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15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 04:50

Le poids des maux et le choc des mots, ou leur contraire.

Brigitte GUILHOT : 22/10 22 :10.

Ange ou démon ? Le démon, c’est Marcus, qui mâche ses mots mais ne les digère pas toujours. Il sort de prison, on ne sait pas pourquoi, d’ailleurs cela ne nous intéresse pas. Sachons toutefois que c’est une boule de nerfs qui ressemblerait à un soufflet. Il monte rapidement mais redescend aussi vite, sans parachute. L’ange se prénomme Lucie, fleur blanche fragile, filiforme presque, si menue qu’il pourrait la tenir dans sa pogne.

Mais comme les balourds, il fond devant Lucie. Un peu comme le Capitaine Crochet qui voudrait tenir dans sa main manquante la Fée Clochette.

Ils se sont connus dans un cinéma. Marcus l’avait remarquée à cause de sa bretelle en dentelle qui pendouillait sur son épaule dénudée. Et ils se sont revus et il en garde toujours le souvenir ému.

Puis il est parti comme colocataire terre-à-terre dans une espèce de résidence monastique où vivent des végétaliens. Ils aiment tellement la nature qu’ils la mangent crue. C’est Richard, que Marcus a baptisé l’Enorme (chut, il ne faut pas le répéter), qui l’a convoyé jusqu’à destination.

Les débuts n’ont pas été faciles. Forcément, lorsque l’on est un sanguin, un ours qui n’arrive pas à trouver son miel. Mais il trouve Loba, ou plutôt c’est elle qui l’aborde, comme si inconsciente elle s’approcherait d’un plantigrade avec pour seule arme de défense son sourire.

 

Si la cohabitation avec les autres est difficile, Marcus est en proie au même sentiment avec lui-même.

La cohabitation avec moi-même est impossible, voilà la vérité.

Car le narrateur est bien Marcus lui-même, et il n’est pas tendre envers son double. Pourtant il essaie de narrer cette histoire car il aime les mots. Il les choisit comme un gourmand fasciné devant un étalage. Toutefois il est lucide. Lucie de… ?

Peut-on raconter une histoire en n’en disant rien comme on peut raconter le vide d’un instant ?

Un texte minimaliste et intimiste comme sait si bien les écrire Brigitte Guilhot, maniant les mots et les sentiments avec aisance, leur insufflant vigueur et vivacité. Et derrière le personnage de Marcus, l’on devine la silhouette d’Hafed Benotman.

 

Vous pouvez commander cet ouvrage directement chez l’éditeur, cela lui fera plaisir :

Brigitte GUILHOT : 22/10 22 :10. Jacques Flament Alternative éditoriale. Parution novembre 2020. 70 pages. 5,90€.

ISBN : 9782363364623

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 04:29

A la recherche du tant perdu…

Gilles VIDAL : Loin du réconfort.

Franck, le narrateur a tant perdu dans sa vie.

Perdu du temps, des occasions, des illusions, une mère, un père, une arrière-grand-mère, des amantes…

Ivina, sa dernière en date, une belle blonde prometteuse d’avenir puisqu’elle porte leur fils, Ivina n’est plus. Il la découvre chez eux, attachée à une chaise, le ventre ouvert, et je vous laisse deviner la suite. Ivina, rappelle-toi…

Il se résout à appeler la police et malgré leurs dires, ils savent qu’il n’est pas coupable, il est appréhendé. Dans le bureau des pleurs ou des aveux il est confronté à un homme qui, sans être aimable mais pas persécuteur non plus, l’interroge et à la sortie lui remet un papier blanc sur lequel, il le compulsera plus tard, est inscrit un nom et une adresse.

Pour l’heure, Franck a d’autres occupations. Le voyage au cimetière, au jardin des souvenirs. Il rencontre le père d’Ivina, un Biélorusse du nom de Sergueï, arrivé en France dans des conditions mal définies.

Puis c’est le départ, un long voyage à bord de son véhicule assez vieillot, écoutant ses morceaux préférés qui vont de la musique classique aux groupes des années 1960, tout en prenant des notes dans un petit carnet. Car Franck est écrivain, mettant sa plume au service d’entreprises ou autres. Avec l’espoir de rédiger son roman.

Il se rend dans un petit village puis se dirige vers la mer, calmée mais pas lui, accumulant en cours de route des rencontres pas toujours heureuses.

 

Le lecteur à la lecture de ce texte empreint de poésie et de nostalgie, se croit sur un matelas pneumatique, dirigeant ses regards vers les nuages qui s’échelonnent dans le ciel à la queue-leu-leu, se déchirant parfois ou se rattrapant.

Comme autant de souvenirs, d’épisodes familiaux ou personnels vécus par le narrateur. Des digressions, certes, mais qui en apprennent plus sur celui qui se confie, que ne pourraient le faire des analyses oiseuses édictées par des professionnels de la psychologie.

