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6 juin 2019 4 06 /06 /juin /2019 04:56

La moutarde leur monte au nez !

A mort à Roma !

B. &F. DARNAUDET, G. GIRODEAU et Ph. WARD : Détruire Roma !

Tous les ingrédients de l’heroïc-fantasy, ou presque, se catapultent dans ce roman échevelé écrit à huit mains et quatre têtes pensantes.

Nous retrouvons avec plaisir les principaux protagonistes des deux ouvrages précédents, mais les auteurs leur fournissent des épisodes les mettant plus ou moins en valeur.

Posel Virt Schneesturm est surnommée le Cardinal du Nord ou le Blizzard vivant, car pour l’heure, et peut-être encore pour longtemps, son sexe alimente les débats. En effet son appartenance à la catégorie mâle n’est pas établie et il serait possible que Posel soit une femme, la papesse de la Dernière nouvelle foi. Ma foi, peu nous chaut, ce sont ses intentions qui comptent et lorsque nous entrons par effraction dans l’histoire, elle chemine vers le fief teutonik de Marienburg afin d’y trouver des alliés pour la réalisation de son entreprise.

Elle est accompagnée du sénéchal Laguerre qui lui propose de monter en Nederland afin de s’allier avec les Libéraux de Bolkestein et si cela ne l’agrée guère, elle accepte néanmoins car la parole du sénéchal est sage. Mais Simon de Malfort tempête car il se sent seul, pensant à une défection de Laguerre, alors que celui-ci se dirige vers Paris. Malfort doit couper la route aux troupes du sultan An-Nisâr. Un jeune chevalier conseille de se diriger vers Poitiers afin de couper la route aux Arabes. Il se nomme Martel.

Pendant ce temps, Xavi El Valent et ses compagnons, le Dard M’Odet, Lo Singlar et quelques autres se trouvent confrontés à une horrible bête. Xavi se défend vaillamment mettant tout son cœur à l’ouvrage, brandissant son fidèle Glaive de justice qui en rougit de plaisir, mais le Tre (c’est le nom de son adversaire) sait où donner de la tête. Elle lorsqu’elle est coupée, elle repousse multipliée par trois. L’hydre n’est pas loin.

A Roma, au Vatikan, trente vieillards vêtus de rouge, s’apprêtent à élire un nouveau pape, officiel selon leurs critères. Pedro de Luna a exigé la tenue d’un nouveau concile, promettant, s’il est élu, de recruter des milliers d’Almogovarks, d’être impitoyable envers les hérétiques et d’activer le dôme magique de Sanctus Philippus. Il est élu sous le nom de Benedictus XIII, et non sous celui de Luna Park comme certains le pensaient.

Mais les imbrications religieuses et politiques sont complexes, ce qui n’empêche pas l’amour de s’insérer dans ces pages, et les faits d’armes se suivent sans pour autant se ressembler. Ainsi, arrêtons-nous quelques instants dans l’antre de Çal’Us, le mage mi-homme, mi-ours, un nécromant qui garde prisonnière la jeune Enrekhtouès, l’Egyptienne. Xavi et ses compagnons sont accueillis, façon de parler, par Agna, sorcière et incidemment sœur de Xavi. Çal’Us possède dans un cercueil une momie et il veut la ramener à la vie, ce qu’il fait, mais il ne pensait certes pas que celle-ci allait réagir d’une façon non programmée. Il s’agit d’Abdul al-Hazred, un nécromancien auteur du Nécronomicon.

Je passe rapidement sur bon nombre de faits d’armes ayant pour protagonistes Bernadette (elle est chouette !) di Venezia, cardinale amazone de son état, Gontran le Défiguré, chef des lézards religieux et dont le mot d’ordre est il n’y a pas de lézard, Olympe de Fois, dévot, dite la Pucelle, qui manie la hachette, Jirrodo, nabot démoniaque et chef des cardinaux de la bande à Gontran, plus quelques autres, de moindre importance mais dont la présence s’avère capitale dans des épisodes hauts en couleurs. Et pour la petite histoire, sachez qu’un navire métallique va s’immiscer dans le décor, mais je n’en dis pas plus même si vous restez sur votre faim, car déjà j’en ai trop écrit.

 

Ce roman est découpé en trois chants, comme à l’époque médiévale des trouvères, à ne pas confondre avec les troubadours qui n’étaient pas d’origine occitane, titrés et signés :

Dans l’antre des Teutoniks, des trouvères Boris et François Darnaudet.

Le sort en est jeté par Philippe Ward, qui se déclare troubadour juste pour embêter ses compagnons.

Tagumpay, tagumpay ! pel narrador katalan Gildas Girodeau

 

Chaque auteur porte cette histoire quelque peu déstructurée mais possédant une logique et une continuité en jouant avec les différents personnages et en leur donnant une prépondérance ou en limitant leurs interventions. Chacun des auteurs intègre ses préférences, ses phantasmes, ses points d’ancrage, sa sensibilité, et on ne sera pas étonné, du moins ceux qui ont lu leurs romans, que chez Darnaudet père et fils une grande part est consacrée aux combats, chez Philippe Ward on retrouve le thème de l’ours, chez Gildas Girodeau la Méditerranée, Mare Nostrum, fait partie intégrante du décor même si elle ne sert que liaison, le tout étant lié à l’Occitanie.

Et l’on ne sera pas étonné non plus des nombreux clins d’yeux envoyés à d’autres auteurs, et à eux-mêmes, par personnages interposés, dont l’identité ne devrait pas échapper à ceux qui connaissent l’amitié qui les lie souvent depuis des années. Donc outre, Dard M’Odet, Laguerre, Jirrodo, les initiés reconnaîtrons sans mal qui se cache sous les patronymes de Bernadette di Venezia, Galerne de Palerme, Queudeville, Zolma…

Mais on pourra également remarquer que Lovecraft (voir ci-dessus) et la mythologie grecque ou les Contes des Mille et une nuits , avec les chevaux ailés et la présence d’Orientaux, entre autres, s’immiscent dans cette histoire qui dépasse largement le cadre de l’Occitanie.

La sorcellerie et la magie jouent un rôle primordial et l’on pourrait croire que ceci réglerait bon nombre d’actions, mais chaque protagoniste possède, là aussi, ses points forts et ses faiblesses. Et cela fait penser, un peu, au combat entre Merlin et Madame Mim dans un dessin animé de Disney.

L’épilogue laisse un peu sur sa faim, mais il faut laisser les auteurs se renouveler et leur laisser le temps, d’autant qu’ils ont d’autres préoccupations, d’autres romans en solo à écrire.

B. &F. DARNAUDET, G. GIRODEAU et Ph. WARD : Détruire Roma ! La saga de Xavi El Valent 3. Collection Blanche N°2176. Editions Rivière Blanche. Parution le 2 avril 2019. 220 pages. 18,00€.

ISBN : 978-1-61227-862-9

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4 juin 2019 2 04 /06 /juin /2019 04:51

Pensez à vous protéger, les dépenses de teinturerie ne sont pas remboursées !

Luis ALFREDO : Eventration.

Être responsable de la sécurité dans un supermarché n’est pas de tout repos, mais cela possède aussi ses avantages… palpables. Et être copain avec ce même directeur tout en étant vigile de base, procure ces mêmes avantages, voire plus.

