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14 octobre 2020 3 14 /10 /octobre /2020 03:52

Sam sauve la mise ?

M. G. BRAUN : D’une courte tête.

Sally, la compagne de Sam Krasmer, n’y connait rien en chevaux, cela ne l’empêche pas, lorsqu’elle est sur un champ de courses, de parier sur intuition. Elle vient de miser sur Barrio Chino, et Sam est dubitatif. Il s’agit d’un tocard, mais ce que femme veut, le cheval le peut. D’ailleurs il est en tête, Sally jubile, jusqu’au moment ou Barrio Chino est terrassé, de même que son jockey.

Selon le vétérinaire qui examine immédiatement l’animal, le cheval était drogué et il en est décédé, boulant son jockey qui ne participera plus jamais à une seule course. Sam Krasmer affirme aux policiers avoir aperçu un homme s’approcher de la brave bête et lui piquer le flanc. Ce n’est qu’une affirmation au flanc car il n’a rien vu. Mais cette affaire l’intéresse car Sally a aperçu sur le champ de courses Larry Butch, un homme de main d’Al Reagan, un Américain bien connu pour ses nombreuses magouilles sportives et les loteries truquées.

Sam propose à Sabine Vandepoille, la jeune propriétaire, ses services. Elle est seule à la tête de son écurie, son père étant décédé, mais elle dirige sa petite entreprise avec foi et quelques lads. A Chantilly où elle est basée, Sam visite les stalles, se fait présenter les quelques pensionnaires et remarque que l’un d’eux, une belle bête prometteuse, ne veut pas tourner à droite. Ce qui est un handicap. Il propose de prendre Veni Vici, qui n’a aucune chance de gagner un prix, en location, ce que Sabine Vandepoille refuse au départ, mais elle se laisse convaincre par son fiancé.

Sam prend des notes mentales concernant ce cheval, notamment la particularité de ses jambes, quatre balzanes fortement herminées remontant en fanon, dont une postérieure gauche. Puis il effectue sa petite enquête, possédant de nombreuses relations en France et Outre-Atlantique. Il envoie un câblogramme à Doug, son ami qui est à la tête d’une agence de détectives privés américaine.

Sam rencontre Reagan et au cours de la conversation, il apprend que celui-ci a effectivement demandé à Ravé, le jockey de Barrio Chino, de lui injecter un produit dopant, de la caféine. Mais Ravé trop gourmand et ayant misé sur son cheval dont la côte était élevée, avait forcé la dose, d’où l’accident. Mais il sait également que Veni Vici possède un jumeau du nom de Black Bass, un cheval entraîné aux Etats-Unis.

 

Roman humoristique, D’une courte tête aborde les paris truqués, les substitutions de chevaux, et offre à la Miss France de l’époque de participer au tirage du Sweepstake, une soirée au cours de laquelle elle doit tirer les numéros gagnants, en faveur de Reagan, naturellement.

Sam et Sally vont affronter de nombreux déboires, dont l’enfermement dans une cave sans ouverture sur l’extérieur, la porte fermée de lourds verrous, et des tuyaux qui diffusent du gaz toxique. Sam va devoir activer ses neurones afin qu’ils s’échappent de ce piège mortel. Mais il n’en a pas fini avec les ennuis. Sally, sous des dehors de blonde évaporée, quelque peu naïve, saura l’aider dans les moments critiques, ainsi que Doug qui les rejoint en France.

Afin de savoir s’il est sur une bonne piste, si les éléments sont favorables, Sam allume une cigarette et forme quelques ronds de fumée. En général il en réussit trois ou quatre. S’il ne parvient pas à en réussir un, c’est que ça va mal. Et lorsqu’il règle une consommation, il tend son billet formé en papillote. Un tic qui ne gêne personne et qui l’amuse. Et lorsque l’intérieur de sa main le démange, c’est signe d’argent.

Pour corser le tout, un policier du nom de Fenés se trouve souvent sur leur chemin, étant chargé de l’enquête de l’accident du champ de courses. D’autres protagonistes gravitent dans ce roman quelque peu daté, dont un Parrain accompagné de ses hommes de main, et le tout ne manque pas d’humour.

