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11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 05:08

Vanina rappelle-toi
Que je ne suis rien sans toi …

Mario ROPP : Une fois, il y eut Vanina.

Lorsqu’elle se réveille ce matin-là, Nadine se souvient de son rêve. Un cauchemar peut-être, car elle a revu Hilda, sa chienne boxer qu’elle aimait tant et disparue pour toujours deux ans auparavant.

Herbert, son mari, le mari de Nadine je précise et non pas de Hilda, lui non plus n’est pas en forme. Ils se sont mariés cela fait trois ans environ, mais il pense toujours à Vanina, sa première femme, décédée accidentellement quelques années auparavant.

Ils habitent Paris où il travaille comme commercial pour une imprimerie située à Belfort, et justement il a rendez-vous d’affaires avec son patron. Il doit rentrer le lendemain samedi et ils profiteront du week-end ensemble. C’est ce qu’espère Nadine, mais il ne donne pas de ses nouvelles et le lendemain matin Nadine, inquiète, téléphone à l’employeur de son mari.

Celui-ci confirme qu’il a bien vu Herbert la veille, qu’il est reparti le soir même, mais qu’il avait l’air soucieux.

Alors elle pense qu’il a fait une étape à La Coudre, un petit village situé entre Troyes et Ermont le château, où vivait Vanina. Peut-être effectue-t-il un pèlerinage. Nadine décide de se rendre sur place. Alors qu’elle part, sur la route qui longe la Petite Maison à La Coudre, d’étranges événements se déroulent.

Il ne fait pas encore tout à fait nuit en cette fin de journée de juin, et le gendarme Paul Valère qui circule pour son plaisir en moto, s’arrête non loin de cette Petite Maison qui lui rappelle tant de souvenirs. Rien n’a changé. L’échelle est toujours là, appuyée à une fenêtre du premier étage. Depuis dix ans. Depuis le départ de Vanina, dont il fut secrètement amoureux. Tout comme Abel qui tous les ans taille la vigne vierge qui grimpe le long du mur.

Justement Abel est présent, se promenant lui aussi. Et il annonce à Valère que quelqu’un est là, une voiture bleue étant garée dans le garage. La porte du garage était ouverte depuis dix ans et qu’elle soit fermée a attisé sa curiosité. Et il a entendu quelqu’un tousser dans la chambre de Vanina. Abel est toujours amoureux de Vanina et il l’attend, espérant la revoir. C’est à ce moment que Nadine arrive devant la Petite Maison et trouve sur son chemin Valère.

Elle entre dans la petite bâtisse, grimpe l’escalier et découvre dans la pièce un cadavre. Celui d’Herbert. Valère procède aux premières investigations et nul doute que l’homme a été abattu d’une balle de revolver. Mais il est improbable, selon les premières constations, que celui-ci se soit suicidé. Il existe des incompatibilités. Quoi que, lorsque l’on veut accuser quelqu’un de sa mort, il suffit de ruser et d’imaginer une mise en scène. Alors, Nadine et Abel se trouvent sous le coup des projecteurs, Valère se souvenant après coup avoir entendu un coup de feu.

 

Ce roman aurait très bien pu être publié dans la collection Angoisse tant l’atmosphère étouffante imprègne les premiers chapitres du livre. Mais cette collection avait été interrompue en 1974.

Cela aurait pu également être un meurtre en chambre close mais la solution est nettement plus tarabiscotée et l’intrigue est assez retorse.

Seuls quelques personnages gravitent dans cette histoire, dont quelques anciens amoureux de Vanina, des amoureux qui ne l’ont jamais oubliée et ignoraient qu’elle était morte trois ans auparavant dans un accident.

Mario Ropp plante le décor dans une région, sa région, et il n’est pas vain de penser qu’Ermont le Château n’est autre que le petit village d’Ervy-le-Châtel où elle vécut. Mais le lecteur est entraîné aussi à Belfort, Giromagny où Vanina connut une aventure avec un artiste peintre, et d’autres endroits touristiques comme les vestiges de l’ancien château du Rosemont petit fort situé à Riervescemont, dans le Territoire de Belfort.

 

Elle croyait rêver encore et le silence qui s’appesantissait autour d’elle contribuait à maintenir l’ambiance du rêve. Il n’y a jamais de bruit dans les rêves.

 

Les rêves, comme les souvenirs, ne peuvent toucher personne d’autre que soi-même.

 

 

Mario ROPP : Une fois, il y eut Vanina. Collection Spécial Police N°1244. Editions Fleuve Noir. Parution mars 1976. 224 pages.

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27 décembre 2019 5 27 /12 /décembre /2019 05:09

Lorsqu’Evelyne Brisou-Pellen signait d’un sigle…

E.B.P. : La bague aux trois hermines.

La pétulante et intrépide Alix, dix ans, préfère être en compagnie de sa maîtresse, damoiselle Isabelle, que vaquer en cuisine ou auprès des lavandières. Elle trouve toujours une bonne excuse pour se défiler à ses tâches qui l’ennuient.

Placée près du sire Ordéric toute jeune, après avoir perdu des parents, elle se mêle de tout et l’annonce que damoiselle Isabelle va se marier ne lui sied guère. Elle pense qu’elle a son mot à dire et les six prétendants invités au château ne lui plaisent guère. Elle se renseigne, elle prétend que damoiselle Isabelle est moche, claudicante, et tout autre excuse à décourager les seigneurs qui convoitent sa main. S’autant que damoiselle Isabelle ne doit pas voir les prétendants avant que sire Ordéric ait fait son choix.