Dans Géronima Hopkins attend le Père Noël, Gudule écrit :

Dans un texte à la première personne, l’auteur, lui aussi, s’implique différemment. Il ne raconte pas, il se raconte. Vraie ou fausse, l’histoire n’est plus une histoire, mais son histoire. Le livre devient aveu, confession. Véritable confession. Aveu authentique. Ainsi truque-t-on sa propre mémoire.

Et Gilles Vidal narre avec tant de conviction cette histoire, que le lecteur a du mal à distinguer quelle part prendre entre le fictif et le réel, entre le vécu et l’imaginé, et il se trouve balloté comme un yoyo, descendant jusqu’aux tréfonds des souvenirs et remontant jusqu’aux épisodes présents, frénétiquement ou nonchalamment.

 

Nous traversons nos existences en nous accrochant comme des sangsues à nos biens matériels, mais en réalité nous ne possédons rien, pas plus qu’un seau l’eau qu’il contient.

Il est une contrée qui s’appelle l’enfance.

Gilles VIDAL : Loin du réconfort. Editions Zinédi. Parution le 29 octobre 2020. 168 pages. 16,90€.

ISBN : 978-2848592152

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10 novembre 2020 2 10 /11 /novembre /2020 05:59

Le cireur de pompes aura toujours de l’avenir…

Jean-Hugues OPPEL : L’imposition du cireur Touchet.

Publiée dans la Revue des Temps Modernes N°595 en 1997, en hommage à Jean-Patrick Manchette, cette nouvelle au titre en forme de contrepèterie d’un célèbre roman de l’auteur décédé le 3 juin 1995 est un conte satyrique, humoristique et cynique.

En effet Jean-Hugues Oppel joue avec les mots pour le plus grand plaisir du lecteur (que penser des Fourberies de l’escarpin !) mettant en scène un cireur de chaussures aux revenus modestes mais écrasé sous le poids des impôts.

Alors, Jean-Louis Touchet (Tiens, cela me rappelle quelqu’un…), notre héros aux pieds d’argile bien cirés, se voyant au bord du gouffre et en plein cirage, décide de trouver des revenus d’appoint.

D’abord il réfléchit à pomper une banque, mais il peut aller se brosser. Trop d’inconvénients pour des sommes dérisoires. Alors écrire un roman ? Pourquoi pas ? Mais attention à ne pas se prendre les pieds dans les lacets…

 

Pour commander cet ouvrage, une seule adresse :

Jean-Hugues OPPEL : L’imposition du cireur Touchet. Collection Noire Sœur. Editions Ska. 13 pages. 2,99€.

ISBN : 9791023408379

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 05:44

Mais pas sans cervelle ?

Gilles SCHLESSER : Mort d’un académicien sans tête.

Prénommé Oxymor, par un père farceur dont le patronyme est Baulay, on ne peut qu’aimer les mots, voire les maux. Oxy est journaliste indépendant travaillant pour plusieurs journaux et magazines, et sous l’impulsion de deux amis, Paul Mistraki qui dirige les éditions Visconti, et Lazare, qui n’est pas un saint, il décide de rédiger des articles consacrés à des membres de l’Académie Française et un ouvrage alphabétique.

Son ami Mistraki lui a fait visionner une émission télévisée, la Grande Librairie pour ne pas la nommer, au cours de laquelle Jean Mareuil, le poulain et la tête de gondole des éditions Visconti, et l’académicien Edmond de Rohan-Soubise, auteur de nombreux ouvrages de références, surtout apologiques de sa propre personne, se sont écharpés.

C’est ainsi qu’il se rend rue Bellini, le bureau de Rohan-Soubise, afin d’obtenir un entretien avec le maître. Maître et demi lorsqu’il le retrouve, adossé tenant entre ses petits bras sa tête encadrée. Il a été décapité à l’aide d’un coutelas malais de collection et la toile signée Soutine dont le cadre servait de support éparpillée en plusieurs lambeaux représentant la femme à l’écharpe blanche.

Le commandant Cathala, chargé de l’enquête en compagnie de ses adjoints qui jouent dans la catégorie deux poids deux mesures, et Oxy se connaissent bien. Cinq ans auparavant ils ont été mêlés à la résolution d’un crime, puis ils ont fraternisé, puis le temps a passé et comme à chaque fois dans ce genre de conditions, ils se sont perdus de vue.

Si Oxy est rapidement écarté des possibles coupables (le mot est adéquat dans ce cas), les prétendants à l’embastillement foisonnent. En premier lieu, Jean Mareuil, qui avait également rendez-vous avec Rohan-Soubise, désirant s’attirer ses bonnes grâces pour son élection à l’académie. Lazare, ami d’Oxy et écrivain fantôme de l’académicien décapité, mais pour lui cela signifierait un manque de rentrée d’argent. Et il ne faut pas oublier les gitons que Rohan-Soubise payait pour satisfaire sa libido. Car, quoique marié à une ravissante femme plus jeune que lui, il recherchait d’autres plaisirs.

