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12 octobre 2018 5 12 /10 /octobre /2018 11:13

Hommage à Pierre Véry, décédé le 12 octobre 1960.

Pierre VERY : M. Marcel des pompes funèbres.

Nous sommes tous guettés un jour ou l’autre par ce que d’aucuns appellent la Grande faucheuse. Tous ! Eh oui, même les croque-morts.

D’ailleurs il le savait bien Octave Lamédée qui avait passé sa vie à travailler avec des morts. Ses derniers jours sont arrivés et après quelques heures de râles et d’agonie, il s’éteint en riant doucement.

Comme s’il venait de jouer un bon tour à sa famille, à ses amis venus l’assister pendant ses derniers moments. Ce que l’on pourrait qualifier d’humour noir.

Jusque là, rien que de très banal, sauf que Bernard Hilairet, son ami, un brocanteur, décède lui aussi dans la force de l’âge. Farce macabre qu’il joue lui aussi puisqu’il meurt assassiné.

Maître Prosper Lepicq, un avocat perpétuellement en quête d’affaires afin de regonfler un portefeuille désespérément vide, averti anonymement de ce crime, se réjouit.

Il a faim, et cette petite enquête qui se profile à l’horizon, avec à la clé un client, non seulement va pouvoir lui permettre peut-être de mettre du beurre dans les épinards, mais de plus s’acheter les épinards.

 

M. Marcel des pompes funèbres est l’une des sept aventures consacrées à Prosper Lepicq, écrites entre 1934 et 1937 par Pierre Véry.

Des six autres romans qui le mettent en scène on retiendra surtout Meurtre au Quai des orfèvres, L’assassinat du Père Noël et Les disparus de Saint-Agil, qui eurent l’honneur d’être adaptés au cinéma.

Le rêve de Pierre Véry était de rénover la littérature policière en la rendant poétique et humoristique, avec des personnages qui ne sont plus des pantins au service d’une énigme à résoudre mais des êtres humains en lutte avec leur vérité.

Et même si ces romans paraissent aujourd’hui gentiment désuets, vieillots, c’est avec plaisir qu’on les lit et les relit.

 

Autre édition : Editions de Flore. Parution 1949.

Autre édition : Editions de Flore. Parution 1949.

Pierre VERY : M. Marcel des pompes funèbres. Collection Le Masque jaune N°2009. Editions Librairie des Champs Elysées. Parution 21 mai 1990. 158 pages.

Première édition : Gallimard. Parution 1934

Autre édition : Editions de Flore. Parution 1949.

Réédition : Le Sycomore. Parution le 10 octobre 1996

ISBN : 978-2702420430

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8 septembre 2018 6 08 /09 /septembre /2018 07:42

Le mystère du Carré potager ?

Anne PERRY : Le mystère de Callander Square.

Pour planter un arbre, il faut un arbre, un ou deux arboriculteurs, un emplacement adéquat, de la bonne terre avec si possible de l’humus et des engrais organiques.

Toutes les conditions sont réunies sauf que l’impondérable se produit lorsque l’un des arboriculteurs découvre un os. Et pas n’importe quel os ! Celui d’un être humain, d’un bébé, déposé là depuis quelques mois. C’est ce que confirme le légiste à l’inspecteur Thomas Pitt qui a été aussitôt prévenu de cette découverte macabre. Et comme un seul ne suffisait pas, un second cadavre est découvert sous le premier, mais enterré environ deux ans auparavant.

Selon les premières constatations, les nouveau-nés seraient morts naturellement même si le second présente une déformation crânienne.

En ce mois d’octobre 1883, le premier travail que se donne Pitt est de recenser les habitants de ces magnifiques demeures cossues de ce quartier huppé. Selon lui, la mère des gamins pourrait être l’une des servantes de ces familles qui, pour une raison ou une autre, aurait soit perdu ses gamins mort-nés, soit les avoir tués, afin de ne pas subir l’opprobre de ses employeurs.

Il rencontre successivement, Balantyne, un général en retraite, et sa famille composée de sa femme lady Augusta et de ses deux enfants Christina et Brandon dit Brandy, le docteur Freddy Bolsover, marié avec Sophie, Reggie Southeron, directeur de banque et sa femme Adelina, Sir Robert Carlton, qui est au gouvernement, et sa jeune épouse. Les autres sont soit absents, soit ne possèdent que des valets, donc théoriquement n’entrant pas dans le cercle de ses recherches.

Charlotte, la jeune épouse de Pitt, tout juste enceinte, décide d’aider son mari dans son enquête, et accompagnée de sa sœur Emily qui a épousé un représentant de la bonne société, va fouiner dans ce quartier. Elle se fait même embaucher par le général Balantyne, sous son nom de jeune fille, Ellyson, pour mettre à jour ses notes et ses archives dans le but de rédiger un mémoire sur les différentes guerres auxquels ont participé ses ancêtres. Comme ça elle a un pied dans la place et deux yeux sur le square.

