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22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 05:34

Qui s’y frotte s’y pique !

André CAROFF : Les monstres de Mme Atomos.

Un jour, un inconnu vous aborde dans la rue ! Il ne vous offre pas des fleurs, mais incidemment vous pique par maladresse. Ce n’est rien ou pas grand-chose. Seulement au bout de quelques heures, votre caractère bon enfant est transformé. Vous devenez vindicatif, violent, et vous vous en prenez à votre femme et à vos enfants. Vous êtes transformé en bête humaine, et massacrez votre famille qui n’y comprend rien ! Et pour cause ! Et vous continuez vos méfaits auprès de vos voisins et même des personnes étrangères de votre entourage.

Cet incident qui aurait pu passer inaperçu devient peu à peu une hécatombe, une hémorragie parmi les habitants de la cité portuaire. Bientôt près de quatre mille victimes sont recensées. Baltimore a peur !

Pour Smith Befford, Yosho Akamatsu et le docteur Alan Soblen, nul doute que madame Atomos vient encore de faire des siennes, malgré la trêve qui avait été conclue entre les hommes du FBI et la sinistre vengeresse.

En effet cinq mois auparavant, madame Atomos s’était emparée de la femme de Smith ainsi que de son gosse. Elle avait donné six mois pour que l’armée américaine quitte le Vietnam ainsi que la rétrocession en sa faveur de la Californie, du Nevada et de l’Arizona. Sinon la femme de Smith et son fils seront transformés en serviteurs de l’Organisation Atomos.

Une organisation implacable qui continue à faire des ravages parmi la population de Baltimore. Smith et ses amis rencontrent William Jewel, le directeur du FBI local qui met à leur disposition ses hommes, s’impliquant personnellement dans l’enquête et la traque des nuisibles. Des sentinelles sont postées sur les docks, mais à cause d’inattention ou parce qu’ils n’ont pas vraiment pris la mesure du danger, ils sont transformés en cadavres. Toutefois Smith est en permanence sur les dents, et en compagnie de Yosho, il repère des sortes de zombies dont l’un possède le physique de l’une des premières victimes des piqûres.

Smtih va pouvoir délivrer Mie et son fils, seulement, alors qu’ils sont près de capturer madame Atomos et sa bande celle-ci parvient à s’échapper. Car outre une organisation remarquablement structurée, elle possède des armes, un sous-marin, des complicités, et à fait construire des refuges souterrains.

 

Comme on le voit, il n’y a guère de temps morts dans ce roman catastrophe, car le final joue sur une forme d’apocalypse comme ces films du même nom, hauts en couleurs, plein de bruit et de fureur. Et l’épilogue nous promet de nouvelles aventures frénétiques, suite des précédentes. Mais chaque roman peut se lire indépendamment des autres ce qui ne veut pas dire qu’il faut pour autant les occulter. Car si Smith a gagné une bataille, il n’a pas gagné la guerre.

Madame Atomos est aveuglée par sa haine et tous les moyens sont bons pour l’entretenir et l’assouvir. Elle fait penser à ces méchants démoniaques de la littérature populaire qui vont de Fantômas à Fu-Manchu en passant par Zigomar.

En effet elle possède des moyens inouïs pour réaliser ces funestes projets et elle incarne le Mal Jaune qui était souvent mis en scène. Mais cette saga met en opposition deux façons de vivre, de voir, deux continents en perpétuel conflit économique et politique. La guerre du Vietnam étant là pour nous le rappeler.

Roman d’action et d’aventures, Les monstres de Madame Atomos versent également dans le fantastique, la science-fiction, l’angoisse et le suspense. Une histoire au cours de laquelle le lecteur ne s’ennuie jamais.

 

Sommaire du volume publié chez Rivière Blanche :

Préface de Francis Saint Martin

- L'erreur de Mme. Atomos

- Mme. Atomos prolonge la vie

- Les monstres de Mme. Atomos

- L'Affaire Atomos, une nouvelle inédite de Win Scott Eckert

Première édition : Collection Angoisse N°143. Editions Fleuve Noir. Parution 3e trimestre 1967. 224 pages.

Première édition : Collection Angoisse N°143. Editions Fleuve Noir. Parution 3e trimestre 1967. 224 pages.

André CAROFF : Les monstres de Mme Atomos. Collection Noire N°3. Editions Rivière Blanche. Parution juillet 2007. 404 pages. 25,00€.

ISBN : 978-1-932983-87-6

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 05:05

Faut-il compter sur la Providence

pour nous éclairer ?

Hervé PICART : La lampe de Providence.

Non loin de l’échoppe de Franz Bogaert, stationne en plein milieu du canal une barque faiblement éclairée d’une lanterne dont la lumière bleuâtre perce difficilement les ténèbres.

Lauren, la belle et énigmatique assistante de l’antiquaire Bogaert, qui rentre des Etats-Unis avec dans ses bagages une lampe mystérieuse, est intriguée sans plus par cette lueur. Bogaert est attiré par ce présent inopiné remis la veille de Noël, lui qui a en horreur ce genre de célébration. Il évalue la fabrication en 1846, date à laquelle l’Iowa a été rattaché aux Etats-Unis, devenant le vingt-neuvième état. Sur le fond du falot de la lampe figure un œil, symbole franc-maçon. Cette lampe, conçue de façon particulière avec des ailettes réfléchissant la lumière produite par la combustion de pétrole, l’un des premiers modèles mis en service, possède un pouvoir hypnotisant. Or lorsque Bogaert se réveille de son assoupissement, il se remémore ce qu’il a vu, ce qu’il a vécu, comme s’il était présent physiquement dans cette scène à laquelle il a assisté. La scène se passe à Providence, dans Rhode Island, ville qui plus tard sera indissociable d’un enfant du pays, Lovecraft, lui-même influencé par Edgar Allan Poe.

