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22 mars 2021 1 22 /03 /mars /2021 05:05

Guide touristique, un métier de tout repos ?

Philippe WARD : Comuna 13.

A cause d’indélicatesses dénoncées par l’IGPN, Sébastien Rafeou a été obligé de quitter son emploi de policier et de dire adieu à sa retraite. Alors il s’est expatrié en Colombie devenant en premier lieu garde du corps, ce qui ne le changeait guère de son premier emploi, puis il a trouvé le bon filon en devenant guide touristique à Medellin.

Les touristes ne manquent pas et il connait les endroits susceptibles de les intéresser comme le Graffiti tour, ainsi dénommé pour les nombreuses fresques picturales qui ornent les murs. Ainsi, à chaque fois qu’il les entraîne dans Comuna 13, un quartier déshérité de Medellin, il ne manque d’effectuer une pause chez Anna Lucia qui prépare le meilleurs jus de canne à sucre de la ville, voire du pays, le vendant un prix dérisoire.

Ce jour-là, Anna Lucia remet à Sébastien un bijou, un pendentif dans lequel est inséré une émeraude. Puis elle lui de venir la rejoindre le lendemain car elle veut lui confier un secret concernant Griselda Blanco.

Ouvrons une parenthèse : Griselda Blanco, la première narcotrafiquante, présentée comme le mentor de Pablo Escobar, a été assassinée à Medellin le 3 septembre 2012 par des inconnus en moto qui lui logent deux balles dans la tête. Fermons la parenthèse.

Le lendemain, Sébastien, se rendant au rendez-vous fixé par la vieille dame, découvre son cadavre. Il assiste à son enterrement et rencontre Maribel Cifuentes, la petite-fille d’Anna Lucia. Il lui parle de son pendentif et ils sont d’accord pour envisager que le bijou aurait pu être offert par Griselda Blanco à son amie.

Maribel est une ancienne des FARC, et elle est profondément antifasciste. Elle désire se présenter à la mairie de Medellin afin d’y faire le ménage. Seulement, un personnage convoite lui aussi le trésor présumé de Griselda Blanco. Il aborde Sébastien et lui met le marché en main. Non seulement il désire le pendentif mais le trésor de Griselda, persuadé qu’Anna Lucia lui a fait des confidences.

Ce personnage n’est autre que Lozano, le petit-fils de l’empereur de l’émeraude, mais il n’a pas la stature de son aïeul. Ce qui ne l’empêche pas d’être toujours accompagné de ses gardes du corps et de ses sicaires.

Débute alors une véritable guerre entre Lozano et ses hommes, et l’équipe constituée par Sébastien et Maribel. Sébatien et Maribel trouvent des alliés de circonstance, mais sont-ils fiables ? C’est à l’usage qu’ils pourront en juger.

Et le lecteur les suit de Medellin à Bogota en passant par Salento pour finir à Facatativa, échappant aux tueurs lancés à leur poursuite, eux-mêmes à la recherche d’un improbable trésor. Sébastien démontre qu’il n’a pas perdu ses réflexes d’ancien policier et tout naturellement, une histoire d’amour se greffe sur cette trame.

 

A début de cette intrigue, le lecteur a l’impression d’avoir déjà lu maintes fois ce genre d’histoires de tueurs, de courses poursuites, de trésors et de trafiquants. Mais Philippe Ward renouvelle habilement le thème pour offrir, entre fiction et réalité, un opus qui hypnotise au fur et à mesure que l’on entre dans cette succession de péripéties mouvementées.

Cela aurait pu pencher vers un petit côté fantastique, le thème s’y prêtait, avec les bijoux d’origine Muiscas ou Chibcha, du nom de la peuplade indigène qui vivait dans les hautes terres de la Colombie au temps de l’invasion espagnole.

Documenté sans être un guide touristique ou historique pesant, Comuna 13 est un bon roman d’action, d’aventures, agréable à lire et qui au fur et à mesure du développement de l’intrigue devient de plus en plus envoûtant.

Mais il est dommage que subsistent quelques coquilles typographiques, que ne peut relever un logiciel de correction orthographique, parfois savoureuses telles que celle-ci :

Maribel gémit de plus en plus fort, sans se retenir et jouit d’un seul cou.

 

Pour se procurer cet ouvrage, rien de mieux que se rendre sur le site de l’éditeur en pointant le curseur de votre souris sur l’un des liens ci-dessous :

 

Philippe WARD : Comuna 13. Collection I Cal ana. Hors Série 77. Editions Rivière Blanche. Parution 1er mars 2021. 280 pages. 20,00€. Existe en version numérique : 4,99€.

