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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 05:06
Orages, oh des espoirs !
Michel PAGEL : Orages en terre de France.

Et si la révolution de 1789 avait avorté, les guides de la France étant tenues par l’église et les représentants de la religion Catholique ?

Et si la Guerre de Cent ans n’avait jamais cessé d’exister, l’antagonisme franco-britannique perdurant depuis l’an mil ?

Extrapolant sur ces deux hypothèses, Michel Pagel narre quatre pages d’histoire, imaginant notre pays, de l’an de grâce 1991 à l’an de grâce 1995, sous la domination d’évêques, d’archevêques prenant leurs ordres et leurs consignes auprès du Vatican.

Le Roi de France, régnant dans un régime constitutionnel, fait figure de pantin. Les provinces, toujours divisées en comtés, passent successivement de la domination anglaise à l’occupation française, et vice-versa, ce qui engendre moult conflits permanents entre parents et enfants. Selon leur lieu de naissance, sol annexé par l’un ou l’autre de ces deux pays, ils vivent, réagissent en opprimés, en révoltés ou, au contraire, se conduisent en loyalistes.

Les séquelles de l’Inquisition exercent leur oppression sur la population, constituant dans certains domaines scientifiques un frein puissant. L’obscurantisme est lié à de nombreux préceptes et l’application à la lettre des commandements de Dieu, et leur déviance inéluctable, empêchent le développement des moyens de communication. “ Tu ne voleras point ” prends une signification absurde jusqu’au jour où la science est reconnue comme un progrès vital pour les belligérants.

Dans d’autres domaines, au contraire, la technologie est performante et toujours profitable aux stratégies militaires.

 

Dans ce recueil de quatre nouvelles uchroniques se déroulant dans le Comté de Toulouse, le Comté du Bas-Poitou, l’Île de France et le Comté d’Anjou, le fil conducteur est issu d’une rivalité toujours latente, d’une rancune tenace : Jeanne d’Arc et Napoléon servent de référence encore aujourd’hui dans nos récriminations quotidiennes et épidermiques.

Ce roman est la réédition d’un ouvrage paru en 1991 dans la défunte collection Anticipation du Fleuve Noir sous le numéro 1851, version revue et corrigée en 1998 dans la collection SF métal.

Ce qui à l’époque pouvait passer pour d’aimables fabliaux prend aujourd’hui une consistance nouvelle, alors que l’on nous parle de plus en plus d’intégration, de droit du sang et droit du sol, de sans-papiers, d’identité nationale et tout le tintouin.

Michel Pagel qui alterne romans humoristiques et récits plus sérieux, plus graves dans la teneur et le propos, possède plusieurs cordes à son arc. Il construit petit à petit une œuvre solide, et s’inscrit, non seulement comme une valeur sûre de la jeune S.F. française (à l'époque de la première édition de ce roman) mais comme un romancier tout court.

 

Première édition Collection Anticipation N°1851. Parution décembre 1991.

Première édition Collection Anticipation N°1851. Parution décembre 1991.

Réédition Collection S.F. métal, N°48. Fleuve Noir. Parution mars 1998.

Réédition Collection S.F. métal, N°48. Fleuve Noir. Parution mars 1998.

Michel PAGEL : Orages en terre de France. Réédition Collection Hélios. Les Moutons Electriques Editions. Parution 13 mars 2020. 198 pages. 7,90€. Version numérique : 5,99€.

ISBN : 978-2361836511

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27 février 2020 4 27 /02 /février /2020 05:38

Et ce sont les certitudes qui nous dirigent…

Alain PARIS : Le dirigeable Certitude.

Lorsque nous avons quitté les protagonistes des quatre précédents volumes composant Le Monde de la Terre Creuse, soufflait, après huit-cents ans d’obscurantisme et de despotisme, un vent de liberté ressenti par tous comme un renouveau. Presque comme une préfiguration de ce qui s’est passé dans les pays de l’Est (soulignons que la première édition de ce roman date de 1990).

Avec toutefois une énorme différence : en partant d’une supposition uchronique, celle d’Adolphe Hitler grand vainqueur de la Seconde guerre mondiale.

 

Les dirigeants entretiennent dans les esprits l’idée que la vie est entièrement souterraine. La Terre n’étant plus un globe, la vie se trouvant en surface, mais l’inverse. Un retour au Moyen-âge savamment orchestré et régit par une sorte d’Inquisition nommée la Sainte-Vehme.

Sous l’impulsion d’hommes comme Arno von Hagen, l’astrologue Urien, et quelques autres, le Reich tremble sur ses bases, chancelle puis s’effondre.

Dans le dirigeable Certitude, premier volet d’une nouvelle série, nous retrouvons quelques-uns de ces héros, ou leurs descendants, quelques cinquante ans après les événements précités.

Au nord de l’Ecosse, un drôle d’engin en feu tombe du ciel. Seul un des membres de l’équipage survit pendant quelques temps, assez pour que des envoyés de Londres s’inquiètent. Ce dirigeable serait parti vers l’Amérique alors que le Reich était encore tout puissant à la recherche d’une hypothétique galerie conduisant hors de Terre.

