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22 octobre 2018 1 22 /10 /octobre /2018 05:26

J’irai revoir ma Normandie, c’est le pays qui m’a donné le jour…

Amélie BOSQUET : Légendes de Normandie.

Publié en 1845, sous la plume d’Amélie Bosquet, avec ce titre plus significatif de La Normandie romanesque et merveilleuse, cet ouvrage ne se veut pas une compilation à proprement parler de légendes normandes, mais d’un travail de recherche, d’exploration, d’explication, de décortication, en sériant les origines, les lieux, les différents composants qui ont générés ces contes ou légendes.

Ce recueil n’est donc pas une succession de légendes mises bout à bout mais plus un répertoire avec une entrée par thèmes.

 

Ainsi on pourra lire avec profit au fil des chapitres une chronique légendaire des ducs de Normandie dont Robert le Diable et Richard sans Peur et leurs nombreux avatars, puis Les Chasses fantastiques, les Fées, les enlèvements et substitutions d’enfants, Les Lutins, les Animaux fabuleux, les Loups garous, les Esprits Météores, les Revenants, Les Sorciers, sortilèges et possessions, Les Légendes religieuses, les Saints populaires, les Miracles emblématiques, les Légendes historiques, les Légendes romanesques, les Légendes merveilleuses.

 

Car Amélie Bosquet ne s’était pas contentée de reporter les veillées des chaumières mais elle en donne les origines, les diverses variantes, explorant avec minutie tout un monde dans lequel nombre d’auteurs ont pu absorber la trame pour en redéfinir d’autres à consonance populaire.

Des contes et légendes qui ne manquent pas d’ironie, tout en étant précis, et qui auraient inspiré Les Légendes rustiques de George Sand, lui valant l'estime de Flaubert.

Amélie BOSQUET : Légendes de Normandie. Collecte choisie et présentée par Françoise Morvan. Editions Ouest-France. Réimpression : parution 28 mai 2016. 480 pages. 12,90€.

ISBN : 978-2737372377

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15 octobre 2018 1 15 /10 /octobre /2018 05:15

C'est la romance de Paris
Au coin des rues, elle fleurit
Ça met au cœur des amoureux
Un peu de rêve et de ciel bleu…

Nathalie TOURNILLON : Légendes et récits de Paris.

Paris, capitale de la France, Lutèce pour les Anciens, cité phare des touristes étrangers, ne possède pas un remarquable foisonnement de contes et légendes. Peut-être est-ce dû à l’attrait qu’a suscité la ville dite Lumière envers les provinciaux, attrait souvent exacerbé par le besoin de trouver du travail, un moyen d’existence que la province ne pouvait plus délivrer à ses enfants.

Paris est un véritable conglomérat et les légendes donc qui lui ont propres ne sont pas légion et prennent souvent racine dans son passé, son vécu pour parler moderne, un passé qui s’inscrit le plus souvent dans des évènements qui font partie du patrimoine historique.

Ainsi qui n’a entendu conter dans son plus jeune âge et dans les manuels scolaires, l’action de Sainte Geneviève pour contrer l’invasion des Huns, et des autres. Qui n’a encore en mémoire l’anathème proféré par Jacques de Molay, général des Templiers à l’encontre du roi Philippe Le Bel et du pape Clément V…

Qui n’a lu ou entendu parler des mésaventures des quatre fils Aymon, des amours tragiques de la tour de Nesle (histoire immortalisée par Michel Zévaco dans Buridan, le héros de la Tour de Nesle) ou celles d’Héloïse et Abélard… ou encore qui n’a vibré aux exploits de Cartouche, le Prince des voleurs et le voleur des princes ou ne s’est posé la question de connaître l’identité de l’homme au masque de velours.

Il existe aussi cette légende de l’Homme rouge des Tuileries dont nous retrouvons avec saveur l’influence dans l’excellent ouvrage de François Darnaudet : Le fantôme d’Orsay, ou encore celle du Moine bourru. Mais il existe d’autres légendes, moins connues mais tout aussi noires, frôlant le fantastique, mettant en scène la main du Diable : Le terrible secret des délicieux pâtés de la rue des Marmousets, Les pentures diaboliques de Notre-Dame, La fidélité ou encore Le puits qui parle.

Quant à La leçon du Pont-aux-ânes, aujourd’hui elle ferait vibrer d’indignation les ligues féministes. Quelques-unes ne puisent pas directement leurs racines dans les légendes profondes de Paris, mais sont des récits récents mais qui prennent toutefois leur place dans ce recueil, soit par leur imaginaire comme L’arbre de Modigliani, soit par le lieu qui les ont inspirés comme Les racontars de la Tour Eiffel.

Un livre qui n’est pas réservé aux seuls Parisiens mais que tout un chacun pourra lire avec plaisir même si certaines histoires auraient mérité un développement plus ample. Ces histoires, disons plutôt historiettes, sont précédées d’un plan de Paris avec l’emplacement de l’endroit où elles se déroulent, ainsi qu’une histoire simplifiée des origines mythiques de Paris, alias Lutèce.

Nathalie TOURNILLON : Légendes et récits de Paris.
Nathalie TOURNILLON : Légendes et récits de Paris. Collection Contes et légendes. Editions Ouest-France. Parution le 1er février 2004. 192 pages.

Réédition 22 janvier 2008.