ISBN : 978-1-64932-053-7

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18 mars 2021 4 18 /03 /mars /2021 05:07

Du cercueil en chêne au cercueil à la chaîne…

Hervé MESTRON : Maître de cérémonie.

Pour devenir croque-mort, point n’est besoin d’avoir un casier judiciaire vierge. Du moins aux yeux de monsieur Santoni qui dirige une agence de pompes funèbres. Ce qui arrange bien notre narrateur qui trouve un emploi lui permettant d’oublier son passé et d’envisager l’avenir sous d’heureux auspices.

Ziz (c’est son nom) débute comme porteur, et il faut savoir se tenir droit, marcher au pas, bien placer sa main sous la caisse, l’autre derrière le dos pour compenser le poids, bref tout un apprentissage qu’il assimile assez facilement. Il fait la connaissance de quelques collègues dont Tony, le thanatopracteur, Kevin, le maître de cérémonie, de Nadège qui s’occupe du secrétariat.

Un jour Tony est déclaré absent, sans prévenir, sans toucher à son compte bancaire. Et que peux faire monsieur Santoni sans Tony ? En embaucher un autre. Puis c’est Kevin qui se suicide en basculant de son balcon. Il est vrai que la fonction de croque-mort n’est pas toujours rose.

Alors Ziz est promu maître de cérémonie. Monsieur Santoni lui fait confiance.

Sobre dans ses discours, qui sont réaménagés pour chaque occasion, juste parfois le changement du nom de l’heureux élu destiné à finir poussière, ou cendres, Ziz prend sa nouvelle fonction avec sérieux. Presque. Parfois, il ne peut s’empêcher de s’emmêler la langue, de sourire, ce qui est inconvenant, alors il se retrouve à la porte de ce qui aurait pu être une sinécure. Des clients se sont plaints. Enfin, les membres de la famille du défunt. Il lui faut chercher un nouvel emploi.

Pas de problème, Ziz sait faire. Il s’inscrit dans un club de tir puis avec l’appoint précieux de Nadège, avec laquelle il s’entend très bien et c’est réciproque, il va même alimenter le petit commerce de monsieur Santoni. En général peu de pompes funèbres mettent la clé sous la porte, surtout lorsque d’autres débouchés sont exploités.

 

Court roman ou longue nouvelle, Maître de cérémonie joue résolument dans le registre de l’humour noir, et le lecteur ne peut s’empêcher de sourire lors de certains passages, de certaines descriptions.

Le métier de croque-mort, ou employé des pompes funèbres (chaussures noires exigées), est expliqué de l’intérieur, ce qui est très instructif et ne saura manquer de vous rassurer en cette période où il y a plus de décès que de naissances, selon toutes probabilités.

Mais c’est le traitement de cette intrigue qui déride le lecteur, et plus on avance dans l’histoire, plus on croit lire une farce. Une farce funèbre évidemment, à l’épilogue jouissif. Et comme l’auteur s’adresse la plupart du temps au lecteur, celui-ci devient complice.

 

Tu vois, avant, les filles elles essayaient plusieurs marques de machine à laver avant de se décider, maintenant elles font pareil avec les mecs, elles essaient, elles testent, elles comparent, et au bout du compte, elles s’orientent vers un choix cohérent, au-delà de l’apparence et des boutons qui clignotent.

Hervé MESTRON : Maître de cérémonie. Collection Polaroïd. Editions In8. Parution le 23 février 2021. 80 pages. 8,90€.

ISBN : 9782366241086

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16 mars 2021 2 16 /03 /mars /2021 04:48

Dans la jungle, terrible jungle…

Jack CANNON : La nuit de la jungle.

Ancien agent de la CIA en retraite Engels est découvert assassiné. L'Agence et le BOSSY, groupe d'élite du N.Y. City Police Department représenté par Hauptmann, prennent en charge l'enquête, au grand dam de Ryker.

Il en héritera toutefois lorsque la femme d'Engels, théoriquement protégée par des gardes du corps dans une chambre d'hôtel, connaîtra le sort de son époux. Puis Hauptmann sera découvert, dépecé et torturé sur le toit d'un immeuble où il devait tenir une conférence. Sa femme et l'un de ses enfants sont également abattus.

Jorgenson, qui appartient à la CIA, fournit à Ryker ainsi qu'à son coéquipier Lentini et à Lindly, inspecteur et rare ami de Ryker, des informations. Selon lui le meurtrier serait un nommé Morgan qui aurait été à la solde de l'Agence à la fin de la guerre du Vietnam et aurait à son actif bon nombre de cadavres de Viets sur la conscience, touchant une prime pour chaque dépouille.

