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14 août 2018 2 14 /08 /août /2018 10:15

Prenez votre billet pour voyager à bord de

l’Enterprise !

James BLISH : La dernière créature

D’après des scenarii de la célèbre série télévisée Star Trek, dus à l’imagination d’auteurs dont la liste est détaillée en fin d’article, James Blish, bien connu des amateurs de science-fiction pour ses romans tels que Les Quinconces du temps, Aux hommes, les étoiles ou encore Villes nomades, James Blish a écrit à la fin des années 1960 de courtes histoires, novellisations des épisodes mettant en scène l’Enterprise, fameux vaisseau intergalactique avec à ses commandes le capitaine Kirk, Mr Spock, le docteur McCoy ou le lieutenant Uhura.

C’est ainsi qu’au cours de leurs pérégrinations, Kirk et ses compagnons vont se trouver confrontés à des situations souvent périlleuses et angoissantes.

Par exemple Charlie, un jeune orphelin qui a vécu en solitaire pendant quatorze ans sur une planète désertique, recueilli par les membres de l’Enterprise, va semer la perturbation à bord. Doué de certains pouvoirs mais ingénu, colérique et susceptible, il n’accepte qu’avec réticence les conseils et refuse de se plier aux règles en vigueur sur le vaisseau.

Dans un autre épisode, le docteur McCoy retrouve sur une planète une femme, Nancy, avec qui il a eu une relation dix ans auparavant. Mais depuis, Nancy s’est mariée avec un archéologue, Bierce, et celui-ci se montre extrêmement désagréable avec Kirk et ses compagnons.

L’un des membres de l’équipage est découvert mort dans une crevasse, et son décès s’apparente plus à un assassinat qu’à un accident.

Sur l’Entreprise, quatre cents personnes vivent en communauté et dans ce village mobile, certains événements heureux sont célébrés, ainsi un mariage. Mais un incident vient troubler la cérémonie et Kirk est obligé de quitter son habit de prêtre pour réendosser celui de capitaine.

Un vaisseau spatial les attaque et en aucun cas il faut perdre son esprit de décision et sa lucidité.

Une planète lance un SOS et l’Enterprise dévie de sa route pour secourir les éventuels rescapés. Trop tard pensent Kirk et ses compagnons en se posant sur une ville désertique, désolée, abandonnée, enfouie sous les mauvaises herbes. Mais des gamins s’échappent des bâtiments en piteux état, des gamins qui ne veulent pas vieillir.

En tout sept histoires dont la plus étonnante est peut-être celle mettant en scène un acteur de théâtre shakespearien.

Sept histoires qui se lisent avec plaisir et dont les textes sont rehaussés par des gravures dues à Patrick Sanahujas.

 

Sommaire :

Introduction trad. Paul COUTURIAU

James BLISH & George Clayton JOHNSON : La Dernière créature (The Man Trap)

James BLISH & Paul SCHNEIDER : L'Équilibre de la terreur (Balance of Terror)

S. BAR-DAVID & James BLISH : Un esprit tranchant (Dagger of the Mind)

James BLISH & Adrian SPIES : Miri (Miri)

James BLISH & D. C. FONTANA & Gene RODDENBERRY : La Loi de Charlie (Charlie's Law)

James BLISH & Barry TRIVERS : La Conscience du roi (The Conscience of the King),

John D. F. BLACK & James BLISH : Un vent de folie (The Naked Time)

James BLISH : La dernière créature (Star Trek 1 – 1967. Traduction de Paul Couturiau). Collection d’Aventures N°3. Editions Lefrancq. Parution avril 1991.

ISBN : 2-87153-055-6

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12 août 2018 7 12 /08 /août /2018 08:08

Le Label Hitchcock pour une histoire écrite par William Arden et Robert Arthur.

Alfred HITCHCOCK : L’ombre qui éclairait tout

Le célèbre cinéaste ne s’est pas contenté de produire et de réaliser de nombreux films d’atmosphère, de suspense et d’angoisse, il s’est également intéressé à la littérature de genre en publiant sous son label un magazine, des recueils de nouvelles policières ainsi que des ouvrages pour enfants écrites par de grandes signatures du roman policier et noir américains.

Ainsi William Arden, pseudonyme de Dennis Lynds, est plus connu en France sous les noms de Michael Collins, le créateur de Dan Fortune le détective manchot, de Mark Sadler ou encore John Crowe pour des romans pour la plupart édités en Série Noire.

La série des Trois détectives crée par Robert Arthur, ne déroge pas à la règle de l’immixtion de l’ami Alfred Hitchcock dans les produits qui portent son label, puisque non seulement il est l’un des personnages évanescent du récit, mais que son profil apparaît dans l’image de couverture.

