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23 mai 2019 4 23 /05 /mai /2019 04:15

Linceul… et les autres à plusieurs ?

Clive BARKER : Confessions d’un linceul

Contrairement à ce qui est annoncé sur la couverture, et désolé de contredire l’éditeur, Confessions d’un linceul n’est pas un roman mais un recueil de nouvelles.

Et comme dans les précédents volumes qui composent le triptyque, Livre de sang et Une course d’enfer parus chez le même éditeur, ces nouvelles oscillent entre le noir et le rouge (comme aurait écrit un certain Henri Beyle !). Le noir du désespoir et le rouge du sang qui inexorablement se répand abreuvant la terre nourricière.

Clive Barker ne travaille pas dans la dentelle et ses nouvelles, tout comme ses romans, sont empreints de désespérance. Ses personnages sont confrontés à des situations perpétuellement périlleuses. Ils vont au devant de leur chaos et le lecteur-même se trouve en état de choc.

L’humour qui permettrait la décompression en est absent, ou alors sous-jacent comme dans L’enfant de celluloïd ou Confession d’un linceul, deux des nouvelles du recueil.

Un humour de situation, révélé comme à regret, comme par hasard.

La mort est le prolongement inéluctable de la vie, mais lorsque la vie et la mort ne font plus qu’un, il n’y a vraiment pas de quoi rigoler.

Clive Barker possède un extraordinaire pouvoir d’évocation en tant qu’écrivain. Ses histoires sont de véritables mises en scènes poignantes, cauchemardesques, et l’on sort de ce recueil comme vidé de toute substance.

Contradictoirement on n’en peut plus, et on en redemande.

Clive Barker crée le lecteur masochiste, pareil à un spectateur subjugué et effrayé qui met ses mains devant ses yeux pour ne pas voir la scène d’horreur tout en ayant soin d’écarter les doigts afin de vibrer quand même.

 

Sommaire :

1 - L'Enfant de celluloïd (Son of Celluloid), pages 13 à 63, trad. Hélène Devaux-Minié

2 - Rawhead Rex (Rawhead Rex), pages 67 à 134, trad. Hélène Devaux-Minié

3 - Confessions d'un linceul (de pornographe) (Confession of a (Pornographer’s) Shroud), pages 137 à 182, trad. Hélène Devaux-Minié

4 - Les Boucs émissaires (Scape-goats), pages 185 à 220, trad. Hélène Devaux-Minié

5 - Débris humains (Human Remains), pages 223 à 284, trad. Hélène Devaux-Minié

 

Réédition collection Epouvante N° 3745. Editions J’ai Lu. Parution 18 juillet 1994. Nombreuses réimpressions.

Réédition collection Epouvante N° 3745. Editions J’ai Lu. Parution 18 juillet 1994. Nombreuses réimpressions.

Clive BARKER : Confessions d’un linceul (Clive Barker's Books of Blood, volume 3, 1984 – traduction de Hélène Devaux-Minié). Collection Blême. Editions Albin Michel. Parution juin 1990. 290 pages.

ISBN : 2-226-04803-0

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22 mai 2019 3 22 /05 /mai /2019 06:12

Du côté de chez Lovecraft… mais pas que !

Brian STABLEFORD : Le testament d’Erich Zann suivi de La fille de Valdemar

Pour entrer dans ce double (court) roman, il faut se munir des clés adéquates. Notamment pour Le testament d’Erich Zann. Mais, les ayant égarées, peut-être d’ailleurs ne les ai-je point jamais possédées, je me suis vu contraint d’entrer par effraction dans ce qui pouvait être un théâtre dont je n’étais que le seul spectateur.

Sur la scène dont le décor représente une pièce dans un logement parisien, deux hommes conversent aimablement. La conversation tourne autour d’un mélodrame que le narrateur a vu deux nuits auparavant aux Délassements-Comiques, situé boulevard du Temple surnommé boulevard du crime. Son interlocuteur étant le Chevalier Dupin.

Le narrateur narre (c’est son rôle) ce qu’il a vu et entendu, un drame écrit par Frédéric Soulié (auteur notamment des Mémoires du Diable) mis en musique par Bazailles, intitulé la Cantate du Diable, inspiré d’une adaptation d’une œuvre de l’Italien Giuseppe Tartini. Paganini est également évoqué à cause de l’interprétation au violon, la technique de la scordatura, précise Dupin.

C’est à ce moment, ou presque, que le Préfet de Police Groix se présente chez le narrateur, assuré d’y retrouver le Chevalier. Clamart, qui fut le notaire d’Erich Zann, décédé quelques années auparavant, a été assassiné par trois coups assénés derrière la tête. Selon toute vraisemblance, Clamart connaissait son visiteur. Son ou sa, rectifie Dupin. Or, quelque temps auparavant, la tombe de Zann a été profanée, à la recherche de son testament, ou de papiers importants, ou de partitions. Quant au violon de Zann il avait été légué à Palaiseau, qui depuis joue dans la fameuse pièce.

Or ce violon a la particularité d’être un Stradivarius que le célèbre luthier n’aurait pas reconnu. Comme un père de famille ne veut pas reconnaître son enfant atteint d’un handicap. Et ce violon, lorsqu’il l’a décidé, se joue de son possesseur, se déréglant, ou se désaccordant lors de l’interprétation d’un morceau musical, puis se réaccordant de façon mystérieuse. Mais les événements se précipitent, et Dupin, accompagné du Préfet et de son fidèle narrateur-biographe, va devoir se rendre dans divers logements dans lesquels planent de sombres entités. Et c’est là que Lovecraft est évoqué sans l’être, car l’une de ces entités malveillantes se nomme, selon Dupin, Nyarlathotep dit le Chaos rampant.