Ryker décèle dans la confession de Jorgenson des mensonges ou des omissions. Il pense que Morgan, soi-disant lépreux, est à ses trousses aussi il se réfugie chez les parents de son ex-femme, des Allemands qu'il accuse de nazisme. Ceux-ci possèdent dans leur ferme un arsenal impressionnant. Une nuit ils entendent du bruit. Le lendemain les chiens sont retrouvés morts.

Lentini décède en voulant utiliser la voiture piégée et Lindly est blessé. Ryker regagne New-York. Un nouvel équipier, Crowley, lui est dévolu. Il tend un piège à Morgan en compagnie de Jorgenson dans une localité de Long Island. Les deux hommes se retrouvent seuls en pleine nuit et Jorgenson avoue le reste de l'histoire Morgan.

 

Cette cinquième aventure de Ryker diffère des précédentes en cela que le tueur ne présente pas le même profil, et surtout parce que la CIA est impliquée aussi bien dans cette affaire que dans des exactions commises lors de la guerre du Vietnam.

Un récit qui repose sur le mensonge, les faux-fuyants, les illusions, et au cours duquel Ryker, et le lecteur, a du mal à cerner la vérité. Le doute subsiste dans les esprits quant à l'identité réelle de Jorgenson.

Bizarrement, le copyright est de 1975 alors que l'action se passe au début des années 1980.

Sous le pseudonyme de Jack Cannon se cache Nelson de Mille, auteur américain qui a également signé sous les pseudonymes de Kurt Ladner et Brad Matthews.

Jack CANNON : La nuit de la jungle. (Night of the phoenix – 1975. Traduction de Jean-Louis Touchaut). Série Ryker N°5. Collection Supercops N°24. Editions Fleuve Noir. Parution 25 mars 1998. 220 pages.

ISBN : 978-2265049932

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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 05:14

Le nouveau sujet du Bac ?

Ellery QUEEN : Les quatre côtés du triangle

A la fin des années 1980, de nombreux inédits d’Ellery Queen furent publiés aux Editions J’Ai Lu, alors placées sous la houlette de Jacques Sadoul.

Mais la plupart du temps ce furent des apocryphes, des romans édités sous le label Ellery Queen mais dont le nom des véritables auteurs était masqué. Exemple Sherlock Holmes contre Jack l’Eventreur qui a été rédigé par Paul W. Fairman.

Ces romans n’étaient pas égaux dans la forme et le fond, dans le style et l’écriture, même s’il est toujours difficile de comparer lors de traductions. Les Quatre côtés du triangle possède un petit air de pastiche puisque nous retrouvons le détective, au nom éponyme de son auteur supposé, immobilisé à l’hôpital, dans le rôle d’un Armchair-détective, c’est-à-dire d’un détective qui résout les énigmes sans se déplacer sur le terrain, et dont le plus célèbre représentant reste le héros de Rex Stout, l’Homme aux orchidées alias Nero Wolfe.

On retrouve dans ce roman tout ce qui a fait le charme des précédents romans, cette rigueur de l’intrigue, ce sérieux dans la construction, la résolution de l’énigme par une espèce de jeu de piste. Cette fois, c’est un anagramme qui conduit à la solution, le retournement de situation, tout ce qui a permis à Ellery Queen de régner pendant cinquante ans sur le roman policier sans que les textes aient pris une ride.

 

La famille McKell est richissime de père en fils. Une tradition que le fils bafoue allègrement puisqu’il veut devenir écrivain et ne désire pas succéder à la tête de l’entreprise, de l’empire même, familial.

Lutétia, la mère très puritaine, confie à Dane que son père pourrait avoir des relations extraconjugales. Dane enquête… et s’éprend de Sheila, celle qui serait la petite amie de son père. Cruel dilemme ! Jusqu’au jour où Dane ne peut supporter cette situation et cette tension.

 

Excellent roman signé Ellery Queen, mais qui est l’œuvre d’Avram Davidson, connu en France pour quelques romans de science-fiction et surtout pour ses nouvelles éparpillées dans des revues et magazines dont Mystère Magazine, Le Saint détective magazine, Fiction, Choc et Choc Suspense.

Ellery QUEEN : Les quatre côtés du triangle (The fourth side of the triangle – 1965. Traduction de Laure Terilli). Collection J’Ai Lu policier N°2276. Editions J’Ai Lu. Parution le 29 octobre 1987. 256 pages.

ISBN : 9782277222767

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13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 04:46

Mais on a le droit de le dévoiler ?

Gilles VIDAL : L’art de la fuite est un secret.

Abandonnant sa toile inachevée sur le chevalet (cheval laid ?), Victor, le narrateur, quitté précipitamment son logis parisien et rejoint la gare la plus proche en emportant quelques affaires de rechange dans un sac.