Patrice Rousse, au patronyme adéquat pour sa fonction, est devenu chef de la sécurité après avoir trimé dans tous les domaines professionnels de ce magasin, et à quarante cinq ans, il peut être satisfait. Un salaire plus que confortable, un sale air de viveur, des employés à sa botte et une femme, magnifique, qui le botte. Seul problème, il n’a pas réussi à avoir d’enfant.

Son copain Lucien, simple vigile vigilant, qu’il invite parfois chez lui pour se sustenter, lui apporte la satisfaction de pouvoir reluquer et palper certaines clientes indélicates. La fouille au corps lors d’un vol à l’étalage, ou alors direction le commissariat et tous les ennuis que cela implique. Naturellement, les clientes préfèrent se faire palper que de rendre dans un endroit peu fréquentable, tel qu’un poste de police.

Et puis il y a les petits malfrats, les voyous de la cité d’en face, qui n’hésitent pas à chaparder canettes et autres denrées. Là, la palpation est plus brutale.

A force de fréquenter chez Patrice, Lucien s’est aménagé un petit nid douillet dans la couche de Geneviève, la femme de son chef. Il rend service, c’est tout. Mais Patrice Rousse se doute que sa femme a zébré le contrat de mariage d’un coup de canif, lui qui n’hésite pas à baguenauder hors des liens du mariage.

Youssef, lorsqu’il rentre de son travail en mobylette, profite d’une brèche dans le grillage du parking pour se diriger au plus vite jusque chez lui. Mais la ligne droite, si elle est le plus court chemin d’un point à un autre, n’est pas exempte de tous les dangers.

Le commandant René-Charles Villemur n’est pas dans son assiette. Il est peiné car il vient d’apprendre par le journal que Patricia Boyer s’est suicidée. Et comme il n’a pas de nouvelles de son compagnon Christian, il ressasse et n’est pas toujours à prendre avec des pincettes. Alors la découverte d’un cadavre dans une zone en friche aux abords du supermarché, peu lui chaut. Presque, car il est un policier avant tout, et en compagnie de son adjoint Octave qui passe par toutes les gammes de la réflexion, il interroge le responsable de la sécurité du magasin et les autres vigiles. Car ils sont quand même les premiers concernés.

 

Non retrouvons avec plaisir ce commissaire, d’habitude débonnaire et amateur de whisky, sans oublier le tabac sous différentes formes, sauf la pipe, quoi que, embarqué dans une affaire qui l’embarrasse et à laquelle il s’attelle avec réticence. Mais Octave est là, qui le pousse, voire le bouscule, lui suggérant des pistes de recherche, des possibilités d’enquête.

 

Le meilleur moyen pour vous procurer ce court roman est de diriger le pointeur de votre souris sur le lien ci-dessous :

Luis ALFREDO : Eventration. Itinéraire d’un flic 4. Collection Noire Sœur. Editions Ska. Parution le 3 juin 2019. 2,99€.

ISBN : 9791023407730

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2 juin 2019 7 02 /06 /juin /2019 03:08

Gaby a le vent en Poulpe…

7 Maures sur ordonnance. Recueil de nouvelles.

Trois nouvelles au menu, avec toutes les trois un héros récurrent, un enquêteur indépendant, nommé Gabriel. Ceci devrait vous rappeler quelqu’un.

Et en effet, en quatrième de couverture, il est indiqué Poulpe à la mode corse. Donc pas de surprises et pourtant les différences sont nombreuses, et Gabriel, dit Gaby, n’est pas un succédané de Lecouvreur, juste un personnage similaire.

Ces nouvelles sociales qui se déroulent en Corse ou en Bretagne possèdent un point commun, outre le héros : elles se déroulent en 1978 et 1979, une vision de l’Histoire avec un certain recul appréciable.

 

Dans On achève bien l’écheveau (vous remarquerez l’aimable jeu de mot) de Christian Maïni, il s’agit pour Gaby d’enquêter sur un meurtre, une affaire classique.

La belle et jeune Maddalena, qui est arrivée par hasard un jour dans le village et n’en est plus repartie, dont les antécédents n’ont filtré qu’avec parcimonie, adoptée par tous et principalement par Santa l’Ebréa, a été retrouvée morte poignardée. Les deux pandores, Casanova et Pantanacce, ont été chargés officiellement par le brigadier-chef Beauger de régler cette affaire, mais Gaby s’entend avec eux pour se mêler à l’enquête.

Plus que la résolution de l’énigme, ce qui prévaut dans cette nouvelle, c’est le style linguistique employé, la sémantique. Un peu à la manière de San Antonio, qui n’était pas le précurseur des romans humoristiques, avec jeux-de-mots à foison. L’auteur se fait plaisir tout en amusant le lecteur par ses calembours, mais il existe une véritable recherche dans cette accumulation d’homophonie ou polysémie, d’à-peu-près, et il s’agit d’une véritable gageure oulipienne.

 

Avec Flic ou barbouze, de Marek Corbel, plus d’amusement sémantique, ou si peu. Car le sujet est grave. Plus grave que le meurtre d’une jeune fille. Le brigadier-chef Beauger, lors d’une soirée à Bastia, a surpris une conversation entre le commissaire-divisionnaire, un homme muni d’une canne et un truand de renommée insulaire nommé Jojo de la Citadelle.

Leurs propos concernaient un certain Nitro, un Espagnol fou vivant à Botmeur. C’est peu mais rien n’arrête Gaby qui prend son bâton de pèlerin, et après s’être plongé dans son encyclopédie géographique, il se rend à Carhaix en Bretagne. En cours de route il fait la connaissance de Guillaume, un musicien itinérant et vestige de la génération des hippies, lequel lui propose de s’engager à faire les moissons. Initiative non négligeable car Gaby possédera un alibi pour son arrivée. Il ne lui reste plus qu’à découvrir qui se cache sous l’identité de Nitro, parmi la communauté espagnole installée dans ce coin finistérien, et l’aider à échapper aux griffes de l’homme à la canne, un certain Alexandre Benallini qui est accompagné du tueur à la solde de Jojo et surnommé le Kanak.

Cet épisode se déroule quelques années après la mort de Franco, mais son esprit est toujours vivace de même que la Retirada et l’exode d’une partie de la population en délicatesse avec le Caudillo. Et on appréciera la présence d’Alexandre Benallini, soi-disant (sans T à soi) lieutenant-colonel et président directeur général d’une organisation Ripublica

 

Le troisième volet de ce recueil, Sept Maures sur ordonnance d’Olivier Collard, aborde un sujet politique et social, avec le projet du président de la République de l’époque, Valéry Giscard d’Estaing, de revenir sur les accords d’Evian. Celui-ci voulait expulser 100 000 Algériens de France non pas en légiférant mais par ordonnance. Ceci ne s’est pas réalisé, freiné au dernier moment par l’aile modérée de sa majorité. Une expulsion qui devait être accompagnée d’une prime de dix mille francs (nouveaux et non anciens comme il est précisé dans le texte) soit la modique somme de un million d’anciens francs. Je vous laisse le soin de convertir en euros, car à l’époque, cette monnaie n’était pas envisagée.