Maître Ridgeway vient de décéder, selon toute vraisemblance d’une crise cardiaque. Près de lui un toubib et un étudiant en médecine qui est aussi l’assistant de Ridgeway. Sur la poitrine du défunt, une marque, comme s’il s’agissait d’une perforation avec un poignard. Mais cette cicatrice n’est que superficielle. D’autres séances d’hypnotisme près de cette lampe vont permettre à Bogaert d’affiner cette première séquence. Les autres scènes auxquelles Bogaert assiste permettent de comprendre que Ridgeway était lui-même magnétiseur-hypnotiseur, que son assistant était très épris de la fille du mort mais allait butiner ailleurs, et qu’un illuminé qui s’appelle Nathaniel Cross, surnommé le Christ de Pawtucket et portant des stigmates, possédait des accointances avec le magnétiseur. Mais un autre personnage s’immisce dans ce petit théâtre : Edgar Allan Poe qui batifole dans un cimetière en compagnie de la femme de lettres Sarah Helen Whitman. A cause de son intempérance, il verra son mariage avec Sarah annulé le jour de la cérémonie et deviendra une loque.

 

Pendant ce temps, la mystérieuse barque est arraisonnée par des policiers, mais quelques nuits plus tard, elle revient avec toujours son falot bleu pour seul occupant. Bogaert prélève un liquide contenu dans un bourrelet situé autour de la lampe et selon un spécialiste, il ne s’agirait que d’eau. Une eau toutefois particulièrement riche en fer et en magnésium, appelée aussi Metal water, qui posséderait la particularité de garder en mémoire des événements. Bogaert demande des renseignements auprès du département d’histoire locale de la Brown University. Le contact est pris lors d’une visioconférence et son interlocutrice se révélera posséder des charmes mammaires assez conséquents. Ce qui vaudra à Lauren de placer cette répartie humoristique et cinglante : Avant de se faire poser ses implants, s’est-elle demandé ce que la silicone valait ?

 

Les scènes issues du XIXème siècle laissent parfois la place à d’autres visions dont le personnage principal, évoqué ou présent est Laura, la femme de Bogaert, disparue depuis cinq ans et recherchée activement par le beau-père de l’antiquaire. Proche et insaisissable, tel est le paradoxe émanant de cette femme que Bogaert continue à aimer malgré les approches de Lauren.

Le lecteur est invité à voyager spirituellement entre Bruges, où réside Bogaert, et Rhode Island, le théâtre de cette affaire qui se déroule approximativement entre 1848 et 1849.

Une histoire de meurtres résolue à distance spatio-temporelle, Bogaert devenant le nouveau génie de la lampe, histoire qui ne doit rien à la providence mais à une forme de déduction par images virtuelles.

Du grand art avec l’ombre de Poe planant sur cette intrigue qui mêle fantastique et littérature, le tout saupoudré d’un humour subtil et délicat. Et l’énigmatique Lauren, qui vit au dessus de l’échoppe, s’exprime en semant ses aphorismes, maximes et autres sentences, empruntées à la culture du Pays du Soleil Levant, vraies ou fausses.

Il en est des sentiments les plus exquis comme vos porcelaines les plus fines : tout se fendille, tout se fêle.

Hervé PICART : La lampe de Providence.

Hervé PICART : La lampe de Providence. L’Arcamonde 5. Editions du Castor Astral. Parution le 19 mai 2011. 242 pages. 15,20€.

ISBN : 978-2859208363

Réédition version numérique le 17 mars 2017 : 9,99€.

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15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 05:38

Oniria, où tu voudras quand tu voudras…

Jimmy GUIEU : Oniria.

Depuis une quinzaine de nuits, l’ingénieur chimiste Raymond Dubray est la proie d’un rêve récurrent inquiétant. Une créature enchanteresse, vêtue d’un voile arachnéen, dans un décor de lande, surgissant de la brume avec en fond sonore une envoûtante mélopée, s’impose à son esprit avant de se dissoudre peu à peu, la musique devenant de plus en plus hallucinante et douloureuse. Elle se nomme Oniria.

Enfin, un matin, il s’aperçoit en se réveillant qu’il a inscrit un mot sur un bout de papier posé sur sa table de nuit. C’est bien son écriture mais il ne se souvient de rien. Acide glutamique. Il a probablement agi en état de somnambulisme, allant chercher un papier et un stylo rouge dans sa serviette et rédigeant ces deux mots dans le noir. Acide glutamique, un produit dont personne ne se sert dans le laboratoire où il travaille.

Pendant le même temps, Micheline Laurent, la secrétaire laborantine de Raymond Dubray, est assaillie par le même rêve à deux exceptions près. Cette fois il s’agit d’un homme qui sort des limbes dans le même décor. Et au petit matin, elle se rend compte qu’elle a noté sur un bout de papier la mention Trichloréthylène.