 

C’est ainsi qu’Oxy se retrouve plongé malgré lui, quoiqu’il l’ait cherché, dans une recherche familiale. Car en effectuant ses recherches, indépendamment de Cathala, Oxy découvre des liens que sa grand-mère, fille-mère, a entretenus avec les Surréalistes d’André Breton. Notamment avec Robert Desnos.

Débute alors un retour en arrière, pour Oxy, tandis que Cathala, plus pragmatique se contente de se pencher sur une piste islamique, puis sur des proches de Rohan-Soubise. Notamment Jean Mareuil qui était l’amant de la femme de l’académicien.

Un roman qui oscille entre des pistes contradictoires, et qui s’avère jubilatoire dans sa description des personnages, dans l’ambiance qui règne, et les nombreuses balades et découvertes que l’auteur nous propose à travers d’anecdotes souvent amusantes, érudites et littéraires.

 

A partir d’une certaine somme, l’argent n’a pas d’odeur.

Gilles SCHLESSER : Mort d’un académicien sans tête. Editions City. Parution 23 août 2017. 272 pages.

ISBN : 978-2824610290

Réédition City Poche 6 mars 2019. 7,90€.

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28 octobre 2020 3 28 /10 /octobre /2020 04:30

La taupe est myope, c’est bien connu, mais elle a l’ouïe fine…

Marie WILHELM : Brive la galère.

Apparemment, Kadir se livrait à un travail tranquille. Balancer à la flotte un cadavre. Seulement, une joggeuse qui se reposait des efforts fournis en s’appuyant sur le parapet du pont qui enjambe la Vienne l’a aperçu.

Un témoin placé au mauvais moment et au mauvais endroit, cela ne manque pas, et souvent cela ne prête guère à conséquence, sauf que dans ce cas précis, Juliette, l’adepte de la course à pied, est un témoin gênant que Kadir se promet d’éliminer. Alors il commence à la poursuivre et elle se réfugie au commissariat de Limoges afin d’établir sa déposition. Elle a vu ce qu’il ne fallait pas voir, et il lui faut moucharder.

Seulement le policier siégeant à la réception a pour principe d’enregistrer les dépositions dans l’ordre, et elle est obligée de faire la queue (c’est une image) comme tout le monde. Elle en a marre, elle veut passer la première, commence à expliquer au policier ce qui l’amène, en vain. Elle doit attendre sont tour. Alors, elle s’énerve et part. Tant pis pour le cadavre.

Seulement, Kadir n’a qu’une obsession, la retrouver afin de lui régler son compte. Alors il prévient son commanditaire qui lui intime de réussir cette mission, sinon, il sera lui-même un cadavre dans peu de temps. Son interlocuteur, déjà informé, le lecteur ne sait qui il est mais il connait au moins celui qui l’a renseigné.

Savigny vient d’être nommé commissaire-divisionnaire, et muté à Limoges sur les terres de sa femme Béatrice récemment décédé. Il est veuf avec deux enfants, vient d’emménager dans un appartement en compagnie de Nicole, celle qui lui a servi de secrétaire et est maintenant en retraite. Elle s’occupe uniquement des enfants, n’allez pas chercher autre chose. Alors qu’il pensait que le Limousin était une région calme, Savigny se retrouve avec un cadavre sur les bras, cadavre qui a été découvert coincé contre une pile d’un pont. La cause de ce décès est à déterminer mais il est rapidement démontré qu’il s’agit d’un cas de surdose.

Juliette confie à son amie Jeanne, étudiante à l’université comme elle, et à son ami Eric, ses démêlés. Mais Kadir n’est pas loin de même qu’une religieuse Irlandaise, Sœur Berthaid, qui entend la conversation des deux femmes. Jeanne propose à Juliette de se rendre à Brive chez sa sœur Lara qui pourra l’héberger, et de faire sa déposition au commissariat corrézien. Ce que Juliette accepte volontiers.

Sœur Berthaid, une forte femme énergique, un peu curieuse et altruiste, va se mêler de ce qui ne la regarde pas, pour le plus grand bien des principaux protagonistes et de Savigny qui trouve en elle une aide inopinée. Une héroïne dans une vilaine affaire de cocaïne !

L’enquête se déroule entre Limoges et Brive, et inversement, et de nouveaux protagonistes, des bons, des moins bons et des franchement mauvais, s’infiltrent dans cette histoire régionale aux prolongements inattendus.

 

Le lecteur s’attache aux pas de Juliette et de ses alliés de circonstance, ainsi qu’à ceux de Savigny et ses fidèles adjoints, Berkane et Constantin, qui bientôt font cause commune. Si Juliette en est ligne de mire des tueurs lancés à sa poursuite, elle n’est pas la seule dans le viseur des tueurs. Et le corps de Savigny s’en rappelle encore. Le commissaire se demande bien comment il se fait que les tueurs, et plus précisément leur chef, soit au courant de ses recherches, de ses avancées, et qu’il anticipe les événements.

