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31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 05:00

Oh, oh, oh, jolie poupée…

André DUCHÂTEAU : La vieille dame à la poupée.

A plus de X ans, par courtoisie on ne dévoile pas l’âge d’une dame, Elisabeth Grovisse joue encore à la poupée.

Ce n’est pas un signe de sénilité ou d’infantilisme de sa part, non, non ! D’abord elle est collectionneuse et son engouement pour ces jouets de collection l’amène à écumer les salles de vente spécialisées.

De plus, elle s’amuse à faire enrager sa famille, sa sœur, ses enfants, gendres et petits-enfants, qui la pressent de passer la main. Jouer à la poupée est un aimable divertissement mais ce n’est pas son occupation première.

Directrice et principale actionnaire du journal hebdomadaire Tout fondé par son mari, elle refuse de vendre à un important groupe de presse allemand ce qui constitue son patrimoine et sa légitime fierté.

Elle restera propriétaire quoi qu’il arrive, malgré les pressions exercées par son entourage familial ou ses principaux concurrents.

Et puisqu’elle rejette systématiquement toutes les propositions qui lui sont faites, les petites tracasseries, les tourments, les tentatives pour l’effrayer se multiplient.

Elisabeth se décide à engager un détective privé, Max Ruitter, mais l’enquête de celui-ci semble précipiter les événements. Lui-même est pris à partie par un mystérieux inconnu.

 

André-Paul Duchâteau, s’il est surtout connu par ses scénarios de bandes dessinées en compagnie de son compère Tibet, principalement pour la série Ric Hochet, est également un très bon auteur de romans policiers.

Il a débuté en littérature en 1942 avec un roman intitulé Meurtre pour meurtre paru dans la collection Le Jury dirigée par Stanislas André Steeman.

Mais si son œuvre romanesque est quelque peu occultée par le personnage de Ric Hochet, il ne faut oublier qu’André-Paul Duchâteau a obtenu le Grand prix de littérature policière en 1973 pour de Cinq à sept avec la mort.

 

André DUCHÂTEAU : La vieille dame à la poupée. Collection Les Maîtres de la Littérature policière. Editions du Rocher. Parution 1er juin 1989. 212 pages.

ISBN : 978-2268007953

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27 octobre 2019 7 27 /10 /octobre /2019 05:29

Araignée du matin, chagrin.

Araignée du soir, espoir ?

Sophie SCHALLINGHER : L’amour venin.

Amélie, une petite fille de cinq ans, aimerait posséder un animal, un chien par exemple. Mais elle se heurte au refus de sa mère, un refus qu’elle ne comprend pas. Tant pis.

Puisque c’est ainsi, elle va recueillir une pauvre araignée blessée et en fera son animal de compagnie. Une araignée toute noire, douce et velue, avec une tache rouge en forme de cœur, qu’elle baptise Nellie.

Ce que ne sait pas Amélie, et comment pourrait-elle le savoir à son âge ? c’est que sa nouvelle compagne de jeux s’est échappée d’un laboratoire et qu’elle est dangereuse. Sa morsure est mortelle. Une mort sûre.

Entre Amélie et Nellie s’établit comme une sorte de complicité.

Amélie nourrit l’araignée, en échange celle-ci la protège des agressions extérieures.

 

L’Amour venin est un roman dans lequel le suspense est savamment entretenu et la montée de l’angoisse se fait progressivement.

Un roman qui n’est pas sans rappeler Stephen King mais dans lequel l’horreur est décrite d’une façon plus émotive.

Entre Amélie et sa mère règne un antagonisme larvé qui peu à peu se développe, se renforce, surtout du côté de la fillette, et qui déclenche toute une série de drames.

Amélie, petite fille excessive, obstinée, coléreuse, délurée, trop mûre pour son âge, caractérielle presque. Une petite fille à la personnalité affirmée, trop affirmée, au caractère entier.

Ses élans de tendresse sont rares et accueillis par sa mère comme des bouées de sauvetage sur une mer déchaînée.

Un roman dense, extrêmement bouleversant, poignant, les confrontations entre Amélie et sa mère prenant souvent le dessus sur le rôle tenu par Nellie l’araignée.

Nellie qui devient le catalyseur et le prétexte de l’opposition de plus en plus déclarée, de plus en plus forte, de plus en plus exacerbée entre l’enfant et l’adulte.

Un suspense empreint d’émotion pour un premier roman particulièrement réussi. Et qui a obtenu, ce qui n’est que justice, le Prix du Suspense français 1989.

Réédition 26 mai 1998.

Réédition 26 mai 1998.

Sophie SCHALLINGHER : L’amour venin.

Sophie SCHALLINGHER : L’amour venin. Editions du Rocher. Parution 1er novembre 1989. 380 pages.

ISBN : 978-2268007861

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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 04:24

Mais ce n’est pas une épure…

Sonja DELZONGLE : Le hameau des Purs.

Heureux qui, comme l’Oncle Paul, a fait un beau voyage dans l’univers littéraire tortueux du Hameau des Purs sous la houlette du guide Sonia Delzongle.

En effet l’intrigue emprunte des chemins sinueux, jalonné de chausse-trappes, de bifurcations, de ronds-points, de panneaux indicateurs signalant des retours en arrière, et autres vicissitudes vicinales propres à égarer le lecteur. Mais celui-ci, un peu obstiné comme tout lecteur friand de découvertes, prend des repères et arrive au bout de l’ouvrage tout en se demandant toutefois s’il ne s’est pas un temps fourvoyé.