Alors elle les espionne, les interroge, mais pour elle aucun d’eux n’est le fiancé idéal. Trop gros, trop vieux, pas assez riche, pas assez beau, pas assez aimable. Bref tout le contraire de ce qu’elle ambitionne pour sa jeune maîtresse.

Mais lorsque l’un des prétendants est assassiné, car pour elle il n’y a aucune tergiversation, il ne s’agit pas d’un accident, donc lorsque l’un des prétendants est assassiné, elle se met enquête du fautif. A ses risques et périls, car c’est bien joli de fouiner ainsi, mais le retour de bâton peut provoquer d’autres dégâts, surtout sur sa personne.

Elle provoque des remous parmi toute la gente assemblée, se faufilant d’une pièce dans une autre, fouillant dans les affaires des uns et des autres, à la recherche d’une preuve afin de confondre le coupable. Du moins celui qui a commandité le tueur pour effectuer son forfait. Et l’assassin ne peut qu’être Ordin le jongleur, un malfaisant à la tête d’une bande de malandrins.

Et voici qu’un nouveau venu s’installe au château. Il lui plait bien ce jeune seigneur, qui théoriquement n’est que de passage, seulement bientôt les soupçons pèsent sur lui. Alors qu’Alix s’était mis en tête que ce jeune seigneur serait le fiancé idéal de damoiselle Isabelle.

Heureusement Alix peut compter sur l’aide de son frère, un peu plus vieux qu’elle et qui est chargé de l’entretien des écuries, dans ses recherches. Pauvre Alix qui pense avoir trouvé le coupable et qui est obligée de se rendre compte qu’elle se fourvoie. Elle soupçonne chacun des prétendants, mais s’il s’agissait de quelqu’un d’autre ?

Et c’est ainsi que le lecteur la suit dans ses démêlés, ses déductions, ses à-priori également, mais elle n’est pas à l’abri d’un mauvais coup car bientôt elle devient la fouineuse qui gêne.

 

Un roman médiéval enlevé qui fait la part belle à une gamine indépendante et entreprenante. Son seul défaut se mêler de ce qui ne la regarde pas, au grand dam de sire Orderic, de dame Eusebia, la gouvernante de damoiselle Isabelle, et qui trouve toujours une excuse pour se défiler lorsque les autres servantes ont besoin d’elle.

C’est gentillet mais pour autant ce n’est pas naïf, au contraire. A l’instar de la vive Alix, ce roman d’action et de détection, fourmille de coups d’éclats, de joie de vivre (malgré les morts), de pétillance, d’humour.

 

E.B.P. : La bague aux trois hermines. Collection Zanzibar N°71. Editions Milan. Parution janvier 1991. 200 pages.

ISBN : 2867266254

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 05:28

Les rêves, comme les souvenirs, ne peuvent toucher personne d’autre que soi-même.

Mario Ropp.

Jonas LENN : Notre-Dame de Minuit.

A la Ferté-Bernard, dans la Sarthe, il existe en bas de l’immeuble où vit Amaury, le narrateur, un jeune étudiant, une boutique intitulée La Bibliothèque de l’ombre. Un établissement original qui propose de se restaurer tout en compulsant, ou achetant, les milliers d’ouvrages anciens et d’occasion qui garnissent les étagères, lesquelles pourraient remplacer les murs.

Dans cette échoppe achalandée, tout autant de vieux messieurs que d’étudiants, siège derrière un bureau une vieille dame handicapée à la suite d’un accident vasculaire cérébral. Et tous les vendredis, Amaury retrouve Georges-Louise, la Bibliothécaire et logeuse, afin de prendre leur repas, sucré ou salé selon leur convenance, préparé par Tita, la serveuse cuisinière au visage de fée noire.

Ce vendredi-là, avant de rejoindre Georges-Louise, Amaury a joué à la marelle avec un gamin surnommé petit Nemo. Amaury avait trouvé une pierre plate dans le limon de la Même, et il a eu l’honneur de commencer. Cette marelle est dessinée à l’envers, et le départ s’effectue du ciel.

Georges-Louise, attablée comme d’habitude à son bureau en bois d’acajou, est avide de connaître les derniers rêves d’Amaury et elle consigne dans un petit carnet rouge ce qu’il lui narre. Mais ce ne sont pas les seules confidences qu’elle écrit, car elle n’a cesse de rédiger, elle seule sait quoi.

Amaury lui raconte comment il a eu un rêve prémonitoire, lequel lui a permis de découvrir la pierre de marelle, ayant avant de s’endormir la veille inscrit sur un bout de papier Amaury, trouve la pierre !, une injonction qui s’est révélée efficace.

Georges-Louise lui apprend incidemment qu’elle vient de louer à une jeune fille un studio au même étage que le sien, le numéro 22, tandis que lui est au 21. Et lorsqu’il rencontre cette jeune fille, prénommée Danielle, une jolie rousse, il en tombe inconsciemment amoureux. Mais ses conversations avec Georges-Louise ne restent pas lettre morte.

Il entrevoit Danielle dans le couloir de son étage et la belle rousse lui remet une enveloppe qu’elle a découverte sous sa porte. A l’intérieur une lame de tarot et inscrit au dos : Je t’attends.

