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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 06:59

Entre Fantômette et Madame Atomos, n'hésitez pas : Panthéra est là !

Pierre-Alexis ORLOFF : Panthéra contre Faustus.

Mais qui est cette Panthéra qui défraie la chronique, pas plus tard que la semaine dernière, c'est à dire en temps compensé, le 22 octobre 1963 ? Nul ne saurait le dire, pas même François Renouard, journaliste au quotidien Soir-Nouvelles, pourtant toujours bien informé.

Maître Joseph Gorvain, notaire à Corbeil-Essonnes, a été retrouvé mort dans son étude, et si le crime n'est pas formellement établi, une carte signée Panthéra sur laquelle est suscrite la phrase suivante, la vengeance est mienne, a été déposée près du corps.

Or une semaine auparavant, à quinze kilomètres de là, à Saint-Firmin sur Essonne, Mrs Margareth Arlington avait été assassinée, et les témoins, Percival le fils de la victime, et Mireille, la domestique, avaient décrit la meurtrière comme féline. Et coïncidence c'était ce même notaire qui avait procédé à la vente des Peupliers, la propriété des Arlington, à la fin de la guerre.

Un article journalistique qui n'échappe pas à Antoine Duchard, l'héritier de Marcel, industriel dans l'armement et l'aéronautique. Enfin, fils de Marcel, c'est à voir, car il s'agit de Marcel qui grâce à un artifice, disons démoniaque, est resté jeune et pour la galerie a pris sa propre succession. Antoine Duchard fait part de sa lecture à son amie Berthe Windgassen qu'il a connue durant la guerre, grâce à des accointances avec un officier Allemand. Bertha est devenue Bertha Camden, Lady Dunsmore, a hérité de la propriété les Peupliers, et de temps à autre se mue en miss Jane Camden, sa nièce. Elle vit actuellement dans le Devon, secondée par son majordome et amant occasionnel James Fischer.

Il demande, ordonne pourquoi ne pas employer les termes exacts, à Faustus, le satyre, le faune, et son compagnon Dorilien, le farfadet, tous deux faëriens, de découvrir qui se cache sous l'enveloppe de Panthéra. Les Faëriens sont issus d'une lointaine entité ayant pignon sur rue, puisqu'une ambassade de Faërie est implantée à Londres.

 

Alice de Sérigny est depuis peu la secrétaire de Marie-France d'Aygues-Vives, romancière et rédactrice d'un hebdomadaire féminin, ce qui déplait fortement à Tanya Morin, son amie d'enfance et même plus, puisqu'elles ont été élevées ensemble, mais pas que. Tanya, dont le nom d'emprunt est Farnèse, est chercheuse auprès du professeur Bellières, dans un domaine particulier, celui de l'influx nerveux face à l'envoi de fausses informations. Tanya, qui est handicapée, bossue et pied-bot, est quelque peu jalouse mais il faut bien faire avec sa colocataire-amie. D'autant qu'Alice doit ressortir ce soir, après la réception littéraire à laquelle elle a assisté, et redevenir le temps de quelques heures Panthéra, celle dont tout Paris et la France parle, et pas obligatoirement en bien.

Ayant enfilé sa combinaison noire et sa cagoule, Panthéra se rend aux Peupliers afin de vérifier, parmi les papiers, l'acte de vente de la propriété. Seulement l'inspecteur (stagiaire) Carlier a disposé deux hommes afin de garder la demeure et ses occupants. Une demeure dans laquelle elle a vécu les premiers mois de sa vie et dont le blason porte encore les armes de la famille Sérigny. Elle s'introduit dans la pièce où se trouve déjà Percival et celui-ci est tout de suite subjugué par la jeune femme. Mais Mireille, qui a subi les foudres peu avant de son amant de patron, ne peut s'endormir et elle perçoit des bruits. Curieuse, elle aperçoit Panthéra qui s'introduit dans la pièce et immédiatement alerte le policier en faction. Le drame couve, car lorsque le policier veut intervenir, le démon qui est en Panthéra prend du poil de la bête et non seulement se défend mais attaque. Le policier est grièvement blessé, Panthéra peut s'échapper mais le mal est fait.

 

L'inspecteur (stagiaire) Carlier, ami de Renouard le journaliste, est aussitôt sur les lieux, enquêtant et accusant Percival de connivence. Carlier possède d'autres accointances, dont Erynia, la nymphe, et lui fait part de la présence possible d'un démon. Erynia révèle cette information à son compère Sargo, le centaure, et celui-ci embarque pour l'Angleterre et plus précisément dans le Devon, chez lady Dunsmore. Sargo, le faune, et Erynia, la nymphe, sont deux Faëriens, chasseurs de démons, et ne jouent pas dans la même cour de récréation que Faustus et Dorilien.

 

Cette histoire prend sa genèse, du moins une grande partie, durant la seconde guerre mondiale, et en cette année 1963, soit vingt ans après, rien n'est effacé, rien n'est oublié, rien n'est terminé.

A l'instar des grands feuilletonistes des siècles précédents, de Dumas à Léon Sazie, en passant par Féval, Zevaco, Arnould Galopin, Souvestre et Allain, et quelques autres, Pierre-Alexis Orloff, qui est un pseudonyme bientôt dévoilé, construit avec Panthéra une œuvre magistrale, dont les différents volumes se lisent indépendamment mais se suivent, l'épilogue relançant l'action, et comme l'on sait, action - réaction. Car les réactions sont nombreuses et les épisodes s'enchaînent sans discontinuer, le lecteur ne prenant même pas le temps de souffler, à peine celui de boire et de manger.

Un roman épique mélangeant avec bonheur les genres, allant du fantastique au policier, du dramatique au mystérieux, avec incursion historique, et un côté sentimental et familial dont étaient friands les auteurs précités, sans oublier Xavier de Montépin et Hector Malot.

Mais les personnages ne sont pas tous issus de la fiction et de l'imaginaire de Pierre-Alexis Orloff. Ainsi sous le nom de Marcel Duchard, puis de son "fils" Antoine, industriels dans l'armement et l'aéronautique, on ne manquera pas d'accoler ceux d'industriels ayant réellement existé ou vivant encore, le fils entretenant quelques indélicatesses avec la justice. Quant à Maître Roger Formellot, il possède un air de ressemblance avec René Fleuriot, célèbre avocat d'après-guerre.

Et l'on pourra poursuivre les aventures de Panthéra bientôt avec les autres titres de cette série qui ne manque pas d'allant, d'humour, de piquant, et d'imagination. Et surtout on apprendra que les amours entre personnes de même sexe parfois peuvent sauver la vie, ou pas.

 

Pour commander ce livre, version papier, une seule adresse :

 

Mais si vous préférez la version numérique, n'hésitez pas, c'est par ici :

Pierre-Alexis ORLOFF : Panthéra contre Faustus. Collection Noire N°30. Editions Rivière Blanche. Parution juillet 2011. 228 pages. 17,00€.

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 08:07

Où il est démontré qu'un bon vaudeville vaut mieux qu'un mauvais bœuf de campagne...