Il est également question de magnétisme et de mesmérisme dans cette histoire qui, après en avoir forcé l’entrée, se révèle plaisante, quoique parfois un peu bavarde.

Si j’ai dit qu’il fallait posséder les clés, apparemment le narrateur lui non plus ne les possède pas. Ce qui conforte le lecteur dans son approche. Ainsi avoue-t-il à plusieurs reprises :

Excusez-moi, Dupin, dis-je. Mais je crains de n’avoir pas encore parfaitement tout saisi.

 

Je me sens toujours perdu dans un labyrinthe, et il est de plus en plus inextricable le temps passant.

 

D’après ce que j’ai appris ce soir – d’une façon quelque peu confuse, je l’admets – j’ai la ferme conviction…

 

 

Dans La fille de Valdemar, nous retrouvons les deux compères quelques années plus tard, exactement en février 1846, soit quelques années avant la disparition d’Edgar Allan Poe et d’Honoré de Balzac. Précisions utiles mais aléatoires car ces deux personnages, ces deux écrivains, jouent un rôle involontaire dans ce récit.

En effet, alors que Dupin s’invite, alors que la nuit est déjà bien entamée, chez le narrateur afin de parler littérature et philosophie tout en dégustant un cruchon de vin chaud, vin chaud dont il ne reconnait pas les habituels ingrédients qui fermentent dedans, une visiteuse demande à rencontrer le narrateur. Celui-ci est fort surpris car d’habitude, c’est Dupin qui est sollicité.

Elle s’inquiète de savoir si le docteur Collyer est bien arrivé et que le paquet qu’il devait remettre est bien mis en sécurité. Une entame quelque peu abrupte pour le narrateur qui tombe des nues. Elle accepte de bien vouloir expliquer qui elle est et quelle mission l’a conduite séant. Ce qui est la moindre des choses. D’autant qu’elle précise que la vie d’un homme est peut-être en jeu, et pas seulement la sienne, si le sens du récit de Chapelain a bien été compris.

Pour Dupin, la femme mystérieuse qui ne s’est pas encore présentée n’est pas une inconnue. D’abord elle avoue qu’Honoré lui a parlé du Chevalier, et ensuite Dupin l’a déjà rencontrée en certaine occasion. Il s’agit d’Ewelina Hanska, la maîtresse du forçat de l’écriture, et en ce cas il va forcément s’intéresser à l’affaire qui se profile. Et c’est ainsi que sont évoquées les personnages fictifs ou réels nommés mademoiselle Valdemar, Dupotet plus connu sous le nom de Baron du Potet, ésotériste et magnétiseur, Puységur et quelques autres.

Tout comme dans Le testament d’Erich Zann, tout tourne autour du mesmérisme, du somniloquisme (forme de somnambulisme), du magnétisme animal, mais également de l’hypnose dont une démonstration est déclinée lors d’une extraction dentaire auprès d’un académicien de second rang, opération réalisée dans un amphithéâtre accueillant partisans et contestataires de cette méthode médicale d’anesthésie.

 

Les amateurs, dans le sens de qui aime, de Lovecraft et de Poe se réjouiront à la lecture de ces deux longues nouvelles. Pour les profanes, comme moi, il s’agit de textes quelque peu ardus, et si l’on avait demandé mon avis, ce qui ne s’est pas fait et en un sens c’est aussi bien, j’aurais proposé que ces deux textes soient publiés séparément mais précédés des nouvelles qu’elles prolongent. C’est-à-dire en deux volumes distincts, La musique d’Erich Zann, de Lovecraft, publiée en 1922, avec pour suite Le testament d’Erich Zann, et La vérité sur le cas de M. Valdemar, conte paru en 1845 et présenté comme un pamphlet par l’éditeur et comme un rapport scientifique par les journaux anglais dupés, pour La fille de Valdemar. Dupés par Dupin, évidement !

Brian STABLEFORD : Le testament d’Erich Zann suivi de La fille de Valdemar (The Legacy of Erich Zann – 2011 et Valdemar’s Daughter – 2010). Traduction de Catherine Rabier. Les Saisons de l’Etrange. Editions Les Moutons électriques. Parution le 21 mars 2019. 240 pages. 16,00€. Version numérique 5,99€.

ISBN : 978-2361835507

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17 avril 2019 3 17 /04 /avril /2019 04:10

Le Serment ou le Serpent ?

Michel HONAKER : Le serment du diable.

Ce court roman destiné aux jeunes lecteurs est le quatorzième de la série du Commandeur. Les premiers titres édités au Fleuve Noir dans la collection Anticipation à la fin des années 1980 début 1990 et destinés aux adultes ont été réécrits et aménagés pour être publiés dans la catégorie juvénile. Cela n’enlève rien au charme d’Ebenezer Graymes ni à son efficacité à combattre les démons où qu’ils se trouvent.

Mais ce roman, qui est inédit chez Rageot, semble être le pilote de la série qui n’aurait jamais été publié. Lorsque débute l’histoire, au moment où apparaît Ebenezer Graymes – il y a un prologue dont je reparlerai -  cet homme habillé d’un macfarlane et d’un chapeau aux larges bords, se présente à l’université de Columbia. Il doit enseigner, aux étudiants qui le désirent, en tant que maître de conférences et de professeur d’anthropologie et traditions tribales, dans la spécialisation de démonologie et traditions anciennes. Une discipline peu connue de l’anthropologie et considérée comme un peu honteuse. Ses états de service sont impressionnants et le recteur de l’université est… impressionné !

