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9 mai 2019 4 09 /05 /mai /2019 04:51

La romancière aux 723 romans savait mettre en scène des femmes de caractère !

Barbara CARTLAND : La tigresse et le roi

En ce mois de juin 1887, la reine Victoria fête son jubilé de cinquante ans de règne, et c’est l’effervescence à Buckingham. Apparentée à la souveraine, Zenka devise en compagnie de sa cousine Wilhelmine de Zarfeld, âgée de trente ans et qui cherche désespérément un mari de sang royal. Hélas pour elle, aucune prétendant en vue pour sa langue de vipère, laide et plus que rondelette.

Zenka n’a que dix-huit ans et elle n’est pas pressée. Elle est orpheline depuis que sa mère, la princesse Pauline anglaise de naissance, et son père, le prince Ladislas Wajda, un Hongrois, ont été les victimes, six ans auparavant d’un attentat à la bombe perpétré par un anarchiste. Recueillie par son oncle et parrain le duc de Stirling, elle a vécu heureuse en Ecosse jusqu’au jour où il s’est remarié, un an auparavant avec la duchesse Kathleen, suite au décès de sa femme. Mais la duchesse Kathleen, plus jeune d’une quinzaine d’années que son mari, n’apprécie guère Zenka, et elle le lui fait savoir en chaque occasion où elle peut laisser son fiel s’écouler sans vergogne.

Mais les nuages s’accumulent au dessus de la tête de Zenka. La reine Victoria, surnommée la Marieuse de l’Europe, a décidé que la jeune fille allait épouser le roi Miklos de Karanya, un petit état coincé entre la Hongrie et la Bosnie. Et la duchesse Kathleen n’y va pas par quatre chemins. C’est ça ou l’enfermement dans un couvent. La diplomatie ne s’embarrasse pas des états d’âme d’une jeune fille, surtout si elle est princesse et qu’un mariage peut favoriser des rapprochements entre états. Zenka pensait pouvoir faire un mariage d’amour et la voilà mise d’office dans le lit d’un homme défiguré par des cicatrices et boiteux. Une description que Wilhelmine a énoncée avec un certain plaisir afin de démoraliser sa jeune cousine.

En désespoir de cause, Zenka est obligée d’accepter ce marché. La mort dans l’âme elle rejoint d’abord par voie maritime Trieste, puis le voyage va continuer par voie ferrée. Dans le wagon qui lui est affecté, Zenka dispose d’une chambre et d’un salon particulier. Dans la nuit, désirant récupérer un livre, elle entre dans le salon, sans lumière. C’est alors qu’un homme s’introduit dans le wagon. Elle pense qu’il s’agit d’un voleur et déclare être en possession d’un pistolet. Mais après une discussion paisible, elle lui remet une paire de boutons de manchettes en compensation d’un vol non effectué.

Passons sur quelques détails et arrivons au cours de la nuit dite de noce, qui est le lendemain de son arrivée dans la capitale. Le prince Miklos n’est pas aussi laid et boîteux que le prétendait sa cousine, mais le soir fatidique Zenka refoule son mari à l’aide d’un pistolet. Elle refuse qu’il la touche et le lui fait savoir avec fermeté.

 

Naturellement il s’agit d’une romance, et en général, dans ce genre littéraire, tout fini bien dans le meilleur des mondes.

Barbara Cartland, avec ses 666 romans traduits en France, possède ses adulateurs (surtout des adulatrices) et ses détracteurs, la plupart du temps des personnes qui n’ont jamais lu un de ses ouvrages mais jugent sur des préjugés.

Car sous des dehors de strass et de paillettes, de mise en scène dans la société nobiliaire et royale, le propos de Barbara Cartland est plus profond qu’il y paraît.

Ainsi lors du défilé nuptial de Zenka aux côtés du roi Miklos, tous deux dans une calèche, applaudis et ovationnés par la foule, se cache un sourire triste, crispé, convenu, et la comparaison avec les épousailles entre Diana et le prince Charles m’a frappé. Si Zenka sourit ensuite franchement, c’est parce qu’elle possède encore la fraîcheur d’une enfant et que la joie populaire est communicative.

Barbara Cartland prône l’amour, sincère, et naturellement elle met en opposition les mariages conclus par les diplomates, pour des raisons politiques, pour un fallacieux rapprochement entre les peuples. Si la période choisie est celle de Victoria, outre le fait que cette période l’intéresse fortement, c’est parce que la descendance de la reine Victoria fut nombreuse, les mariages arrangés également. En 1944, le nombre de rois, princes ou princesses issus de sa descendance s’élevait à 194 !

 

Barbara CARTLAND : La tigresse et le roi (The Hellcat and the King. Traduction de Hélène de Lavergne). Editions J’ai Lu N°1642. Parution le 10 mai 1984. 160 pages.

ISBN : 9782277216421

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22 avril 2019 1 22 /04 /avril /2019 04:52

Oh Marie, si tu savais…

Alfred ASSOLANT : Rose-d’Amour.

Avec un père charpentier et une mère lavandière, la petite Marie ne s’épanouit guère. Son père est mutique, ne s’exprimant que lorsqu’il a quelque chose à dire, et encore. Mais il n’est pas comme la mère qui avec ses mains en forme de battoirs n’est pas avare de torgnoles et de beignes. Marie n’est pas jolie, enfin pas vraiment, mais elle est avenante et gentille.

Ses sœurs se marient et quittent la maison paternelle, la mère décède après avoir bu un grand verre d’eau froide alors qu’elle était en sueur. Marie a dix ans. Elle trouve en Bernard, un gamin de trois ans plus âgé qu’elle, un compagnon de jeux aimable et intentionné. Un jour, s’amusant dans la forêt avec quelques gamins, garçons et filles, Marie se retrouve seule. Elle est attaquée par un loup alors qu’elle ne prétendait pas jouer au Petit Chaperon Rouge, et Bernard la sauve des griffes et des dents de l’animal.

Rose d’Amour et Bernard deviennent peu à peu amoureux l’un de l’autre. Ils sont souvent ensemble, mais cela reste platonique. Le père de Bernard et les parents du jeune homme pensent que cela se traduira par un mariage, cérémonie à laquelle ils n’opposent aucun véto, mais la guerre du Maroc réclame des moyens humains. Bernard pense échapper à la conscription malheureusement pour lui, le sort en décide autrement. Il a vingt ans et Rose d’Amour en a dix-sept, le bel âge pour convoler.

Les parents de Bernard ne roulent pas sur l’or même s’ils possèdent quelques biens. L’idée est de trouver un remplaçant à Bernard, contre une forte somme. Pour cela ils hypothèquent leur maison, seulement la mère Bernard, malade met le feu aux rideaux. Plus de maison, plus d’hypothèque, plus de remplaçant.

Bernard part pour l’armée pour sept ans, et Rose d’Amour se découvre enceinte. Ils avaient quelque peu précipité les noces, et elle se retrouve la risée, la honte de pratiquement tout le village. Même son père pourtant si calme et si accommodant lui fait la tête. Elle travaille dans une usine de couture et sa joliesse attire les yeux du contremaître. Elle refuse de se laisser aller, de devenir une femme soumise, et taloche le malotru devant ses collègues.

