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24 décembre 2019 2 24 /12 /décembre /2019 08:38

Les Survenants, c’est comme des Revenants qui ne seraient pas nés… !

René REOUVEN : Les Survenants.

S’étant rendu à Bordeaux pour des raisons personnelles, Gilbert Gréjac, psychanalyste, assiste sur les conseils d’un ami à un concert de guitares autophonique sur la dune du Pyla.

Un chien qui se promène, répondant au nom de Spirou, dont le comportement étrange l’intrigue, puis la rencontre impromptue avec une jeune femme prénommée Odélie Duchâtelet, cette musique émanant dont on ne sait d’où, cette soirée va bouleverser la vie de Gilbert Gréjac.

Peu à peu il se rend compte que non seulement sa personnalité se modifie, que ses habitudes changent du tout au tout, mais que ses souvenirs eux-mêmes prennent des chemins de traverse. Ce n’est pas tellement le fait de ne plus fumer du jour au lendemain ou de se retrouver gaucher qui le perturbent vraiment, mais d’autres indices qui le conduisent à se poser des questions.

Et que dire de cette modification de prénom en Justin sur ses pièces d’identité ainsi qu’une altération de la photographie qui le représente. C’est lui sans être lui.

Il se confie à l’un de ses confrères mais celui-ci ne peut lui apporter de réponses concrètes sur ces manifestations. Alors, il effectue quelques recherches afin de trouver où réside Odélie. Ayant découvert qu’elle vit à Saint-Guénolé dans le pays Bigouden, il se rend sur place.

Dans le grenier de sa petite maison, la jeune musicologue a installé des harpes qui vibrent sous l’action du vent. Un concert initié par l’oncle de la jeune femme, qui depuis est interné et vit dans un état végétatif.

Odélie avoue qu’elle-même a perçu de nombreuses modifications dans sa façon de vivre. Elle était de mœurs libérées, elle est devenue pudique et réservée. Ce qui entraîne les deux jeunes gens à parfois s’affronter ou au contraire à se confier. Et, tout comme Gilbert/Justin, elle est devenue Odélie/Jeanne.

Ils se rendent parfois dans l’établissement où a été interné l’oncle Philippe, qui a des sursauts, reprenant pour quelques moments ses esprits. Il a fait des recherches sur ceux qu’il nomme les Survenants, des entités qui ne sont pas nées mais attendent l’occasion propice pour investir les corps et les esprits de leurs « jumeaux ». Ainsi il est persuadé que son Survenant n’est autre qu’Antoine Galois, un descendant virtuel d’Evariste Galois, un célèbre mathématicien mort en duel à l’âge de vingt ans en 1832.

Gilbert Gréjac, lors d’une analyse avec son confrère Pojols, précise sa pensée :

Elles investiraient notre personnalité de la même façon que des émissions de radio intempestives viennent brouiller celle sur laquelle tu t’es branché, sans que tu aies manœuvré le bouton de réglage.

Tandis que pour Philippe, l’oncle d’Odélie, il émet l’hypothèse suivante :

Notre monde, celui que nous connaissons, était peut-être considéré comme virtuel par des créatures qui, derrière leurs propres écrans, ne verraient en nous que des images de synthèse.

 

Ce roman de René Reouven détone par rapport à la production habituelle de cet auteur qui pourtant avait déjà abordé le fantastique et la science-fiction, dans notamment dans Les Grandes profondeurs.

On retrouve certes l’érudition dont fait preuve dans chacun de ses ouvrages cet ancien documentaliste de l’Education Nationale, mais l’aspect historico-humoristique y est effacé au profit d’un concept psychologique.

Et je n’hésite pas à affirmer, contrairement à de nombreux critiques et chroniqueurs, que ce roman non seulement ne m’a pas intéressé mais au contraire, que je me suis ennuyé à sa lecture. Mais ceci n’engage évidemment que moi, car malgré tout cette intrigue est solide. Mais trop verbeuse, trop sérieuse malgré son contexte, trop introspective à mon goût.

Ce qui ne m’empêchera pas de lire, ou relire, d’autres ouvrages de René Reouven, surtout ses intrigues policières dans lesquels il prend le XIXe siècle comme support et met en scène personnages fictifs et réels.

 

René REOUVEN : Les Survenants. Collection Présences N°31. Editions Denoël. Parution le 24 octobre 1996. 256 pages.

ISBN : 2-207-24370-2

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6 décembre 2019 5 06 /12 /décembre /2019 05:22

Un peu fanée, mais encore si belle !

Alain BILLY : L’orchidée rouge de madame Shan.

Léa, une belle jeune femme, est appelée en urgence chez madame Shan, une voyante à l’article de la mort.

La moribonde confie à sa jeune voisine une orchidée rouge, tout en lui précisant que cette fleur lui procurera un trésor.

Un trésor que recherche activement Francis, le compagnon de Léa, en dépotant la plante. Rien. Ce n’est que quelques mois plus tard que les deux jeunes gens, en manipulant la fleur desséchée, s’apercevront que l’ombre de celle-ci réfléchit sur le mur qui représente une carte géographique.

Leur voisin et propriétaire, monsieur Spingle, vieillard libidineux, paralysé, qui ne se déplace qu’en chaise roulante, les épie à travers un astucieux système auditif et optique disposé dans la cloison de séparation des deux logements.

Léa et Francis partent à la recherche du supposé trésor, en Afrique du Nord. Le voyage est ponctué d’indices, de personnages troubles porteurs d’éléments du puzzle, et comme tout bon roman d’aventures, nos héros sont suivis comme leur ombre par un individu louche qui n’hésite pas à éliminer ceux qui l’encombrent sur son passage.