Les investigations de Pitt sont tout juste tolérées, car un policier, même du grade d’inspecteur, est considéré comme un être inférieur, à classer parmi les valets et servantes. Pour autant ses rencontres avec les majordomes, valets, servantes, femmes de chambre ne se révèlent pas inutiles. Et si ce n’est pas lui qui découvre les dessous de certains secrets, c’est Charlotte qui en est témoin.

Ainsi Christina, la fille du général Balantyne se laisserait aller à quelques privautés avec Max, le majordome. A moins que ce soit le majordome qui obéirait aux désirs de sa jeune maîtresse. Il n’en est pas moins vrai que Christina serait enceinte, des nausées et autres petits problèmes indiquant un état dit intéressant. Il faudrait la marier avant que cela soit trop flagrant. Alan Ross serait le gendre idéal, même si deux ans auparavant il fleuretait avec Helena, laquelle depuis a disparu. Encore une énigme.

D’autres cadavres sont cachés dans des placards, et il ne s’agit pas toujours d’une image de rhétorique, tout au moins pour les cadavres.

 

De novembre 1883 à janvier 1884, le lecteur est invité à s’immiscer dans la bonne société et à découvrir les dessous pas toujours très nets de ceux qui se sentent supérieurs. Anne Perry, à l’aide de quelques cas, quelques familles, décrit la société victorienne sans concession. Et met l’accent sur la condition négative de la femme, surtout dans la société huppée constituée de nobles et bourgeois très aisés.

Ainsi Charlotte Pitt, qui a fait un mariage d’amour, alors que sa situation lui aurait permis de prétendre à mieux. Surtout pour ces parents. Et aujourd’hui, au moment où se déroule cette histoire, elle peut enfin lire les journaux.

Avant son mariage, son père lui interdisait ce genre de lecture. Comme la plupart des hommes de son rang, il jugeait cela vulgaire et totalement inconvenant pour une femme. Après tout, ce n’était qu’un salmigondis de crimes et de scandales, et de notions politiques impropres à la considération des personnes du sexe féminin, outre le fait, bien sûr, qu’elles étaient intellectuellement inaccessibles.

 

Les petites incartades des servantes sont considérées avec une certaine mansuétude de la part de certains. Ainsi Reggie Southeron pense, en dégustant son porto dont il abuse quelque peu :

Il y avait peu de distractions dans l’existence d’une servante, et tout le monde savait que les filles, surtout celles qui venaient de la campagne pour s’élever dans l’échelle sociale, ne répugnaient pas à se divertir. C’est bien connu, du moins de ceux qui menaient un certain train de vie. Mais il était fort possible que la police, qui ne valait guère mieux que les marchands ou les serviteurs eux-mêmes, voie les choses d’un tout autre œil.

 

Bien d’autres exemples sur la possible infériorité intellectuelle et sentimentale des femmes sont énoncés dans ce roman, des opinions émises par des hommes bien entendu, mais ceux-ci ne se rendent pas compte qu’ils sont les jouets de leurs fantasmes, engoncés dans leurs préjugés, et lorsqu’ils sont confrontés à la réalité, ils tombent de haut. Mais ce n’était pas encore l’époque où les femmes pouvaient revendiquer l’égalité et au moins le respect.

Anne PERRY : Le mystère de Callander Square. (Callander Square – 1980. Traduction de Roxane Azimi). Collection Grands Détectives N°2853. Première parution mai 1997. 384 pages. 7,50€. Cet ouvrage a été réimprimé à de nombreuses reprises sous différentes couvertures.

ISBN : 978-2264025845

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27 août 2018 1 27 /08 /août /2018 09:23

Quand Christian Jacq signait J.B. Livingstone !

Christian JACQ : Le démon de Kensington.

Pauvre ex-inspecteur-chef Higgins. Pourra-t-il un jour jouir en paix d’une retraite bien méritée ?

En réalité, si Higgins se permet de tenter de résoudre le mystère de Kensington, c’est bien pour aider son ami le superintendant Scott Marlow. L’aider de ses lumières et le réconforter moralement.

Faut dire que cette histoire sent mauvais. Au propre comme au figuré.

Par une terrible nuit où le vent et la pluie font rage, un corps brûle, attaché au plus haut pignon de l’église copte de Kensington. L’examen du cadavre révèle qu’il s’agit de l’évêque Apa Shénouda. Un drame qui survient à un fort mauvais moment.

L’évêque copte était à la tête d’une délégation chargée de négocier avec les représentants de l’église anglicane de l’implantation sur le sol britannique de l’église copte. Négociations difficiles, ardues, car les deux parties en présence se montrent assez peu tolérantes, et exigeantes.

Ce crime, si crime il y a, est-il une résultante de ces tractations compliquées ? La disparition d’une statuette sacrée, réputée pour ses propriétés fécondatrices, n’est vraiment pas faite pour apaiser les esprits.

 

Higgins, muni de son sempiternel carnet noir et de son crayon à papier, enquête d’une façon classique. Minutie et patience, alliées à un don d’observation, une faculté d’analyse et une érudition remarquable ne peuvent que conduire à la résolution de l’énigme.