Si je devais employer une métaphore mobilière pour décrire ce roman, je dirais qu’il s’agit d’un meuble à multiples tiroirs. Mais attention, pas du meuble industriel suédois, à monter soi-même, recouvert d’une feuille de papier plastique qui retient les particules de sapin, et qui s’effondre à la première secousse. Non ! Mais d’un meuble conçu et fabriqué par un ébéniste qui utilise du bois noble, le peaufine en élaborant des circonvolutions à l’aide de gouges de tailles différentes et le recouvre de marqueterie.

Par exemple par un André-Charles Boulle, un Charles Spindler, ou un Pierre Golle. Du massif qui s’avère léger, avec des tiroirs apparents, des fonds secrets, des caches, qui recèlent toutes sortes de babioles et d’objets qui s’apparentent à des cadavres dans un placard.

 

Si je me suis servi de cette image sylvestre, c’est bien parce que la forêt en est l’un des décors plantés au fin fond d’une campagne dans laquelle se niche un hameau. Le Hameau des Purs, une congrégation qui ressemble à celle des Amish. Une communauté qui vit quasiment en autarcie, ne fréquentant pas les villageois établis à quelques kilomètres du hameau, et qui ne sont pas assujettit à de petits plaisir modernes, tels que phonographe, radio, et autres bricoles pouvant les rattacher à un monde moderne considéré comme pervers. Ils sont vêtus à l’ancienne, les femmes de robes longues, grises, ternes, les hommes de chemises à carreaux, le chef recouvert de chapeaux à larges rebords. Et ils se déplacent à bord de carrioles, toujours en groupe, comme pour se protéger d’éventuelles agressions.

La petite Audrey est amenée durant les vacances par ses parents. Le père, natif du hameau, s’est émancipé mais devenu avocat aide parfois les Purs dans leurs démêlés. Audrey vit entourée durant ces périodes avec Ma Grimaud et Abel, ses grands-parents. Elle fréquente, malgré que celui-ci ne fasse pas vraiment partie de la communauté, le Gars, Léman de son prénom. Il vit chez sa grand-mère, la Crochue, de rapines, braconne, et a pour compagnon un corbeau et est affublé d’un bec-de-lièvre. Il possède une technique rapide et impitoyable pour dépiauter les lapins et autres bêtes à fourrure qu’il attrape au collet. Cette inclination n’est pas du goût de tous, mais Audrey est une gamine indépendante. Elle fréquente aussi parfois Gauvain, un autiste, ou Isobel, une sourde et muette dont les parents bientôt interdiront toute visite de la part d’Audrey.

 

Quelques années plus tard, Audrey devenue journaliste, retourne sur ce lieu qui est le théâtre d’un double drame. L’Empailleur continue à perpétrer ses méfaits, à dates régulières. Le cadavre d’un individu est retrouvé vidé de ses entrailles, de ses os, et l’enveloppe humaine, bourrée de pierres et de mousses, est recousu, telle une peluche. Des habitations du hameau ont été incendiées et dans les décombres ont été retrouvés sept corps dont l’identification est difficile à établir. Elle enquête pour le compte de son journal, malgré sa réticence à revenir sur les lieux qui ont marqué son enfance, en compagnie de l’inspecteur Frank Tiberge et de son adjoint Lagarde.

Ce retour aux sources fait resurgir toute une époque avec son lot de frayeur, de peur, de frissons, de petites joies indicibles dont le chat Dickens qui se couchait avec elle le soir lui réchauffant les pieds. Des interrogations aussi avec l’accident qui s’est produit au lieu-dit de La Femme Morte, et surtout la découverte d’un album-photos, d’une lettre en provenance d’Israël, et les révélations parcimonieuses de Ma Grimaud. Et surtout du docteur Bonnaventure, un Noir intransigeant, désagréable, qui n’accepte aucune compromission.

Et la mort rôde, s’infiltrant insidieusement dans l’esprit de la gamine, la hantant au point que « Depuis que j’avais appris qu’on pouvait mourir de rire, je ne riais plus ».

Les tiroirs s’ouvrent et se referment, dévoilant peu à peu les secrets qui se nichent dans les recoins, mais le fouillis indescriptible réside bien dans les caissons du bas, où tout est mélangé, emmêlé. Un embrouillamini qui s’éclaircit peu à peu tout en gardant quelques zones d’ombre. Un épilogue qui explique tout, ou presque car l’auteur joue finement avec les miroirs qui se reflètent les uns dans les autres, découvrant des pans d’histoire, invisibles au départ et qui à nouveau rentrent dans l’ombre au profit d’autres, au fur et à mesure que le lecteur approche du mot fin (qui d’ailleurs n’est pas imprimé).

Un roman qui flirte avec le fantastique, comme lorsque l’on tente d’explorer la psychologie de personnages vivant en marge de la société. Un roman prenant, que l’on ne peut lâcher avant de tourner la dernière page, et bizarrement, moi qui suis pour les romans courts, j’aurais aimé que l’histoire continua.

 

Première édition : Editions Cogito. Parution Février 2011. 380 pages.

Première édition : Editions Cogito. Parution Février 2011. 380 pages.

Sonja DELZONGLE : Le hameau des Purs. Folio Policiers N°897. Editions Folio. Parution 17 octobre 2019. 368 pages. 7,90€.

ISBN : 9782072864018

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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 06:56

Et ils se cachent pour mourir ?

Frédéric DARD : Puisque les oiseaux meurent

Tranquillement installé dans son jardin, allongé sur une chaise longue, offrant au soleil de juin son visage, Laurent s’abandonne à laisser ses idées vagabonder. Il écoute les oiseaux pépier, piailler, chanter, s’ébrouer dans les ramures des arbres.