 

Excellent roman d’Alain Billy qui renoue avec le roman d’aventures exotiques et dont l’apport de la science-fiction dite traditionnelle n’est qu’un prétexte.

C’est un retour à la fascination du désert arabe, des villes perdues, des oasis, de la course au trésor, thèmes que Gérard Delteil avait également abordé dans La septième griffe de Togor, paru dans la même collection sous le numéro 1583.

Mais on pourra également penser aux Mille et une nuits, évidemment.

Alain BILLY : L’orchidée rouge de madame Shan. Collection Anticipation N°1613. Editions Fleuve Noir. Parution mars 1988. 192 pages.

ISBN : 2-265-03762-1

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 05:50

Pierre Pével s’immisce entre Alexandre Dumas et Anne McCaffrey.

Pierre PEVEL : Les lames du Cardinal.

Surveillé par Petit-ami, son animal favori qui n’est autre qu’un dragonnet, Armand du Plessis, plus connu sous l’appellation de Cardinal de Richelieu travaille, rédigeant des notes, écrivant des lettres, préparant ses réunions ministérielles, et autres occupations qui accaparent tout son temps et plus particulièrement ses nuits.

Il reçoit en son cabinet particulier le capitaine de La Fargue, un militaire qui depuis cinq ans est retiré de la vie militaire. Depuis l’affaire de La Rochelle dont il garde un mauvais souvenir. Mais en ce printemps de 1633, Richelieu lui demande de reformer les Lames du Cardinal, une petite compagnie d’aventuriers sans peur et sans reproche (presque) qui avait été dissoute sur ses ordres. Du moins ce qu’il en reste.

Le cardinal confie à La Fargue une mission, retrouver un chevalier espagnol, à l’instigation de l'ambassadeur d'Espagne, ce qui permettrait de mener à bien des négociations entre les deux pays qui entretiennent une tension digne de la guerre froide, mais ce qu’il ne dit pas, c’est que cette tâche en cache une autre. Aussitôt les anciens membres de cette sorte de confrérie qu’est Les Lames du Cardinal reforment leur petit groupe. Se retrouvent la baronne Agnès de Vaudreuil et six autres aventuriers dont Saint-Lucq, un sang-mêlé, fruit des amours d’un Drac avec une humaine. Certains d’entre eux sont toujours en exercice comme Antoine Leprat, chevalier d’Orgueil, qui est mousquetaire du Roi, ou encore Arnaud de Laincourt qui lui est enseigne aux gardes du Cardinal. Tous personnages atypiques, fringants cavaliers ou vétérans handicapés.

Tout ce petit monde se retrouve avec plus ou moins de bonheur et de plaisir, l’affaire de La Rochelle restant en travers des gorges, mais la promesse d’une prime conséquente efface en partie les tensions et les réticences.

Une société secrète, La Griffe noire, composée de dragons (l’animal), dont les desseins sont de déstabiliser le royaume français au profit de la cour d’Espagne, et qui possèdent la particularité de prendre apparence humaine, œuvre dans l’ombre.

Mais comme partout et de tout temps, des personnages jouent un double-jeu et les trahisons risquent de mettre à mal la mission des Lames du Cardinal.

Guet-apens, chevauchées épiques, duels, combats féroces avec pour protagonistes les dracs qui sont réfugiés dans un château médiéval, des malandrins issus de la Cour des miracles, de vrais faux handicapés, et des personnages puissants qui fomentent des trahisons, des imposteurs ou des voyageurs ayant empruntés de fausses identités, tout ceci nous entraîne dans un roman de cape et d’épée à la sauce Fantasy, roman qu’Alexandre Dumas n’aurait pas renié. D’ailleurs, subrepticement le nom d’Athos est évoqué, ainsi que celui de Rochefort ou encore l’âme damnée du Cardinal, le père Joseph.

Roman de fureur et de complots, Les Lames du Cardinal nous plonge dans un univers historique dont les personnages réels côtoient les protagonistes fictifs.

Mais comme tout bon roman d’aventures, se glisse une histoire d’amour dans cette intrigue. Mais chut, je ne vous ai rien dit.

Ce premier volet d’une trilogie est mené non point tambour battant mais comme un cheval au galop à la recherche d’aventures périlleuses, et il donne l’envie de prolonger la lecture par les deux autres tomes qui constituent une fantasy historique proche de l’uchronie.

 

Des critiques et chroniqueurs qui veulent faire court en marquant les esprits, n’hésitent pas à déclarer de façon lapidaire : A lire de toute urgence. Ce qui est loin de prouver qu’ils ont jeté un œil, à défaut des deux, sur un livre et donc ne l’ont pas lu.

Une façon que je qualifierais de désinvolte vis-à-vis des lecteurs, et de l’éditeur dont ils se contentent de signaler la parution à peu de frais et de travail. Mais que l’éditeur recense ce genre d’article dans « La presse en parle et est enthousiaste », cela n’engage pas les chroniqueurs sérieux à se démener pour rédiger leurs notules.

 

Réédition L’intégrale. Contient : Les lames du Cardinal ; L’alchimiste des Ombres ; Le Dragon des Arcanes. Editions Bragelonne. Parution le 12 juin 2019. 768 pages. 10,00€.

Réédition L’intégrale. Contient : Les lames du Cardinal ; L’alchimiste des Ombres ; Le Dragon des Arcanes. Editions Bragelonne. Parution le 12 juin 2019. 768 pages. 10,00€.

Pierre PEVEL : Les lames du Cardinal. Première édition Bragelonne. Parution septembre 2007. 304 pages.

Nombreuses rééditions chez Bragelonne et Folio SF.