Pour la Bibliothécaire, sa conception du rêve est en contradiction avec les théories de Descartes, et cela va amener Amaury à connaître des épisodes entrecoupés, entre rêve et réalité, au cours desquels il distingue La Velue, sorte de serpent aquatique, sortant de l’Huisne, puis à se retrouver dans la nef de l’église de Notre-Dame des Marais, allongé devant un autel, alors qu’une inondation s’étend dans les rues de la cité et dans les caves.

Il va également, au cours de ses pérégrinations, découvrir qu’entre Georges-Louise et son père, avec lequel il est fâché, il y eut une histoire d’amour. Il extrapole, la Bibliothécaire pouvant être sa mère, mais ce ne sont pas les seules révélations qui lui sont faites, révélations puisées dans la réalité ou dans ses rêves.

 

Tout, dans ce court roman, oscille entre rêve et réalité, comme un passage à travers le miroir, l’onirisme étant toujours présent. Une promenade dans la cité sarthoise en même temps qu’une flânerie dans les divagations mentales du jeune narrateur fomentées par ce qu’il sait, ou croit savoir, ce qu’il apprend, ce qu’il ressent, ce qu’il songe, ce qu’il imagine dans une projection entre hier et aujourd’hui.

La lame de tarot, dit tarot de Marseille, remise par Danielle à Amaury, constitue le pivot central du récit. C’est le symbole de l’art divinatoire à rapprocher des prémonitions d’Amaury. Tout tourne autour de la représentation des différents emblèmes de l’histoire locale et de ce qui gravite dans l’esprit d’Amaury. Personnage central, cette femme rousse, nimbée, vêtue de vert, encadrée par deux chiens surnommés dans le récit Ombre et Lumière, La Velue qui s’entortillonne aux jambes du personnage figurant Danielle dans l’esprit d’Amaury, le nombre XXII, et autres éléments dont la signification se dévoile peu à peu.

Dès les premières lignes, le lecteur se trouve happé, empoigné par cette intrigue qui est tout autant une enquête qu’un conte philosophique, avec en arrière-plan la figure de José-Luis Borges.

 

Sommaire :

Introduction, p.7
Notre-Dame de Minuit, p.13
«Borges et la Velue», Emmanuel Levilain-Clément, p.141
«La Velue, légende de la Sarthe», p.145

Remerciements, p.149
Bibliographie et suggestions de lecture, p.151
À propos de l'illustration de couverture, p.153

 

Pour vous immerger dans la cité de La Ferté-Bernard, un lien utile :

Jonas LENN : Notre-Dame de Minuit. Collection LoKhaLe N°9. Editions La Clé d’Argent. Parution le 28 août 2019. 164 pages. 6,00€.

ISBN : 979-1090662568

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26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 04:45

Aventure au pays des Cajuns…

Jacques SADOUL : Doctor Jazz.

Carol Evans, redoutable agent de la CIA, surnommée la Tueuse, a repris du service malgré une bavure lors de sa précédente mission. Cette fois elle est chargée d’enquêter en Louisiane, plus précisément à La Nouvelle-Orléans, afin de démanteler une filière de la drogue.

Pour cette mission un collaborateur lui est imposé, mais Carol est une solitaire, aussi l’on ne retrouvera Bud Hawks qu’épisodiquement. Comme bien souvent, une affaire peut en cacher une autre, et en fait de trafic de drogue, Carol Evans va tomber sur un étrange marché de cassettes-vidéo. Des « Snuffmovies ».

Des petits films d’amateurs dans lesquels les figurants, l’on ne peut guère parler de vedettes, les figurants disais-je, sont torturés, mis à mort, sans aucun trucage. Du vécu, du réel, voilà ce qu’il faut maintenant pour assouvir les bas instincts de quelques névrosés. Faut avouer que du temps où les exécutions, les pendaisons, écartèlements et autres joyeusetés, étaient réalisés en place publique, la foule avide et frissonnante de plaisir assistait à ce genre de spectacle en plein air. Autres temps, autres mœurs. Mais toujours le même attrait morbide.

 

L’enquête, ou plutôt les enquêtes de Carol, vont amener celle-ci à être le témoin du meurtre d’un avocat en vue de La Nouvelle-Orléans, et ce dans de troublantes conditions. Les trois affaires, drogue, trafic de vidéocassettes spéciales et meurtre d’un personnage haut placé sont étroitement liées.

 

Jacques Sadoul a écrit un roman qui est surtout le prétexte à découvrir un des hauts lieux du Jazz et à voyager dans La Nouvelle-Orléans et les bayous, en empruntant les rues qui ont fourni les titres à quelques classiques du Jazz : Basin street, Canal street, Pontchartrain…

Un roman qui aurait pu être proposé aux lecteurs accompagné d’une compilation de ces interprétations inoubliables.

 

Première édition : Editions Presses de la Renaissance. Parution 1989.

Première édition : Editions Presses de la Renaissance. Parution 1989.

Jacques SADOUL : Doctor Jazz. Réédition J’ai Lu Policier N°3008. 1991. 252 pages. Parution 1991.

ISBN : 9782277230083

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18 novembre 2019 1 18 /11 /novembre /2019 05:50

Pourtant, que la montagne est belle…

Henri TROYAT : La neige en deuil.

En ce début du mois de novembre, Isaïe va retrouver sa quinzaine de brebis, plus un bélier, ainsi que quelques agnelets dont un qui n’a pas plus de quelques jours. Tous les mois, il grimpe (Isaïe, pas l’agnelet !) jusqu’à l’alpage, puis redescend jusqu’au hameau des Vieux-garçons où il vit en compagnie de son frère Marcellin dans une vieille maison, héritage familial depuis de nombreuses générations.