ISBN : 978-2702888957

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8 octobre 2018 1 08 /10 /octobre /2018 13:31

Une variante d’histoire d’O et de 50 nuances de Grey… mais en plus léger !

Véronique POLLET : Blind date et la suite.

Dans sa poche, une enveloppe noire. A l’intérieur un carton, noir lui aussi, et juste ce mot écrit en lettres d’argent : Tout.

Cette femme qui détient ce message énigmatique, pour le lecteur, mais pas pour elle car elle sait ce que ce Tout signifie, cette femme est une magnifique représentante du plaisir.

Hiératique dans sa pose et sa démarche, et un regard hautain sur le monde. Elle fait partie de la race des vainqueurs, avec un visage froid et dur, et des yeux verts de chat sauvage. Et n’a qu’un seul but : gagner.

Gagner quoi ? La reconnaissance peut-être, de son client éventuellement. Car cette femme anonyme s’engouffre dans un hôtel de luxe, donne son nom à la réception, et reçoit sans barguigner une lourde clé. Mais elle ne se précipite pas, elle attend nonchalamment installée dans un fauteuil du hall, dégustant en connaisseuse un whisky sans glaçon.

Puis elle se rend à la chambre 222, accompagnée jusqu’à l’étage par le groom. Spirou peut-être ? Peu importe. Elle est attendue par un homme dont elle ne peut apercevoir la silhouette. Juste la voix.

Puis la séance débute… mais là permettez-moi de vous quitter sur la pointe des pieds et de vous laisser continuer la lecture de cette nouvelle érotique mais très douce, très imagée, très caressante parfois. Tout se déroule dans le noir, je vous incite à laisser travailler votre esprit afin de mieux imaginer ce qui va suivre.

 

Cette femme anonyme, on la retrouve dans deux autres nouvelles, For your eyes only, dans laquelle elle se dévoile comme dominatrice, fouettante, câline, adepte des menottes sans être une représentante des forces de l’ordre, et dans Sweet memories, une projection dans l’avenir puisqu’elle réside dans un hôtel afin de reprendre du poil de la bête. Elle est amaigrie, et ses fils lui ont conseillé de suivre une cure. Dans cette résidence fin de siècle, d’un autre siècle, elle s’installe dans la salle à manger se laissant aller à se remémorer ses souvenirs de dominatrice. Son regard est attiré un pensionnaire encore viril, une attirance réciproque, et elle retrouve un peu de force et de fierté…

 

Trois histoires qui se suivent et ne se ressemblent pas sauf par cette atmosphère de soumission et de domination, de sexe feutré, de douceur dans le propos. Un éloge de la femme qui ne subit pas, sauf peut-être dans ses envies, ses besoins, ses plaisirs.

Véronique POLLET : Blind date et la suite.
Véronique POLLET : Blind date et la suite.

Véronique POLLET : Blind date et la suite. Nouvelles numériques. Collection Culissime. Editions SKA. Parution le 1er octobre 2015. 1,99€ chaque.

Blind date. ISBN : 9791023404432

For your eyes only. ISBN : 9791023404562

Sweet memories. ISBN : 9791023404913

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24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 06:40

Par l’auteur de Des souris et des hommes et de

A l’est d’Eden…

John STEINBECK : La grande vallée.

La grande vallée, c’est celle de Salinas, dans le comté de Monterey en Californie centrale. Si aujourd’hui cette ville de Salinas compte environ 150 000 habitants, au moment où John Steinbeck écrivit ce recueil de nouvelles, sa population était de 11 000 âmes environ.

Natif de cette ville, John Steinbeck s’est très souvent servi du décor de ce comté et de ses habitants pour ses romans dont le célèbre A l’est d’Eden qui fut adapté en film par Elia Kazan en 1955 avec à l’affiche l’immortel James Dean.

Ce Prix Nobel de Littérature 1962 s’est beaucoup inspiré de ceux que l’on appelle les petites gens, les paysans, les ouvriers, les immigrants, les humbles, les laissés pour compte, écrivant des ouvrages contestataires, voire révolutionnaires, tel que Les Raisins de la colère, roman dont il n’avait pas présagé le succès et qui fut interdit de diffusion dans certaines villes californiennes. A cause du langage utilisé mais également des idées qui y sont développées.

 

Ainsi dans La rafle, première nouvelle du recueil, deux personnages arpentent les rues de la petite ville californienne. Le plus âgé essaie de rassurer son jeune camarade qui doit prononcer un discours auprès de quelques ouvriers. Le jeune espère devenir délégué tout comme l’ancien. Il connait son discours par cœur. Lorsqu’ils arrivent dans la cabane qui sert de lieu de rendez-vous, personne n’est présent.

Les nouvelles suivantes sont plus intimistes et mettent en scène des couples. Ainsi dans Les chrysanthèmes, Elisa aime jardiner et elle soigne ses plantes, surtout ses chrysanthèmes dont elle est très fière. Elle a la main verte. Son mari lui en fait compliment et lui propose de sortir le soir, puisque c’est samedi. Il vient de vendre une trentaine de bouvillons, à un bon prix, et il doit aller les chercher dans la montagne. Elisa, restée seule, est abordée par un rémouleur-étameur qui parcourt les routes de Seattle à San Diego, en passant par Salinas. Il a emprunté un chemin de traverse, mais même s’il n’est pas sur sa route habituelle, il ne se pose pas de questions. Si, une, comment il va faire pour manger le soir même. Il propose à Elisa d’affuter ses ciseaux, ses couteaux, mais la jeune femme n’a besoin de rien. C’est un peu une récréation dans la vie d’Elisa et elle lui demande de porter des plantes à une voisine et lui offre la pièce pour avoir décabosser deux vieilles casseroles.