Entre comédie policière et roman noir, l’intrigue oscille selon les circonstances et les divers personnages présents. Savigny se moque parfois des procédures, ce qui lui attire des reproches plus ou moins masqués (c’est de circonstance) de la part de Berkane notamment, et son veuvage lui pèse. Ce qui ne l’empêche pas d’apprécier la joliesse et le charme de certaines femmes.

Quant à Sœur Berthaid, c’est un cas pas raté. Après avoir été championne de karaté en Irlande, elle est entrée dans les ordres, et si elle se trouve en France, dans une communauté religieuse, c’est théoriquement pour prendre un peu de vacances. C’est une femme active, genre tornade, et elle me fait un peu penser à Imogène McCarthery, l’héroïne de Charles Exbrayat.

Un roman plaisant à lire, humoristique à certains moments, et aux scènes d’action tourbillonnantes et frappantes, qui cache avec subtilité le principal coupable. Sauf pour le lecteur perspicace qui saura mettre un nom, sans apporter de preuves concrètes à ses déductions. Et l’auteur nous épargne les scènes de drogues et de quelle manière ceux qui en sont la proie se les injectent. Ce genre de description est superfétatoire et n’apporte rien de plus aux récits, sauf à faire du remplissage.

Marie WILHELM : Brive la galère. Collection Du Noir au Sud N°101. Editions Cairn. Parution le 8 octobre 2020. 246 pages. 10,0€.

ISBN : 978-2350685670

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19 octobre 2020 1 19 /10 /octobre /2020 03:26

Allez hop tout le monde dans les étoiles…

James BLISH : Les villes nomades. L’intégrale.

Considéré comme l’un des auteurs majeurs de la science-fiction, James Blish est peut-être moins connu que ses confrères que sont Isaac Asimov, Poul Anderson, Robert Silverberg, Robert Heinlein ou encore Frédéric Pohl. Il est vrai que ce fut un véritable scientifique, possédant un bagage dans la recherche médicale et la zoologie. Il est vrai que son aura en tant qu’auteur vivant n’aura duré qu’un quart de siècle, approximativement de 1952 à 1975. Pourtant il reste l’auteur d’une tétralogie qui marquera toute une génération, celle des Villes-Nomades, déclinée, selon les références, de 1952 à 1962. A l’origine de ses romans, souvent des nouvelles publiées notamment dans Astounding Stories, comme The Bridge dont le thème sera repris dans Aux Hommes les étoiles et que l’on pourrait résumer ainsi : des scientifiques et techniciens, basés sur Jupiter V, bâtissent un pont au-dessus de Jupiter.

L’engin principal appelé Coccinelle, manipulé depuis la base, glisse sur des rails. Le froid, la glace et le vent perturbent l’avancée des travaux. Mais ceci n’est que l’un des thèmes majeurs contenus dans le roman, et concerne l’anti-gravité.

L’autre thème majeur est la recherche de l’immortalité par des essais secrets effectués sur des nouveau-nés, dans les laboratoires de la firme pharmaceutique Pfitzner, nom à rapprocher des laboratoires Pifzer, société pharmaceutique américaine crée en 1849. La découverte principale étant l’ascomycine qui est un anti-agathique permettant de prolonger la vie des patients l’utilisant de soixante-dix ans.

Enfin, mais ce qui n’est pas entièrement développé dans ce roman, la présence des Croyants, des membres d’une secte religieuse prête à recourir à n’importe quelle méthode pour se faire entendre, dénonçant les nouvelles technologies et les projets humains, comme la construction du grand Pont, comparant cette entreprise à la tour de Babel d’autrefois.

Certains déplorent l’argent englouti dans la construction du grand Pont, alors qu’il pourrait servir dans la recherche sociale, et que l’Occident s’est soviétisé. Et les hommes fuient ce nouvel état totalitaire en arrachant de la Terre, grâce à l’anti-gravité, des cités telles que New-York, s’envolant vers les étoiles.

 

Gérard Klein, romancier, directeur de collection et critique, dans son article intitulé James Blish, l’intellectuel de la SF paru dans Fiction N°70 de septembre 1959, écrivit : Le thème général qui sous-tend cette œuvre, qui lui sert en quelque sorte de toile de fond, relève de l’effort de l’homme pour s’imposer à l’univers, dans le cadre de l’histoire. C’est un hymne à la puissance de l’homme que cette œuvre.

Quand à Daniel Riche dans son article Un humaniste de la SF : James Blish, publié dans Univers 05 de juin 1976, écrit : …le scientifique exigeant quant à la plausibilité de ses hypothèses et la rigueur de ses démonstrations et l’écrivain porté par un enthousiasme qui autorise les plus folles extrapolations.