Il se sent traqué (par qui, par quoi, cela ne nous importe pas, c’est la suite qui compte) et prend un billet pour le premier train en partance. Il s’installe dans un wagon et est bientôt rejoint par quelques voyageurs dont une jeune femme.

S’ennuyant, il sort son calepin à esquisses, et croque (tiens, il commence à avoir faim !) la jeune voyageuse. Arrivés à destination, la voyageuse, Agnès de son prénom (nous ne sommes pas encore familiarisés avec elle, mais en l’appelant par son prénom, cela évite les répétitions) demande d’un ton impératif à Victor de lui montrer ses dessins.

Elle est favorablement impressionnée et elle aimerait qu’il lui fasse découvrir sa production. Ne l’aurait-il pas sous forme de clichés dans son téléphone portable ? Comme tous les artistes, il doit être fier de présenter ses œuvres ! Hélas, non. Il a ôté la carte de son portable afin de ne pas être repéré.

Tant pis. Elle l’emmène chez sa grand-mère qui accueille favorablement ce nouvel amoureux. Démenti immédiat d’Agnès, mais ce n’est pas grave. Victor est nettement mieux que Gabriel, le précédent compagnon d’Agnès, qui n’était pas un ange. D’ailleurs Agnès elle aussi est en fuite, désirant échapper à cet individu patibulaire (mais presque) et vindicatif.

Comme il possède son permis de conduire (et doit surtout de se bien conduire), Agnès lui propose d’emprunter le véhicule de sa mamie et de se réfugier dans une vieille demeure appartenant à une grand-tante décédée dans la campagne (non, elle n’est pas décédée dans la campagne, quoi que, c’est la demeure qui est sise dans la nature). Il existe des problèmes d’héritage, n’entrons pas dans les détails, mais laissons nous aller sur de petits chemins qui ne sentent pas forcément la noisette.

Sur place, Victor découvre une résidence quelque peu décrépite mais calme. C’est un bon point, d’autant qu’il pourra s’installer dans une pièce qui semble avoir accueilli quelqu’un qui maîtrisait la peinture (Des palettes en font foi. Des palettes d’artiste-peintre, est-il bon de le préciser !).

Seulement un individu s’invite dans ce petit coin prévu pour le recueillement, et cela dégénère. Un tableau figuratif sous forme de nature morte ?

 

Dans ce court roman, nous entrons de plain-pied dans une intrigue dont on ignore le début, mais cela ne nuit en rien à l’histoire.

Lorsqu’on fuit, il faut se dépêcher. Est-ce pour ça que les chapitres sont inexistants, comme si lecteur devait suivre Victor, le narrateur, et Agnès dans leur périple et surtout ne pas les perdre de vue ?

La peinture tient une grande place dans ce texte, mais ce n’est pas étonnant, sachant que Gilles Vidal est lui-même artiste-peintre. Des tableaux sombres, dans lesquels le noir prédomine, avec des coulures d’un brun rougeâtre, comme des dégoulinures de sang. D’ailleurs, la couverture est là pour en témoigner.

La poésie n’est pas absente non plus car Gilles Vidal n’oublie pas qu’il sacrifie pour son plaisir à cette forme littéraire qui subsiste, bon an mal an, malgré la défection du lectorat.

Cette histoire de fuite en avant (je sais, fuite en arrière serait plutôt impropre), une balade menée rapidement sur les routes, les protagonistes se déplaçant comme s’ils avaient le diable à leurs trousses (ce qui est peut-être vrai) est appelée en général Road-story par les snobinards qui préfèrent se réfugier dans des anglicismes de mauvais aloi. Mais ce n’est en aucun cas, un road-movie comme imprimé en quatrième de couverture, puisque ce terme s’applique aux films. Petite remarque en passant, mais à lire des expressions anglo-saxonnes dans des romans français (dans leur présentation) ainsi que dans les médias, me hérisse toujours un peu le poil.

Nonobstant, ce roman minimaliste est mené sur les chapeaux de roues et démontre que point n’est besoin de s’éterniser dans une intrigue pendant cinq cents kilomètres, pardon cinq cents pages. Trop de délayage fait perdre sa force au propos.

Gilles VIDAL : L’art de la fuite est un secret. Editions La Déviation. Parution le 4 mars 2021. 120 pages. 12,00.

ISBN : 979-1096373369

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11 mars 2021 4 11 /03 /mars /2021 05:17

Que je t’haine, que je t’haine, que je t’haine…

Johnny Halliday.

Maurice PERISSET : Les noces de haine.

Dans le monde du spectacle, au cinéma ou au théâtre, le mensonge est roi. Et pas seulement sur scène.

