et en Lamia, la stryge, malgré leur rencontre houleuse. Ils s’apprécient alors qu’au départ elle était vindicative à son encontre.

Amr habite dans une des pyramides dressées dans la plaine de Gizeh, et rend souvent visite à l’érudit Pacratis, cherchant à comprendre les mystères de l’Egypte ancienne et son écriture hiéroglyphique.

Mais il possède un ennemi en Iblis, le conseiller du calife de Bagdad et éminence grise des Abassides, qui est son propre frère. Iblis tente de tuer à plusieurs reprises Al-Hakim mais à chaque fois Amr le contrecarre dans ses essais. Ils s’affrontent en se transformant selon les épisodes en épervier ou autre animal, ou en khamsin, ce vent de sable qui permet d’évoluer à grande vitesse et d’échapper aux regards.

Dans des oasis, des tribus berbères fomentent la révolte contre ce calife despotique et sanguinaire. Ils sont aidés dans leur entreprise par Abou Rakwa qui se proclame le Mahdi et le nouveau prophète dont le poids des mots influe négativement sur ses interlocuteurs ou au contraire leur insuffle un courage de rébellion.

Les actes d’Al-Hakim varient en fonction de son humeur. Il prend de nombreux décrets, parfois contradictoires, que rédige Amr, le principal conseiller du calife. Al-Hakim se montre tour à tout caractériel, prétentieux, mégalomane, humble, manipulateur, sensible, orgueilleux, ambitieux, imprégné de la foi musulmane. Il est craint, redouté, ou aimé selon les décisions qu’il prend sur des coups de tête. Il dépense sans compter et bientôt les caisses de l’état sont vides.

 

Le calife Al-Hakim bi-Amr Allah

Le calife Al-Hakim bi-Amr Allah

 

Ce roman historico-fantastique s’inscrit dans la période de la fin du premier millénaire et début du second millénaire. Il est placé sous le signe de la dualité.

Dualité des personnages, Sitt étant par exemple mi-humaine mi-djinn, Al-Hakim se montrant bipolaire dans ses humeurs, dualité entre Amr et Iblis, les deux frères djinns qui se combattent afin d’élever le règne des califes qu’ils servent mais dont leurs propres ambitions se télescopent, dualité religieuse qui perdure de nos jours entre les chiites et les sunnites. Sans oublier l’ingérence bénéfique entre anciens dieux, la belle Isis en particulier, et les dieux modernes incarnés par Allah et son prophète Mahomet. Dualité enfin entre faits et personnages historiques réels et fiction d’inspiration fantastique.

L’on sait que Philippe Ward professe un attrait fortement ancré pour cette région d’Afrique, l’Egypte et la Syrie notamment, puisqu’il l’a déjà explorée en compagnie de Sylvie Miller pour sa sage de Lasser, détective des Dieux.

Mais ici, il s’agit d’une œuvre personnelle, son Grand Œuvre, qui pourrait marquer la littérature fantastique, la littérature tout court, par son évocation de cette période, par sa fougue et son entrain, par sa connaissance historique et géographique également.

Il est dommage que les documents compulsés ne soient pas répertoriés en fin de volume.

Mais un petit truc, oui y’a un truc, qui me gêne. C’est l’apport de Marielle Carosio dans l’édition de ce roman en tout point remarquable. En effet, il est précisé : édition dirigée par Marielle Carosio.

Quel est l’apport de cette jeune femme, étudiante en littérature et édition littéraire ? Relecture, remise en forme, conseils d’écriture ? Je ne pense pas que Philippe Ward, qui possède déjà à son actif une trentaine d’ouvrages écrits seul ou en collaboration, qui est lui-même éditeur, ait eu besoin d’un tel apport, d’autant que j’ai relevé quelques anomalies dans le texte. Notamment, au début :

Page 22 :

Un immense turban blanc autour duquel resplendissait le rubis… Ce ne serait pas plutôt le rubis qui resplendissait dans un immense turban blanc ?

 

Page 25 :

S’engouffra dans un lazzi de ruelles nauséabondes… Lazzi pour lacis ?

 

Pour en savoir plus sur le calife Al-Hakim, n’hésitez pas à vous rendre sur le lien ci-dessous :

Quelques publications de Philippe Ward en solo :

Philippe WARD : Le maître du Nil. Hors Série N°65. Editions Rivière Blanche. Parution 1er septembre 2019. 324 pages. 25,00€.

ISBN : 978-1-61227-858-2

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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 04:26

Grand prix de littérature policière 1990.

Hervé JAOUEN : Hôpital Souterrain.