La saga de Sam et Sally comporte 77 romans publiés pour la plupart dans la collection Spécial Police du Fleuve noir et qui bénéficiera d’une collection particulière. La télévision s’emparera des personnages de Sam, sous les traits de Georges Descrières, et Sally, d’abord interprétée par Corinne Le Poulain puis par Nicole Calfan. Elle sera également déclinée en 10 bandes dessinées petit format.

M. G. BRAUN : D’une courte tête. Collection Spécial Police N°51. Editions Fleuve Noir. Parution 1er trimestre 1954. 224 pages.

Réédition collection Sam et Sally N°8. Editions Fleuve Noir. 1975.

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12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 03:55

Donne-moi ton ranch, eh, poupée !
Ou j'te transforme en purée"
Puis il l'empoigna
- Et alors ?
Ben, il la ficela…

Maurice de MOULINS : La captive de Sonora Bill.

Des bandits braquent la banque Stern de Stark City, petite ville située dans l’état du Nouveau-Mexique, et s’enfuient à cheval. Le shérif et ses adjoints les prennent en chasse peu après, mais ils sont rapidement distancés. Les malfrats se sont réfugiés dans les contreforts rocheux des Jicarillas Mountains proches de la petite ville.

Tout le monde est persuadé que le chef de bande se nomme Antonio Ramirez. Le shérif Hobart Wills est furieux et le directeur de la banque déplore ce vol estimé à trois cent cinquante mille dollars.

Le lendemain, deux détectives se réclamant de la banque Stern, dont le siège est à Santa-Fe, arrivent à bord d’une automobile. Ils se proposent d’aider le shérif et de capturer la bande. Pour cela ils empruntent des chevaux et s’élancent à l’assaut de la montagne.

Pendant ce temps, Antonio Ramirez, à la tête d’une bande d’une douzaine de repris de justice et criminels depuis longtemps recherchés par la police, plonge ses mains dans les sacs contenant les billets. La pêche a été bonne et il peut être satisfait. A ce moment, la sentinelle entre en trombe dans la caverne où ils ont élus domicile, annonçant que deux cavaliers approchent.

Aussitôt les malfrats surveillent l’installation des deux voyageurs, qui s’apprêtent à manger, dans un canyon. Ils ne sont pas peu stupéfaits lorsqu’ils se rendent compte qu’il s’agit d’un homme et d’une femme, et que la femme est ligotée. Aussitôt, alors que ses compagnons surveillent l’homme et sa prisonnière, Antonio Ramirez s’enquiert de leur identité et surtout de leur but, leur signifiant que le territoire leur est interdit.

L’homme prétend se nommer Sonora Bill, être un Yankee, et avoir pris en otage la femme, une quinquagénaire, quelques dizaines de milliers de dollars lui étant promis en échange de sa libération.

Antonio Ramirez emmène ses captifs dans la grotte tandis que la femme se défend comme un beau diable. Sonora Bill est ligoté tandis que Norah Daventry, la quinquagénaire, est laissée libre de ses mouvements, après avoir signé un gros chèque que s’empresse d’aller encaisser un des hommes du chef des bandits, à une banque de Santa-Fe.

 

Naturellement, le lecteur un peu perspicace se doute que ce couple est composé des deux détectives lancés sur les traces des voleurs de banque. Pour autant l’auteur laisse planer le suspense jusqu’au bout ou presque.

Un court roman, qui allie western et policier, rapidement lu et qui convient aussi bien aux adultes qu’aux adolescents.

En ce temps-là, la plupart des auteurs écrivaient indifféremment pour un lectorat allant de 7 à 77 ans, comme le proclamait plus tard un célèbre magazine, et ne s’embarrassaient pas de psychologie.

Sous le pseudonyme de Maurice de Moulins se cachait Albert Bonneau, le créateur de Catamount, qui fit les riches heures de lectures des adolescents, et des autres.

Maurice de MOULINS : La captive de Sonora Bill. Mon roman policier N°204. Editions Ferenczi. Parution 1er trimestre 1952. 32 pages.