Les ans passent, elle ne reçoit pas de courrier de Bernard. Elle pense qu’il l’a oublié et entame des études du soir afin d’apprendre à lire et à écrire auprès d’un jeune adulte bénévole. Bientôt celui-ci tombe amoureux d’elle mais elle refuse de manquer à sa parole donnée à Bernard. Sept longues années durant lesquelles la petite Bernardine grandit gentiment. Jusqu’au jour où, au cours d’une algarade avec un voisin, un dénigreur et un malveillant qui ose appeler sa petite-fille la petite bâtarde, Bernard est tué à l’aide d’un compas. L’homme a beau jeu de rejeter la faute sur Bernard et la honte une fois de plus déteint sur Rose d’Amour.

 

Romans de terroir, réaliste et misérabiliste, comme c’était la mode à l’époque, Rose d’Amour serait une nouvelle ou un roman catalogué, de nos jours, comme une romance destinée à l’édification des jeunes filles vertueuses. Mais il y a un peu de Zola dans cette histoire sociale ou plutôt le contraire car si Assolant a fait paraître Rose d’Amour en 1862, La Terre de Zola date de 1887.

L’histoire se déroule dans un petit village, Saint-Sulpice, en Auvergne. Peut-être dans le Puy-de-Dôme, mais rien ne permet de l’affirmer.

Rose d’Amour est un roman écrit à la première personne et la narratrice, Rose d’Amour, s’adressant à une interlocutrice dont on ne sait rien, narre ses mésaventures et dénonce les ragots, les rumeurs, les fausses déclarations, les préjugés, les jalousies également ainsi que ceux qui veulent profiter du malheur des autres pour en tirer bénéfice. Un constat peu flatteur de la campagne d’alors mais qui n’a guère changé dans les mœurs même si celles-ci sont plus libres et plus tolérantes. Et ce problème n’est pas l’apanage de la campagne car on le retrouve également dans les villes et les banlieues. Le syndrome de la fille-mère est encore bien prégnant dans les esprits étroits, mesquins, bigots, et enfreint la morale de certaines religions intégristes.

Nous sommes loin des aventures débridées décrites dans Les Aventures (merveilleuses mais authentiques) du Capitaine Corcoran, un roman destiné à la jeunesse et prenant l’Inde pour décor, mais ces deux ouvrages possèdent en commun d’être des contes philosophiques. Si Rose d’Amour est l’histoire d’une fille-mère à cause d’événements imprévus et dans l’obligation de trouver un remplaçant si le tiré au sort ne veut pas partir à la guerre, contre rétribution onéreuse, Capitaine Corcoran dénonce le colonialisme anglais et par là-même toute forme de colonialisme.

Le côté social prédomine et le système de la conscription est un privilège accordé aux riches qui peuvent y échapper contre monnaie sonnante et trébuchante :

Ah ! dit le père Bernard, il est bien dur de travailler toute sa vie et d’amasser avec beaucoup de peine quatre ou cinq mille francs pour en faire cadeau au gouvernement ou n’importe à qui, quand on est vieux et quand on ne peut plus travailler.

 

La question de l’égalité des salaires est également soulevée, mise en avant comme un fait acquis qu’il faut dénoncer :

Car il faut vous dire, madame, que je travaillais dans un atelier avec trente ou quarante ouvrières. Chacune de nous avait son métier et gagnait à peu près soixante-quinze centimes. Pour une femme, et dans ce pays, c’est beaucoup ; car les femmes, comme vous savez, sont toujours fort mal payées, et on ne leur confie guère que des ouvrages qui demandent de la patience.

 

Pour vous procurer ce court roman en version numérique gratuite, une seule adresse :

Alfred ASSOLANT : Rose-d’Amour. Nouvelle. Version numérique. Editions Ebooks libres et gratuits. Environ 70 pages.

Première édition : L. Hachette & Cie. 1862. Contenait en outre Jean Rosier ainsi que Claude et Juliette.

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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 04:52

Cette lune rousse n’est pas celle redoutée par les jardiniers !

Alain DEMOUZON : Lune rousse.

Après avoir débuté comme romancier de littérature policière, dans des tendances aussi diverses que le roman d’atmosphère, d’énigme, politique ou humoristique, tels que Mes crimes imparfaits, Le premier né d’Egypte, Section rouge de l’espoir, Adieu, La Jolla etc. Demouzon s’est tourné vers la littérature dite blanche avec La Perdriole, remarquable vision d’un provincial monté à Paris lors des émeutes estudiantines de mai 68 et qui découvre les joies de l’éducation sentimentale.

Avec Lune rousse, Demouzon aborde un nouveau genre, appelé par son éditeur Gothique moderne et qui est un subtil mélange de rêverie, de fantastique, de noirceur, d’épouvante, de tendresse, de raillerie.

A ses débuts, une publicité par voie d’affiches présentait Demouzon comme le successeur de Balzac et de Chandler. Il faut dire qu’une certaine ressemblance caricaturale et balzacienne s’y prêtait fort bien. Si les lazzis jaloux ne manquèrent pas, essayant de démolir cette assertion, il fallut reconnaître que les écrits de Demouzon ne manquaient ni de force ni de talent.

Une forme d’évocation alliée au talent d’une écriture travaillée, fouillée, excluant la vulgarité et la facilité. Le choix du mot juste, la rigueur dans la construction, avec toujours le souci de se dépasser, de faire mieux à chaque ouvrage.

 

Lune rousse, c’est le retour du merveilleux dans un monde rigoriste. Un rien peut faire basculer une vie toute droite tracée vers un avenir sans futur sur un monde où le surnaturel côtoie inlassablement le naturel, où la différence est si ténue qu’elle en est quasiment inexistante.

Roch Laugier fait le mur du collège la nuit, lorsque la lune rousse éclaire d’une lueur incertaine et magique les maisons endormies d’une bourgade recroquevillée sur elle-même. Roch s’est découvert des pouvoirs nocturnes. Il peut entrer dans les maisons avec une facilité déconcertante. Les serrures ne résistent pas à sa main ferme et silencieuse. Les habitants endormis perdus dans leurs rêves n’y voient que la manifestation d’un fantôme quelque peu familier.

L’aboutissement de ces sorties nocturnes se réalisera lorsque Roch rencontrera Iphigénie, une jeune orpheline. Un homme étrange, le Juge, surveille l’adolescent dans ses pérégrinations. Un jour Roch disparaît et c’est Octave qui réapparaît, le tout dans d’étranges circonstances.

Le Juge recueille les deux jeunes gens, Iphigénie et Octave. Il enseigne la musique à ce dernier qui se révèle être un élève particulièrement doué. Mais Iphigénie et Octave ne sont-ils pas manipulés comme des pantins, des marionnettes, par ce Juge qui tout en semblant obéir au destin tire les ficelles en coulisses.

De quel côté du miroir vont se perdre et de retrouver Octave et Iphigénie ? Et Iphigénie n’est-elle qu’un mirage, un ersatz d’elle-même ?

Lune rousse, un roman troublant de Demouzon dont la plume démoniaque griffe, au passage, certaines pratiques réelles enrobées de faux semblants.