Isaïe a cinquante-deux ans tandis que Marcellin n’en a que trente. Et la différence d’âge compte pour beaucoup dans leurs relations. D’autant qu’Isaïe a aidé sa mère lors de la délivrance et qu’il a élevé seul son frère. Le problème réside dans le fait que Marcellin ne travaille pas, ou peu, multipliant les petits boulots. Isaïe s’occupe de ses brebis et de la maison. Auparavant il était guide de montagne, mais depuis les accidents, dont un plus particulièrement éprouvant au cours duquel un des touristes auquel il faisait visiter la montagne s’est tué en escaladant les rochers. Isaïe en a réchappé mais non sans dommage. La tête a été touchée et il en reste des séquelles.

Après avoir logé son petit cheptel dans la bergerie, il descend au village, rejoindre les autres et peut-être retrouver Marcellin. Tout le monde ne parle que de l’accident qui vient de se produire. Un avion, effectuant le vol Calcutta-Londres, s’est écrasé dans la montagne et selon les dernières informations il n’y aurait pas de survivants. Pourtant, des guides confirmés vont se rendre sur place, emportant le matériel, les provisions et médicaments nécessaires au cas où, et récupérer les sacs postaux.

 

Marcellin annonce à Isaïe qu’il va s’associer avec un ami qui possède une boutique d’articles de sport en ville. Mais pour cela il lui faut de l’argent et il a contacté le notaire afin de mettre la maison familiale en vente. Isaïe n’est pas d’accord, il essaie de raisonner son jeune frère avec ses mots, mais peine perdue.

Le guide responsable de la cordée de secours dévisse et ses compagnons se doivent de redescendre dans la vallée. Dans le même temps, Marcellin apprend que l’éventuel acheteur de la masure s’est désisté.

Il convainc son frère Isaïe de se rendre sur le lieu du crash avec en tête l’idée de récupérer les affaires des victimes, montres, portefeuilles, et autres. Isaïe est tout d’abord réticent, mais l’idée de reprendre du service et de grimper par une voie abrupte, plus dangereuse mais plus rapide le séduit. Ce serait une première en hiver !

 

Parfois la frontière entre littérature dite blanche et le roman noir est si mince qu’il est difficile d’en déterminer la frange. Placer ce roman dans telle ou telle collection, sous telle ou telle appellation, relève du bon vouloir de l’éditeur, et de l’impact qu’il pensera que ce livre produira auprès du lectorat.

La seconde partie de La neige en deuil s’inscrit résolument dans le roman noir dramatique sociologique et s’il me fallait trouver une ressemblance, je le mettrai en parallèle avec Des souris et des hommes de John Steinbeck. Deux hommes proches dont l’un est dans la force de l’âge et l’autre perturbé mentalement et qui s’entraident. Mais là s’arrête la comparaison.

En effet Isaïe est l’aîné de la fratrie et le plus souvent il est au service de son frère Marcellin, guère courageux mais qui pourrait s’élever socialement.

Isaïe est dépendant de son frère mais, parfois, il a des éclairs de lucidité qui l’obligent à contrarier les plans négatifs de Marcellin.

Pourtant dans la seconde partie, lorsque les deux frères partent à la recherche de l’avion, et dans l’idée d’Isaïe d’éventuels survivants, il s’agit d’une renaissance de l’ancien guide de montagne qui n’avait plus escaladé sa chère montagne depuis une décennie et les drames qu’il avait subi.

Le lecteur devient le troisième homme de cette équipée et il ne ménage pas ses encouragements mais n’est-ce pas en vain ?

Henri TROYAT : La neige en deuil. Editions J’ai Lu N°10. Réimpression parution juin 1966. 192 pages.

Première édition : Editions Ernest Flammarion 1952.

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 05:38

Ce choix d’histoires s’adresse essentiellement à ceux qui trouvent trop fade la saveur

de la télévision.

Alfred Hitchock

Alfred HITCHCOCK présente : Histoires abominables.

Non seulement Alfred Hitchock s’est montré le maître du suspense au cinéma, mais il a œuvré aussi à la télévision dans des séries dont le parfum perdure dans nos souvenirs.

Il a apporté sa caution dans les recueils de compilation à thèmes et dans le magazine portant son nom, auquel il ne participait que comme éditorialiste. Toutefois bon nombre d’auteurs qui souvent étaient inconnus, et le sont encore, du grand public purent ainsi être publiés et traduits en France, grâce à son soutien nominatif.

Mais ce rôle fictif d’anthologiste lui est peut-être venu parce que tout ne peut être adapté.

Ainsi déclare-t-il dans sa préface :

Je suis venu tard à la télévision et d’aucuns ont prétendu que j’attendais que les écrans deviennent assez grands pour que je puisse m’y loger (allégation contre laquelle je proteste de tout mon poids). Toutefois, j’en suis venu à beaucoup aimer ce moyen d’expression et j’espère bien que l’on ne verra pas dans l’existence de ce livre une critique mais simplement la reconnaissance d’un fait patent. A savoir qu’il y a certaines histoires auxquelles la télévision ne peut rendre justice.