Sept Corses d’origine algérienne sont nommés, tirés au sort ou non, ne possédant pas d’attaches familiales, et Gaby va tenter de trouver un stratagème pour faire avorter ce projet inique. Et naturellement, on retrouve certaines figures de l’époque, dont certaines se sont suicidées dans une flaque d’eau ou noyées accidentellement.

Eminemment politique et humaniste, cette histoire ne laissera pas indifférent le lecteur qui a connu cette époque ou justement qui la découvre et pourra effectuer un parallèle avec ce qu’il se passe de nos jours et sous les gouvernements précédents, qu’ils soient de gauche ou de droite.

Trois histoires, trois tonalités, trois écritures, un seul but, intéresser le lecteur !

7 Maures sur ordonnance. Recueil de nouvelles. Collection Trinnichellu N°4. Editions du Cursinu. Parution le 4 février 2019. 198 pages. 10,00€.

ISBN : 9791090869363

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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 04:19

Une parodie vampirique…

Paul FEVAL : Ann Radcliffe contre les vampires : La ville-vampire.

Dans ce roman paru dans le Moniteur universel du 12 septembre au 25 octobre 1874 et intitulé La ville vampire – Aventure incroyable de madame Anne Radcliffe, Paul Féval retrouve la veine incroyable du délire maîtrisé qui se dégageait déjà dans La fabrique de crimes.

Une parodie du roman noir ou gothique dont une des pionnières fut Ann Radcliffe avec son plus célèbre ouvrage : Les mystères d’Udolphe (ou Udolpho), et auquel Féval se réfère dans ce court ouvrage. Mais afin de donner du crédit à son récit, il se met en scène dans l’entrée en matière de la façon suivante.

 

Mylady, une amie anglaise de l’auteur, propose à celui-ci de l’emmener, en compagnie de sa femme (ouf, l’honneur est sauf !) dans son château sis dans le Shropshire. Elle désire lui faire rencontrer une vieille dame, qui change de nom tous les ans à Noël. Actuellement elle se nomme Mlle 97. Trois ans auparavant, elle était Mlle 94. Pour la petite histoire, signalons toutefois que cette brave dame s’appelle Jebb et vit dans un cottage non loin du château de Mylady. Et vivaient dans cette région M. et mistress Ward, les parents d’Anne Ward, plus connue sous le nom de son mari, William Radcliffe.

Jebb narre alors une aventure extraordinaire survenue bien des années, des décennies même auparavant, à la jeune Anna ou Anne (je respecte l’orthographe des patronymes employé par Paul Féval), qui était amie avec Cornelia de Witt, accompagnée de sa gouvernante, la signora Letizia, et d’Edward S. Barton, lequel était suivi de son répétiteur Otto Goëtzi.

Pour tous, il était évident qu’Anne et Ned Barton allaient unir leur destinée, mais il n’en fut rien. Cornelia et Ned Barton se fiancent tandis que William Radcliffe demande la main d’Anne. Mais en attendant les deux mariages, la signora Letizia a rejoint à Rotterdam où elle tient la maison du comte Tiberio, le tuteur de Cornelia. Rotterdam où devait avoir lieu le mariage entre Ned Barton et Cornelia. Seulement, une mauvaise nouvelle leur parvient. La comtesse douairière de Montefalcone, née de Witt, vient de décéder en Dalmatie et Cornelia en est l’unique héritière d’une fortune immense. Tiberio se trouvant être l’héritier de Cornelia si, éventuellement, il arrivait quelques chose de fâcheux à la jeune fille.

Pendant ce temps Anne prépare activement son mariage, pas seule je vous préviens car il faut du monde pour coudre une robe de mariée, et elle reçoit quelques lettres dont une de son ami Ned. Elle s’endort et elle est la proie d’un rêve, ou plutôt d’un cauchemar. Elle se trouve dans un paysage qui n’est pas anglais, une église et des sépultures, des tombes jumelles sur lesquelles sont inscrites deux noms : Cornelia et Edouard !

Selon les autres missives, les liens qui unissaient Letizia, Goëtzi et leurs supposés protégés sont très distendus. Il se trame une sorte de complot et le mariage de Cornelia et Ned est retardé. D’après Ned, Cornelia a été enlevée par son tuteur et emmenée en Dalmatie, puis il a été atteint d’une fièvre qui lui procurait des hallucinations, à moins que ce ne fût la réalité. Il aperçoit dans le noir des prunelles vertes et des personnages incongrus. Anne décide alors de rejoindre Ned en compagnie de son factotum, Grey-Jack, un véritable hercule, qui déclare que Goëtzi n’est autre qu’un vampire.

Débute alors une course poursuite qui les entraîne jusqu’en Dalmatie où ils vont connaître des aventures effrayantes en compagnie de Cornelia et Ned, des épisodes réglés par Letizia et Goëtzi qui sont en très bon terme, se trouver face à une araignée géante aux yeux verts, jusque dans une ville surnommée la Ville-vampire, une vaste nécropole réservée au repos de légions de vampires.

 

Ce roman, qui débute comme une paisible relation amoureuse ou amicale entre quatre jeunes gens, devient peu à peu une succession d’aventures où l’angoisse se le dispute à une accumulation de péripéties toutes plus ou moins grotesques les unes que les autres, tout en étant périlleuses. La vie de nos principaux protagonistes est très souvent mise en danger à cause des manigances des deux lascars nommés Letizia et Goëtzi.

Dans la dernière partie de l’ouvrage, celle où les protagonistes évoluent en Dalmatie, dans la Ville-Vampire, le lecteur a l’impression de se trouver face à un dessin animé adapté d’après des comics de Marvel, avec une araignée géante, des personnages aux yeux verts qui se dédoublent, et des combats féroces.

L’épilogue pourrait n’être qu’une immense farce, mais Paul Féval s’en sort avec une pirouette, promettant ne pas utiliser un aspect déjà usé jusqu’à la corde, et fournissant une excuse aléatoire.

Dans cette véritable parodie de roman gothique ou roman noir comme étaient définis à l’époque ce genre de romans, La Ville-vampire ou Aventure incroyable de Madame Anne Radcliffe, titre originel de ce texte, Paul Féval accumule des situations que l’on pourrait qualifier de nos jours d’ubuesques, rocambolesques, surréalistes qui rejoignent dans la démesure La fabrique de crime, lui-même roman parodique qui joue dans le cauchemar halluciné et dont l’épilogue propose lui aussi un retournement de situation insensé.

Il innove en quelque sorte le roman loufoque dont Cami, auteur notamment de Loufock Holmès, le détective idiot, ou Pierre Dac et Francis Blanche, avec les Aventures de Furax, en furent les principaux chantres.

Editions Marabout. Bibliothèque Marabout Fantastique N°408. Parution 1972.

Editions Marabout. Bibliothèque Marabout Fantastique N°408. Parution 1972.

Paul FEVAL : Ann Radcliffe contre les vampires : La ville-vampire. Postface d’Adrien Party. Editions Les Moutons électriques. Parution le 7 juin 2018. 144 pages. 13,00€.