Mais selon toute invraisemblance, les membres de cette expédition n’ont pas vieilli. Une mission est alors mise en place afin de découvrir qui se cache derrière ce mystère tandis que des fanatiques du Reich, des nostalgiques de cette sombre époque, semblent trouver un second souffle, une résurgence.

 

Encore un grand roman épique d’inspiration médiévale et uchronique mais également un roman d’aventures à trame historique qui devrait en passionner plus d’un. Et n’oublions pas que ce roman paru pour la première fois en 1990 n’a pas vieilli car la fièvre de l’Extrême-droite est de plus en plus prégnante de nos jours. De même que la résurgence nazie.

 

Alain PARIS : Le dirigeable Certitude. Le Monde de la Terre Creuse N°5. Collection Anticipation N°1749. Parution avril 1990. 192 pages.

ISBN : 2-265-04316-8

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20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 04:55

Cela doit résonner à l’intérieur !

Alain PARIS : Les hérétiques du Vril. Série Le Monde de la Terre creuse Tome 4.

Quatrième volet du cycle du Monde de la Terre creuse, Les Hérétiques du Vril est moins d’inspiration Heroïc-Fantasy ou d’Anticipation que les précédents volumes, mais nettement plus orienté vers le genre dit de Cape et d’épées.

Un genre qui m’a toujours fasciné. Que voulez-vous, quand on a eu une enfance bercée par les œuvres de Paul Féval, d’Alexandre Dumas, de Michel Zévaco, il en reste quelque chose.

Tout ça pour dire que l’ambiance décrite dans Les Hérétiques du Vril, une ambiance médiévale à souhait, avec complots, intrigues, sectes secrètes, traquenards, guet-apens, sorcellerie, envoûtements, m’a tenu en haleine et que j’ai dévoré ce roman d’une traite, de la première à la dernière page.

 

Je ne reviendrai pas sur les précédents épisodes de la saga d’Arno Von Hage, ils sont chroniqués ci-dessous, mais disons simplement que ce héros doit convoyer certains documents de la plus haute importance. Des documents qui infirment les thèses édictées par la Sainte-Vehme et ce depuis quelques huit-cents ans, depuis que l’Allemagne a gagné la Seconde guerre mondiale.

Mais le peuple gronde, se révolte, brisant les chaînes de l’asservissement. Pendant ce temps à la tête du royaume, du Reich, la favorite de l’empereur Manfred complote dans le but de fonder une dynastie.

 

Cette saga comporte dix volumes, de quoi se faire plaisir, et qui ont été rééditées chez L’Ivre-Book, non pas que je sois un fanatique des versions numériques, mais afin que ces histoires ne tombent pas dans l’oubli.

 

Alain PARIS : Les hérétiques du Vril. Série Le Monde de la Terre creuse Tome 4. Collection Anticipation 1645. Editions Fleuve Noir. Parution octobre 1988. 192 pages.

ISBN : 2-265-03963-2

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14 février 2020 5 14 /02 /février /2020 05:26

Parce qu’Alain Paris mérite plus d’un hommage, après Svastika et Le Seigneur des Runes, voici la suite des aventures d'Arno von Hagen.

Alain PARIS : Sur l'épaule du Grand Dragon. Le Monde de la Terre Creuse 3.

Résumé des épisodes précédents :

Parce qu'il a refusé ses faveurs à Asbod, la maîtresse de son père, Arno von Hagen, de jeune seigneur riche et puissant va devenir esclave et toute sa famille est décimée, périssant sous la hache du bourreau à la suite d'un horrible complot.

C'est l'an 800 du Reich et l'Allemagne étend sa puissance, sa domination sur pratiquement toute l'Europe. Mais une Europe qui est redevenue médiévale, superstitieuse, livrée aux mains de sectes secrètes et jalouses les unes des autres.

Parmi ces sectes avides de pouvoir, la Sainte-Vehme, qui ressemble à s'y méprendre à l'Inquisition espagnole.

Existe également le Vril, société composée de savants et d'astrologues, et la Fraternité Runique, confrérie guerrière.

Arno von Hagen est engagé par la Fraternité Runique et grâce à sa valeur guerrière, sa bravoure, son courage, son esprit d'initiative, il monte aussi bien dans l'estime de ses nouveaux maîtres que dans l'échelle sociale.

Mais le désir de venger sa famille le taraude.

Le Vril et les Runes mettent leurs forces en commun pour lutter contre la Sainte-Vehme.

Envoyé en mission, Arno fera la rencontre en cours de route d'une jeune femme, Adallinde, qui appartient au groupe Stern. Est-elle amie ou ennemie ? Quel est ce mystérieux groupe Stern ?