 

Les trois détectives ce sont trois copains adolescents qui se complètent admirablement pour résoudre les énigmes qui leurs sont proposées, souvent par hasard. Hannibal Jones, dit Babal, est considéré comme le chef. Il est un rien grassouillet mais plein de dynamisme et doté d’une intelligence subtile. Il vit chez son oncle et sa tante qui tiennent une brocante, un véritable bric-à-brac indescriptible. Peter Crench, c’est l’athlète du groupe, il en faut bien un, de haute taille et fervent de sports. Enfin, Bob Andy, c’est monsieur Archives et Recherches, le préposé à la documentation et aux recherches fastidieuses. Tous trois se retrouvent dans une vieille caravane dans laquelle ils ont aménagé leur bureau, avec téléphone et issues diverses indétectables leur permettant de s’immiscer dans leur antre, ou d’en sortir en toute impunité. Ils habitent à Rocky, petite ville de la Californie du sud, à quelques kilomètres d’Hollywood.

Alors qu’ils rentrent d’une promenade en vélo dans la région, alors que la nuit tombe, Peter et Bob entendent une voix crier un Au secours. Ils s’arrêtent près d’un haut mur d’une propriété et ils récupèrent un objet qui vient d’être balancé. Une minuscule statuette en métal brillant comportant un anneau au dessus de la tête. Un individu franchit le portail tandis qu’une ombre noire, grande, légèrement bossue, à la tête bizarre se profile. Les deux garçons se cachant dans les fourrés tandis qu’un rire indéfinissable retentit.

Enfin, Peter et Bob peuvent rejoindre leurs pénates et ils informent Hannibal de leur découverte. En manipulant la statuette qui paraît être en or, ils mettent au jour un tiroir secret contenant un papier sur lequel est inscrit un message dans une langue inconnue, écrit avec ce qui pourrait être du sang.

Le lendemain, notre trio se rend au bureau de leur ami Alfred Hitchcock, lui montrant leur trouvaille, avec explications à l’appui, et le producteur lui indique qu’il pourrait s’agir d’un objet provenant d’un trésor des Indiens Chumash, une tribu qui vivait dans le temps dans cette partie de la Californie et obligée de descendre au Mexique. Il leur conseille d’aller voir un professeur qui pourra décrypter ce message. Arrivant au domicile de l’éminent spécialiste, deux hommes bruns habillés de blanc leur subtilisent la statuette avant de s’éclipser à bord d’une voiture. Heureusement il leur reste le message que le professeur peut déchiffrer mais la teneur en est absconse.

Un nommé Ted Sandow, s’adresse à eux, enfin surtout à Hannibal car sa tante, une demoiselle prolongée, la propriétaire de la demeure et de l’immense propriété Sandow qui s’étend sur les collines environnantes, désire se débarrasser d’objets anciens et encombrants. Tout un lot qui pourrait intéresser l’oncle Titus. Les trois amis se rendent chez la vieille dame, laquelle leur annonce que la veille au soir elle s’est fait dérober une statuette. Selon l’homme qui se tient dans le salon, un certain monsieur Harris, le voleur serait un jeune garçon. Il est le président de la Ligue Végétarienne, et accepte volontiers que les trois garçons enquêtent lorsqu’Hannibal lui remet la carte de visite des Trois détectives. Seulement une remarque anodine de Ted, qui participe à l’entretien, alerte Hannibal qui se promet bien de mettre les choses au clair.

 

Une aventure mouvementée pour nos trois camarades que deux hommes bruns poursuivent, mais ce ne sont pas les seuls à être sur la piste de la statuette et du trésor Chumash. Des statuettes, car en réalité il existe deux objets semblables. Une nouvelle fois ils s’infiltrent dans le parc du domaine Sandow et aperçoivent avec stupeur la fameuse ombre et des nains sans tête. Les dangers sont multiples, mais heureusement Hannibal et ses ceux compagnons ne manquent pas de ressources, ni d’esprit d’initiative, même lorsqu’ils sont enlevés, ou lorsque des individus se lancent à leur trousses dans la nature hostile.

C’est gentillet, intriguant à souhait, mais écrit par un auteur qui maîtrise son sujet, avec de nombreux retournements de situations à la clé. Un roman idéal, qui n’est pas gnangnan, pour les adolescents mais qui, plus élaboré, aurait pu devenir un intéressant livre pour adultes, avec quelques scènes d’action supplémentaires et une analyse plus complète, plus affinée des personnages quadragénaires dans les rôles principaux. Une agence de détectives par exemple ou tout simplement des aventuriers.