Il est tiré de son inconscience par Martine, sa maîtresse en titre, qui va passer quelques jours avec lui à Villennes, en banlieue parisienne. Lucienne, la femme de Laurent, une chanteuse aux nombreux succès discographiques, est en tournée et donc Laurent peut bénéficier d’une paix conjugale relative. Elle ne l’a jamais sermonné, mais il pense qu’elle sait qu’il a connu plusieurs liaisons après leur mariage. Comme une entente tacite.

Le téléphone sonne. Il pleure même. La gendarmerie de Lisieux annonce à Laurent que sa femme Lucienne Cassandre vient d’avoir un accident. Elle a été transportée à la clinique Sainte Thérèse. Le mieux serait que Laurent se rende sur place. Dernière petite précision : le monsieur qui l’accompagnait est décédé.

Laurent se rend à Lisieux où il obtient auprès d’un gendarme des précisions complémentaires. Et surtout de la part du chirurgien de la clinique qui lui révèle que sa femme a été touchée au foie et qu’elle est en sursit. Deux ou trois jours peut-être. Au téléphone, Bardin, l’imprésario de la chanteuse, signale qu’elle n’avait aucun gala de prévu. Ni à Angers ni à Caen.

Martine a accompagné Laurent à Lisieux et elle rentre à Villennes en tant qu’aide-soignante de la blessée. Le temps que Laurent, muni du nom du défunt, se rende près de Caen où l’homme était propriétaire d’un haras. Le père confirme que Lucienne venait assez régulièrement. Et il retrouve même posé sur un meuble un objet appartenant à sa femme.

Puis il rentre chez lui. Il est intrigué par le manège d’un oiseau, un verdier qui s’introduit dans la chambre conjugale où repose la survivante. La jalousie le taraude et il découvre qu’il aimait sa femme. Il en veut à Martine de rester à ses côtés et dans le même temps, il est content qu’elle le soutienne dans son malheur.

Seulement Lucienne, qui émerge tout doucement de son coma, ne veut pas que Laurent chasse ce volatile. Elle l’appelle même Doudou, diminutif du prénom de son amant supposé, Edouard. Pourtant elle nie avoir eu des relations avec le propriétaire du haras, avouant toutefois l’avoir rencontré afin d’acheter un cheval pour son mari.

 

La première partie de ce roman est consacrée à l’arrivée de Martine, l’annonce de l’accident de Lucienne puis aux différentes démarches effectuées par Laurent mais surtout pourrait être catalogué comme un roman sentimental. La seconde partie, au contraire, s’ancre dans un registre fantastique avec la présence de cet oiseau qui envahit la chambre et perturbe Laurent.

Mais cette perturbation n’est-elle pas engendrée par la jalousie ressentie par Laurent avec l’annonce de la mort du passager dans la voiture. Laurent est persuadé que Lucienne le trompait alors que lui ne s’est jamais gêné pour donner des coups de canif dans le contrat de mariage.

Une disposition de l’esprit favorable à des interprétations qui ne sont que des fabulations ? Reporte-t-il sur cet oiseau qui l’importune cette jalousie et ne se forge-t-il pas des idées sur une relation qui serait inexistante ?

Soin est donné au lecteur de bâtir sa propre conception de ses quelques heures au cours desquelles Lucienne sort de son coma et tient tête à son mari, défendant la présence de Doudou, alors que lui est perturbé et s’adonne à la boisson.

Le remords le ronge-t-il vraiment ou n’est-ce qu’un excès de jalousie lui insufflant des pensées négatives ?

 

Première édition : Collection Spécial Police N°241. Parution 1960.

Première édition : Collection Spécial Police N°241. Parution 1960.

Réédition Presses Pocket N°799. Parution 15 octobre 1970.

Réédition Presses Pocket N°799. Parution 15 octobre 1970.

Frédéric DARD : Puisque les oiseaux meurent. Editions Pocket. Parution 10 octobre 2019. 192 pages. 6,70€.

ISBN : 978-2266296663

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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 06:56

Et ils se cachent pour mourir ?

Frédéric DARD : Puisque les oiseaux meurent

Tranquillement installé dans son jardin, allongé sur une chaise longue, offrant au soleil de juin son visage, Laurent s’abandonne à laisser ses idées vagabonder. Il écoute les oiseaux pépier, piailler, chanter, s’ébrouer dans les ramures des arbres.

Il est tiré de son inconscience par Martine, sa maîtresse en titre, qui va passer quelques jours avec lui à Villennes, en banlieue parisienne. Lucienne, la femme de Laurent, une chanteuse aux nombreux succès discographiques, est en tournée et donc Laurent peut bénéficier d’une paix conjugale relative. Elle ne l’a jamais sermonné, mais il pense qu’elle sait qu’il a connu plusieurs liaisons après leur mariage. Comme une entente tacite.

Le téléphone sonne. Il pleure même. La gendarmerie de Lisieux annonce à Laurent que sa femme Lucienne Cassandre vient d’avoir un accident. Elle a été transportée à la clinique Sainte Thérèse. Le mieux serait que Laurent se rende sur place. Dernière petite précision : le monsieur qui l’accompagnait est décédé.

Laurent se rend à Lisieux où il obtient auprès d’un gendarme des précisions complémentaires. Et surtout de la part du chirurgien de la clinique qui lui révèle que sa femme a été touchée au foie et qu’elle est en sursit. Deux ou trois jours peut-être. Au téléphone, Bardin, l’imprésario de la chanteuse, signale qu’elle n’avait aucun gala de prévu. Ni à Angers ni à Caen.

Martine a accompagné Laurent à Lisieux et elle rentre à Villennes en tant qu’aide-soignante de la blessée. Le temps que Laurent, muni du nom du défunt, se rende près de Caen où l’homme était propriétaire d’un haras. Le père confirme que Lucienne venait assez régulièrement. Et il retrouve même posé sur un meuble un objet appartenant à sa femme.

