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30 novembre 2018 5 30 /11 /novembre /2018 05:15

Ils font de l’accrobranche ?

Georges-Jean ARNAUD : La forêt des hommes volants.

L'ethnologue Gémini engage le capitaine et aventurier Ugo Cardone afin de l'accompagner au cœur de la forêt amazonienne.

Un ancien journaliste, qui vit dans une maison sur pilotis dans un bidonville de Manaus, est en possession d'un document dont la teneur est du domaine de la légende. Il leur montre deux photos mais Cardone pense à un trucage. Gémini, lui, est plus confiant.

Seulement il leur faudrait la pellicule d'où ces deux photos ont été extraites.

Les Japonais sont en lice et Cardone a juste le temps de s'emparer du rouleau mystérieux avant que ceux-ci égorgent le journaliste un peu trop attiré par l'appât du gain.

Gémini, Cardone et ses hommes remontent le cours de l'Amazonie puis un de ses affluents à la recherche des mythique hommes-volants. Ils sont accompagnés dans leur voyage par une jeune femme, Soumiù, laquelle exerce un chantage auprès du capitaine. S'il ne la prend pas à son bord, elle racontera ce qu'elle a vu à la police, en enrobant quelque peu le cours des événements. Elle accuserait de meurtre Cardone à la place des véritables meurtriers. Il accepte, sachant que le crime est en partie de sa faute.

 

Ce que ces nouveaux aventuriers vont découvrir s'apparente à la phobie du péril jaune des années 1930 et 1940.

Georges-Jean Arnaud intègre une technologie science-fictionnesque proche de celle élaborée par Jules Verne à une uchronie sans pour cela dériver vers le fantastique et le merveilleux scientifique.

L'action se déroule en 1937 et à l'horizon se profile le sceptre de la Seconde Guerre Mondiale avec l'emprise nazie sur l'Europe et le début de l'hégémonie japonaise en Asie.

Un roman solide à l'image de l'œuvre de G.-J. Arnaud.

Georges-Jean ARNAUD : La forêt des hommes volants. Série Ugo Cardone N°2. Collection Aventures & Mystères N°15. Editions Fleuve Noir. Parution janvier 1996. 192 pages.

ISBN : 2-265-05596-4

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29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 06:09

Et puis après, il y eut le Fleuve noir, mais c’est une autre histoire…

J. H. ROSNY Aîné : Helgvor du Fleuve bleu.

Jeune fille de la tribu des Rocs, les Tzoh, Glavâ ne peut supporter l’idée de son futur mariage avec Kzahm, un guerrier féroce, ni l’immolation de sa sœur Amhao, décidée et imposée par Urm, l’ancêtre de la tribu. Lors d’une éruption volcanique, elle s’enfuit entraînant avec elle Amhao et le jeune fils de celle-ci.

Les guerriers Tzoh sont partis combattre les Ougmar, les fils du Fleuve, afin de ravir leurs femmes. Aucune difficulté dans cette entreprise : les Ougmar sont allés capturer des chevaux pour l’hiver et dans le village ne restent, outre les femmes, que des enfants et des vieillards.

Helgvor, jeune guerrier Ougmar, accompagné par Hiog, un enfant, et de deux chiens et un loup, survient à la fin du carnage. Il suit la trace des Tzoh qui retournent chez eux en suivant le fleuve.

Quant aux deux jeunes femmes, elles continuent leur fuite en pirogue. Elles sont repérées et traquées par quelques guerriers mais Helgvor vient à leur rescousse et les sauve momentanément dans une grotte. Mais la demi-douzaine de Tzoh, commandés par Kamr, les retrouvent. S’engage alors un combat au cours duquel Kamr est tué et les jeunes femmes blessées.

Helgvor les ramène dans sa tribu où les hommes sont de retour et tous décident d’arracher les captives Ourgmar aux mains de leurs ravisseurs, emmenant avec eux Glavâ et laissant Amhao et son bébé en compagnie des enfants et des vieillards. Ils s’allient aux Gwah, tribu carnivore, en leur promettant de la nourriture.