Réédition L’intégrale. Contient : Les lames du Cardinal ; L’alchimiste des Ombres ; Le Dragon des Arcanes. Editions Bragelonne. Parution le 12 juin 2019. 768 pages. 10,00€.

ISBN : 979-1028109097

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 05:38

Ce choix d’histoires s’adresse essentiellement à ceux qui trouvent trop fade la saveur

de la télévision.

Alfred Hitchock

Alfred HITCHCOCK présente : Histoires abominables.

Non seulement Alfred Hitchock s’est montré le maître du suspense au cinéma, mais il a œuvré aussi à la télévision dans des séries dont le parfum perdure dans nos souvenirs.

Il a apporté sa caution dans les recueils de compilation à thèmes et dans le magazine portant son nom, auquel il ne participait que comme éditorialiste. Toutefois bon nombre d’auteurs qui souvent étaient inconnus, et le sont encore, du grand public purent ainsi être publiés et traduits en France, grâce à son soutien nominatif.

Mais ce rôle fictif d’anthologiste lui est peut-être venu parce que tout ne peut être adapté.

Ainsi déclare-t-il dans sa préface :

Je suis venu tard à la télévision et d’aucuns ont prétendu que j’attendais que les écrans deviennent assez grands pour que je puisse m’y loger (allégation contre laquelle je proteste de tout mon poids). Toutefois, j’en suis venu à beaucoup aimer ce moyen d’expression et j’espère bien que l’on ne verra pas dans l’existence de ce livre une critique mais simplement la reconnaissance d’un fait patent. A savoir qu’il y a certaines histoires auxquelles la télévision ne peut rendre justice.

 

Dans Histoires abominables, il est intéressant de trouver ou retrouver des auteurs aussi différents que Jérôme K Jérôme, auteur de l’inénarrable Trois hommes dans un bateau, de William Hope Hodgson, auteur des aventures de Carnacki chasseur de fantômes, ou de Robert Bloch dont le roman Psychose fut adapté de magistrale façon par Hitchcock et qui fournit pas moins de dix-sept épisodes pour la série télévisée Hitchcock présente…

 

Loin de moi l’idée de vouloir présenter tous ces textes, ce serait fastidieux aussi bien pour vous que pour moi, mais j’ai pioché au hasard quelques-unes des nouvelles qui la plupart du temps relèvent du surnaturel ou tout au moins du fantastique. Mais pas que, parce que l’horreur et la terreur s’invitent également et l’on retrouvera certains thèmes favoris des auteurs présentés, du moins pour les plus connus.

 

Dans Comment l'amour s'imposa au professeur Guildea, de Robert Smythe Hichens, nous sommes mis en présence de deux célibataires endurcis : le père Murchison, par son statut de religieux, et le professeur Frederic Guildea qui est foncièrement misogyne, voire misanthrope. Ils font connaissance lors d’un sermon de l’un et d’une conférence de l’autre, et le père Murchison est invité chez le professeur. Ce qui constitue presqu’une première. Ils se retrouvent assez souvent chez Guildea, conversent à bâtons rompus devant, éventuellement le majordome du professeur, mais surtout de son perroquet. Jusqu’au jour où Guildea sent comme une présence chez lui et croit entendre son volatile s’exprimer d’une voix féminine.

 

Sortilège de Montague R. James est conforme à son titre. Un certain Karswell n’apprécie pas du tout que son texte La vérité sur l’alchimie soit refusé par une association et il en veut plus particulièrement à celui qui est à l’origine à ce refus. Et pour bien marquer que sa vengeance sera terrible, il placarde ou fait parvenir des affichettes dans lesquelles il invite à se pencher sur le cas d’un critique littéraire qui avait éreinté son précédent ouvrage justement sur l’alchimie.

 

Jérôme K. Jérôme prend pour thème celui de l’automate dans Un cavalier accompli. Ce thème est de nos jours encore souvent utilisé mais lors de sa parution peu de textes mettent en scène ce genre d’automate. C’est en entendant des jeunes filles se plaindre de ne rencontrer dans les bals que des cavaliers aux discours insipides, qu’un fabricant de jouets articulés décide d’assembler ce cavalier qui devrait faire sensation. Et en effet, ce cavalier danse sans monter sur les pieds de sa partenaire mais un couac se produit toujours dans les objets animés. L’on pense naturellement à Collodi et son personnage de Gepetto fabricant une marionnette nommée Pinocchio mais aussi à d’autres textes fondateurs ayant un automate comme personnage principal.

 

Avec Sredni Vashtar, Saki, nom de plume H.H. Munro, livre un texte mettant en scène un enfant de dix ans, Conradin, élevé par sa cousine madame de Ropp. D’après le médecin, Conradin n’a plus que cinq ans au maximum à vivre, mais pour autant entre sa cousine et lui, c’est un peu comme chien et chat. Pire même car parfois ces deux animaux arrivent à cohabiter en bonne intelligence. Alors Conradin reporte l’affection qu’il ne peut exprimer ou recevoir envers une vieille poule et une fouine-putois logés dans une vieille remise au fond du jardin.

 

La voix dans la nuit, de William Hope Hodgson, c’est celle d’un inconnu qui s’adresse aux marins d’un schooner encalminé dans les eaux du Pacifique Nord. Il ne veut pas se montrer, repart même à bord de son embarcation mais le capitaine et ses hommes parviennent à l’apprivoiser. Ils lui promettent des vivres pour lui et sa femme alors il narre, de loin, dans la brume, sa mésaventure. Comment le navire à bord duquel le couple voyageait, et seuls rescapés, comment ils ont abordé une île déserte recouverte d’une étrange végétation.