Puis il rentre chez lui. Il est intrigué par le manège d’un oiseau, un verdier qui s’introduit dans la chambre conjugale où repose la survivante. La jalousie le taraude et il découvre qu’il aimait sa femme. Il en veut à Martine de rester à ses côtés et dans le même temps, il est content qu’elle le soutienne dans son malheur.

Seulement Lucienne, qui émerge tout doucement de son coma, ne veut pas que Laurent chasse ce volatile. Elle l’appelle même Doudou, diminutif du prénom de son amant supposé, Edouard. Pourtant elle nie avoir eu des relations avec le propriétaire du haras, avouant toutefois l’avoir rencontré afin d’acheter un cheval pour son mari.

 

La première partie de ce roman est consacrée à l’arrivée de Martine, l’annonce de l’accident de Lucienne puis aux différentes démarches effectuées par Laurent mais surtout pourrait être catalogué comme un roman sentimental. La seconde partie, au contraire, s’ancre dans un registre fantastique avec la présence de cet oiseau qui envahit la chambre et perturbe Laurent.

Mais cette perturbation n’est-elle pas engendrée par la jalousie ressentie par Laurent avec l’annonce de la mort du passager dans la voiture. Laurent est persuadé que Lucienne le trompait alors que lui ne s’est jamais gêné pour donner des coups de canif dans le contrat de mariage.

Une disposition de l’esprit favorable à des interprétations qui ne sont que des fabulations ? Reporte-t-il sur cet oiseau qui l’importune cette jalousie et ne se forge-t-il pas des idées sur une relation qui serait inexistante ?

Soin est donné au lecteur de bâtir sa propre conception de ses quelques heures au cours desquelles Lucienne sort de son coma et tient tête à son mari, défendant la présence de Doudou, alors que lui est perturbé et s’adonne à la boisson.

Le remords le ronge-t-il vraiment ou n’est-ce qu’un excès de jalousie lui insufflant des pensées négatives ?

 

Première édition : Collection Spécial Police N°241. Parution 1960.

Première édition : Collection Spécial Police N°241. Parution 1960.

Réédition Presses Pocket N°799. Parution 15 octobre 1970.

Réédition Presses Pocket N°799. Parution 15 octobre 1970.

Frédéric DARD : Puisque les oiseaux meurent. Editions Pocket. Parution 10 octobre 2019. 192 pages. 6,70€.

ISBN : 978-2266296663

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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 04:26

Grand prix de littérature policière 1990.

Hervé JAOUEN : Hôpital Souterrain.

Pierre devenu notaire un peu par accident est un être sensible, rêveur, dont les pensées dérapent à tout propos, souvent dans un sens pessimiste.

C’est un fabulateur introverti, extrapolant les événements, vivant à la limite de la paranoïa, grossissant les petits faits qui peuvent aussi bien survenir à sa famille qu'à lui-même.

Isabelle, sa femme, se révèle quant à elle plus sensée, les pieds sur terre, quoique son caractère de cochon, ses manières et ses paroles agressives, laissent transparaître une vulgarité provocatrice et une acrimonie indisposant son entourage.

D'ailleurs Angeline, leur petite fille de sept ans, se réfugie plus volontiers sous l'aile protectrice paternelle. Elle se sent plus en confiance, plus rassurée, plus écoutée, plus proche de son père que de sa mère qui ne lui ménage pas les rebuffades.

Lors d’une visite guidée du fameux hôpital souterrain de Jersey, un hôpital militaire nazi construit par des prisonniers russes lors de la seconde guerre mondiale, Angeline disparaît. Malgré les recherches entreprises aussit8t, nulle trace de la petite fille. Plusieurs thèses sont avancées: enlèvement, accident, sorcellerie, mais aucun fait saillant ne permet de retenir l'une ou l'autre de ses suppositions.

 

Pour Hervé Jaouen qui, à partir d'un fait divers authentique mais transposé, a construit ce roman, c'est l'occasion de mettre en scène le naufrage de cette famille, de la mésentente chronique entre le père et la mère, du constat d'échec qui couvait depuis des années.

Dans une atmosphère parfois onirique, fantastique ou sordide, ce drame d'un couple qui se déchire s'exacerbe au fil des pages, l'épilogue émouvant dans sa simplicité est grandiose dans l'horreur.

Hervé Jaouen est un spécialiste du roman noir contemporain, rappelez-vous Coup de chaleur, La mariée rouge ou encore La chasse au merle, ses premiers romans.

Mais dans ce roman cette noirceur est parfois tempérée par un petit côté fantastique entretenu par les légendes et la réalité concernant les fameuses sorcières émigrées à Salem en Amérique du Nord.

Un récit admirable analysant la dégradation d'un couple écrit avec sensibilité et parfois férocité, mais sans oublier une touche d'humour pour pimenter le tout.

 

Réédition Folio 3 novembre 1992

Réédition Folio 3 novembre 1992

Réédition Folio 23 juin 2000.

Réédition Folio 23 juin 2000.

Hervé JAOUEN : Hôpital Souterrain. Editions Denoël. Parution 3 avril 1990. 326 pages.

ISBN : 978-2207236918

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28 septembre 2019 6 28 /09 /septembre /2019 03:59

Et les feuilles mortes se ramassent à la pelle, comme les cadavres…

Alexis AUBENQUE : Un automne à River Falls

A trente cinq ans, le déjà célèbre et brillant avocat Robert Gordon, philanthrope à ses heures, était promis à un bel avenir. Etait, car Samantha, sa jeune maîtresse, le découvre électrocuté dans sa salle de bain. Quelle idée aussi de se baigner seul dans une baignoire immense, un sèche-cheveux non loin.