 

Alain DEMOUZON : Lune rousse. Editions Flammarion. Parution mai 1988. 214 pages.

ISBN : 9782080661715

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6 avril 2019 6 06 /04 /avril /2019 07:16

Vertiges ou vestiges de l’amour ?

Michel BUSSI : J’ai dû rêver trop fort.

Continuant sa série de romans aux titres empruntés à des chansons, Un avion sans elle, Maman a tort, On la trouvait plutôt jolie, le nouveau livre de Michel Bussi nous invite à revisiter le succès d’Alain Bashung. Il nous incite surtout à prendre l’avion en compagnie de son héroïne, Nathalie dite Nathy, hôtesse de l’air quinquagénaire sur des vols longs courriers, qui a une hirondelle tatouée sur l’épaule.

Elle est mariée avec un menuisier-ébéniste qui se prénomme Olivier, un prénom de circonstance, possède deux filles, Laura et Margot, et vit en Normandie à Porte-joie, une ancienne commune de l’Eure qui jouxte la Seine. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, si une succession de coïncidences ne venaient interférer avec son prochain déplacement prévu pour Montréal, du 12 au 13 septembre 2019.

Mais sur sa liste des prochains vols prévus à la suite les uns des autres, outre Montréal, figurent Los Angeles et Jakarta. Commence un calcul de probabilités difficile à résoudre. Car c’est exactement le parcours qu’elle a eu à effectuer vingt ans auparavant. Mais avant de partir, elle se rend compte que son tiroir secret a été fouillé, ses papiers et une pierre du temps qu’elle garde précieusement depuis cette date, chamboulés. Une chanson est diffusée par son autoradio, Let it be. Et lorsqu’elle se positionne devant la porte d’embarquement, la M, comme par hasard, elle retrouve son amie Florence, hôtesse de l’air elle aussi, qui va voler en sa compagnie, de même que le commandant de bord, Jean-Max Ballain, qui approche de la retraite et est connu pour ses nombreuses conquêtes féminines. D’ailleurs de petits malins ont quelque peu détourné son patronyme en Jean Ballain Max !

Bref, la petite équipe est reconstituée comme vingt ans auparavant. C’est tout ? Non, se rendent également à Montréal Robert Smith et ses musiciens. Le groupe The Cure qui vingt ans auparavant avait fait frissonner Flo, toute pétillante de côtoyer de telles célébrités.

Parmi le personnel navigant, Nathy retrouve deux autres collègues qu’elle connait bien et Charlotte, une stagiaire. Manque à l’appel Ylian, le musicien à la guitare et à la casquette écossaise dont elle avait fait la connaissance à cette même porte M et avec lequel elle avait découvert Montréal, puis qu’elle avait retrouvé à Los Angeles puis à Barcelone et enfin à Jakarta. La première fois était un hasard mais pas la suite. C’était l’appel du cœur et des sens qui la poussait à le retrouver ou à le rechercher.

Non franchement, il y a trop de coïncidences, car à Montréal, d’autres faits se produisent, comme si quelqu’un s’attachait à vouloir lui faire remonter le passé du cœur dans la tête. Elle revit des événements, des émotions qui l’avaient bouleversée vingt ans auparavant, qui ne s’étaient jamais vraiment effacés mais seulement dilués au cours des années et de la vie familiale.

 

Toutes ces coïncidences mises bout à bout ne relèvent pas du hasard, mais elles ont été programmées par une main malveillante, Nathy s’en persuade de plus en plus. A moins qu’en présence d’un puis deux faits qui nous ramènent en arrière, on a le sentiment d’être assailli par des coïncidences, alors qu’inconsciemment on crée, on recherche des concordances. Et ceux-ci passeraient peut-être inaperçus dans d’autres circonstances. Non, ça ne marche pas comme ça se dit-elle.

C’est à elle personnellement que cette main manipulée par une tête pensante diabolique en veut. Elle s’en persuade et bientôt toutes ces concordances lui donnent raison. Pour quelle raison ? Dans quel but ? Et comment interpréter cette agression à San Diégo alors qu’elle venait de visiter Tijuana, comme elle l’avait fait vingt ans auparavant. De même qui peut s’amuser à lui prendre et remettre sa pierre du temps qu’une commerçante inuite lui avait donné à Montréal alors qu’elle parcourait la ville lors de son précédent voyage avec Flo et Jean-Max Ballain ?

Un manipulateur malin (ou une, il ne fait exclure personne) qui s’arrange pour perpétrer ses forfaits à son insu et le lecteur tente de mettre un nom sur cette personne malveillante. Mais celui ou celle auquel il peut penser ne se trouve pas forcément à l’endroit où elle évolue. A moins de posséder des accointances, des complices, mais comment étayer ces suppositions, ces conjectures ?

Et lorsque, enfin, le lecteur, moi le premier, découvre la vérité, il se dit que Michel Bussi une fois de plus nous a entraîné dans une histoire qui n’a rien de fantastique, que tout est logique, et particulièrement bien construite. Avec son lot de surprises et un retournement final particulièrement détonant, comme un déferlement.

Un roman musical, qui nous transporte au-delà de nos rêves, en compagnie d’Alain Bashung, des Beatles, des Cures et de combien d’autres.

Un roman d’amour et de passion, émouvant, qui prend aux tripes, et qui démontre que le don de soi n’est pas un vain mot.

Un roman qui se décline entre hier et aujourd’hui, entre 1999 et 2019. Et le lecteur ne peut se perdre dans les dates, entre ces différents chapitres, car un repère distingue, sur le haut des pages de droite, les deux périodes. Une hirondelle pour 1999 et un petit empilement de galets pour 2019. Mais chut, je ne vous ai rien dit.

 

Quand on enterre un être, combien d’amours secrètes enterre-t-on avec ? Combien de passions jamais avouées, happées par le néant, disparaissent comme si elles n’avaient jamais existé ?

 

Michel BUSSI : J’ai dû rêver trop fort. Editions Presses de la Cité. Parution le 28 février 2019. 480 pages. 21,90€.

ISBN : 978-2258162839

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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 05:28

Et il lui faut beaucoup de bûches dans l’âtre

pour entretenir la flamme !

Jean SAVANT : La Créole au cœur de feu.

Comme le chantait Alain Bashung, osez, osez Joséphine, osez, osez Joséphine, plus rien ne s'oppose à la nuit, et elle ne se prive pas d’oser, Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie, plus connue sous le nom de Joséphine de Beauharnais.

Elle n’a que seize ans lorsqu’elle est présentée à son futur époux le vicomte de Beauharnais. Peut-être sait-elle que son véritable patronyme fut Beauvit et que cela lui donna des idées, mais n’extrapolons pas.

Même si Yéyette, ainsi était-elle surnommée, n’est pas aussi jolie que ce qui lui avait été affirmé, la future Joséphine possède de nombreux atouts. De beaux cheveux châtains à reflets fauves, une adorable petite bouche qui cache une dentition qui laisse à désirer, et une gorge et des seins éblouissants de finesse et de fraîcheur. La taille n’est pas encore affinée mais ça viendra et elle est petite, mais au lit qui s’en inquiète. Elle a été formée précocement et paraît plus vieille que son âge. Ce qui parfois peut servir d’excuses. Et lorsqu’elle voit son futur époux elle tombe sous le charme. Mais ce n’est pas une oie blanche ni un bas-bleu. Elle a déjà goûté au fruit défendu, croquant dedans à belles (c’est une expression) dents.