Mais ceci n’est qu’une couverture, car Ebenezer Graymes est également à New-York pour endosser sa nouvelle charge de Commandeur des Abîmes. Et pour cela, il cherche dans le Bronx une maison où s’installer. Il trouve une vieille bâtisse, une sorte de manoir décrépit de style gothique surmontée d’une tour cylindrique, et l’agent immobilier qui lui propose cette demeure est stupéfait de pouvoir la louer sans que le nouveau Commandeur émette la moindre objection, ni de marchandage sur le prix malgré son état délabré.

Ce n’est pas pour rien que Graymes a jeté son dévolu sur cette quasi ruine. En effet, à l’intérieur, se cache le fantôme de Neery, le Grand Maître qui a adoubé le nouveau Commandeur. Auparavant, y vivait le régulateur mais il a été chassé. Il avait laissé la sorcellerie s’installer sur la Grande Pomme.

Non loin de là, toujours dans le Bronx, le lieutenant Meredith et son adjoint, Single, découvrent dans une voiture le cadavre vitrifié d’Haskell, libraire et bouquiniste spécialisé en livres rares. Ils trouvent également une paire de lunettes spéciales ainsi qu’une perruque dans laquelle a été aménagé un circuit électronique miniaturisé permettant de filmer en toute impunité. Un minidisque vidéo est délogé de cet embrouillamini et le spécialiste informatique du commissariat du Bronx parvient à le décrypter et à le visionner.

New-York est en période électorale, mais certaines personnes briguent la place. D’ailleurs l’ancien maire, qui se représente, est victime d’une crise cardiaque. Pour Ebenezer Graymes et l’inspecteur Meredith et son adjoint, il y aurait peut-être corrélation entre le fait que le maire serait empêché, provisoirement, de se représenter, et certains individus démoniaques. Un nommé Philozoar Reles est dans le collimateur du Commandeur, à moins qu’un autre sinistre individu, un certain Rayno manipule les ficelles dans l’ombre.

 

Alors que dans les précédents épisodes on est en présence d’un homme sûr de lui, d’un démonologue affrontant les divers ennemis qui le provoquent, ici il parait débuter dans la profession, même s’il possède des pouvoirs dont il se sert habilement dans des circonstances délicates.

Mais il est précisé que, s’il a visité les cinq continents, il a longtemps vécu dans le désert et il regrette la chaleur qui l’enveloppait, il ne connait rien aux mœurs new-yorkaises. Et il commence déjà à détester cette ville.

Le prologue peut induire en erreur, car il est rédigé façon manipulation, ce qui enlève quelque peu du crédit à l’histoire, si l’on peut accorder du crédit lorsqu’il s’agit d’un roman fantastique. Mais l’homme qui fuit dans cette casse automobile, alors qu’il était venu pour surveiller et filmer des individus louches, ne semble guère à l’aise confronté qu’il est à des monstres. Pourtant on le retrouvera plus tard comme si de rien n’était ou presque.

 

La sorcellerie est un art vivant, qui plonge ses racines dans le passé mais anticipe l’avenir.

Ce doit être une habitude de magicien que de ne parler pour ne rien dire. Vous devriez vous présenter aux élections.

Michel HONAKER : Le serment du diable. Série Le Commandeur. Collection Cascade. Rageot Editeur. Parution le août 2002. 126 pages.

ISBN : 2-7002-2819-7

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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 04:52

Cette lune rousse n’est pas celle redoutée par les jardiniers !

Alain DEMOUZON : Lune rousse.

Après avoir débuté comme romancier de littérature policière, dans des tendances aussi diverses que le roman d’atmosphère, d’énigme, politique ou humoristique, tels que Mes crimes imparfaits, Le premier né d’Egypte, Section rouge de l’espoir, Adieu, La Jolla etc. Demouzon s’est tourné vers la littérature dite blanche avec La Perdriole, remarquable vision d’un provincial monté à Paris lors des émeutes estudiantines de mai 68 et qui découvre les joies de l’éducation sentimentale.

Avec Lune rousse, Demouzon aborde un nouveau genre, appelé par son éditeur Gothique moderne et qui est un subtil mélange de rêverie, de fantastique, de noirceur, d’épouvante, de tendresse, de raillerie.

A ses débuts, une publicité par voie d’affiches présentait Demouzon comme le successeur de Balzac et de Chandler. Il faut dire qu’une certaine ressemblance caricaturale et balzacienne s’y prêtait fort bien. Si les lazzis jaloux ne manquèrent pas, essayant de démolir cette assertion, il fallut reconnaître que les écrits de Demouzon ne manquaient ni de force ni de talent.

Une forme d’évocation alliée au talent d’une écriture travaillée, fouillée, excluant la vulgarité et la facilité. Le choix du mot juste, la rigueur dans la construction, avec toujours le souci de se dépasser, de faire mieux à chaque ouvrage.

 

Lune rousse, c’est le retour du merveilleux dans un monde rigoriste. Un rien peut faire basculer une vie toute droite tracée vers un avenir sans futur sur un monde où le surnaturel côtoie inlassablement le naturel, où la différence est si ténue qu’elle en est quasiment inexistante.