Jerry JOSNES : Flic flaque.

Les romanciers qui se cachent sous divers pseudonymes, cela ne manque pas en littérature. Par exemple Frédéric Dard/San-Antonio, Romain Gary/Emile Ajar, Agatha Christie/Mary Westmacott, la liste est trop longue pour la continuer, mais si vous avez d'autres noms, rien ne vous empêche de les ajouter dans votre Ford intérieure.

Et pourquoi se dissimulent-ils sous des noms d'emprunt, me demanderez-vous avec juste raison. Pour différentes raisons, le changement de style et donc pour ne pas perturber leurs lecteurs habituels, à cause de contrats d'exclusivité avec leur maison d'édition, ou encore plus rarement pour échapper au fisc.

Donc, sous le pseudonyme de Jerry Josnes, j'ai ri jaune comme me le souffle dans le creux de l'oreille l'auteur du livre, se tient à l'affût Gérard Boutet, son double, son jumeau, son siamois, son nègre qui sait. Et pourquoi Josnes, tout simplement parce que... Attendez, je vérifie sur mon Atlas, papier, et oh surprise, il s'agit du nom d'un village du Loir et Cher (Ma famille habite dans le Loir et Cher, Ces gens-là ne font pas de manières... comme le chantait Michel Delpech) et qui plus est le village natal de l'auteur. Au moins, on sait d'où il vient mais pas où il va. Mais penchons-nous, sans tomber, sur cette prose qui devrait vous ébouriffer, comme la mignonne que le héros, mais s'agit-il vraiment d'un héros, recueille un soir de pluie d'avril. Oui, je me dépêche, je ne veux pas vous laisser vous languir d'autant que la belle Babette, Babie pour les intimes, va prendre froid, mouillée comme elle est. Par la pluie ai-je besoin de préciser.

 

Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps,

Le beau temps me dégoûte et m' fait grincer les dents,

Le bel azur me met en rage,

Car le plus grand amour qui m' fut donné sur terr'

Je l' dois au mauvais temps, je l' dois à Jupiter,

Il me tomba d'un ciel d'orage.

C'est beau, c'est du Brassens, et c'est de circonstance, mais les conséquences ne seront pas celles évoquées dans la chanson. D'ailleurs le narrateur, Jeanjean de son prénom, gendarme de son statut professionnel, à Colombier-Sainte-Croix, nous plonge dans le bain dès les premières pages. Et depuis quelques mois il folâtre avec Babie mais cela ne lui suffit pas. Il est marié avec Letty, mais les rapports ne sont plus ce qu'ils étaient au début de leur mariage. Pas besoins de préciser quels rapports, vous êtes assez grands pour comprendre à demi mot.

Tandis qu'avec Babie, c'est nettement mieux. Babie il la connait depuis tout petit et même avant ou presque, car ils habitaient des maisons mitoyennes. Et arrivés à l'âge où ils auraient enfin pu se démontrer l'inclinaison qu'ils se portaient, Babie n'a pas voulu, car selon une croyance populaire, s'il l'avait embrassée, ne serait-ce qu'une fois, elle serait tombée enceinte. Ce qui ne l'a pas empêchée par la suite de fréquenter d'autres garçons et de jouer à touche-pipi, comme on disait dans la bonne société, mais ce ne sont que des on-dit que personnellement je n'ai pas vérifié.

Donc il rencontre Babie à la faveur d'une pluie d'orage. Il était à bord de l'estafette, et oui, ce fut sa fête, de la gendarmerie, et quelques mois plus tard, il manigance de tuer Paulo, le mari de Babie, garagiste de son état, qui préfère jouer aux boulons qu'au vice. Une envie qui a mûri sous son képi et une Juvaquatre remisée au fond d'un garage de la maréchaussée lui servira à perpétrer son forfait. Normalement Paulo devrait remettre en état le véhicule qui appartient tout de même à l'Etat, et Jeanjean peaufine son stratagème dont je ne vous dévoile pas les détails, mais sachez que l'on entre de plain-pied dans un vaudeville alambiqué et humoristique que Donald Westlake n'aurait pas désavoué, d'ailleurs il s'est servi d'une combinaison approchante, presque, pour écrire Un jumeau singulier. Et puisque nous sommes dans les comparaisons, nous pouvons affirmer que Day Keene, Bruno Fisher, Brett Halliday et James Hadley Chase, pour ne citer que les principaux, se seraient régaler à écrire ce genre d'aventures, même si eux-aussi parfois s'en sont approchés.

 

Jerry JOSNES : Flic flaque.

Je sens que je vous laisse sur votre faim, mais je peux toutefois vous préciser que l'histoire se déroule en 1972, mais écrite en 1976, et pour ceux qui avaient vingt ans à cette époque, ils ne seront pas dépaysés par certains événements décrits, certains personnages évoqués, et ou magazines de référencés.

Avec un humour proche de celui de San-Antonio, mais qui n'était pas uniquement la marque de fabrique du seul Frédéric Dard, d'autres autres auteurs avant lui écrivant dans ce style, et d'autres après lui prolongeant cette manière d'écrire, Cicéron Angledroit et Maxime Gillo, pour n'en citer que deux.

Un vaudeville plaisant, avec une brigade de gendarmerie tirée d'un film de la série des Gendarmes avec Louis de Funès et qui démontre que sous des airs parfois niais un gendarme peut en avoir sous le képi, à lire et à conseiller, mais pas à exécuter même si vous connaissez des problèmes familiaux et que vous êtes du bon côté de la loi.

 

Jerry JOSNES : Flic flaque. Collection Les Polars du terroir. Editions Marivole. Parution le 27 avril 2016. 224 pages. 20,00€.

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 08:42

Et si Django Reinhardt n’avait pas succombé à une congestion cérébrale le 16 mai 1953 ?

Patrick WILLIAMS : Les quatre vies posthumes de Django Reinhardt.

Partant de ce postulat Patrick Williams, éminent connaisseur du guitariste, imagine, en empruntant trois identités, quatre chemins parcourus par Django, quatre destins vécus par le musicien sorti du coma.

Dans cette première vie, relatée par un journaliste du nom de Guy Leclère, intitulée Sensationnel ! Un concert de Django Reinhardt et Thelonius Monk en duo, le 16 mai 1973 Django se tue dans un accident de la route entre Fontainebleau et Paris. Ce journaliste est chargé d’écrire l’article nécrologique et c’est pour lui l’occasion de revenir sur les deux journées qu’il a partagées avec le Gitan quelques années auparavant. Deux jours composés de déambulations dans le 18ème arrondissement parisien, en évitant toutefois certaines rues, certains quartiers, revisitant les lieux où Django aime manger, boire, jouer. Il va s’infiltrer dans des clubs de jazz en compagnie du musicien, prendre le train pour Samois, l’une des résidences de Django, et l’écouter parler, de Bud Powell, de sa conception de la musique, de l’improvisation, de Bud Powell, des artistes avec lesquels il a joué et enregistré des faces mémorables, de Bud Powell, de son concert programmé avec Monk, de Bud Powell qui inlassablement revient comme une antienne, comme une fixation, un refrain entre deux couplets plus ou moins longs.