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10 octobre 2020 6 10 /10 /octobre /2020 04:21

Quand le Celte tique !

Gérard ALLE : Scottish Lamento.

Il existe des endroits, de par le monde, privilégiés, par leur beauté, leur emplacement géographique, leur histoire, leurs coutumes, leurs attraits touristiques.

L’île de Skye, par exemple, située dans l’archipel des Hébrides au nord de l’Ecosse, jouit d’une excellente popularité grâce à ses paysages grandioses, qui incitèrent de nombreux cinéastes à venir poser leurs caméras afin de tourner des films d’obédience fantastique et historique.

Mais la quiétude de l’inspecteur Finley Mac Intosh, du commissariat de Portree, est bousculée par un appel téléphonique du Canada. Une mère s’inquiète de ne pas avoir de nouvelles de sa fille Charlotte Mac Leod, qui voyage en compagnie de son petit ami, Mahmoud Oz, qui n’est pas magicien mais de nationalité turque.

Mac Intosh essaie de faire comprendre à cette mère éplorée, qu’une disparition depuis deux jours n’est pas significative, mais elle possède une réponse imparable : elle n’a pas souhaité l’anniversaire de son père malade. Quelque peu ému, il compulse son ordinateur afin de dénicher quelques renseignements. Mahmoud Oz, vingt-sept ans, est signalé comme demandeur d’asile au Canada où il réside depuis deux ans, précisément à Winnipeg.

Bientôt une autre affaire accapare Finley Mac Intosh, et ses collègues du commissariat. Un aubergiste se plaint qu’un de ses clients, Duncan Mac Donald de Fayetteville aux Etats-Unis, serait parti sans régler sa note. Un acte de grivèlerie sans conséquence apparente. Pourtant ces deux affaires, les disparitions de Charlotte Mac Leod et Duncan Mac Douglas, vont se rejoindre.

Finley Mac Intosh, plus ou moins aidé par le commissaire Herderson, dit La Limace, qui remplace le commissaire principal Cochran en arrêt de maladie, l’inspecteur-chef Strachan, une jeune femme qui ne rigole pas, et deux autres policiers, va enquêter un peu partout, essayant de remonter la filière. Car les noms de Fayetteville et de Mac Donald lui rappellent une autre affaire. C’est ainsi qu’il apprend par le responsable d’un musée que Charlotte, accompagnée de son soupirant, et Duncan Mac Donald se sont rencontrés et ont échangés des propos plus ou moins acerbes.

Duncan joue à la cornemuse du pibroc’h, cette musique ancestrale écossaise, et malgré sa nationalité américaine déchiffre un manuscrit vieux de plusieurs siècles rédigé en picte. Charlotte monte vite sur ses grands chevaux, quoiqu’en Ecosse ils soient de petites races, et inévitablement elle va se chamailler avec Duncan. Les clans Mac Leod et Mac Donald se sont par le passé affrontés à de nombreuses reprises, accumulant les cadavres. Une page d’histoire sanglante qui se perpétue depuis le XIVe siècle, depuis la guerre d’indépendance écossaise jusqu’à nos jours, ou presque, en passant par la rébellion jacobite.

Grâce aux fichiers de réservation, Finley localise où Charlotte Mac Leod est locataire. Il s’agit d’une maison isolée à Bernisdale. Il s’y rend immédiatement et découvre le cadavre de la jeune fille. Elle est allongée sur le lit, en chemise blanche, ensanglantée, et en kilt. Des fleurs fanées ont été déposées tout autour d’elle, et à la tête du lit, il peut lire une inscription tracée avec le sang de la victime : Peace.

 

L’enquête proprement dite est insérée dans des chapitres présentant les divers personnages, Charlotte Mac Leod, son ami Mahmoud Oz, Duncan Mac Donald le joueur de cornemuse dont l’esprit est taraudé par son passage dans l’armée et son séjour au Viêt-Nam, jusqu’au drame. Aux drames devrais-je écrire, car l’auteur mêle habilement plusieurs histoires d’hier et d’aujourd’hui.