 

La dame sur un cheval gris, de John Collier, prend pour décor l’Irlande et l’antagonisme entre celtes et saxons, entre natifs de la verte Erin et envahisseurs Anglais, même si ceux-ci sont installés depuis des siècles. Le dernier descendant d’une famille anglo-irlandaise qui apprécie les parties de chasse ou de pêches en compagnie de son ami Bates parcourt la campagne et il apprécie encore plus les bonnes rencontres féminines dans les auberges, sur les chemins, ne s’embarrassant d’aucun principe de courtoisie, de respect, de considération envers celles qu’il juge bon à mettre dans son lit ou sur une botte de paille.

 

Tout un lot de nouvelles dans la forme et dans le fond et qui peuvent se révéler politique, poétique, humoristique, sociologique, horrifique, surnaturelle, fantastique, et que le lecteur avide goutera avec plaisir.

Cet ouvrage a été réédité partiellement et pour certaines nouvelles retraduites. Les titres et noms des auteurs en italiques ne sont pas compris dans la réédition Pocket.

 

Alfred HITCHCOCK, Préface.

Robert Smythe HICHENS : Comment l'amour s'imposa au professeur Guildea (How love came to professor Guildea). Traduction : Jos Ras

M.R. JAMES : Sortilège

Jérôme K. JEROME: Un cavalier accompli

Edward Lucas  WHITE: Lukundoo

Margaret ST CLAIR : Le travail bien fait

Phillip MacDONALD : L'Amour qui saigne (Love lies bleeding. Traduction Odette Ferry

Arthur WILLIAMS : Le Parfait meurtrier (The Perfectionist). Traduction Odette Ferry

C.P. DONNELLE Jr. : Recette de meurtre (Recipe for Murder). Traduction Odette Ferry

RUSSEL John : Le prix d'une tête

SAKI : Sredni Vashtar (Sredni Vashtar). Traduction Odette Ferry

William Hope  HODGSON : La voix dans la nuit

Richard CONNELL : Les Chasses du comte Zaroff (The Most Dangerous Game). Traduction Jos Ras

James Francis DWYER : Le Diplôme de la jungle (Being a Murderer Myself / A Jungle Graduate). Traduction Jos RAS

John COLLIER : La Dame sur le cheval gris (The Lady of the Grey). Traduction Odette Ferry

Robert BLOCH : Une souris et des rats (Water's Edge). Traduction Odette Ferry

Robert ARTHUR : Le Farceur (The Jokester). Traduction Odette Ferry

A. M. BURRAGE : Figures de cire (The Waxwork). Traduction Odette Ferry.

Thomas BURKE : L'Épouse muette (The Dumb Wife). Traduction Odette Ferry

Dorothy Kathleen BROSTER : Tapie devant la porte (Crouching at the door). Traduction Odette Ferry

 

Réédition Partielle : Pocket N°1814. Parution 3ème trimestre 1979. 256 pages.

Réédition Partielle : Pocket N°1814. Parution 3ème trimestre 1979. 256 pages.

Alfred HITCHCOCK présente : Histoires abominables. Editions Robert Laffont. Parution 30 mai 1960. 412 pages.

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3 novembre 2019 7 03 /11 /novembre /2019 05:30

Un divertissement comme un autre…

Dean R. KOONTZ : Chasse à mort

Travis Cornell, 36 ans, ex-membre des Delta-Force, ex-agent immobilier, décide de fêter son anniversaire en effectuant une sorte de pèlerinage sur les lieux de son enfance en emportant les vivres qui enchantèrent ses jeunes années et en pratiquant son sport favori : la chasse aux serpents.

Mélancolique, il erre dans la nature. Son humeur l’entraîne dans une clairière où il lie connaissance d’une étrange façon avec un chien. Un chien qui le prévient d’un danger, un animal est à leurs trousses, animé d’intentions plus que belliqueuses.

Un chien à qui il ne manque que la parole.

Travis recueille le canidé chez lui et devant l’intelligence anormale de celui-ci, l’appelle Einstein. Mais autant Einstein se montre doux et affectueux, autant l’Autre, l’animal qui est à leur poursuite, est hargneux, agressif, dangereux, sanguinaire.

Einstein et l’Autre, comme finira par l’apprendre Travis, sont deux cobayes échappés d’un laboratoire de génétique et les services secrets sont à leur recherche.

Mais Travis tient à garder avec lui Einstein, d’autant plus que celui-ci lui a permis de rencontrer l’âme sœur.

S’engage alors une traque, une course poursuite où l’horreur, la violence, mais également le suspense, la tendresse, sont présents à chaque page, le tout assaisonné d’une pointe de fantastique.

 

Dean R. Koontz, dont c’est le véritable patronyme, est né en 1945. Ce n’est pas un inconnu car sous son nom il a signé bon nombre de romans de science-fiction, de fantastique et de terreur traduits en France dans diverses collections.

Mais il est également connu sous les pseudonymes de Leigh Nichols, de K.R. Dwyer et de Brian Coffey.

On retrouve dans pratiquement tous ses romans le thème obsessionnel de la traque, la chasse, de la poursuite, mais mené à chaque fois d’une façon différente.

Dans L’heure des chauves-souris, signé Leigh Nichols, une vieille femme s’acharne sur un petit garçon qu’elle soupçonne être la réincarnation de l’Antéchrist. Dans Chasse à mort, ce sont deux animaux à l’intelligence surdéveloppée qui sont en conflit, le Mal à la poursuite du Bien, le Mal qui se justifie par des artifices mais qui est pleinement conscient de ses actes.

Un roman dense et poignant et si le Bien triomphe du Mal, ce n’est pas sans séquelles physiques et morales.