Ce roman, fortement influencé par la production britannique classique du roman de suspense et de détection, permet au lecteur de se plonger dans une atmosphère justement britannique, tout en découvrant une religion basée sur le christianisme et dont la magie est l’un des aspects principaux.

La magie et la superstition, le tout saupoudré d’un humour discret, une bonne recette pour écrire un roman distrayant.

Première édition : Le mystère de Kensington signé J.B. Livingstone. Collection Les dossiers de Scotland Yard. Editions du Rocher. Parution 1er septembre 1988.

Première édition : Le mystère de Kensington signé J.B. Livingstone. Collection Les dossiers de Scotland Yard. Editions du Rocher. Parution 1er septembre 1988.

Réédition : Editions Gérard de Villiers. Parution 10 janvier 1991. 252 pages.

Réédition : Editions Gérard de Villiers. Parution 10 janvier 1991. 252 pages.

Christian JACQ : Le démon de Kensington. Les enquêtes de l’inspecteur Higgins N°24. Editions XO Éditions - J. Éditions. Parution 20 avril 2017. 224 pages. 13,90€.

ISBN : 978-2-84563-979-9

 

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18 août 2018 6 18 /08 /août /2018 09:48

Je serai pendu demain matin

Ma vie n'était pas faite

Pour les châteaux…

Christian JACQ : L’énigme du pendu.

Depuis qu’il est en retraite, l’ex inspecteur-chef Higgins apprécie la vie au grand air, la culture de ses roses, les balades à pied dans la campagne et la forêt environnantes.

Mais découvrir à la nuit naissante un pendu accroché à un vénérable chêne surnommé Le Juge éternel, n’est guère réjouissant. D’autant que les indices abondent et lorsqu’on sait qu’abondance de biens nuit…

Dans la poche droite du mort, une bible reliée cuir sur laquelle sont gravées des initiales, une lame du jeu de tarot représentant le Pendu, les bottes du mort astiquées et reluisant de façon presqu’indécente, un bouquet de bruyère séchée dépassant de sa pochette. Enfin, au pied du chêne, une chaise aux trois pieds torsadés et dont le dossier est constitué de deux énormes cornes pointues le long desquelles grimpent des diables à la queue fourchue.

Sacrée mise en scène pour un suicide, à moins qu’il s’agisse d’un meurtre rituel, le plus difficile à élucider.

Scott Marlow, superintendant à Scotland Yard, qui venait tout bonnement et ingénument d’inviter Higgins à Londres pour une remise de décorations se verra ipso facto embauché. Donnant-donnant.

Scott Marlow aide Higgins dans son enquête et le couvre auprès des autorités locales, et Higgins, malgré sa répugnance, accepte de se déplacer à Londres et faire acte de présence à la cérémonie des médailles.

 

Dans cette enquête qui fleure bon le terroir, l’humidité et le pudding à la graisse de bœuf, le fantastique frôle le quotidien. Higgins et Marlow sont amenés à interroger des personnages inquiétants, obtus, bornés, ou en complète opposition avec la vie quelque peu rétrograde du village.

Thomas Lingham, le forgeron irritable, Agatha Herald, l’institutrice-infirmière, Roger Wood, le pasteur de la commune, Mitchell Grant, le sonneur de cloches, Geffrey Le Mauvais, c’est son nom, ouvrier agricole, sans oublier les châtelains du village, désargentés mais infatués, et la belle Bettina Laxter, veuve du pendu. Une belle brochette de coupables présumés.

D’après une étrange légende, les maîtres du domaine d’Evillodge, un domaine voué à l’humidité, succombent tous avant l’heure comme frappés par une malédiction tenace. Alors, cette malédiction aurait-elle agi une fois de plus envers le nouveau propriétaire, Jason Laxter, un réformateur et un étranger mal vu, mal accepté par les villageois ?

L’énigme du pendu marie avec bonheur humour, enquête criminelle et soupçon de fantastique. Sans oublier l’ambiance et l’atmosphère qui confèrent une aura trouble dans une intrigue tout aussi troublante.

 

Première édition : Higgins mène l’enquête. Signé J.B. Livingstone. Collection Dossiers de Scotland Yard. Editions du Rocher. Parution mars 1990. 254 pages.

Première édition : Higgins mène l’enquête. Signé J.B. Livingstone. Collection Dossiers de Scotland Yard. Editions du Rocher. Parution mars 1990. 254 pages.

Réédition Les Dossiers de Scotland Yard. Editions Gérard de Villiers. Parution mars 2001. 254 pages.

Réédition Les Dossiers de Scotland Yard. Editions Gérard de Villiers. Parution mars 2001. 254 pages.

Christian JACQ : L’énigme du pendu. Collection Les enquêtes de l’inspecteur Higgins. Coédition XO et J. Editions. Parution 16 août 2016. 234 pages. 13,90€.