En cours de route une dissension s’installe entre le chef Ougmar, Aktoun, et l’un des guerriers, Heïgoun, qui possède un ascendant certain sur quelques membres de sa tribu. Glavâ se sent mal à l’aise en compagnie de ces hommes, malgré l’attirance qu’elle ressent envers Helgvor, attirance réciproque.

Pendant qu’Helgvor et d’autres de ses compagnons partent à la recherche des Tzoh et des femmes restant en leur possession, Glavâ s’enfuit. Sa sœur Amhao lui manque et elle décide de la rejoindre. En route elle est faite prisonnière par un groupe de Gwah mais elle réussit à s’échapper lors d’une querelle entre les fils de la Nuit. Puis elle est attaquée par une lionne...

 

Ce livre de Rosny Aîné, est un voyage fiction dans la préhistoire, tout comme La Guerre du feu, son roman le plus connu des jeunes générations, et la description qu’il fait de nos ancêtres et de leur mode de vie, de leurs comportements, ne manque pas de saveur.

Mais ce roman des âges farouches pourrait aussi bien se rapporter à certains épisodes vécus de nos jours dans des pays en train de régresser, à cause de dictateurs, de la religion, de la famine aussi. L’ordre n’est peut-être pas le bon.

Le concept de ce roman tient en quelques lignes : Tribulations d’une jeune fille, Glavâ, qui s’enfuie d’une tribu qu’elle juge trop féroce dans ses mœurs et aspire à découvrir une civilisation plus humaine, mais connait des difficultés d’intégration dans une autre tribu malgré le penchant qu’elle peut ressentir envers l’un de ses membres, Helgvor.

Ce roman a fait l’objet d’une réédition dans un fort volume regroupant les romans préhistoriques de Rosny aîné en 1985 et qui contient, outre La Guerre du Feu, Le félin géant, Eyrimah, Les Xipéhuz

J. H. ROSNY Aîné : Helgvor du Fleuve bleu.

Cet article a paru dans la revue Encrage N°17 sous une forme moins condensée puisque j’y décrivais les différentes tribus évoluant dans ce roman, les mœurs et coutumes, ainsi que le bestiaire.

J. H. ROSNY Aîné : Helgvor du Fleuve bleu. Editions Tallandier. Parution 2e trimestre 1977. 256 pages.

ISBN : 2-235-00138-6

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28 novembre 2018 3 28 /11 /novembre /2018 05:50

Un roman approuvé par Alfred mais écrit par Robert Arthur !

Alfred HITCHCOCK : Le crâne qui crânait

Attiré par un entrefilet dans un journal signalant une vente aux enchères, Hannibal Jones entraîne ses deux amis, Peter et Bob, à assister à une vente publique. Différents bagages, dont on ignore le contenu, vont être mis aux enchères, abandonnés ou oubliés par leurs propriétaires dans des hôtels. Il y a vraiment des étourdis !

Parmi les lots présentés au public, une vieille malle n’intéresse personne, sauf Hannibal qui l’acquiert pour la modique somme de un dollar. Juste après l’enchère conclue une vieille femme se présente qui en offre trente dollars, mais c’est trop tard. Un journaliste local demande alors aux trois adolescents de poser pour une photo avec leur malle sur laquelle figure la mention Le Grand Gulliver. L’article paraît le soir même et cela ne manque pas d’attiser les convoitises.

Hans, l’un des employés du Paradis de la Brocante, l’établissement tenu par l’oncle et la tante d’Hannibal, signale au cours de la soirée avoir aperçu une silhouette s’engouffrer dans le dépôt. L’oncle Titus et ses deux aides, Hans et Konrad, deux frères, n’apprécient pas cette intrusion, Mais un geste malheureux déclenchant un bruit alerte l’homme qui s’enfuit en compagnie d’un complice en voiture. Le lendemain, la malle a disparu.

