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20 septembre 2019 5 20 /09 /septembre /2019 03:57

Il parait étrange que la naissance et la mort soient les seuls moments d'une existence dont on ne peut à priori garder aucun souvenir.

Pascal DESSAINT : Une pieuvre dans la tête.

Et entre ces deux extrêmes l'homme vit, aime, souffre, combat pour un idéal, rumine une vengeance, procrée, tremble ou simplement traverse les ans comme il franchirait les rails sans regarder devant ou derrière lui.

Le train de la vie le happe au détour, ne lui laisse aucune possibilité de recommencer, aucune échappatoire.

Toulouse est la proie d'un sinistre individu qui tue, dépèce, éventre, éparpille les membres de ses victimes aux quatre coins cardinaux, se réservant le cœur, comme le toréador se réserve les oreilles et la queue de l'animal qu'il vient de passer au fil de l'épée.

Le commissaire Viorel Desbarrats et l'inspecteur Hugues Méliorat se dépêtrent au milieu de cette enquête, chacun perdu dans ses propres problèmes familiaux. Viorel sent son couple se déliter sans qu'il sache vraiment pourquoi. Il aurait aimé ne pas avoir de descendance pourtant Sabine, son épouse, a enfanté d'un garçon. Le commissaire n'est pas poète, même plus amoureux et il envisage avec une nostalgie sereine de tromper sa femme. Méliorat possède sa croix en la personne d'un frère à peine sorti de l'adolescence, au passé déjà lourd et qui croit entretenir dans sa tête une pieuvre aux tentacules carnivores.

 

L'enquête n'aurait pu être qu'un prétexte à mettre en scène des personnages - des victimes de la vie ? - tout droit sortis d'un cerveau torturé.

Mais la trame en prenant ses racines dans la mythologie se révèle tout aussi alambiquée que ces héros au quotidien que Pascal Dessaint met en scène avec un plaisir pervers.

Pascal Dessaint allie modernité et classicisme dans une histoire qui implique le lecteur, lequel se retrouvera peut-être dans l'un des personnages.

Un livre qui comble une attente, oscillant entre philosophie et aventure. Le roman que tout auteur débutant voudrait écrire car il sort des sentiers battus. Pourtant il possède une touche particulière, celle de l'écrivain qui jette sur le papier, comme le peintre projette sur sa toile, ses affres de la vie, sa créativité, ses doutes et peut-être une part d'autobiographie.

Sous le Noir se cache l'humour, et si l'on peut regretter que l'inspecteur Méliorat n'ait pas un prénom commençant par A, on peut penser que l'épilogue du commissaire Desbarrats n'est qu'un bon... de sortie.

 

Première édition : Editions de l’Incertain. 1994.

Première édition : Editions de l’Incertain. 1994.

Pascal DESSAINT : Une pieuvre dans la tête. Collection Rivages noir N°363. Editions Rivages. Réimpression. Parution 18 septembre 2019. 240pages. 8,20€.

ISBN : 978-2743648558

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17 septembre 2019 2 17 /09 /septembre /2019 04:54

Toute la pluie tombe sur moi...

Michèle LESBRE : Ecoute la pluie.

Une station de métro, un vieil homme voûté en imperméable beige avec une canne qui lui sourit, puis alors que la rame longe les quais, cet inconnu saute sur les rails, tel un cabri.

La narratrice est choquée par cet incident, ce suicide en direct et elle ressort de la station alors qu’elle doit prendre un train pour rejoindre son amant épisodique à leur lieu de rendez-vous habituel, l’hôtel des Embruns.

Déboussolée, elle vaque dans les rues, accroche son regard à une vitrine, est tentée par une robe verte, qu’elle achète, puis oublie sur un banc. Elle rentre chez elle, ressasse ce qu’elle a vu, retourne vers le banc, mais naturellement le sac contenant son emplette a disparu.

Elle revient chez elle. Le témoin lumineux de son répondeur téléphonique clignote, mais elle n’écoute pas le message. Elle se décide à appeler l’hôtel afin de prévenir l’aubergiste de sa défection momentanée, se promettant de prendre la train du matin suivant.

Elle ne peut dormir, remâche ses souvenirs, se souvenant des déplacements effectués avec son amant photographe, de leurs voyages à l’étranger, de leurs ruptures provoquées par leurs déplacements, leurs séjours à l’hôtel des Embruns ou ailleurs, tout un flot de réminiscences qui l’obsèdent.

Puis elle ressort, se rend au commissariat, seulement pour se présenter comme témoin de la chute volontaire du vieillard, et parcourt la ville alors que la pluie tombe.

 

Une déambulation dans les souvenirs et dans la ville (C’est beau une ville la nuit…), que la narratrice narre à son amant absent, un monologue qui prend des chemins détournés, voguant entre présent et passé, entre cet épisode auquel elle a assisté sans pouvoir influer sur le cours des événements, et ses rencontres avec amant qui ponctuent son passé et qui l’attend peut-être impatiemment.