ISBN : 978-2845638983

 

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17 août 2018 5 17 /08 /août /2018 08:23

C’est un jardin extraordinaire…

Michel AMELIN : Dans les jardins du casino.

Goldhead est une charmante petite station balnéaire sise près de Brighton. Jusque là, tout va bien. Sauf que cette charmante petite station balnéaire se morfond et aimerait bien retrouver un peu d’entrain, un peu de vie, se rappeler au souvenir des touristes.

La découverte des cadavres de deux jeunes filles, deux sœurs, qui participaient au Bal des Débutantes va certes allumer les projecteurs sur cette aimable cité mais d’une façon plutôt incongrue.

En guise de touristes, ce sont deux policiers qui sont dépêchés par Scotland Yard. L’inspecteur Croft et le sergent Connington. E.W.J.H. Simpson-Flax, journaliste de son état, a eu le triste privilège d’effectuer cette macabre découverte, et ce n’est pas tout car les cadavres s’accumulent à plaisir pour compliquer l’enquête.

 

Michel Amelin qui s’est fait connaître des lecteurs de magazines tels que L’Evénement du Jeudi, Ça m’intéresse, ou encore Femme d’aujourd’hui et d’autres, grâce aux courtes énigmes qu’il leur propose, s’est décidé à chausser la pointure au dessus, et nous offre un roman qui ne manque pas d’humour tout en étant un hommage à la littérature policière britannique, genre qu’il préfère au roman noir.

Ayant pour maître F.W. Croft et Henrry Wade, ainsi qu’Agatha Christie, c’est tout naturellement qu’il nous propose une enquête d’énigme classique, fort bien construite et bien écrite.

Nul doute que cet instituteur de classes enfantines, aux talents éclectiques, car outre les énigmes déjà citées il a fournit de nombreux articles à des revues spécialisées et possède un bon coup de crayon comme caricaturiste, nul doute donc que Michel Amelin récidive pour la plus grande joie des lecteurs nostalgiques de ce genre littéraire méprisé de nos jours par les tenants, de plus en plus nombreux, du roman noir. Mais il a préféré par la suite s’adonner à l’écriture de romans juvéniles intéressants dans la tradition gothique.

 

Ce roman, la réédition d’un ouvrage paru au Masque en 1989, est réédité uniquement en version Kindle. Dommage que les possesseurs d’Ebook ne puissent pas le trouver dans d’autres boutiques. Ceux qui le désirent peuvent se rendre à l’adresse ci-dessous :

 

Michel AMELIN : Dans les jardins du casino.

Michel AMELIN : Dans les jardins du casino. Version numérique. Michelamelinbestsellers. Parution 12 avril 2016. 2,99€.

Première édition : Collection Le Masque Jaune N°1952. Librairie des Champs Elysées. Parution 6 avril 1989. 156 pages.

ISBN : 978-2702418796

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3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 13:13

Hommage à Phyllis Dorothy James, née le 3 août 1920.

P. D. JAMES : Une folie meurtrière

Située au cœur des beaux quartiers londoniens, la clinique Steen est un centre de psychothérapie. Les différents docteurs, psychiatres et analystes qui y reçoivent leurs clients, possèdent des méthodes, des conceptions différentes pour soulager leurs patients des problèmes affectifs et conjugaux dont ils sont attteints.

Mais se débarrasser de la directrice administrative, Miss Bolam, d’un coup de ciseaux à bois en plein cœur et lui faire tenir entre les bras une affreuse poupée, fétiche d’un malade, cela relève-t-il d’une nouvelle thérapie ?

Adam Dalgliesh, le commissaire poète qui assiste non loin du lieu du drame à une réception donnée en son honneur, est dépêché sur place. Qui parmi les différents praticiens, infirmières et employés avaient intérêt à voir disparaître Miss Bolam ?

Le docteur Steiner à l’esprit critique et qui ne se prive pas de dénigrer, la plupart du temps en pensée, les méthodes de ses confrères, le travail des employés ou l’autorité de la directrice ?

Le docteur Bagulay qui serait en droit d’en vouloir à Miss Bolam pour ingérence dans sa vie privée, de même que Miss Saxon ?

Marion Bolam, cousine de la directrice, employée à la clinique, et dont l’apport d’un héritage substantiel serait le bienvenu ?

Peter Nagle, l’un des portiers à qui appartenait l’arme du crime ? Jennifer Priddy, la dactylo ? L’autre portier ? Quelqu’un de l’extérieur ? Un patient ?

 

P.-D. James, qui connait bien son sujet puisqu’elle a été infirmière, a travaillé au North West Regional Hospital de Londres ainsi qu’au département criminel de ministère de l’Intérieur, campe ses personnages et analyse leurs sentiments, leurs pensées d’une façon magistrale, alliant suspense, psychologie et humour macabre, comme si elle les mettait à nu moralement à coups de scalpels précis.

Ce roman, qui date de 1963, donc le deuxième écrit par Phyllis Dorothy James, est déjà porteur des promesses qui devaient faire le succès de ses autres romans, notamment Un certain goût pour la mort, qui a reçu le grand prix de littérature policière 1988, domaine étranger.