Dans Le harnais, nous faisons la connaissance de Peter Randall, un fermier hautement respecté du comté de Monterey. Mais sa femme Emma est malade. Une fois par an Randall part en voyage d’affaires, pour une semaine, et lorsqu’il revient Emma tombe malade durant un mois ou deux. Et puis elle décède. Randall est sonné, et il confie à Ed Chappell, son voisin, qu’il était quelqu’un de bien, sauf une semaine par an. S’il était un homme bien c’était grâce à sa femme qui malgré sa faible constitution savait le diriger. Sauf une fois par an, pendant une semaine.

Le narrateur de Johnny l’ours est le responsable du dragage des marais dans les environs de Loma. Il est hébergé dans une chambre sinistre mais passe la plupart de son temps dans une cambuse flottante, afin de diriger ses hommes. Un soir, dans un bar, il est le témoin d’un spectacle inhabituel, pour lui. Johnny l’ours, un garçon un peu niais, se met à imiter deux habitants du village. Il restitue aussi bien les voix masculines que féminines, ce qui n’est pas sans conséquence sur la quiétude villageoise. Car ce qu’il dégoise n’est autre que ce qu’il a entendu en se planquant sous les fenêtres des habitations et la vie privée est ainsi étalée en public, au grand amusement des consommateurs. Mais il arrive que Johnny l’ours dépasse les bornes.

Mary Teller aime son mari, mais plus encore l’ordre, le rangement, la disposition exacte des objets et surtout son jardin. Elle soigne ses fleurs et son mari n’a qu’à acquiescer devant le sens pratique qui anime sa jeune épouse. Elle est souvent dans son aire de jeu, plantant, enlevant à la nuit tombée limaces et escargots. Et elle se délecte à regarder les oiseaux se désaltérer, surtout une petite caille blanche. Mais elle a peur de l’intrusion d’un chat. La caille blanche, titre de cette nouvelle, est-elle le volatile qu’elle contemple ou justement elle, cette amoureuse de la faune et de la flore ?

Cette fascination pour les animaux, on la retrouve dans Le Serpent. Le jeune docteur Phillips, biologiste, possède un laboratoire à Monterey. Une maison dont une partie est érigée sur des pilotis plongeant dans les eaux de la baie. Il procède à des expériences et à des dissections. Il possède entre autres des serpents et des rats. Un soir, une femme brune vient le rejoindre dans son antre, désirant assister à l’engloutissement d’un rat par un de ses reptiles. Elle lui propose même d’acheter un de ses animaux pour son plaisir.

 

Treize nouvelles d’inspiration diverse mais toutes tournant autour de ce coin de la Californie où John Steinbeck est né, a vécu, et qui a servi de décor dans bon nombre de ces romans et nouvelles. Tendres, humoristiques parfois, émouvantes souvent, dérangeantes également, sociales la plupart du temps. Frustrantes dans certaines conditions car l’épilogue proposé incite le lecteur à poursuivre l’histoire à sa convenance, ou alors, ce même lecteur aurait aimé que cela se termine autrement. Mais c’est bien l’auteur qui décide.

Steinbeck est profondément attaché à sa terre et à ceux qui y vivent, provenant d’origines diverses. Des paysans, des migrants, des petites gens qui évoluent dans des conditions quelquefois dramatiques, se révélant les jouets du destin ou tout simplement subissant des occasions manquées, avec au bout du compte un avenir guère radieux.

A noter que parmi ces nouvelles, Le poney rouge, la plus longue d’entre elles, avait été publié quelques années auparavant comme livre pour enfant.

 

Sommaire :

La rafle

Les chrysanthèmes

Un petit déjeuner

Le harnais

Johnny l'ours

Le vigile

Le meurtre

La caille blanche

Le serpent

Fuite

Le poney rouge

Le chef

Sainte Catherine, vierge

John STEINBECK : La grande vallée. Nouvelles. (The Long Valley – 1938. Traduction Marcel Duhamel et Max Morisse). Collection Du monde entier. Editions Gallimard. Parution 9 février 1946. 280 pages.

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3 septembre 2018 1 03 /09 /septembre /2018 09:32

Femme des années 80,

Mais femme jusqu'au bout des seins,

Ayant réussi l'amalgame

De l'autorité et du charme…

Jeanne DESAUBRY : Chroniques d’Elles.

Quarante micro-fictions, quarante nouvelles déclinées comme autant d’images et recueillies dans un album que l’on feuillette avec ce plaisir trouble de s’immiscer dans l’intimité d’une femme.

Des vignettes animées allant du rose au noir, en passant par les multiples couleurs de la vie. D’une vie éphémère, d’une vie forgée de regrets ou d’espoirs, une vie simple ou embrouillée.

Des femmes, jeunes, vieilles, belles, moches, filiformes, grosses, amoureuses, frustrées, jalouses, complexées, rêveuses, pragmatiques, seules, célibataires, mères, désabusées…

Des femmes sans nom, qui traversent les pages incognito, mais que l’on connait car elles pourraient être une sœur, une fiancée, une épouse, une collègue, une inconnue rencontrée dans la rue ou au détour d’une gondole dans un supermarché et qui vous sourit, à votre grand étonnement, ou qui vous nargue, la lippe dédaigneuse.