Un nouveau client pour la malle se présente. Il déclare être magicien, s’appeler Le Mage Maximilien, effectue quelques tours de passe-passe avec des billets verts, raconte que Gulliver était son ami, un magicien lui-aussi, et qu’il désirerait récupérer la malle en souvenir des temps jadis. Hannibal lui ayant certifié que la malle a disparu, l’homme disparait également.

Heureusement la malle est toujours là, l’oncle Titus l’ayant mise à l’abri. Les trois amis tentent de l’ouvrir et bout d’un nombre incalculable d’essais avec les différentes et très nombreuses clés de l’oncle Titus, parviennent enfin à en découvrir le contenu. A l’intérieur, parmi un fatras d’objets hétéroclites, un crâne humain et son plateau en ivoire.

Hannibal l’installe dans sa chambre et dans la nuit il perçoit une voix. C’est Socrate, ainsi se nomme le crâne, qui lui demande de se rendre à un certain endroit à Hollywood, de se présenter en demandant Socrate, et il aura d’autres renseignements.

Et c’est ainsi qu’Hannibal et ses deux amis, vont connaître une aventure pleine de rebondissements, avec la rencontre de Gitans, d’individus qui les poursuivent, d’une enveloppe cryptée, découverte sous une doublure de la malle et bien d’autres épisodes et de personnages à la recherche de la malle et de son secret.

Car en effet, la malle contient un secret, grâce à la lettre cryptée qui fournirait l’adresse où est caché un trésor provenant d’un hold-up réalisé cinq ans auparavant. Seulement, découvrir cet endroit n’est pas une mince affaire, même si Bob, dont le père est reporter à Los Angeles, recherche dans les archives.

Le chef de la police de Rocky, la petite ville où vivent les Trois Détectives, accepte de les aider, mais au moment crucial où il devrait les protéger et les assister, il n’est pas là. Son adjoint, imbu de sa fonction les envoie sur les roses, ce qui n’est pas très délicat de sa part.

Il réagit comme la plupart des adultes, qui estiment que, parce que nous sommes des enfants, nous n’avons pas de cervelle. Et pourtant, nous observons souvent le problème sous un angle neuf.

 

Une aventure plaisante, pour le lecteur, mais pas forcément pour les trois amis qui vont connaître quelques déboires et ressentir des sentiments de frayeur, qui joue sur le fantastique sans vraiment en être. Car tout est révélé à la fin, au cours de l’unique apparition d’Alfred Hitchcock, l’ami d’Hannibal et compères, dans une jolie mise en scène. Il ne faut pas oublier que cette histoire a été écrite en 1969, et que de nombreuses technologies utilisées de nos jours n’existaient à l’époque.

Ce thème a été à maintes reprises exploité aussi bien dans des romans pour adolescents que pour des romans pour adultes, ceci avec plus ou moins de bonheur. Mais il est amusant de constater, que l’auteur via le personnage d’Alfred Hitchcock, fait référence à un écrivain écossais, né en 1849 et décédé en 1912, Robert Barr, lequel avait écrit une nouvelle policière traitant d’un sujet similaire. Non point la lettre cryptée, mais concernant l’endroit où pouvait être dissimulé l’argent provenant d’un vol.

Comme quoi, rien de nouveau sous le soleil, mais encore fallait-il connaître ce texte, qui a peut-être été publié en France grâce aux bons soins de Jean-Daniel Brèque dans sa collection Baskerville chez Rivière Blanche.

 

Alfred HITCHCOCK : Le crâne qui crânait (The Mystery of the talking skull – 1969. Traduction Claude Voilier). Collection Bibliothèque Verte. Editions Hachette. Parution janvier 1985. 192 pages.

ISBN : 9782010097126

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26 novembre 2018 1 26 /11 /novembre /2018 06:01

Sherlock Holmes creuse son sillon…

Jean-Claude BOLOGNE : Sherlock Holmes et le secret des lettres.