Un court roman intimiste, dense et bouleversant selon la quatrième de couverture, puissant, réaliste, si réaliste que l’on est à même de se demander s’il ne s’agit pas d’une histoire vécue.

Ou que l’on se forge en regardant autour de soi, sur un quai de métro en attendant la rame. Et en se projetant, mentalement, sur des possibilités de distorsion de l’histoire, d’un dénouement qui probablement ne se produira jamais, d’un destin qui ne peut être contrarié.

 

Première édition : Sabine Wespieser Editeur. Parution 7 février 2013.

Première édition : Sabine Wespieser Editeur. Parution 7 février 2013.

Michèle LESBRE : Ecoute la pluie. Collection Folio 5773. Editions Gallimard. Parution le 13 mai 2014. 112 pages. 6,20€.

Première édition : Sabine Wespieser Editeur. Parution 7 février 2013.

ISBN : 978-2070454426

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14 septembre 2019 6 14 /09 /septembre /2019 04:50

Une vision pessimiste de l’avenir des villes…

Boris VAN GHEE : Abimes.

Le commissaire Gaston (y’a l’téléphon qui son…) fait plus confiance à Tony qu’il connait par cœur, qu’à ses propres, c’est vite dit, sous-fifres.

C’est bien pour cela qu’il convoque ce faux détective privé qui l’a déjà aidé à diverses reprises, lui demandant de résoudre une affaire de triples disparitions. Et comme il lui précise, il faut que Tony lui tire les marrons du feu, car c’est bien Gaston qui en récoltera tous les bénéfices. Tony a réussi à sortir de la mouise malgré une enfance guère reluisante, et depuis il vaque dans sa ville, son compte en banque lui permettant de ne rien faire.

Donc trois disparitions, de nuit, trois notables qui se sont évaporés comme par un coup de baguette magique. D’abord, Duglandier, ex-sénateur, bon d’accord il ne manquera pas beaucoup… les séances, Machecoul, le maire de la ville, et enfin Herbert Dubois, dont on fait les entreprises du bâtiment et des travaux publics.

Bouseville est dégarnie et Gaston se fait des cheveux.

Tony se met au travail, c’est-à-dire qu’il déambule dans les rues. Direction le Vegas, le bar-casino de la ville, le repaire des cols blancs, et dans la salle il repère Balcano, le député qui traîne sur lui quelques affaires louches à la petite cuillère. Balcano est préoccupé par le devenir de la petite boule en ivoire qui ne sait pas trop dans quelle case elle se loger mais il précise toutefois que la dernière fois qu’il a vu Duglandier, c’était rue du Borgne.

Rue du Borgne, Tony connait, mais cela fait bien longtemps qu’il y a mis les pieds. Un quartier déshérité à l’origine, mais maintenant c’est encore pire comme il peut s’en rendre compte. Les immeubles sont vides, promis à la démolition. Certains vont encore s’en mettre plein les fouilles et se faire des gonades en or, pense Tony qui ressent toutefois un malaise.

Le quartier est vide, silencieux. Sauf peut-être quelques chats errants.

 

Cette nouvelle suinte de l’air du temps, avec ces édiles qui pensent tout se permettre, ceux qui sont mis en examen, ceux qui spolient délibérément les pauvres, ceux qui pratiquent des magouilles financières qui font les choux gras des médias, ceux qui veulent se débarrasser des parasites sans emploi et donc sans pognon.

Naturellement on ne manquera pas de remarquer l’analogie de certains patronymes, Balcano par exemple, ou certains noms de lieux comme la rue du Borgne, ce qui induit à cette nouvelle noire une dimension politique.

Et l’épilogue fleurète avec le fantastique, nous projetant dans un univers proche à celui décrit par James Herbert ou Clive Barker, par exemple.

Dommage que quelques coquilles, vous avec remarqué je n’ai pas oublié une certaine lettre, entachent ce texte.

Les édiles locales ( !) s’octroyaient des dizaines de milliers de mètres carrés à valoriser.

Boris VAN GHEE : Abimes. Nouvelle numérique. Collection Noire Sœur. Editions Ska. Parution 29 août 2019. 21 pages. 2,99€.

ISBN : 9791023407822

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7 septembre 2019 6 07 /09 /septembre /2019 04:37

Il portait des culottes, des bottes de moto,

un blouson de cuir noir…

Stéphane KIRCHACKER : Dragon noir.

Un crime : Juliette a été enlevée. Juliette, l’amour de sa vie. C’est le comte qui vient de l’annoncer à Roro, architecte, La cité des Lilas a mauvaise réputation, et c’est peu de le dire. Un repaire de trafiquants de drogues mais Roro n’habite plus la cité des Lilas depuis belle lurette. Dix ans au moins.

Le comte ne veut pas entendre parler d’une union entre Roro et Juliette. Ne voulait pas, mais si Roro délivre sa princesse, le comte pourrait réviser son jugement. Ce n’est pas l’ordre du comte qui transporte Roro, mais son amour pour cette belle jeune fille. Et le comte lui enfile au doigt sa chevalière ornée d’une tête de licorne. Un porte-bonheur assurément.