ISBN : 978-2361834654

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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 04:36

Un parfum de Harry Potter, mais un parfum

volatile…

Emmanuelle et Benoît de SAINT CHAMAS : Le Collectionneur

Un archéologue est par nature destiné à découvrir des choses intéressantes, voire surprenantes, en plongeant dans le passé de l’humanité, mais ce que distingue dans une salle mortuaire égyptienne le professeur Clairet et ses deux assistants est à proprement parler impensable.

Sur la porte de pierre figurent des inscriptions plus anciennes que les hiéroglyphes, et pourtant sur la tombe est déposé en évidence un… disons un objet qui ne devrait pas y figurer sauf si la tombe a été violée récemment et qu’un étourdi ait oublié un matériel devenu courant aujourd’hui mais dont l’existence ne remonte qu’à quelques décennies. Pourtant rien ne permet de supposer que la tombe ait été visitée, au contraire.

Dans le même temps, à Paris, Raphaël et Raphaëlle, les jumeaux d’à peine douze ans, orphelins et élevés par leur parrain Tristan, découvrent qu’ils ne sont pas tout à fait comme leurs condisciples. Raphaël est très ami avec Aymeric, ils sont toujours ensemble, comme indissociable. D’ailleurs ils ont été surnommés Rapharic.

Mais comme dans toute communauté qui se respecte, façon de parler, les deux complices sont en butte aux moqueries, souvent accompagnées de coups, de la part de Riveran, le perturbateur de la classe qui n’hésite pas à les provoquer dans la rue. C’est ainsi qu’un jour Riveran se montrant plus particulièrement agressif, les deux amis sont sauvés par un personnage qui apparait et disparait comme par enchantement.

Raphaëlle et Suzanne sont copines malgré leur différence de caractère. Suzanne se la pète comme l’on dit familièrement. Et Raphaëlle pour l’impressionner s’amuse à effectuer de petits tours de magie. Mais Raphaël et Raphaëlle se découvrent le pouvoir de communiquer entre eux, comme s’ils étaient doués de télépathie ou de télékinésie.

Leur parrain, qui exerce officiellement le métier de journaliste, leur propose de l’accompagner en Egypte sur les lieux de la découverte inouïe et tenue secrète. Et c’est là qu’ils se rendent compte que Tristan est aussi membre d’une organisation secrète et qu’il possède des pouvoirs surnaturels. Lui-même est Chevalier de l’Impossible et il leur propose de suivre des cours afin de devenir apprentis pages, puis de monter en grade dans cette organisation car ils en possèdent les qualités, ainsi que le don.

Ils font leurs premières armes dans les caves du Louvre et se révèlent particulièrement doués, seulement des règles sont à respecter, telles les règles des trois S, Secret, Service, Sagesse. Un mouchard leur est imposé, des Komolks qui se transforment à volonté et sont élevés au rang d’anges gardiens et de rapporteurs comme leur nom l’indique.

Raphaël et Raphaëlle vont devoir non seulement apprendre à obéir mais aussi à respecter leur nouveau statut, à vivre avec leurs Komolks, et bientôt ils sont entraînés dans une aventure hors du commun, en compagnie de leur parrain, à la poursuite du Collectionneur, un être qui défie toutes les polices du monde pour assouvir sa soif de possession d’objets hétéroclites et précieux.

 

En lisant cet ouvrage qui regorge de petits tours de magie que les enfants peuvent s’amuser à réaliser chez eux sans difficultés et empreint d’un humour léger, avec quelques jeux de mots, le jeune lecteur ne pourra s’empêcher de penser à Harry Potter et à sa carrière de magicien à Poudlard.

 Même s’ils n’ont pas lu les romans de J. K. Rowling, les films qui en ont été adaptés sont assez présents à l’esprit pour ne pas établir le lien. Mais s’il existe des ressemblances, les enfants, l’école de « sorciers », les professeurs plus ou moins déjantés et mystérieux, le fond de l’histoire emprunte à des légendes déjà exploitées dans les romans fantastiques, et pourtant les auteurs, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, parviennent à renouveler le genre avec brio, et moi-même étant d’un âge déjà avancé, j’ai été conquis et attend avec une certaine impatience le second épisode des aventures des jumeaux et de Strom, dont la signification réside dans le livre et que je vous conseille de lire à l’envers (pas le livre).

Emmanuelle et Benoît de SAINT CHAMAS : Le Collectionneur (Strom 1). Editions Nathan. Parution 30 juin 2011. 308 pages.

ISBN : 978-2092023105

Réédition Collection Pocket Jeunesse. Parution le 22 mai 2014. 336 pages.

ISBN : 978-2266245296

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26 mai 2019 7 26 /05 /mai /2019 04:11

Lorsque Ernest Pérochon, Prix Goncourt 1920, se montrait visionnaire !

Ernest PEROCHON : Les hommes frénétiques.

Si le nom d’Ernest Pérochon reste indissociable de Nêne, son plus grand succès prix Goncourt 1920, il faut avouer qu’une grande partie de sa production littéraire est quelque peu oubliée de nos jours. Et Les hommes frénétiques est la seule incursion de Pérochon dans le domaine de la science-fiction.

Pourtant dans cette anticipation, la vision qu’il donne de l’humanité est crédible car par bien des points elle reflète ce qu’il se déroule de nos jours et met en scène des événements qui se sont produits vingt ans après sa première parution en 1925. Et encore de nos jours avec des « améliorations » scientifiques et technologiques.

Lorsque débute cette histoire, nous sommes au cinquième siècle de l’ère universelle, et le jeune scientifique Harrisson, élève du presque centenaire Avérine, savant reconnu et estimé de tous, vient de créer quelque chose et il se demande comment cette découverte va être perçue. Il travaille en compagnie de deux autres scientifiques plus âgés et de la jeune Lygie Rod, déjà célèbre pour ses travaux.

Il est content et, trentenaire, il possède encore un fond juvénile qui le pousse à taquiner Samuel, un gamin métis quelque peu arriéré, qui joue avec un chat. Mais ce n’est qu’une récréation après ses heures de recherches et il aspire également à s’imprégner de l’extérieur, de l’air frais, de l’odeur des plantes.

Mais il aime également compléter sa culture de l’histoire de la planète et il se plonge dans l’un des volumes de la bibliothèque de son maître, un volume relatant comment après la guerre de 1914-1918, les progrès ont déréglés l’humanité.

Le rôle des avions dans un environnement belliciste, puis les affrontements entre Nord et Sud, les avancées technologiques des Asiatiques, les guerres qui ravagèrent la planète, les avions de plus en plus performants déversant des bombes bactériologiques sur des cibles précises et autres formes scientifiques d’attaques.

Ecrivant l’histoire de l’humanité à l’âge scientifique, l’auteur, avec une implacable logique, démontrait qu’à l’origine de tout changement dans la marche de la civilisation, on trouvait une découverte dont personne, le plus souvent, n’avait tout d’abord mesuré l’importance.

Plus loin, Ernest Pérochon, après avoir décrit succinctement la guerre de 1914/1918, puis la suite anticipative, déclare :

Jamais peut-être l’humanité n’avait manqué à ce point de clairvoyance et de bonne volonté. La science progressait rapidement, et peu de gens songeaient à s’étonner et à se méfier. L’intelligence semblait quelque peu assoupie ou désorientée.

En plus d’une contrée, de grossiers histrions se hissaient aux tréteaux populaires ; des demi-fous brandissant la matraque, réussissaient à se faire écouter.