Alfred HITCHCOCK : L’ombre qui éclairait tout (The mystery of the lughing shadow – 1969. Traduction de Claude Voilier). Illustrations de Paul et Gaétan Brizzi. Collection Bibliothèque Verte. Editions Hachette. Parution avril 1983. 190 pages.

ISBN : 978-2010088278

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9 août 2018 4 09 /08 /août /2018 10:22

Hommage à Thierry Jonquet décédé le 9 août 2009.

Thierry JONQUET : La bombe humaine.

J'habite Lantigny et mon papa n'a plus d'emploi. Alors c'est dur, surtout pendant les vacances scolaires. Le magnétoscope est en panne aussi j'ai pas pu regarder mes cassettes alors que mes copains sont partis au ski.

Aujourd'hui c'est la rentrée et la maîtresse, une remplaçante, nous a demandé de raconter nos vacances de Pâques. C'est alors qu'un homme tout en noir avec une cagoule est entré dans la classe.

Il avait des explosifs qu'il a déposé sur le bureau de la maîtresse. Au début on a cru qu'il s'agissait d'une alerte à la bombe. Mais ce qu'il voulait c'était négocier avec le ministre de l'Intérieur, c'est pourquoi nous nous sommes retrouvés en otage. Nous, on ne savait pas très bien ce qu'il voulait.

En tout cas, Cécile, notre maîtresse, n'en menait pas large au début. Il a relâché quelques-uns des élèves, et nous on est resté. Même Brouillet, que j'aime pas beaucoup mais qui s'est montré très courageux avec son bras dans le plâtre. La journée a été très longue et on va coucher dans la classe.

Moi je n'ai pas trop peur, surtout que je dois réconforter Lydia. Lydia, je l'aime bien, et peut-être qu'elle va devenir mon amoureuse. Tout de même je me demande comment tout ça va finir, d'autant que l'homme en noir est assez nerveux.

Les maîtres et les policiers eux aussi ont peur de lui. C'est normal avec tous les explosifs qu'il a apporté. Mais comme dit Lydia, c'est pas un fou. Tout est préparé.

 

Malgré l'avertissement "toute ressemblance avec une personne existante ou ayant existé est pure coïncidence", on ne peut s'empêcher de penser à la prise d'otage d'une école de Neuilly. Pourquoi se voiler la face.

Thierry Jonquet nous livre sa vision des événements et surtout sa conception de l'épilogue de ce drame qui aurait pu dégénérer. Narré par un enfant, cette histoire possède malgré tout une certaine fraîcheur, et les soucis des enfants diffèrent parfois de ceux des adultes. Ils n'appréhendent pas le danger de la même façon et c'est aussi bien. Ils ne paniquent pas, ou moins.

 

Thierry JONQUET : La bombe humaine. Collection Souris Noire N°4. Editions Syros. Parution 25 octobre 1994. 88 pages.

ISBN : 978-2841460410

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3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 13:13

Hommage à Phyllis Dorothy James, née le 3 août 1920.

P. D. JAMES : Une folie meurtrière

Située au cœur des beaux quartiers londoniens, la clinique Steen est un centre de psychothérapie. Les différents docteurs, psychiatres et analystes qui y reçoivent leurs clients, possèdent des méthodes, des conceptions différentes pour soulager leurs patients des problèmes affectifs et conjugaux dont ils sont attteints.

Mais se débarrasser de la directrice administrative, Miss Bolam, d’un coup de ciseaux à bois en plein cœur et lui faire tenir entre les bras une affreuse poupée, fétiche d’un malade, cela relève-t-il d’une nouvelle thérapie ?

Adam Dalgliesh, le commissaire poète qui assiste non loin du lieu du drame à une réception donnée en son honneur, est dépêché sur place. Qui parmi les différents praticiens, infirmières et employés avaient intérêt à voir disparaître Miss Bolam ?

Le docteur Steiner à l’esprit critique et qui ne se prive pas de dénigrer, la plupart du temps en pensée, les méthodes de ses confrères, le travail des employés ou l’autorité de la directrice ?

Le docteur Bagulay qui serait en droit d’en vouloir à Miss Bolam pour ingérence dans sa vie privée, de même que Miss Saxon ?

Marion Bolam, cousine de la directrice, employée à la clinique, et dont l’apport d’un héritage substantiel serait le bienvenu ?

Peter Nagle, l’un des portiers à qui appartenait l’arme du crime ? Jennifer Priddy, la dactylo ? L’autre portier ? Quelqu’un de l’extérieur ? Un patient ?