 

Dean R. KOONTZ : Chasse à mort (Watchers – 1987. Traduction Evelyne Châtelain). Collection Spécial Suspense. Editions Albin Michel. Parution mars 1988. 420 pages.

ISBN : 2-226-03308-4

Réédition et nombreuses réimpressions sous couvertures différentes aux Editions J’Ai Lu. Collections Epouvante, Ténèbres et Fantastique N°2877. Pour les deux dernières, collections Ténèbres et Fantastique, la traduction est de Philippe Rouard.

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 04:24

Un voyage sans billet de retour ?

Histoires d’Outre-monde. Sélection de textes choisis, présentés et traduits par Jacques Papy.

Dans le domaine du roman, ou de la nouvelle fantastique, l’un des thèmes prédominants est bien celui du fantôme. Pour autant, il ne faut pas croire que tous les textes se ressemblent.

En effet, si l’horreur en est le ressort principal, l’épouvante et la frayeur sont également de mise, ainsi que l’insolite, la magie et parfois un brin d’humour saupoudre le tout.

Dans ce recueil composé et traduit par Jacques Papy, nous retrouvons toutes ces facettes dans des textes rédigés principalement par des Américains. Seul Leslie Pole Hartley est britannique. Ceci n’est pas étonnant sachant que l’esprit anglo-saxon accepte, recherche même, les situations d’origine fantastique tandis que les Français, cartésiens dans l’âme, rejettent cet aspect même si en province principalement les histoires de sorcellerie font florès.

Peu de romanciers ou nouvellistes de l’hexagone ont abordé le fantastique alors qu’Outre-manche et Outre-Atlantique ceci fait partie d’une certaine culture. Rappelons-nous Alice au pays des Merveilles, Peter Pan, et bien d’autres romans devenus cultes, voire classiques. Mais on aurait tort de dénigrer la littérature fantastique française avec des auteurs tels que Maurice Renard, Guy de Maupassant et quelques autres, mais ils ne sont pas légion. Alexandre Dumas et Erckmann-Chatrian ont semé leurs petites graines, qui ont poussé bon an mal an, sans faire de véritables émules. Et encore, Alexandre Dumas s’est surtout inspiré de contes, légendes et récits germaniques comme dans le volume Contes et légendes de grands chemins.

Ce recueil date de 1966, depuis la résurgence d’intérêt envers notamment Jean Ray ou encore Claude Seignolle a permis aux auteurs français de s’immiscer dans ce domaine littéraire, tel Brice Tarvel ou Pierre Pevel. Mais pour les auteurs émergeant, il s’agit surtout d’explorer l’Heroïc-Fantasy avec dragons à la clé que de véritables histoires de fantômes.

 

Donc, dans le recueil Histoires d’outre-monde, nous retrouvons sans surprise des maîtres de l’horreur et du fantastique mais également des auteurs moins connus dont la seule production réside la plupart du temps en quelques nouvelles. Il n’est donc pas étonnant de retrouver en tête d’affiche par le nombre de nouvelles le nom de H.P. Lovecraft et de son continuateur attitré, dépositaire des manuscrits inachevés et quelque peu fondé de pouvoir, August Derleth. D’ailleurs les textes cosignés Lovecraft et Derleth sont à créditer du seul Derleth.

Mais l’on retrouvera avec plaisir les noms de Robert Bloch, spécialiste du roman d’horreur dont le plus connu est bien évidemment Psychose, David H. Keller, un auteur peu prolifique mais intéressant comme le confirme le succès de son ouvrage Le désert des spectres publié au Fleuve Noir dans la collection Angoisse. Mais il ne faut pas confondre David H. Keller avec Dominique H. Keller, un pseudonyme de François Richard qui fut directeur de collection aux mêmes éditions Fleuve Noir.

Si une petite part est affectée aux grands anciens, des précurseurs, comme Nathaniel Hawthorne et Ambrose Bierce, nombreux sont ceux qui ne sont connus que des amateurs pour quelques nouvelles publiées dans des revues ou des anthologies.

Le décor de ces nouvelles, c’est le monde rural des Etats-Unis, mais parfois le lecteur est invité à se rendre dans des régions propices au retour des fantômes. La Prusse et ses forêts noires, ses châteaux médiévaux comme dans Le Camée de Carl Jacobi. Ce qui n’est guère étonnant puisque l’auteur est lui-même d’origine allemande. Tout comme son personnage principal qui se présente comme américain de naissance mais de descendance allemande. Désirant se rendre à Schlossberg, lors d’un voyage d’agrément, il prend une chambre dans une auberge isolée. Un homme est assis seul à une table et il est intrigué par sa vêture, un habit qui était à la mode dans cette région deux cents ans auparavant. Les deux hommes commencent à converser, l’homme narre une aventure qui s’est déroulée deux siècles auparavant et qui a un rapport avec la bague du voyageur.

Mais les décors exotiques ne sont pas exclus et naturellement l’Orient mystérieux s’invite dans ces nouvelles. Par un chemin détourné comme dans Le coffre des Indes de Joseph Payne Brennan mais aussi dans Scarabées de Robert Bloch dont la genèse de l’histoire se déroule en Egypte. Pour Dîner de têtes, August Derleth place le décor de sa nouvelle dans une possession britannique, probablement en Afrique, avec un sorcier qui collectionne les têtes séchées qui sont suspendues à des poteaux. Ni homme ni bête de Henry S. Whitehead, référence est faite entre autres au livres des Mille et une nuits.

Un petit tour d’horizon rapidement effectué qui se conclue par une citation :

Fort heureusement, l’inspecteur chargé de l’affaire était d’une intelligence au dessus de la moyenne : il n’eut pas recours au passage à tabac et n’essaya pas d’obtenir des aveux écrits.