A signaler qu’une discographie posthume est recensée, comprenant des enregistrements effectués en compagnie de Mary-Lou Williams, Gerry Mulligan, Henri Crolla, Dizzy Gillespie, Benny Golson, Donald Byrd, Ben Webster ou encore le trio Arvanitas. Que de disques perdus dans la nature !...

 

Dans A room with a view, 43e étage, James D. Cszernynk, critique littéraire nous entraîne à New York sur les traces de Django et de sa femme Naguine dans Manhattan où le guitariste s’est installé après sa sortie du coma. Il vit dans un grand appartement dont les murs sont remplacés par d’immenses baies vitrées et il peut ainsi voir la Grosse Pomme quasiment à 360 degrés. Le plus surprenant n’est pas son insouciance légendaire, ses flâneries dans le quartier, mais bien qu’il se soit reconverti, avec succès, dans la musique électro-acoustique. Une hérésie, peut-être, pourtant le succès discographique est au rendez-vous. Il décède le 23 avril 1983, paisiblement endormi dans son fauteuil préféré, face à l’ouest, rêvant, méditant, contemplant le décor, une ouverture sur l’espace, la liberté.

Laissons les grincheux (de moins en moins nombreux) se lamenter en rappelant que le succès n’est pas obligatoirement synonyme de qualité – il est vrai que l’industrie de la musique populaire en a apporté de multiples preuves dans la seconde moitié du XXème siècle. Il serait étonnant, pouvons-nous leur répliquer, en leur rappelant le caractère spontané de l’emballement populaire, que l’humanité tout entière se trompât. Quel crédit apporter à ce dogme élitiste que la faveur du plus grand nombre dévalorise ce qui en est l’objet ?

 

Dans Sous une pluie de fleurs d’acacias, l’auteur qui se cache sous le pseudo de Bertrand Journens, romancier, nous montre un Django flâneur, bucolique, champêtre, adepte éphémère d’une existence pastorale, puisqu’il fréquente durant un moment l’Eglise Pentecôtiste. Django, se réveillant après un coma de dix-huit mois fin octobre début novembre 1954, déclare avec un surprenant Bonjour ! à l’infirmière de garde, qu’il n’a jamais dormi durant son long séjour dans l’au-delà de la vie active, malgré toute les visites que lui ont rendu sa famille, ses proches, ses amis, des visites souvent bruyantes peu propices au repos. S’est-il reposé, a-t-il réfléchi à un avenir musical ?

Il reprend sa guitare, avec difficulté, à force d’obstination retrouve sa dextérité, mais la foi n’est plus le même. Il apprécie plus les longues balades solitaires sur les bords de la Seine que les concerts, et lorsqu’il se rend dans les clubs de jazz, c’est pour écouter ses amis, ses confrères que pour participer. Et lorsqu’il accepte d’enregistrer à nouveau, fidèle à son habitude, il oublie les rendez-vous. Ensuite il s’établira avec Naguine à Paris, enfin il s’établira, c’est un bien grand mot, disons qu’il vagabondera d’hôtel en hôtel et qu’enfin il s’installera dans une petite maison de ville dans le quartier de Charonne.

Avec Naguine ou seul, de plus en plus souvent seul, il déambulera à Belleville, Ménilmontant, La Chapelle, Barbès, Pigalle, Clichy arpentant l’allée centrale située entre les deux voies des boulevards, là où s’érigent platanes et acacias (en réalité faux-acacias ou robiniers), des arbres presque incongrus comme ceux qui défient les immeubles des deux côtés de cette longue voie qui sépare les 9ème, 10ème, 11ème arrondissements des 17ème, 18ème et 19ème arrondissements ou, plus au nord, les rues parallèles aux boulevards des Maréchaux. Et lorsque Naguine ne pourra plus le suivre dans ses déambulations il continuera, même lorsqu’elle sera hospitalisée. Il la quittera endormi sur un banc, embaumé par la senteur de fleurs d’acacias, trois jours avant le décès de sa compagne de toujours.

 

Enfin la dernière partie de cet ouvrage Une postérité à n’en plus finir, signée Patrick Williams porte bien son titre puisque Django Reinhardt règne toujours dans les cœurs et les oreilles de tous ceux qui apprécient sa musique, jazz manouche, et dont les nombreux émules et membres de la famille des Gitans, portent encore le flambeau, qu’il s’agisse d’Angelo Debarre, Bireli Lagrène, pour citer les plus connus, mais aussi Ninine, Tchavolo Schmitt, Romane, Babik, Coco et David Reinhardt, la famille Ferret : Boulou, Matlo, Sarane, Elios et bien d’autres sans oublier Patrick Saussois et le tout jeune et prometteur Swann.

Un ouvrage dans lequel fiction et réalité se disputent la prépondérance, et qui démontre la connaissance et la virtuosité de Patrick Williams, le djangologue le plus averti des connaisseurs de la vie de Django et de sa musique, et qui lui permet d’imaginer ce qui aurait pu être et ne sera jamais.

Patrick WILLIAMS : Les quatre vies posthumes de Django Reinhardt. Collection Eupalinos. Editions Parenthèses. Parution mars 2010. 288 pages. 16,00€.

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 09:15

Les nouvelles aventures de Blade et Baker, à ne pas confondre avec Blake et Mortimer ou encore Black et Decker...

Rémy GALLART : Les otages de Maalsthrom.

Alors qu'il voyage à bord d'un nouvel engin, l'aérobulle, concocté par le professeur Zébulon Krasbaueur, afin de se rendre à l'astroport de Nylghur, sur la planète Joklun-N'Ghar, et récupérer ses amis Baker, Samantha Montgomery et le jeune Xhyvor, Ronnie Blade est tiré en sursaut de ses rêveries par la voix métallique de Robic, le cerveau cybernétique.

Robic est un robot multifonctions, aussi bien domestique que chien de garde, qui vient de changer de statut grâce, ou à cause, du professeur Zébulon, lequel l'a intégré à la nouvelle machine volante.

Donc Blade est tiré de ses rêveries par Robic qui lui indique qu'un engin est en difficulté non loin. Il récupère, non sans mal, une jeune femme sur le point de se noyer, son engin gîtant fortement sur les eaux de l'océan. Elle dit s'appeler Xolvianne, une Centaurienne, mais ses assertions concernant des problèmes techniques sont réfutées par Robic, toujours aussi véloce dans ses interventions.

Comme si ce que dément Robic ne la touchait pas, la Centaurienne sort un poudrier et commence à souffler dessus. La poudre se disperse et Blade se retrouve dans les bras de Morphée.

 

Pendant ce temps, Blake et consorts sont tout étonnés de ne pas être accueillis par Blade à l'astroport. Le lendemain alors qu'ils devisent devant la télévision, les journalistes déblatèrent sur la disparition de l'homme d'affaires. Soudain l'un d'eux prend la parole pour diffuser un reportage en provenance d'Hisspaniola, une planète dont la réputation est douteuse. Le reportage, effectué en caméra cachée, montre Blade dans une taverne malfamée, jouant aux cartes, et abattant l'un des participants sous prétexte que celui-ci l'aurait accusé de tricherie.