Enfourchant Tornado, Roro se fait fort d’aller délivrer Juliette des griffes de Dragon noir, le chef de la bande. Mais pour cela il faut d’abord que Zohra accepte de lui prêter cette monture de métal. Car Tornado est une moto. Et Zohra, c’est la Princesse des Mille et Une Nuits qui vit sur un nuage, et un tapis, non loin de la cité la mal nommée. Ce serait plutôt la cité des soucis, si l’on veut garder les comparaisons horticoles.

A fond la caisse, à l’assaut, Roro fièrement s’élance à l’assaut…

 

Roman policier, roman de fantasy, conte de fées et des mille et une nuits, légende urbaine, Dragon noir c’est tout cela à la fois et même un peu plus.

Un véritable tourbillon, bruit et fureur garantis, avec en prime une chute époustouflante. Non, Tornado, même s’il se cabre ne se ramasse pas une gamelle. Non, la chute réside dans la dernière phrase. Ce serait presque du Shakespeare, si ce n’était du Stéphane Kirchaker dans des envolées lyriques et jubilatoires.

Ce pourrait n’être qu’une banale nouvelle axée sur les problèmes de banlieue, si souvent traités et maltraités, ce pourrait n’être qu’une banale histoire d’amour, genre Chevalier blanc partant sauver sa Princesse coincée en haut du donjon et ravie, non, kidnappée par un Dragon noir. Ce pourrait être ça, mais c’est bien plus. Dix minutes, grosso-modo, je n’ai pas calculé, d’évasion…

 

Stéphane KIRCHACKER : Dragon noir. Nouvelle Numérique. Collection Noire sœur. Editions Ska. Parution le 27 août 2019. 2,99€.

ISBN : 9791023407815

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2 septembre 2019 1 02 /09 /septembre /2019 04:34

Un excellent roman sous un tel emballage, c’est comme verser un vin grand-cru millésimé dans un verre plastique…

Celia FREMLIN : L’heure bleue

Dur dur, d’être un bébé, chantait ( ?) Jordy en 1992. Dur dur d’être une maman pourrait scander Louise Henderson dont toutes les nuits sont perturbées par son fils Michael, sept mois. Elle n’en peut plus, d’autant qu’il faut assurer le ménage, la cuisine, et s’occuper de ses deux filles de huit et sept ans. Car son mari Mark est fort pris par son travail. Elle sait qu’il travaille dans l’aéronautique, mais sans plus.

Mais les plus embêtées par les cris quotidiens, ce sont peut-être les voisines. Car Michael ne se contente pas de pleurer la nuit, la journée aussi. Et quand il s’exprime, c’est comme si un camion de pompier, toutes sirènes hurlantes, passait et repassait dans la rue. En parlant de repasser, il faudrait aussi s’intéresser au linge en attente, au repassage, aux boutons à recoudre des chemises de Mark.

Sans oublier qu’une nouvelle locataire arrive et que la pièce située au second étage doit être débarrassée des livres de sa belle-mère. Justement Véra Brandon arrive. Miss Brandon, environ la quarantaine, habituée à donner des ordres puisqu’elle est enseignante. Et elle affirme qu’elle va s’arranger, pas la peine de s’inquiéter pour elle.

Elle est discrète, ne faisant aucun bruit, ou si peu, lorsqu’elle descend l’escalier ou lorsqu’elle rentre. Sauf quand elle veut que la famille Henderson sache qu’elle est là. Si discrète que lorsque Louise et sa belle-mère, persuadées que Vera Brandon est sortie, viennent récupérer les livres sur les étagères, se trouvent quasiment nez à nez avec la jeune femme. Elle est juste accoudée à sa table nette de tous papiers ou ouvrages.

Seulement un sentiment de déjà vu s’infiltre dans les esprits de Mark et de Louise. Mark est persuadé l’avoir rencontrée quelque part, mais où, impossible de fixer son attention sur un endroit précis. Quant à Louise, se sont les décalcomanies représentant des escales collées sur sa valise. D’autres personnes aussi s’en font la remarque, sans plus. Pourtant Louise n’est pas rassurée. Même si, un soir, Mark et Vera échangent autour du thème de Médée, un dialogue de spécialistes qui laisse Louise indifférente. D’ailleurs elle a Michael à s’occuper. Et elle est si fatiguée.

De petits faits l’importunent, lui titillent l’esprit. Une nuit, Michael étant particulièrement virulent, elle décide promener l’enfançon dans son landau. Elle va jusqu’au parc mais s’endort. Lorsqu’elle reprend ses esprits, plus de landau et bien évidemment, plus de gamin.

 

La tension monte de plus en plus, et il faudra la curiosité d’un gamin chargé de veiller sur Michael, car bien sûr, lorsque Louise a besoin de sortir pour une raison ou pour une autre, aucune de ses amies n’est disponible pour veiller dessus. Pourtant elles n’hésitent pas à requérir à ses services le cas échéant et Louise ne refuse jamais, ou n’ose pas.

Donc c’est ce gamin un peu trop curieux et indiscret, mais dans ce cas la curiosité devient une qualité, qui mettra le doigt sur la faille, ainsi que Margery et Harriet, les deux filles de Louise.