Sherlock Holmes, le plus fameux de tous les détectives, a été pastiché et parodié à maintes reprises, en bien ou en mal, et il continue à faire les choux gras de bon nombre d’auteur qui pensent que le public suivra uniquement sur le nom du célèbre locataire de Baker Street.

Parmi les derniers émules de Conan Doyle, Jean Claude Bologne s’attaque au mythe mais d’une façon particulière puisque Sherlock va se trouver confronté à des personnages aussi célèbres que Charles Cros, Rimbaud et quelques autres. Mais prenons par le début :

Tandis que sept victimes ont été dénombrées au Vatican en huit jours, atteintes de crise cardiaque, un cardinal, accompagné d’un représentant des forces de l’ordre rend visite à Sherlock. Il lui réclame une poterie antique volée au Saint Siège. Sherlock ne nie pas posséder ce vase qui n’est en fait qu’un tesson, au contraire il le remet à l’homme d’église. Celui-ci brise la relique, à la stupéfaction de tous, puis décède, victime lui aussi d’une crise cardiaque.

Heureusement Sherlock avait pris soin de photographier le débris sur lequel figuraient des sillons, tracés par le potier, ainsi qu’une inscription hébraïque. Et s’il s’agissait d’un sillon qui aurait été gravé à l’audition de la voix du Christ ? La réponse ne peut être donnée que grâce à l’aide de Charles Cros, inventeur du phonographe et spolié par l’industriel américain Edison. Voici pour Le Chanteur d’âme, premier volet de cette histoire.

Dans Le Testament de sable, alors que Sherlock s’instruit auprès des forces de police française, il s’intéresse à une curieuse affaire de testament qui aurait été dérobé dans un couvent de la région parisienne. Or une plainte similaire a été déposée par un certain Darasse, banquier, qui accuse les sœurs de détenir illégalement ce testament. Un testament destiné à Charles Cros déposé par un nommé Ducasse. Le fils de ce dernier est poète mais a écrit quelques années auparavant un livre sulfureux sous pseudonyme. Une étrange affaire qui permet à Sherlock de faire la connaissance de Charles Cros et côtoyer Lautréamont par le biais d’un livre blanc.

Quant à la dernière histoire, La rectificatrice, l’action se déroule toujours à Paris, dans le quartier de Montmartre, connu pour ses rapins et son cabaret du Chat Noir dont une des tables est réservée à un autre poète, Rimbaud. C’est également l’occasion de découvrir un étrange appareil que mettront au point les fameux frères Lumière.

 

Sherlock Holmes et le secret des lettres est un roman en trois parties dont les deux premières sont déjà parues séparément, qui ont subi quelques modifications afin d’obtenir un ouvrage homogène. Jean-Claude Bologne met en scène un héros connu de par le monde entier pour écrire un ouvrage qui privilégie plus les réflexions mystiques que l’action et les déductions qui ont fait la renommée du personnage de Conan Doyle.

Un pastiche intéressant qui nous offre la confrontation entre protagonistes fictifs et réels et qui dévoile une autre facette holmésienne, préfigurant entre autres, la passion de Conan Doyle pour le spiritisme.

Jean-Claude BOLOGNE : Sherlock Holmes et le secret des lettres. Editions du Rocher. Parution le 6 mars 2003. 192 pages.

ISBN : 978-2268045139

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23 novembre 2018 5 23 /11 /novembre /2018 05:02

Entre Corto Maltèse et Bob Morane…

Georges-Jean ARNAUD : Les Compagnons d’éternité

1936 à Hambourg. Trafiquant d’armes mais pas que, Ugo Cardonne revient dans le port allemand qu’il n’a pas visité depuis 1931.