 

Ce roman plein de fureur, de combats, d'actions, d'épisodes mouvementés fait penser aux bons vieux romans de cape et d'épées, avec justement ses combats, ses traquenards, ses sociétés secrètes, ses héroïnes mystérieuses.

Un roman fort, bien enlevé, rapide, et qui ne laisse qu'un regret : attendre quelques semaines ou mois pour connaître la suite des aventures du jeune Arno et de ses compagnons.

Un roman, ou plutôt une série au souffle épique, digne des grands feuilletonistes des siècles derniers, disons du XIXe siècle.

 

Alain PARIS : Sur l'épaule du Grand Dragon. Le Monde de la Terre Creuse 3. Collection Anticipation N°1640. Editions Fleuve Noir. Parution septembre 1988. 192 pages.

ISBN : 2-265-03887-3

Réédition Collection Imaginarium. Editions Livre-Book. Version numérique. Parution 6 août 2016. 2,99€.

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 04:55

Hommage à Alain Paris, décédé le 19 janvier 2019.

Alain PARIS : Svastika et Seigneur des Runes. Le Monde de la Terre Creuse 1 & 2.

Ce n’est que tout récemment que la nouvelle de la disparition d’Alain Paris a été diffusée sur les réseaux sociaux. Aussi, quelques romans seront présentés dans les prochains jours en hommage à ce grand romancier de l’Imaginaire.

Un romancier qui meurt, c’est une comme une nécrose en littérature, et ses successeurs apporteront leurs pierres à l’édifice, mais il existera toujours un manque.

 

En l'an 799 du Reich, Arno von Hagen semble avoir son avenir tracé droit devant lui. Son père Ulrich est l'un des conseillers du Protektorat d'Ukraine; sa fiancée, Irène von Largo, est la fille du Reichsprotector d'Ukraine et en ce qui concerne sa vie matérielle, il n'y a rien à craindre de ce côté.

Quant aux loisirs et occupations principales, son temps se partage entre la chasse aux ours et aux loups, ainsi qu'à son éducation. Pour compagnie, il possède Orso, un esclave qui lui est tout dévoué. Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes mais...

Oui, il y a un Mais. Asbod, la maîtresse d'Ulrich son père, tente de coucher avec lui et de l'initier aux joies de l'amour. Arno ne l'entend pas de cette oreille et juge déshonorante et même infamante l'action de copuler avec sa belle-mère. Frustrée et vexée Asbod décide de se venger et sa vengeance sera terrible.

 

Mais ne dévoilons pas trop l'histoire et le suspense offert au lecteur n'en sera que plus attrayant.

Alain Paris propose une histoire uchronique mêlée de fantastique et d'Heroïc-Fantasy. Uchronique par l'extrapolation envisagée par Alain Paris dans le cas où l'Allemagne aurait gagné la Seconde Guerre Mondiale, un Allemagne qui couvrant pratiquement toute l'Europe serait revenue à une civilisation quasi médiévale. Seuls quelques empires se partagent la Terre qui, version officielle, serait une sphère creuse dans laquelle vivrait l'humanité. Je sais que cela prête à rire, mais souvenez-vous de Galilée et sa théorie selon laquelle la Terre serait une boule alors que pour tous notre vieille planète n'était qu'une espèce d'assiette.

Alain PARIS : Svastika et Seigneur des Runes. Le Monde de la Terre Creuse 1 & 2.

Alors suivons dans Seigneur des Runes la suite des tribulations d'Arno von Hagen qui de jeune seigneur presque béni des dieux deviendra esclave et qui par force de sa volonté, par son courage redeviendra un guerrier et peut-être, qui sait, un haut personnage. L'empire germanique, s'il est dirigé par un empereur, normal me direz-vous, est en fait tenu en laisse par la Sainte-Vehme, qui correspond à l'Inquisition espagnole, tandis qu'une autre organisation, plus ou moins secrète et occulte elle aussi et composée d'astrologues, essaie de tirer les ficelles en coulisses, contrecarrant les projets, les agissements de la Sainte-Vehme.

Svastika, suivi de Seigneur des runes (Fleuve Noir) composent le début du cycle dit du Monde de la Terre creuse, cycle qui comporte dix titres. Grâce à une écriture flamboyante, épique, adressant des clins d'yeux à certaines époques de notre histoire, ces histoires m'ont réconcilié avec Alain Paris, lequel m'avait quelque peu déçu lors de sa précédente incursion dans la SF avec Soldat Chien 2.

Alain PARIS : Svastika et Seigneur des Runes. Le Monde de la Terre Creuse 1 & 2. Anticipation N°1629. Juin 1988 et Anticipation N°1635. Juillet 1988. Edition Fleuve Noir.

ISBN : 2-265-03849-0 et 2-265-03861-X

Réédition L'ivres-Book. Version numérique.

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15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 05:19

Papy fait de la Résistance…

NOËL-NOËL : Le père tranquille.

Avec son feutre noir un peu cabossé, ses lunettes et sa serviette, Edouard Martin passe quasiment inaperçu dans les rues de Moissan (Charente) et ses environs. L’homme de la rue, que tout le monde connait, que tout le monde salue, mais qui est si effacé qu’il est oublié dès que les passants l’ont croisé.