Une femme que l’on découvre dans ses multiples tâches, au travail, rêvant de son collègue ; au jardin, préparant la terre alors que l’hiver est proche ; collectionnant les chaussures orphelines trouvées dans les rues ; rêvant et fantasmant à côté d’un collègue qui ne prête pas attention à ses désirs ; écoutant la musique d’un vieux disque retrouvé dans une caisse qu’elle déballe enfin, des années après, et les souvenirs se catapultent ; malade, enfin elle le croit, et pour ne pas se laisser avoir à l’improviste, elle s’est aménagé une trousse de secours ; seule, mari parti, comme d’habitude, grands enfants enfuis, alors elle peint, calquant sur ses toiles la nature selon la météo ; phantasmant en lisant de petites annonces coquines ; veuve, et s’accommodant fort bien de son statut ; buvant, du vin, cela lui lave l’esprit…

 

Des historiettes de mille caractères environ qui explorent toute la palette multicolore de vies parfois mises entre parenthèses ou exaltées, souriantes au dehors et grises à l’intérieur, des mignardises signées Fragonard, Bosch, Munch, Poussin, Millet et autres peintres qui décrivaient si bien, pinceau à la main, les personnages, les situations, les sensibilités, les sentiments avec un réalisme pointilleux.

Les titres de ces courtes nouvelles, qui toutes débutent par Elle…, nous ramènent incidemment à des lectures enfantines, genre Martine est au supermarché, Martine a le ventre vide, Martine est infidèle ou à ces romans pour adultes signés Colette : Claudine n’aime pas son miroir, Claudine habite Versailles, Claudine lit des petites annonces

 

Jeanne DESAUBRY : Chroniques d’Elles. Collection Mélange. SKA Editions. Parution 10 octobre 2016. 132 pages. 4,99€.

ISBN : 9791023405422

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26 août 2018 7 26 /08 /août /2018 10:07

Quelques nouvelles de bon aloi !

Mark TWAIN : Plus fort que Sherlock Holmes.

Ce recueil, méconnu, de nouvelles de Mark Twain est paru en 1907, soit trois ans avant le décès du créateur de Tom Sawyer et de Huckleberry Finn.

On y retrouve cet humour particulier qui est néanmoins empreint de réalisme envers la société américaine, mais également de pessimisme concernant les excès de civilisation, voire de l’immoralité érigée en morale. Et c’est tout naturellement que ses récits ont souvent pour décor le Sud des Etats-Unis, puisque l’auteur est né dans le Missouri.

La première de ces nouvelles, Plus fort que Sherlock Holmes, qui donne son titre au recueil, narre la navrante aventure d’une jeune fille riche éprise d’un jeune homme pauvre. Ceci se déroule en Virginie en 1880. Le père de la jeune fille s’oppose au mariage, qui toutefois sera célébré. Mais le lendemain, le jeune marié prend sa femme à part et lui annonce que désormais sa vie sera un enfer. Oh, il ne la battra pas, mais il la torturera moralement, psychiquement. La jeune femme ne dit rien, ne se rebelle pas, elle reste stoïque devant les affronts.

Ce qui exaspère l’homme qui un soir l’entraîne dans les bois, la bat et la laisse nue avant de s’enfuir vers un autre destin. Six ans plus tard, on retrouve cette jeune femme, mère d’un petit garçon de cinq ans prénommé Archy et qui possède des dons particuliers. Outre sa nyctalopie, Archie est munie d’un odorat lui permettant de retrouver sans coup férir des objets dissimulés par sa mère ou de pouvoir indiquer les pages d’un livre qu’elle a caressé.

Quelques années plus tard, Archy sur la demande de sa mère part à la recherche de son père afin de lui faire subir les mêmes tourments psychiques qu’elle a vécu en sa compagnie. Il le piste, parcourt le monde à sa poursuite et enfin il s’installe dans un camp de mineur de Hope Canyon. Un gamin est martyrisé par un des mineurs et lui aussi mûrit sa vengeance. Il se prétend le neveu de Sherlock Holmes qui justement arrive sur le site au moment où un meurtre, à moins que cela soit un accident, est perpétré.

L’histoire serait banale si la description du fameux détective n’entamait pas le panache du Britannique. Pourtant il démontre et analyse les faits et les mineurs ne peuvent que se louer de sa présence, mes arguments sont dénués de fondement.

 

La nouvelle suivante, Cannibalisme en voyage, comme son titre l’indique, est une histoire imprégnée d’un humour noir morbide. Deux voyageurs conversent dans un compartiment ferroviaire et l’un d’eux narre comment lui et d’autres voyageurs ont été amenés à se sustenter de leurs compagnons, leur train étant bloqué sur les voies à cause d’une tempête de neige.