 

P.-D. James, qui connait bien son sujet puisqu’elle a été infirmière, a travaillé au North West Regional Hospital de Londres ainsi qu’au département criminel de ministère de l’Intérieur, campe ses personnages et analyse leurs sentiments, leurs pensées d’une façon magistrale, alliant suspense, psychologie et humour macabre, comme si elle les mettait à nu moralement à coups de scalpels précis.

Ce roman, qui date de 1963, donc le deuxième écrit par Phyllis Dorothy James, est déjà porteur des promesses qui devaient faire le succès de ses autres romans, notamment Un certain goût pour la mort, qui a reçu le grand prix de littérature policière 1988, domaine étranger.

 

Réédition Le Livre de Poche. Collection Policier/Thriller N°6835. Parution le 1er septembre 1990. 288 pages. 7,20€.

Réédition Le Livre de Poche. Collection Policier/Thriller N°6835. Parution le 1er septembre 1990. 288 pages. 7,20€.

P. D. JAMES : Une folie meurtrière (A mind to murder – 1963. Traduction de Françoise Brodsky). Editions Fayard. Parution 3 juin 1988. 15,30€.

ISBN : 9782213021904

Réédition Le Livre de Poche. Collection Policier/Thriller N°6835. Parution le 1er septembre 1990. 288 pages. 7,20€.

ISBN : 978-2253053972

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2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 10:09

Quand t'es dans le désert depuis trop longtemps

Michel HONAKER : Estéban du désert rouge.

Jeune indien Hopi, Estéban vit avec les quelques membres rescapés de sa tribu dans le désert de l’Arizona, non loin de la petite ville de San Isabel.

Il est un rêveur, aimant se promener seul dans ce paysage désolé, aux herbes faméliques, aux collines rouges, au sol enduit de sel, repaire des serpents, des coyotes et des vautours.

La chaleur est intense et il s’assoupit. Lorsqu’il se réveille en sursaut il se demande ce que sont devenues les trois fourmis blanches qu’il avait aperçues au loin. Des vautours planent en un ballet mortel et Estéban sait que les volatiles attendent pour fondre sur leurs proies.

Trois jeunes garçons qui bientôt sont des ombres perdues dans une sorte de tornade de poussière ocre. Et puis plus rien.

A San Isabel, le shérif s’inquiète pour les trois jeunes promeneurs qui ne reviennent pas de leur excursion. Estéban lui aussi s’interroge sur le sort des adolescents perdus dans la nature. Il n’y peut rien mais il sent qu’un sort contraire vient de se déchaîner sous forme de tornade de poussière. Les busards ne réagissent pas comme d’habitude.

Estéban est un adepte des vieilles traditions Hopis, même si son père et les autres membres de la tribu sont depuis longtemps habitués à côtoyer les Hommes Blancs. Et le shérif n’hésite pas à accuser les Hopis d’être à l’origine de la disparition des trois imprudents.

 

S’adressant à de jeunes enfants, onze/douze ans d’après l’éditeur, ce très court roman (soixante huit pages, le reste étant un extrait du catalogue) de Michel Honaker s’inscrit dans le domaine du fantastique, et des maléfices, supposés ou réels, liés aux sorcelleries et croyances indiennes.

Mais ce sont bien les rapports toujours ambigus et la méfiance des Blancs envers les autochtones qui sont mis en avant. Dès qu’un incident arrive, ce n’est pas de la faute des imprudents, mais celle des Hopis. Des coupables tout désignés, sans preuve.

Michel Honaker met également l’accent sur la survivance des traditions, de leurs bienfaits, de leur utilité en certaines circonstances, mais sans jouer sur le C’était mieux avant. Tout n’était pas parfait, le modernisme a du bon, mais parfois cela devient du grand n’importe quoi. On parle sans cesse d’intelligence artificielle, c’est pour mieux nous abrutir ? Il faut savoir rester humain et ne pas se plier indéfiniment à la machine. Et Estéban possède sa solution : quand rien ne va, il chante et il danse. Un moyen efficace pour conjurer le sort… !

 

Michel HONAKER : Estéban du désert rouge. Collection Castor Poche N°626. Editions Flammarion. Parution mars 1998. 94 pages.

ISBN : 978-2081643154

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1 août 2018 3 01 /08 /août /2018 09:23

Bon anniversaire à Jean-Paul Delfino né le 1er août 1964 !

Jean Paul DELFINO : La faction.

Jean-Paul Delfino abandonne Marseille pour Aix en Provence et la gouaille qui caractérise en général ses romans pour une fiction politique que l’on souhaite rester fiction.