Un mariage arrangé qui convient fort bien à Rose puisqu’elle possédera bijoux et robes en quantité. Mais celui qui est gouverneur et lieutenant-général de la Martinique et des Antilles Françaises possède une maîtresse qui n’est autre que la jeune tante de Rose. Désirée se prénomme-t-elle, un prénom de circonstance. Et Beauharnais impose sa présence à sa jeune femme mais il faut une position officielle à Désirée. Elle sera mariée à l’ordonnance du gouverneur, mais le cocu magnifique n’accepte pas ce partage. Mais je m’éloigne du sujet qui est toutefois Rose et qui doit accepter le rôle ingrat de figurante.

Un mariage qui durera toutefois quinze ans et qui verra naître deux enfants, Eugène et Hortense, dont elle ne s’occupe guère. Elle préfère batifoler de son côté accumulant les bonnes fortunes, au propre comme au figuré. La séparation définitive ne se fera qu’aux moments troubles de la révolution durant la Terreur. Galant ( ?), Beauharnais se présente le premier à l’échafaud, devançant sa femme qui sera épargnée grâce à la chute de Robespierre. Quelques temps plus tard elle sera libérée de prison où elle était enfermée puis elle deviendra l’amie de la future Madame de Tallien.

Avec Madame de Tallien et quelques autres, elle évoluera dans un Paris libéré et elle n’hésitera pas à recevoir dans sa demeure ses nombreux amants, nue sous un déshabillé vaporeux. Elle sera successivement ou concomitamment la maîtresse de Barras, Junot, Marat et Hoche et quelques autres qui se croiseront chez elle entre deux portes.

C’est Barras qui lui impose un nouvel amant, un certain Napoléon Buonaparte, qu’elle dédaigne jusqu’au jour où elle comprend que ce jeune général possède un brillant avenir. Sous l’impulsion de Barras, l’Italien deviendra Bonaparte et partira pour la campagne d’Italie. Et il réfutera le prénom de Rose, préférant l’appeler Joséphine, le seul à la nommer ainsi dans le cénacle des amants.

Mais un problème surgit : elle ne pourra plus avoir d’enfant, ce qui signifiera la rupture. Enfin, l’une des causes de la rupture entre celui qui deviendra Empereur et Joséphine devenue Impératrice. Elle aime trop la fête pour écrire à Napoléon alors que lui se brûle d’amour pour elle. Au début. Il lui écrit des lettre enflammées lors de sa campagne d’Italie mais elle dédaigne y répondre. D’ailleurs elle n’aime pas écrire, une aversion qui se transformera plus tard en besoin. Elle ne l’aime guère mais la promesse d’un avenir radieux lui permet d’avaler des couleuvres, tout en continuant d’accumuler des amants. Car elle a besoin d’argent, de beaucoup d’argent pour entretenir un rang social élevé.

Tout le monde connait la suite, ou presque.

 

Cette biographie ne reflète pas l’image de celle qui nous était montrée dans les manuels d’histoire, les frasques de Joséphine étant mises sous l’éteignoir et les couettes de lits.

Rose-Joséphine se montre insatiable, aussi bien d’argent que d’amants. Une grande amoureuse qui n’est pas insensible au confort de sa bourse, et dévalisant sans complexe celles de ses amants qui n’y voient aucun inconvénient.

Nous lisons la vie d’une femme amoureuse, libérée, qu’il n’y a pas si longtemps et peut-être même encore aujourd’hui, on qualifierait de dévergondée alors qu’elle n’est que l’égale de bien des hommes dans le domaine de la pratique amoureuse.

Un récit, ou roman, l’on ne sait plus trop, qui s’appuie sur de très nombreux documents de cette époque, écrit par celui qui fut le Chancelier perpétuel de l’Académie d’Histoire et qui a consacré plus d’une trentaine d’ouvrages à cette époque, et principalement à Napoléon et son entourage militaire, familial et social.

Jean SAVANT : La Créole au cœur de feu. Le roman des amours de Joséphine. Collection les Deux colombes. Editions Intercontinentale du Livre. Parution 1er juin 1962. 334 pages.

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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 05:17

Mûr mais pas avarié ! De l’amour bio, en quelque sorte…

DELLY : Le fruit mûr.

Evoquer les noms de romancières telles que Delly, Barbara Cartland et d’autres, amènent immédiatement sur les visages des interlocuteurs qui vous font face des sourires narquois, de commisération, voire de mépris, alors même que parfois ils n’ont jamais lu un de leurs livres.

Il est vrai que les romances ne sont guère appréciées de prétendus intellectuels, de lecteurs qui se piquent de littérature considérée comme du haut de gamme, des acheteurs de livres ayant obtenus des prix renommés, mais qu’ils placeront dans leurs bibliothèques sans les lire.

Pourtant les points de convergence entre le roman d'amour et le roman policier sont plus nombreux que l'on pourrait croire : Amour, jalousie, haine, argent en sont les ressorts principaux comme je l’écrivais en exergue de ma chronique concernant la revue Rocambole qui était consacrée à l’œuvre de Delly.

Le fruit mûr, c’est la passion amoureuse, l’amour tout simplement. Le vrai, celui qui transporte les cœurs mais qui pour une raison ou une autre se trouve contrarié.

L’amour est bien autre chose ! Un jour, tu le connaitras, je pense. Il est beau comme un fruit qui mûrit à une heure de la vie, plus tôt, plus tard, selon chaque nature. Mais ne donne pas ce nom à toutes les passionnettes, à tous les attachements éphémères, ni même à ce que l’on appelle la grande passion, qui n’est trop souvent qu’une flamme destructrice, vite éteinte.

Celle qui parle ainsi, c’est Dionysia, à l’encontre de sa jeune cousine Mylène qui s’est entichée d’un homme, marié avec deux enfants, mais qui vit séparé de sa femme, celle-ci ayant préféré voir ailleurs si l’herbe était plus verte et tendre, comme le font les petits veaux dans un pré. Or cet homme qui a conquis, du moins Mylène le croit-elle, le cœur de la jeune fille, refuse de divorcer pour des questions de principes.

Mais l’héroïne de ce roman, c’est bien Dionysia dont Tugdual Meurzen fait la connaissance par l’entremise d’un ami commun René Heurtal, celui qui fait flamber le cœur de Mylène.

Jeune peintre à la réputation déjà bien établie, Tugdual Meurzen est en villégiature près de Vallauris sur la Côte d’azur. Il est en compagnie de sa mère, souffrante, et de sa sœur Josèphe. Un entourage qui lui pèse. Aussi est-il un homme mélancolique, ne possédant guère d’amis. Sa mère est une dominatrice qui étouffe tout autant dans sa vie amoureuse et professionnelle, se prévalant de sa maladie pour le confiner dans un environnement familial pesant. Il ne peut, ne doit pas s’émanciper, et sa sœur Josèphe, qui ne s’est pas mariée sous le prétexte de ne pas nuire à son héritage, supplée sa mère dans cette domination autoritaire lorsque le besoin s’en fait sentir.