Pour Samantha, Blake et Xhyvor, il s'agit d'un montage grossier, un trucage. Seulement, auprès du public, la réputation de Blade est entachée, et les bourses commencent à dévisser sur les actions de la multi-planétaire dont ils sont les propriétaires. Et Xhyvor déplore de ne plus être en possession de ses facultés psy, ce qui évidemment se révèle être un handicap.

 

Blade se réveille sur Maalsthrom, et Xolvianne est présente lorsqu'il ouvre les yeux. L'un de ses gardes du corps se montre quelque peu agressif mais la Centaurienne le remet à sa place, puis elle explique à Blade le motif de son enlèvement. Le sous-sol est riche en matière première, par exemple le diamant alpha qui à moindre coût peut remplacer avantageusement les autres combustibles ou minéraux.

Mais Maalsthrom est en proie à une révolution interne, opposant les deux ethnies l'habitant. La configuration de la planète a évolué à cause d'une légère rotation et les territoires désertiques empiètent maintenant sur les marécages, obligeant les b'athrax qui vivent dans les zones humides à se replier tandis que les fromiis préfèrent les zones plus sèches.

 

Le professeur Zébulon est lui aussi kidnappé, selon un informateur inconnu et lorsque Baker et Cie se rendent vers la villa qu'ils ont dû abandonner pour vice de construction, ils sont attaqués par des thermiques. La situation est grave, mais pas désespérée. Quoique...

 

Reprendre des personnages de la littérature populaire après que leur créateur ait passé la main, n'est souvent pas chose facile. Il faut respecter le fond et la forme, tout en inventant de nouvelles histoires, de nouvelles aventures, en conformité avec les précédentes, respecter, peut-être, un cahier des charges, même si toute latitude est laissée au scripteur.

Rémy Gallart, est un auteur méconnu car trop longtemps caché derrière les noms des romanciers dont il a poursuivi l'œuvre, son patronyme n'apparaissant pas sur la couverture mais à l'intérieur des romans, aussi bien pour la série des Blade et Baker de Jimmy Guieu que des Bob Morane d'Henri Vernes. Il faut également préciser que pour les Blade et Baker, il avait pris le pseudonyme de Frank Walhart, ou écrit sous son nom en collaboration avec Roland C. Wagner, qui lui signait Richard Wolfram, et qui lui avait mis le pied à l'étrier,.

Alors Rémy Gallart, dont le talent explose dans ce roman, le dix-huitième de la série Blade et Baker qu'il a écrit et qui est inédit, devrait pouvoir se faire un nom, le sien, en inventant des personnages nouveaux, peut-être ressemblant à des Héros ayant vécu moult aventures, mais faire œuvre personnelle. Il en a les capacités, l'aptitude, une écriture maîtrisée, d'ailleurs s'il a prolongé les aventures de Blade et Baker et Bob Morane, ce n'est pas un hasard.

 

Pour commander ce roman, voyagez sur la Rivière Blanche en cliquant sur le lien ci-dessous.

Rémy GALLART : Les otages de Maalsthrom. Collection Blanche N°2154. Editions Rivière Blanche. Parution juin 2017. 224 pages. 18,00€.

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 12:45

Et son deuxième prénom, c'est Harmonie ?

Guillaume MORRISSETTE : L'affaire Mélodie Cormier

Alors que ses parents sont décédés accidentellement quelques mois auparavant, Marco Genest reçoit une lettre anonyme, déposée dans sa boîte aux lettres, lui promettant des révélations sur les circonstances de leur mort.

Cette missive était glissée dans un tube plastique contenant également quelques feuillets, comme des extraits d'une journal intime. Perturbé, Marco en informe aussitôt son amie Josée. Tous deux épluchent la lettre, recto, puis le journal, et enfin la lettre côté verso, comme l'expéditeur l'a demandé.

Ce journal, remontant à avril 2000, narre un épisode concernant un certain Cédric qui s'amuse à ennuyer ses voisins et plus particulièrement une vieille dame. L'expéditeur s'est employé à jouer les vengeurs masqués au grand dam du fameux Cédric. Et la missive se termine par une petite énigme permettant à Marco de découvrir un autre tube.

Josée et lui ne mettent guère de temps à la résoudre et ils sont en possession d'une nouvelle lettre et d'un extrait de journal datant de 2002, mettant en cause un prof et la façon dont le scripteur s'est vengé d'un éducateur qui abusait de son pouvoir sur ses élèves. Une nouvelle énigme est offerte à la sagacité de Marco, et à Josée par la même occasion, les mettant sur la piste d'un troisième tube. Pourtant une autre surprise attend Marco au fond du cylindre. La montre de son père y est coincée. Comment cet objet est-il tombé en possession de ce narrateur fier de ses exploits ?

Et ce jeu petit jeu de devinettes, qui a débuté un dimanche matin continue jusqu'au mardi soir, avec une révélation surprenante et qui devrait rester secrète au moins jusqu'au jeudi, toujours à la demande de ce personnage machiavélique.

 

Pendant ce temps, l'inspecteur-détective Héroux de la police municipale de Trois-Rivières dans la province du Québec, au Canada, est face à un problème d'enlèvement depuis le jeudi. Mélodie, une gamine de dix ans a disparu, alors que son père venait de la déposer devant son école. Mais Mélodie n'a jamais franchi le porche de l'établissement. Selon quelques témoins, le véhicule du père, un pick-up noir aurait été aperçu stationné non loin, puis quelqu'un affirme l'avoir vu sur la route avec une gamine apeurée dedans, mais jamais rien de probant. Sauf que le sac d'école de Mélodie est retrouvé dans le fond du véhicule, qu'un élastique à cheveux a été découvert sur le chemin, et d'autres petits faits accablent le père. Celui-ci avait prévu un alibi, mais il est bien vite obligé de dire la vérité concernant son emploi du temps, sans pour autant apporter une preuve quelconque.

Héroux a beau multiplier les démarches en compagnie de ses adjoints qui sont au four et au moulin, les résultats sont maigres, pour ne pas dire inexistants.

 

Les deux affaires, celle de Marco et l'enlèvement de Mélodie se trouvent imbriquées l'une dans l'autre avec des interconnexions inattendues et préjudiciables pour Marco. Une course contre la montre débute, Josée devenant auxiliaire de la police malgré son statut de témoin privé.

 

Guillaume Morrissette a construit un roman que l'on pourrait qualifier de ludique si l'enlèvement d'une gamine n'était pas au cœur de l'intrigue. Et justement cette histoire d'enlèvement pourrait paraître ordinaire, ce thème ayant été abordé des centaines de fois depuis la naissance du roman policier. Mais l'auteur ne se focalise pas sur ce rapt, car l'intérêt se place ailleurs. Il ne s'agit que d'un dommage collatéral, qui peut engendrer quelques conséquences, le but étant dans la manipulation exercée par la personne qui a procédé à l'enlèvement. Une méprise est à l'origine de l'affaire et pour en annihiler les conséquences ultérieures, seule la manipulation machiavélique est utilisée comme palliatif.