 

L’homme au message pour le directeur général se déroule début février 1900, à Londres, ville dans laquelle le narrateur réside alors. Il discute avec l’une de ses connaissances, lequel vitupère envers le Département de la guerre. En effet un de ses amis vient de mettre au point une chaussure qui, il en est persuadé, serait utile aux soldats qui se trouvent dans le Sud Africain. Alors le narrateur lui demande de quelle façon l’homme s’y est pris pour vanter sa marchandise. Et il relève de nombreux points qui ont desservi le créateur. Alors il raconte l’histoire de deux gamins, l’un, Tommy, seize ans, vide les puisards sous les ordres de son père ; l’autre, Jimmy, quatorze ans, est ramoneur de son état. L’Empereur du pays dans lequel ils vivent est très malade, tout comme la plupart des soldats de son armée. Ils sont atteints de dysenterie et les médecins ne parviennent pas à enrayer cette affection contagieuse. Jimmy possède une solution mais il se demande comment faire parvenir aux oreilles de l’empereur la panacée. Alors Tommy lui offre cette solution, qui effectivement résout le problème de la communication. Une solution simple qui joue sur le bouche-à-oreille, mais sans se tromper d’intermédiaire.

 

Les Geais bleus est une aimable digression sur le comportement de cet oiseau sensé être plus intelligent que l’homme.

 

Comment j’ai tué un ours est l’histoire d’un homme, pas chasseur pour deux sous, mais qui allant ramasser des mûres dans la forêt proche de son village, se trouve nez à nez avec un plantigrade qui est tout aussi surpris que lui. Et comment, lorsqu’en rentrant au village il informe sa femme, fort marrie de constater que son mari revient bredouille, et ses amis de son exploit peu banal.

 

Un chien à l’église, cela peut sembler bizarre mais pourquoi pas, il y bien d’autres animaux dans ce genre d’édifice. Des corbeaux me souffle-t-on, mais je ne ferais pas de mauvais esprit. Tom, onze ans environ, assiste à la messe, mais il s’ennuie. Le curé est si long dans son sermon. Tom est intéressé par le manège d’une mouche mais celle-ci possède un vif désir de s’échapper alors il reporte son attention sur une boîte qu’il détient dans sa poche. Dans cette boîte, pas d’allumettes, mais un scarabée. Et naturellement, le chien qui passait par là est intrigué par le coléoptère.

 

Une victime de l’hospitalité et Les droits de la femme par Arthémus Ward complètent ce recueil. A noter que les droits de la femme met en scène des suffragettes qui revendiquent légitimement l’égalité homme-femme, mais il existe des façons de revendiquer qui ne sont pas toujours de bon goût.

 

Tout le talent de Mark Twain éclate dans ces nouvelles dans ces nouvelles différentes dans leur inspiration et leur traitement. Toutefois il existe une constante, c’est l’insertion d’une ou plusieurs histoires dans l’histoire, comme par un effet boule-de-neige. L’humour est toujours présent, même si parfois il est plus dilué, les circonstances ne se prêtant guère à rire. Mais l’ironie quelque fois mordante est efficace, et il s’agit presque de mini-reportages sur une époque révolue mais dont certains ingrédients pourraient être, et ils le sont, utilisés de nos jours.

 

Pour ceux qui possèdent une liseuse, ils peuvent toujours se rendre sur le site Ebooks libres et gratuits et télécharger gratuitement cet ouvrage.

 

Mark TWAIN : Plus fort que Sherlock Holmes. Traduction de François de Gail. Parution le 2 juin 2016. 192 pages. 12,00€.

ISBN : 9782815914840.

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22 août 2018 3 22 /08 /août /2018 08:36

Et ce n’en est pas, de la Camelote…

Et d’Avalon à Camelot. Anthologie rassemblée et présentée par Lucie Chenu.

Des centaines d’ouvrages ont été consacrés à Arthur Pendragon, plus connu sous le nom du Roi Arthur, mais également des bandes dessinées, des adaptations cinématographiques, des séries télévisées, dont dernièrement Kaamelott d’Alexandre Astier, des dessins animés dont Merlin l’Enchanteur de Walt Disney dans lequel l’affrontement entre Merlin et Madame Mim reste un classique du genre, des jeux vidéos et même une comédie musicale.

Des romans qui suivent fidèlement la légende arthurienne édictée par Chrétien de Troyes, mais beaucoup s’en détachent apportant un souffle épique, de l’humour potache, extrapolant leurs aventures dans notre ère, voire en leur proposant des anticipations dans des univers plus ou moins proches dans des contextes de science-fiction.

Les versions qui sont proposées dans ce recueil nous offrent des possibilités de retrouvailles avec les différents personnages qui composent la geste arthurienne, de les transposer dans notre époque moderne, ou à des périodes plus ou moins récentes, en les propulsant dans des avenirs qui ne sont pas forcément meilleurs. Tous les auteurs pressentis pour faire évoluer les personnages auxquels ils se sont attachés à imaginer de nouvelles aventures, ou proroger celles qu’ils ont déjà vécues, se sont immergés dans leur esprit, leur insufflant des sentiments qui n’étaient pas forcément les leurs à l’époque d’origine, tentant de les cerner et de les opposer.

 

Gudule nous ramène quelques décennies en arrière, dans un petit village breton. Un cirque vient de s’installer sur la place du village mais une mère de famille entre en trombe dans le commissariat affirmant que son fils a été enlevé. Il était allé au spectacle avec son grand-père qui à cette occasion retrouvait une joie enfantine, malgré son handicap qui l’obligeait à se déplacer en fauteuil roulant. Un humour sous-jacent irradie dans cette entame qui augure des textes suivants une panoplie intéressante.