Tugdual n’est pas satisfait de sa production picturale malgré les éloges qui lui sont décernés. Ses visages de femme manquent d’âme, de la petite étincelle qui rendrait le tableau vivant. Alors qu’il descend vers Juan-les-Pins, il est abordé par René Heurtal, un graveur qu’il connait bien, lequel lui signale que Calixte Sormagnes, le célèbre sculpteur réside non loin en compagnie de sa petite-fille Dionysia. Aussitôt Tugdual est captivé par les yeux de la belle Hellène, mais pas que. Et il demande l’autorisation de peindre sa Madone qu’il a en projet avec Dionysia comme modèle.

Les deux jeunes gens ressentent au contact l’un de l’autre un sentiment amoureux qui est contrarié par la promesse que Tugdual a faite sur le lit de mort de son père. Veiller sur la santé de sa mère tant que celle-ci sera vivante. Et madame Meurzen ne manque pas de lui rappeler ce serment alors que Tugdual aimerait pouvoir s’échapper de la tutelle exercée par sa mère et sa sœur.

L’été passe et la famille Meurzen regagne la Bretagne natale, même si l’humidité est néfaste à la mère de Tugdual.

 

Tout en finesse et psychologie, Frédéric et Jeanne-Marie Petitjean de la Rosière, frère et sœur, alias Delly, nous offrent un roman d’amour certes, mais pas que. Outre le sentiment qui lie Dionysia et Tugdual, se greffe une autre histoire entre Mylène, la cousine de Dionysia, et René Heurtal, tandis que l’ancien promis de Dionysia arrive inopinément au mas des Sarrazins, où vit le sculpteur et sa fille.

C’est surtout un regard porté sur les relations entre hommes et femmes, entre parents et enfants, relations qui sont décryptées avec profondeur. Une époque relativement lointaine pour nous mais qui était celle contemporaine de Delly au moment de l’écriture de ce roman.

L’intrigue n’est pas si fleur bleue que l’on pourrait croire, et les sentiments partagés, mais contrariés, sont totalement obsolètes de nos jours, sauf peut-être dans quelques familles ancrées dans leurs préjugés.

Si surtout l’on retient l’écriture racée, subtile, aux dialogues peut-être surannés, le côté psychologique ne manque pas d’intéresser. On est loin de la violence, de la vulgarité qui parfois prédomine de nos jours. Et alors que de nos jours on couche d’abord et on demande le nom de son, ou sa, partenaire après, il y a cent ans, les approches étaient plus longs, plus décents, plus moraux que de nos jours. Le tutoiement n’était de mise qu’après de longues semaines, et le simple baiser sur la main ne se déposait qu’après de longues semaines de fréquentation.

Il est bon parfois de renouer avec ce style littéraire qui était le reflet d’une époque, aujourd’hui révolue, mais qui était empreint de charme.

 

DELLY : Le fruit mûr. Editions J’ai Lu N°1053. Parution 15 avril 1980. 128 pages.

Première édition Flammarion parution janvier 1922. Nombreuses rééditions.

ISBN : 2277210536

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30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 05:49

Othon en emporte le vent…

Alexandre DUMAS : Othon l’archer.

En cette fin d’année 1340, Karl de Hombourg, qui a durant de longs mois participé dans les Flandres à la guerre opposant la France de Philippe de Valois aux troupes d’Edouard III d’Angleterre sur l’ordre de l’empereur Louis V de Bavière, revient au pays.

Il arrive en vue du château de Godesberg où vit son ami et frère d’armes, le comte Ludwig, landgrave de Godesberg. De la lumière jaillit de toutes les fenêtres, et il pense, à juste raison, qu’il s’y déroule une fête. Mais son ami est pensif, préoccupé, en proie à de sombres pensées et ne participe pas à la joie générale. Ludwig, caché derrière une tenture, montre l’objet de sa déprime. Emma, sa femme si belle, est en train de danser avec Albert son frère de lait et leur connivence est manifeste.

Or, la ressemblance entre Othon, fruit des épousailles de Ludwig avec Emma, et Albert est criante, frappante. Si frappante qu’elle frappe également Karl de Hombourg. La suspicion est née dans l’esprit du comte de Godesberg à causes des insinuations de son cousin et conseiller Godefroy lequel aurait évoqué un possible cocufiage dont Othon serait issu. Karl ne peut qu’acquiescer, Othon étant la copie conforme d’Albert.

Ludwig, comte de Godesberg, décide donc d’envoyer Emma dans un couvent, tandis que le jeune Othon devra intégrer un monastère. Mais Karl n’est pas persuadé de l’adultère supposé d’Emma et provoque en duel Godefroy. Celui-ci, mortellement blessé, lui fait quelques confidences et se confesse auprès d’un prêtre avant de décéder. Le religieux apprend alors au comte de Godesberg qu’entre Emma et Albert, la connivence établie n’était pas celle d’amoureux transis, mais d’un frère et d’une sœur.

Aussitôt le landgrave décide qu’Emma et Othon réintègreront le château. Emma est mortifiée tandis qu’Othon a échappé aux gardes chargés de l’accompagner.

Othon, âgé environ de seize ans, rencontre au cours de ses pérégrinations dans les bois une bande d’archers qui se rendent à la fête de l’arc, comme tous les ans, organisée par le prince Adolphe de Clèves. Il démontre à ses nouveaux compagnons qu’il est expert dans le maniement de l’arc, accomplissant quelques exploits avec ses flèches. Et il se lie d’amitié avec quelques uns de ses nouveaux compagnons de route.

S’ensuivent quelques épisodes épiques dont la rencontre, dans un château en ruines, de fantômes, puis arrivé près du prince de Clèves, il s’éprend da la jeune fille du seigneur du lieu, Hélèna. Attirance réciproque. Mais il ne peut dévoiler son statut de jeune noble ce qui va l’handicaper dans sa conquête amoureuse, malgré de nouveaux exploits comme archer et combattant. Car Hélèna est fiancée, contre son gré au comte de Ravenstein.

Le chevalier au Cygne va-t-il pouvoir démêler un imbroglio d’apparence insoluble ?

 

Ce conte germanique publié pour la première fois dans le journal Le Siècle en 1838 fut recueilli en 1857 dans un recueil avec d’autres contes sous le titre de Contes pour les Petits. Les autres textes ayant été publiés dans le Monte-Cristo dans une série intitulée L’homme aux contes, dont le titre pourrait avoir été suggéré par Gérard de Nerval. Mais il semblerait que cette affirmation serait un hommage à son ami qui s’était suicidé en 1855.

Mais il est vrai également que Dumas, avant d’écrire ses pièces de théâtre, avait adapté en français des œuvres de Schiller, Andersen et Walter Scott. Et il n’est pas farfelu de penser qu’en écrivant Othon l’archer, Dumas ne se soit pas inspiré d’une histoire qu’il aurait aménagée à sa façon.