David H. Keller : La Morte

 

Et je terminerai en vous livrant un petit conseil : méfiez-vous des engoulevents !

 

1 - Jacques PAPY : Préface.

2 - Joseph Payne BRENNAN : Le Coffre des Indes (The Calamander chest).

3 - Joseph Payne BRENNAN : L'Herbe du diable (Canavan's back yard).

4 - David H. KELLER : La Morte (The Dead Woman).

5 - August DERLETH : L'Échéance (Wentworth's Day).

6 - August DERLETH : La Chambre secrète (The Peabody Heritage).

7 - August DERLETH : Vignes sauvages (Wild Grapes).

8 - Carl JACOBI : Le Camée (The Coach on the Ring).

9 - August DERLETH : Le Tertre du Gibet (The Shadow on the Sky).

10 - John B. L. GOODWIN : Comme une froide pierre… (Stone still, stone cold).

11 - Leslie Poles HARTLEY : Les pieds devant (Feet Foremost)..

12 - Leslie Poles HARTLEY : Le cotillon (The cotillon).

13 - Robert E. HOWARD : Coup double (The Man on the Ground)

14 - David H. KELLER : La Bride magique (The Bridle).

15 - Henry S. WHITEHEAD : Ni homme ni bête (The Chadbourne Episode).

16 - Carl JACOBI : Celaeno (The Face in the Wind).

17 - Robert BLOCH : "Irma la douce" (Sweets to the Sweet).

18 - August DERLETH : Dîner de têtes (Logoda's Head).

19 - Robert BLOCH : Scarabées (Beetles).

20 - Nathaniel HAWTHORNE : Plumet (Feathertop).

21 - Ambrose BIERCE : Le Fantôme d'Elizabeth Mary (The Widower Turmore).

22 - Ambrose BIERCE : La Cité des disparus (The City of the Gone Away / The Gone Away: A Tale of Medical Science and Commercial Thrift).

 

Histoires d’Outre-monde. Sélection de textes choisis, présentés et traduits par Jacques Papy. Editions Casterman. Parution 1966. 342 pages.

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23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 04:30

Les Mille et une nuits revisitées ?

Laurent GENEFORT : Le château cannibale.

A Karnab la Magnifique vivait dans un grand palais le pacha Bouhad. Tout autour s’étendait le souk où vivaient, en plus ou moins bonne intelligence, homules, trolques et autres.

Mais depuis un certain temps le palais, ou plutôt la forteresse a tendance à s’étendre insidieusement, à cannibaliser le souk. Des esclaves, des travailleurs de force, bâtisseurs, charpentiers, maçons, sont tous les jours vendus au maître des lieux, et personne ne les a jamais revus.

Cela inquiète aussi bien les marchands que les larrons et les voleurs. Alaet est désigné pour sa bravoure par Valec, le chef de la Guilde des larrons afin d’élucider ce mystère. C’est peut-être aussi un bon moyen de se débarrasser à bon compte d’Alaet, de la Confrérie des Assassins, et qui se surnomme volontiers par toute sorte de qualificatifs tous plus élogieux les uns que les autres.

Alaet ne peut refuser, il n’a pas d’autre choix. Alors bon gré, mal gré, il est incorporé au lot d’esclaves et s’introduit sans difficulté dans le palais.

Les ennuis ne lui seront pas épargnés, de même que les surprises désagréables, il lui faudra toutes ses capacités, intellectuelles et physiques ainsi qu’une bonne dose de magie pour venir à bout de ce château cannibale, rongé, gangrené par une maladie inconnue.

 

Dans une ambiance brussolienne, Laurent Genefort, désertant la science-fiction, entreprend de nous conter les Chroniques de Wethrïn avec un héros qui, s’il n’est pas de moralité irréprochable, n’en est pas moins sympathique.

Cette fantasy aux accents du monde des Mille et une Nuits et dans laquelle on retrouve d’autres emprunts au fantastique comme les golems, ou statues d’argile, ou encore la mandragore, est agréable à lire et l’on attend la suite des aventures d’Alaet avec une certaine impatience.

Au fait, Alaet ne serait-il pas une résurgence d’Aladin ?

 

Laurent GENEFORT : Le château cannibale. Chroniques de Wethrïn 1. Collection Abysses N°11. Librairie des Champs Elysées. Parution le 4 novembre 1998. 192 pages.

ISBN : 2-7024-9558-3

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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 06:56

Et ils se cachent pour mourir ?

Frédéric DARD : Puisque les oiseaux meurent

Tranquillement installé dans son jardin, allongé sur une chaise longue, offrant au soleil de juin son visage, Laurent s’abandonne à laisser ses idées vagabonder. Il écoute les oiseaux pépier, piailler, chanter, s’ébrouer dans les ramures des arbres.

Il est tiré de son inconscience par Martine, sa maîtresse en titre, qui va passer quelques jours avec lui à Villennes, en banlieue parisienne. Lucienne, la femme de Laurent, une chanteuse aux nombreux succès discographiques, est en tournée et donc Laurent peut bénéficier d’une paix conjugale relative. Elle ne l’a jamais sermonné, mais il pense qu’elle sait qu’il a connu plusieurs liaisons après leur mariage. Comme une entente tacite.

Le téléphone sonne. Il pleure même. La gendarmerie de Lisieux annonce à Laurent que sa femme Lucienne Cassandre vient d’avoir un accident. Elle a été transportée à la clinique Sainte Thérèse. Le mieux serait que Laurent se rende sur place. Dernière petite précision : le monsieur qui l’accompagnait est décédé.