Pierre devenu notaire un peu par accident est un être sensible, rêveur, dont les pensées dérapent à tout propos, souvent dans un sens pessimiste.

C’est un fabulateur introverti, extrapolant les événements, vivant à la limite de la paranoïa, grossissant les petits faits qui peuvent aussi bien survenir à sa famille qu'à lui-même.

Isabelle, sa femme, se révèle quant à elle plus sensée, les pieds sur terre, quoique son caractère de cochon, ses manières et ses paroles agressives, laissent transparaître une vulgarité provocatrice et une acrimonie indisposant son entourage.

D'ailleurs Angeline, leur petite fille de sept ans, se réfugie plus volontiers sous l'aile protectrice paternelle. Elle se sent plus en confiance, plus rassurée, plus écoutée, plus proche de son père que de sa mère qui ne lui ménage pas les rebuffades.

Lors d’une visite guidée du fameux hôpital souterrain de Jersey, un hôpital militaire nazi construit par des prisonniers russes lors de la seconde guerre mondiale, Angeline disparaît. Malgré les recherches entreprises aussit8t, nulle trace de la petite fille. Plusieurs thèses sont avancées: enlèvement, accident, sorcellerie, mais aucun fait saillant ne permet de retenir l'une ou l'autre de ses suppositions.

 

Pour Hervé Jaouen qui, à partir d'un fait divers authentique mais transposé, a construit ce roman, c'est l'occasion de mettre en scène le naufrage de cette famille, de la mésentente chronique entre le père et la mère, du constat d'échec qui couvait depuis des années.

Dans une atmosphère parfois onirique, fantastique ou sordide, ce drame d'un couple qui se déchire s'exacerbe au fil des pages, l'épilogue émouvant dans sa simplicité est grandiose dans l'horreur.

Hervé Jaouen est un spécialiste du roman noir contemporain, rappelez-vous Coup de chaleur, La mariée rouge ou encore La chasse au merle, ses premiers romans.

Mais dans ce roman cette noirceur est parfois tempérée par un petit côté fantastique entretenu par les légendes et la réalité concernant les fameuses sorcières émigrées à Salem en Amérique du Nord.

Un récit admirable analysant la dégradation d'un couple écrit avec sensibilité et parfois férocité, mais sans oublier une touche d'humour pour pimenter le tout.

 

Réédition Folio 3 novembre 1992

Réédition Folio 3 novembre 1992

Réédition Folio 23 juin 2000.

Réédition Folio 23 juin 2000.

Hervé JAOUEN : Hôpital Souterrain. Editions Denoël. Parution 3 avril 1990. 326 pages.

ISBN : 978-2207236918

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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 04:05

Quand le jazz est, quand le jazz est là…

Alain GERBER : Paul Desmond et le côté féminin du monde.

Né le 25 novembre 1924 à San Francisco, Paul Breitenfeld devint Paul Desmond pour ce qu’il considérait comme un handicap.

Appartenir à une minorité suspecte aux yeux de beaucoup ne me semblait ni plus ni moins périlleux que de traverser en dehors des clous à l’heure de pointe : certaines précautions étaient indispensables,

et ce malgré que deux de ses premières idoles, Benny Goodman et Artie Shaw, étaient des musiciens de jazz blancs de confession israélite.

Son père était organiste dans un cinéma, et lorsque le cinéma parlant succéda au cinéma muet, laissant sur le carreau bon nombre de personnes, le tout allié au Krach de 1929, il se recycla en écrivant des arrangements pour le music-hall.

La mère de Paul était une obsédée de la propreté, de l’hygiène à outrance, traquant la moindre poussière, adepte de l’eau de javel en toutes occasions, tyrannisant la famille et plus particulièrement son fils qui lui ne pensait qu’à jouer et s’écorcher les genoux, se salir comme un gosse normal.

Paul, sur les conseils de son père, et après un passage dans une pension pendant sept ans loin de San Francisco où il se distingua dans l’orchestre de l’établissement au carillon, abandonna l’idée de jouer du violon et se tourna vers la clarinette puis le saxophone alto.

Mais qui était vraiment Paul Desmond surtout connu pour son association avec Dave Brubeck pour le fameux Dave Brubeck Quartet ? Sans oublier ses participations avec d’autres musiciens dont Gerry Mulligan et Chet Baker, et son propre quartet.

Tout ce qu’il fut – saxophoniste, star ou mal aimé, don Juan, homme sans femme, littérateur sans littérature, alcoolique, désespéré, solitaire, bon convive, nostalgique, désinvolte, faiseurs d’épigramme et de bons mots, amateur de calembours, raconteur d’histoires, et de bien d’autres choses encore - , tout ce qu’il fut, il ne le fut jamais vraiment.