En effet, outre la rencontre entre les deux ressortissants d’origine écossaise, il met en scène les nombreux conflits qui ont jalonnés l’existence des deux clans depuis des siècles. Une remontée dans le temps avec à la clé la narration de légendes qui, comme chacun sait, ont souvent une origine réelle et historique, qui donne la saveur au récit.

Mais l’époque actuelle est également évoquée avec la participation de Mahmoud Oz, Turc de nationalité mais qui est confronté à son origine kurde.

Dans un paysage grandiose, au timbre de la cornemuse toujours en fond sonore, Gérard Alle transpose hier et aujourd’hui, mettant en avant les conflits séculaires entre deux clans, deux nations, deux prééminences, deux haines inextinguibles qui probablement ne se résoudront jamais, même dans le sang.

Plus qu’un roman policier, Scottish Lamento est une œuvre qui se veut le reflet d’une société en déliquescence, à cause de la haine et de la rivalité entre les peuples et de ses conséquences, les conflits armés.

 

Les forces de police, en Grande Bretagne, lors des manifestations, par exemple, cherchent à éviter tout affrontement, et je crois que c’est une bonne chose. Les Britanniques ne nous voient pas comme des ennemis. Ce qui se passe en France, où les forces de l’ordre cherchent systématiquement l’affrontement pour dissuader les gens de descendre dans la rue, je crois que ça ne marche pas. La confiance disparait, les gens se radicalisent, et à un moment ou à un autre, il faudra en payer le prix : la violence se retournera contre ceux qui l’exercent.

Gérard ALLE : Scottish Lamento. Editions IN8. Parution 15 septembre 2020. 256 pages. 18,00€.

ISBN : 9782362241109

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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 04:15

A tous les étages ? On n’arrête pas le progrès !

Jan JOUVERT : Eau et Gaz.

La vie dans un immeuble, la promiscuité avec des locataires venus de milieux différents, d’âge différent, de culture différente, ce n’est pas triste.

Dans celui de Jan Jouvert, ce n’est pas moins triste. Chacun des locataires du petit immeuble, dans lequel se déroule l’action en vase clos, possède ses particularités, ses phantasmes, ses envies, ses problèmes, ses besoins, ses peurs.

Cohabitent, en plus ou moins bonne intelligence, se fréquentant peu ou prou, une vieille dame, impotente, autoritaire, qui consigne dans un cahier ses affres. Un psychiatre à la clientèle dispersée et dont la femme peintre est muette. Une veuve et sa fille de quinze ans qui ne désire qu’une chose, s’affranchir. Il y a aussi deux copines vivant dans le même appartement, guère pratique pour recevoir les petits amis. Une jeune femme nymphomane qui n’arrive pas à assouvir ses désirs, un jeune étudiant qui a arrêté ses études et possède la particularité de s’endormir n’importe où, n’importe quand et dont la petite amie s’évertue à réveiller la virilité. Egalement un vieil homme, artiste en tous genres qui reçoit de temps à autre la visite de son attachée de presse, et qui ne rechigne pas sur quelques prises de cocaïne, un jeune homme, nouvellement arrivé, épris de lecture, et un célibataire aux nombreuses conquêtes et aux dents longues.

Maintenant que vous avez les ingrédients, vous brassez le tout, vous saupoudrez d’une pincée de mystère, de quelques taches de sang par ci par là, vous laissez mijoter et vous dégustez. Un roman original, subtil, tendre et inquiétant à la fois, fort bien maîtrisé dans la construction, dans le rythme, dans l’approche des personnages. En un mot un livre jubilatoire en diable.

Jan JOUVERT : Eau et Gaz. Collection Fleuve Noir Crime N°65. Editions Fleuve Noir. Parution mai 1999. 256 pages.

ISBN : 9782265067868

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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 04:10

Souriez, vous êtes photographié !

Roland SADAUNE : Ma rousse.

La journée était vraiment mal engagée pour que cela ne continue pas !

L’approche dorsale dans le lit callé contre sa femme afin d’essayer de se remémorer comment se pratique la simulation de procréation ne fut pas une réussite.