 

Réédition Le Livre de Poche. Collection Policier/Thriller N°6835. Parution le 1er septembre 1990. 288 pages. 7,20€.

Réédition Le Livre de Poche. Collection Policier/Thriller N°6835. Parution le 1er septembre 1990. 288 pages. 7,20€.

P. D. JAMES : Une folie meurtrière (A mind to murder – 1963. Traduction de Françoise Brodsky). Editions Fayard. Parution 3 juin 1988. 15,30€.

ISBN : 9782213021904

Réédition Le Livre de Poche. Collection Policier/Thriller N°6835. Parution le 1er septembre 1990. 288 pages. 7,20€.

ISBN : 978-2253053972

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28 juillet 2018 6 28 /07 /juillet /2018 08:26

Ce n’est pas parce qu’il s’appelle Lino qu’il faut le prendre pour une carpette !

Philippe HAURET : Je suis un guépard.

Lino n’est juste qu’un petit employé de bureau parmi tant d’autres dans une grosse boite située dans une tour de la Défense. A ne pas confondre avec le ministère des Armées.

Donc Lino travaille le jour, comme tout le monde excepté ceux qui sont au chômage et ceux qui bossent de nuit, et le soir venu, dans son minuscule appartement situé au sixième étage d’un immeuble du quatorzième arrondissement de Paris, il s’essaie à l’écriture. Des nouvelles car il n’est pas encore prêt pour rédiger un roman. Mais il s’astreint à noircir des pages blanches via son clavier sur son ordinateur.

Un soir, il distingue dans le couloir qui dessert son étage comme un tas de chiffons. Après vérification, il s’agit d’une jeune femme qui s’est réfugiée afin d’échapper aux maraudes et aux interpellations policières musclées. Si, si, cela existe !

Jessica, c’est le nom de cette paumée genre chien sans collier, arpente les rues, quémandant une, voire plusieurs piécettes, améliorant l’ordinaire par de petits larcins éventuellement. Lino propose de l’héberger, en tout bien tout honneur, ce qu’elle accepte mais bientôt leur relation évolue et ils sont amenés à partager le même canapé. Un voyage est même envisagé et pour cela Lino se montre quelque peu indélicat envers son employeur puisqu’il puise de l’argent dans le coffre-fort. Ce qui est préjudiciable à l’une de ses collègues. Un dommage collatéral, inévitable.

De retour à Paris, Jessica tombe, sans se faire mal et par inadvertance, sur un portefeuille. Elle prélève l’argent qu’il contenait puis rend l’objet à son propriétaire, patron d’une petite chaîne de magasins de confection. Pour la remercier, Melvin, le riche entrepreneur, lui confie une place de vendeuse dans l’une de ses boutiques.

Melvin est marié à Charlène, une femme somptueuse, et le couple se lie d’amitié avec Lino et Jessica. Seulement, car dans toute histoire qui pourrait sembler idyllique subsiste un seulement, leurs relations évoluent, et pas forcément dans le bons sens.

 

Outre ce quatuor de personnages, que l’on pourrait qualifier comme les Riches et les Pauvres, seuls quelques personnages secondaires évoluent dans ce suspense prenant. Secondaires, certes, mais pas inintéressants car ils ne se contentent pas de faire de la figuration dite intelligente.

Et incidemment, on se trouve plongé dans une conversation entre Jessica et Lino, juste avant les élections présidentielles. Si Jessica se laisse abuser par les apparences :

Ce mec transpire la vérité, son regard ne trompe pas, il est habité par ce qu’il dit.

Lino, lui, est plus réservé, pour ne pas dire lucide :

Sans vouloir casser l’ambiance, je pense que rien ne changera vraiment. Tes dix pour cent de chômeurs, tes cinq millions de précaires, tu les auras encore dans trente ans, et que ce soit un gouvernement de droite ou de gauche, les deux ne cherchent qu’à maintenir un taux de misère acceptable, sachant que les problèmes à résoudre demanderaient trop de sacrifices à ceux qui occupent les bonnes places.

Un suspense habilement mené, et qui nous ramène quelques décennies en arrière, années soixante, soixante-dix, avec une intrigue qui exclue violence et érotisme. On peut penser à des auteurs comme Jean-Pierre Ferrière mais également à deux romancières qui excellaient dans ce domaine, Catherine Arley et Madeleine Coudray, laquelle avait écrit quelques ouvrages fort sympathiques mais est aujourd’hui injustement oubliée et qui fut couronnée par le Grand Prix de Littérature Policière 1978 avec Dénouement avant l’aube.

Une étude de caractère et un système social malicieusement et efficacement développés, analysés, mettant en présence deux mondes différents qui par le jeu du hasard, sont amenés à se rencontrer, à s’apprécier. Plus ou moins. Peut-être même moins que plus.

Philippe HAURET : Je suis un guépard. Collection Jigal Polar. Editions Jigal. Parution le 15 mai 2018. 216 pages. 18,00€.