L’inconvénient avec les romans d’anticipation écrit dans les années 1950 et dont l’action est située au début des années 2010, réside dans ce que le laps de temps écoulé ne peut être crédible en ce qui concerne certaines évolutions. Les voyages dans l’espace par exemple. Pourtant certaines de ces extrapolations s’avèrent aujourd’hui prémonitoires en ce qui concerne les aspects religieux et les manifestations de prosélytes intégristes ou fanatiques, et le problème de l’affectation de l’argent dépensé dans l’application de technologies visant à contrer les autres états dans un but de prépondérance, au détriment de la recherche médicale dans le souci du bienfait de l’humanité.

Rigoureux, James Blish se montre parfois aride dans l’écriture de ses intrigues et leur développement, mais son propos de visionnaire reste d’actualité.

 

Sommaire :

Aux hommes les étoiles (They Shall Have Stars - 1952, 1954, 1957. Traduction de Michel Chrestien). Collection Présence du Futur N°80. Editions Denoël. Parution février 1965. Rééditions février 1973, novembre 1980, janvier 1992 et mars 1995.

Les Villes nomades (A Life For The Stars – 1962. Traduction de Michel Deutsch). Collection Présence du Futur N°99. Editions Denoël. Parution mars 1967. Rééditions août 1971, novembre 1981 et mai 1993.

La Terre est une idée (Earthman Come Home – 1953, 1959. Traduction de Michel Deutsch). Collection Présence du Futur N°103/104. Editions Denoël. Parution août 1967. Rééditions août 1971, mai 1982 et mai 1993.

Un coup de cymbales (A Clash Of Cymbals – 1958. Traduction de Michel Deutsch). Collection Présence du Futur N°106. Editions Denoël. Parution février 1968. Rééditions août 1971, décembre 1982 et mai 1993.

 

James BLISH : Les villes nomades. L’intégrale.

James BLISH : Les villes nomades. L’intégrale. Couverture cartonnée. Préface d’Alex Nicolavitch. Editions Mnémos. Parution le 18 septembre 2020. 680 pages. 35,00€.

ISBN : 978-2-35408-800-2

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17 octobre 2020 6 17 /10 /octobre /2020 03:46

Sans rire, il est difficile d’être un bouffon du roi…

Michel ZEVACO : Triboulet.

A cinquante ans, François 1er est las de sa maîtresse Madeleine Ferron, dite la Belle Ferronnière. Il a jeté son dévolu sur une adolescente de dix-sept ans, Gilette. Il annonce à ses courtisans cette décision et Triboulet, le Fou du Roi, un bossu dont les réparties sont sarcastiques, et font souvent rire jaune ceux à qui il s’adresse, l’entend. Même le roi est importuné dans certaines circonstances et ne mâche pas ses mots. Mais rien n’y fait.

Triboulet oyant la déclaration de François 1er est bouleversé, car Gilette est sa fille. Ou du moins, il considère l’orpheline comme sa fille, l’ayant élevée. Et Gilette est persuadée que Triboulet est son géniteur.

Afin de parvenir à ses fins François 1er avertit Jean Ferron, le mari de la Belle Ferronnière de son infortune, et va jusqu’à lui donner la clé de la chambre dans laquelle elle reçoit son royal amant. Cela ne se fait pas, surtout de la part d’un personnage aussi important, et elle médite sa vengeance.

Gilette, lorsqu’elle apprend l’envie du roi, est chagrinée. Elle aime un malandrin du nom de Mandred, qui vit dans la cour des Miracles en compagnie d’un autre jeune homme de son âge, Lanthenay. Tous deux sont orphelins, comme bon nombre de personnages qui gravitent dans ce roman. Orphelins, ou enlevés à leurs parents dans leur plus jeune âge.

Gilette aime Mandred, depuis qu’elle l’a aperçu de sa fenêtre et Mandred aime Gilette depuis qu’en déambulant dans la rue il l’avait vue appuyée à sa fenêtre. Pourtant autant ils ne se sont jamais parlé.

De nuit il rencontre le roi, accompagné de quelques-uns de ses fidèles, importunant Gilette (cela commence à devenir rasoir penserez-vous) et le provoque. Il est arrêté et promis à la pendaison. Il en réchappera grâce à un subterfuge. Il aura à cœur de venger l’honneur de sa belle et aidé de Lanthenay et des membres de la cour des Miracles en s’introduisant dans le palais royal.

Le roi François qui ne deviendra 1er lorsque François II accèdera, pour quelques mois, au trône, apprend que Gilette dont il voulait faire sa maîtresse est sa fille. Pourtant il sera toujours le cul entre deux chaises, ressentant un vague amour paternel mais surtout une grosse envie de la coucher dans son lit.