 

Celia Fremlin décrit la vie quotidienne d’une mère débordée par un gamin bruyant, le lot de bien des parents, peu aidée et devant supporter toutes les charges matérielles de la famille. Elle se rend souvent chez Nurse Fordham, afin de trouver une solution, mais il n’y en a pas. Et ses amies, toujours prêtes à en donner, avancent leurs théories souvent contradictoires.

Les préoccupations féminines sont exposées avec simplicité mais également avec force. Dans les années 1950, l’homme ne participait pas aux travaux ménagers et la femme au foyer se coltinait toutes les tâches. L’heure bleue est presque un reportage sur ces années qui suivent la fin de la guerre. Mais c’est surtout un suspense psychologique, dans lequel les différents personnages possèdent leur caractère entier, ou malléable, suivant les circonstances, avec des gamines, des adolescentes qui ne sont en rien intéressées par les événements extérieurs.

Vera Brandon s’impose à l’esprit du lecteur comme le protagoniste qui passe en coup de vent, s’efface à la moindre occasion et qui pourtant prend une place importante dans cette intrigue qui tourne autour d’un gamin et de sa mère somnolente en journée.

L’aspect policier est un prétexte, d’ailleurs seul un policier est présent comme figurant, mais c’est la confrontation intense et évanescente entre Vera Brandon et Louise Henderson qui prédomine. Quant aux autres personnages, on pourrait penser à des caricatures. Des pantins confits dans leurs jugements et leurs préjugés.

 

Depuis quelque temps, Le Masque a perdu son identité et son âme. D’abord cette couverture, horrible à mon humble avis comme on dit, est-elle susceptible d’attirer le lecteur ? Je ne pense pas, même si les libraires consciencieux proposent cet ouvrage dans le rayon polar.

Ensuite, l’affubler d’un bandeau l’annonçant comme Prix du Masque étranger de l’année, alors que ce roman date de 1958 et qu’il a été édité en France, dans la collection Le Masque Jaune justement, en 1996, c’est, il me semble, se moquer du monde. Le Masque se démasque et est tombé bien bas…

Première édition : Le Masque jaune N°2281. Librairie des Champs-Elysées.  Série Les Reines du crime. Parution septembre 1996. 284 pages.

Première édition : Le Masque jaune N°2281. Librairie des Champs-Elysées. Série Les Reines du crime. Parution septembre 1996. 284 pages.

Celia FREMLIN : L’heure bleue (The Hours before dawn – 1958. Traduction de Marie-Thérèse Weal). Collection Le Masque Poche. Editions Le Masque. Parution 5 juin 2019. 300 pages. 8,50€.

ISBN : 978-2702449264

Première édition : Le Masque jaune N°2281. Librairie des Champs-Elysées.  Série Les Reines du crime. Parution septembre 1996. 284 pages.

ISBN : 9782702426180.

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1 septembre 2019 7 01 /09 /septembre /2019 04:33

Et ailleurs…

Gilles VIDAL : A la gorge.

Six ans qu’il n’avait pas revu sa fille Liz, et voilà qu’elle débarque un beau jour chez lui, comme ça, sans crier gare, comme si de rien n’était.

Lorsqu’il l’avait vue pour la dernière fois, elle était en boutons (acné) et maintenant elle est fleur épanouie.

Lorsqu’il rentre chez lui, après être passé à l’hôpital afin de rendre visite à un légume, dommage collatéral suite à un accident dont Fred Boland fut témoin, elle est en train de lire confortablement installée. Lorsqu’il se sert comme à son habitude un whisky bien tassé, elle le regarde avec ce petit dédain qui incommode. Mais il ne va quand même pas changer ses habitudes, quand même.

Alors elle lui signale qu’un colis a été déposé à sa porte. Un paquet grand comme une boîte de chaussures, mais sans chaussures. A l’intérieur, une clé, une adresse, des instructions.

Alors il se rend à l’adresse indiquée, à une quarantaine de kilomètres de chez lui, mais comme il est méfiant, pour ouvrir la porte de l’appartement, il prend moult précautions. Il avait raison, un homme se cachait derrière, qu’il maîtrise facilement.

Mais lorsqu’il revient chez lui, plus de Liz ! Elle a été enlevée, kidnappée, prise en otage, et il n’est pas ravi !

 

De Fred Boland, on ne sait pas grand-chose ou presque. Est-il policier ? Est-il truand ? L’un des deux car il se déplace avec une arme à feu et des menottes plastiques. Et comme entre les deux, souvent la marge est minime, l’intervalle réduit à sa plus simple expression, restons dans le doute. De toute façon cela n’influe en rien sur l’intrigue.

Flic ou voyou comme disait le cinéaste, Fred Boland est un homme comme les autres. Presque. Mais un père assurément. Et il est prêt à tout pour récupérer sa fille. Mais en a-t-il le choix ?

Un texte subtil de la part de Gilles Vidal qui œuvre aussi bien dans les romans que dans l’écriture des nouvelles. Peut-être plus en fin de compte dans la nouvelle qui est un genre littéraire exigeant.