Roch Laugier fait le mur du collège la nuit, lorsque la lune rousse éclaire d’une lueur incertaine et magique les maisons endormies d’une bourgade recroquevillée sur elle-même. Roch s’est découvert des pouvoirs nocturnes. Il peut entrer dans les maisons avec une facilité déconcertante. Les serrures ne résistent pas à sa main ferme et silencieuse. Les habitants endormis perdus dans leurs rêves n’y voient que la manifestation d’un fantôme quelque peu familier.

L’aboutissement de ces sorties nocturnes se réalisera lorsque Roch rencontrera Iphigénie, une jeune orpheline. Un homme étrange, le Juge, surveille l’adolescent dans ses pérégrinations. Un jour Roch disparaît et c’est Octave qui réapparaît, le tout dans d’étranges circonstances.

Le Juge recueille les deux jeunes gens, Iphigénie et Octave. Il enseigne la musique à ce dernier qui se révèle être un élève particulièrement doué. Mais Iphigénie et Octave ne sont-ils pas manipulés comme des pantins, des marionnettes, par ce Juge qui tout en semblant obéir au destin tire les ficelles en coulisses.

De quel côté du miroir vont se perdre et de retrouver Octave et Iphigénie ? Et Iphigénie n’est-elle qu’un mirage, un ersatz d’elle-même ?

Lune rousse, un roman troublant de Demouzon dont la plume démoniaque griffe, au passage, certaines pratiques réelles enrobées de faux semblants.

 

Alain DEMOUZON : Lune rousse. Editions Flammarion. Parution mai 1988. 214 pages.

ISBN : 9782080661715

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10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 04:13

A quatre oreilles, euh, je veux dire, à quatre feuilles ?

Pierre DUBOIS : Capitaine Trèfle.

Des trombes d’eau s’abattent sur l’Ardenne ardenneuse qui creuse sa Meuse et le Capitaine Trèfle, juché sur Arminius sa monture, affronte les éléments déchaînés. Au loin il aperçoit vaguement une ruine.

Dans cette bâtisse en décrépitude, il intervient à temps pour sauver des fers de quatre flandrins acrimonieux Nourcine, le Lutin.

Peut-être le Capitaine Trèfle a-t-il lu les combats décrits dans la Jeunesse du Bossu ou dans Les trois mousquetaires, mais il ferraille si bien que les quatre coupe-jarrets s’enfuient abandonnant le combat sans demander leur reste, laissant le pauvre Nourcine sur le terrain, blessé.

Le Capitaine Trèfle transporte avec précaution Nourcine chez son ami magicien et astrologue Bucane Noctiflore lequel vit en compagnie de Corbus Barbygère, l’homme-corbeau et Poltergeist, le chat. Noctiflore lui apprend qu’il ne faut pas dire lutin, qui est l’appellation vernaculaire mais bien désigner ce nain par sa véritable appartenance au monde des êtres petits : un Sotai, un Sotré, un Huppeux, un Farfadet, un Troll…

En compulsant son livre Le huitième tome des merveilles, il déniche l’origine de Nourcine. Il s’agit d’un Guib, ou Lutin des sables. Lequel se remet tout doucement de sa mésaventure en ingurgitant un dé de rhum. Il s’agit d’un Guib ivrogne. Mais cela ne l’empêche pas de narrer ses mésaventures et ses pérégrinations et l’attaque subie de l’autre côté de notre monde.

Car le Guib et ses compatriotes vivent ailleurs, comme dans un monde parallèle, et ils ont subi l’attaque meurtrière du pirate-borgne, le capitaine Craspeck Haggard et de ses séides. Capitaine Trèfle, le cœur sur la main d’un côté, son épée en main de l’autre, décide pourchasser à Craspeck Haggard à bord de son navire La Lola jusqu’au pays de Guib et de délivrer tout ce petit monde des griffes du prédateur pirate. Car Haggard espérait s’emparer des habitants pour les revendre comme des esclaves de fiction, comme une ménagerie fabuleuse, une attraction fantastique.

 

Le lecteur médusé entre de plein pied dans des combats navals, va découvrir de nouveaux personnages dont Mélusine, la Vouivre, va se prendre d’amitié pour Capitaine Trèfle et ses amis, s’apitoyer sur les malheurs de Guib le lutin des sables et de ses compagnons, et surtout se laisser emporter par l’écriture de Pierre Dubois.

Un style poétique, onirique, romantique, féérique, maritime, plein de bruit et de fureur, façon cape et d’épée, ponctué de trouvailles lexicales et d’emprunt, peut-être à la langue ardennaise et au petit peuple des lutins malins.

Destiné aux enfants, Capitaine Trèfle amusera également les grands par son écriture savoureuse et ses situations burlesques. Et pour bien se démarquer, avec cette histoire complètement décalée, l’auteur ne parle pas de chapitres mais de chats-clowns. Jeu de mots de fort bon aloi, comme aurait dit maître Capello. Mais je n’ai pas trop adhéré aux illustrations intérieures de René Hausman, ce qui n’engage que moi.

Pierre DUBOIS : Capitaine Trèfle. Illustrations de René Hausman. Collection L’Ami de Poche N°19. Editions Casterman. Parution Avril 1981. 160 pages.

ISBN : 2203136197

Adaptation Le Lombard. Album bande dessinée. Signé Hausman-Dubois. Parution le 25 septembre 2014. 64 pages. 14,99€.

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 05:02

Et pour remonter, on fait comment ?