Les deux collègues s’estiment mutuellement et non seulement s’apprécient mais ressentent une amitié sincère entre eux. Arrivés au laboratoire, coïncidence, le directeur du laboratoire demande à Dubray de travailler sur le glutaminol afin d’étudier la composition d’une spécialité pharmaceutique nouvelle. Etonnement de la part du chimiste, mais également de celle de Micheline puisque le patron en profite pour lui réclamer de distiller sept litres de trichloréthylène, dans le but d’essayer de nouveaux types de flacons spéciaux en matière plastique.

Les deux amis en arrivent à se confier et à confronter la teneur de leurs rêves. Et d’après les recherches qu’ils ont effectuées au cours de la journée, décident de procéder à une expérience le soir même chez le chimiste, seulement un petit incident se produit. Ils sont anesthésiés et ils se retrouvent à terre profondément endormis. Ils rêvent, couchés l’un à côté de l’autre, d’Oniria qui cette fois se compose des deux entités. Un couple de poltergeists selon Raymond.

Ils sont réveillés beaucoup plus tard par Pierre Deschamp, un collègue et ami biochimiste qui doit procéder à des expériences sur des souris de laboratoire, et qui est fort étonné de les retrouver ensemble. Les résultats des tests auxquels il procède sont assez édifiants. Raymond et Micheline sont à nouveau assaillis par leurs rêves récurrents et ils retrouvent les deux entités qui déclarent s’appeler Yanhoa et Talg’hor. Mais le décor n’est plus le même. Cette fois ils sont dans une sorte de laboratoire.

 

Reconnu comme un spécialiste des phénomènes paranormaux, Jimmy Guieu intègre cette discipline dans ce roman, quelque peu verbeux, alors que je m’attendais à une histoire onirique.

En s’aidant de découvertes récentes, lors de la parution de ce roman, dont l’acide aminé glutamique qui fut employé en neurologie-psychiatrie comme psychostimulant mais abandonné en 2005 et en explorant la métempsycose, le psychisme, le double de l’être humain dans des émanations provenant d’un univers mental, et peut-être réel, Jimmy Guieu se complait à la relation d’expériences scientifiques et surtout psychiques qui alourdissent la narration.

Il met en scène un phénomène paranormal provoqué par l’inhalation de produits utilisés de façon aléatoire, et souvent des expériences ratées ont débouché sur des résultats surprenants, mais ces entités nées concomitamment dans les esprits de Raymond et de Micheline, deviennent des êtres venant de l’au-delà sans pourtant être de chair s’imposant à leurs cerveaux.

Ce roman s’adresse plus aux esprits scientifiques et à ceux qui s’intéressent aux phénomènes paranormaux qu’à un lecteur désireux de passer un bon moment de lecture tranquille avec une histoire angoissante mais limpide.

 

A défaut de comprendre par quels moyens – psychiques ou mécaniques – cette influence fut exercée, on peut valablement penser que la suggestion s’opéra en nous par un phénomène, encore assez mal connu, appelé perception inconsciente ou subception. Cette propriété de notre cerveau démontre l’existence d’une conscience inconsciente, qui se manifesta, pour mon compte, lors de notre sommeil. Mais la subception apparaît aussi chez des sujets aptes à sombrer volontairement ou involontairement dans une sorte de schizoïdie. J’entends par là, pour des sujets sains d’esprit et non pas des schizophrènes, la faculté de s’isoler de l’ambiance extérieure et de perdre tout contact avec elle.

 

Réédition : collection Super luxe N°66. Editions Fleuve Noir. Parution 2e trimestre 1979.

Réédition : collection Super luxe N°66. Editions Fleuve Noir. Parution 2e trimestre 1979.

Réédition : collection Science-fiction Jimmy Guieu N°72. Editions Presses de la Cité. Parution mai 1989.

Réédition : collection Science-fiction Jimmy Guieu N°72. Editions Presses de la Cité. Parution mai 1989.

 

Pour en savoir un peu plus sur Jimmy Guieu :

 

Jimmy GUIEU : Oniria. Collection Angoisse N°92. Editions Fleuve Noir. Parution 4e trimestre 1962. 224 pages.

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10 janvier 2019 4 10 /01 /janvier /2019 05:02

Ceci n’est pas pour les végans… !

Serge BRUSSOLO : Les écorcheurs.

Les caisses du royaume sont vides et pour les renflouer, il n’y a qu’une solution : aller chercher les trésors où ils se trouvent, c’est-à-dire au fond de l’océan.

Un vieux navire est spécialement affrété mais ce bâtiment traîne derrière lui une réputation peu flatteuse. De plus son château arrière est construit de bric et de broc. Ses sculptures proviennent d’un théâtre désaffecté Grand Guignol pour pervers, ou encore d’une église dédiée à Saint Goom l’Irradié.

En guise de figure de proue est clouée une caricature monstrueuse, un gorille de métal ancien automate. L’on ne peut pas dire que soient réunies les conditions idéales d’une calme croisière.

Pourtant un jeune adolescent épris d’aventures et de liberté n’est pas découragé, et il embarque sur cette nef dont l’équipage n’est qu’un ramassis de malandrins, et dont le capitaine apparemment ne connait rien à la navigation.

Seul le quartier-maître possède l’autorité nécessaire et les notions de navigation indispensables à un voyage sans problèmes. Sans problèmes ai-je écrit ? C’est sans compter avec les éléments incontrôlables qui hantent le navire.