Seulement, et je le regrette, passer de 1,99€ à 2,99€ pour une petite vingtaine de pages, dans une version numérique, je ne sais pas si les lecteurs vont suivre. Le format papier a encore de beaux jours devant lui à ce prix.

 

Gilles VIDAL : A la gorge. Nouvelle numérique. Collection Noire sœur. Editions Ska. Parution le 27 août 2019. 18 pages. 2,99€.

ISBN : 9791023407808

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26 août 2019 1 26 /08 /août /2019 04:19

Vous voulez lire du roman ? Lisez donc de l’histoire. Guizot.

Alexandre DUMAS : La fille du marquis.

Le 7 juin 1793, deux voitures à cheval sortent de Paris par la barrière de la Villette. Tout autant les entrées que les sorties sont soigneusement vérifiées, mais celui qui présente les papiers se fait rapidement reconnaitre et les hommes du poste ne font aucune difficulté à le laisser passer ainsi que ses compagnons.

Ce personnage est important. Il est connu sous le nom de monsieur de Paris. Sa fonction : bourreau. Parmi ses compagnons, un certain Léon Milcent qui doit rejoindre les volontaires en Champagne puis à Sarrelouis. Mais ce Léon Milcent n’est autre que Jacques Mérey, héros du précédent volume Le Docteur Mystérieux, qui est proscrit.

Jacques Merey, alias Léon Milcent se prétend sergent et c’est à la tête de volontaires qu’il se dirige vers Sainte-Menehould puis il se rend sur son ancien domaine à la frontière avec le Luxembourg puis à Trèves où il se présente comme proscrit. Il obtient de la part du bourgmestre un passeport pour se rendre à Vienne. Dans sa poche une lettre d’Eva, le nom qu’il a donné à Hélène de Chazelay, dans laquelle la jeune fille donne son adresse. Cette missive ne lui était pas adressée mais au Marquis de Chazelay, son père.

C’est la seule lettre qu’il possède mais elle figurait dans le dossier du marquis qui émigré est décédé. Jacques Merey n’a jamais reçu personnellement de courrier de la part d’Eva. Ce qui le chagrine fort. Et lorsqu’il arrive au domicile d’Eva, c’est pour apprendre qu’elle est partie depuis quelques jours. La tante qui la gardait, une vieille fille acariâtre et despotique venant de décéder. Alors n’ayant plus aucun but, et ignorant qu’Eva lui avait adressé de nombreuses lettres mais que celles-ci avaient été subtilisées par la tante et donc n’étaient jamais parvenues à leur destinataire.

Il décide dont de partir pour l’Amérique et revient quelques années plus tard. Le 19 février 1976 (le 30 pluviôse an IV) Jacques Merey assiste à une représentation de Pygmalion et Galatée donnée à l’occasion de la réouverture du théâtre Louvois. Il reconnait dans la loge de Barras, son Eva, et son sang ne fait qu’un tour. Malgré les supplications d’Eva il se détourne de la jeune fille qui ne peut placer un mot d’explications. Il a récupéré à Mayence les papiers du Marquis de Chazelay, dont une lettre de celui-ci autorisant le mariage de sa fille avec l’homme qui l’avait sauvée et éduquée.

Malgré cette lettre et les déclarations d’amour d’Eva, Jacques Merey se montre toujours froid et distant. Il n’a pas apprécié la voir en compagnie de Barras, réputé pour être un homme volage, accumulant les succès. Alors elle tente de se suicider en se jetant du pont des Tuileries mais n’écoutant que son cœur il la sauve de la noyade. Lors de la conversation, ou des explications qui s’ensuivent, Jacques Merey promet que les biens d’Hélène de Chazelay, alias Eva, seront soit vendus soit seront aménagés pour devenir un lieu d’accueil pour malades et pauvres. Eva désire retourner dans la petite maison d’Argenton et elle lui confie un manuscrit qu’elle a rédigé lors des événements qui ont suivi sa séparation d’avec le docteur et ses pérégrinations.

 

Ce manuscrit, qui débute le 14 août 1792, relate en plus de trois-cents pages les terribles épisodes de la Terreur et comment Eva parvint à échapper à la guillotine alors qu’elle aspirait de toutes ses forces à participer à un contingent de condamnés à mort.

De l’assassinat de Marat, puis sa rencontre avec Danton, son amitié lors de son emprisonnement à La Force avec Thérésia Cabarrus, la maîtresse de Tallien, ainsi qu’avec Joséphine Tascher de la Pagerie plus connus sous le nom de Joséphine de Beauharnais, la mort de Danton, puis celle de Robespierre dont elle n’est pas étrangère, c’est toute une page d’histoire qui défile devant les yeux du docteur Jacques Mérey.

Il découvre des pans de la vie quotidienne à Paris lors de cette période trouble et sanglante. Mais ces pages sont empreintes de la déclaration d’amour d’Eva à son encontre, des sentiments qu’elle confie à ces pages intimes.