Un roman à l'intrigue angoissante, et pourtant le lecteur ne vibre pas comme à un enlèvement de gamin mais comme un joueur confronté à une devinette qui peut se révéler fatale, telle celle que posait le, ou la sphinx selon la mythologie grecque et qui fut résolue par Oedipe.

Première édition : Editions Guy Saint-Jean. Canada. Parution le 11 mars 2015.

Première édition : Editions Guy Saint-Jean. Canada. Parution le 11 mars 2015.

Guillaume MORRISSETTE : L'affaire Mélodie Cormier. Editions City. Parution le 29 mars 2017. 352 pages. 19,90€.

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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 13:10

Workan, son cousin et leurs chinoiseries.

Hugo BUAN : Opération porcelaine.

Irascible, bougon, bourru, sarcastique, ironique, voire même parfois de mauvaise foi, Workan, entre deux démêlés avec sa bientôt ex-épouse, sa kiné et un agent immobilier qui l'a grugé, est obligé de résoudre une affaire de tête sans corps disposée artistiquement sur un plateau.

Cette tête sans corps et son plateau chinois, œuvre d'art remontant à quelques siècles, période Ming, ou Qing, est de celle de monsieur Zhou, de son véritable patronyme Zhou Zhou. L'ensemble, esthétique il est vrai, a été retrouvé dans la baraque servant de guichet à un forain, le Speed Rabbit, un des manèges installés devant le musée. Ce brave homme était l'un des membres d'une délégation accompagnant une exposition d'œuvres d'art rarissimes devant être exposées à la Chapelle de l'Oratoire de Nantes.

Cet incident risque d'entacher les relations sino-françaises, et le commissaire nantais préfère appeler la direction de la police judiciaire de Rennes pour mener l'enquête. Workan est tout désigné pour se rendre sur place accompagné de Leila Mahir, son adjointe et maîtresse selon les circonstances. Une enquête qui demande du doigté de la part de Workan plus habitué à mettre les pieds dans le plat que de marcher sur des œufs. Pourtant il lui faudra faire preuve d'une bonne dose de patience et de diplomatie pour résoudre cet imbroglio.

Car Workan est mis en cause dans ce meurtre. Enfin pas lui, mais son petit-cousin Fletcher Nowski, avec qui il partage son nom de famille. Officiellement il se nomme Workanowski, mais afin de les départager et ne pas les confondre, le policier a préféré porter les deux premières syllabes de son patronyme, tandis que son petit-cousin, il y tient au petit, est devenu Nowski. Or Nowski a été filmé, en compagnie de trois gros bras cassés, par des caméras de vidéosurveillance, aux abords du musée.

Fletcher Nowski est bien connu des services de police, non pas à cause ou grâce à ses relations distendues avec Workan, mais parce qu'il est fiché en tant que délinquant notoire. Alors, Nowski tueur de chinois au coupe-coupe ? Ce n'est pas dans ses habitudes. Voleur, oui, assassin, non !

 

Workan rencontre les autres membres de la délégation chinoise, dont principalement Lian Wu, l'interprète féminine qui semble apeurée. D'autres Chinois, qui ne font pas partie de la délégation, s'invitent dans la danse, et Lian Wu met en cause une organisation secrète, enfin pas si secrète puisqu'elle a un nom, celle du Lotus Blanc. Mais alors que vient faire dans ce mix-mac Nowski et ses trois Pieds-Nickelés ?

 

Nuit de Chine, nuit câline, nuit d'amour... Ce sera pour une autre fois car Workan est confronté à un problème de résultat. Son petit-cousin, même s'il réfute la plupart du temps cette parenté, n'en fait qu'à sa tête. Ne voilà-t-il pas qu'il prend en otages les membres de la délégation chinoise, l'officielle, l'organisateur de l'exposition ainsi qu'une quarantaine de visiteurs. Et il est difficile de déroger à ses exigences, sinon, c'est vaisselle cassée, c'est la fessée, comme le chantait Pierre Perret.

 

On pourrait scinder ce roman en deux parties et un entracte, au cours duquel il ne se passe pas grand chose mais permet une pause respiratoire. La première partie ressemble un peu à une pièce radiophonique tellement ce sont les dialogues savoureux qui importent. La seconde partie est, elle, plus cinématographique, dont ne seraient pas exclus les dialogues mais avec action, réaction, effets spéciaux et coups de théâtre.

Un roman qui progresse peu à peu dans le côté humour décalé, voire déjanté, et on verrait bien à l'affiche des Gueules comme Jean Gabin, Lino Ventura ou Robert Lamoureux, Francis Blanche, Jean Lefèvre, Louis de Funès et quelques autres dont la réputation n'est plus à faire. Le tout sans contrefaçon. Et où l'on apprend à différencier la porcelaine chinoise des assiettes proposées par un célèbre fabricant de meuble suédois. Et si vous confondez toujours, vous êtes limogés !

Hugo BUAN : Opération porcelaine. Série Une enquête du commissaire Workan N°9. Editions du Palémon. Parution le 18 mai 2017. 280 pages. 10,00€.

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 08:42

Hommage aux anciens forçats du vélo et à René Vietto !

Max OBIONE : Le Roi René

Les coureurs participants au Tour de France cycliste se sont élancés à l'assaut de l'asphalte et ils l'ont si bien mangé, l'asphalte, qu'ils en sont venus à bout. Pas tous, certains ayant préféré vagabonder en cours de route. Mais ils ne furent pas les seuls à sillonner les belles routes de nos campagnes, puisqu'ils étaient précédés de la caravane publicitaire, des norias des voitures des directeurs sportifs, des motos des journalistes et des gendarmes, sans oublier tous ceux qui ont salué leurs exploits dans un esprit sportif dénué de tout trucage lié au dopage.

En ce début des années soixante, Louis Hortiz se promène en bicyclette sur les chemins et routes du Pays d'Auge, à Villers sur mer. Comme tous les ans, il est arrivé en éclaireur en compagnie de sa sœur Lucette et de sa copine Gisèle. Ils logent à la villa Les Fusains, une location qui se perpétue d'année en année, en attendant le flux touristique. Plus jeune que les adolescentes, qui révisent au calme, Louis est toutefois obligé de participer aux tâches ménagères, un jour sur trois. Faire les courses, cela lui convient, mais débarrasser la table et laver la vaisselle, il s'en passerait bien.

Alors qu'il dépose son vélo contre une clôture grillagée, Louis se fait interpeller par le propriétaire, un vieil homme bourru. Toutefois le père Carillon ainsi surnommé pour une plaque émaillée vantant les bienfaits d'un café et clouée sur la porte de la remise, est intéressé par la bécane de Louis, il en connait la marque et surtout celui qui lui a donné son nom. Une ancienne gloire du cyclisme qui aurait abrégé sa carrière en préférant l'alcool à la course cycliste. Le père Carillon invite Louis à visiter sa remise où il parque avec un soin méticuleux sa vieille moto, une TerroT de 1936 dont il connait par cœur la fiche technique. Et surtout le side-car qui lui est accroché comme un bigorneau sur l'un de ses flancs.