Quelle que soit l’origine de ce texte, Othon l’archer s’inscrit dans la veine romantique en exaltant certaines vertus indispensables mais avec un plongeon dans une aura quelque peu fantastique et guerrière.

La jalousie attisée par des insinuations, la fidélité battue en brèche par des allégations fallacieuses, déclenchent le départ aventureux d’Othon qui devra par ses seules qualités d’archer, d’adolescent courageux qui va conquérir le cœur de sa belle, tout en influant sur le comportement au départ négatif du prince de Clèves. Car il cache son statut de jeune noble prouvant que la valeur ne réside pas dans le fait qu’il est fils de comte mais dans son esprit entreprenant et courageux, allié à ses démonstrations d’habileté.

 

Vous pouvez télécharger gratuitement cet ouvrage et d’autres en vous rendant à l’adresse ci-dessous :

Autres chroniques sur des romans d’Alexandre Dumas :

 

Alexandre DUMAS : Othon l’archer. Collection L’Aube poche/Les Populaires. Editions de l’Aube. Parution le 21 juin 2007. 155 pages.

ISBN : 978-2752603555

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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 05:15

Giova Selly ! Elle se lit même très bien !

Giova SELLY : L’amour sans trucage.

Ils se connaissent depuis la cinquième, c’est-à-dire une éternité, puisque maintenant ils sont en classe de troisième.

Mais voilà, il faut qu’une petite peste, Karine, s’infiltre entre Romain et Emilie. Cela n’empêche pas Romain de découvrir que l’amitié qui le porte vers Emilie s’est transformée en un sentiment plus affectueux, plus complice, plus amoureux.

Les jeunes adolescents, afin de participer au concours lancé par le principal, décident de filmer la construction de la salle des fêtes de la petite ville. Muni du caméscope de son père, Romain filme la grue en train d’évoluer dans le ciel avec ses charges de parpaings, les ouvriers montant aux échafaudages, les diverses manipulations permettant d’ériger les murs. Les ouvriers du bâtiment les ont adoptés et cela leur facilite l’entrée du chantier.

Parfois la tension monte entre Karine et Romain, et Emilie compte les points, les sujets de fâcheries, les altercations. Cela ne va pas bien loin, il faut que chacun y mette du sien.

Les parents d’Emilie ont décidé deux ans auparavant de devenir famille d’accueil, et ce soir-là, quand elle rentre à la maison, elle découvre qu’un nouveau pensionnaire est installé. Youric, un exilé, un expatrié d’origine yougoslave, de son âge environ, qui parle français mais ne s’exprime pas. Il est mutique, tout au moins très réservé dans ses propos.

Toutefois il s’intéresse aux travaux d’Emilie et de Romain, lors du montage d’une partie du petit film qu’ils viennent de tourner sur le chantier. Il s’intéresse également au caméscope de Romain, posant des questions qui ne sont pas dénuées d’intérêt. D’autant qu’un groupe concurrent d’une autre classe de troisième a décidé de réaliser un reportage sur le même thème, dans le même décor.

Mais Youric devient la pierre dans le jardin amoureux de Romain, quant à Emilie elle tombe sous le charme du jeune réfugié. Mais la pierre peut faire trébucher : le caméscope disparait et naturellement ils ne sont pas loin de penser que Youric l’a volé.

 

Les adultes qui n’ont jamais été jeunes, qui sont passés brutalement du statut de bébé à celui de majeur plus ou moins responsable n’apprécieront pas forcément ce court roman “ romantique ″ à sa juste valeur. Mais ceux qui au contraire ont connu lors de leur adolescence ce genre d’amourette ne pourront que revisiter cet émoi non sans nostalgie, et se demander peut-être ce qu’est devenue la petite amie qui les faisait tant transpirer du cœur.

Alors ce ne pourrait n’être qu’une histoire banale d’amours juvéniles entachées de jalousie, justifiée ou non, car aimer c’est bien mais la réciproque n’est pas toujours rendez-vous.

Non cette histoire va plus loin, car elle s’insère dans la grande Histoire par la petite porte. Celle qui met en scène la guerre entre ethnies qui composaient la Yougoslavie, pays il est vrai construit de bric et de broc, et les soubresauts qui ont amené à son démantèlement non sans ravages. Le petit plus qui apporte la touche d’humanisme indispensable dans une romance.

 

Giova SELLY : L’amour sans trucage. Collection Toi+Moi = Cœur N°16. Collection Pocket Junior N°780. Editions Pocket Jeunesse. Parution le 7 février 2002. 120 pages.

ISBN : 978-2266115193

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2 décembre 2018 7 02 /12 /décembre /2018 04:28

Deux Dumas méconnus !

Alexandre DUMAS : Le Sphinx rouge suivi de La Colombe.

Initialement intitulé Le Comte de Moret, Le Sphinx rouge fut publié pour la première fois en feuilleton dans Les Nouvelles en 1865. La première version intégrale en volume fut éditée dans la collection Marabout Roman, aux éditions Gérard en 1960 sous son nouveau titre, qui est plus conforme au contenu du roman.

Si ce volume comporte en outre une longue nouvelle, La Colombe, c’est parce qu’elle reprend deux personnages du Sphinx rouge, le Comte de Moret et Isabelle de Lautrec. Or cette nouvelle fut publiée en 1850 et donc antérieure au Sphinx rouge, mais l’action se situe quelques années après la fin du Comte de Moret. Il s’agit donc d’une suite anticipée et les deux textes peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre sans que cela nuise à la lecture.

Toutefois, désirant me mettre dans la peau et la tête du lecteur à l’époque de la parution de ces deux romans, j’ai lu en premier La Colombe puis j’ai continué par Le Sphinx rouge. Ce qui ne m’a pas du tout perturbé, comme ces romans qui narrent un épisode de la saga d’un héros en cours d’existence puis la série connaissant du succès, un roman dit des origines est rédigé afin de mieux cerner le ou les personnages. Mais ce n’est qu’un choix personnel.

 

La Colombe :

Dans ce roman épistolaire, le lecteur ne sait pas quelle est l’identité des deux correspondants. Cela sera dévoila au fil des échanges, expéditions et réceptions des missives qui sont acheminées par une colombe.

Le scripteur masculin, qui se révèlera être le Comte de Moret, remet en liberté une colombe qu’il a recueillie, plaçant sous son aile un billet, daté du 5 mai 1637, destiné au légitime propriétaire du volatile.

Quelques jours plus tard, par la même messagère, il reçoit une missive de remerciements, mandant dans quelles conditions cette colombe prénommée Iris est parvenue jusqu’à lui. Et comme Iris se morfond apparemment de son sauveteur, elle l’a renvoie avec la réponse à ce message, espérant qu’une liaison épistolaire puisse s’établir dans la durée.

Et c’est ainsi qu’au fur et à mesure des échanges des révélations sont effectuées par les deux épistoliers qui se rendent compte que non seulement ils sont éloignés de quelques dizaines de lieux, qu’ils sont tous deux dans un couvent en attendant de prononcer leurs vœux mais qu’ils se connaissent.