Chet WILLIAMSON : Descente aux enfers

Gédéon et Rachel, agents du BERIA, Bureau d’Eradication des Réalités et Intelligences Artificielles, et coéquipiers, enfreignent la loi édictée par Solène Solux, l’Impérator de la Main de Dieu qui règne sur les States. Ils vivent en concubinage. C’est du moins le reproche officiel qui leur est fait.

Des tueurs sont dépêchés chez eux pour les exterminer. Ils s’en tirent à bon compte mais les voilà de l’autre côté de la barrière. Leur chef est abattu alors qu’il leur apprend que d’autres personnes ont disparu, ou ont été assassinées et leur conseille de contacter Mr Splendide. Splendide est un démon. Il veut bien les réhabiliter à condition qu’ils se rendent en Enfer délivrer un triumvirat ayant appartenu à un front de libération. Pour rejoindre l’Enfer ils sont coiffés d’un psychopompe muni d’électrodes et de piquants à l’intérieur du casque. Arrivés sur place ils sont confrontés à Sanguinarius, le démon qui garde les otages.

Leur mission est remplie mais Sanguinarius veut lui aussi faire libérer une jeune femme gardée par Splendide. A nouveau, retour en Enfer et nouvelle mission accomplie par Gédéon et Rachel. Dante, un de leurs rares amis qui le soit resté, les invite à se renseigner auprès de Xénon lequel leur demande d’aller poser une bombe sous la voiture de Solène Solux. Rachel se dévoue. Puis ils rejoignent l’Ambassade britannique par les égouts afin de retrouver d’autres membres du Front de Libération des Citoyens, dont le sénateur Erin Burr qui dirige la révolte. L’attentat à la bombe échoue et c’est la voiture de Gedeon et Rachel qui est visée. Les deux fuyards sont portés pour morts mais ils ont quitté leur véhicule à temps. Toutefois, ils se demandent comment cela a pu se retourner contre eux. D’autant que des petits faits en apparence insignifiants les tarabustent. Leur visage a été remodelé, et il leur semble avoir déjà vécu certaines situations. Ou encore Rachel parle une langue qu’elle n’a jamais apprise.

C’est lors d’un nouveau séjour en Enfer qu’ils s’aperçoivent que ce n’est qu’un monde virtuel dans lequel ils sont plongés, eux et les otages. Les démons qu’ils combattent ne sont que des androïdes. Grâce à un informaticien du Pentagone qu’ils aident à rejoindre l’ambassade, ils recueillent des informations plus précises sur les événements. A leur grande surprise, ils apprennent que quelques années auparavant, ils faisaient déjà partie du FLC mais qu’ils avaient été arrêtés par les sbires de Solène Solux. Après avoir subi un lavage de cerveau et des transformations esthétiques, ils étaient devenus des agents du gouvernement en place. L’attaque dont ils avaient failli être victimes était pour les inciter à rejoindre le FLC et infiltrer le mouvement. Lors d’un énième voyage en Enfer, Rachel décède d’une crise cardiaque. Gedeon continue l’œuvre entreprise en plastiquant le sous-sol de la chapelle du Pentagone. L’armée se rallie aux mutins et Solène Solux est obligée de s’enfuir. Gedeon la retrouve alors qu’il se recueille sur la tombe de Rachel. Solène tente de l’abattre mais c’est elle qui est victime d’un accident, trébuchant et se fracassant le crâne.

 

Sous couvert d’un roman qui se lit avec plaisir, emmenant le lecteur en 2095 dans une Amérique plongée dans la terreur et une nouvelle forme d’Inquisition, Chet Williamson dénonce la tendance actuelle où Dieu est mêlé à la politique.

Aussi bien chez les Intégristes qu’aux Etats-Unis. D’ailleurs page 170, il écrit : « On a vu comment les politiciens de ces deux derniers siècles, de l’Allemagne des années 30, jusqu’aux chefs du Congrès, au tournant du siècle dernier, utilisaient la peur pour arriver à leur fin — l’angoisse du crime organisé, le spectre de la pauvreté, la peur des gens différents… Puisque s’appuyer sur ces trucs marchait bien, n’allait-il pas être plus profitable encore de puiser dans des siècles de frayeurs et de superstitions, d’exploiter les pulsions tribales de l’humanité et ses terreurs les plus primitives ? ».

C’est la guerre entre un soi-disant Bien contre un soi-disant Mal.

 

Chet WILLIAMSON : Descente aux enfers (Hell – 1995. Traduction Michèle Zachayus). Collection Virtuel N° 3. Editions Fleuve Noir. Parution mars 1997. 284 pages.

ISBN : 2-265-06019-4

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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 04:57

L’alter ego de Jack l’Eventreur ?

Jean RAY : Jack de Minuit.

Jean Ray restera à jamais pour tous ceux qui le connaissent le créateur d’Harry Dickson, même si certains aujourd’hui contestent cette paternité, avec juste raison. Mais comme il a tout réécrit, qu’il a imaginé des aventures à partir des couvertures originales, Harry Dickson, c’est bien Jean Ray.

Jean Ray c'est également l’auteur de ces chefs-d’œuvre immortels que sont Malpertuis, La Cité de l’indicible peur, Les contes noirs du golf, ou encore Les contes du whisky. Des romans imprégnés de fantastique et de policier, dans lesquels l’atmosphère joue un rôle prépondérant.

Mais Jean Ray a écrit bien d'autres œuvres méconnues, oubliées, perdues, disparues jusqu’à aujourd’hui. Ainsi ce Jack de Minuit, plus policier que fantastique mais dans lequel on retrouve la patte, le style du grand maître. Un roman qui reprend les thèmes chers à l’auteur : la mer, l’exotisme, mais également les sociétés secrètes, Londres et son smog, les bouges, le mystère sous toutes ses formes. Des thèmes qui firent les délices de nos lectures enfantines et dans lesquels puisèrent abondamment les écrivains populaires.