 

Dans Histoires abominables, il est intéressant de trouver ou retrouver des auteurs aussi différents que Jérôme K Jérôme, auteur de l’inénarrable Trois hommes dans un bateau, de William Hope Hodgson, auteur des aventures de Carnacki chasseur de fantômes, ou de Robert Bloch dont le roman Psychose fut adapté de magistrale façon par Hitchcock et qui fournit pas moins de dix-sept épisodes pour la série télévisée Hitchcock présente…

 

Loin de moi l’idée de vouloir présenter tous ces textes, ce serait fastidieux aussi bien pour vous que pour moi, mais j’ai pioché au hasard quelques-unes des nouvelles qui la plupart du temps relèvent du surnaturel ou tout au moins du fantastique. Mais pas que, parce que l’horreur et la terreur s’invitent également et l’on retrouvera certains thèmes favoris des auteurs présentés, du moins pour les plus connus.

 

Dans Comment l'amour s'imposa au professeur Guildea, de Robert Smythe Hichens, nous sommes mis en présence de deux célibataires endurcis : le père Murchison, par son statut de religieux, et le professeur Frederic Guildea qui est foncièrement misogyne, voire misanthrope. Ils font connaissance lors d’un sermon de l’un et d’une conférence de l’autre, et le père Murchison est invité chez le professeur. Ce qui constitue presqu’une première. Ils se retrouvent assez souvent chez Guildea, conversent à bâtons rompus devant, éventuellement le majordome du professeur, mais surtout de son perroquet. Jusqu’au jour où Guildea sent comme une présence chez lui et croit entendre son volatile s’exprimer d’une voix féminine.

 

Sortilège de Montague R. James est conforme à son titre. Un certain Karswell n’apprécie pas du tout que son texte La vérité sur l’alchimie soit refusé par une association et il en veut plus particulièrement à celui qui est à l’origine à ce refus. Et pour bien marquer que sa vengeance sera terrible, il placarde ou fait parvenir des affichettes dans lesquelles il invite à se pencher sur le cas d’un critique littéraire qui avait éreinté son précédent ouvrage justement sur l’alchimie.

 

Jérôme K. Jérôme prend pour thème celui de l’automate dans Un cavalier accompli. Ce thème est de nos jours encore souvent utilisé mais lors de sa parution peu de textes mettent en scène ce genre d’automate. C’est en entendant des jeunes filles se plaindre de ne rencontrer dans les bals que des cavaliers aux discours insipides, qu’un fabricant de jouets articulés décide d’assembler ce cavalier qui devrait faire sensation. Et en effet, ce cavalier danse sans monter sur les pieds de sa partenaire mais un couac se produit toujours dans les objets animés. L’on pense naturellement à Collodi et son personnage de Gepetto fabricant une marionnette nommée Pinocchio mais aussi à d’autres textes fondateurs ayant un automate comme personnage principal.

 

Avec Sredni Vashtar, Saki, nom de plume H.H. Munro, livre un texte mettant en scène un enfant de dix ans, Conradin, élevé par sa cousine madame de Ropp. D’après le médecin, Conradin n’a plus que cinq ans au maximum à vivre, mais pour autant entre sa cousine et lui, c’est un peu comme chien et chat. Pire même car parfois ces deux animaux arrivent à cohabiter en bonne intelligence. Alors Conradin reporte l’affection qu’il ne peut exprimer ou recevoir envers une vieille poule et une fouine-putois logés dans une vieille remise au fond du jardin.

 

La voix dans la nuit, de William Hope Hodgson, c’est celle d’un inconnu qui s’adresse aux marins d’un schooner encalminé dans les eaux du Pacifique Nord. Il ne veut pas se montrer, repart même à bord de son embarcation mais le capitaine et ses hommes parviennent à l’apprivoiser. Ils lui promettent des vivres pour lui et sa femme alors il narre, de loin, dans la brume, sa mésaventure. Comment le navire à bord duquel le couple voyageait, et seuls rescapés, comment ils ont abordé une île déserte recouverte d’une étrange végétation.

 

La dame sur un cheval gris, de John Collier, prend pour décor l’Irlande et l’antagonisme entre celtes et saxons, entre natifs de la verte Erin et envahisseurs Anglais, même si ceux-ci sont installés depuis des siècles. Le dernier descendant d’une famille anglo-irlandaise qui apprécie les parties de chasse ou de pêches en compagnie de son ami Bates parcourt la campagne et il apprécie encore plus les bonnes rencontres féminines dans les auberges, sur les chemins, ne s’embarrassant d’aucun principe de courtoisie, de respect, de considération envers celles qu’il juge bon à mettre dans son lit ou sur une botte de paille.

 

Tout un lot de nouvelles dans la forme et dans le fond et qui peuvent se révéler politique, poétique, humoristique, sociologique, horrifique, surnaturelle, fantastique, et que le lecteur avide goutera avec plaisir.

Cet ouvrage a été réédité partiellement et pour certaines nouvelles retraduites. Les titres et noms des auteurs en italiques ne sont pas compris dans la réédition Pocket.

 

Alfred HITCHCOCK, Préface.