Mais ça, c’était avant. Depuis, l’humanité vivait en bonne intelligence, comme si elle avait compris l’enseignement. Les souvenirs lamentables du crépuscule chrétien sont-ils effacés ? Il faut croire que non. Des échauffourées se dressent entre les parallèles malgré les mises en garde d’Avérine, d’Harrison et du Conseil Central qui se positionne au-dessus des nations, comme tenta de le faire la SDN et de nos jours l’ONU.

Les échauffourées se transforment rapidement en guérillas, puis en guerres entre nations, et c’est bientôt l’embrasement.

Le péril jaune était depuis longtemps dénoncé dans des romans populaires, et Ernest Pérochon emboîte le pas dans son analyse.

En face, se dressait le bloc inquiétant des peuples jaunes. Ceux-ci, la science, comme le coup de baguette d’une fée, les avaient tirés d’un long engourdissement. Le réveil avait été prodigieux. Leurs savants égalaient en réputation les savants d’Europe et d’Amérique ; leurs industriels, leurs commerçants, leurs banquiers envahissaient les marchés du globe ; en même temps, une renaissance artistique sans précédent coïncidait chez eux avec une dépravation morale qui étonnait le vieux monde.

 

Les progrès scientifiques inéluctables semblent faire peur à l’auteur.

La société moderne (celle dans laquelle vivent Harrisson et consorts) devait avant tout, surveiller étroitement les recherches scientifiques. Or, rien n’était fait. Sous le prétexte de liberté individuelle, le savant demeurait maître de ses actions tout aussi bien que le mortel inoffensif.

Le déclenchement de cette nouvelle guerre qui devient internationale, planétaire même, est issu d’une simple revendication émanant des agents des transports aériens bientôt suivis par d’autres corps de métiers dont les gens de maison, les cinétéléphonistes, les météorologistes : la journée d’une heure. Mais les revendications de ces professions ne sont pas du goût des agriculteurs, des artisans à domicile, des distributeurs qui regroupent presque toute la population méridienne.

 

Harrisson et Lygie décèlent un phénomène qu’ils isolent et qu’ils désignent sous le nom de système féérique. Mais ce n’est pas le seul sujet sur lequel Harrisson travaille. Les effets s’en feront ressentir plus tard, mais l’on peut comparer le système féérique à ce qui équivaut à ce qui s’est déroulé sur le Japon en 1945 par le largage de bombes nucléaires. Quant à l’autre aspect scientifique, il s’agit ni plus ni moins que de la stérilisation des êtres humains.

 

Les guerres, celle de 1939/1945 puis celle qui fait l’objet de ce roman avec Harrisson comme protagoniste principal, sont longuement, soigneusement, méticuleusement décrites et pourtant il ne s’agit que de l’anticipation. Mais une anticipation réaliste par bien des épisodes.

On pourrait, sans exagérer, déclarer que ce roman est un compromis entre La guerre des mondes de H.G. Wells et les romans dits préhistoriques de Rosny Aîné. En effet la guerre vécue par Harrisson et ses amis se termine de façon cataclysmique et apocalyptique et, comme l’ont fait par la suite bien des auteurs de science-fiction, il existe une résurgence de l’humanité sous forme quasi préhistorique. Mais comment, cela est décrit dans ce roman qui dénonce certains ravages provoqués par une utilisation mal maîtrisée de la science et des technologies, et naturellement des guerres qui s’ensuivent à cause du refus de la prépondérance des peuples sur les autres par chefs d’états interposés. Paru en 1925, ce roman annonçait déjà l’arrivée de dictateurs tels que Hitler et quelques autres, et si l’on veut regarder autour de soi de nos jours, on peut en trouver d’autres en exercice.

Roman d’anticipation et de science-fiction, roman social, Les hommes frénétiques est aussi et peut-être surtout un roman humaniste et une vision de l’avenir désespérée et pourtant porteuse d’espoir.

Première édition : Plon 1925.

Première édition : Plon 1925.

Réédition : Editions Marabout Science-fiction N° 388. 1971.

Réédition : Editions Marabout Science-fiction N° 388. 1971.

Ernest PEROCHON : Les hommes frénétiques. Editions SNAG Fiction. Parution le 4 avril 2019. 352 pages. 18,00€.

Première édition : Plon 1925.

Réédition : Editions Marabout Science-fiction N° 388. 1971.

ISBN : 978-2490151097

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25 mai 2019 6 25 /05 /mai /2019 04:50

Faut pas mollir Maguy !

Paul FEVAL : Les Molly-Maguires.

Plus connu pour la série d’arrestations et les procès qui eurent lieu entre 1876 et 1878 en Pennsylvanie aux Etats-Unis à cause de leur mutinerie contre les propriétaires de mines qui refusaient le syndicalisme, les Molly-Maguires étaient des Irlandais regroupés dans une société secrète qui œuvra d’abord sur leur île en rébellion contre les Orangistes Britanniques. Les Catholiques contre les Protestants.

Au moment où débute cette histoire, au mois de novembre 1844, dans la région de Galway, nous faisons la connaissance de la famille du vieux Miles Mac-Diarmid. Attablé en train de souper, il est accompagné de ses huit fils dont l’âge s’échelonne d’une trentaine d’années à dix-huit ans, d’Ellen Mac-Diarmid, une parente âgée de vingt ans, d’un homme en haillons, invité à se restaurer, d’une gamine nommé Peggy. Seule manque à l’appel, Jessy, la jeune nièce de Miles Mac-Diarmid, qui est mariée depuis peu à Lord George Montrath. Mais le vieux Mac-Diarmid s’inquiète pour Jessy dont les nouvelles ne parviennent que rarement.

Néanmoins, il leur faut rendre hommage à Ellen, que Miles Mac-Diarmid considère comme sa noble cousine. Et il est qu’elle fait partie de la famille, descendante des Mac-Diarmid qui autrefois possédaient un château, aujourd’hui en ruines, dans la région. Et ce n’est pas pour rien qu’elle est surnommée l’Héritière. Le vieux Miles Mac-Diarmid vitupère contre les Mollies, une société secrète dont les membres brûlent et pillent. Morris, l’un des fils tente bien de justifier leurs actes, démentant les pillages, mais rien n’y fait. Miles Mac-Diarmid est un fidèle de Daniel O’Connell, un Irlandais qui refusait l’implantation des Orangistes sur son sol mais considéré depuis comme une sorte de traître par les rebelles.

Il est question aussi d’un major anglais qui serait dans la ferme de Luke Neale, un fermier considéré comme un usurier, un assassin et autres qualités incompatibles avec l’honneur des Irlandais. L’évocation de Percy Mortimer, le major anglais, trouble Ellen, et l’un des plus jeunes fils de Miles s’en rend compte. Elle l’aime, se dit-il.

Au moment de se quitter, l’homme en haillons qui se prénomme Pat prend à part chacun des fils, leur glissant un petit mot en sourdine. Et tous les fils Mac-Diarmid sortent, l’un après l’autre, et se retrouvent à la ferme de Luke Neale, étonnés de se retrouver ensemble et d’appartenir à cette confrérie des Molly-Maguirres, avec comme mot de reconnaissance les Payeurs de minuit.