Ainsi Rémy Gallart met en scène un jeune homme, qui vivant ailleurs dans un monde interdimensionnel dédié à la technologie, se trouve propulsé sur Terre. Il est renversé par une jeune femme qui roule à bord d’un véhicule. Elle se nomme Viviane, et il s’en doutait. Mais se doutait-il des événements qui allaient suivre ?

Yaël Assia nous incite à découvrir dans la plus pure tradition des contes, débutant sa nouvelle par Il était une fois un pays, un épisode d’Halloween. Et le petit garçon qui figure dans cet épisode se souvient qu’autrefois il fut Taliesin, poète historique et barde mythique de la littérature galloise.

Estelle Valls de Gomis place son intrigue dans le Londres de l’année 1898. Gauvain, tel est le nom du héros, s’est installé en la capitale britannique, laissant sa femme en Bretagne, et il se rend un soir sur les bords du lac de Regent’s Park. Un poisson délaissé par un pêcheur se meurt sur la berge. Il le rejette à l’eau et en reconnaissance l’animal aquatique lui offre un bijou, une sorte de croix d’argent. Puis Gauvain est attiré par le cimetière de Highgate, le décor du roman de Bram Stoker paru récemment, Dracula.

Luvan met en scène le Chevalier Noir, qui à chaque fois renait de ses cendres, ou plutôt se réincarne, sortant de l’écorce d’un arbre et affrontant divers personnages arthuriens.

Dean Whitlock, seul auteur étranger invité, confronte, au début de sa nouvelle, une jeune fille gothique et un nain, nettoyeur de toilettes. Morgane s’est invitée dans la partie réservée aux hommes afin que Rag, le nabot, l’emmène dans un endroit déterminé pour retrouver Arthur. Seul Rag peut la conduire dans des dédales souterrains, et ils récupèrent en cours de route Dreads, qui semblait les attendre et se joint à leur petit groupe.

Anne Fakhouri suit les traces de Keu, le sénéchal du roi Arthur, envoyé en mission afin de comprendre pourquoi le pays d’Escalot dépérit. Une facette inhabituelle pour ce personnage, frère nourricier d’Arthur, qui sera obligé d’abandonner son arrogance et sa morgue habituelles.

 

Souvent c’est le profil psychologique des personnages qui importe au détriment de l’action, dans des nouvelles parfois elliptiques, peut-être un peu abstruses, souvent métaphoriques, attendrissantes, mais toujours intéressantes dans leur développement.

 

 

Sommaire :

Présentation de Lucie Chenu

GUDULE : Excalibur Circus

ASSIA Yaël : Trick or Treat

FAKHOURI Anne : Ce que chuchotait l'eau

LUVAN : Le chevalier noir

GALLART : Rémy : Voyage sans retour

WHITLOCK Dean : Le sacre du nouvel an

VALLS DE GOMIS        Estelle : L'histoire du Haut-portail

LARA Léonor : Décharmé, peut-être

DOKE Sara : Fata morgana

CLUZEAU Nicolas : Une légende est née

Dictionnaire des auteurs.

Et d’Avalon à Camelot. Anthologie rassemblée et présentée par Lucie Chenu. Collection Grande Bibliothèque Arthurienne. Editions Terre de Brume. Parution le 16 mai 2012. 240 pages. 18,50€.

ISBN : 978-2843624803

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19 août 2018 7 19 /08 /août /2018 11:13

Les écorchés, aurait aussi bien pu convenir comme titre.

Aline BAUDU : Les égarés.

Deux nouvelles noires au sommaire de ce mini recueil. Le sable de Djerrah et Déraillement. Deux tranches de vie, deux destins, deux histoires dans lesquels on pourrait, presque, se reconnaître, tout au moins dans la seconde.

Dans Le sable de Djerrah, le lecteur fait la connaissance de Jean, un garçon mutique qui passe son temps à fabriquer des balais à l’aide de branchages de peuplier et de genêt dans la ferme familiale. Ou alors il balaie la cour, les dépendances. Il ne parle pas de la journée.

Francette, sa jeune sœur, s’amuse à trier dans une passoire les gravillons du sable, imaginant découvrir un jour des pépites d’or. Une occupation qui dérange Jean, lequel éparpille son mamelon d’or présumé, à l’aide de son sempiternel balai qui traîne en permanence avec lui. Pendant ce temps la mère dépiaute un lapin pour le repas du midi. Jean ne peut pas voir cette opération délicate, il ne peut pas, surtout il ne veut pas.

C’était au temps où dans les salles de cinéma était projeté un film dans lequel une jeune débutante se voyait projetée sous les feux des projecteurs et des yeux concupiscents des hommes. Et Dieu… créa la femme, paraît-il. Il a aussi créé les guerres, comme celle d’Algérie, à laquelle Jean a participé comme appelé. Il y eut beaucoup d’appelés, et peu d’élus. Depuis Jean traîne ses souvenirs comme un écorché vif.

 

Déraillement, le genre d’accident au quotidien, quand un célibataire quiètement engoncé dans sa vie d’homme solitaire rencontre une jeune femme. C’est beau l’amour, quand c’est partagé. C’est envahissant aussi, quand la femme se met en tête de chambouler le train-train quotidien. D’obliger son amoureux à coucher sous la tente, ce qu’il refuse catégoriquement, à se promener à vélo, à manger des légumes plutôt que de la viande…

C’est excitant, une nouvelle vie, gérée par la femme qu’on aime, c’est énervant aussi, et des idées folles traversent la tête.