ISBN : 978-2377220373

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24 juillet 2018 2 24 /07 /juillet /2018 08:41

Certains viennent se ressourcer en Corrèze tandis que d’autres quittent ce département pour faire de la politique !

Marie WILHELM : Aller simple Paris-Corrèze.

Quinquagénaire émargeant à l’Education Nationale, Vincent Farges se prend de bec avec l’un de ses élèves qui se montre particulièrement irrespectueux et provocateur. L’ado le nargue, mais à cinquante ans, et il ne les parait pas, Vincent Farges possède de beaux restes, ayant pratiqué la boxe française et les activités physiques à la ferme de ses parents en Corrèze.

L’inévitable arrive et il faut que le directeur interrompe le carnage. Farges est mis en retraite anticipée. Un moyen de le calmer pense le rectorat. Toutefois dans la tête de Farges, ça mouline. La mort bien des années auparavant de son fils Grégoire puis la désertion de sa femme partie se consoler ailleurs. Alors, il ne lui reste qu’une solution, revenir sur ses terres natales, direction Meymac, joli petit village où il devrait pouvoir se ressourcer et recouvrer une certaine sérénité.

Il s’installe à l’hôtel, le seul de la commune, et recherche une maison à acheter dans les environs. Cela fait quinze jours qu’il traîne lorsqu’il est abordé par une vieille dame qui lui reproche de les éviter tous, elle son ancienne institutrice, et ses anciens condisciples qui furent également ses amis.

Suite au décès de sa femme honteusement attaquée par un vil crabe, le commissaire Savigny est désemparé. Durant huit jours il traîne sous les ponts de Paris, ne se lavant pas et se nourrissant à peine. Mais son patron veille et il lui intime d’aller se ressourcer ailleurs, le mettant d’office en congés, et de penser à l’avenir de ses deux gamins, des jumeaux, âgés d’une dizaine d’années.

Comme sa femme était originaire du Limousin, direction Meymac avec ses deux loupiots et installation à l’hôtel.

Pendant ce temps Vincent Farges déambule dans la cité qui s’ouvre sur le Parc Naturel Régional de Millevaches, et il aperçoit dans une ruelle une jeune femme désirant forcer la porte d’une maisonnette. Elle est accompagnée d’une jeune fille, sa sœur, et d’un bambin, son fils d’un an. Son mari, qui vient de se faire renvoyer de l’entreprise de transports où il travaillait, est d’un naturel colérique, et pour bien faire comprendre à ses interlocuteurs qu’il a raison, use de ses poings sans vergogne et sans barguigner. La douce figure d’Anna en témoigne par des bleus qui font tache.

Anna Lestrade n’est guère estimée dans la bourgade, étant mariée avec un homme n’ayant pas bonne réputation. De plus elle est la fille du notaire mais les relations familiales sont très distendues. Vincent Farges prodigue ses conseils à Anna, et accepte de coucher chez elle, en tout bien tout honneur, ce qui n’est pas du goût du mari. Lequel n’hésite pas à employer la manière forte.

Seulement l’homme est enlevé, et démarre alors une affaire dans laquelle Anna sera compromise et Vincent, décidé à l’aider, trouvera de l’aide inattendue et officieuse en la personne du commissaire Savigny et auprès du commandant de gendarmerie qui ne se prend pas pour un agent de sécurité élyséen.

 

Dans un style sobre, limpide, plaisant, Marie Wilhelm nous concocte un suspense rural qui nous change agréablement des histoires mettant en scène des truanderies banlieusardes.

Les personnages, dont certains pour ne pas dire la plupart, sont des cabossés de la vie, s’intègrent parfaitement dans le rôle qui leur est dévolu, même les jumeaux ou le bambin. Si Albert, le mari d’Anna, n’est pas le personnage sympathique par excellence, les autres protagonistes ne se montrent pas toujours non plus sous un jour favorable, à cause de ces petits préjugés qui font florès dans les campagnes repliées sur elles-mêmes. Souvent à cause de ragots, de colportages, de racontars, d’incompréhensions, de malentendus, comme dans le cas d’Anna qui est mise à l’écart pour des raisons indépendantes de sa volonté.

Mais ce n’est pas parce que ce roman est fortement implanté dans le terroir qu’il faut croire que l’histoire se réduit à une intrigue plan-plan. L’auteur sait mettre en valeur ses personnages et insérer dans ses dialogues des situations actuelles qui ne sont guère favorables à l’épanouissement de la population. Les normes édictées par Bruxelles pèsent sur les esprits.

Ça, je vous jure, qu’est-ce qu’ils nous emmerdent avec leurs normes ! y’a plus que ça qui compte, les normes. Heureusement, dans ma partie, on n’est pas trop touché. Mais les paysans, alors eux, ils sont en première ligne. Vous savez qu’ils n’ont plus le droit de vendre leurs fromages sur les marchés s’ils n’ont pas un étal réfrigéré ? Vous savez combien ça coûte, un étal réfrigéré ?