 

Tout comme Alexandre Dumas, Michel Zévaco s’inspire de l’histoire de France, mettant en scène des personnages célèbres et des épisodes réels. Il les déforme un peu parfois, tout comme le fit son célèbre prédécesseur. Mais ses romans sont parfois plus hauts en couleurs, plus exubérants, plus démesurés, plus épiques, plus théâtraux dans la description des événements et des combats.

Zévaco narre des intrigues d’amour et de haine, dans lesquelles coups fourrés, trahisons, empoisonnements et transmissions de maladies, vengeance, amitiés, combats, foisonnent offrant des heures de lecture passionnantes.

Parmi les personnages réels, outre la Belle Ferronnière, on retrouve Etienne Dolet, écrivain, poète, imprimeur, humaniste et philologue, qui prend une part active dans le cours de l’intrigue, et surtout François 1er et Ignace de Loyola, fondateur et premier supérieur de la Compagnie de Jésus, les Jésuites.

Et il reste fidèle à ses idées anarchistes, pour lesquelles il fût arrêté à plusieurs reprises et purgeât plusieurs mois en prison pour ses déclarations : Les bourgeois nous tuent par la faim ; volons, tuons, dynamitons, tous les moyens sont bons pour nous débarrasser de cette pourriture.

Michel Zevaco n’est pas tendre envers le roi et le jésuite. François 1er est ainsi décrit :

François 1er était un type de reître policé. Sous le vernis brillant de son imagination, sous le faste de ses prétentions à la poésie et aux arts, ce qu’on trouvait en lui, c’était l’homme de la bataille. On en a fait un ténor, c’était un tueur.

 

Quant à Loyola, c’est un religieux prêt à tout pour imposer ses idées.

Savez-vous, leur dit-il, qu’il est permis de mentir dans l’intérêt et pour la gloire de Dieu ?...

Savez-vous qu’aucune action n’est condamnable, si elle tend au bien de l’Eglise et à la gloire de Dieu ? Je dis aucune action : même le vol, même le meurtre…

Il faut qu’on le sache ! Tout est permis, tout est juste, tout est bon qui conduit au triomphe de Jésus et de la Vierge. Si la fin proposée est bonne, tous les moyens sont bons.

 

Et lorsqu’il s’entretient avec Rabelais, il lui déclare, en présence de Manfred et de Calvin :

Ces philosophies, je leur déclare une guerre à mort. Ce sera avant peu l’extermination des hérésies, et de la science. La science est maudite. L’ignorance est sacrée. En Espagne, nous avons commencé à traquer les faiseurs de livres. En France, j’ai obtenu du roi chrétien François de Valois que les mêmes poursuites soient commencées. Malheur ! Trois fois malheur aux hérétiques et aux savants ! Il y a à Paris un homme de perdition : Etienne Dolet… Nous voulons tuer la science. Pour tuer la science, nous tuerons l’imprimerie. Pour tuer l’imprimerie, nous tuerons Dolet.

Un peu plus loin il ajoute :

Il faudra choisir entre la croix et le bûcher. Ou la croix dominera le monde, ou le monde deviendra un véritable bûcher !

 

Une étrange conception de la région qui n’est pas très catholique !

Ce roman possède une suite qui s’intitule La Cour des Miracles. A lire prochainement sur cet écran. En attendant, je vous laisse juge des bienfaits et des méfaits des Jésuites, et de l’influence sur ceux qui en ont reçu l’éducation. Comme un certain président actuel.

 

Vous pouvez lire ce roman en le téléchargeant gratuitement et légalement en pointant votre curseur sur le lien ci-dessous :

Michel ZEVACO : Triboulet. Texte établi d'après l'édition Arthème Fayard, Le Livre populaire 1948. Version numérique gratuite sur Bibliothèque électronique du Québec. 482 pages.

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10 octobre 2020 6 10 /10 /octobre /2020 04:21

Quand le Celte tique !

Gérard ALLE : Scottish Lamento.

Il existe des endroits, de par le monde, privilégiés, par leur beauté, leur emplacement géographique, leur histoire, leurs coutumes, leurs attraits touristiques.

L’île de Skye, par exemple, située dans l’archipel des Hébrides au nord de l’Ecosse, jouit d’une excellente popularité grâce à ses paysages grandioses, qui incitèrent de nombreux cinéastes à venir poser leurs caméras afin de tourner des films d’obédience fantastique et historique.

Mais la quiétude de l’inspecteur Finley Mac Intosh, du commissariat de Portree, est bousculée par un appel téléphonique du Canada. Une mère s’inquiète de ne pas avoir de nouvelles de sa fille Charlotte Mac Leod, qui voyage en compagnie de son petit ami, Mahmoud Oz, qui n’est pas magicien mais de nationalité turque.