C'était l'époque bénie du transistor et le père Carillon en possède un qu'il porte à son oreille : c'est l'heure de la retransmission de l'étape du jour du Tour de France qui se déroule dans la région. Il propose même à Louis d'aller le lendemain de suivre l'étape contre la montre qui doit effectuer un parcours dans les environs de Deauville. Ils se rendront sur place avec Daisybelle sa moto. Louis est heureux, fier mais contrarié car il va désobéir en se lançant à l'aventure sans l'accord de ses parents. Il va leur envoyer une lettre et il laissera un mot à Lucette.

Entre le vieil homme et l'enfant, s'établit une sorte d'amitié, et ils ne savent pas encore qu'ils vont se trouver confrontés à des hommes dont la morale s'efface devant l'appât du gain.

 

Sans vraiment situer la date de cette aventure, qui doit se dérouler selon quelques indices au début des années soixante, puisque Lucette écoute à la radio La Famille Duraton et qu'une Renault 4L est stationnée près d'un hôtel, Max Obione joue avec des événements qui se sont réellement déroulés bien des années après. Je me contenterai de signaler juste quelques dates fatidiques qui ont marqué le Tour de France : 1967 et 1998, par exemple, ainsi que des personnages à la réputation sulfureuse et un produit surnommé le Pot belge.

Mais il est indéniable que ce roman pour jeunesse nous fera plonger dans la nôtre, non seulement par les noms des cyclistes qui y sont évoqués comme Robic ou Vietto, par les illustrés pour la jeunesse comme Cœurs Vaillants, mais aussi par les interdits parentaux : Quant à la télévision, les parents de Louis y voyaient le début de la perversion de la famille : Lis au lieu de quémander la télévision ! déclarait le père.

Louis et le père Carillon, se sentent seuls, chacun de leur côté. La compagnie d'amis et des siens manque à Louis, quant au père Carillon, il vit en solitaire, ayant perdu sa femme et sa fille dans des conditions qui ne sont pas évoquées. Et c'est cette solitude et l'attrait pour le vélo, entre autre, qui les rapproche. D'autant que le père n'est pas souvent à la maison pour des raisons professionnelles et Louis le connait à peine.

 

Première édition : Collection Roman Jeunesse, éditions du Jasmin. Parution 16 avril 2014. 120 pages. 9,90€.

Première édition : Collection Roman Jeunesse, éditions du Jasmin. Parution 16 avril 2014. 120 pages. 9,90€.

Max OBIONE : Le Roi René (Daisybelle). Collection Noire Sœur. Polarado. Editions SKA. Parution 20 juillet 2017. 4,99€. Epub.

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 09:42

C'est un beau roman, c'est une belle histoire...

Gabriel JAN : Rien que pour la vie.

Sur l'île de Yéchos, sise sur la planète Ebtun, la vie semble idyllique, paradisiaque, ses habitants, les Adils, se suffisant de peu. La pêche, l'agriculture, l'élevage leur fournissent les ressources nécessaires à leur alimentation, et à la confection de leurs vêtements de peau.

Sept Veilleurs, disséminés sur les côtes, en des points stratégiques et au centre de l'île, ont pour charge de veiller, comme leur nom l'indique, sur cette communauté issue de nombreux métissages, et de servir d'historiens-géographes, notant sur des feuilles de papier fabriqué par quelques îliens, les événements qui se produisent. Les Veilleurs demeurent dans des chamnes, appelées également tours, des arbres immenses au tronc creux dans lesquels sont disposées plusieurs pièces situées les unes au-dessus des autres. Il existe également des Voyageurs-Veilleurs, dont certains sont actuellement sur la Terre, recueillant entre autres des graines et des plantes qu'ils ramènent sur Yéchos, se déplaçant à l'aide de vecteurs spatiaux formés à l'aide d'heptalions, des cristaux dotés de pouvoirs magiques.

Sur Yéchos, règne l'harmonie et l'amour. Il n'existe pas de villages, de chefs de clans, de religions, de lois, pas de rétributions pour le travail accompli. Seule l'entraide guide ce peuple libre.

Un jour, Craël, qui déguste des coquillages fournit par la nature, ouvrant les bivalves à l'aide d'un couteau à lame d'obsidienne, est interrompu dans sa cueillette par Fra, la louve. Elle communique par télépathie avec le jeune homme, lui annonçant une mauvaise nouvelle en provenance de l'un des Veilleurs, Mogius, nouvelle qu'il doit transmettre à Melzaar, autre Veilleur dont Craël est le disciple.

Tout comme Craël, Melzaar se demande pourquoi il n'a pas transmis son message par télépathie comme il est de coutume, préférant demander à Fra la louve de se charger de communiquer que des événements mystérieux se produisent. Les cristaux, dont les Vélions que portent les Adils en sautoir, se ternissent, devenant opaques, comme les perles dans les huîtres lorsqu'elles meurent. Des arbres de différentes espèces se couvrent de plaques grisâtres, comme si un champignon provoquait une sorte de chancre ou de dartre. Une maladie que les prédécesseurs des Adils, les Arhems, avaient connue et subie avant d'être éradiquée.

Ce phénomène inquiétant amène Melzaar à envoyer Craël se renseigner d'abord auprès de Mogius puis peut-être découvrir l'Arme des Anciens, en la cité en ruines d'Alinor. Avant d'entreprendre ce long voyage, plusieurs centaines de kilomètres, qu'il devra parcourir à pied, ne devant en aucun cas sliter, le slite étant une sorte de saut de puce qui permet des déplacements rapides mais demandant beaucoup d'énergie, et surtout ne pas user de télépathie, afin de ne pas avertir leurs ennemis, si ennemis il y a. En effet selon des informations, des Furtifs, comme des spectres composés de particules, se sont manifestés en plusieurs endroits.

Craël fait ses adieux, temporaires, à Oféa, sa belle compagne qui attend leur premier enfant, malgré la peine engendrée, et le voilà parti pour une série d'aventures périlleuses. En cours de route il rencontre un couple et leur garçon Loûn, qui possédant certains dons, devient son compagnon de route.

Cette épopée, ce voyage initiatique au cours duquel Craël affrontera dangers de tout nature, découvrant à ses risques et périls des tablettes sur lesquelles sont gravés des sortes d'hiéroglyphes que les Veilleurs devront déchiffrer, tandis que les Govons, des ennemis héréditaires qui semblaient avoir oublié les Adils, se manifestent à nouveau, et que des heptalions sont nécessaires afin de permettre aux Voyageurs-Veilleurs de regagner la planète Ebtun.