Pour Mike Logan, le shérif de River Falls, la semaine commence mal, et il sent que les ennuis vont s’accumuler sur sa tête. Il se rend en compagnie de Portnoy, un de ses sergents, immédiatement dans les beaux quartiers de la ville où est située la demeure de feu l’avocat. Samantha ne peut guère lui fournir de précisions. Elle dormait et n’a rien entendu.

Il prévient aussitôt l’équipe du FBI de Seattle, dont il a fait partie quelques temps auparavant. Blake, le légiste, et ses deux comparses, Moore et Freeman, sitôt arrivés se mettent à relever des indices éventuels. Le corps embarqué à la morgue parle. Enfin, je veux dire que Blake se rend compte que l’homme a été chloroformé dans son sommeil, de même que Samantha d’ailleurs, ce qui explique son réveil tardif et profond.

Mais près du corps de Gordon, repose à la morgue celui d’un clochard, qui apparemment a subi des sévices. Il a été retrouvé sur les berges de la rivière, mais il n’est pas mort noyé. De nombreuses traces de coups sont relevées ainsi que des lésions internes, comme si son agresseur s’était acharné dessus. Un appel téléphonique anonyme précise que le cadavre a été balancé du haut du pont.

Le fondé de pouvoir de Gordon, notaire, se présente chez celui-ci et sans demander l’autorisation des policiers, ouvre le coffre-fort de l’avocat, y prélève un dossier bleu, laissant à l’intérieur une grosse somme d’argent, et prétend partir comme il est venu. Une façon de procédé qui ne plait guère à Mike Logan, qui arrête le nommé Hilton, et le défère en geôle. Au grand dam du maire qui n’apprécie pas les initiatives de Logan, mais il se pourrait que ce dossier recèle des pièces compromettantes, car aussi bien Hilton que Gordon investissaient beaucoup dans l’immobilier.

Un avocat influent parvient à faire libérer Gordon seulement le dossier bleu a disparu. Ce qui ne semble pas affecter Hilton. Si Gordon ne sait pas comment ce dossier s’est envolé dans la nature, le lecteur lui est au courant. En effet, Spike, un ancien policier mis sur la touche, exerce un chantage sur un vieil agent qui subtilise les documents et les lui remet. Jessica Hurley a bien reconnu dans la rue l’ex-policier véreux en compagnie d’un vieil homme mais ce n’est qu’après qu’elle relie cet épisode. Le vieux policier se suicide lorsque Logan et ses hommes investissent son appartement.

Leslie Callwin, la journaliste qui est partie à Seattle et tente de se faire une place au soleil, enquête, et comme elle est amie avec Jessica Hurley, elle parvient à lui soutirer des informations. Jessica obtient l’enquête sur le meurtre du clochard et en compagnie du lieutenant Blanchett, Tania de son prénom, se rend sur les lieux du drame. Elles repèrent un individu qui les surveille, mais il sera un peu plus tard arraisonné. Et il faudra beaucoup de patience et de psychologie pour qu’il narre ce qu’il a vu.

Jessica, qui est en congé sabbatique, ressent le besoin de reprendre ses fonctions de profileuse au sein du FBI de Seattle, la présence de ses collègues influant pour beaucoup dans son envie et sa décision. Ce qui n’a l’heur de plaire à Mike Logan, mais après tout ils vivent ensemble mais ne sont pas mariés.

Pendant ce temps, nous suivons les aventures et mésaventures de Kyle et Stuart, deux faux jumeaux qui viennent d’entrer à l’Université de River Falls. Le problème de Stuart est qu’il est en surcharge pondérale, et il se désole de ne pas attirer les filles. Enfin, il se fait une raison en lisant des Comics. Kyle est d’une toute autre constitution physique, et sa réputation d’excellent receveur au football à Seattle l’a précédé. Kyle et Stuart intègrent les Fraternités Alpha et Delta, à leur plus grand plaisir après avoir subi un bizutage en règle dégradant. Stuart a la chance d’être remarqué par Judith, la plus belle fille de l’université, alors que des condisciples chatouillent son orgueil et sa corpulence. Tandis que la belle Cheryl s’entiche de Kyle.

 

Mais que viennent faire ces adolescents dans cette histoire, et pourquoi Judith se dresse devant les étudiants pour sauver la mise à Stuart ? Quel point de jonction réunit ces deux affaires, le meurtre de Gordon, bientôt suivit d’un autre assassinat, et de celui du clochard et la découverte d’un jeune homme qui a des difficultés d’élocution. C’est ce que nous saurons en lisant la suite de ce roman qui reprend bon nombre de personnages du précédent épisode : 7 jours à River Falls.

Ce roman est agencé un peu comme un feuilleton télévisé, de Dallas à Plus belle la vie en passant par Santa Barbara. Des personnages apparaissent, dont on ne connait pas la signification première de leur intervention, disparaissent, pour revenir plus tard. Un fil conducteur qui laisse à penser qu’il y a deux ou trois romans en un.

Mais plus que les séries télévisées, ce roman est la continuation des feuilletons des XIXe et XXe siècles dont les principaux représentants littéraires se nomment Eugène Sue, Ponson du Terrail, Charles Mérouvel, Pierre Decourcelle ou encore Marcel Priolet. Des auteurs parfois méprisés par des critiques, qui eux-mêmes étaient des littérateurs probablement jaloux, car ils connurent non seulement le succès mais enchantèrent des millions de lecteurs par la force de leurs écrits. Des romans qui ne se contentaient pas d’une simple intrigue mais jetaient un regard parfois acerbe sur la société bourgeoise qui se comportait en délinquants, bafouant sans vergogne les petites gens du peuple.