Et vogue la galère parmi l’horreur, l’angoisse et l’épouvante.

 

Dans un entretien accordé au magazine L’écran fantastique, Serge Brussolo avoue que son adolescence a été bercée par les romans d’aventures. Repris par son démon, il a décidé d’écrire, je cite :

Une SF folle, qui utilise de bonnes idées délirantes avant de les rationaliser dans une espèce de logique absurde afin d’en faire quelque chose de crédible. J’utilise une SF où tout s’interpénètre : le surréalisme, le fantastique et le roman policier.

Fin de citation.

En lisant Les écorcheurs, j’ai eu l’impression parfois de retrouver Pierre Mac Orlan et Jean Ray dans certains de leurs écrits. Je ne sais pas s’ils influencèrent Serge Brussolo, mais quoiqu’il en soit, le délire littéraire qui habite cet auteur en fait l’un des grands Angoisseurs français.

Serge BRUSSOLO : Les écorcheurs. Collection Science-fiction N°1. Patrick Siry éditeur. Parution septembre 1988. 160 pages.

ISBN : 2-7391-0000-0

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7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 05:13

Jean Ray, ton univers impitoyaaableee !

Jean RAY : Le Carrousel des Maléfices.

Ceux qui ont lu Le Carrousel des Maléfices, penseront peut-être que cette réédition n’est pas indispensable dans leur bibliothèque, ce en quoi ils auraient tort, car ce volume comporte neuf textes qui ne figuraient pas dans les éditions précédentes, que ce soit dans les divers éditions et rééditions Marabout ou à la Librairie des Champs-Elysées ou encore chez Néo.

Que dire de plus que ce qui a déjà été écrit, et par plus spécialiste que moi ? Rien ou presque. Que cet auteur nous prend par les yeux, que l’on ne peut lâcher un texte entamé, et qu’il nous offre de délicieux frissons. Jean Ray nous entraîne, nous enchaîne dans son univers particulier, glauque, humide, poisseux, fuligineux, et si l’on sort la nuit, on se demande si l’on ne va pas se trouver nez à nez avec l’une de ses créatures humaines déambulant dans des ruelles sordides qui ne sont pour nous que des endroits faiblement éclairés.

Mais au travers de courts textes, regroupés sous le titre Histoires drôles, qui ne dépassent pas parfois une page, il joue avec nous dans une ambiance humoristique et pourtant noire, très noire. Ainsi dans ses Histoires drôles la dérision l’emporte sur le fantastique habituel.

 

Dans M. Gless change de direction, Jean Ray revisite et détourne le mythe de Jack l’Eventreur avec malice. C’est le premier texte qui ne figurait pas dans la version initiale du Carrousel des maléfices.

Certains de ces textes, dont La formule et Monsieur Banks et le boulet Langevin par exemple possèdent en commun le thème de l’espace-temps, ou Quatrième dimension. Des historiettes qui se déroulent de nos jours, ou du moins à l’époque où elles ont été écrites, ou dans des milliers d’années, un peu comme de l’anticipation pseudo scientifique, ou encore qui reprennent le mythe de la vie éternelle mais toujours avec cet humour particulier qui a fait la renommée du fantastiqueur belge.

 

Dans sa longue postface, c’est-à-dire à lire après s’être imprégné de l’ambiance qui se dégage des nouvelles de Jean Ray, et que par esprit de contradiction j’ai lue en priorité, Arnaud Huftier, le grand maître et spécialiste de l’œuvre de l’un des représentants majeurs de la littérature belge, dresse un bilan sur les dix volumes composant cette édition dans des versions dites originales et intégrales. Et apporte un éclairage sur les divers thèmes chers à Jean Ray, et principalement celui de la petite bourgeoisie et son emblème des nourritures terrestres, nourritures si vivifiantes et pourtant parfois mortifères.

Bref un recueil à déguster sans crainte d’indigestion, et qui ne vous fera pas mourir d’ennui.

 

Sommaire :

Le carrousel des maléfices

Mathématiques supérieures

La tête de monsieur Ramberger

Bonjour, Mr. Jones !

Histoires drôles : Drôle d'histoires ; Soirée de gala ; Merry-fair ; La tête parlante ; Merry-go-round ; Le toboggan.

Têtes de lune

Le banc et la porte

Croquemitaine n'est plus

Puzzle

L'envoyée du retour

La sotie de l'araignée : l'ombre

S.A. La mouche

S.A. Le crabe

S.A. La fileuse

S.A. Le monstre

S.A. Les évadées

Le beau dimanche

Le Ressaract

La sorcière

Les gens célèbres de Tudor Street

Trois petites vieilles sur un banc

La conjuration du lundi

Un tour de cochon

Smith... comme tout le monde

Autres textes

Mr. Gless change de direction

La Princesse Tigre

Je cherche Mr. Pilgrim

L'expérience de Laurence Night (Thunder-powers)

La formule (A story of fourth dimension)

M. Banks et le boulet Langevin

Le tueur et le fantôme

La fausse clé

Le crime des autres

Postface et bibliographie d’Arnaud Huftier.

 

Pour découvrir les anciennes éditions, vous pouvez visiter sans dommage le lien ci-dessous :

Jean RAY : Le Carrousel des Maléfices. Alma Editeur. Parution le 29 novembre 2018. 292 pages. 18,00€.