Mac Intosh essaie de faire comprendre à cette mère éplorée, qu’une disparition depuis deux jours n’est pas significative, mais elle possède une réponse imparable : elle n’a pas souhaité l’anniversaire de son père malade. Quelque peu ému, il compulse son ordinateur afin de dénicher quelques renseignements. Mahmoud Oz, vingt-sept ans, est signalé comme demandeur d’asile au Canada où il réside depuis deux ans, précisément à Winnipeg.

Bientôt une autre affaire accapare Finley Mac Intosh, et ses collègues du commissariat. Un aubergiste se plaint qu’un de ses clients, Duncan Mac Donald de Fayetteville aux Etats-Unis, serait parti sans régler sa note. Un acte de grivèlerie sans conséquence apparente. Pourtant ces deux affaires, les disparitions de Charlotte Mac Leod et Duncan Mac Douglas, vont se rejoindre.

Finley Mac Intosh, plus ou moins aidé par le commissaire Herderson, dit La Limace, qui remplace le commissaire principal Cochran en arrêt de maladie, l’inspecteur-chef Strachan, une jeune femme qui ne rigole pas, et deux autres policiers, va enquêter un peu partout, essayant de remonter la filière. Car les noms de Fayetteville et de Mac Donald lui rappellent une autre affaire. C’est ainsi qu’il apprend par le responsable d’un musée que Charlotte, accompagnée de son soupirant, et Duncan Mac Donald se sont rencontrés et ont échangés des propos plus ou moins acerbes.

Duncan joue à la cornemuse du pibroc’h, cette musique ancestrale écossaise, et malgré sa nationalité américaine déchiffre un manuscrit vieux de plusieurs siècles rédigé en picte. Charlotte monte vite sur ses grands chevaux, quoiqu’en Ecosse ils soient de petites races, et inévitablement elle va se chamailler avec Duncan. Les clans Mac Leod et Mac Donald se sont par le passé affrontés à de nombreuses reprises, accumulant les cadavres. Une page d’histoire sanglante qui se perpétue depuis le XIVe siècle, depuis la guerre d’indépendance écossaise jusqu’à nos jours, ou presque, en passant par la rébellion jacobite.

Grâce aux fichiers de réservation, Finley localise où Charlotte Mac Leod est locataire. Il s’agit d’une maison isolée à Bernisdale. Il s’y rend immédiatement et découvre le cadavre de la jeune fille. Elle est allongée sur le lit, en chemise blanche, ensanglantée, et en kilt. Des fleurs fanées ont été déposées tout autour d’elle, et à la tête du lit, il peut lire une inscription tracée avec le sang de la victime : Peace.

 

L’enquête proprement dite est insérée dans des chapitres présentant les divers personnages, Charlotte Mac Leod, son ami Mahmoud Oz, Duncan Mac Donald le joueur de cornemuse dont l’esprit est taraudé par son passage dans l’armée et son séjour au Viêt-Nam, jusqu’au drame. Aux drames devrais-je écrire, car l’auteur mêle habilement plusieurs histoires d’hier et d’aujourd’hui.

En effet, outre la rencontre entre les deux ressortissants d’origine écossaise, il met en scène les nombreux conflits qui ont jalonnés l’existence des deux clans depuis des siècles. Une remontée dans le temps avec à la clé la narration de légendes qui, comme chacun sait, ont souvent une origine réelle et historique, qui donne la saveur au récit.

Mais l’époque actuelle est également évoquée avec la participation de Mahmoud Oz, Turc de nationalité mais qui est confronté à son origine kurde.

Dans un paysage grandiose, au timbre de la cornemuse toujours en fond sonore, Gérard Alle transpose hier et aujourd’hui, mettant en avant les conflits séculaires entre deux clans, deux nations, deux prééminences, deux haines inextinguibles qui probablement ne se résoudront jamais, même dans le sang.

Plus qu’un roman policier, Scottish Lamento est une œuvre qui se veut le reflet d’une société en déliquescence, à cause de la haine et de la rivalité entre les peuples et de ses conséquences, les conflits armés.

 

Les forces de police, en Grande Bretagne, lors des manifestations, par exemple, cherchent à éviter tout affrontement, et je crois que c’est une bonne chose. Les Britanniques ne nous voient pas comme des ennemis. Ce qui se passe en France, où les forces de l’ordre cherchent systématiquement l’affrontement pour dissuader les gens de descendre dans la rue, je crois que ça ne marche pas. La confiance disparait, les gens se radicalisent, et à un moment ou à un autre, il faudra en payer le prix : la violence se retournera contre ceux qui l’exercent.

Gérard ALLE : Scottish Lamento. Editions IN8. Parution 15 septembre 2020. 256 pages. 18,00€.

ISBN : 9782362241109

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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 04:10

Souriez, vous êtes photographié !

Roland SADAUNE : Ma rousse.

La journée était vraiment mal engagée pour que cela ne continue pas !

L’approche dorsale dans le lit callé contre sa femme afin d’essayer de se remémorer comment se pratique la simulation de procréation ne fut pas une réussite.