 

Cette histoire pourrait être la parabole de notre monde dans lequel l'argent n'existerait, histoire ancrée sur une île d'une planète imaginaire, dont les habitants vivent en autarcie et en paix. Plusieurs messages sont délivrés dans ce récit profondément humaniste et écologique. Tout est basé sur l'entraide, l'échange, et les Adils ne tuent les animaux que pour se sustenter. Ils se nourrissent de coquillages, de poissons, de baies et de racines, de laprats cousins des lapins, et de bovidés dont ils gardent la peau afin de se vêtir.

Seulement, aux manifestations recensées sur les arbres s'ajoutent des méfaits qui ne sont pas sans conséquences sur la survivance de la faune et de la flore, et des humains.

Ainsi page 48, peut-on lire :

J'ai remarqué que les abeilles semblent parfois un peu désorientées. Certaines ne retrouvent pas leur ruche, d'autres meurent, et les essaims diminuent... Si l'hécatombe se poursuit, il n'y aura bientôt plus d'abeilles, donc plus de pollinisation, plus de fleurs, plus de fruits, et plus de légumes sans doute. C'est notre alimentation qui est en jeu.

 

Quand aux Govons, ils peuvent être la métaphore des politiques asservis aux banquiers.

Les Govons, comme bien d'autres peuples, dont celui de la Terre, ne possèdent pas notre esprit ni notre perception de l'existence. Ils n'ont que des civilisations superficielles, d'un affligeant matérialisme, toutes étayées par une loi unique : celle du plus fort.

C'est une forme d'hommage à tous les persécutés, les opprimés, qui sont spoliés de leur terre par des envahisseurs.

Un roman utopique, dans l'esprit du Meilleur des mondes d'Aldous Huxley, mais dont la portée est différente car il ne s'agit pas ici de dénoncer le matérialisme et le capitalisme, voire l'esclavagisme, mais de prôner un retour à la nature, sans forcer le trait parfois consumériste de la culture biologique récupérée par les grandes marques et les grandes enseignes, et surtout de la vie en commun, sans jalousie, sans compétition délétère, sans rivalité, sans cette envie d'écraser l'autre.

 

Gabriel JAN : Rien que pour la vie. Collection Blanche N°2144. Editions Rivière Blanche. Parution août 2016. 208 pages. 18,00€.

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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 12:17

La France profonde possède ses charmes littéraires à ne pas négliger.

Les Contes et Légendes du Poitou.

Chaque province, ou région, possède un réservoir inépuisable de Contes et légendes transmises oralement depuis des siècles, voire des millénaires, qui ont fait par la suite la plus grande joie des scripteurs, perpétuant sur papier leur transmission. Et incidemment offrant une source d'inspiration à de nouveaux conteurs qui pouvaient à loisir améliorer, transposer, enrichir ces textes à leur convenance, puisant l'idée conductrice comme Lafontaine s'inspira d'Esope.

Ces contes et nouvelles sont évidemment le reflet d'une société, la roublardise, la jalousie, l'amusement aux dépens d'autrui, la conjuration d'une peur, l'exorcisme du Diable, l'adjuration d'un animal fantastique auquel on prête des pouvoirs surnaturels, ou tout simplement de petits faits quotidiens tournés en dérision.

Le Poitou, composé de la Vienne et des Deux-Sèvres, ainsi que de la Vendée et d'une partie de la Haute-Vienne et du nord de la Charente, n'est pas une province réputée pour ses contes et légendes, comme la Bretagne par exemple. Pourtant, elle possède un patrimoine historique et littéraire indéniable qui forgea une partie de ces contes. En oblitérant les batailles célèbres qui se déroulèrent sur son sol, celle de Poitiers par exemple qui opposa Charles Martel aux Sarrazins, puis toujours à Poitiers celle qui vit s'affronter le Prince Noir à Jean II dit le Bon, en ne tenant pas compte de ses personnages célèbres, dont Théophraste Renaudot, père du premier journal imprimé, la Gazette, le 31 mai 1631, support indispensable pour relater les faits-divers et accessoirement devenir le vecteur littéraire par excellence, il reste dans l'imaginaire populaire au moins un personnage légendaire qui perdure : la Fée Mélusine. Et quelques animaux issus du bestiaire fantastique dont la Bête d'Angles, un ours qui fit de nombreux ravages parmi les jeunes filles concurrençant la Bête du Gévaudan.

Les quarante-huit textes recueillis dans ce volume sont regroupés en chapitres aux noms évocateurs : Les revenants, Les créatures fantastiques, Les pactes avec le diable, Légendes pieuses, Génies et fées, Des faits à la légende, Conte des oiseaux, Contes facétieux et contes de fées.

 

Parcourons quelques-uns de ces contes afin de nous donner une idée plus précise du contenu, contes que l'on peut retrouver dans d'autres régions, sous des formes différentes mais dont l'idée principale est la même.

Ainsi dans Le Curé de Parthenay-le-Vieux, nous retrouvons l'histoire d'un curé qui pour aller au ciel, est obligé de trouver un servant pour célébrer une messe comme dans Le moine du Castennec, issu des Contes et légendes de Bretagne.

Plus étonnant est le conte intitulé Le Conte de la fève. Un pauvre homme nommé Jacquet, dont la femme s'appelle Jacquette et ses onze enfants surnommés les petits Jacquilou, plante une fève dans son courtil. Cette fève pousse et devient si haute qu'elle touche les nuages. Il en entreprend l'ascension et se retrouve au Paradis, devant Saint-Pierre. Cette histoire ressemble par certains points à Jacques et le haricot magique, conte d'origine anglaise, ainsi qu'avec quelques historiettes qui mettent en scène Trois vœux. Mais bien évidemment il ne s'agit que d'un contexte similaire, le développement est différent ainsi que l'épilogue.

Le Fermier bien avisé démontre toute la rouerie dont peut faire preuve un paysan face à un maître qui se montre jaloux de ses bonnes fortunes. Lassé de voir les veaux de Rouleau, le paysan, venir brouter dans ses blés, le maître lui promet que la prochaine fois il tuera les bêtes. N'importe répond Rouleau, je porterai les peaux à la foire. Et ce qui fut dit, fut fait. Par un heureux concours de circonstances, des bandits de grands chemins passent par là et Rouleau grimpe à un arbre, lâche ses peaux à terre. Les malandrins apeurés s'enfuient, pensant à un sort diabolique, et laissent leur baluchon empli d'or. Et c'est ainsi que Rouleau va berner à plusieurs reprises son maître bien moins finaud que lui.

La véritable histoire de Mélusine prend sa source dans les nombreux contes de fées qui de touts temps alimentèrent l'imaginaire. Pour avoir offensé son père, le roi d'Albanie Elinas, elle fut châtiée par sa mère, la fée Pressine, laquelle lui infligea comme malédiction de se transformer, les samedis, en serpent de la ceinture jusqu'aux pieds. Elle rencontra Raimondin, le neveu du comte de Poitiers, ils tombèrent amoureux l'un de l'autre, furent heureux et eurent beaucoup d'enfants. Mais Raimondin, un jour, dérogea à sa promesse de ne pas regarder Mélusine le samedi.