Le brave homme type, qui ne fait pas de vagues. Il est marié avec Madeleine, qui l’appelle Edouard. Ses enfants, Monique, dix-huit ans, et Pierre, seize ans et demi, lui disent papa. Mais pour tous ses amis et ses concitoyens en général, c’est le Père Tranquille. Une référence pour ce représentant régional d’une compagnie d’assurances.

Sa passion consiste en la culture des orchidées, des plantes fragiles qu’il garde soigneusement dans sa serre, pratiquant des boutures, recherchant la perfection. Ses pots sont placés sur des étagères, il les manipule avec précaution, et parfois il se glisse derrière les rayonnages, à l’abri de la vue de tous, sa famille y compris.

En ce 23 mars 1944, alors que les Allemands sont présents partout, et construisent une usine non loin de chez Martin, celui-ci sort tranquillement du Café de la République. Il croise sans y faire attention un homme qui entre et ne lui jette pas un regard. Cet homme, qui prétend se nommer Jourdan, demande à parler au patron en toute intimité. Le bistrotier, un homme à la carrure de catcheur, se demande bien ce que lui veut cet homme mais celui-ci a les mots qu’il faut pour le mettre en confiance. Les mots et les papiers.

Il a été parachuté depuis l’Angleterre afin de recruter de jeunes gens pour servir dans la Résistance et deux adolescents sont convaincus. Ils partent alors pour Aubusson mais on ne les reverra jamais.

Les jours passent, Martin tient souvent des conciliabules avec deux jeunots dont l’un est amoureux de Monique. Et inversement proportionnel. Et Monique, qui n’a ni ses yeux, ni ses oreilles dans sa poche, se rend compte que son géniteur n’est pas le Père Tranquille comme tout le monde l’a surnommé. Il œuvre pour la Résistance, mais de façon si subtile que personne ne soupçonne son appartenance à cette armée secrète. Et Pierre, le fils, se désole de cette attitude nonchalante voire quasi sympathique avec l’ennemi. Alors il décide d’entrer lui aussi dans la Résistance, mais il est bien jeune et inexpérimenté.

 

Adapté du film au titre éponyme et dont Noël-Noël a écrit le scénario et les dialogues, Le Père Tranquille revient sur un épisode réel de la fin de la guerre 39/45. Episode qui s’est déroulé en Moselle, à Woippy exactement, et dont le héros était horticulteur.

Si ce roman est destiné aux jeunes lecteurs, il n’en est pas moins vrai que les adultes vont pouvoir s’en inspirer pour leurs lectures. Il s’agit d’un hommage aux héros anonymes de la Résistance, de ceux qui travaillaient dans l’ombre et à la fin de la guerre ont préféré rester anonymes, tandis que les Résistants de la dernière heure, ceux qui étaient collabos ont tourné leur veste en même temps que le vent. Ce sont bien de ceux là que l’histoire se souvient même si les opportunistes sont souvent décriés de nos jours.

Noël-Noël possède un humour subtil, retenu, qui lui est propre, et le récit n’en prend que plus de force. Point n’est besoin de scènes d’action violentes pour donner à cette intrigue un réalisme poignant et l’épilogue joue sur les contrastes de l’époque.

Mais ce roman, et ce film, étaient nettement plus dans l’atmosphère de l’époque lors de leur parution, les cicatrices étant encore vives. De nos jours, il ne s’agit que d’un épisode durant la guerre. Mais à la fin des années 1950, cela devait rappeler de nombreux souvenirs aux lecteurs adultes voire adolescents, des souvenirs peut-être parfois honteux.

NOËL-NOËL : Le père tranquille. Collection Bibliothèque Verte N°43. Editions Hachette. Parution juillet 1959. 190 pages.

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29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 05:52

Bonne question !

Michel RENAUD : Qui a trahi ?

Destinée à la jeunesse, cette collection comporta environ une centaine de fascicules à parution bimensuelle dès 1946.

« Jeunesse héroïque » fera revivre pour ses lecteurs les plus belles figures, les actions les plus éclatantes des jeunes héros de la Résistance.

Et il était de bon ton, au sortir de la guerre de mettre en valeur les faits d’arme des Francs-Tireurs et Partisans Français (les FTPF ou FTP tout simplement comme ils étaient dénommés) en opposition aux collaborateurs, ou Kollaborateurs comme écrit dans ce court roman, de triste mémoire.

Et il fallait que ces éclats soient encensés auprès d’un jeune public qui n’avait connu que les horreurs de la guerre, les privations, le bruit des bottes allemandes, et la délivrance grâce au Débarquement.

Raconté avec simplicité, voire naïveté, cet épisode possède trop d’ellipses dans la narration, comme si ce récit avait été écrit sur commande sans que l’auteur y attachât une grande importance. Il est vrai qu’en si peu de pages il est difficile de tout expliquer, pourtant d’autres fascicules, comme chez Ferenczi par exemple, offraient des histoires complètes plus intéressantes, grâce à une police de caractère plus réduite.