ISBN : 978-2362792793

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4 janvier 2019 5 04 /01 /janvier /2019 05:14

Cela devient de plus en plus difficile à trouver !
Pas les jeunes filles, mais les sourires fragiles !

Pierre PELOT : Une jeune fille au sourire fragile.

Afin d’écrire en toute tranquillité un scénario et parce que son ménage bat de l’aile, Kate a décidé de s’exiler provisoirement dans un petit village vosgien.

Adieu les turbulences, les trépidations de la vie parisienne. Bonjour la quiétude, le calme.

La jeune femme qui l’accueille à sa descente de train et qui lui loue un appartement au fond d’une impasse a un comportement quelque peu bizarre. Mais peut-être n’est-ce dû qu’à des soucis ? Certaines manifestations entretiennent sensation, cette impression de malaise, de bizarrerie.

Un trousseau de clés déposé au bas de l’escalier, des traces de boue sur les marches de l’escalier menant à l’étage supérieur, un appartement qui semble attendre une improbable occupante.

Kate peu à peu va vivre une aventure incroyable au contact de sa logeuse.

 

Pierre Pelot est fidèle à ses thèmes et à sa région : les Vosges. Dans une ambiance déroutante, insidieusement le fantastique, l’angoisse, l’horreur s’installent, chassant la banalité du quotidien, alors que la pluie ne cesse de tomber.

Entre les deux femmes pourrait naître une troublante amitié mais l’ombre d’une sœur défunte plane sur leurs relations.

Pierre Pelot tisse son histoire comme une araignée sa toile, sans précipitation, avec naturel, avec talent. Un fantastique presque banal dont les artifices sont exclus. Comme un rêve dont on a du mal à se débarrasser et qui s’accroche tout au long de la journée dans un esprit enfiévré.

Un rêve ou un cauchemar !

Collection Présence du Fantastique N°20. Denoël. Parution mai 1991.

Collection Présence du Fantastique N°20. Denoël. Parution mai 1991.

Ce roman a été réédité dans la collection Présence du Fantastique dans une version remaniée et améliorée en mai 1991.

Pierre PELOT : Une jeune fille au sourire fragile. Collection Science-fiction N°6. Editions Patrick Siry. Parution septembre 1988. 160 pages.

Réédition : Collection Présence du Fantastique N°20. Denoël. Parution mai 1991. 224 pages.

ISBN : 2-7391-0005-1

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29 décembre 2018 6 29 /12 /décembre /2018 05:53

Il parait que les blondes sont écervelées. Il parait !

Jean-Marc DEMETZ : Désoxy.

Pour la capitaine Anouck Furhman, et ses deux adjoints de la police criminelle de la région lilloise, cette affirmation pourrait bien se révéler exacte, mais pas dans le sens qui lui est octroyé par les humoristes, aussi bien masculins que féminins.

Le cadavre d’une jeune femme vient d’être retrouvé, décapité, puis d’autres représentantes du sexe féminin sont enlevées, et elles sont toutes blondes, avec des cheveux longs. Une enquête qui lui prend la tête, à la capitaine Furhman, d’autant qu’elle est agressée en rentrant chez elle par un individu en pardessus, portant sur le chef un chapeau qui lui mange le visage. Le temps qu’elle reprenne ses esprits et l’homme s’est carapaté. Elle découvre un papier glissé sous la porte de son appartement, lui posant cette question pour le moins sibylline :

Prélève-t-il les cerveaux ?

Suivent ensuite des consignes pour la réponse.

Le lendemain matin, elle narre sa déconvenue de la veille, le message, et surtout elle possède le couvre-chef de son agresseur. Un objet, qui pourrait être d’origine flamande, mais ce n’est pas sûr. Quoiqu’il en soit, ce chapeau bizarre dans sa forme est transmis à la Scientifique, avec l’espoir que les résultats d’analyse ne se fassent pas attendre trop longtemps. Mais selon toute vraisemblance ce chapeau n’est pas de première jeunesse, d’autant qu’il est reproduit sur un tableau de Rubens datant de 1624.

Les événements se catapultent. Une seconde victime, blonde aux cheveux longs, est enlevée sous les yeux de touristes, dans un parc des environs de Valenciennes. Ceux-ci peuvent donner une description approximative du ravisseur. Tandis qu’un cycliste découvre une tête dans un fossé. Il a du mal à se remettre de ses émotions, qui ne sont pas dues à un valdingue inopiné, mais bien à cause de sa découverte. Il y a de quoi, car le cerveau a été prélevé et le crâne appartenait à la première blonde.

Un portrait-robot est dressé selon les indications des promeneurs et du capitaine Furhman, mais il semblerait bien que ce soit deux hommes différents. Et bizarrement, Furhman est contacté par l’homme au chapeau à Bruges, dans un confessionnal. Ils communiquent mais en pure perte pour la capitaine, qui lorsqu’elle veut savoir qui se cache dans l’abri du confesseur, ne trouve qu’un appareil de transmission. Elle s’est fait avoir en beauté, ce qui n’est pas pour la mettre de bonne humeur. Toutefois elle ressort avec à la clé quelques renseignements, dont l’identité du ravisseur, qui s’est encore manifesté au Touquet. Quant à celui qui se confesse, il se présente comme l’Anonyme. Pas de Bruges, mais pas loin. Et il s’évanouit dans la nature non sans lui laisser un sac de sport contenant quelques objets et lui affirmant qu’il va chercher de son côté.