Après ce fut la corvée des courses à cause d’un chariot indocile au super marché Mammouth. Mammouth écrase les prix disaient-ils. Mamie écrase les prouts, répondit Coluche.

Bref, Roger, le narrateur est en train (mais à pied) de débarrasser la roue récalcitrante du scotch qui l’empêche d’avancer droit, lorsqu’il est interpellé par le gérant d’un magasin de photos. Celui-ci, confus, s’excuse, platement, avouant s’être trompé de pochette et qu’il a mélangé les négatifs. Il les remet à Roger qui se dit que c’est sa femme Monique qui a dû déposer la pellicule.

Tout en rangeant ses victuailles dans son chariot, il examine les négatifs qui sont loin d’être positifs. Il reconnait Monique, sa femme, sa rousse, posant en petite tenue. Aussitôt la jalousie le tarabuste. Qui a pu prendre sa rousse en photo. Probablement l’un de ses voisins. Mais lequel ? Des noms, des visages se bousculent dans sa tête et pour faire le ménage il s’octroie au bistrot du quartier le double de rations de petits blancs au comptoir. Des petits blancs ? Et si c’était son voisin noir qui s’amusait avec sa rousse ?

 

Auteur d’une trentaine de romans policiers noirs, et le double de nouvelles, Roland Sadaune dépeint ses aventures imaginaires avec réalisme. Normal puisqu’il est aussi artiste-peintre.

Et je dois avouer que ce sont dans ses nouvelles qui je me sens le plus en phase avec lui. Il ne tire pas à la ligne mais décrit avec un humour noir des tranches de vie quotidienne, empruntant des chemins de traverse cahoteux, comme des courts-métrages, lui dont l’une des passions est le cinéma.

Ses personnages sont calqués sur l’homme de la rue, l’individu lambda confronté à des épisodes qui le laissent désemparé, des petits faits comme il en existe tant, cachés dans les couloirs des immeubles sociaux, derrière les portes des familles en désagrégation.

Des nouvelles qui laissent dans la bouche un goût d’amertume car ceux qu’il décrit pourraient être vous, ou moi.

 

Roland SADAUNE : Ma rousse. Collection Culissime/Noire sœur. Editions SKA. Parution 30 septembre 1978. 16 pages. 1,99€.

ISBN : 9791023408317

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6 octobre 2020 2 06 /10 /octobre /2020 03:55

Où il est prouvé que la chasse peut être mortelle…

Margaret RING : Pièges mortels pour Camilla.

Le Prince Philip, qui tout comme la Reine, a peur qu'un attentat soit perpétré sur Camilla, la maîtresse de Charles, demande à l'inspecteur Buckingham d'assister à une partie de chasse organisée par Lord Moor, propriétaire du Daily Star.

Participent à cette vénerie, Lord King, propriétaire d'un journal rival, le Prince Charles, Camilla, Parker-Bowles l'ex-mari de Camilla, Rosemary, sa nouvelle maîtresse, James Hewitt, l'amant de Diana qui a défrayé la chronique en publiant un livre sur ses amours princières, et Hannibal Chesterfield.

Lord King est tué par un engin explosif placé sous la selle de son cheval. La bombe, composée d'un détonateur et d'un poignard, n'était pas forcément destinée au défunt. L'animal a été successivement dévolu à Lord Moor, à Sita, sa maîtresse pakistanaise et à Camilla.

Buckingham est perdu en conjectures. Tout le monde est suspect y compris les palefreniers. L'un d'eux, d'origine pakistanaise, est victime d'un accident provoqué par une voiture. Or l'auto de Sita a disparu. Selon les experts la bombe infernale est d'origine yéménite. Lord Moor est blessé par le même type de machine infernale. Buckingham se rend au Yémen afin d'en rencontrer le constructeur.

 

Trop de répétitions dans ce roman qui aurait gagné en force s'il avait été élagué et réduit. En réalité il ne s'agit que d'une longue nouvelle délayée.

Le caractère de l'inspecteur Buckingham, toujours horrifié lorsque quelqu'un ose critiquer la Souveraine et sa famille, oscille entre rouerie, snobisme et naïveté.