Il sévit également en coulisses, se cachant derrière les sourires de façade, des amours intéressées, des faux-fuyants, des faux-semblants, des rancœurs, des jalousies professionnelles ou sentimentales.

Le couple formé par Caroline Maxence-Labray, directrice avisée du théâtre Visconti, et Stéphane, son second mari, relégué dans un vague rôle de secrétaire, se lézarde et pas obligatoirement à cause de leurs dix-huit ans d’écart.

Un secret les relie, les attache l’un à l’autre, devenant de jour en jour plus pesant, tel un joug dont chacun d’entre eux voudrait bien se débarrasser. Et pour que ce secret ne s’ébruite pas, afin d’éviter un éventuel scandale toujours préjudiciable dans la vie professionnelle, la seule solution envisageable réside dans la séparation qui ne peut s’effectuer que par la mort de l’un des deux protagonistes.

Caroline, qui ne vit que pour et par son théâtre, décide de supprimer, ou plutôt de faire supprimer son mari, lorsque l’occasion se présente sous la forme d’un jeune comédien. Un jeune pris sur le fait lors d’une indélicatesse et qu’elle pense pouvoir manier à sa guise.

Mais l’on a beau être habitué à la mise en scène et aux scénarios bien ficelés, à la vie comme au théâtre, c’est sans compter sur les impondérables, sur le fameux coup de théâtre. Et caroline n’avait pas tout prévu, n’imaginant une solution qu’en fonction de ses désirs, oubliant un peu vite que son partenaire dans la vie peut bousculer une mise en scène trop bien réglée.

 

Maurice Périsset, qui connait bien le monde du spectacle, a écrit une satire féroce sur le monde du théâtre.

Bien sûr il ne faut pas tout prendre à la lettre, comme dirait mon facteur, mais il n’y a pas de fumée sans feu.

Nonobstant, que le spectacle continue !

Maurice PERISSET : Les noces de haine. Collection J’ai Lu Policier N°2759. Editions J’ai Lu. Parution mars 1990. 320 pages.

ISBN : 9782277227595

Première édition : Editions du Rocher 1984.

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10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 05:36

Les jeux de l’amour et du bas art !

Luis ALFREDO : Artransgression.

Pratiquer des exercices masochistes, parfois cela influe négativement sur la santé. Pour preuve Antoine-Albert de Thiers est retrouvé dans une position plus que délicate, suspendu entre sol et plafond, les fesses bien à l’air et marbrées. Il a été abattu d’une balle de revolver.

Mais ce n’est pas la seule victime de ce genre de jeux pas très innocents, car sa dominatrice, habillée en Catwoman, est, elle aussi, partie retrouver ses ancêtres. Triste fin pour ces deux amateurs de plaisirs frelatés.

Et morbide tableau figuratif qui s’offre à la vue de René-Charles de Villemur et de son adjoint Octave, d’autant que le défunt était le propriétaire d’une galerie d’art moderne. Mais vraiment moderne, c’est-à-dire du grand n’importe quoi sur lequel s’extasient les gogos, les bobos, les spéculateurs.

La première mission de Charles-René est de présenter ses condoléances à la veuve, qui n’est pas joyeuse mais presque. L’entente dans le couple n’était pas cordiale, et d’ailleurs la femme de Thiers qui en valait plus du double, avait conservé son nom de jeune fille. Elle est l’héritière d’un domaine qui périclite et est hypothéqué.

Seulement comme René-Charles ne se laisse pas mener par une première impression, il vérifie les dires de la dame, s’immisce dans les affaires douteuses du galeriste et gratte là où ça démange. Pour cela il embauche son ami le détective Joan Nadal, plus à même de filer la veuve dans ses déplacements. Car la digne madame de Carsac, veuve Thiers, est en relation avec son supérieur hiérarchique, et le grand chef aimerait que René-Charles ne mette pas ses pieds n’importe où.

 

Nous retrouvons René-Charles de Villemur, qui ne déroge pas à ses habitudes, cigarettes mentholées en début de journée, tabac brun dans l’après-midi et cigares coûteux le soir, à la conversation recherchée et à l’inamovible chapeau mitterrandien, sans oublier le nœud papillon, dans une enquête qui ne manque pas de saveur.

Elle nous permet également de retrouver quelques personnages qui évoluent dans les épisodes précédents et ne manqueront pas de fournir la trame d’autres épisodes.

Car il s’agit bien d’un feuilleton que cet Itinéraire d’un flic mais dont chaque épisode se suffit à lui-même. Ou presque.

L’humour est toujours présent et en ce qui concerne l’art dit moderne, nous pouvons lire une diatribe pleine de saveur émise par Joan Nadal, qui compare l’empaquetage du Pont-Neuf par des petites mains payées au salaire minimal par Christo, une œuvre d’art !, et le bâchage par les sœurs des petites mains précédentes d’un immeuble en rénovation, ce qui n’est plus de l’art mais juste une réhabilitation de façade !