Ils s’aimaient mais les événements, qui sont décrits, les ont séparés, et ils souhaitent ardemment se retrouver et pouvoir s’aimer au grand jour. Seulement… Eh oui, il y a un seulement car le jour de la prononciation des vœux du comte de Moret est proche, et Isabelle de Lautrec ne sait si elle parviendra à temps et si elle-même pourra être relevée de son engagement.

Les événements décrits dans cet échange de missives se sont déroulés cinq ans auparavant et donc quatre ans après l’épisode au cours de laquelle ils se sont connus.

Un roman d’amour charmant et épistolaire, dont le suspense est toujours entretenu et qui aurait pu être écrit en collaboration avec la comtesse Dash, selon le site Dumas père.

 

Le début de l’intrigue historique du Sphinx rouge se déroule le 5 décembre 1628, soit quatre jours après le retour du cardinal de Richelieu, siège de La Rochelle qui a fait l’objet d’un des épisodes du roman d’Alexandre Dumas Les Trois Mousquetaires, ce que ne manque pas de rappeler l’auteur.

La première a pour décor l’auberge de La Barbe peinte, rue de l’Homme-Armé, à Paris (actuellement une partie de la rue des Archives). Un homme est allongé sur un banc en bois attendant de trouver de l’argent pour régler ses dépenses à son hôtelier. Il s’agit d’Etienne Lathil, homme de main, sbire, spadassin, prêt à donner de sa personne lors de duels et même à suppléer le cas échéant l’offensé.

Surgissent trois hommes qui veulent lui confier une mission contre une forte somme d’argent, des pistoles qui lui permettraient de vivre durant quelques semaines et rembourser ses dettes auprès de l’aubergiste. Seulement il refuse, car l’homme qu’il doit combattre n’est autre que le comte de Moret, fils naturel d’Henri IV et de Jacqueline du Bueil. S’attaquer à la personne sacrée d’un fils du défunt roi Henri IV n’entre pas dans ses projets, dans sa morale pourtant élastique. S’engage alors un combat au cours duquel il est blessé grièvement, les agresseurs s’enfuyant en le laissant sur le sol de l’auberge. Mais ses trois offenseurs en viennent eux-mêmes aux mains, ou plutôt à la pointe de l’épée à cause d’un malentendu amoureux. Et l’un d’entre eux, sinon tous plus ou moins, sont proches du cardinal de Richelieu, pour des raisons dont il a le secret.

En parlant de secret, découvrons le comte de Moret, qui lors de cet incident, se trouvait dans une des chambres de l’auberge, en compagnie de Madame de Fargis, l’une des dames d’honneur de la reine Anne d’Autriche, à qui elle a été présentée par la reine mère Marie de Médicis. Le comte de Moret revient d’Italie et il est chargé de remettre trois lettres aux deux reines. Il se rend au Louvre et est convoyé dans le dédale des couloirs par une jeune personne dont il tombe tout de suite amoureux, alors qu’il est déjà l’amant de deux autres attitrées de la cour. Il s’agit d’Isabelle de Lautrec, qui alors n’a que seize ans, mais qui elle aussi ressent plus que de la sympathie envers ce jeune homme.

C’est ainsi que nous faisons la connaissance de ces deux protagonistes qui figuraient dans la Colombe mais qui n’apparaissent qu’épisodiquement dans ce roman. Car tout est axé sur le cardinal Armand Duplessis, duc de Richelieu, lequel est au centre d’une conspiration menée par la reine mère, la reine Anne d’Autriche et Gaston d’Orléans, le frère de Louis XIII et quelques autres favoris qui n’apprécient pas la prépondérance du ministre auprès du roi.

Se greffe alors l’épisode tragique de l’assassinat du roi Henri IV, le 14 mai 1610, par un fanatique charentais, François Ravaillac. Une scène bien connue des écoliers mais qui garde toujours une partie de son mystère, et dont les historiens abordent des solutions, souvent logiques mais laissent planer le doute. Ravaillac se serait confié avant d’être exécuté à une personne qui aurait consigné ses révélations sur une lettre. Depuis la dépositaire de cette missive est gardée au secret dans une geôle d’un couvent, survivant depuis dix-huit ans de pain sec et d’eau, dans des conditions insalubres. La lettre n’a jamais été retrouvée, et Richelieu met tout en œuvre pour délivrer cette femme et connaître le fin fond du drame afin de pouvoir avoir prise sur les deux reines et leurs partisans, et en informer, si besoin est Louis XIII.

 

De nombreux critiques littéraires et historiens sont unanimes lorsqu’ils déclarent qu’Alexandre Dumas détournait l’histoire de France dans ces romans. Le fait est que si le Comte de Moret a réellement existé, de même que la plupart des protagonistes de ce roman, il n’est pas présenté tout à fait comme il le fut et des zones d’ombres entourent sa mort.

Ce roman fourmille d’anecdotes, de retours sur le passé, d’explications nécessaires à la bonne compréhension du récit et l’analyse des personnages évoluant dans un contexte de suspicions et des événements qui se sont déroulés des décennies auparavant.

Comme nous avons la prétention que nos livres deviennent, sinon de notre vivant, du moins après notre mort, des livres de bibliothèques, nous demanderons à nos lecteurs de leur faire passer sous les yeux au commencement de ce chapitre une revue de la situation de l’Europe, revue nécessaire au frontispice de notre seconde partie et qui, rétrospectivement, ne sera point inutile à l’intelligence de la première.

 

Et Alexandre Dumas justifie quelque peu ce que l’on a appelé des distorsions historiques en ces termes :

L’histoire est curieuse et mérite que nous ouvrions une parenthèse pour la raconter, cette parenthèse dut-elle être un peu longue. Il n’y a pas de mal d’ailleurs que l’on apprenne chez les romanciers certains détails qu’oublient de raconter les historiens, soit qu’ils les jugent indignes de l’histoire, soit que probablement ils les ignorent eux-mêmes.

Il aurait pu ajouter que l’on peut parfois douter de l’impartialité de certains historiens surtout du vivant de ceux qu’ils encensent ou au contraire dénigrent pour des raisons politiques.

 

Louis XIII est montré comme un personnage ennuyeux, triste, effacé, mais il possède ses raisons pour se conduire ainsi. La reine mère, Marie de Médicis, et la reine Anne d’Autriche sont décrites comme des intrigantes, aidées en cela par des proches tout acquis à leur cause, mais également par jalousie.

Mais le personnage principal, autour duquel tourne toute l’intrigue, est bien ce cardinal de Richelieu, qui grâce à de nombreux indicateurs, est au courant de tout, ou presque, ce qui se trame en cachette. C’est un joueur d’échecs qui parfois a des doutes sur le placement de ses pions, sur les tactiques à envisager, mais qui ne se laisse jamais débordé. Si dans les Trois Mousquetaires, la reine Anne d’Autriche était dessinée à son avantage et le cardinal comme un homme implacable et parfois antipathique, ici c’est tout le contraire, déjouant les intrigues et les complots de la cour. Il aide Louis XIII a s’affirmer en tant qu’homme et roi.

Ce dialogue entre le comte de Moret et la duchesse de Chevreuse est assez explicite à ce sujet :

Ah ! que vous êtes bien le fils – légitime s’il en fut – de Henri IV ; tous les autres ne sont que des bâtards.