Les surprises ne manquent pas pour Furhman et ses deux acolytes qui se trouvent au cœur d’une affaire pour le moins ésotérique teintée de fantastique.

 

Le titre de ce roman, Desoxy, provient d’une substance connue sous le nom d’acide désoxyribonucléique, mais à quoi sert-elle ?

Une atmosphère teintée de fantastique ou de surnaturel pour une enquête policière rigoureuse et l’on retrouve dans ce roman des personnages qui évoluaient dans le précédent ouvrage de Jean-Marc Demetz, Chrysalide mais également dans Les Œufs de Lewarde.

Jean-Marc Demetz reprend le thème de l’Alchimiste, un thème qui lui tient à cœur sans nul doute car c’était déjà le fond de l’intrigue de ces deux précédents romans avec comme ingrédient l’élixir de vie, et le personnage de l’Anonyme d’Anvers, qui devrait connaître de nouvelles aventures puisqu’il s’agit du nom de la collection dont ce titre est issu.

Alors retrouverons-nous Anouk Ferhman, qui n’hésite pas à se mouiller dans des conditions dramatiques, et ses deux adjoints, qui ne sont pas épargnés, et l’Anonyme d’Anvers dans de nouvelles aventures, ensemble ou séparément ?

Un roman qui ne manque pas d’humour, volontaire ou non :

La flotte montait à gros bouillons et ça continuait à secouer sec.

 

Jean-Marc DEMETZ : Désoxy. Collection l’Anonyme d’Anvers N°1. Editions Les Presses du Midi. Parution le 27 novembre 2018. 148 pages. 16,00€.

ISBN : 978-2812710407

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21 décembre 2018 5 21 /12 /décembre /2018 05:30

Un titre Célinien...

BEHEMOTH : Voyage au bout du jour.

Depuis la mort de sa femme, Philippe, expert-comptable dans une grosse société, est complètement désemparé.

A tel point que son patron lui enjoint d'aller se reposer quelques jours aux frais de la princesse.

Alors il vadrouille, mais ne prend aucun plaisir à son périple breton qui le mène jusqu'à Brest. Là, dans un café crasseux, minable, il fait la connaissance de Liane, la serveuse, une jeune fille désabusée, genre souillon attendant le Prince Charmant.

C'est l'escapade sur l'île d'Ouessant où ils recherchent leur second souffle et l'oubli. Et ce qui aurait pu être une lune de miel agréable se transforme en cauchemar.

Des pieuvres géantes sèment l'horreur, l'angoisse; l'épouvante.

Mais d'où viennent ces monstres marins ?

Et ce yacht noir qui croise au large, n'est-il pas une émanation de l'enfer ?

Des questions angoissantes, certes, mais des réponses encore plus terrifiantes.

 

Sous le pseudonyme de Béhémoth, l'auteur n'en est pas à son coup de maître. En effet il s'est fait connaître au Fleuve Noir sous les pseudos de Kââ et de Corsélien, mais son passage dans une jeune maison d'édition concurrente l'a obligé de changer d'alias.

C'est un auteur déroutant, irritant, à l'écriture et aux narrations en dents de scie. On ressort de ce livre un peu frustré en ayant l'impression d'être passé à côté d'un chef-d'œuvre de la littérature d'épouvante.

Il joue avec les nerfs, selon le principe de la douche écossaise, mais cela est peut-être dû à sa condition d'enseignant puisqu'il est professeur de philosophie politique.

Peut-être a-t-il rédigé rapidement cet opus, pressé par Patrick Siry qui montait sa maison d'édition après avoir quitté le Fleuve Noir, ou s'être fait débarqué, rameutant autour de lui quelques pointures de cet emblématique éditeur populaire. Ainsi que Gourdon, ce fabuleux dessinateur qui a tant œuvré pour le Fleuve Noir, lui apportant ses lettres de noblesse.

Ce roman a été réédité dans le volume 2 titré Corps et liens sous les noms de KAA/CORSELIEN chez Rivière blanche :

BEHEMOTH : Voyage au bout du jour. Collection Maniac N°3. Editions Patrick Siry. Parution septembre 1988. 160 pages.

ISBN : 2-7391-0010-8

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16 décembre 2018 7 16 /12 /décembre /2018 05:35

Sur l’écran noir de mes nuits blanches…

Michel PAGEL : Cinéterre.

Dans la série Moi j’aime le cinéma, Michel Pagel nous apporte une preuve éblouissante de son attachement et de ses goûts pour les toiles fantastiques en les accommodant et les transposant à sa manière, celle d’un chef.

Il reprend les personnages de Frankenstein, de Dracula et de Mircalla, alias Carmilla, l’héroïne de Sheridan Le Fanu, incarnés à l’écran par Christopher Lee, Peter Cushing, Boris Karloff et Ingrid Pitt. Il les réinjecte dans un roman où tout ce petit monde se côtoie, se combat, et comme figurants Michel Pagel fait appel à des héros qui se nomment Edmont (Dantès ?), le professeur Carrère (Jean-Claude Carrière, le scénariste qui sous le nom de Benoît Becker écrivit quelques Frankenstein au Fleuve Noir au début des années 50 ?), Yann Libert (Jean Libert, l’un des deux Paul Kenny ?) et quelques autres comme Brooks (Terry ?).