De nos jours, cet épisode qui se déroule début mars 1944 possède peut-être moins d’impact qu’il ne l’a eu auprès des jeunes lecteurs lors de sa parution.

 

Quelques hommes sont réunis dans une pièce et étudient la possibilité de délivrer des amis Francs-Tireurs et Partisans détenus dans une prison à Pithiviers. Pierre et son groupe de Seine-et-Marne viennent de tomber entre les mains de l’ennemi et il faut les libérer. Parmi ceux qui élaborent un plan d’attaque afin de faciliter l’évasion de leurs amis, Jean, figure principale du récit, Marcel, Emile, Germain, Bernard qui arrive en retard. Pendant ce temps, leur hôtesse du jour fait le guet par la fenêtre de l’étage.

Pour chaque rendez-vous, un nouveau lieu est choisi et la prochaine réunion doit se tenir à Neuilly-sur-Marne.

Alors qu’il veut prendre le train pour assister à la nouvelle réunion, Jean assiste à l’arrestation de Robert menotté entre deux policiers. Il décide de regagner sa « planque » rue Desrenaudes, dans le XVIIe arrondissement parisien, à pied, afin de déceler d’éventuels suiveurs. Il change souvent d’endroit de repli mais cette fois-ci, il pense que la petite chambre, une mansarde située au septième étage d’un immeuble bourgeois, lui offre toutes les garanties.

Il a juste peur pour son amie Yvonne qui habite une pièce sur le même palier, la porte en face de la sienne. Il entend du bruit dans l’escalier, et d’après les échanges vocaux des individus, il est persuadé qu’il s’agit de policiers. Quatre hommes qui veulent entrer chez lui puis se rendent compte qu’ils se trompent de porte. C’est Yvonne qu’ils veulent arrêter !

Jean prend son mal en patience car le palier est surveillé. Et à la faveur de la nuit, il décide de s’échapper par les toits.

 

Jusque là tout va bien. Le lecteur suit même si le début est un peu confus. Et tout aussi confus est l’épilogue dont le nom du traître est dévoilé, certes, mais qui aurait mérité quelques pages de plus.

Mais l’auteur a pu supposer que le début et la fin n’offraient que peu d’intérêt à ses jeunes lecteurs qui seraient plus intéressés par le retranchement de Jean dans sa chambre, démuni de toutes provisions de bouche mais possédant de nombreuses armes, revolvers, mitraillettes et grenades afin de se défendre en cas d’intrusion des policiers, puis son évasion rocambolesque par les toits.

A noter que le nom de la rue Desrenaudes a été rectifié en Rue des Renaudes depuis 1897. Dans cette rue qui fit partie de Neuilly jusqu’en 1863 résida Alfred Dreyfus de 1928 jusqu’à sa mort en 1935, au numéro 7, et qu’au numéro 53 se tient le siège du Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne.

Michel RENAUD : Qui a trahi ? Collection Jeunesse héroïque n°8. Editions France d’abord. Parution 1946. 32 pages.

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26 septembre 2019 4 26 /09 /septembre /2019 03:59

Elle atteint toujours son but…

Robert-Louis STEVENSON : La Flèche noire

Entre 1455, soit peu après la fin de la guerre de Cent ans, et 1485, deux clans royaux, le duc d’York et le duc de Lancastre, revendiquent la succession au trône et s’affrontent pour s’emparer de la couronne royale anglaise.

C’est dans ce contexte que nous faisons la connaissance du personnage principal de ce roman historique, Richard Shelton dit Dick. Âgé d’à peine dix-huit ans, il vit à Tunstall, et est le pupille de Sir Daniel Brackley. Ce jour là l’effervescence règne, les hommes d’arme sont sur les dents et leurs chevaux.

Une attaque se prépare et sir Daniel est momentanément absent. Or personne n’est capable de dire pour qui se bat sir Daniel. Pour Lancastre ou pour York ? Une véritable girouette qui tourne dans le sens du vent. Mais des outlaws, des hors-la-loi, se manifestent en envoyant des flèches et tuant les principaux proches de Sir Daniel. Les carreaux sont noirs et portent en suscription de la part de Jean Punit-Tout. Certains pensent qu’il s’agit d’une bande commandée par Ellis Duckworth, même si le déclare Benny Hatch :

La révolte ne vient jamais d’en bas, croyez-moi. Derrière le vilain qui brandit la hache, il y a toujours le noble qui le dirige.

 

Selon les rumeurs Sir Daniel et ses affidés, Sir Olivier, un ancien moine et quelques autres, seraient à l’origine de la mort par assassinat du père de Dick qui s’est donc retrouvé orphelin. Car sir Daniel désirait faire main basse sur l’héritage de Dick et il projette un mariage arrangé.