A part l'humour qui s'en dégage, les estocades portées contre la famille régnante par exemple ou les tribulations de Buckingham au Yémen, ce roman est plat et l'intrigue un peu faible, désuète.

Sous le pseudonyme de Margaret Ring se cache l’écrivain et journaliste Philippe de Baleine qui a également écrit quelques romans sous celui de Philip Whale.

Margaret RING : Pièges mortels pour Camilla. Collection L'inspecteur Buckingham. Editions du Rocher. Parution octobre 1995. 174 pages.

ISBN : 9782268021140

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5 octobre 2020 1 05 /10 /octobre /2020 04:40

Entre Arsène Lupin et Sam et Sally.

Anthony FEEK : Echec à Barnaby.

Alors qu’il attend le moment favorable pour s’introduire dans la demeure de Sir Happleton, Barnaby Hope s’aperçoit qu’il est devancé par une silhouette qui se déplace dans la nuit.

Il avait pourtant bien préparé son expédition consistant à s’emparer des pierres précieuses du châtelain. Sir James Happleton avait emmené au restaurant sa conquête du moment, Jemina Sharp rencontrée lors de l’un de ses nombreux déplacements à Londres, et théoriquement la place était libre, nonobstant la présence de son serviteur. Barnaby s’était installé à l’auberge du village de Saint John’s sous le nom de Ginspotter et il avait réglé sa note, devant regagner son domicile le vol effectué.

Mais les choses n’ont pas tourné comme il l’avait prévu, et il s’introduit quand même dans le château par le même chemin que son prédécesseur afin de constater les dégâts. Les vitrines dans lesquelles les diamants étaient enfermés n’ont pas été fracturées et le fil de l’alarme a été coupé près de la porte de la pièce aux trésors. Ce qui fait tiquer Barnaby.

Le soir même il avait remis une lettre destinée à sir James Happelton à l’aubergiste, pensant ne pas revenir dans l’établissement, mais lorsqu’il désire la récupérer, trop tard. L’aubergiste avait fait du zèle.

Les policiers locaux ainsi que le directeur de la compagnie d’assurance sont avertis du vol, et débutent leur enquête sous les yeux du propriétaire. A ce moment sir James Happelton reçoit la fameuse missive mais il en retarde la lecture. Il part pour Londres en compagnie de l’assureur. Barnaby alias Ginspotter rencontre comme par hasard miss Jemina Sharp, qui n’est autre que sa sœur Mabel. Elle avait demandé à sir James de l’emmener au restaurant afin que son frère puisse œuvrer en toute liberté, préparant le terrain, ou plutôt le chemin.

Seulement, coup de théâtre : sir James Happelton, de retour au château, se fait assassiner dans les bois, alors qu’un certain capitaine Garvin Jones venait de solliciter une entrevue.

 

Un roman français dû à Anthony Feek, pseudonyme sous lequel se cache Auguste Franco, mais à forte connotation britannique. Et au lieu d’Arsène Lupin, j’aurais dû évoquer Raffles, son prédécesseur créé par W.E. Hornung, le beau-frère de Conan Doyle.

Echec à Barnaby est constitué de deux épisodes qui se complètent car le meurtre de sir James Happelton est rapidement résolu, le capitaine Garvin Jones s’accusant du méfait. Il avait connu l’officier au cours de la seconde guerre mondiale en Afrique du Nord, dans des conditions guère glorieuses pour le nobliau. Mais la seconde partie est nettement plus vivante, façon de s’exprimer car les morts se comptent à la pelle.

Barnaby, qui est recherché sous un autre nom ainsi que Mabel/Jemina, se confie à son meilleur ennemi, un policier de Scotland Yard. Car les diamants sont toujours dans la nature, et le vol lui est toujours imputé, du moins à son alias, quoi qu’il s’en défende. Et il veut absolument les récupérer afin de les empocher. Il ne s’attaque qu’à des individus méprisables et le plus gros de ses gains est reversé à des œuvres caritatives. Ainsi, s’il récupère les diamants, une partie du produit de la vente sera destinée à un organisme s’occupant de l’avenir des orphelins de guerre.