L’action se déroule en 2002), avenir pour le moins proche au moment de la parution du livre, et la Faction règne sur la cité. Hugo Riccordi revient au pays comme journaliste, mais il n’ameute pas les foules. Au contraire, il essaie de se fondre dans l’anonymat tout en fréquentant les élus.

Et ce n’est pas uniquement dans le but d’écrire des papiers sur eux, de leur passer de la pommade. Non s’il est de retour c’est parce qu’il désire lever le voile sur un passé qui le taraude depuis son enfance.

Exercer une vengeance, car il n’a pas oublié la mort de sa mère et de sa sœur.

Traité sur le mode grave, ce roman nous entraîne sur les agissements d’un parti politique de fiction (c’est qui est écrit sur la quatrième de couverture) mais que l’on aura aucun mal à rapprocher de celui d’un homme qui pour mieux nous voiler la face sur ses réels desseins et pensées, a ôté son bandeau et s’est fait implanter une bille de verre.

Il est vrai qu’en politique, tout n’est pas toujours rose, et que les concussions, les malversations, les corruptions, les délits d’abus de biens sociaux et autres joyeusetés politiquement correctes ne sont pas l’apanage d’un seul parti.

Les idées sectaires, racistes et ségrégationnistes sont ciblées et tout le monde sait d’où les flèches sont tirées. Mais je m’éloigne du propos et revenons à cette Faction qui fait réfléchir. Le rôle du roman noir sans aucun doute.

 

Jean Paul DELFINO : La faction. Collection Pique rouge, Atout éditions. Parution 15 mai 2000. 204 pages.

ISBN : 9782912742155

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31 juillet 2018 2 31 /07 /juillet /2018 08:24

Le voyeur se niche partout !

B. R. BRUSS : L'œil était dans la tombe.

Collectionneur de bateaux miniatures et d'objets curieux, Patrick Gallaghan aime flâner aux Puces de Saint-Ouen. En ce froid et brouillardeux dimanche de novembre, il croit apercevoir la silhouette d'Armand Duvivier, un jeune médecin dont il a fait la connaissance un mois auparavant. Mais il le perd de vue à cause d'un camion.

Gallaghan est fasciné et étonné par l'étalage tenu par une vieille femme et son gamin. Un véritable bric-à-brac d'objets usés mais ce qui attire son œil affûté, c'est la boule de verre que tient l'enfant. A l'intérieur il distingue un homme habillé de rouge qui semble bouger et se démener, un homunculus coiffé d'un chapeau melon rouge également. Ce n'est pas une vision car l'enfant le signale aussi à sa mère. Mais le temps qu'il transmet à sa mère l'objet, la boule de verre est redevenu parfaitement transparente. Il marchande, repart chez lui, un petit hôtel particulier qu'il possède à Neuilly, et n'en dort pas de la nuit, intrigué par cette boule qui reste désespérément vide.

Une semaine plus tard, il retrouve, dans une cave de Saint-Germain des Prés, le docteur Duvivier, aux mains glacées, auquel il porte des sentiments partagés. Il le trouve sympathique mais en même temps ressent comme un malaise indéfinissable en sa compagnie. Au cours de la discussion entre les deux hommes, il en ressort que Gallaghan, qui collectionne les navires miniatures, a été marin et qu'il aime la mer. Quant à Duvivier, il lui apprend qu'il va devenir l'assistant de Van Hooge, un psychanalyste un peu particulier.

Survient Catherine, la fiancée de Duvivier. La jeune femme de vingt cinq ans lui demande de l'inviter à danser, puis, alors qu'ils sont revenus à leur table et que le médecin est sur la piste, elle déclare l'aimer. Gallaghan est gêné, mais il ne refuse pas de la revoir un autre soir.

Effectivement peu après ils se retrouvent au club et Catherine n'hésite pas lui annoncer qu'elle l'aime et qu'elle souhaite qu'il vienne passer avec elle un week-end en province chez ses parents. C'est alors qu'une espèce de tempête, de tornade se produit dans la cave, avec des senteurs de varech. Cela se dissipe aussi vite que c'est arrivé, mais les consommateurs sont choqués et quittent pour la plupart précipitamment l'établissement.

Le même phénomène se produit chez Gallaghan, alors qu'il vient d'acquérir la maquette d'un navire, La Scintillante, chez un antiquaire. Puis encore dans la chambre qui lui est allouée chez dans le château des parents de Catherine.

Autre phénomène auquel il est confronté, celui de l'homoncule sortant de sa boule de verre et le conviant à le suivre. Gallaghan obtempère et il découvre, dans un quartier du XVIIème arrondissement parisien un immeuble tout neuf, qu'il n'avait jamais remarqué auparavant lors de ses déambulations. Le bâtiment parait inhabité pourtant dans une pièce au bout d'un couloir il est mis en présence du fameux docteur Van Hooge, dont le visage ne lui est pas inconnu. Il reviendra à plusieurs reprises et l'homme de science lui montre son activité principale, qui se trouve sur des étagères, des crânes sur lesquels il effectue des expériences.