Alexis Aubenque possède l’art de promener le lecteur à sa guise, empruntant des chemins détournés, le conduisant par la main, ou les yeux en une sorte de rallye avec bon nombre de fausses pistes, d’éléments placés comme des embûches, des digressions qui semblent incongrues mais qui pourtant possèdent leur charme et leur intérêt.

Des beaux quartiers de River Falls jusque dans les endroits glauques et les bars mal famés de la cité, en passant par la forêt et les anciennes scieries et les pavillons de l’université, on passe par tous les étages de la société, côtoyant les bourgeois et leur progéniture souvent détestable, et les rejetés de la société vivant de rapines et de braconnages mais pour qui le mot entraide possède un sens humaniste.

 

Ce livre a reçu le Prix POLAR 2009 lors du 14e Salon POLAR & CO de Cognac (16/10/2009)

Première édition : Calmann-Lévy. Parution le 3 juin 2009. 462 pages.

Première édition : Calmann-Lévy. Parution le 3 juin 2009. 462 pages.

On ne juge jamais un livre à sa couverture.

La police existait avant tout pour aider les faibles, croyait-il.

Il n’avait rien à proprement parler contre les puissants de ce monde, cependant il ne pouvait s’empêcher de penser que l’on n’arrivait jamais au sommet sans avoir magouillé à un moment ou à un autre.

Alexis AUBENQUE : Un automne à River Falls (Saison 1. Tome 2). Collection Thriller. Editions Bragelonne. Parution 12 juin 2019. 528 pages. 7,90€.

ISBN : 979-1028107703

Première édition : Calmann-Lévy. Parution le 3 juin 2009. 462 pages.

Réédition : France Loisirs. Juillet 2010. 560 pages.

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2 septembre 2019 1 02 /09 /septembre /2019 04:34

Un excellent roman sous un tel emballage, c’est comme verser un vin grand-cru millésimé dans un verre plastique…

Celia FREMLIN : L’heure bleue

Dur dur, d’être un bébé, chantait ( ?) Jordy en 1992. Dur dur d’être une maman pourrait scander Louise Henderson dont toutes les nuits sont perturbées par son fils Michael, sept mois. Elle n’en peut plus, d’autant qu’il faut assurer le ménage, la cuisine, et s’occuper de ses deux filles de huit et sept ans. Car son mari Mark est fort pris par son travail. Elle sait qu’il travaille dans l’aéronautique, mais sans plus.

Mais les plus embêtées par les cris quotidiens, ce sont peut-être les voisines. Car Michael ne se contente pas de pleurer la nuit, la journée aussi. Et quand il s’exprime, c’est comme si un camion de pompier, toutes sirènes hurlantes, passait et repassait dans la rue. En parlant de repasser, il faudrait aussi s’intéresser au linge en attente, au repassage, aux boutons à recoudre des chemises de Mark.

Sans oublier qu’une nouvelle locataire arrive et que la pièce située au second étage doit être débarrassée des livres de sa belle-mère. Justement Véra Brandon arrive. Miss Brandon, environ la quarantaine, habituée à donner des ordres puisqu’elle est enseignante. Et elle affirme qu’elle va s’arranger, pas la peine de s’inquiéter pour elle.

Elle est discrète, ne faisant aucun bruit, ou si peu, lorsqu’elle descend l’escalier ou lorsqu’elle rentre. Sauf quand elle veut que la famille Henderson sache qu’elle est là. Si discrète que lorsque Louise et sa belle-mère, persuadées que Vera Brandon est sortie, viennent récupérer les livres sur les étagères, se trouvent quasiment nez à nez avec la jeune femme. Elle est juste accoudée à sa table nette de tous papiers ou ouvrages.

Seulement un sentiment de déjà vu s’infiltre dans les esprits de Mark et de Louise. Mark est persuadé l’avoir rencontrée quelque part, mais où, impossible de fixer son attention sur un endroit précis. Quant à Louise, se sont les décalcomanies représentant des escales collées sur sa valise. D’autres personnes aussi s’en font la remarque, sans plus. Pourtant Louise n’est pas rassurée. Même si, un soir, Mark et Vera échangent autour du thème de Médée, un dialogue de spécialistes qui laisse Louise indifférente. D’ailleurs elle a Michael à s’occuper. Et elle est si fatiguée.

De petits faits l’importunent, lui titillent l’esprit. Une nuit, Michael étant particulièrement virulent, elle décide promener l’enfançon dans son landau. Elle va jusqu’au parc mais s’endort. Lorsqu’elle reprend ses esprits, plus de landau et bien évidemment, plus de gamin.

 

La tension monte de plus en plus, et il faudra la curiosité d’un gamin chargé de veiller sur Michael, car bien sûr, lorsque Louise a besoin de sortir pour une raison ou pour une autre, aucune de ses amies n’est disponible pour veiller dessus. Pourtant elles n’hésitent pas à requérir à ses services le cas échéant et Louise ne refuse jamais, ou n’ose pas.

Donc c’est ce gamin un peu trop curieux et indiscret, mais dans ce cas la curiosité devient une qualité, qui mettra le doigt sur la faille, ainsi que Margery et Harriet, les deux filles de Louise.

 

Celia Fremlin décrit la vie quotidienne d’une mère débordée par un gamin bruyant, le lot de bien des parents, peu aidée et devant supporter toutes les charges matérielles de la famille. Elle se rend souvent chez Nurse Fordham, afin de trouver une solution, mais il n’y en a pas. Et ses amies, toujours prêtes à en donner, avancent leurs théories souvent contradictoires.