Laurent se rend à Lisieux où il obtient auprès d’un gendarme des précisions complémentaires. Et surtout de la part du chirurgien de la clinique qui lui révèle que sa femme a été touchée au foie et qu’elle est en sursit. Deux ou trois jours peut-être. Au téléphone, Bardin, l’imprésario de la chanteuse, signale qu’elle n’avait aucun gala de prévu. Ni à Angers ni à Caen.

Martine a accompagné Laurent à Lisieux et elle rentre à Villennes en tant qu’aide-soignante de la blessée. Le temps que Laurent, muni du nom du défunt, se rende près de Caen où l’homme était propriétaire d’un haras. Le père confirme que Lucienne venait assez régulièrement. Et il retrouve même posé sur un meuble un objet appartenant à sa femme.

Puis il rentre chez lui. Il est intrigué par le manège d’un oiseau, un verdier qui s’introduit dans la chambre conjugale où repose la survivante. La jalousie le taraude et il découvre qu’il aimait sa femme. Il en veut à Martine de rester à ses côtés et dans le même temps, il est content qu’elle le soutienne dans son malheur.

Seulement Lucienne, qui émerge tout doucement de son coma, ne veut pas que Laurent chasse ce volatile. Elle l’appelle même Doudou, diminutif du prénom de son amant supposé, Edouard. Pourtant elle nie avoir eu des relations avec le propriétaire du haras, avouant toutefois l’avoir rencontré afin d’acheter un cheval pour son mari.

 

La première partie de ce roman est consacrée à l’arrivée de Martine, l’annonce de l’accident de Lucienne puis aux différentes démarches effectuées par Laurent mais surtout pourrait être catalogué comme un roman sentimental. La seconde partie, au contraire, s’ancre dans un registre fantastique avec la présence de cet oiseau qui envahit la chambre et perturbe Laurent.

Mais cette perturbation n’est-elle pas engendrée par la jalousie ressentie par Laurent avec l’annonce de la mort du passager dans la voiture. Laurent est persuadé que Lucienne le trompait alors que lui ne s’est jamais gêné pour donner des coups de canif dans le contrat de mariage.

Une disposition de l’esprit favorable à des interprétations qui ne sont que des fabulations ? Reporte-t-il sur cet oiseau qui l’importune cette jalousie et ne se forge-t-il pas des idées sur une relation qui serait inexistante ?

Soin est donné au lecteur de bâtir sa propre conception de ses quelques heures au cours desquelles Lucienne sort de son coma et tient tête à son mari, défendant la présence de Doudou, alors que lui est perturbé et s’adonne à la boisson.

Le remords le ronge-t-il vraiment ou n’est-ce qu’un excès de jalousie lui insufflant des pensées négatives ?

 

Première édition : Collection Spécial Police N°241. Parution 1960.

Première édition : Collection Spécial Police N°241. Parution 1960.

Réédition Presses Pocket N°799. Parution 15 octobre 1970.

Réédition Presses Pocket N°799. Parution 15 octobre 1970.

Frédéric DARD : Puisque les oiseaux meurent. Editions Pocket. Parution 10 octobre 2019. 192 pages. 6,70€.

ISBN : 978-2266296663

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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 06:56

Et ils se cachent pour mourir ?

Frédéric DARD : Puisque les oiseaux meurent

Tranquillement installé dans son jardin, allongé sur une chaise longue, offrant au soleil de juin son visage, Laurent s’abandonne à laisser ses idées vagabonder. Il écoute les oiseaux pépier, piailler, chanter, s’ébrouer dans les ramures des arbres.

Il est tiré de son inconscience par Martine, sa maîtresse en titre, qui va passer quelques jours avec lui à Villennes, en banlieue parisienne. Lucienne, la femme de Laurent, une chanteuse aux nombreux succès discographiques, est en tournée et donc Laurent peut bénéficier d’une paix conjugale relative. Elle ne l’a jamais sermonné, mais il pense qu’elle sait qu’il a connu plusieurs liaisons après leur mariage. Comme une entente tacite.

Le téléphone sonne. Il pleure même. La gendarmerie de Lisieux annonce à Laurent que sa femme Lucienne Cassandre vient d’avoir un accident. Elle a été transportée à la clinique Sainte Thérèse. Le mieux serait que Laurent se rende sur place. Dernière petite précision : le monsieur qui l’accompagnait est décédé.

Laurent se rend à Lisieux où il obtient auprès d’un gendarme des précisions complémentaires. Et surtout de la part du chirurgien de la clinique qui lui révèle que sa femme a été touchée au foie et qu’elle est en sursit. Deux ou trois jours peut-être. Au téléphone, Bardin, l’imprésario de la chanteuse, signale qu’elle n’avait aucun gala de prévu. Ni à Angers ni à Caen.

Martine a accompagné Laurent à Lisieux et elle rentre à Villennes en tant qu’aide-soignante de la blessée. Le temps que Laurent, muni du nom du défunt, se rende près de Caen où l’homme était propriétaire d’un haras. Le père confirme que Lucienne venait assez régulièrement. Et il retrouve même posé sur un meuble un objet appartenant à sa femme.

Puis il rentre chez lui. Il est intrigué par le manège d’un oiseau, un verdier qui s’introduit dans la chambre conjugale où repose la survivante. La jalousie le taraude et il découvre qu’il aimait sa femme. Il en veut à Martine de rester à ses côtés et dans le même temps, il est content qu’elle le soutienne dans son malheur.