Barnaby connaîtra au moins trois aventures dans la même collection chez le même éditeur, et Anthony Feek sera publié au Fleuve Noir dans les collections Angoisse et Feu.

Anthony FEEK : Echec à Barnaby. Collection Le Corbeau. Editions Oris. Parution3e trimestre 1947. 224 pages.

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3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 04:36

Au feu, au feu les pompiers,
V'là la maison qui brûle !
Au feu, au feu les pompiers,
V'là la maison brûlée !

Patrice DARD : Un pompier nommé Béru.

Bérurier, toujours égal à lui-même, et San-Antonio fils ont la redoutable charge de recueillir la plainte de madame Godagno, Pélagie de son prénom, charmante et jeune quadragénaire, qui vient d’être agressée chez elle par un pompier.

Pour preuve elle est en peignoir et nue dessous, ce que Béru demande à constater de visu. La procédure explique-t-il. Donc madame Godagno vient d’être agressée par un pompier, du moins par un individu casqué, brandissant une hache de pompier, mais la figure masquée par une cagoule.

Sur ce entre dans le bureau des pleurs San-Antonio père qui assiste à la fin de la déposition. Le mari de madame Godagno est parti sans crier gare en ne lui laissant que quelques bricoles intimes dont des olibos, d’ailleurs elle a amené les objets du délit qui servent au lit, tandis que l’agresseur a dérobé quelques ustensiles dont on se demande à quoi cela pourra lui servir. Fin de la récréation car une autre affaire bientôt accapare le commissaire, autrement plus sérieuse. Et c’est là qu’on voit à quoi le commis sert.

Un patient en fin de vie dans un hôpital parisien désire le rencontrer. Malade du sida, il avoue être le coupable d’un meurtre perpétré quelques années auparavant. Un aveu qui contrarie San-Antonio car il avait arrêté le présumé coupable qui depuis passe ses jours en prison. Trop de faits concrets accusent le malade et l’inculpé du nom de Carmino est libéré. Seulement, peu après l’infirmière qui s’occupait du malade est retrouvée assassinée. Carmino échappe à la surveillance des policiers qui devaient le pister.

Le pompier dont s’est plainte madame Godagno fait à nouveau parler de lui, enchaînant ses méfaits, et les crimes de sang, et le seul moyen possible pour découvrir son identité conduit à ce que Béru intègre une compagnie de pompiers. Ce qui l’amènera à circonscrire un incendie dans des conditions particulières.

 

Si l’intrigue de cette histoire est bien menée, ce sont les délires linguistiques qui prévalent. Les jeux de mot, les à-peu-près, les calembours, les situations humoristiques, décapantes, oserai-je écrire jouissives et grivoises, gauloises puisque nous sommes en France, s’enchaînent les unes derrières les autres comme des chenilles processionnaires.

Mais parfois, c’est un peu trop et l’aimerait pouvoir suivre l’histoire en toute sérénité, car l’attention est bien souvent accaparée par la logorrhée verbale au détriment du suivi de la narration. Ce n’est qu’un détail, mais qui compte pour le lecteur.

Tel père, tel fils, et l’on sent une continuité dans l’œuvre dardienne concernant les aventures du commissaire chéri de ces dames. Commissaire qui va ressentir des sueurs froides mais Salami, entre autre, est là pour rétablir bon ordre dans la maison.

Patrice Dard retrouve la verve de la première période consacrée à la saga du trio composé de San-Antonio, Béru et Pinaud, oui le vieux débris fait également partie de la distribution, et le style m’incite à penser fortement que les derniers ouvrages de Frédéric Dard sous le pseudo de San-Antonio sont peut-être de son cru. Comme le volume titré Napoléon Pommier paru le 11 mai 2000, soit quelques jours avant le décès de Frédéric Dard le 6 juin 2000.

Patrice DARD : Un pompier nommé Béru. Les nouvelles aventures de San-Antonio. Editions Fayard. Parution septembre 2002. 280 pages.

ISBN : 9782213613680

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1 octobre 2020 4 01 /10 /octobre /2020 04:17

Bon appétit, bien sûr !