 

En quatrième de couverture, l'accroche de ce roman tient en deux lignes : Et si ceux que nous avons faits souffrir se vengeaient du royaume des morts ?

Dès lors le lecteur se doute que le passé de Gallaghan recèle un secret qui vient le tarauder de temps à autre, lié au monde de la mer, et que des personnes ont perdu la vie par sa faute. Comment, pourquoi, et qui sont ces morts qui viennent se venger, tout se décante peu à peu dans ce roman à l'esprit fantastique mais qui possède des à-côtés science-fictionnesque tout en touchant au surnaturel.

En effet le docteur Van Hooge est à ranger dans la catégorie des savants fous. Toutefois il se défend justement de croire au surnaturel.

Les hommes d'aujourd'hui font et utilisent des choses qui auraient paru absolument surnaturelles aux hommes d'autrefois. J'ajouterai que pour ma part j'ai découvert - dans le domaine qui est le mien, c'est à dire la biologie et la médecine - quelques petites choses qui pourraient paraître surnaturelles aux hommes d'aujourd'hui, à commencer par les médecins, mais qui ne le sont pas plus que la télévision ou l'énergie atomique.

Que penser alors de toutes les innovations technologiques et médicales qui ont été réalisées soixante ans après. Mais cette histoire, parue dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, s'y réfère incidemment :

Les scènes effroyables qu'il avait vues dans la salle d'expérimentations de Van Hooge ne lui sortaient pas de l'esprit et lui donnaient la chair de poule. Il se rappelait les récits qu'ils avaient lus dans les journaux sur la façon monstrueuse dont certains médecins allemands, pendant la guerre, s'étaient comportés dans les camps de déportés.

Or B.R. Bruss, qui a signé également sous les alias de Roger Blondel et de Georges Brass et dont le véritable patronyme était René Bonnefoy, connut de sérieux ennuis à la Libération à cause de sa participation comme Secrétaire Général à l'Information au gouvernement de Vichy.

Sans vraiment être daté, les thèmes du fantastique sont intemporels, ce roman contient des mots ou expressions qui de nos jours sont devenus tabous.

Par exemple, le chanteur et musicien qui se produit dans cette cave est Noir. De nos jours il est de bon goût d'employer le mot vertueux de Black. A l'époque où ce roman a été écrit, le substantif nègre n'avait pas acquis le sens péjoratif qui lui est accolé de nos jours. Toutefois, l'esprit du lecteur ne peut s'empêcher de tiquer dans cette répétition qui encombre le récit dans les premiers chapitres, nègre étant cité au moins une trentaine de fois. Nul doute qu'aujourd'hui il serait mal venu et l'auteur considéré comme raciste. Pourtant nègre, d'origine ibérique, a toujours été d'usage courant, n'étant remplacé par Noir qu'à partir des années 1960.

B. R. BRUSS : L'œil était dans la tombe.

B. R. BRUSS : L'œil était dans la tombe. Collection Anticipation N°7. Editions Fleuve Noir. Parution 1er trimestre 1955 (achevé d'imprimer le 28-1-1955).224 pages.

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29 juillet 2018 7 29 /07 /juillet /2018 09:13

Don Quichotte ne les aurait pas combattus…

Georges-Jean ARNAUD : Les moulins à nuages.

Georges-Jean Arnaud, le maître français de la littérature populaire sous toutes ses formes, a peut-être ressenti le besoin d’une pause dans sa production romanesque, de se renouveler, de rechercher un second souffle après avoir écrit des centaines d’ouvrages d’espionnage, policiers, historiques ou érotiques. Le besoin de retrouver ses racines, de se ressourcer, d’effectuer une pause familiale.

Catalogué Roman, cet ouvrage est tout autant un récit qu’une biographie. En dévoilant une tranche de vie, celle de son grand-père, Planou, Georges-Jean Arnaud démontre, si besoin en était, qu’il est un grand auteur mais aussi et surtout un conteur.

De l’enfance de Planou, jusqu’au moment où celui-ci quitte les siens à tout jamais, en passant par l’adolescence et les différentes étapes de la maturité d’un être humain, cet histoire est également un hommage à toute une région et à ses habitants. A travers les petits faits de la vie quotidienne, de la senteur du tomata, ou sauce tomate, qui s’écoule inexorablement, mais aussi du bouleversement économique et politique qui peu à peu va gagner les Corbières, le lecteur assiste à la transformation d’un mode de vie, d’un état d’esprit qui accompagne les années d’espérance, de joie, de souffrance d’un homme mais aussi d’une région qui, loin de la capitale, perçoit les contrecoups d’une révolution industrielle et politique, par à-coups et parfois sans comprendre ce qui arrive.