Même mon frère Louis XIII ? dit en riant le comte.

Surtout votre frère Louis XIII, que Dieu garde ! Que n’a-t-il un peu de votre sang dans les veines !

Nous ne sommes pas de la même mère, duchesse.

Et, qui sait, peut-être pas du même père non plus.

 

Et au détour des pages on retrouvera des personnages qui n’influent guère sur le récit mais feront parler d’eux, Marion Delorme en tant que courtisane, maîtresse du marquis de Cinq-Mars et de Richelieu selon des historiens, et Pierre Corneille, qui débutait comme auteur de pièces de théâtre et qui, dans le récit, aide Richelieu en compagnie de quelques autres poètes, à écrire une tragédie en cinq actes dont il a ébauché quelques scènes et écrit une partie des dialogues : Mirame. Un aspect méconnu du ministre de Louis XIII.

Edition Marabout Géant n°42.

Edition Marabout Géant n°42.

Alexandre DUMAS : Le Sphinx rouge suivi de La Colombe. Editions du Cherche-Midi. Parution le 11 octobre 2018. 720 pages. 22,00€.

ISBN : 978-2749159072

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2 novembre 2018 5 02 /11 /novembre /2018 06:07

Elles ne le sont pas toutes ! Heureusement ?

Pierre Alexis PONSON du TERRAIL : La femme immortelle.

Ce roman, publié en 1869 ou 1870 selon certains, tandis que d’autres affirment qu’il aurait été édité en 1852, les dates divergent, est une amusante incursion dans le fantastique vampiresque et historique puisque l’action se déroule durant la Régence de Philippe d’Orléans, qui suppléa le jeune roi Louis XV qui n’avait que cinq à la mort de son père le Roi Soleil. Cette transition historique servit de support à de nombreux romans de cape et d’épée, dont le plus connu peut-être est Le Bossu de Paul Féval, dont le début de l’intrigue se déroule avec les soubresauts du système financier imaginé et instauré par le banquier Law.

Comme tous les soirs, le Régent Philippe d’Orléans a convié à sa table quelques fidèles et favoris. Parmi les présents, le Cardinal Dubois, qui a invité un de ses parents éloignés, le marquis de La Roche-Maubert, qui arrive juste de sa Normandie. Mais un couvert attend un autre convive. Le chevalier d’Esparron, qui a disparu depuis quatre mois. On est sans nouvelle du jeune gentilhomme et les questions vont bon train. On sait qu’il avait reçu une missive émanant d’une femme, le parfum qui se dégageait de cette lettre ôtant les doutes, lui donnant rendez-vous de nuit au bord de l’eau sur l’ancien emplacement de la Tour de Nesles.

La police s’était renseignée et selon les sources, quelques précisions avaient été obtenues. Il se serait rendu dans un cabaret dénommé à la Pomme d’or, tenu par la femme Niolle. Selon la cabaretière, une femme portant un loup et arrivant par barque aurait soupé avec le chevalier puis ils auraient pris une chambre. Pendant ce temps les deux mariniers, masqués également, auraient attendu dans l’embarcation. Au petit matin, l’inconnue serait repartie par voie d’eau laissant d’Esparron dormir. Curieuse l’aubergiste était allée voir dans la chambre et avait aperçu d’Esparron avec au cou comme une piqûre d’épingle. Le soir même la femme était revenue, avait soupé avec le chevalier puis ils étaient repartis ensemble.

La narration de cet épisode remémore quelques souvenirs au marquis de la Roche-Maubert. Quarante-cinq ans auparavant la même mésaventure lui serait arrivée. Mésaventure qu’il narre aux convives ébahis. Après avoir été entraîné, les yeux bandés, au fil de l’eau et amené dans un endroit secret, probablement sous terre dans une salle luxueuse, il avait été nourri et désaltéré de mets et vins fins, puis s’était endormi. A son réveil, il avait ressenti une petite coupure au cou. La femme lui avait confié que c’était une épingle de sa broche qui l’avait effleuré puis déclaré qu’elle avait bu son sang. Elle était plus vieille que son physique charmant le laissait supposer car elle avait affirmé qu’elle avait connu le roi Henri IV.

Il s’agissait pour elle de recueillir du sang afin de devenir immortelle et de transformer ce liquide en or. Convaincue de sorcellerie, elle avait été jugée et brûlée sur un bûcher. Il ne restait plus des cendres quelques heures plus tard.

C’est alors que d’Esparron se présente, comme si de rien n’était et s’installe à table. Il porte au cou comme une petite blessure mais il démontre rapidement que c’est lui-même qui se fait des ponctions à l’aide d’une lancette.

Mais le mythe de la femme immortelle, revenant quarante-cinq ans plus tard et commettant les mêmes méfaits, est lancé. De nombreux protagonistes sont sur ses traces, des policiers, des ennemis, mais des amis également, heureusement pour elle.

 

De nombreux personnages évoluent dans ce roman dense, compact, dont Castirac, jeune chevalier gascon dont l’aspect physique et plus particulièrement son nez n’est pas sans rappeler Cyrano de Bergerac, personnage créé par Edmond Rostand en 1897. D’autres personnages font leur apparition au cours de l’histoire, tel le prince margrave de Lansbourg-Nassau, riche noble apparenté à la famille royale de l’empire germanique. Des femmes, jeunes ou non, belles ou non, avenantes ou véritables mégères damnent le pion à bien des personnages masculins, Ponson du Terrail ne se montrant nullement machiste. Et naturellement cette fameuse femme immortelle qui a traversé les siècles sans aucun dommage physique. Mais il faut se méfier des apparences.

Ponson du Terrail nous entraîne dans une histoire vampiresque d’inspiration fantastique dont tout est révélé à la fin de façon rationnelle, sauf le thème de l’alchimie qui perdure et donne du sel à l’histoire.

Et nous sommes plongés dans une histoire véritablement « rocambolesque » avec de très nombreux rebondissements, des pérégrinations sous la Seine, et des retours en arrière, naviguant allègrement l’époque au cours de laquelle se déroulent l’histoire et sa genèse quarante-cinq ans auparavant, de la romance amoureuse aussi.

Malgré ce que l’on pourrait croire, ce roman n’est pas un fouillis mais une intrigue extrêmement maîtrisée, aux imbrications machiavéliques, et l’auteur retombe sur ses pieds à chaque fois, reprenant le fil du récit bien des chapitres après qu’une action se soit déroulée.

Nonobstant toutes les critiques négatives que l’on lire ici et là concernant Ponson du Terrail et ses fameuses incohérences, je n’ai trouvé dans le récit aucune de ces petites phrases ou descriptions incohérentes dont il serait coutumier à en croire certains. Surtout sachant que l’auteur travaillait sur plusieurs histoires à la fois, qu’il ne se relisait pas et fournissait jour après jour, donc sans correction possible, ses feuilletons.

 

Pierre Alexis PONSON du TERRAIL : La femme immortelle. Collection L’Aube Poche Littérature. Editions de l’Aube. Parution 20 octobre 2016. 472 pages. 14,00€.

ISBN : 978-2815920124

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