 

Rowland Harleyson, de retour d’Australie, voyage à bord du Jurvis Bay, et regagne l’Angleterre. Au cours d’une escale à Aden il manque d’être assassiné par deux voleurs. Il est sauvé in extrémis par un mystérieux chinois, Mr Wang qui lui fait promettre de fui rendre le même service le jour où il en aura besoin.

Sur ce bateau, il tombe amoureux de la belle Betty, nièce du richissime lord Elmsfield. Mais celle-ci se montre coquette et frivole envers Rowland, et le dédaigne. Rowland sauve de la noyade Nancy Ward, une stewardesse embauchée à Aden, un acte de bravoure qui lui vaut la reconnaissance de la jeune femme.

D'autres petits faits parsèment le voyage houleux de Rowland. Une nuit ses cheveux changent de couleur. Une adresse londonienne lui est imposée. Etc. Pendant ce temps, à Londres sévit un mystérieux tueur surnommé Jack de Minuit, qui, comble de l’horreur, décapite ses victimes. Rowland Harleyson est vite soupçonné par la police d'être le fameux Jack de Minuit. Emprisonné, il risque de terminer son existence au bout d’une corde. Mais un individu, rebut de la société nommé Sol Perlmutter a décidé de venger la mort de l'unique ami qu’il ait jamais eu.

 

Jack de Minuit est un livre foisonnant de mystères, de péripéties, d’aventures, d’énigmes, de substitutions, d’actions d’éclat dans lequel l’amour et l’amitié font également parties du voyage. Une cure de nostalgie et de jouvence littéraire.

Réédition Collection Terres Fantastiques. Editions Terre de Brume. Parution le 24 novembre 2017. 174 pages. 18,00€.

Réédition Collection Terres Fantastiques. Editions Terre de Brume. Parution le 24 novembre 2017. 174 pages. 18,00€.

Jean RAY : Jack de Minuit. Préface d’Henri Vernes. Couverture de René Follet. Collection Attitudes. Claude Lefrancq Editeur. Parution 1991. 160 pages.

ISBN : 2-87153-046-7

Réédition Collection Terres Fantastiques. Editions Terre de Brume. Parution le 24 novembre 2017. 174 pages. 18,00€.

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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 05:12

Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague

Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues

Et de vagues rochers que les marées dépassent,

Et qui ont à jamais le cœur à marée basse.

Avec infiniment de brumes à venir

Avec le vent d'ouest écoutez-le tenir

Le plat pays qui est le mien.

Gérard PREVOT : La nuit du Nord.

Dans la lignée des fantastiqueurs belges, Gérard Prévot est à mettre à égalité (presque) avec Jean Ray, Thomas Owen, Michel de Ghelderode ou encore Jacques Sternberg. Il occupe une place de choix pourtant il est quelque peu méconnu même s’il a signé des ouvrages sous les pseudonymes de Francis Murphy, Red Port et probablement sous l’alias collectif de Diego Michigan.

Les trois nouvelles de ce recueil sont ancrées dans le Nord, en Belgique plus précisément, à Bruges, Ostende, et leurs environs avec toutefois, pour les deux premières, une petite incursion dans le Sud. Peut-être afin de soulever quelque peu le voile de brume qui les environne et pour mieux les y replonger ensuite. Mais toutes trois d’inspiration différente, entretenant le mystère avec une pointe de science-fiction.

D’origine méditerranéenne, Laurence Di Malta se trouve par hasard à Bruges par un soir de rude hiver. Elle rencontre un peintre, Herman Kuttner, trente ans, sur le seuil d’une taverne. Ils ne font que bavarder, le reste ce sera pour plus tard, peut-être. Le lendemain, elle entre dans une galerie de peinture et s’arrête longuement devant une toile de Kuttner. Elle en oublie ses gants sur un divan et téléphone le soir même au directeur de la galerie. Celui-ci lui envoie à son hôtel non seulement ses gants mais une lettre signée Kuttner. Est jointe à cette missive une toile du peintre. En récompense elle le retrouve aussitôt et là se produit ce que vous attendiez tous mais que je ne vous décrirais pas puisque ce n’est pas l’objet de l’histoire. Sachez toutefois que voulant rentrer à son hôtel, elle se perd et se rend compte qu’elle arrive par plusieurs fois dans la même impasse. Elle est perdue, et une ombre lui indique une fenêtre basse. Elle se sent suivie et frappe à la porte de la maison indiquée et Herman Kuttner lui ouvre ? C’est lui mais ce n’est pas lui. Comme un dédoublement du peintre. Et quoique cette histoire se déroule à Bruges, on peut dire qu’il s’agit d’une affaire de Gant(d). Cette nouvelle donne son titre au recueil, La nuit du Nord.

Les oyats, ce sont ces chiendents marins qui poussent sur les dunes des plages, des plantes touffues qui retiennent le sable. Celui qui narre cette aventure, est installé à Middlekerke près d’Ostende. Il se nomme Percy Brumer et est chargé d’une mission concoctée par trois comparses. Il s’est installé dans un vieux moulin et un château d’eau désaffecté. Il a trois ans pour préparer sa mission, c’est un tueur. Mais il doit aussi réaliser une grille en assemblant des barres sur lesquelles il doit inscrire une lettre sur chacune de ces tiges. Il en fabrique une tous les six mois. Il a le temps, il n’est pas pressé, pour tant lorsque débute le récit il avoue avoir failli à sa mission. Peut-être parce qu’il avait rencontré, alors qu’il était couché dans les oyats, quelques semaines après son arrivée, une jeune fille, Dolly, qui ne se déplaçait qu’en chaise roulante accompagné de sa gouvernante. Mais Dolly décède peu après.