Pierre LETERRIER et Jean Pierre XIRADAKIS : Fricassée de meurtres à la bordelaise.

L'harmonie du Gascon, restaurant bordelais tenu par Joseph Lauriance, un défenseur acharné de la cuisine du terroir, est troublée par l'intrusion de Camille. Camille est affolée : sa grand-mère Germaine a disparu, le soir même de ses noces, après avoir préparé le repas nuptial.

Germaine est une cuisinière fort prisée et fort demandée lors de réceptions, et qui, tout comme Lauriance son élève, privilégie la cuisine traditionnelle à la nouvelle cuisine. Le motif de cette disparition, de cet enlèvement, semble résider dans l'obtention de son carnet de recettes.

Un carnet secret convoité par de nombreux personnages, dont un Japonais. Mais faut-il aller jusqu'au meurtre pour réussir la sanguette à la ventrêche, la daube de cèpes, l'omelette de pauriées de vigne, la mitonnée de tripes au sauternes, les bouchées de foie de volailles à l'oseille ?

 

Ce polar gastronomique roboratif et savoureux, dû à un journaliste et à un restaurateur bordelais, est à déguster avec gourmandise.

L'histoire prétexte se tient de façon fort honorable, et le liant qui épaissit la sauce lui apporte une onctuosité ni trop épicée, ni trop fade, délicatement parfumée.

La nouvelle cuisine y est battue en brèche, ce que ne déplorerons pas ceux qui savent apprécier à leur juste valeur les nourritures terrestres.

Et l'évocation des templiers ou de la plantureuse Maïté de la cuisine des Mousquetaires agrémentent ce plat d'une pointe de piment, d'Espelette évidemment, ingrédient qui rehausse agréablement la subtilité de ces mets régionaux. Un roman qui ne pouvait qu'être publié à la Table Ronde !

 

Pierre LETERRIER et Jean Pierre XIRADAKIS : Fricassée de meurtres à la bordelaise. Editions de la Table Ronde. Parution le 24 février 1994. 230 pages.

ISBN : 9782710306023

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29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 04:18

Un roman terriblement actuel !

Freddie LAFARGUE : Ibrahim Lancelot.

Ibrahim Guezmir a purgé de dix années d'exil un meurtre jamais prouvé puisque le corps de la victime présumée n'a jamais été retrouvé. Dix années à Chastelmort, dans le Grand Nord au cours desquelles il a végété, abruti par les drogues, mis hors circuit du monde dit normal.

Blummenfeld a décidé de le libérer et de lui donner une petite chance de réinsertion. Ibrahim théoriquement n'est plus qu'une larve intellectuelle, du moins c'est ce que croit le Maître de Chastelmort.

Dans une mine de l'Est vivote Arthur Bronstein réfugié en compagnie d'une poignée de dissidents et attendant le signal annonciateur de liberté. Or il apprend qu'Ibrahim aussi appelé Lancelot vient de rejoindre la Capitale. C'est le moment pense-t-il de relancer le Gral, nom de code du programme Génie Rayonnant de l'Action Libératrice. Il confie à Yvain la mission de contacter Lancelot.

 

Reprenant le mythe des Chevaliers de La Table Ronde, et le transposant dans un futur assez proche, Freddie Lafargue, alias Gérard Guégan, nous livre une fable moderne qui se voudrait optimiste. La quête de l'identité, la quête de la liberté, la quête de l'inaccessible, la quête éternelle d'un avenir qui ne serait que paix. Mais pour accéder à cette paix, il faut la gagner par la guerre.

Sous la fable l'auteur livre ses réflexions, son angoisse presque de la vision d'un monde moderne incontrôlable, et qui se cherche sous la férule de dictateurs, la science étant l'un de ces maîtres auxquels on se plie avec plus ou moins bonne grâce.

Une anticipation philosophique et caustique mais une anticipation malheureusement proche et inexorable, la poésie étant étouffée par le modernisme et le scientisme que l'on nous impose.

 

Freddie LAFARGUE : Ibrahim Lancelot. Collection Furies. Editions Dagorno. Parution 1er mai 1994. 180 pages. 70 francs

ISBN : 978-2910019143

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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