 

Plus le temps passe, plus je vieillis, plus la lecture de nouvelles me procure du plaisir. Le plaisir de découvrir des univers différents à chaque fois, des petites scènes du quotidien que l’on aurait pu vivre ou des situations que l’on a plus ou moins connues, des sensations, des sentiments, que l’on ressent par procuration.

Les pavés ne m’intéressent plus guère, les ayant connus en 1968, puis après durant des décennies, les pavés littéraires je précise. Maintenant, il me faut passer d’une histoire à une autre, le plus rapidement possible, car outre lire des intrigues différentes, de se transposer dans des ambiances et des atmosphères diverses, cela permet de découvrir de jeunes auteurs, jeunes dans l’écriture, peu importe l’âge, qui s’affirment de texte en texte et offrent des possibilités de renouvellement.

Aline Baudu est l’une de ces auteurs qui sous la houlette de Mademoiselle Ska s’exprime avec justesse, sans s’épancher dans des considérations oiseuses, mais prenant aux tripes.

Pour vous procurer cet ouvrage, une seule adresse :

Aline BAUDU : Les égarés. Deux nouvelles noires numériques. Collection Noire Sœur. Editions Ska. Parution 1er septembre 2016. 21 pages. 1,99€.

ISBN : 9791023405330

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14 août 2018 2 14 /08 /août /2018 10:15

Prenez votre billet pour voyager à bord de

l’Enterprise !

James BLISH : La dernière créature

D’après des scenarii de la célèbre série télévisée Star Trek, dus à l’imagination d’auteurs dont la liste est détaillée en fin d’article, James Blish, bien connu des amateurs de science-fiction pour ses romans tels que Les Quinconces du temps, Aux hommes, les étoiles ou encore Villes nomades, James Blish a écrit à la fin des années 1960 de courtes histoires, novellisations des épisodes mettant en scène l’Enterprise, fameux vaisseau intergalactique avec à ses commandes le capitaine Kirk, Mr Spock, le docteur McCoy ou le lieutenant Uhura.

C’est ainsi qu’au cours de leurs pérégrinations, Kirk et ses compagnons vont se trouver confrontés à des situations souvent périlleuses et angoissantes.

Par exemple Charlie, un jeune orphelin qui a vécu en solitaire pendant quatorze ans sur une planète désertique, recueilli par les membres de l’Enterprise, va semer la perturbation à bord. Doué de certains pouvoirs mais ingénu, colérique et susceptible, il n’accepte qu’avec réticence les conseils et refuse de se plier aux règles en vigueur sur le vaisseau.

Dans un autre épisode, le docteur McCoy retrouve sur une planète une femme, Nancy, avec qui il a eu une relation dix ans auparavant. Mais depuis, Nancy s’est mariée avec un archéologue, Bierce, et celui-ci se montre extrêmement désagréable avec Kirk et ses compagnons.

L’un des membres de l’équipage est découvert mort dans une crevasse, et son décès s’apparente plus à un assassinat qu’à un accident.

Sur l’Entreprise, quatre cents personnes vivent en communauté et dans ce village mobile, certains événements heureux sont célébrés, ainsi un mariage. Mais un incident vient troubler la cérémonie et Kirk est obligé de quitter son habit de prêtre pour réendosser celui de capitaine.

Un vaisseau spatial les attaque et en aucun cas il faut perdre son esprit de décision et sa lucidité.

Une planète lance un SOS et l’Enterprise dévie de sa route pour secourir les éventuels rescapés. Trop tard pensent Kirk et ses compagnons en se posant sur une ville désertique, désolée, abandonnée, enfouie sous les mauvaises herbes. Mais des gamins s’échappent des bâtiments en piteux état, des gamins qui ne veulent pas vieillir.

En tout sept histoires dont la plus étonnante est peut-être celle mettant en scène un acteur de théâtre shakespearien.

Sept histoires qui se lisent avec plaisir et dont les textes sont rehaussés par des gravures dues à Patrick Sanahujas.

 

Sommaire :

Introduction trad. Paul COUTURIAU

James BLISH & George Clayton JOHNSON : La Dernière créature (The Man Trap)

James BLISH & Paul SCHNEIDER : L'Équilibre de la terreur (Balance of Terror)

S. BAR-DAVID & James BLISH : Un esprit tranchant (Dagger of the Mind)

James BLISH & Adrian SPIES : Miri (Miri)

James BLISH & D. C. FONTANA & Gene RODDENBERRY : La Loi de Charlie (Charlie's Law)

James BLISH & Barry TRIVERS : La Conscience du roi (The Conscience of the King),

John D. F. BLACK & James BLISH : Un vent de folie (The Naked Time)

James BLISH : La dernière créature (Star Trek 1 – 1967. Traduction de Paul Couturiau). Collection d’Aventures N°3. Editions Lefrancq. Parution avril 1991.

ISBN : 2-87153-055-6

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7 août 2018 2 07 /08 /août /2018 08:15

Allô, Oncle Paul ! Quelles nouvelles ?

Absente depuis quinze jours,

Au bout du fil

Je vous appelle ;

Que trouverai-je à mon retour ?

Collectif : Civilisations.

Un joli petit recueil de nouvelles qui vous aidera à passer le temps à n’importe quel moment de la journée, voire de la nuit, entre deux métros, entre deux trains (quand il y en a), entre deux plats au restaurant.