Cette nouvelle, la plus longue du recueil, est racontée à plusieurs voix, la principale étant celle de Percy Brumer qui rédige une sorte de testament que lira par la suite un autre interlocuteur. Jusqu’à l’épilogue ou presque, le lecteur nage dans l’incertitude, dans le flou le plus complet, jusqu’à ce qu’il découvre ce qui pousse, poussait, Percy Brumer à confectionner une grille et les raisons de son échec volontaire.

Enfin, Le spectre mécanique, met en scène un jeune garçon envoyé chez son oncle, un vieil homme qui habite un château qui ressemble à un spectre, coincé entre deux montagnes. L’adolescent se nomme Frédéric de Marck, et son oncle, le comte Godefroid de Marck, lequel vit avec son unique serviteur Paulin. Leur rythme de vie est assez spécial mais Frédéric est prié de s’y conformer. Les deux personnages sont insomniaques et les heures de repas sont totalement bousculées. En fouillant dans les différentes pièces quasiment à l’abandon, il découvre un spectre mécanique à l’abandon dont les piles sont en fin de parcours. Mais le destin en décide autrement alors que Frédéric devait se rendre au village acheter des piles neuves. Naturellement, cette histoire n’est pas sans rappeler les nombreuses nouvelles mettant un automate en scène et plus particulièrement le roman de Mary Shelley : Frankenstein ou le Prométhée moderne, et d’apprenti sorcier en général.

Un auteur et des histoires à découvrir ou redécouvrir.

Réédition dans Le démon de février. Collection Bibliothèque du Fantastique. Editions Fleuve Noir. Parution janvier 1998. 576 pages.

Réédition dans Le démon de février. Collection Bibliothèque du Fantastique. Editions Fleuve Noir. Parution janvier 1998. 576 pages.

Gérard PREVOT : La nuit du Nord. Collection Marabout Fantastique N°484. Editions Marabout. Parution 1974. 192 pages.

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8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 04:16

Il doit posséder un tarif préférentiel pour voyager autant !

Mary KIRCHOFF & Steve WINTER : L’éternel voyageur

Continuant ses pérégrinations, Tass arrive à Solace au moment de la foire annuelle. Il dérobe, en kleptomane naïf, un bracelet sur l’étal de Forgefeu. Une commande dont, pour réaliser ce bijou, une jeune femme avait fourni les matériaux.

Tass persuade Forgefeu et son ami Tanis que s’il s’est emparé du joyau, c’est afin qu’un voleur ne mette pas main basse dessus. Puis il continue son chemin avec toujours dans sa besace le précieux objet qui se révèle être un allié divinatoire. Il confie l’anneau à un paysan auquel il a sauvé la vie, mais l’homme se le fait dérober par Waldo, un pseudo barde.

Forgefeu et Tanis se lancent sur les brisées de Tass qui leur narre son aventure et présente ses excuses. Les trois hommes, accompagnés de Sélana, la commanditaire du bijou, qui est une elfe aquatique, se ruent sur la trace du barde.

Arrivé à Tantallon, Waldo, qui s’est aperçu des propriétés prémonitoires de son larcin, se fait passer pour un mage auprès du seigneur Curston, de son fils Rostrevor et de Balcombe, le magicien officiel. Il prédit un malheur devant s’abattre sur Rostrevor, et malgré toutes les précautions prises Rostrevor disparait. Waldo est alors accusé de conspiration et exécuté.

Sélana et ses compagnons arrivent à Tantovallon. Alors qu’ils cherchent la geôle de Waldo, Tanis et Forgefeu sont faits prisonniers par Balcombe. Salané et Tass échappent à leurs poursuivants. Ingurgitant une potion de métamorphose ils se transforment en hirondelle, en mouche ou tout autre animal leur permettant de s’infiltrer un peu partout.

Forgefeu et Tanis délivrés, ils se lancent à la recherche de Balcombe qui retient Rostrevor enfermé dans une gemme. Après quelques péripéties ils arrivent au pays des Phaétons auxquels ils expliquent leurs démêlés.

Balcombe vient régulièrement dans une caverne de la montagne. Il offre en sacrifice les âmes de ses prisonniers à Hiddukel; dieu maléfique, envers qui il a contracté une dette. Grâce à l’aide apportée par les Phaétons, après avoir déjoués mille embûches et subit un combat épique, Sélana et ses amis récupèrent le bracelet magique. Balcombe est enfermé dans une pierre précieuse et subit le sort des sacrifiés. Sélana peut rejoindre dans la mer, son peuple et surtout son frère auquel était destiné le bijou doté d’un don prémonitoire.

 

Frais et reposant, tels pourraient être les qualificatifs de ce roman qui, écrit en 1991, est le second de la trilogie des Rencontres. Rencontre dans ce volume entre Flint Forgefeu et Tanis Demi-Elfe, d’une part, et de Tasslehoff Racle-pied d’autre part.

On y retrouve les thèmes chers à la fantasy et aux légendes celtiques tout en empruntant les chausse-trappes d’Indiana Jones ou des Aventuriers de l’Arche Perdu.