Mais reprenons depuis le début et suivons le guide, ou plutôt l’ouvreuse, comme au cinéma.

Yann, jeune étudiant privé de vacances car ses parents désirent qu’il révise afin d’obtenir son bac, est féru de cinéma. Sa “ claustration ” forcée dans la capitale ne l’empêche pas d’aller au cinéma, et plus particulièrement au Gothic, qui comme son nom l’indique est spécialisé dans la projection de films fantastiques, et plus particulièrement de vieilles toiles.

Un après-midi, il aperçoit une affichette demandant un projectionniste. Il se propose et comme il a l’habitude de ce genre de matériel, l’utilisant au ciné-club, il est embauché. Bonne opération puisqu’il va pouvoir visionner gratos. Et puis l’ouvreuse, Marion, n’est pas déplaisante à regarder. Là où ça se corse, comme disait Napoléon regardant son cheval brouter les arbres, c’est lorsque des inconnus à la mine patibulaire mais presque, s’introduisent dans la cabine, s’en prennent violemment au père de Marion et enlèvent celle-ci.

Ebaubi, stupéfait, ébahi, abasourdi, et tutti quanti, Yann les voit traverser l’écran. Lui, il ne rencontre qu’un mur lorsqu’il veut en faire autant. Carrère, le père de Marion, lui apprend, alors qu’il était jeune physicien, avoir été transporté dans le monde de Cinéterre, un monde parallèle issu du cinéma fantastique et à la botte de Frankenstein. Après quelques démêlés et en mettant au point un translateur de réalité, il avait réussi à revenir dans notre monde. Seulement Frankenstein n’avait pas apprécié cette défection et surtout il voulait s’accaparer l’engin magique d’où l’intrusion de ses sbires et l’enlèvement de Marion.

Youpi, qu’il dit Yann l’intrépide, une épée en main et je cours chercher la belle. Grâce à l’invention du père d’icelle, il traverse aisément l’écran et se retrouve dans une rue du XIXème siècle. Laquelle rue est plongée dans la nuit, lavée par une pluie battante et il s’affale sur les pavés glissants. Les débuts ne sont guère brillants mais à cœur vaillant (antienne connue…) Et les ennuis commencent.

Un chevalier lui propose la botte, enfin je veux dite un duel à l’escrime. Puis des trublions, séides de Frankenstein, se pointent, bagarre générale, et Yann et son compagnon sortent vainqueurs du combat, mais ce n’est pas tout. Il faut retrouver Marion. Et nous ne sommes qu’à la page 50 d’un bouquin qui en compte 315.

Bon, je ne voudrais pas trop déflorer l’intrigue, à la rigueur Marion (laissez-moi mes fantasmes s’il vous plait), et je n’évoquerai pour vous appâter que quelques scènes hautes en couleurs, quoique nous soyons plongés théoriquement dans un film en noir et blanc. Poursuites infernales en compagnie d’Edmont, l’homme qui voulut le provoquer en duel et qui est devenu un ami, traversée de la Manche et échouage sur les côtes de Rosbeafs suite aux agissements de vilains naufrageurs, cavalcades en Angleterre, délivrance d’une simili sorcière qui allait être immolée sur un bûcher, passage au XXe siècle histoire d’aller plus vite que les ravisseurs, voyage en avion jusqu’en Bucovine, région de la Transylvanie où perche Dracula, et… à vous de lire maintenant.

 

Véritable roman feuilleton en feux d’artifice, ça pète de partout, c’est frais, c’est léger, ça rebondit comme une gazelle énamourée au printemps alors que la savane reverdit sous l’ondée bienfaisante (peut-être un peu forte l’image !), bref c’est le livre indispensable pour ceux qui veulent renouer avec les phantasmes pré-pubères des romans d’action dans lesquelles le merveilleux s’accouple au fantastique.

Dumas, Zevaco, Féval, Stoker, Shelley (non pasteurisé), et les autres, n’ont qu’à bien se tenir, petit papa Pagel a plus d’un tour dans son ordinateur, ou son stylo plume, je ne sais pas trop, mais le bougre, il a du talent. On ne s’ennuie pas, et d’ailleurs pourquoi s’ennuierait-on avec un livre, hein, je vous le demande ?

 

Réédition : sous le titre Les Vampires derrière l’écran. Editions Degliame. Parution septembre 2003. 304 pages. 14,90€.

Réédition : sous le titre Les Vampires derrière l’écran. Editions Degliame. Parution septembre 2003. 304 pages. 14,90€.

Réédition numérique : collection science-fiction N°32. Editions Multivers. Parution juin 2016. 250 pages. 3,49€.

Réédition numérique : collection science-fiction N°32. Editions Multivers. Parution juin 2016. 250 pages. 3,49€.

Et sous son nom dans une suite du club des 5 :

 

Michel PAGEL : Cinéterre. Collection SF N°51. Editions Fleuve Noir. Parution septembre 1998. 320 pages.

ISBN : 2-265-06518-8  

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14 décembre 2018 5 14 /12 /décembre /2018 06:31

Quand on vous dit qu’il est préférable d’aller chez son libraire !

Maurice LIMAT : Amazone de la mort.

Depuis que sa fiancée Christiane est décédée d'un arrêt cardiaque quelques semaines auparavant, Cyrille, toutes les nuits, est en proie à un horrible cauchemar.