Les préoccupations féminines sont exposées avec simplicité mais également avec force. Dans les années 1950, l’homme ne participait pas aux travaux ménagers et la femme au foyer se coltinait toutes les tâches. L’heure bleue est presque un reportage sur ces années qui suivent la fin de la guerre. Mais c’est surtout un suspense psychologique, dans lequel les différents personnages possèdent leur caractère entier, ou malléable, suivant les circonstances, avec des gamines, des adolescentes qui ne sont en rien intéressées par les événements extérieurs.

Vera Brandon s’impose à l’esprit du lecteur comme le protagoniste qui passe en coup de vent, s’efface à la moindre occasion et qui pourtant prend une place importante dans cette intrigue qui tourne autour d’un gamin et de sa mère somnolente en journée.

L’aspect policier est un prétexte, d’ailleurs seul un policier est présent comme figurant, mais c’est la confrontation intense et évanescente entre Vera Brandon et Louise Henderson qui prédomine. Quant aux autres personnages, on pourrait penser à des caricatures. Des pantins confits dans leurs jugements et leurs préjugés.

 

Depuis quelque temps, Le Masque a perdu son identité et son âme. D’abord cette couverture, horrible à mon humble avis comme on dit, est-elle susceptible d’attirer le lecteur ? Je ne pense pas, même si les libraires consciencieux proposent cet ouvrage dans le rayon polar.

Ensuite, l’affubler d’un bandeau l’annonçant comme Prix du Masque étranger de l’année, alors que ce roman date de 1958 et qu’il a été édité en France, dans la collection Le Masque Jaune justement, en 1996, c’est, il me semble, se moquer du monde. Le Masque se démasque et est tombé bien bas…

Première édition : Le Masque jaune N°2281. Librairie des Champs-Elysées.  Série Les Reines du crime. Parution septembre 1996. 284 pages.

Première édition : Le Masque jaune N°2281. Librairie des Champs-Elysées. Série Les Reines du crime. Parution septembre 1996. 284 pages.

Celia FREMLIN : L’heure bleue (The Hours before dawn – 1958. Traduction de Marie-Thérèse Weal). Collection Le Masque Poche. Editions Le Masque. Parution 5 juin 2019. 300 pages. 8,50€.

ISBN : 978-2702449264

Première édition : Le Masque jaune N°2281. Librairie des Champs-Elysées.  Série Les Reines du crime. Parution septembre 1996. 284 pages.

ISBN : 9782702426180.

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30 août 2019 5 30 /08 /août /2019 03:45

Et la femme démasque !

Maurice LIMAT : La maison des masques.

Un couple d’amoureux installés à la terrasse d’un café place de l’Alma, cela pourrait sembler banal. Pourtant ce couple, composé de Janine Perret et d’Olivier Denis, est en mission. Et leurs sourires, leurs étreintes, leur façon de se rapprocher et d’échanger des confidences cachent leur rôle d’agents du Cinquième Bureau français, chargé du contre-espionnage.

Ils surveillent de l’autre côté de la rue un mendiant aveugle accompagné d’un chien. Et ils essaient de repérer parmi la foule ceux qui glissent une pièce dans la sébile du quémandeur statique. Quatre ou cinq badauds ont retenu leur attention et ils aimeraient savoir si un papier n’a pas été déposé en même temps que l’obole.

Soudain Olivier Denis sursaute. Il vient de reconnaître en une jeune fille, qui a glissé un papier dans la main du mendiant, quelqu’un qui lui est cher. Domenica Still, surnommée l’Ange du mystère. Une espionne, redoutable agent international dont il est amoureux.

Olivier, voyant l’aveugle s’apprêtant à partir, décide de le suivre tandis que Janine téléphone au capitaine Caretti, leur responsable, afin de savoir quelle est la suite du programme.

Soudain, arrivés près du Trocadéro, dans une petite rue paisible, ils assistent à l’agression de l’aveugle par deux hommes qui tentent de s’emparer de son portefeuille. Seulement il s’agit d’un traquenard organisé à l’encontre des deux agents du Cinquième Bureau. Tandis que l’aveugle et son chien s’installent tranquillement dans une voiture qui rôdait, Janine est embarquée elle aussi et Olivier proprement assommé.

Lorsque Janine sort des vapes, elle se trouve dans une pièce dont les murs sont recouverts de masques blancs. Et elle reconnait en son ravisseur, qui porte lui aussi un masque et n’est autre que le faux aveugle, Monsieur X alias Marienborg l’Homme sans visage, un espion qu’elle connait bien. Mais elle en proie à un doute : voudrait-il la rendre aveugle ? Pendant ce temps Olivier recherche L’Ange du Mystère et les responsables du Cinquième Bureau ne chôment pas non plus.

 

Annoncé comme roman d’espionnage, La maison des masques n’utilise ce thème que comme prétexte, car le lecteur ne sait à aucun moment pour qui travaillent L’homme sans visage et L’Ange du mystère ni en quoi consiste leur mission et quel est leur but véritable.

Il s’agit surtout d’une histoire d’amour déguisée dans un environnement de mystère et de suspense. Même si les responsables du Cinquième Bureau sont sur les dents. Mais de toute façon, c’est leur mission.

Une historiette simple, sans prétention, qui permettait aux lecteurs un bon moment de lecture sans être obligés de se triturer les méninges. Mais pour autant, Maurice Limat se montre parfois lyrique dans ses descriptions et l’on sent que s’il en avait les possibilités éditoriales, il aurait pu écrire un ouvrage nettement plus conséquent.

 

Maurice LIMAT : La maison des masques. Collection 078 Services secrets N°39. Editions S.E.G. Parution 1er trimestre 1952. 32 pages.