Pour l’heure, Dick est chargé d’une mission et il part en compagnie de quelques hommes d’arme munis d’arbalètes, d’arc et de haches. On n’est jamais trop armé. Il remet une lettre émanant de sir Olivier à Sir Daniel qui vitupère car une jeune fille Joanna ou un jeune garçon répondant au prénom de John, vient de s’enfuir à cheval.

Les embûches se dressent sur le chemin de Dick qui va faire la connaissance d’un jeune garçon, Jack Matcham âgé probablement de douze ans. Peut-être un peu plus, il est incapable de le définir. Ils vont toutefois pérégriner ensemble et leurs relations connait des hauts et des bas. Souvent Jack se rebiffe, à moins que ce soit Dick.

Leurs chemins se séparent puis vont se retrouver au hasard des événements, jusqu’au moment où Dick se rend compte que Jack est une jeune fille, qu’elle se prénomme Joanna, qu’elle était promise à un mariage fomenté par sir Daniel. Dick en tombe amoureux.

 

Il est dommage, même si ce roman est destiné aux jeunes de onze à quatorze ans, que le texte soit amputé, le rendant parfois incompréhensible. Les manques obèrent l’intrigue et le lecteur passe parfois d’un épisode à un autre avec le sentiment d’être frustré car une partie de l’histoire est occultée.

Ainsi alors que quelques mois se sont déroulés depuis le début de l’histoire, que Dick se trouve à Shoreby, un port non loin de Tunstall, mais en ce temps là la distance n’était pas ressentie de la même façon, à cause du temps mis à voyager, il doit échapper à des hommes en armes. Des partisans de Lancastre. Il parvient à embarquer à bord de La Bonne espérance, puis au chapitre suivant le navire subit un naufrage. Que s’est-il passé entre temps ? Le capitaine est souvent sous l’emprise de la boisson, mais tout n’est pas clair d’autant que le voici affublé d’un chien qui le suit partout alors qu’auparavant il n’était accompagné que d’un seul matelot, Tom.

Ceci n’est que l’une des nombreuses ellipses qui dénaturent quelque peu ce roman dont les épisodes s’enchainent comme les grains d’un chapelet. Toutefois, il est étonnant dans ce contexte que les scènes violentes, les pendaisons par exemple, subsistent alors qu’elles auraient pu être édulcorées.

L’édition de 1901, traduction de E. La Chesnais, à la Société du Mercure de France, comporte 384 pages.

Pour ceux qui désireraient lire cet ouvrage en entier, il leur est possible de le télécharger gratuitement et légalement sur le site Ebooks libres et gratuits dont l’adresse figure ci-dessous :

De Robert-Louis Stevenson, on peut également lire :

Robert-Louis STEVENSON : La Flèche noire (The Black Arrow: A Tale of the Two Roses – 1888. Traduction de H. Rouillard). Collection Bibliothèque Juventa. Editions Delagrave. Parution 24 novembre 1965. 160 pages.

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16 septembre 2019 1 16 /09 /septembre /2019 04:07

La suite des aventures de Buffalo Bill !

BUFFALO Bill : L’allié inconnu de Buffalo Bill ou La flèche de feu.

Chargé de la défense de fort Leawenworth, le général en chef Smith convoque Bill Cody afin de lui confier une mission : il faut que le trappeur, qui est blessé au bras gauche, s’infiltre au quartier général des Confédérés afin de subtiliser des documents importants, notamment des plans de bataille, car une attaque imminente est prévue.

Tout d’abord Bill Cody rechigne à servir d’espion, ce qui est fort louable de sa part, mais le général Smith est convaincant et Cody accepte toutefois à une condition. Avant de partir, il veut assister à l’inhumation de sa mère qui vient de décéder. Une demande légitime et permission lui est accordée pour quelques heures.

Bill Cody est enfin sur le départ après avoir rassuré ses sœurs et surtout Louisa, dont il a fait la connaissance dans des conditions périlleuses, lors du précédent épisode de ses aventures (voir ci-dessous).

Il part donc vers le campement du général Forrest, à quelques heures de cheval, le général Smith lui ayant donné ses dernières instructions devant son secrétaire Guy Fawkes. Cody est confiant en lui, en son cheval et en ses armes, et il chemine tranquillement quand soudain il entend du bruit. Un inconnu tente de le tuer mais Cody parvient à la maîtriser. Stupéfait il reconnait en son agresseur Nad Golden, avec lequel il jouait dans la maison paternelle et à qui il avait sauvé la vie dans des circonstances périlleuses. Nad Golden est du côté des Confédérés, et il porte sur lui des documents secrets unionistes qu’il doit remettre au général Forrest.

Bon prince (façon de parler) Cody promet de relâcher son ancien ami si celui-ci lui fourni le nom de son correspondant, et de ne pas s’interposer dans sa mission avant huit jours. Nad Golden lui déclare que celui qui lui a remis les documents n’est autre que Guy Fawkes, le secrétaire du général Smith.