Roman historique, avec les approximations de Dumas, ou celles des différents historiens qui se succédèrent pour décrire cette époque, chacun interprétant à sa façon, selon ses sentiments, les engagements des révolutionnaires, La fille du marquis est également un formidable roman d’amour.

Il est à noter qu’à cette époque, l’âge des jeunes filles n’était pas un frein à l’amour. En effet Eva, n’a que seize ou dix-sept ans, l’auteur se mélangeant parfois quelque peu les pédales dans le manuscrit, et pourtant ceci n’est pas un frein à l’amour qu’elle porte au docteur. Lui-même, malgré sa retenue entretenue par une jalousie consécutive à des interprétations erronées de sa part sur les agissements d’Eva, des malentendus, est amoureux mais il renie cet amour à cause de faits qu’il impute à la jeune fille alors qu’elle n’a jamais batifolé, au contraire de Thérésia Tallien, Joséphine de Beauharnais et bien d’autres, durant la période qui suivit la Terreur et fut synonyme de débauches.

 

Malgré des dialogues parfois grandiloquents, ce roman possède la force de narration et d’évocation dont Dumas se montrera le principal feuilletoniste du XIXe siècle. Ce qui semblerait aujourd’hui inconvenant, cet amour d’une gamine de seize ou dix-sept ans, est une oasis de fraîcheur dans une période trouble.

Les deux romans Le docteur Mystérieux et La fille du marquis constituent un ensemble connu également sous le titre Création et rédemption.

Contrairement à ce que j’affirmais dans mon article sur Le docteur mystérieux, le volume d’Archipoche ne comporte pas 240 pages, mais bien environ 500. Une fois encore je me suis laissé abuser par Amazon qui parfois induit dans l’erreur le visiteur de cette fausse librairie.

 

Réédition Archipoche. Parution 7 janvier 2015. 500 pages. 7,65€.

Réédition Archipoche. Parution 7 janvier 2015. 500 pages. 7,65€.

Alexandre DUMAS : La fille du marquis. Collection Bibliothèque Marabout géant N°261. Editions Gérard et Cie. Parution octobre 1966. 512 pages.

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25 août 2019 7 25 /08 /août /2019 07:03

La poudre arrêt-curé n’empêche pas Requiem d’avancer mais lui permet d’effectuer

le grand nettoyage…

Stanislas PETROSKY : Opération Requiem.

Sollicité par madame de Saint-Bousiers, Requiem, le curé atypique dépendant directement du Vatican pour des enquêtes non officielles, est fort étonné de se trouver face à une vieille dame agonisante d’une stature impressionnante : 1,50m pour 30 kilos.

Il a été introduit, en tout bien tout honneur, dans la chambre de la vieille femme par son fils, Charles-Nicolas, mais Requiem tombe de haut lorsque la vieille dame, allongée dans son lit et apparemment à l’article de la mort, ressuscite et se conduit comme une jeune fille. Profitant du départ de son fils pour une occupation extérieure, elle mande à sa domestique de leur apporter un cordial. Maria se révèle être une accorte personne habillée comme une soubrette de théâtre, avec la lingerie adéquate et minimaliste enveloppant des formes avantageuses.

Après une boisson forte qui réveillerait un mort, ceci expliquant peut-être cela, et une collation digne d’un Gargantua, Nadine, puisque c’est le prénom de cette brave dame qui donne le change, Nadine confie une mission à Requiem. Rémunération conséquente à l’appui.

Esteban Lehydeux, véritable patronyme du curé attiré par les bonnes choses de la vie, alimentaires, liquides, sexe, se voit confier une mission de protection. Mais auparavant Nadine lui récapitule un peu les antécédents familiaux. Son mari a fait fortune dans la vente de breloques réputées pour leur efficacité non prouvée mais que les gogos achètent alléchés par des promesses non tenues. Bracelets, bagues porte-bonheur, colifichets en tout genre, fétiches… Décédé d’un infarctus, il ne devait pas porter un de ses gris-gris, le fils a pris la relève mais a étendu sa petite entreprise en vendant du rêve sous forme d’aphrodisiaques, poudres de corne de rhinocéros, d’antilope, de cocu, puis depuis peu, des safaris africains pour chasseurs fortunés et peu scrupuleux. Voila le tableau et Nadine est inquiète pour une jeune fille prénommée Elodie, qui à vingt ans est devenue écoterroriste et s’est mis en tête de contrecarrer les plans de Charles-Nicolas. Et Elodie n’est autre que la petite fille de Nadine, et non mon fils précise-t-elle (pour ceux qui suivent…).

Et c’est ainsi que Requiem s’envole pour l’Afrique du Sud, en compagnie de Cécile, sa coachonne (pour l’explication se reporter au roman en vente dans toutes les bonnes librairies, les salles de sport pour développer les muscles et pas que abdominaux, et autres endroits libidineux), sous le prétexte de rédiger un livre. Cécile prend les photos entre deux séances de décrassage dont je ne te dévoilerai pas la teneur vu que dans le roman ce n’est pas précisé.