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10 août 2019 6 10 /08 /août /2019 04:40

Ça présentait tous les symptômes,
Tous les dehors de la vision,
Les faux airs de l'apparition,
En un mot, c'était un fantôme !

Georges Brassens.

William Hope HODGSON : Carnacki et les fantômes.

Avec son héros Carnacki chasseur de fantômes, William Hope Hodgson ouvre la voie à de nombreux romanciers et nouvellistes, proposant un héros, détective de l’étrange et du surnaturel, dont les émules seront nombreux et dont le chef de file est naturellement Harry Dickson immortalisé par Jean Ray.

A peu près à la même époque d’Harry Dickson, on peut signaler le docteur John Silence d’Algernon Blackwood, et Jules de Grandin de Seabury Quinn, ou encore Teddy Verano de Maurice Limat. De nos jours on peut signaler Ebenezer Graymes, dans la Série du Commandeur de Michel Honaker. Mais il serait fastidieux et hors sujet de les citer tous et intéressons-nous principalement à Carnacki, héros de ce recueil de nouvelles.

A ce propos, et contrairement à ce qui est annoncé en quatrième de couverture, ce recueil ne contient pas neuf aventures de Carnacki, mais bien sept, dont les titres sont répertoriés ci-dessous.

 

Le rituel est quasiment immuable. Carnacki envoie un carton d’invitation à quelques amis, Arkright, Jessop et Taylor, et le narrateur, et à la fin d’un repas dînatoire, narre une aventure qu’il vient de vivre, souvent à la demande d’un ami ou d’une connaissance.

En général il est appelé à résoudre une énigme dans un manoir hanté, ou supposé tel. Et afin de résoudre les problèmes, des portes qui grincent des cris qui fusent dans la nuit, des morts étranges, dont des vagabonds, dans un manoir inhabité, Carnacki trace un pentacle à la craie, se sert d’un mystérieux appareil électrique composé de tubes à vide (ou tube électronique), appose des scellés confectionnés avec des cheveux et de la cire incolore, afin de déterminer s’il s’agit d’une entité virtuelle ou réelle qui provoquerait ces manifestations.

Souvent il lui faut plusieurs semaines afin d’arriver au but et découvrir la provenance des symptômes. Dans La chambre qui sifflait, il revient même chez lui à Londres, convoquant ses amis afin de leur raconter la première partie de l’affaire qui le réoccupe. Il veut faire le point dans ses idées puis il repart en Irlande, là où se situe le fameux château, afin de terminer son enquête.

Parfois, Carnacki allie affaires personnelles et aide à des amis. Ainsi dans Le Jarvee. Ayant décidé d’effectuer un voyage en mer pour des raisons de santé, il choisit d’embarquer à bord du Jarvee, dont le capitaine Thompson, qui est un vieil ami, lui avait signalé, bien des années auparavant, que quelque chose d’étrange régnait dans ce bateau. Et ce quelque chose d’étrange ne se manifeste qu’au bout de quelques jours de navigation, alors que Carnacki a inspecté le navire sous toutes ses coutures, posant ça et là ses fameux scellés. Enfin, un jour, le capitaine Thompson désigne au loin, à l’aide de jumelles, des ombres sur la mer, aux quatre points cardinaux. Et bientôt ces ombres atteignent le Jarvee, déclenchant une tornade impressionnante. Et deux marins, malgré les précautions prises, tombent des vergues alors qu’ils devaient amener les voiles.

 

Et la résolution de l’énigme est rationnelle, selon les nouvelles, tout en comportant une part d’ombre ou alors issue d’un surnaturel provenant d’anciennes légendes et d’histoires de vengeance. Mais il plane aussi comme une malédiction sur les manoirs, les navires, hantés par des entités électriques provoquant des drames.

 

Au cours de la narration de ses aventures, Carnacki fait référence à d’autres affaires qu’il eut à résoudre, dont L’affaire du Chien gris, Le doigt jaune, La porte branlante, et il indique qu’il met en corrélation avec ces énigmes Le manuscrit Sigsand ou des versets du Rituel Saaamaaa. On pourra comparer ce manuscrit Sigsand au Nécronomicon, ou du moins déceler un rapport entre ces deux ouvrages fictifs.

Et l’on peut affirmer que William Hope Hodgson est un précurseur dans ce genre de fantastique empruntant aux technologies nouvelles, celles qui étaient connues à son époque, tout en préservant le côté surnaturel.

 

François Truchaud signe la préface et assure la traduction des textes.

Sommaire :

1 - François Truchaud : W.H. HODGSON ou la Quête du Surnaturel, pages 7 à 12, Préface.

2 - La Porte (The Gateway of the Monster), pages 13 à 45.

3 - La Maison parmi les lauriers (The House Among the Laurels), pages 46 à 76.

4 - La Chambre qui sifflait (The Whistling Room), pages 77 à 104.

5 - Le Mystère de la maison hantée (The Searcher of the End House), pages 105 à 147.

6 - Le Cheval de l'invisible (The Horse of the Invisible), pages 148 à 189.

7 - Le Jarvee (The Haunted Jarvee), pages 190 à 218.

8 - Le Verrat (The Hog), pages 219 à 284.

 

William Hope HODGSON : Carnacki et les fantômes. Introduction et traduction de François Truchaud. Collection Le Masque fantastique N°14. Librairie des Champs Elysées. Parution 1er trimestre 1977. 286 pages.

Nombreuses rééditions dont Néo en 1982, 10/18 en 1995, Terre de Brume en 2008 sous le titre Carnacki le chasseur de fantômes.

ISBN : 2-7024-0582-7

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