Ailleurs, ce sont les priorités policières qui sont battues en brèche, il faut aller dans le sens du poil de l’opinion publique :

Les directives gouvernementales du moment donnaient la priorité au spectaculaire : surveillance ostentatoire des routes, patrouilles fréquentes dans certains quartiers dits à risques, sauvetages à la James Bond si possible filmés. Avec l’intensification des actions classifiées terroristes en France et dans toute l’Europe, il fallait donner au public le sentiment que tout était mis en œuvre pour renforcer la sécurité.

Un excellent livre de détente mais qui n’oublie pas de remettre quelques pendules à l’heure.

 

Marie WILHELM : Aller simple Paris-Corrèze. Collection Le Geste noir N°101. Editions La Geste. Parution le 16 mars 2018. 312pages. 13,90€.

ISBN : 979-1035301453

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5 juillet 2018 4 05 /07 /juillet /2018 07:53

Et d’abord, on ne m’appelle pas Emmanuel, mais monsieur le détective en herbe !

Jean-Luc BIZIEN & Bruno DAVID : Le paquebot aux 100 suspects.

Le héros de cette aventure se prénomme Emmanuel. Je n’y peux rien, c’est ainsi. D’ailleurs le maître du jeu interpelle ainsi le lecteur, dès la première phrase du texte :

Vous êtes Emmanuel, un jeune garçon qui s’apprête à vivre une fabuleuse aventure…

Et en effet, en ce mois d’avril 1912, le jeune Emmanuel s’embarque avec ses parents sur le Titan, un paquebot dont c’est la première traversée vers les Amériques. D’après son constructeur, le navire est insubmersible. Donc, en théorie, tout devrait bien se passer.

Seulement Emmanuel entend les bribes d’une conversation échangée entre quatre individus cachés et dont il ne perçoit que quelques mots : Au large…. Avant l’aube… Chance d’en réchapper… explosifs…

Bref de quoi donner le tournis au gamin qui se voit confier la redoutable et difficile mission d’agir seul ou de convaincre les adultes, capitaine du navire ou ses parents de ce qu’il se trame.

 

Naturellement, Emmanuel, enfin vous, décide d’enquêter, plusieurs propositions étant à sa disposition. Et vous partez investiguer en divers endroit du paquebot à la recherche des malfrats, des explosifs qu’ils ont disséminé et d’annihiler ceux-ci afin d’éviter un drame.

Mais plusieurs pistes sont à suivre et vous devez choisir quelle sera la bonne, quitte à revenir à votre point de départ.

 

Il aura fallu que j’atteigne mes soixante-dix balais et plus pour dépoussiérer mes lectures et m’immerger dans un livre-jeu destiné aux enfants. Je peux vous affirmer que ce n’est pas une partie de plaisir, enfin si mais cela demande de la concentration, un sens certain et affûté de l’observation, de déduction, de logique. Bref, tout ce que possède un enfant, mais plus forcément un adulte qui trouve des pièges où il n’y en a pas et vice-versa.

Les solutions de jeux figurent en fin de volume, ce qui personnellement m’a bien aidé, car je l’avoue sans vergogne ne pas avoir tout trouvé. Quant à l’histoire, le pourquoi du comment, elle figure elle aussi en fin de volume mais pour la lire il faut s’aider d’un miroir, petite gymnastique intellectuelle et manuelle supplémentaire.

L’image est à l’appui du texte, et il faut regarder attentivement les moindres détails pour découvrir les solutions. Toutefois parfois cela semble flou, avec des contours mal définis et c’est lorsque l’on possède la résolution, que l’on s’aperçoit que l’œil s’était arrêté dessus sans en percevoir la signification.

Jean-Luc BIZIEN & Bruno DAVID : Le paquebot aux 100 suspects. Collection Vivez l’aventure. Livre jeu. Editions Gründ. Parution le 15 mars 2004. 48 pages.

ISBN : 978-2700037654

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2 mai 2018 3 02 /05 /mai /2018 08:32

Sort de l’ombre…

Hélène CALVEZ : Le Prince des Ténèbres.

Comme l’affirmait Régine Pernoud dans son étude Pour en finir avec le Moyen-âge (Le Seuil – 1977), cette période de l’histoire de l’humanité ne fut pas aussi obscurantiste que l’ont prétendu bon nombre de manuels d’histoire, et d’historiens.

Et si les technologies numériques n’avaient pas encore été inventées, les sciences philosophiques, médicinales, chirurgicales et autres enregistraient de très gros progrès, surtout avec l’apport des études des Anciens dont Aristote. Et c’est bien en référence à ce philosophe qui aborda tous les genres que le narrateur de ce roman historique, natif de Tolède et ayant suivi des études à Séville auprès d’Avenzoar, médecin, chirurgien et découvreur, nous conte un épisode de sa vie.