Ils louent un bungalow dans le Parc Kruger, auprès de l’agence spécialisée appartenant à la société de Charles-Nicolas. Leur séjour est perturbé par les exploits bruyants d’un couple pachydermique de Teutons qui s’adonnent au simulacre de la procréation à la bête à deux dos. Ils remarquent que ceux-ci, leur petite séance sportive terminée, engagent un guide. Requiem et Cécile les suivent à bord d’un tracteur de brousse amélioré et c’est ainsi qu’ils vont sauver la mise d’Elodie qui poursuivait le couple d’Allemands (j’évite autant que faire ce peut les répétitions) à moto, lors d’une charge d’éléphants, de rhinocéros et autres mastodontes qui ne demandaient rien à qui que ce soit. Les autres, c’est-à-dire les cadavres germains, restant sur place afin d’engraisser la nature, ce qui évite l’épandage d’engrais.

Puis, nous retrouvons Requiem accompagné de Cécile et Elodie à bord d’un navire se rendant vers les îles Féroé à la poursuite d’un baleinier nippon mais mauvais. Je ne vous dévoile rien, puisqu’une partie de cet épisode constitue le premier chapitre du livre. Mais il est à remarquer que Requiem se conduit en amoureux des animaux, particulièrement des poissons, puisqu’il n’hésite pas à les nourrir, penché sur la rambarde, en délestant son estomac.

 

Comme vous l’avez compris, ce roman catalogué policier est surtout une diatribe contre les chasseurs de fauves, cette huitième plaie de la nature, et Requiem, via l’auteur, prend la défense (normal lorsqu’il s’agit d’éléphants) des animaux dits sauvages, mais moins sauvages que les humains qui les traquent pour ramener des trophées destinés à l’édification de leurs amis.

Le tout conté avec humour mais qui s’avère un véritable pamphlet contre ceux qui affichent leurs photos de carnage sur les réseaux dits sociaux. Preuve nous en fut donnée il n’y a guère. Tout un système, vous dis-je.

A signaler que chaque tête de chapitre se rapporte à un animal en voie de disparition avec une note en bas de page humoristique mais pas que… Dommage qu’un sommaire ne figure pas en fin d’ouvrage afin de répertorier tous ces chapitres, ce qui donnerait une vue d’ensemble non négligeable.

Mais ce qui n’est pas en voie de disparition, ce sont les coquilles glissées dans le texte.

 

Au bout d’un moment ça va se voir que je pilote un bateau aussi bien qu’un président gouverne la France. C’est-à-dire sans savoir comment faire et encore moins où on va.

 

A lire également dans la série des Requiem :

Stanislas PETROSKY : Opération Requiem. Collection Polar. Editions French Pulp. Parution le 11 juillet 2019. 224 pages. 17,00€.

ISBN : 979-1025104767

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24 août 2019 6 24 /08 /août /2019 03:35

Pratique pour ne pas perdre le nord…

Gilles VIDAL : La boussole d’Einstein.

Si Félix Meyer revient dans sa ville natale située près de l’océan, après plus d’une décennie de pérégrinations, de chambre d’hôtel en chambre d’hôtel, parfois en louant un petit studio, s’établissant dans divers pays pour ses occupations, ce n’est pas par nostalgie mais parce que sa sœur Carole, seule rescapée familiale, vient de décéder dans des circonstances étranges et dramatiques.

Carole a été retrouvée écrasée par un chauffard qui s’y est repris plusieurs fois lui roulant sur la tête afin d’achever le travail mortifère. Bref, il ne s’agit donc pas d’un suicide, d’un accident, mais bel et bien d’un meurtre. Suffit de trouver le motif de cet acharnement.

Félix Meyer se rend auprès de la lieutenant Aurélie Costa qui s’occupe de l’affaire. Le lieutenant ou la lieutenante se demande Félix, une réflexion et une question qui lui évitent de trop penser. Un dérivatif spirituel. Mais Aurélie Costa est surchargée de dossiers en instance et ne sait plus où donner de la tête.

Alors Félix se renseigne, va visiter l’appartement de Carole mais ses investigations ne lui apprennent pas grand-chose. Toutefois il est étonné de ne pas voir de photos dans cet appartement, comme si le ménage mémoriel avait été fait. Mal d’ailleurs car il découvre sous le lit une bague masculine dont le chaton est surchargé d’inscriptions bizarres et illisibles. Ce sera pour plus tard.

Il rencontre également une de ses collègues, un voisin qui a pris des photos de l’événement, quelques autres personnes, et à la morgue où le corps de Carole est entreposé à des fins d’autopsie, il prélève une mèche de cheveux.

 

Une intrigue simple et tortueuse à la fois mais éclipsée par le rôle tenu par des personnages atypiques. En effet si l’on sait, ou presque, au départ quels sont les antécédents de Félix Meyer, son engagement par la suite pour une entité inconnue n’est dévoilée que progressivement.

De même, tous ces protagonistes possèdent une fêlure intime, psychique, morale, physique, ce qui leur offre une aura de mystère peu à peu dissipée. Le lecteur avance dans l’intrigue à la suite des dévoilements de ce qui pousse les personnages à évoluer dans la vie et souvent cela remonte à loin. Dans leur tendre enfance.