 

Luis ALFREDO : Artransgression. Itinéraire d’un flic Saison 2. Collection Noire Sœur. Editions Ska. Parution le 1er mars 2021. 68 pages. 2,99€.

ISBN : 9791023408560

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 04:27

En français, Cow-boy veut dire bouvier ou garçon vacher.

James HOLIN : Pleine balle.

Pourquoi a-t-on affublé de ce terme certains policiers particulièrement virulents ? Parce qu’ils sont souvent prompts à dégainer leur colt ? Peut-être.

C’est le cas de Camerone, commissaire à la Police Judiciaire de Creil, que l’idée vengeance taraude depuis trente ans. Il vit seul, sa femme ayant préféré le quitter pour ne plus subir son caractère acrimonieux, emmenant avec elle leur fille. Et il fait partie de ces nombreux policiers cabossés (il n’y a plus que ça en littérature noire !) avec sa main droite inexistante, sauf lorsqu’il enfile une réplique en résine.

Un vendredi en fin d’après-midi, à quelques jours de Noël, alors que le froid règne en maître sur la cité, Camerone, descendant de Kabyle aux yeux bleus, vitupère. Il est convoqué à Beauvais à une réunion de travail organisée par le directeur de cabinet du préfet, et à laquelle participent également quelques huiles qu’il n’apprécie guère. Seule la colonelle de gendarmerie trouve grâce à ses yeux, à cause de son humour et de son détachement envers ces réunionites qui ne servent à rien.

Quelques affaires sont évoquées, des incivilités affublées d’un nom anglo-saxon, ce qui leur confère probablement plus d’intérêt qu’elles n’en valent. A un moment la colonelle évoque des attaques de distributeurs de billets à la bonbonne de gaz. Aussitôt Camerone établit un lien avec le Blond, un spécialiste de ce genre de braquage qui n’a plus fait parler de lui depuis un bout de temps.

Rentrant à Creil, il est informé qu’un véhicule vient d’être découvert calciné. Il se rend immédiatement sur place, puisque c’est sur son chemin. La plaque d’immatriculation a été volée sur un autre véhicule. Et une concession de voitures allemandes, située près de Chantilly, a été braquée la nuit même. Les indélicats sont repartis avec une grosse cylindrée en brisant la vitre du magasin. Comme personne ne l’attend chez lui, il décide d’aller faire une petite visite chez le concessionnaire afin de visionner les enregistrements des caméras de surveillance.

Il assiste en différé à l’attaque de la concession et du départ précipité de la salle d’exposition (Showroom pour les snobs) de la voiture volée. Un épisode parmi tant d’autres à mettre à l’actif des cambrioleurs. Il s’agit de trois hommes cagoulés et il lui semble reconnaître à l’apparence physique, à sa façon de procéder, à une gourmette, celui qu’il traque depuis des années. Celui qui est surnommé le Blond, ou encore le Manouche.

Par un indicateur qui vit lui-même dans une caravane, il parvient à engranger quelques éléments concernant les trois malfrats et localiser l’endroit où se terre le Blond. Mais il veut le surprendre en flagrant délit. Alors il appelle à la rescousse ses hommes, dont une femme. Débute alors une course poursuite nocturne entre le Blond et ses deux compagnons, et les deux voitures banalisées de la police, avec à bord Bernard, son adjoint, Leila, la capitaine de la PJ avec laquelle il entretient une relation épisodique et en dents de scie, Martoche, le brigadier pas très finaud ainsi que Testo, un petit nouveau qui est un adepte de la musculation. En salle ou ailleurs.

Débute une longue nuit de poursuite sur les routes départementales de l’Oise, avec une incursion dans la Somme, les policiers assistants à quelques effractions de la part du Blond et de ses compagnons. Et dans le froid et l’humidité, Camerone pourrait fredonner La nuit est chaude, elle est sauvage…, mais il n’est pas un amateur de chansons populaires. Il préfère la musique dite classique.

 

Le lecteur suit cette équipée sauvage tout en découvrant au cours des chapitres ce qui motive cette vindicte qui anime Camerone. Pour autant, et ce n’est que mon avis personnel, je n’ai guère ressenti de compassion, d’empathie, ni même de sympathie envers ce flic obnubilé par une affaire dramatique qui remonte à trente ans auparavant.