De la défaite de Sedan en 1870, à la Commune qui va enflammer les Parisiens, une mutation s’opère alors dans les esprits et les mœurs d’alors. Beaucoup restent monarchistes dans l’âme. Seuls quelques ouvriers, les prolétaires comme ils se définissent, définition employée par certaines personnes en forme d’insulte, et les adolescents font de l’œil à cette République nouvelle, épousant l’idéologie socialiste et parfois anticléricale.

Plus encore que les idées et les conflits politiques, le phylloxera, la maladie de la vigne, et les sucriers-betteraviers vont déstabiliser l’économie de cette région. Déjà à cette époque le vin n’était pas toujours en provenance directe du raisin !

Planou restera un rêveur, un dilettante, et échouera dans les diverses entreprises qu’il créera, tout en gardant enfoui au plus profond de lui-même, en son cœur, l’amour de la liberté. A quatre ans, en 1870, il était persuadé que les moulins moulinaient les nuages afin d’en extraire de l’eau, cette eau bienfaisante. Et peut-être qu’à sa mort, il le croyait encore.

Honorine, qui a onze ans était déjà amoureuse de Planou et l’épousera à l’âge de dix-huit ans, sera toujours pragmatique et verra le côté pratique des choses, mettra toute son énergie et ses réserves dans l’accomplissement de son but : tenir un restaurant, frustrant souvent sa famille lorsque la chère se fait maigre, au profit de ses clients.

Georges-Jean Arnaud est un grand conteur et en relatant l’histoire de son grand-père, il retrouve certains des automatismes de l’écriture du grand romancier populaire qu’il est devenu au fil des ans et des quelques quatre cents titres et plus écrits sous divers pseudonymes.

Dans ce récit romancé apparait en filigrane tout l’art du suspense et de l’angoisse qu’Arnaud sait si bien manier, par exemple en campant le personnage de l’Espagnol, personnage qui apparait et disparait au gré des chapitres et des conversations enfantines. Les têtes de chapitres elles-mêmes invitent à la lecture : Les mystérieux voyages du père de Planou, Les inconnus dans le grenier de l’écurie, Le brasier infernal, Le corbillard fantasque, et bien d’autres.

Ceux qui ne connaissaient pas Georges-Jean Arnaud auront pu découvrir, en suivant l’émission Apostrophes de Bernard Pivot le vendredi 13 mai 1988, un homme simple, sincère, timide et pudique, face à des auteurs tels que Jean-Edern Hallier ou Philippe Sollers, mais également un homme passionné et passionnant par ce qu’il avait à dire et à écrire, le tout conté avec l’accent rocailleux des enfants des Corbières.

 

Georges-Jean ARNAUD : Les moulins à nuages. Editions Calmann-Lévy. Parution mai 1988. 384 pages.

ISBN : 978-2702117033

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22 juillet 2018 7 22 /07 /juillet /2018 11:22

Rap qui leurre ?

Fred CHEREAU : Rap Killer.

Le Mab est un nettoyeur de tags. Après les avoir traqués au Polaroïd il efface avec opiniâtreté et à longueur de journées des graffitis rebadigeonnés sur les murs aussitôt après son passage.

Une de ces traces de l’art moderne le laisse perplexe - NTX. Que veut dire ce sigle accrocheur dessiné à la peinture fluo ?

Est-ce la promotion d’un nouveau groupe de rap qui fait la joie des disc-jockeys et autres animateurs de radios-libres ?

Dans la banlieue nord de Paris ainsi que dans le métro, Zonards et Zoulous se défoulent, agressant les supporters de football. La drogue change de main, un cadavre parfois se prend pour une fleur rouge dans un terrain vague.

 

Résolument moderne, écrit au rythme rapide et saccadé du Rap, ce roman nous entraîne dans les dédales des banlieues à la suite d’un laveur de graffitis et d’une journaliste qui n’a pas froid aux yeux.

Le mot angoisse n’a de sens que durant les trente dernières pages qui engendrent à son paroxysme ce sentiment de crainte et de panique. La trame joue sur l’inquiétude, sur la peur, mais pas plus que dans un thriller normalement constitué.