Seulement Lucienne, qui émerge tout doucement de son coma, ne veut pas que Laurent chasse ce volatile. Elle l’appelle même Doudou, diminutif du prénom de son amant supposé, Edouard. Pourtant elle nie avoir eu des relations avec le propriétaire du haras, avouant toutefois l’avoir rencontré afin d’acheter un cheval pour son mari.

 

La première partie de ce roman est consacrée à l’arrivée de Martine, l’annonce de l’accident de Lucienne puis aux différentes démarches effectuées par Laurent mais surtout pourrait être catalogué comme un roman sentimental. La seconde partie, au contraire, s’ancre dans un registre fantastique avec la présence de cet oiseau qui envahit la chambre et perturbe Laurent.

Mais cette perturbation n’est-elle pas engendrée par la jalousie ressentie par Laurent avec l’annonce de la mort du passager dans la voiture. Laurent est persuadé que Lucienne le trompait alors que lui ne s’est jamais gêné pour donner des coups de canif dans le contrat de mariage.

Une disposition de l’esprit favorable à des interprétations qui ne sont que des fabulations ? Reporte-t-il sur cet oiseau qui l’importune cette jalousie et ne se forge-t-il pas des idées sur une relation qui serait inexistante ?

Soin est donné au lecteur de bâtir sa propre conception de ses quelques heures au cours desquelles Lucienne sort de son coma et tient tête à son mari, défendant la présence de Doudou, alors que lui est perturbé et s’adonne à la boisson.

Le remords le ronge-t-il vraiment ou n’est-ce qu’un excès de jalousie lui insufflant des pensées négatives ?

 

Première édition : Collection Spécial Police N°241. Parution 1960.

Première édition : Collection Spécial Police N°241. Parution 1960.

Réédition Presses Pocket N°799. Parution 15 octobre 1970.

Réédition Presses Pocket N°799. Parution 15 octobre 1970.

Frédéric DARD : Puisque les oiseaux meurent. Editions Pocket. Parution 10 octobre 2019. 192 pages. 6,70€.

ISBN : 978-2266296663

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18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 04:32

Loup, où es-tu ?

Henri LOEVENBRUCK : La louve et l’enfant

Aléa, une gamine de treize ans qui n’a jamais connu ses parents, subsiste à ses besoins en chapardant et parfois cela lui joue des tours. Les villageois de Saratea, comté de Sarre, lui offrent de menues victuailles ou bien la pourchassent, mais Aléa parvient toujours à résister à la faim, plus ou moins bien.

Il lui arrive de proposer ses services, par-ci, par-là, mais jamais pour longtemps. Une altercation avec le boucher du village l’oblige à s’éloigner du village, à cause de deux malheureux bouts de viande qu’elle a dérobé. Tout en pleurant, elle remue la terre. C’est alors qu’elle met à jour une main qui se dresse, portant à un doigt une bague. Tant pis, le cadavre n’aura plus besoin du bijou, donc elle s’en empare.

Elle narre son aventure au policier qui ne la croit guère mais lui enjoint de trouver du travail. Kerry et Tara, le couple d’aubergistes, ont pitié de la gamine. En échange du gîte et du couvert, Alea accepte d’aider à la cuisine et de servir les clients. Elle y fera la connaissance de Faith, une barde, puis de Phelim, qui vont marquer son destin. Elle refuse de montrer sa bague à Phelim et apeurée elle s’enfuit.

Elle désire retrouver Amine, une jeune amie d’enfance partie à Providence, la capitale du royaume de Galatie. Mais en cours de route les embûches ne manquent pas. Deux brigands veulent détrousser un nain et Alea les met en fuite à coups de pierre. Mjolln, tel est le nom du nain, ancien forgeron et joueur de cornemuse continue son chemin en compagnie d’Alea qui sera rejointe successivement par Phelim et Faith.

Phelim décèle en l’adolescente d’étranges pouvoirs et au lieu de se rendre à Providence, il décide d’emmener ses compagnons à Saî Mina, la résidence des druides. Pendant ce temps, dans la forêt, Imala, une louve, ne peut supporter la domination d’Ahéna, la louve-chef du clan. Imala est blanche de fourrure et elle se sent différente de ses congénères. Alors elle part seule à l’aventure, se heurtant à la vindicte des hommes, les verticaux comme elle les appelle.

 

Comment la route d’Imala et d’Alea va se croiser, c’est ce que vous saurez en lisant ce roman. Ce premier volume de la série La Moïra, dont la première édition a paru chez Bragelonne en 2000, n’a rien à envier aux ouvrages anglo-saxons, au contraire. N’y manquent aucuns des ingrédients nécessaires pour captiver le lecteur : action, charme, poésie, humanisme, mystère, magie, rêve, sans oublier l’ode à la nature profonde.

Henri Loevenbruck place son intrigue dans un pays imaginaire qui pourrait être l’Irlande, avec ses druides au rôle prépondérant dans la vie politique et religieuse, avec un peuple qui brimé, asservi, obligé de se terrer, reprend du poil de la bête et tente de reconquérir ses territoires, avec ses entités maléfiques, avec également sa communauté chrétienne qui veut imposer ses croyances religieuses mais aussi ses visions de la modernité (les druides par exemple ne croient qu’en l’oral tandis que les chrétiens prônent l’écrit).

Il a composé une fiction allégorique pleine de saveur qui se poursuit avec La Guerre des loups (J’ai Lu N° 6935) et La Nuit de la louve (J’ai lu N° 7331).

Henri LOEVENBRUCK : La louve et l’enfant (La Moïra – 1). J’ai Lu Fantasy N°6757. Parution le 18 novembre 2003. 350 pages.

ISBN : 978-2290325322

Les trois volumes composant la saga de La Moïra ont été publiés en première édition puis réédités chez Bragelonne.

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Présentation

  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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