Robert Smythe HICHENS : Comment l'amour s'imposa au professeur Guildea (How love came to professor Guildea). Traduction : Jos Ras

M.R. JAMES : Sortilège

Jérôme K. JEROME: Un cavalier accompli

Edward Lucas  WHITE: Lukundoo

Margaret ST CLAIR : Le travail bien fait

Phillip MacDONALD : L'Amour qui saigne (Love lies bleeding. Traduction Odette Ferry

Arthur WILLIAMS : Le Parfait meurtrier (The Perfectionist). Traduction Odette Ferry

C.P. DONNELLE Jr. : Recette de meurtre (Recipe for Murder). Traduction Odette Ferry

RUSSEL John : Le prix d'une tête

SAKI : Sredni Vashtar (Sredni Vashtar). Traduction Odette Ferry

William Hope  HODGSON : La voix dans la nuit

Richard CONNELL : Les Chasses du comte Zaroff (The Most Dangerous Game). Traduction Jos Ras

James Francis DWYER : Le Diplôme de la jungle (Being a Murderer Myself / A Jungle Graduate). Traduction Jos RAS

John COLLIER : La Dame sur le cheval gris (The Lady of the Grey). Traduction Odette Ferry

Robert BLOCH : Une souris et des rats (Water's Edge). Traduction Odette Ferry

Robert ARTHUR : Le Farceur (The Jokester). Traduction Odette Ferry

A. M. BURRAGE : Figures de cire (The Waxwork). Traduction Odette Ferry.

Thomas BURKE : L'Épouse muette (The Dumb Wife). Traduction Odette Ferry

Dorothy Kathleen BROSTER : Tapie devant la porte (Crouching at the door). Traduction Odette Ferry

 

Réédition Partielle : Pocket N°1814. Parution 3ème trimestre 1979. 256 pages.

Réédition Partielle : Pocket N°1814. Parution 3ème trimestre 1979. 256 pages.

Alfred HITCHCOCK présente : Histoires abominables. Editions Robert Laffont. Parution 30 mai 1960. 412 pages.

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 04:50

Et elle ne compte pas pour des prunes…

Pierre BOULON : La dame brune.

Il n’y a guère de monde à assister à l’enterrement de Nestor Campelou dans la petite église de Vallantée-sur-Auzelle. Seuls les proches voisins, ceux habitant sur la rive droite de l’Auzelle, sont présents. Ils sont endimanchés pour saluer le départ de celui qui s’est tué accidentellement d’un coup de fusil lors d’une partie de chasse, ou de braconnage.

Seuls ? Non, car Vivien Laubier, le policier, et son amie de cœur la belle Clémence, secrétaire médicale de profession, sont également sur place. Vivien Laubier doit enquêter sur ce que certains pensent être un meurtre, et c’est à l’instigation du maire, Pierre Roubignot, qui a les bras longs et les oreilles du procureur, que le policier s’est vu confier cette affaire.

Laubier va donc se renseigner, interroger les différents voisins de Nestor, creuser les antécédents, et apprendre des épisodes précédents dont il fait sa pelote, sans savoir par quel bout la prendre.

Ainsi Auguste de Vallantée, le propriétaire du manoir, est décédé quelques mois auparavant dans des circonstances restées nébuleuses. Ce manoir est habité par sa veuve, Hélène de Vallantée, dite la Baronne, et par Charlotte de Vallentée, la fille d’Auguste mais belle-fille d’Hélène. Elles vivent séparément, chacune dans son aile, ne s’appréciant guère.

Le personnel du manoir se compose de Capucine et de Casimir Fay, et les autres voisins, qui ne sont guère nombreux, se nomment Gisèle, dite Gigie, la bistrotière, Adrien Lemuet, le négociant en bois se déplaçant dans une voiture de luxe, Gertrude, la couturière, Charles Molin, le menuisier qui fabrique également les cercueils, le cas échéant, sans oublier Jean Prieur, le curé au nom prédestiné, et Marguerite Grandpied, la femme du curé, pardon, la gouvernante du curé.

Laubier déambule parmi la nature, découvrant au hasard de ses pérégrinations, à travers une fenêtre, un vanneau pendu par les pieds au-dessus d’un chaudron noir, ou encore une poupée de chiffons poignardée. Et d’autres éléments qui semblent relever de la sorcellerie. D’ailleurs tout le monde s’accorde pour évoquer une mystérieuse Dame Brune qui traînerait dans les environs et dont la présence signifie la mort à ceux qui l’aperçoivent.

Sans oublier Fantôme, un groupe de résistants, des maquisards de la Seconde Guerre Mondiale, qui fait toujours parler de lui plus de vingt ans après.

Laubier et son amie Clémence acceptent l’invitation de loger au manoir, dans le corps de logis qui sépare les deux tourelles, et dont les chambres portent des noms évocateurs tels que Chambre de l’écureuil, Dame de la fougère, Cavalier de l’ombre, Princesse du val…

Une aura de surnaturel imprègne la demeure, et les deux enquêteurs, officiels ou non, ne passent pas des nuitées tranquilles. Et, en creusant bien, Laubier n’est pas loin de penser que chacun des protagonistes qu’il interroge aurait eu une bonne (ou mauvaise) raison de se débarrasser de Nestor.

 

Dans cette histoire, d’inspiration bucolique, Georges Brassens est souvent évoqué par ses chansons. Un style trop travaillé, presque trop littéraire (c’est quand même malheureux de le dire mais c’est vrai) et l’intrigue se trouvé noyée dans des phrases bien construites mais ennuyeuses et en pâtit. Alors qu’elle devrait être vive, que l’histoire devrait accrocher le lecteur, celui-ci se trouve englué dans des phrases redondantes.

C’est beau, certes, souvent poétique, mais normalement dans ce genre de récit, c’est la vivacité qui devrait primer. Du moins c’est mon ressenti, et l’esprit vagabonde et n’est plus accroché. Il baguenaude et ne s’intéresse plus à ce qui est décrit et s’intéresse à de petits détails sans véritable signification.