Certes, James Holin joue dans le registre de l’émotion, mais cela ne suffit pas pour faire vibrer. Certes il existe des épisodes épiques, très cinématographiques, avec un policier qui se prend pour l’inspecteur Harry Callahan, plus connu sous le surnom de Dirty Harry. Les différents protagonistes de cette intrigue menée en quatrième vitesse, ils passent même la sixième en certains endroits, ne sont pas lisses. Ils possèdent tous un profil atypique, une psychologie très marquée devenant presque des caricatures de personnages sortis d’une bande dessinée. Et parfois la tension monte entre eux dans une ambiance de jalousie, de déception, de rancœur. Mais il faut préciser que Camerone y est pour beaucoup dans ce climat délétère.

D’autres épisodes sont humoristiques, notamment la conférence de presse organisée par le procureur d’origine alsacienne surnommé Kouglof. Un personnage imbu de sa petite personne et qui ramène à lui les succès enregistrés par les policiers.

Autre moment de détente, lorsque les policiers empruntant un chemin forestier tombent sur des amatrices de glands dans une forêt de chênes. Si je puis m’exprimer ainsi.

 

James HOLIN : Pleine balle. Collection Polar en France N°32. Editions du Caïman. Parution 23 février 2021. 268 pages. 13,00€.

ISBN : 978-2919066872

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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 05:12

Quand un gendarme rit, dans la gendarmerie…

Henri CHRISTIAN : Lame louche pour un Manouche.

Encore une collection éphémère !

Cette nouvelle collection éditée par le Fleuve Noir et écrite par deux journalistes se veut fort sympathique car elle met en scène des personnages que l’on a plus l’habitude de remarquer les jours de week-end, le long des routes, surveillant la circulation en verbalisant les chauffards imprudents et trop pressés.

C’est oublier un peu vite que les gendarmes, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, jouent un rôle prépondérant dans le monde rural et qu’ils sont à même de mener des enquêtes souvent ardues dans un contexte pas toujours bon enfant.

Foin donc des super-héros, mais un hommage rendu à des hommes qui tentent de faire leur métier le mieux possible. C’est le travail de toute une équipe qui est mis en valeur, et cette série, sans prétention, a le mérite de montrer les difficultés que rencontrent des hommes sur le terrain.

 

Lame louche pour un Manouche nous entraîne dans une communauté que peu de gens connaissent vraiment et sur laquelle, pour d’obscures raison, plane une aura de méfiance et de maléfice. Les gens du voyage, les Bohémiens, réputés à tort souvent comme des voleurs de poules et d’enfants, les Manouches, mot employé comme un qualificatif de dénigrement et de rejet. Devenu souvent synonyme de voyou.

Dans la région d’Angers, en une nuit, sept châteaux ont eu droit à la visite de cambrioleurs qui ont dérobé des pendules, des meubles.

Chez le marquis de Gerbeau ce sont des tabatières qui ont disparu. Le marquis a reçu une décharge de chevrotines dans l’épaule. Le crime semble signé, pourtant les deux communautés de Manouches qui vivent dans la région, et qui sont à couteaux tirés entre elles, n’ont jamais eu maille à partir avec les forces de l’ordre, ou si peu. Dans le même temps, la fillette de l’expert chargé d’évaluer les dégâts est enlevée.

Ces deux affaires échouent dans les mains des gendarmes, plus particulièrement dans celles de Guérin, ancien aide de camp du marquis de Gerbeau.

 

Une série reposante qui change de celles consacrées aux brigades mais n’aura pas connu le succès puisque seuls quatre titres seront proposés. Peut-être la présence des gendarmes aura-t-elle nui à cette collection dont les couvertures, il faut bien l’avouer, n’étaient guère affriolantes.

Sous le pseudonyme de Henri Christian, se cachent deux journalistes, Henri Bovet et Christian Gonzalès.

Henri CHRISTIAN : Lame louche pour un Manouche. Collection Beretta 9mm N°1. Editions Fleuve Noir. Parution mars 1989. 192 pages.

ISBN : 9782265040007

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1 mars 2021 1 01 /03 /mars /2021 04:16

C'est le plus grand des voleurs,
Oui, mais c'est un gentleman…

Frédéric LENORMAND : Un amour d’Arsène Lupin.

S’emparer d’une illustre personnalité ou d’un personnage de fiction célèbre, et lui inventer de nouvelles aventures, c’est un peu le fond de commerce de Frédéric Lenormand et cela lui réussit bien.

En cette année 1905, naissance littéraire d’Arsène Lupin, un directeur d’agence bancaire, Stanislas Moussy-Garcin, rencontre dans un salon du Crillon d’éventuels clients, les appâte et prend rendez-vous sur rendez-vous. Les jours de la semaine sont déterminés en fonction du nombre de chiffres liés à la fortune des futurs clients venant déposés dans les coffres leurs richesses. C’est ainsi qu’un gros bijoutier belge, Théophraste Vroms, venu investir à Paris, loue un coffre pour y déposer une grosse somme en bons du Trésor. En le raccompagnant à la porte de l’établissement, le banquier remarque deux choses.