Par exemple, vous avez dégusté votre apéritif, et en attendant l’entrée, que le cuistot prépare amoureusement en ôtant l’emballage des barquettes achetées au traiteur du quartier qui lui-même se fournit dans une charcuterie industrielle, je vous conseille L’obscurité entre les étoiles d’Estelle Faye.

Un voyage en compagnie de Juan qui traverse l’Altiplano, en provenance de Bolivie et vient de mettre le pied au Chili. Il est frêle, mais courageux, et redoute toutefois les douaniers, la police, car il est un clandestin recherchant du travail. Il se réfugie pour la nuit dans une cabane et l’Inca, la figure légendaire de l’Altiplano, fait son apparition. Au petit matin, Juan se rend compte que traverser la Panaméricaine sera aussi difficile, sinon plus, et dangereuse que traverser les Andes sous la froidure.

La venue de l’entrée se laissant désirée, probablement que le cuisinier est confronté à des problèmes d’emballage résistant, plongeons-nous, oui j’en profite pour vous accompagner pendant la lecture, dans la nouvelle suivante, Une araignée au bout du fil de Dounia Charaf, qui nous propulse dans le désert, lequel pourrait être marocain. Nous voyons évoluer trois personnages, un spationaute et une policière accompagnée de son droïde. Le spationaute est à la recherche d’une jeune fille, la fille du gouverneur d’une station spatiale. A-t-elle été kidnappée, s’est-elle enfuie ? Alors que certains recherchent la quiétude d’un monde superficiel, d’autres s’en échappent revenant à la dure réalité et aux difficultés, mais dans un esprit de liberté.

Enfin nous sommes servis, je me suis effrontément installé à votre table afin de profiter de ce recueil dont le sommaire est plus appétissant et plus diversifié que le menu du supposé restaurant. Puis en attendant que le maître-queux procède à la décongélation du plat principal, je vous l’ai dit, la carte proposée est assez restreinte, du plat signé d’un célèbre cuisinier dont la figure est apposée sur les produits élaborés dans une cantine industrielle, reprenons notre lecture.

Et comme je suis d’humeur enjouée, malgré l’attente, je vous conseille Une nuit facétieuse de Chantal Robillard. Une quarantaine de congressistes débarquent à Venise afin de visiter la ville, la lagune, Murano, et éventuellement papoter selon un temps imparti. Justement en parlant de temps, il fait froid et la lagune est gelée. Alors pourquoi ne pas se rendre en cette île célèbre pour ses verreries à pied sur la glace, proposition du guide.

Le plat rapidement expédié, il ne valait pas le temps passé à une dégustation, reprenons notre lecture en attendant le plateau de fromages, des pâtes molles sans odeur, sans saveur, fabriquées à base de lait pasteurisé au lieu du bon vieux lait cru honni par les paranoïaques des bactéries.

Morgane Marchand dans La nuit avant l’envol nous offre un texte onirique, parabole de la chenille et du papillon ou de l’enfant et de l’adulte tandis qu’Andrea Lalex nous incite à suivre Nora, dans Point de vue, dans son devoir de mémoire. Perpétuer le Grand Cataclysme dans l’esprit et le cœur des hommes. C’est une marcheuse infatigable, et si certains la surnomme Nora la folle, les histoires qu’elle raconte sont fort prisées, même si on n’y croit guère.

Je quitte à regret ces quelques belles pages, et à peine le doigt levé que la note est déjà arrivée. Apparemment on est pressé de se débarrasser de moi maintenant. Ce qui m’arrange, je vais me poser sur un banc dans le parc voisin et vais pouvoir continuer déguster ce recueil en toute sérénité sous un arbre ombrageux. Car d’autres belles histoires m’attendent, écrites par des auteurs connus et reconnus, ou par de nouvelles plumes qui valent largement le détour, mettant leur talent pour développer un thème qui offre bon nombre de possibilités.

Et pour quoi ne pas suivre mon exemple ? Vous pouvez vous procurer ce volume en vous rendant sur le site de l’éditeur dont l’adresse est dans le lien ci-dessous.

 

Sommaire :

FAYE Estelle : L'obscurité entre les étoiles

CHARAF Dounia : Une araignée au bout du fil

ARRECHI Alberto : Rêve en haute mer

EHRENGARDT Renaud : Utoña

REY Timothée : Coucher de soleil sur Xkurulub

MONRAISSE Bérangère       : Porteur de lumière

MARCHAND        Morgane : La nuit avant l'envol

LARUE Ïan : Tête de hibou

DAVERAT Loïc : Poubelle la vie

ANDREVON Jean-Pierre : Scant

ROBILLARD Chantal : Une nuit facétieuse

MORENCY A.R. : Galéné

ANDREA Lalex : Point de vue

CERON GOMEZ Céline : Klaziennes

MARINES Johanna : Panem & Circenses

BAYLE Pascal : La dernière nuit du monde

SEDAN Mara : Eiréné

STEWARD Ketty : La mauvaise herbe

BELLAGAMBA Ugo : Sur la route d'Alcalà

 

Collectif : Civilisations. Volume 5 édité par Les Vagabonds du Rêve. Parution juin 2018. 276 pages. 18,00€.

ISBN : 979-10-91437-24-0

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Présentation

  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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