Ils sont venus s’emparer de Percy Mortimer, qui est blessé, et de Kate Neale, la fille du fermier, mais un homme, un chef sans nul doute, habillé d’un carrick, sauve la vie de Mortimer, car entre eux il existe une dette de sang. L’un des frères Mac-Diarmid aime Kate Neale, ils sont même fiancés selon lui, et c’est assez pour que les autres frères laissent également la vie sauve à la jeune fille.

La ferme est incendiée et au milieu des débris est dressé un panneau sur lequel est inscrit : La quittance de minuit.

Fin du prologue intitulé Les Molly-Maguire.

Débute alors l’histoire de L’Héritière qui se déroule six mois plus tard, en juin 1845 toujours à Galway et ses environs.

Dans une auberge, deux femmes et deux hommes se tiennent assis sur un banc, et buvant un rafraîchissement. L’un des deux hommes est sous-contrôleur à la police métropolitaine de Londres, et l’autre un pauvre hère qu’il soudoie afin que celui-ci effectue un faux-témoignage.

En effet, Miles Mac-Diarmid, le vieux Mac-Diarmid, est emprisonné suite à l’incendie de la ferme de Luke Neale. Les preuves manquent, et il serait bon que ses enfants affirment devant la justice que le vieux Miles était présent lors de cet incendie. Comme l’homme est pauvre et ne peut nourrir ses rejetons, la solution est toute trouvée.

Mais dans Galway, la tension est étouffante, tout comme la chaleur. Les Orangistes et les Irlandais ne manquent pas de s’invectiver, voire de se porter des gnons. Les soldats tentent de maintenir l’ordre sous le commandement du major Percy Mortimer. Mais celui-ci est un homme probe, sachant faire la part des choses, il est honnête et n’accepte aucun débordement de la part de ceux qui sont sous ses ordres. On serait tenté d’écrire qu’il ménage la chèvre et le chou. Pourtant il est la cible des Irlandais qui désirent sa mort et le lui font savoir en lui envoyant des messages sur lesquels est dessiné un cercueil.

Dans cette ambiance délétère et belliqueuse, se trament des histoires d’amour entre Anglais et Irlandaise ou inversement, de trahisons liées non pas à une approche politique mais à cause du paupérisme vécu par certains, des affrontements divers dans lesquels des enfants jouent un rôle non négligeable.

Paul Féval ne cache pas professer une attirance pour les idées du peuple Irlandais, l’envie de se débarrasser d’un envahisseur qui impose ses lois et sa religion, alors que dans certains de ses romans il met en avant une certaine supériorité des fils d’Albion. D’ailleurs bon nombre de ses romans ont en commun de mettre en scène des Britanniques, comme dans Jean Diable, La Ville-vampire, Les mystères de Londres et autres.

 

Le titre exact de ce roman qui comporte deux parties, L’Héritière et La galerie du géant, est La Quittance de minuit. Mais les éditions de l’Aube ne rééditent que le prologue, qui donne son titre à l’ouvrage, et la première partie dite l’Héritière. Ce qui peut induire en erreur les lecteurs, qui de ce fait n’ont en main qu’un roman tronqué de sa seconde partie, et les laisser sur leur faim.

Les heureux possesseurs d’une liseuse, peuvent télécharger gratuitement et en toute légalité l’intégralité de roman, La quittance de minuit, en se rendant sur le lien ci-dessous :

Paul FEVAL : Les Molly-Maguires. Collection L’Aube poche. Editions de l’Aube. Parution le 20 octobre 2016. 272 pages. 10,80€.

ISBN : 978-2815920131

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22 mai 2019 3 22 /05 /mai /2019 06:12

Du côté de chez Lovecraft… mais pas que !

Brian STABLEFORD : Le testament d’Erich Zann suivi de La fille de Valdemar

Pour entrer dans ce double (court) roman, il faut se munir des clés adéquates. Notamment pour Le testament d’Erich Zann. Mais, les ayant égarées, peut-être d’ailleurs ne les ai-je point jamais possédées, je me suis vu contraint d’entrer par effraction dans ce qui pouvait être un théâtre dont je n’étais que le seul spectateur.

Sur la scène dont le décor représente une pièce dans un logement parisien, deux hommes conversent aimablement. La conversation tourne autour d’un mélodrame que le narrateur a vu deux nuits auparavant aux Délassements-Comiques, situé boulevard du Temple surnommé boulevard du crime. Son interlocuteur étant le Chevalier Dupin.

Le narrateur narre (c’est son rôle) ce qu’il a vu et entendu, un drame écrit par Frédéric Soulié (auteur notamment des Mémoires du Diable) mis en musique par Bazailles, intitulé la Cantate du Diable, inspiré d’une adaptation d’une œuvre de l’Italien Giuseppe Tartini. Paganini est également évoqué à cause de l’interprétation au violon, la technique de la scordatura, précise Dupin.

C’est à ce moment, ou presque, que le Préfet de Police Groix se présente chez le narrateur, assuré d’y retrouver le Chevalier. Clamart, qui fut le notaire d’Erich Zann, décédé quelques années auparavant, a été assassiné par trois coups assénés derrière la tête. Selon toute vraisemblance, Clamart connaissait son visiteur. Son ou sa, rectifie Dupin. Or, quelque temps auparavant, la tombe de Zann a été profanée, à la recherche de son testament, ou de papiers importants, ou de partitions. Quant au violon de Zann il avait été légué à Palaiseau, qui depuis joue dans la fameuse pièce.

Or ce violon a la particularité d’être un Stradivarius que le célèbre luthier n’aurait pas reconnu. Comme un père de famille ne veut pas reconnaître son enfant atteint d’un handicap. Et ce violon, lorsqu’il l’a décidé, se joue de son possesseur, se déréglant, ou se désaccordant lors de l’interprétation d’un morceau musical, puis se réaccordant de façon mystérieuse. Mais les événements se précipitent, et Dupin, accompagné du Préfet et de son fidèle narrateur-biographe, va devoir se rendre dans divers logements dans lesquels planent de sombres entités. Et c’est là que Lovecraft est évoqué sans l’être, car l’une de ces entités malveillantes se nomme, selon Dupin, Nyarlathotep dit le Chaos rampant.

Il est également question de magnétisme et de mesmérisme dans cette histoire qui, après en avoir forcé l’entrée, se révèle plaisante, quoique parfois un peu bavarde.

Si j’ai dit qu’il fallait posséder les clés, apparemment le narrateur lui non plus ne les possède pas. Ce qui conforte le lecteur dans son approche. Ainsi avoue-t-il à plusieurs reprises :

Excusez-moi, Dupin, dis-je. Mais je crains de n’avoir pas encore parfaitement tout saisi.

 

Je me sens toujours perdu dans un labyrinthe, et il est de plus en plus inextricable le temps passant.

 

D’après ce que j’ai appris ce soir – d’une façon quelque peu confuse, je l’admets – j’ai la ferme conviction…

 

 

Dans La fille de Valdemar, nous retrouvons les deux compères quelques années plus tard, exactement en février 1846, soit quelques années avant la disparition d’Edgar Allan Poe et d’Honoré de Balzac. Précisions utiles mais aléatoires car ces deux personnages, ces deux écrivains, jouent un rôle involontaire dans ce récit.