D’abord le gros bijoutier discute avec l’une de ses employées, au décolleté avantageux. Et au sol, il ramasse une petite boîte d’allumettes sur laquelle figure le nom d’un restaurant de Fontenay-aux-Roses.

Le lendemain, Théophraste Vroms, qui désire finaliser son opération bancaire, est fort ébaubi de se trouver devant un immeuble en cours de démolition. Le bijoutier n’est qu’un pigeon déplumé, mais il n’est pas le seul.

Un agent de change et un courtier en bourse décident de porter plainte auprès de l’inspecteur Ganimard qui immédiatement pense à un coup monté par son ennemi personnel, Arsène Lupin. D’ailleurs les costumes utilisés par les affidés du célèbre cambrioleur ont été retrouvés chez une certaine Jacinthe Bourdoni, officiellement chiffonnière à Ménilmontant, et probable complice de Lupin.

Mais elle ne dira plus rien car elle a été retrouvée étranglée à l’aide d’une cravate bleue appartenant à celui qui a été surnommé le gentleman cambrioleur. La Jacinthe a été cueillie.

Lupin est de mauvaise humeur car les titres dérobés dans le coffre loué par le bijoutier Vroms sont faux. Lui aussi s’est fait arnaqué, mais il ne veut pas en rester là, d’autant qu’il est accusé de meurtre. Ce qui entache son honneur. Il décide alors de rencontrer le docteur Kloucke, psychologiste, chez qui il se rend souvent pour des consultations même sans rendez-vous. Il s’arrange pour prendre la place d’une pratique. Or la conversation avec le toubib n’est pas dénuée d’intérêt. Le meurtre à la cravate est probablement signé, le médicastre possède quelques documents, par un certain Rauconnière qui n’en est pas à son premier exploit, mais qui est insaisissable. D’ailleurs il se fait passer pour mort.

Pourtant Lupin possède un indice. Rauconnière pourrait nicher à Fontenay-aux-Roses. En parcourant la petite ville banlieusarde, Lupin remarque une demeure enfouie dans un parc immense. Il s’agit de la clinique Legrand, spécialisée dans le traitement des troubles mentaux. Une cachette idéale pour Rauconnière, pense Lupin. Et le hasard faisant bien les choses, une petite annonce dans un journal local attire son attention. La clinique Legrand recherche un infirmier qualifié pour compléter son personnel.

C’est ainsi que nous pénétrons dans cette clinique psychiatrique de Fontenay-aux-Roses en compagnie de Lucien Dantry qui se présente pour la place d’assistant. Il vient d’être précédé par Ganimard, dont l’un des hommes a filé Lupin quelques jours auparavant et l’a vu trainant du côté de la clinique.

Parmi les clients, comme définit le docteur Legrand en parlant de ses malades, sont logés un paranoïaque, un agoraphile, un exhibitionniste suicidaire, un alcoolique mondain, un peintre dont la particularité est de peindre toujours le même visage, monochrome mais en des teintes différentes (peut-être a-t-il inspiré Andy Warhol ?) et quelques autres qui retiennent l’attention.

 

Tranquillement Frédéric Lenormand avance son intrigue en laissant planer le doute sur l’identité de Lupin et de Rauconnière à l’intérieure de cette clinique étrange. Car il faut se méfier des évidences, les deux hommes étant des adeptes des déguisements en tous genres.

D’ailleurs on retrouvera au fil de cette enquête Lupin sous diverses identités, telles que magicien avec lapins et colombes ou sous les traits d’un cuisinier en spécialités régionales. Mais ce grand manipulateur ne pensait certes pas devenir amoureux d’une infirmière. Comme quoi tout arrive.

Frédéric Lenormand sait faire monter le suspense, et décline cette histoire dans laquelle Lupin se débat, avec humour mais aussi avec tendresse. On pourrait presque cataloguer ce roman policier de roman d’amour. Mais souvent l’un ne va pas sans l’autre, n’en déplaise à ceux qui dédaignent les romans sentimentaux. Et la violence des sentiments vaut largement les violences physiques, même si parfois les deux vont de paire.

Frédéric Lenormand s’avère aussi manipulateur que son héros ! Et son roman se lit comme un bon vieux feuilleton rétro (je laisse vintage pour les snobs !).

Frédéric LENORMAND : Un amour d’Arsène Lupin. Collection Le Masque Poche. Editions Le Masque. Parution le 27 janvier 2021. 266 pages. 8,50€.

ISBN : 9782702449684

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
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