 

Les animaux tiennent une place non négligeable et l'on retrouve le Loup-garou, emblème du bestiaire fantastique, ou encore le Cheval Mallet, animal fabuleux qui lorsqu'il a une personne sur son dos traverse les airs, pouvant parcourir en une nuit l'univers, non sans contrepartie.

Les guerres ne sont pas oubliées, et outre les deux principaux faits d'armes évoqués plus haut, il ne faut pas oublier cette année 1202, au cours de laquelle Philippe-Auguste, roi de France, et le roi Jean dit Sans-Terre qui règne sur l'Angleterre et une partie de l'Aquitaine, s'opposent. Les troupes anglaises sont répandues dans le Périgord et le Limousin, et le Poitou est une province attisant les convoitises, principalement la ville de Poitiers, comme en atteste Le siège de Poitiers.

 

Les textes, courts, sont agrémentés de nombreuses illustrations, dessins et photographies noir et blanc, qui apportent un cachet et un intérêt supplémentaires à cet ouvrage. Les auteurs, dont Francine Poitevin, respectent le parler local, patois ou dialecte, dans les dialogues, et nul n'est besoin d'un dictionnaire pour comprendre le sens des échanges verbaux.

 

A lire dans la même collection :

Les Contes et Légendes du Poitou. Avec la participation amicale de Francine Poitevin, Casimir Puichaud, Léo Desaivre, et autres auteurs poitevins. Préface de Gérard Bardon. Collection Contes & Légendes. Editions Marivole. Parution juin 2017. 160 pages. 20,00€.

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 12:19

Parfois je préfère rester à la mienne de place !

Guy RECHENMANN : A la place de l'autre.

En ce 21 septembre 1992, passage de l'été à l'automne, Anselme Viloc qui promène Jipsy, épagneul bécassière en manque d'activité, est stupéfié à la vue d'une statue vivante représentant une jeune femme en position de yogi sur l'estran, près d'une casemate.

En cette fin d'après-midi, l'inconnue est seule sur la plage, mais ce n'est pas ce qui interloque l'inspecteur Anselme Viloc. Elle a les yeux dans le vide, comme absente, et marmonne en boucle, je sais où est mon fils, je sais où il est. Seul le chauffeur du car l'a vue la veille, mutique, pourtant elle n'avait pas l'air perdue. Mais personne ne peut indiquer qui elle est.

Une énigme pour Viloc qui se voit confier cette affaire par son supérieur hiérarchique puisqu'apparemment une disparition serait à déplorer. D'ailleurs c'est ce que pense le psychiatre à qui a été confiée la jeune femme dans l'unité neurologique de l'hôpital Pellegrin de Bordeaux. Et toujours cette incantation, Je sais où est mon fils... complétée par C'était le 21... Le 21 quoi ? Une anomalie puisque, selon le toubib, cette jeune femme dont on apprendra un peu plus tard le prénom, Marina, est vierge. Et elle parle de son fils ! Incompréhensible.

Anselme et Jérémy, son ami et collègue, ne possèdent que peu d'éléments pour débrouiller ce casse-tête qui se débloque grâce à une observation d'un bistrotier. Et si on utilisait les épingles à cheveux trouvées dans le sac de Marina, pieds dans l'eau, et de lui mettre des lunettes de soleil pour prendre une photo qui serait diffusée dans les journaux locaux ? Bingo, les cafetiers sont de bons conseils en général et le bailleur de Marina se manifeste.

Il s'agit d'un ancien boucher, copain avec le père de Marina parti vivre dans la région paloise avec sa seconde femme. Et c'est à la demande de celui-ci qu'il a hébergé dans une de ses propriétés la jeune femme. Une énigme de résolue, mais cela n'avance pas le schmilblick de l'enfant disparu. Lilly, la fille de la compagne de Jérémy, âgée de douze ans mais nettement plus mature que sa mère, avance l'hypothèse d'une réincarnation. Pourquoi pas !

 

L'inspecteur Anselme Viloc est un policier à l'ancienne, proche de Maigret, se montrant à l'instar de son prédécesseur à l'écoute, n'hésitant pas à côtoyer témoins et suspects, à discuter avec eux, à partager un verre. Un policier que l'on pourrait, non pas aimer, faut pas abuser quand même, mais apprécier pour cet humanisme qui se dégage de sa personne.

Il est le contraire des policiers actuels, formatés à ne pas sourire, un fer-à-cheval greffé sous le nez à la place de la bouche. Des policiers homéopathes qui soignent le mal par le mal, combattent la violence par la violence.

Donc Viloc, discute, cause, parle, bavarde, papote, et j'en passe, avec les cafetiers, du Cap-Ferret, d'Andernos, de Taussat, et d'ailleurs, côtoyant des personnages, des imbibés qui se montrant affables, diserts, ou peu réceptifs.

Heureusement, son patron, le commissaire Plaziat, apprécie sa façon de procéder, même s'il lui met la pression, lui accordant un sursis d'un mois pour résoudre cette affaire, mois renouvelable à la demande en fonction des résultats. Et en compagnie de Jérémy qui parfois se dérange sur le terrain, pour affiner des renseignements, Viloc épluche les mains courantes des années précédentes, puis remontant en arrière jusqu'à la période de la seconde guerre mondiale, à la recherche d'un fameux 21 septembre. Et cela devient délicat lorsqu'un bout de tissu dépassant légèrement du sable près de la casemate prouve qu'un enfant a été enterré quelques décennies auparavant. Avec ce morceau de chiffon, il tient une piste, mais c'est un chat qui l'aidera à résoudre cette énigme, un Sacré de Birmanie à trois pattes, le chat du boucher. Un chat mais également un dessinateur-médium qui met son don au service de la recherche. Car quelqu'un s'évertue à pratiquer la politique de la terre brûlée en éliminant quelques protagonistes.

 

Tout cela s'expliquera par la découverte de cahiers rédigés depuis des décennies, des cahiers familiaux qui remontent au début du XXe siècle. Et si une partie des événements prend sa naissance durant la Seconde Guerre mondiale, la genèse remonte dans un éclatement familial et dans des esprits perturbés pour des raisons que la raison ignore.

Un roman en deux parties, la première privilégiant les éléments d'enquête puis la seconde qui fournit des éléments de réponse au fur et à mesure que Viloc, policier poète-philosophe-archiviste, décortique les journaux, puis les carnets familiaux, démêlant les imbrications familiales jonchées de coïncidences. Coïncidences qui deviennent logiques lorsque le puzzle est reconstitué.

Ce roman a été distingué au Prix Polar de Cognac 2016 et a reçu le Prix Virtuel du Polar 2016 du site Rayon Polar grâce aux votes des lecteurs, amateurs avertis. Et une visite à ce site riche en chroniques littéraires et cinématographiques est vivement conseillée.

 

Une jeune femme ou une vieille dame ? A vous de jouer.

Une jeune femme ou une vieille dame ? A vous de jouer.

Guy RECHENMANN : A la place de l'autre. Editions Vents Salés. Parution le 13 mai 2016. 286 pages. 19,50€.

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