Il y manque l’atmosphère, matière première qui procure ce frisson dans le dos et fait le charme d’un véritable roman fantastique ou angoissant. Quant au football, il n’est qu’un prétexte parmi tant d’autres, mais l’on sait que les chercheurs de castagne prennent de plus en plus les compétitions sportives, le football en particulier, pour échanger points de vue et horions.

Cette collection qui se voulait un nouvel avatar de la célèbre collection Angoisse des années 1960/1970, n’aura vécu que le temps de neuf numéros, un échec rapidement entériné.

 

A l’époque le Fleuve Noir se cherchait de nouvelles collections susceptibles d’attirer de nouveaux lecteurs. Las, nombreuses furent celles qui périclitèrent au bout de six ou neuf mois, un an au maximum. Mais le tort des éditeurs est de ne pas laisser le temps à ces collections et à leurs romans de s’imposer. Si Le Fleuve Noir, Gallimard pour la Série Noire, la Librairie des Champs-Elysées pour le Masque Jaune, avaient baissé les bras lors de la parution de leurs premiers ouvrages, tout une vitrine de la littérature populaire française aurait été brisée, la boutique à peine ouverte.

Fred CHEREAU : Rap Killer. Collection Angoisses N°1. Editions Fleuve Noir. Parution Juin 1993. 222 pages.

ISBN : 2-265-04904-2  

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13 juillet 2018 5 13 /07 /juillet /2018 14:24

Bon anniversaire à Alain Demouzon, né le 13 juillet 1945.

Alain DEMOUZON : La petite sauteuse.

Parmi les nouvellistes Français de talent, Demouzon avec ce recueil s’est hissé au niveau des plus grands, Siniac et Daeninckx par exemple, damnant le pion aux Anglo-saxons, spécialistes de ce genre littéraire si difficile.

Demouzon possède ce talent qui prouve si besoin en était qu’il maîtrise parfaitement ce besoin et cette joie d’écrire qui font de lui un écrivain authentique et non superficiel.

Il faut dire que Demouzon a placé la barre très haut et que du temps où il écrivait des romans policiers, il a toujours su se renouveler dans le choix de ses intrigues, passant allègrement du roman noir au suspense tout en soignant son style. Un style élaboré, travaillé, fouillé, et pourtant limpide, agréable à lire. C’est ainsi qu’après une quinzaine de romans relevant du domaine du policier, il nous a offert un très beau Lune rousse, sur lequel je reviendrai.

Mais si nous revenions à notre Petite sauteuse, élément indispensable de l’art culinaire et gastronomique ?

Tout d’abord, vous vous assurez que votre batterie de cuisine est au complet, que tous les ustensiles sont à portée de main, que votre piano, en jargon de cuisine votre fourneau, est bien allumé et dégage une odeur propice à une cuisson douve, et préparons nos ingrédients.

Principalement de la viande, tendre, goûteuse, savoureuse, fondante sous la langue, persillée, grasse mais pas trop. 15% maximum. Faisons revenir doucement, laissons mijoter et relevons le goût avec un zeste de nostalgie, une grosse poignée d’humour noir, très noir, un filet de vinaigre, et rectifions l’assaisonnement d’une pincée de satire bien piquante, et servez chaud.

Humez ce fumet délicat et laissez-vous aller à déguster en connaisseur ces quelques nouvelles, en laissant fondre sur la langue ces phrases poétiques et ironiques.

Si, comme moi, vous vous montrez goinfres et dévorez en trois fourchetées cette subtile préparation, mijotée avec amour la Belle, vous serez agréablement surpris : pas d’indigestion occasionnant des effets nocifs sur votre organisme. Pas de lourdeur, pas de tendance à l’assoupissement, mais peut-être un léger regret, une déception en vous apercevant que ce que vous venez de déguster vous était proposé dans une assiette à dessert.

Alors, vous demandez timidement au maître queux s’il n’y a pas du rab ! Un plat qui allie la légèreté de la cuisine nouvelle au parfum, à la saveur, à l’onctuosité d’un plat rustique et familial longuement mitonné.

 

Sommaire :
La petite sauteuse

Le gril
Une fine fourchette
L’économe
Cocotte Minute
Le cul de poule
La passoire
Le faitout
Le hachoir
Moule à Charlotte, moule à madeleine.

 

Bon appétit, bien sûr !

Réédition revue et augmentée : Fayard. 24 nouvelles. Parution le 13 novembre 2003. 264 pages. 20,00€.

Réédition revue et augmentée : Fayard. 24 nouvelles. Parution le 13 novembre 2003. 264 pages. 20,00€.

Alain DEMOUZON : La petite sauteuse. Première édition : collection Mots. Seghers. Parution mai 1989. 150 pages.

ISBN : 9782232102547

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Présentation

  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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