Cody est démasqué dès son arrivée par le général Forrest, mais ceci n’est pas le plus surprenant. En effet il retrouve un individu avec lequel il a eu maille à partir dans l’épisode précédent, Don Ramiro, le bandit bien en cour avec les Confédérés.

Cody est promis à la pendaison, mais, heureusement, son ami Bob le Sauvage, est sur ses traces. Il est bien connu dans le camp de Forrest, sous le nom de Fritz le Bègue. Il fait rire les soldats qui ne se méfient pas de lui.

 

Dans ce deuxième épisode qui prolonge le premier tout en permettant une lecture indépendante, nous faisons la connaissance de nouvelles têtes mais retrouvons aussi des personnages sulfureux. Sans oublier ceux qui, comme Guy Fawkes, possèdent une analogie patronymique et historique synonyme de comploteur, puisque le vrai Guy Fawkes, qui a vécu en Angleterre de 1570 à 1606, était l’un des inspirateur et membre de la Conspiration dite des Poudres.

Cet épisode est enlevé avec de nombreuses péripéties qui surviennent surtout à Bill Cody. Mais ce qui est surtout remarquable, ce sont les prises de position de l’auteur, probablement Prentiss Ingraham, dénonçant le racisme et l’esclavagisme, mais surtout cette guerre fratricide qui opposa les Américains, pour des divergences de point de vue. Un peu une guerre des religions, comme la France l’a connu, alors que tout le monde aurait pu vivre en bonne intelligence, même si les prétentions des Sudistes étaient infondées. A mon avis.

Et lorsque l’on lit aujourd’hui les lignes qui suivent, on ne peut que se dire que l’auteur avait une vision utopique des relations entre Le Nord et Le Sud, et surtout du racisme ambiant qui prévaut toujours.

 

C’était une époque terrible. Cette guerre fratricide d’alors compte parmi les plus sanguinaires de l’histoire.

La génération d’aujourd’hui qui sait seulement que les États-Unis forment un tout indissoluble, ne songe guère que cette unité si enviable n’a pu être cimentée que par le fer et dans le sang.

Mais aux jours où se déroule cette histoire, il n’y avait point d’ennemis plus haineux et plus irréconciliables que les citoyens des États du Nord et ceux des États du Sud. Quand on y pense! C’étaient les enfants de la même patrie! Aussi braves, aussi forts, de cœur aussi généreux les uns que les autres, et doués d’un amour aussi ardent de la patrie, comme il convient à un peuple vraiment noble!

Les deux partis considéraient la victoire de leurs intérêts comme une condition absolument indispensable au bonheur de leur patrie bien aimée. Les hommes du Nord voyaient dans le maintien de l’esclavage des nègres la plaie vive du pays, les États du Sud en considéraient la suppression comme sa ruine.

Et les esprits avaient pris feu sur cette différence d’opinion et s’étaient montés jusqu’à la passion la plus effrénée. Un déchirement s’était produit d’un bout à l’autre de cette glorieuse nation.

 

Cette histoire est disponible en téléchargement numérique gratuit et légal sur le site ci-dessous :

BUFFALO Bill : L’allié inconnu de Buffalo Bill ou La flèche de feu. Fascicule 2. Première Parution 1906/1908. 32 pages.

Version numérique : 100 pages environ sur Ebook Libres et Gratuits.

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26 août 2019 1 26 /08 /août /2019 04:19

Vous voulez lire du roman ? Lisez donc de l’histoire. Guizot.

Alexandre DUMAS : La fille du marquis.

Le 7 juin 1793, deux voitures à cheval sortent de Paris par la barrière de la Villette. Tout autant les entrées que les sorties sont soigneusement vérifiées, mais celui qui présente les papiers se fait rapidement reconnaitre et les hommes du poste ne font aucune difficulté à le laisser passer ainsi que ses compagnons.

Ce personnage est important. Il est connu sous le nom de monsieur de Paris. Sa fonction : bourreau. Parmi ses compagnons, un certain Léon Milcent qui doit rejoindre les volontaires en Champagne puis à Sarrelouis. Mais ce Léon Milcent n’est autre que Jacques Mérey, héros du précédent volume Le Docteur Mystérieux, qui est proscrit.

Jacques Merey, alias Léon Milcent se prétend sergent et c’est à la tête de volontaires qu’il se dirige vers Sainte-Menehould puis il se rend sur son ancien domaine à la frontière avec le Luxembourg puis à Trèves où il se présente comme proscrit. Il obtient de la part du bourgmestre un passeport pour se rendre à Vienne. Dans sa poche une lettre d’Eva, le nom qu’il a donné à Hélène de Chazelay, dans laquelle la jeune fille donne son adresse. Cette missive ne lui était pas adressée mais au Marquis de Chazelay, son père.