Par exemple, alors que Nestor est décédé depuis plusieurs jours, ses vaches sont toujours aux pâturages, le chien est resté à baguenauder près de l’habitation. Et le lecteur, conscient qu’il se pose des questions qui n’ont rien à voir avec le récit, se demande comment il se fait que les vaches ne meuglent pas, n’étant plus sujettes à la traite biquotidienne, comment le chien ne réclame pas sa pitance…

 

Citations :

Les fantômes sont de naïves inventions pour agrémenter les veillées ou faire peur aux enfants. Ils ont déguerpi sans tambour ni trompette, anéantis par un monde qui s’est mis à les ignorer.

 

Une génération chasse l’autre en l’accusant d’être passée de mode. Puis vient son tour de lâcher ses illusions et de mettre en doute son soi-disant progrès. Alors elle court vers ses aïeuls à qui la sagesse du temps avait appris qu’il faut un peu ralentir. Elle vole vers le monde des morts, quitte à devoir s’entourer de ces esprits chagrins qui ont l’habitude de jouer les médiateurs.

 

C’est la faiblesse qui crée la terreur.

 

C’est bien souvent après les drames que nous faisons coïncider les faits.

Pierre BOULON : La dame brune. Editions Jeanne d’Arc. Parution 9 avril 2010. 336 pages. 19,00€.

ISBN : 978-2911794865

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7 novembre 2019 4 07 /11 /novembre /2019 05:03

Nos qualités se remarquent plus quand on est mort !

Béatrice NICODEME : La mort au doux visage.

Clouée sur son lit d’hôpital, Laure Favier, pharmacienne de son état, séparée de son mari âgé de trente ans de plus qu’elle, est dans l’incapacité de se rappeler les circonstances de l’accident dont elle est victime. Ce qu’elle déclare aux gendarmes.

Selon le conducteur de la voiture qui l’a heurtée, l’agent immobilier qui lui a vendu sa maison, elle marchait au milieu de la route. Débouchant d’un virage, il n’a pu l’éviter.

L’adjudant-chef Rémi Bechtel et son adjointe Fabienne Robin, ont une autre affaire sur les bras : la disparition du jeune Jan Dobry, dix ans. Quittant précipitamment ses copains de jeux, il était parti en vélo. Sa mère inquiète avait téléphoné chez Laure, chez qui elle effectue des heures de ménage. Selon des témoins, Jan se serait dirigé à vélo vers la maison de Laure.

La jeune femme est en proie à des cauchemars mettant en scène ses parents, son père décédé quelques mois auparavant, ou sa jeune sœur avec laquelle elle s’est brouillée. Célibataire, Laetitia lui avait annoncé qu’elle attendait un enfant alors que Laure lui reprochait ses trop nombreuses frasques.

A sa sortie de l’hôpital, Laure découvre le cadavre de sa sœur dans sa maison. La mémoire lui revient soudain en partie : elle avait trouvé le corps de Laetitia, vision qui l’avait profondément choquée, provoquée son amnésie et l’accident.

Le corps du petit Jan est lui découvert dans la forêt, le jour de l’enterrement de Laetitia, dans une cabane abandonnée. Il y a été déposé après les recherches des gendarmes, avec dans les mains des brins de bruyère blanche de la même espèce que celle poussant dans le jardin de Laure. Son visage a été enduit de poudre de riz et Bechtel trouve près du cadavre un poudrier ayant appartenu à la jeune femme.

Si les soupçons des gendarmes se focalisent sur Laure, ils n’en dédaignent pas moins ses proches : son amie Estelle et son compagnon Jefferson, libraire, Claude son mari qui fut proche de son père, Me Billy un avocat réputé, les employés de la pharmacie et l’agent immobilier.

 

Ce titre La mort au doux visage, que l’on croirait emprunté à un roman de la collection Harlequin ou à un ouvrage de M.H. Clark, n’est cependant pas usurpé car tous les protagonistes, du moins les défunts, possèdent un visage quasi angélique, même Jan, le petit garçon.

Et c’est bien l’enfance qui prévaut dans ce livre : les morts certes, mais également l’origine des drames vécus par Laure qui engendrent des cauchemars dans lesquels se mélangent réel et virtuel, l’annonce de la grossesse de Laetitia, sans oublier l’assassin et les personnages secondaires qui tous ont subi des traumatismes durant leur prime enfance ou le début de leur adolescence.

Le gendarme Bechtel lui non plus n’est pas épargné car sa première femme est retournée au Brésil emmenant leur enfant, et sa nouvelle compagne refuse d’être enceinte pour des raisons qui lui sont propres.

Et si l’identité du coupable intervient un peu comme un cheveu sur la soupe, l’intérêt du livre réside sur la résurgence des drames du passé, et sur la faculté des personnages à s’en accommoder. Les rapports entre Bechtel et son adjointe Fabienne sont assez savoureux et apportent une petite note d’humour.

 

Réédition J’ai Lu N°7314. Parution 1er juin 2004. 510 pages.

Réédition J’ai Lu N°7314. Parution 1er juin 2004. 510 pages.

Béatrice NICODEME : La mort au doux visage. Le Masque Moyen format. Parution 15 octobre 2002. 448 pages.

ISBN : 978-2702479537

Réédition J’ai Lu N°7314. Parution 1er juin 2004. 510 pages.