Avendeuth ainsi dénommé par son père Jean de Séville, médecin, traducteur et astrologue, à l’âge de sept ans mais aussi connu sous les noms de Jean de Tolède ou Jean David, est mandé par le rabbin philosophe Maïmonide à Fustât, ville incorporée depuis peu au du Caire, à enquêter sur une mort suspecte en la personne de Saad al Dawla al Misri, riche négociant en tissu et tisseur lui-même, soutien de l’Egypte et ami de Saladin alors dirigeant de ce pays qui subit les croisades des Francs.

Or, à cette époque, dans les années 1170, en Espagne et particulièrement à Tolède, Juifs, Musulmans et Chrétiens vivent en bonne intelligence, même si la mosquée a été transformée en cathédrale.

Avendeuth a donc suivi des études de médecine, est devenu traducteur comme son père, mais surtout s’est spécialisé dans la flore médicinale et aux poisons. Il est devenu un Empoisonneur, et non un tueur, car c’est à la demande des familles qu’il pratique son art. Il s’est d’ailleurs surnommé le Prince des Ténèbres, mandaté par Dieu pour empêcher la résurrection des viles personnes. Et il visite dans son laboratoire l’Autre-Monde grâce aux substances qu’il prépare. Mais c’est pour ses connaissances et plus qu’encouragé par son père et l’archidiacre, Dominique Gundissalvi, qu’il s’est rendu à Fustât afin d’enquêter sur cette affaire. Seulement, une autre obsession l’habite, celle de découvrir la matérialité de l’âme, de la voir, d’en démontrer l’existence ou non. L’âme ou psyché en grec.

Il rencontre Khadi, la veuve de Saad, ainsi qu’un des portiers de la mosquée Ibn Tûlûn dans laquelle vivait le défunt depuis vingt jours. Il apparaissait montant le minaret appelant les fidèles à la prière, puis procédait à ses ablutions, observant un jeûne rigoureux.

Or en conversant avec ses différents interlocuteurs, Avendeuth se rend compte d’une dichotomie entre les actes et les paroles de Saad. Malgré ses connaissances déjà poussées, il découvre d’autres plantes qui peuvent aussi bien être médicinales que mortifères, selon leur dosage.

 

Au-delà de l’enquête, celle concernant un meurtre dit en chambre close, et du personnage trouble d’Avendeuth, Hélène Calvez nous décrit cette période médiévale, bien loin de nous et nébuleuse pour certains, aussi bien en Espagne qu’en Egypte, avec rigueur et érudition. Ce qui au départ pouvait sembler ardu et pédagogique s’est rapidement transformé en roman historique passionnant et foisonnant. Et l’auteur s’attache plus sur le pourquoi que sur le comment, même si le comment est indissociable du pourquoi.

Il existe de très nombreuses divergences entre la représentation que l’on peut se faire de la France médiévale, marquée par la peste, la lèpre, les Croisades et l’érection de très nombreuses cathédrales, édifices qui ont su traverser les siècles et résister aux ravages des guerres et des dégradations de toutes sortes tandis que les bâtiments actuels sont déjà vieux à peine sortis de terre, et les pays du sud de l’Europe et surtout du Moyen-Orient. On se croirait dans une nouvelle version des Mille et une nuits mais en plus savant.

Hélène Calvez nous offre une vision plus approfondie de cette période, des us et coutumes et des mœurs de ces pays, avec une approche des religions qui exclue le prosélytisme. Les connaissances intellectuelles et médicales étaient mises en commun et élevaient la pensée. Mais il ne faut pas croire pour autant que des personnages, tels que Saad ou d’autres, ne se consacraient qu’à la générosité. Souvent elle n’était que de façade, pour des raisons matérielles. Mais est-ce que cela a vraiment changé de nos jours ?

Une image que je retiens, qui n’est pas le fait plus marquant mais éclaire un peu mieux sur cette époque, celle de l’ophtalmologiste opérant l’œil d’un patient atteint de la cataracte à l’aide d’une aiguille à piston.

Une plongée historique, ésotérique, philosophique, métaphysique en tout point remarquable ! A signaler que les plupart des personnages évoqués ou jouant un rôle prépondérant dans ce récit, ont réellement existés.

 

S’il est une chose qu’apprécient les gens de pouvoir, c’est la flatterie. Ils seront d’autant plus sensible aux louanges s’ils sont cajolés par celui qui n’est pas réputé en faire.

L’on sait que raison et foi ne font pas bon ménage. L’une et l’autre ne se comprennent pas, donc s’ignorent. Comment faire entendre raison à qui en est totalement dépourvu ?

Lorsqu’un médecin ne veut pas te dire la vérité, il t’envoie vers un confrère.

Sache que s’il y a une chose dont je ne me suis jamais préoccupé, c’est la politique. Mais ce n’est pas parce que je ne suis pas versé dans cet art que je ne connais pas les politiciens. Ce sont des individus qui n’admettent pas qu’on leur rappelle leurs erreurs.

Hélène CALVEZ : Le Prince des Ténèbres. Collection Encre d’Orient. Editions Erick Bonnier. Parution le 12 avril 2018. 264 pages. 20,00€.

ISBN : 978-2367601175

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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