Après ce fut la corvée des courses à cause d’un chariot indocile au super marché Mammouth. Mammouth écrase les prix disaient-ils. Mamie écrase les prouts, répondit Coluche.

Bref, Roger, le narrateur est en train (mais à pied) de débarrasser la roue récalcitrante du scotch qui l’empêche d’avancer droit, lorsqu’il est interpellé par le gérant d’un magasin de photos. Celui-ci, confus, s’excuse, platement, avouant s’être trompé de pochette et qu’il a mélangé les négatifs. Il les remet à Roger qui se dit que c’est sa femme Monique qui a dû déposer la pellicule.

Tout en rangeant ses victuailles dans son chariot, il examine les négatifs qui sont loin d’être positifs. Il reconnait Monique, sa femme, sa rousse, posant en petite tenue. Aussitôt la jalousie le tarabuste. Qui a pu prendre sa rousse en photo. Probablement l’un de ses voisins. Mais lequel ? Des noms, des visages se bousculent dans sa tête et pour faire le ménage il s’octroie au bistrot du quartier le double de rations de petits blancs au comptoir. Des petits blancs ? Et si c’était son voisin noir qui s’amusait avec sa rousse ?

 

Auteur d’une trentaine de romans policiers noirs, et le double de nouvelles, Roland Sadaune dépeint ses aventures imaginaires avec réalisme. Normal puisqu’il est aussi artiste-peintre.

Et je dois avouer que ce sont dans ses nouvelles qui je me sens le plus en phase avec lui. Il ne tire pas à la ligne mais décrit avec un humour noir des tranches de vie quotidienne, empruntant des chemins de traverse cahoteux, comme des courts-métrages, lui dont l’une des passions est le cinéma.

Ses personnages sont calqués sur l’homme de la rue, l’individu lambda confronté à des épisodes qui le laissent désemparé, des petits faits comme il en existe tant, cachés dans les couloirs des immeubles sociaux, derrière les portes des familles en désagrégation.

Des nouvelles qui laissent dans la bouche un goût d’amertume car ceux qu’il décrit pourraient être vous, ou moi.

 

Roland SADAUNE : Ma rousse. Collection Culissime/Noire sœur. Editions SKA. Parution 30 septembre 1978. 16 pages. 1,99€.

ISBN : 9791023408317

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4 octobre 2020 7 04 /10 /octobre /2020 04:03

Une porte doit être ouverte… ou bleue !

Brigitte GUILHOT : Les portes suivi de Le voyage astral ; dialogue avec mon anesthésiste.

Se retrancher derrière une porte ou, au contraire, l’ouvrir afin de passer de l’ombre à la lumière, ou inversement, c’est ce que l’on fait inconsciemment parfois.

Deux voix s’expriment dans Les Portes, une d’enfant et une d’adulte, mais est-ce la même personne à des âges différents, cela se peut. Car cette nouvelle, tout comme Le voyage astral, est le fruit de réflexions internes, qui s’entremêlent, se poursuivent, vagabondent, mais toujours avec un objectif précis, ou alors il s’agit du regard porté par la narratrice sur les petits faits quotidiens impactant une situation, une façon de procéder, de se mouvoir, de penser sans se raconter à un quelconque interlocuteur pourtant présent et de la part de la gamine ou d’une tierce personne de s’invectiver afin de se motiver.

Alors, s’agit-il de souvenirs de l’auteur, d’introspection, de mélanges de vécus et d’imaginés ? On peut tout envisager, mais il plane sur ces nouvelles comme des instants concrets, des moments d’existence issus du passé.

Et il se dégage de ces nouvelles comme des opportunités d’optimisme, forcées peut-être, mais réelles.

Ainsi dans Le voyage astral, une image se dégage, celle de la narratrice à qui le médecin généraliste prescrit des bas de contention. Elle rêve que ces bas soient améliorés par de la dentelle. Ce n’est pas parce que l’on est malade que l’on ne doit pas se préserver une part de sa féminité.

Derrière les portes, il y a l’amour, les souvenirs, le désir, parfois la rage… Brigitte Guilhot nous livre deux courtes nouvelles qui se complètent dans le même registre, quasi onirique, subtile et poignant en même temps. Avec cette très belle écriture, cette écrivaine possède en plus une voixTelle est la présentation de ces deux textes par l’éditeur et j’aurais pu m’en contenter. Mais il faut toujours que j’ajoute mon grain de sel, au risque de peut-être être confus dans mon propos.

Vous pouvez commander cet ouvrage numérique en vous rendant sur le lien ci-dessous :

Brigitte GUILHOT : Les portes suivi de Le voyage astral ; dialogue avec mon anesthésiste. Collection Mélanges. Editions SKA. Parution 30 septembre 2020. 19 pages. 2,99€.

ISBN : 9791023408331

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Présentation

  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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