Un roman pour adolescents attardés, mais ne le sommes nous tous pas parfois un peu.

 

Mary KIRCHOFF & Steve WINTER : L’éternel voyageur (Wanderlust – 1991. Tradaction d’Isabelle Troin-Joubaud). Illustration de Clyde Cadwell. Collection Lance Dragon N° 14 La Trilogie des Rencontres 2. Editions Fleuve Noir. Parution novembre 1997. 256 pages.

ISBN : 2-265-06205-7

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30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 05:49

Othon en emporte le vent…

Alexandre DUMAS : Othon l’archer.

En cette fin d’année 1340, Karl de Hombourg, qui a durant de longs mois participé dans les Flandres à la guerre opposant la France de Philippe de Valois aux troupes d’Edouard III d’Angleterre sur l’ordre de l’empereur Louis V de Bavière, revient au pays.

Il arrive en vue du château de Godesberg où vit son ami et frère d’armes, le comte Ludwig, landgrave de Godesberg. De la lumière jaillit de toutes les fenêtres, et il pense, à juste raison, qu’il s’y déroule une fête. Mais son ami est pensif, préoccupé, en proie à de sombres pensées et ne participe pas à la joie générale. Ludwig, caché derrière une tenture, montre l’objet de sa déprime. Emma, sa femme si belle, est en train de danser avec Albert son frère de lait et leur connivence est manifeste.

Or, la ressemblance entre Othon, fruit des épousailles de Ludwig avec Emma, et Albert est criante, frappante. Si frappante qu’elle frappe également Karl de Hombourg. La suspicion est née dans l’esprit du comte de Godesberg à causes des insinuations de son cousin et conseiller Godefroy lequel aurait évoqué un possible cocufiage dont Othon serait issu. Karl ne peut qu’acquiescer, Othon étant la copie conforme d’Albert.

Ludwig, comte de Godesberg, décide donc d’envoyer Emma dans un couvent, tandis que le jeune Othon devra intégrer un monastère. Mais Karl n’est pas persuadé de l’adultère supposé d’Emma et provoque en duel Godefroy. Celui-ci, mortellement blessé, lui fait quelques confidences et se confesse auprès d’un prêtre avant de décéder. Le religieux apprend alors au comte de Godesberg qu’entre Emma et Albert, la connivence établie n’était pas celle d’amoureux transis, mais d’un frère et d’une sœur.

Aussitôt le landgrave décide qu’Emma et Othon réintègreront le château. Emma est mortifiée tandis qu’Othon a échappé aux gardes chargés de l’accompagner.

Othon, âgé environ de seize ans, rencontre au cours de ses pérégrinations dans les bois une bande d’archers qui se rendent à la fête de l’arc, comme tous les ans, organisée par le prince Adolphe de Clèves. Il démontre à ses nouveaux compagnons qu’il est expert dans le maniement de l’arc, accomplissant quelques exploits avec ses flèches. Et il se lie d’amitié avec quelques uns de ses nouveaux compagnons de route.

S’ensuivent quelques épisodes épiques dont la rencontre, dans un château en ruines, de fantômes, puis arrivé près du prince de Clèves, il s’éprend da la jeune fille du seigneur du lieu, Hélèna. Attirance réciproque. Mais il ne peut dévoiler son statut de jeune noble ce qui va l’handicaper dans sa conquête amoureuse, malgré de nouveaux exploits comme archer et combattant. Car Hélèna est fiancée, contre son gré au comte de Ravenstein.

Le chevalier au Cygne va-t-il pouvoir démêler un imbroglio d’apparence insoluble ?

 

Ce conte germanique publié pour la première fois dans le journal Le Siècle en 1838 fut recueilli en 1857 dans un recueil avec d’autres contes sous le titre de Contes pour les Petits. Les autres textes ayant été publiés dans le Monte-Cristo dans une série intitulée L’homme aux contes, dont le titre pourrait avoir été suggéré par Gérard de Nerval. Mais il semblerait que cette affirmation serait un hommage à son ami qui s’était suicidé en 1855.

Mais il est vrai également que Dumas, avant d’écrire ses pièces de théâtre, avait adapté en français des œuvres de Schiller, Andersen et Walter Scott. Et il n’est pas farfelu de penser qu’en écrivant Othon l’archer, Dumas ne se soit pas inspiré d’une histoire qu’il aurait aménagée à sa façon.

Quelle que soit l’origine de ce texte, Othon l’archer s’inscrit dans la veine romantique en exaltant certaines vertus indispensables mais avec un plongeon dans une aura quelque peu fantastique et guerrière.

La jalousie attisée par des insinuations, la fidélité battue en brèche par des allégations fallacieuses, déclenchent le départ aventureux d’Othon qui devra par ses seules qualités d’archer, d’adolescent courageux qui va conquérir le cœur de sa belle, tout en influant sur le comportement au départ négatif du prince de Clèves. Car il cache son statut de jeune noble prouvant que la valeur ne réside pas dans le fait qu’il est fils de comte mais dans son esprit entreprenant et courageux, allié à ses démonstrations d’habileté.

 

Vous pouvez télécharger gratuitement cet ouvrage et d’autres en vous rendant à l’adresse ci-dessous :

Autres chroniques sur des romans d’Alexandre Dumas :

 

Alexandre DUMAS : Othon l’archer. Collection L’Aube poche/Les Populaires. Editions de l’Aube. Parution le 21 juin 2007. 155 pages.

ISBN : 978-2752603555

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
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