Paul Desmond fut marié, très peu de temps, et trônait dans un cadre la photo d’une femme. Pas la sienne mais celle d’un ami. Des femmes il en aura, mais ses plus fidèles compagnes seront les bouteilles de Whisky et les cigarettes. Et lorsqu’on lui a annoncé qu’il avait un cancer des poumons, dont il décèdera, il rétorqua qu’il était content d’avoir un foie en bonne santé. Il décèdera le 30 mai 1977.

 

Alain Gerber n’écrit pas le jazz, il le poétise. Il malaxe les mots, triture les phrases, devient partie prenante du récit comme s’il se mettait lui-même en scène, écrivant la partition et les arrangements.

Mais sa mélodie devient parfois trop bouillonnante, et ses phrases se révèlent brouillonnes, absconses comme dans le premier chapitre.

Toutefois, lorsqu’il invite son personnage à s’exprimer, alors cela devient lumineux, fluide, comme les morceaux interprétés par… Paul Desmond.

Première édition : Fayard. Parution le 18 octobre 2006.

Première édition : Fayard. Parution le 18 octobre 2006.

Alain GERBER : Paul Desmond et le côté féminin du monde. Le Livre de Poche n° 31597. Collection Littérature et Documents. Parution le 2 décembre 2009. 408 pages.

ISBN : 978-2253126010

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 04:20

Est-elle grande ouverte ?

Saül BERGMAN : La porte de l’Enfer.

Après de longues années passées à se battre sur tous les fronts, Henri Meynard revient au pays, dans un quartier de Metz promis à la démolition. Il se fait appeler Jean Abbadôn, du nom de l’ange exterminateur de l’Apocalypse.

Sa mère a été assassinée quelques années auparavant, un soir de Noël, et son agresseur n’a jamais été retrouvé. Parfois elle ressentait des besoins charnels qu’elle satisfaisait avec l’un des clients du café du Sablon. Une passade qui n’engageait qu’elle puisque le géniteur de Jean alias Henri s’était volatilisé avant sa naissance. Mais le gamin se sentait frustré ces soirs là, pourtant sa mère ne l’abandonnait que quelques heures.

Il s’installe dans la maison qu’habitaient ses grands-parents et traîne dans le quartier, à la recherche d’il ne sait trop quoi. Il ne vient pas se venger, ni retrouver le meurtrier, du moins c’est ce qu’il annonce au père Rémi, le vieil épicier. Il veut tout simplement retrouver une partie de son enfance, s’imprégner d’une atmosphère, celle des jours heureux avant que la maison de ses grands-parents soit détruite.

Mais d’anciennes connaissances meurent dans des conditions mystérieuses et pourtant ces décès semblent naturels. Jean s’éprend d’une jeune journaliste stagiaire, Alicia, qui ressemble à sa mère. Parfois il est en proie à d’étranges crises, souvenirs terribles de combats, de sauvetage, ou alors il perçoit des prémonitions funestes.

 

Teinté de fantastique, ce roman décrit avec force la solitude ressentie par un homme à la recherche de son passé. Ce ne sont pas tant les souvenirs qu’il souhaite retrouver, mais une présence, un visage, des lieux, des repères.

Le prénom d’Alicia n’est pas choisi par hasard, du moins me semble-t-il, car Jean est comme devant un miroir, mais le franchira-t-il ?

J’allais ajouter que c’est aussi le roman de la… mais je m’abstiens car ce serait donner trop d’indices au lecteur pour qui du coup l’épilogue ne revêtirait pas le même charme et lui ôterait une grande partie du plaisir de la lecture.

Saül Bergman n’est autre que le pseudonyme de Paul Couturiau qui a obtenu en 1993 le Grand Prix de Littérature Policière pour Boulevard des Ombres (éditions du Rocher), le prix des Maisons de la Presse en 2002 pour Le Paravent de soie rouge (Presses de la Cité) et qui est également traducteur de romans américains comme Longue est la nuit de Bill Pronzini (éditions du Rocher).

Paul Couturiau, pardon Saül Bergman, nous livre un excellent roman, à multiples facettes, étayant son propos par de nombreuses citations de l’Apocalypse. Afin de mieux enfoncer le clou, si j’ose dire, mais sans pour cela écrire un ouvrage à la gloire de la Bible. Ce ne sont que des illustrations, des citations comme d’autres.

 

Saül BERGMAN : La porte de l’Enfer. Editions du Rocher. Parution 13 février 2003. 230 pages.

ISBN : 978-2268044781

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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