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3 novembre 2019 7 03 /11 /novembre /2019 05:30

Un divertissement comme un autre…

Dean R. KOONTZ : Chasse à mort

Travis Cornell, 36 ans, ex-membre des Delta-Force, ex-agent immobilier, décide de fêter son anniversaire en effectuant une sorte de pèlerinage sur les lieux de son enfance en emportant les vivres qui enchantèrent ses jeunes années et en pratiquant son sport favori : la chasse aux serpents.

Mélancolique, il erre dans la nature. Son humeur l’entraîne dans une clairière où il lie connaissance d’une étrange façon avec un chien. Un chien qui le prévient d’un danger, un animal est à leurs trousses, animé d’intentions plus que belliqueuses.

Un chien à qui il ne manque que la parole.

Travis recueille le canidé chez lui et devant l’intelligence anormale de celui-ci, l’appelle Einstein. Mais autant Einstein se montre doux et affectueux, autant l’Autre, l’animal qui est à leur poursuite, est hargneux, agressif, dangereux, sanguinaire.

Einstein et l’Autre, comme finira par l’apprendre Travis, sont deux cobayes échappés d’un laboratoire de génétique et les services secrets sont à leur recherche.

Mais Travis tient à garder avec lui Einstein, d’autant plus que celui-ci lui a permis de rencontrer l’âme sœur.

S’engage alors une traque, une course poursuite où l’horreur, la violence, mais également le suspense, la tendresse, sont présents à chaque page, le tout assaisonné d’une pointe de fantastique.

 

Dean R. Koontz, dont c’est le véritable patronyme, est né en 1945. Ce n’est pas un inconnu car sous son nom il a signé bon nombre de romans de science-fiction, de fantastique et de terreur traduits en France dans diverses collections.

Mais il est également connu sous les pseudonymes de Leigh Nichols, de K.R. Dwyer et de Brian Coffey.

On retrouve dans pratiquement tous ses romans le thème obsessionnel de la traque, la chasse, de la poursuite, mais mené à chaque fois d’une façon différente.

Dans L’heure des chauves-souris, signé Leigh Nichols, une vieille femme s’acharne sur un petit garçon qu’elle soupçonne être la réincarnation de l’Antéchrist. Dans Chasse à mort, ce sont deux animaux à l’intelligence surdéveloppée qui sont en conflit, le Mal à la poursuite du Bien, le Mal qui se justifie par des artifices mais qui est pleinement conscient de ses actes.

Un roman dense et poignant et si le Bien triomphe du Mal, ce n’est pas sans séquelles physiques et morales.

 

Dean R. KOONTZ : Chasse à mort (Watchers – 1987. Traduction Evelyne Châtelain). Collection Spécial Suspense. Editions Albin Michel. Parution mars 1988. 420 pages.

ISBN : 2-226-03308-4

Réédition et nombreuses réimpressions sous couvertures différentes aux Editions J’Ai Lu. Collections Epouvante, Ténèbres et Fantastique N°2877. Pour les deux dernières, collections Ténèbres et Fantastique, la traduction est de Philippe Rouard.

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2 novembre 2019 6 02 /11 /novembre /2019 04:58

Auprès de ma blonde…

Jean Pierre ANDREVON : La mort blonde.

Annecy et sa région n'avaient pas connu cette effervescence depuis belle lurette: une série de crimes, ayant pour victimes d'innocents automobilistes, alimente les colonnes des journaux.

La gendarmerie et les policiers sont sur le pied de guerre. Seulement la maréchaussée n'a rien, pas le moindre début de commencement d’embryon de petit peu de pas grand-chose de morceau d'indice. Que des cadavres éventrés à l'aide d'un pique-feu. Et le vol ne semble pas être le motif de ces agressions.

Pour Jean Yves Letranchant, photographe de presse, c'est l'occasion rêvée de se faire un nom, lui qui voudrait connaître la consécration en devenant un nouveau Doisneau. A vingt cinq ans il est ambitieux et sa liaison avec la fille de riches commerçants de la cité pourrait lui ouvrir de bien agréables horizons, si seulement Martine ne se montrait pas parfois si distante.

L'une des victimes a eu le temps, avant de décéder, d'inscrire avec son sang, un message sur la portière de sa voiture. Blond. Pour l'inspecteur Sentier, il ne peut s'agir que de la description d'une femme, la meurtrière selon toute vraisemblance. Blonde comme Martine, qui se rend le soir à de mystérieux rendez-vous. Blonde comme Camille, la jeune femme qui habite les Combes, un château délabré, situé au centre du triangle macabre. Blonde comme Agnès, la mère de Camille, qui ne porte pas son âge, et qui vingt ans auparavant a défrayé la chronique.

 

Jean Pierre Andrevon, plus connu des amateurs de science-fiction et de fantastique, s'est lancé depuis quelque temps dans l'écriture de romans policiers, alliant le thriller au suspense, et ceci avec une certaine réussite. L'atmosphère prévaut dans ce genre d'ouvrage et il maîtrise à fond son sujet.

Le lecteur qui tel un arbitre assiste à l'enquête tout en accompagnant le meurtrier, ou la meurtrière, dans ses forfaits sans toutefois en connaître l'identité, suit cette histoire avec un véritable intérêt.

Jean Pierre Andrevon sait fort à propos brouiller les pistes et nous faire partager les démêlés amoureux de son héros photographe. Et ceci n’est pas un cliché !

 

Jean Pierre ANDREVON : La mort blonde. Collection Crime Fleuve Noir N°45. Editions Fleuve Noir. Parution octobre 1993. 188 pages.

ISBN : 9782265049765

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Présentation

  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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