Ce cauchemar récurrent est devenu comme une idée fixe. Christiane l'appelle à l'aide, elle veut qu'il vienne la chercher, il aperçoit une sorte de machine, un laboratoire, mais il ne peut rien faire pour la sortir de ces limbes dans lesquels elle est engluée.

Il consulte un toubib qui, après examens, ne lui trouve aucun symptôme psychique. Cyrille, vingt-neuf ans, est un homme dans la force de l'âge, bâti en athlète, en pleine possession de ses moyens physiques ou mentaux. Le docteur Sorbier, le praticien auquel a eu recours Cyrille, qu'il connait bien puisque c'était le médecin de famille, préfère demander à son ami Teddy Verano, le détective de l’étrange et du surnaturel, de rencontrer le jeune homme et d'établir son diagnostic.

Teddy Verano est persuadé de la véracité du récit de Cyrille et pour s'en convaincre, il se rend en compagnie de celui-ci près de Pacy-sur-Eure, dans le petit cimetière où est inhumée Christiane. De nuit, munis de pelles, les deux hommes mettent au jour le cercueil simplement enfoui sous un tumulus en attendant la dalle définitive. Cyrille ne ressent pas la présence de Christiane. Pour cause, et leur surprise est énorme lorsqu'ils s'aperçoivent que le cercueil est vide !

Teddy décide alors de poser quelques questions au fossoyeur qui a procédé à l'inhumation. Pour cela il se rend au village, affublé de l'alias de Théodore Verdier, représentant, afin de récolter des renseignements sur Paul Halbin, le croquemort. C'est un ivrogne qui n'a pas bonne presse dans le bourg. Deux jours plus tard, Teddy et Cyrille se présentent de nuit à la cahute d'Halbin. Ils repèrent les lieux et c'est ainsi qu'ils distinguent l'arrivée d'une jeune femme habillée de noir. Une fenêtre leur permet d'assister au spectacle, malheureusement ils n'entendent rien. La femme parle et à un certain moment elle ôte son manteau noir et apparaît nue. Halbin veut la toucher mais dès qu'il a frôlé l'épiderme de sa visiteuse, il retire sa main comme s'il s'était brûlé.

Puis elle sort. Teddy décide de la suivre. Elle passe près d'eux, marche d'un pas mécanique, dégageant un froid glacial, puis s'évanouit dans la nature. Le détective et son compagnon retournent à la cabane. L'ivrogne délire puis s'emparant d'une pelle en frappe Cyrille, le blessant. Teddy l'assomme à moitié. Toutefois il parvient à le faire parler mais l'homme ne peut que bredouiller quelques mots. La femme, qu'il ne connaît pas, ayant la peau glacée et pourtant brûlante, et les tombes, qu'il a violées, toutes recelant des jeunes femmes. Il est trop saoul pour continuer et s'effondre. Teddy remet à plus tard leur entretien et c'est le retour sur Paris. Mais ils n'ont roulé que quelques kilomètres lorsqu'ils distinguent une lueur rouge. Un incendie. Celui de la cabane. Incendie provoqué accidentellement par Halbin qui s'éclaire à l'aide d'une lampe à pétrole ou incendie criminel ?

Teddy décide alors de consulter une de ses amis, la voyante Anita, afin qu'elle détermine si Cyrille est perturbé psychologiquement. En réalité elle décèle qu'il est médium mais elle apporte quelques révélations qui conforte Teddy de continuer son enquête.

Cyrille est mis provisoirement sur la touche et Gérard, le fils d'Yvonne et donc le beau-fils de Teddy Verano, va participer activement à l'enquête qui ne manque pas de les surprendre.

 

Maurice Limat reprend et développe le thème du mort-vivant, avec naturellement à l'origine de ces résurrections, un savant fou qui a mis au point une drôle de machine pour réaliser ses expériences.

Ce sont cinq femmes qu'il a ainsi réveillées, les Amazones de la mort comme il les appelle. Teddy et Gérard vont se trouver confrontés à ces cinq zombies et ne devoir la vie sauve que grâce à leur expérience, pour l'un, et la fougue de la jeunesse pour l'autre.

Comme toujours, une histoire simple que Maurice Limat déroule avec maîtrise, enchainant les actions en une véritable cascade d'épisodes tous plus dangereux et angoissants les uns que les autres. Le côté psychologique n'est pas appuyé, les agissements des personnages étant primordiaux.

Un bon roman d'angoisse et de suspense dans lequel le fantastique n'est pas une émanation spirituelle mais élaboré par un scientifique qui a mis au point une machine infernale. Et entre le cartésien et l'irrationnel la frontière est mince. Teddy Verano, tout en étant le détective des fantômes recherche la cohérence dans les événements.

Voyez-vous, monsieur Arcal, je n'aime pas trop le théâtre de Pirandello, et les jeux de logogriphes.

Et Maurice Limat renvoie son lecteur à deux aventures précédentes de Verano pour expliquer rapidement ses relations avec sa femme Yvonne, comment il l'a connue, ainsi qu'avec Gérard, son beau-fils qui l'admire sans réserve. Il ne s'appesantit donc pas sur la description de ces deux événements, les évoquant simplement en quelques lignes. Il s'agit de Les jardins de la nuit (Angoisse N°129) et de Mandragore (Angoisse N°101).

Maurice LIMAT : Amazone de la mort. Collection Angoisse N°154. Editions Fleuve Noir. Parution 3e trimestre 1968. 256 pages.

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