Et l’auteur place ses révélations comme autant de bougies dans une pièce obscure, les allumant une à une, avec parcimonie au départ, puis lorsque l’éclairage est suffisant, toutes les zones d’ombre s’effacent progressivement.

Gilles Vidal joue avec le lecteur, lui proposant une sorte de puzzle littéraire à reconstituer patiemment, mais le tableau terminé, la vue d’ensemble est réjouissante. D’autant que la touche finale d’humanité se révèle conforme aux souhaits du lecteur, souhaits qu’il n’osait penser qu’ils seraient réalisés.

Les métaphores placées ici ou là apportent une petite touche d’humour non négligeable, mais qui n’entament en rien l’aspect psychologique du roman.

 

Il menait désormais une vie aussi bien rangée qu’une paire de draps au fond d’une armoire.

 

Gilles VIDAL : La boussole d’Einstein. Editions ZINEDI. Parution le 6 août 2018. 230 pages. 17,90€.

ISBN : 9782848591919

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2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 07:59
C’est au mois d’août qu’on met les bouts
Qu’on fait les fous…
Viviane JANOUIN-BENANTI : Le meurtrier du mois d’août.
Humble campagnard vivant dans une cabane avec sa femme et ses deux enfants, Marseil et Hélène, Charles Saboureau, qui cherche du travail loin de chez lui, est arrêté pour vagabondage en compagnie de son fils.
Accusé en plus de chapardage de poules et de fruits, il est condamné au bagne de Brest pour une période de cinq ans. Marseil, treize ans, est interné dans une maison de correction dans la forêt de Chizé, d’où il ne pourra sortir qu’à l’âge de vingt ans. Hélène, six ans, est placée dans un couvent des carmélites à Niort jusqu’à ses vingt-deux ans. La mère reste libre.
Commence pour Marseil une longue période de brimades, d’affronts, de persécutions, de malnutrition. Les gardiens, d’anciens détenus, ne se privent pas de leur infliger coups de poings et de pieds. Seul Morin, qui ne participe pas à ces corrections mais ne les désavoue pas non plus, prend Marseil sous sa coupe. Fini les corvées de bois. Le gamin soigne les chevaux et conduit l’attelage.
Peu à peu Morin montre des signes évidents d’affection jusqu’au jour où il viole Marseil dans l’écurie. L’adolescent ne dit rien, ne sachant faire la part du Bien et du Mal. Puis Morin tourne ses penchants vers un nouveau, Georges, et Marseil est relégué.
Un soir Marseil abat froidement leur bourreau et traîne le corps dans un fourré. Le juge pense que Marseil pourrait être le meurtrier mais sans preuve, l’affaire est close. Dès ses vingt ans, Marseil est libéré et rend visite à ses parents à Niort qui vivent péniblement dans une cave. Il part pour l’armée et au bout de deux ans revient au pays. Il trouve une place de commis dans une ferme tenue par une veuve autoritaire, despotique.
A part sa sœur Hélène à laquelle il rend visite dans son couvent, Marseil fuit le contact des femmes. Il ne s’intéresse qu’aux petites filles, préférant leurs airs plus sages. Il commence par devenir exhibitionniste, puis s’éprend de la petite Marie, douze ans. La gamine effarouchée se laisse apprivoiser mais lorsqu’il veut se montrer plus entreprenant elle se cabre. Alors il la tue et la cache dans un fourré.
Il participe avec les autres paysans du village aux recherches et découvre le cadavre. Des Roms vivant non loin sont d’abord accusés mais peu à peu les villageois trouvent étrange l’attitude de Marseil. Il est emprisonné à Niort et le juge devant lequel il comparaît tente en vain de le faire avouer.

 

Curieux destin que celui de Marseil Saboureau dont la vie se résume en quelques dates : été 1877, assassinat d’un gardien de la maison de correction où il est enfermé, puis août 1885, il devient l’infanticide d’une gamine de 12 ans, et en août 1894, fratricide.

Serait-il devenu ainsi s’il n’avait pas été enfermé dans ce pensionnat particulier, s’il n’avait pas été violé ? Nul ne peut l’affirmer, mais il est évident que les brimades et mauvais traitements dont il a fait l’objet n’ont guère arrangé son mental et peut-être développé ses pulsions.

Viviane Janouin-Benanti, puisant à partir de faits réels, propose non une simple relation des évènements mais apporte une touche romancée, s’attachant à donner vie à ce meurtrier, à tenter de le comprendre sans pour autant le juger.

Un roman agréable à lire tout autant pour l’histoire que pour la restitution d’une époque.

Première édition : Collection Crimes & Mystères. Editions Cheminements.

Première édition : Collection Crimes & Mystères. Editions Cheminements.

Viviane JANOUIN-BENANTI : Le meurtrier du mois d’août. Collection Romans criminels. 3E éditions. Parution 5 mai 2017. 302 pages. 10,00€.

ISBN : 979-1095826750

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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