C’est la seule lettre qu’il possède mais elle figurait dans le dossier du marquis qui émigré est décédé. Jacques Merey n’a jamais reçu personnellement de courrier de la part d’Eva. Ce qui le chagrine fort. Et lorsqu’il arrive au domicile d’Eva, c’est pour apprendre qu’elle est partie depuis quelques jours. La tante qui la gardait, une vieille fille acariâtre et despotique venant de décéder. Alors n’ayant plus aucun but, et ignorant qu’Eva lui avait adressé de nombreuses lettres mais que celles-ci avaient été subtilisées par la tante et donc n’étaient jamais parvenues à leur destinataire.

Il décide dont de partir pour l’Amérique et revient quelques années plus tard. Le 19 février 1976 (le 30 pluviôse an IV) Jacques Merey assiste à une représentation de Pygmalion et Galatée donnée à l’occasion de la réouverture du théâtre Louvois. Il reconnait dans la loge de Barras, son Eva, et son sang ne fait qu’un tour. Malgré les supplications d’Eva il se détourne de la jeune fille qui ne peut placer un mot d’explications. Il a récupéré à Mayence les papiers du Marquis de Chazelay, dont une lettre de celui-ci autorisant le mariage de sa fille avec l’homme qui l’avait sauvée et éduquée.

Malgré cette lettre et les déclarations d’amour d’Eva, Jacques Merey se montre toujours froid et distant. Il n’a pas apprécié la voir en compagnie de Barras, réputé pour être un homme volage, accumulant les succès. Alors elle tente de se suicider en se jetant du pont des Tuileries mais n’écoutant que son cœur il la sauve de la noyade. Lors de la conversation, ou des explications qui s’ensuivent, Jacques Merey promet que les biens d’Hélène de Chazelay, alias Eva, seront soit vendus soit seront aménagés pour devenir un lieu d’accueil pour malades et pauvres. Eva désire retourner dans la petite maison d’Argenton et elle lui confie un manuscrit qu’elle a rédigé lors des événements qui ont suivi sa séparation d’avec le docteur et ses pérégrinations.

 

Ce manuscrit, qui débute le 14 août 1792, relate en plus de trois-cents pages les terribles épisodes de la Terreur et comment Eva parvint à échapper à la guillotine alors qu’elle aspirait de toutes ses forces à participer à un contingent de condamnés à mort.

De l’assassinat de Marat, puis sa rencontre avec Danton, son amitié lors de son emprisonnement à La Force avec Thérésia Cabarrus, la maîtresse de Tallien, ainsi qu’avec Joséphine Tascher de la Pagerie plus connus sous le nom de Joséphine de Beauharnais, la mort de Danton, puis celle de Robespierre dont elle n’est pas étrangère, c’est toute une page d’histoire qui défile devant les yeux du docteur Jacques Mérey.

Il découvre des pans de la vie quotidienne à Paris lors de cette période trouble et sanglante. Mais ces pages sont empreintes de la déclaration d’amour d’Eva à son encontre, des sentiments qu’elle confie à ces pages intimes.

Roman historique, avec les approximations de Dumas, ou celles des différents historiens qui se succédèrent pour décrire cette époque, chacun interprétant à sa façon, selon ses sentiments, les engagements des révolutionnaires, La fille du marquis est également un formidable roman d’amour.

Il est à noter qu’à cette époque, l’âge des jeunes filles n’était pas un frein à l’amour. En effet Eva, n’a que seize ou dix-sept ans, l’auteur se mélangeant parfois quelque peu les pédales dans le manuscrit, et pourtant ceci n’est pas un frein à l’amour qu’elle porte au docteur. Lui-même, malgré sa retenue entretenue par une jalousie consécutive à des interprétations erronées de sa part sur les agissements d’Eva, des malentendus, est amoureux mais il renie cet amour à cause de faits qu’il impute à la jeune fille alors qu’elle n’a jamais batifolé, au contraire de Thérésia Tallien, Joséphine de Beauharnais et bien d’autres, durant la période qui suivit la Terreur et fut synonyme de débauches.

 

Malgré des dialogues parfois grandiloquents, ce roman possède la force de narration et d’évocation dont Dumas se montrera le principal feuilletoniste du XIXe siècle. Ce qui semblerait aujourd’hui inconvenant, cet amour d’une gamine de seize ou dix-sept ans, est une oasis de fraîcheur dans une période trouble.

Les deux romans Le docteur Mystérieux et La fille du marquis constituent un ensemble connu également sous le titre Création et rédemption.

Contrairement à ce que j’affirmais dans mon article sur Le docteur mystérieux, le volume d’Archipoche ne comporte pas 240 pages, mais bien environ 500. Une fois encore je me suis laissé abuser par Amazon qui parfois induit dans l’erreur le visiteur de cette fausse librairie.

 

Réédition Archipoche. Parution 7 janvier 2015. 500 pages. 7,65€.

Réédition Archipoche. Parution 7 janvier 2015. 500 pages. 7,65€.

Alexandre DUMAS : La fille du marquis. Collection Bibliothèque Marabout géant N°261. Editions Gérard et Cie. Parution octobre 1966. 512 pages.

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