En effet, alors que Dupin s’invite, alors que la nuit est déjà bien entamée, chez le narrateur afin de parler littérature et philosophie tout en dégustant un cruchon de vin chaud, vin chaud dont il ne reconnait pas les habituels ingrédients qui fermentent dedans, une visiteuse demande à rencontrer le narrateur. Celui-ci est fort surpris car d’habitude, c’est Dupin qui est sollicité.

Elle s’inquiète de savoir si le docteur Collyer est bien arrivé et que le paquet qu’il devait remettre est bien mis en sécurité. Une entame quelque peu abrupte pour le narrateur qui tombe des nues. Elle accepte de bien vouloir expliquer qui elle est et quelle mission l’a conduite séant. Ce qui est la moindre des choses. D’autant qu’elle précise que la vie d’un homme est peut-être en jeu, et pas seulement la sienne, si le sens du récit de Chapelain a bien été compris.

Pour Dupin, la femme mystérieuse qui ne s’est pas encore présentée n’est pas une inconnue. D’abord elle avoue qu’Honoré lui a parlé du Chevalier, et ensuite Dupin l’a déjà rencontrée en certaine occasion. Il s’agit d’Ewelina Hanska, la maîtresse du forçat de l’écriture, et en ce cas il va forcément s’intéresser à l’affaire qui se profile. Et c’est ainsi que sont évoquées les personnages fictifs ou réels nommés mademoiselle Valdemar, Dupotet plus connu sous le nom de Baron du Potet, ésotériste et magnétiseur, Puységur et quelques autres.

Tout comme dans Le testament d’Erich Zann, tout tourne autour du mesmérisme, du somniloquisme (forme de somnambulisme), du magnétisme animal, mais également de l’hypnose dont une démonstration est déclinée lors d’une extraction dentaire auprès d’un académicien de second rang, opération réalisée dans un amphithéâtre accueillant partisans et contestataires de cette méthode médicale d’anesthésie.

 

Les amateurs, dans le sens de qui aime, de Lovecraft et de Poe se réjouiront à la lecture de ces deux longues nouvelles. Pour les profanes, comme moi, il s’agit de textes quelque peu ardus, et si l’on avait demandé mon avis, ce qui ne s’est pas fait et en un sens c’est aussi bien, j’aurais proposé que ces deux textes soient publiés séparément mais précédés des nouvelles qu’elles prolongent. C’est-à-dire en deux volumes distincts, La musique d’Erich Zann, de Lovecraft, publiée en 1922, avec pour suite Le testament d’Erich Zann, et La vérité sur le cas de M. Valdemar, conte paru en 1845 et présenté comme un pamphlet par l’éditeur et comme un rapport scientifique par les journaux anglais dupés, pour La fille de Valdemar. Dupés par Dupin, évidement !

Brian STABLEFORD : Le testament d’Erich Zann suivi de La fille de Valdemar (The Legacy of Erich Zann – 2011 et Valdemar’s Daughter – 2010). Traduction de Catherine Rabier. Les Saisons de l’Etrange. Editions Les Moutons électriques. Parution le 21 mars 2019. 240 pages. 16,00€. Version numérique 5,99€.

ISBN : 978-2361835507

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20 mai 2019 1 20 /05 /mai /2019 04:29

Mais les brumes de décembre se répercutent toute l’année…

Daniel CARIO : Les Brumes de décembre.

La tête embrumée de Franck Hamonic n’est pas posée sur un corps, mais sur une barrique. Car il est fin saoul, Franck, et quasiment tous les jours. Une façon de vivre, de se comporter, et il a à peine dépassé les vingt ans d’existence !

Ce soir là n’échappe pas à l’habitude et quand il rentre avec sa fourgonnette chez lui, enfin dans le gourbi aménagé chez sa belle-mère, il tangue et il roule, même s’il est sur la terre ferme.

Le lendemain, 24 décembre, alors que tout devrait être propice à la fête, il est découvert pendu. Un suicide apparemment, seulement l’adjudant Philippe Derval, de la brigade de Port-Louis, n’est pas convaincu par ce qu’il lui semble être une mise en scène. Le médecin légiste bâcle son travail, mais Derval remarque sur les poignets d’Hamonic des traces de suspectes de ruban adhésif. Et vlan dans la suffisance du légiste qui n’a pas pris au sérieux cette affaire, trop occupé, peut-être, par l’approche de Noël.

Mais la brigade de Port-Louis est embarrassée par une autre affaire, banale et pourtant lamentable. Une gamine a été retrouvée morte dans un fossé, bousculée de son vélo par un chauffard. Mais pour retrouver l’indélicat personnage, qui ne s’est naturellement pas manifesté auprès de la maréchaussée, les pistes sont minces, voire effacées.

Philippe Derval va mettre son nez dans la vie privée d’Hamonic, une vie qui sent mauvais. Si sa belle-mère élève son fils Tristan, un gamin de deux ans et quelques, c’est parce que sa fille, et accessoirement la femme d’Hamonic, s’est suicidée peu après la naissance du gamin.

Enquêtant chez les parents Hamonic, Derval est intrigué par la jeune sœur de celui-ci, du nom de Sterenn, une adolescente mal dans sa peau, une gothique qui en fait sûrement un peu trop, en dit un peu trop, affabule sans aucun doute, mais dont les révélations ne manquent pas de saveurs. De saveurs et d’interrogations. Hamonic était un voyou, souvent accompagné de deux compères fréquentés depuis leur plus jeune enfance et dont la mauvaise réputation parle pour eux. Sterenn les suivait, petit chien fidèle de son frère et occasionnellement amie de l’un ou de l’autre des deux canailles.

Mais Derval va aussi se renseigner auprès de la maîtresse d’école de la gamine décédée accidentellement, qui eut plusieurs années auparavant dans une autre école du canton Hamonic et compères. En compagnie de son coéquipier, malgré parfois les avis divergents de son supérieur hiérarchique, du médecin légiste qui n’apprécie pas s’être fourvoyer, de la pression de la juge d’instruction, des réticences des parents d’Hamonic et ceux des amis de celui-ci, des fausses pistes placées comme des peaux de banane à cause d’idées préconçues ou involontairement envisagées comme des prétextes à défendre, à masquer certains faits, Derval patauge dans la vase des parc ostréicoles et les maraîchages.

Et comme son ménage ne va pas très fort, sa femme étant déçue de se retrouver comme une âme en peine dans une région qu’elle ne connait pas et dont elle ne souhaite pas faire la connaissance, Derval se sent attiré par la maîtresse d’école, qui par la force de l’attirance des sentiments, pourrait très bien se trouver investie dans un nouveau statut de maîtresse…

Seulement des coups de feu sont tirés, et pas perdus pour tout le monde…

 

Outre l’aspect policier qui forme la trame de ce roman, deux obsessions se dégagent dans le récit.

D’abord la Bretagne, la beauté de ses paysages, la rudesse du temps et des travaux, aussi bien à la ferme qu’à la pêche, les préjugés qui affadissent la région pour moult raisons, mais aussi la lente déliquescence qui ronge un couple.

Tu veux que je te dise une chose ? Il n’y a que les touristes à faire semblant d’apprécier la pluie et le vent. Les Bretons sont moins cons que les parigots. Par un temps comme aujourd’hui, ils se mettent à l’abri dans le premier bistrot venu devant un café bien chaud…

L’on ne dira jamais assez du rôle social des petits cafés !

Car en toile de fond, le lecteur assiste à l’échec des mariages. Pour de nombreux couples qui gravitent dans cette histoire, à des degrés divers. Mais la focalisation se porte sur celui de Philippe Derval qui maîtrise mieux ses enquêtes, même si celle-ci dure un mois et qu’il atermoie dans différentes suppositions, que dans la gestion de sa vie maritale. Est-ce-ce sa faute ou celle de sa femme qui envisageait pour elle un autre avenir que celui de femme au foyer ?

Cette dilution des sentiments était apparue bien avant de venir en Bretagne. Depuis, la situation s’était aggravée. Etait-ce le fruit de l’habitude ? Autant dans son métier l’adjudant faisait preuve de psychologie, autant avec sa femme il avait du mal à cerner les rouages de son fonctionnement mental.

Quant à l’enquête en elle-même, elle tourne en rond, peut-être parce que l’adjudant n’a pas pris le bon bout de la ficelle, qu’il s’est désintéressé des à-côtés, des personnages secondaires. Mais cela est facile au lecteur d’effectuer ce genre de déclaration, même si au départ, ou presque il se doute de l’identité du coupable. Mais c’était le pourquoi qui lui manquait pour justifier ses suppositions. D’autant que l’auteur joue avec les déclarations approximatives de certains protagonistes, ou des mythomanies d’autres.

Et en toile de fond, c’est la Bretagne que Daniel Cario célèbre, la Bretagne géographique, l’enquête évoluant dans les environs de Port-Louis, mais également la Bretagne sociale et ses travailleurs de la terre et de la mer qui ont bien du mal à joindre les deux bouts mais font preuve de pugnacité.

Moi, je trouve que c’est plutôt une preuve de bon sens de conserver ses racines, de ne pas renier ses ancêtres.

 

Daniel CARIO : Les Brumes de décembre. Collection Terres de France. Editions Presses de la Cité. Parution le 4 avril 2019. 560 pages. 20,00€.

ISBN : 978-2258152649

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18 mai 2019 6 18 /05 /mai /2019 04:02

Le pêcheur au bord de l'eau
Abrité sous un chapeau
Est heureux et trouve la vie belle

Tandis que flotte son bouchon…

Philippe HUET : Une année de cendres.

Et que pêche-t-il le pêcheur ?

Les anguilles dans ce coin de port délabré, abandonné, bien installé sur le quai avec deux cannes trempant dans le bouillon saumâtre. Et en guise d’anguilles, elles se défilent tout le temps sachant que c’est son plat préféré à Bernard, il ramène une sorte de guérite, une caisse qui flotte à la verticale. Et dedans, car il est curieux Bernard, il découvre un corps mort. Strangulé le défunt. Bon va falloir appeler les flics pense-t-il tout en apercevant un paquet accroché qu’il ouvre, découvrant à l’intérieur des billets, des centaines de dollars, et des petits sachets qui n’ont du bicarbonate que la couleur.

Bernard s’approprie sans vergogne le butin, mais pas le cadavre qui ira rejoindre la morgue. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il est surveillé à la jumelle par deux hommes. Victor, le tueur à la corde à piano, et son commanditaire, Pascal Antonetti. Il n’y a plus qu’à attendre le résultat de l’enquête policière.

Ange Antonetti et son pote Baptiste Lanzi, qui faisaient partie du gang marseillais des Guérini, ont débarqué trente ans auparavant, en 1946, au Havre, afin de profiter des largesses des soldats américains basés dans les camps-cigarettes. Ils ont trafiqué, s’enrichissant, et développant par la suite un échange de drogue et autres avec les USA. Ils se sont fait leur trou, non pas au soleil, mais dans la cité havraise, et depuis ils règnent en petits rois, avec comme couvertures chauffantes, bars, restaurants, boîtes de nuit.

Mais depuis quelques temps, un autre gang marche sur leurs brisées, celui des Libanais, qui eux aussi se sont bien imposés dans la Cité océane en acquérant bars, restaurants et boîtes de nuit.

Naturellement la presse locale est sur les dents et le jeune localier Gus Masurier est présent sur les quais. Il connait bien le strangulé, un nommé Charoub, avec lequel il a pris plusieurs verres et fait partie du gang des Libanais. D’ailleurs il a des relations très suivies et nocturnes avec Fadia, la sœur d’un des pontifes du gang. La police est elle aussi sur les dents avec la présence du jeune inspecteur de police corse Cozzoli. Lui, il est plutôt, origine corse oblige, attiré par Ange Antonetti et Baptiste Lanzi.

Gus connait fort bien Bernard, le pêcheur, qui fut un ancien typographe au journal dont dépend le localier. Mais Bernard se rendant compte rapidement qu’il vient peut-être de faire une boulette en s’appropriant les sachets et l’argent, en réfère à l’un de ses compagnons de retraite et il décide de se mettre au vert. Comme la couleur des billets.

Débute alors une enquête menée séparément par Gus et son pote le policier corse, mais tout ne va pas comme ils le souhaitent. L’un marche sur les brisées de l’autre, tandis que les Corses ne sont pas satisfaits. Les sachets et l’argent avaient été mis dans la caisse flottante pour piéger les Libanais.

 

Au début, il me semblait entrer un fois de plus dans une sempiternelle guerre des gangs, et je suis entré dans cette histoire avec réticence. Mais au fur et à mesure de ma lecture, je me suis attaché à suivre cette narration qui prend de plus en plus d’ampleur, pour plusieurs raisons.

D’abord le plaisir de retrouver une vieille connaissance dont plusieurs aventures ont déjà été narrées par Philippe Huet, Quai de l’oubli et La Nuit des docks notamment, le journaliste Gus Masurier qui avait un peu plus de bouteille.

Dans ce roman nous assistons à un retour arrière avec ses débuts dans la profession.

Mais c’est également le plaisir de retrouver l’ambiance portuaire du Havre et l’ancienne commune de Sanvic placée sur les hauteurs du Havre. Un endroit qui ravive quelques souvenirs personnels.

Le port du Havre est en pleine mutation, avec l’agrandissement des lieux et le début des transports de marchandises à bord de containeurs, une évolution qui transforme l’attrait touristique. En effet, lors de l’arrivée des paquebots et des cargos, les gens du cru et les touristes pouvaient assister au déchargement des ventres de ces navires, qui étaient le fleuron de la Compagnie Générale Transatlantique, appelée familièrement la CGT, mais étaient moins renommés que Le France. L’Antilles, le Colombie, Le Flandre, le De Grâce... Souvenirs, souvenirs…

Il existe une forme d’humour sous-jacent dans ce roman qui ne manque pas de suspense ni d’action, et s’il s’agit de la guerre des Anciens et des Modernes, c’est également un reportage sur la ville portuaire et sur la façon de fabriquer un journal. Mais sans pour autant s’ancrer dans une forme de documentaire aride.

 

Philippe HUET : Une année de cendres. Collection Rivages/Noir. Editions Rivages. Parution le 13 mars 2019. 350 pages. 20,00€.

ISBN : 978-2743646288

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