Depuis son dernier passage, la ville a bien changé. Les soldats nazis traquent les Juifs, et afin d’aider une jeune femme, Myriam Hermann, lui demande de l’aider à exfiltrer une trentaine de personnes, dont des femmes et des enfants. Même s’il est humaniste, Ugo Cardonne ne fait pas œuvre pie sans quelque dédommagent financier.

Comme il doit également procéder à un chargement de charbon. Ugo Cardonne accepte à condition de percevoir dix mille dollars et que les fugitifs soient vêtus comme des dockers, les enfants étant placés dans des sacs. Le transbordement nocturne s’effectue sans problème jusqu’au moment où le quai est éclairé par de multiples projecteurs. L’Obersturmführer Stackering, à la tête d’un détachement de SS, sait qu’Ugo vient d’embarquer illégalement bon nombre de personnes à destination de la Palestine. Certains possèdent des visas, pas tous, mais peu lui chaut. Tout le monde doit débarquer et emmener dans un camp de concentration. Enfin, selon lui, un lieu de détention tout à fait convenable. A la condition que…

Car l’Obersturmführer offre, impose une monnaie d’échange. Un chantage humain inhumain, car il n’ignore pas qu’Ugo est le protégé du cardinal de Naples, Monseigneur Barancoli, ennemi acharné de Mussolini. L’homme d’Eglise devant posséder des informations sur un certain Luigi Spaggio. Stackering souhaiterait ardemment retrouver ce jeune homme d’une vingtaine d’années et dans le cas où Ugo accepterait ce marché, il pourrait appareiller à bord du Vesuvio, son cargo rouillé, livrer les machines-outils qui sont entreposés dans la cale, mais auparavant se rendre à Naples afin que le prélât lui donne tous renseignements utiles sur Spaggio. En contrepartie l’Obersturmführer promet de libérer les Juifs qu’il vient de faire arrêter.

Mais auparavant Ugo doit rencontrer le banquier Bruckner qui soutient financièrement ses démarches. En entretien privé Bruckner confie à Ugo que ce Spaggio n’est autre que le fils du Juif Errant. Direction Naples afin de pouvoir s’entretenir avec le Cardinal Barancoli mais le rendez-vous est manqué. Le prélât décède dans un attentat et ne peut que révéler dans son dernier souffle qu’Ugo doit retrouver son chapeau qui s’est envolé dans la déflagration.

Commence dans Naples une véritable chasse au chapeau, chasse à laquelle participe Myriam, qui a eut la possibilité de voyager, ainsi que les amis et associés d’Ugo, Hassanian, le cuistot et Milfried, le bosco, qui ont du mal à digérer l’affront causé par Stackering et auquel a dû se plier le capitaine. Une fois le couvre-chef récupéré, il leur faut déchiffer un message manuscrit qui leur donne l’indication du lieu où se retrouve Spaggio.

Direction l’Espagne où le jeune combat auprès des Brigades Internationales. Mais Stackering est présent surveillant Ugo et ses amis. Après bien des péripéties, Ugo se rend d’abord à Teruel, où il retrouve notamment un ami combattant les Franquistes du nom d’André Malraux, puis Barcelone, Nice, et enfin dans les environs de Florence où tout se jouera, si l’on peut parler de jeu de piste.

 

Dans ce roman d’aventures teinté d’une grosse dose de fantastique dans le dernier quart du récit, Georges-Jean Arnaud retrouve une fougue historique dans laquelle il déploie son aversion pour le fascisme. Aversion qui imprégnait certains de ses romans d’espionnage avec comme héros Le Commander, mais également certains romans publiés dans la collection Angoisse dont La dalle aux Maudits par exemple.

Mais il ne s’agit pas d’une résurgence nazie, le roman étant placé dans la période trouble de l’année 1936. Il s’agit d’une intrigue inscrite dans le double jeu et le machiavélisme d’un homme, d’un Nazi qui recherche un supposé détenteur de l’immortalité. Mais sous ce phénomène se cache une autre motivation.

La dernière partie du roman est grandiloquente et détonne par rapport au début du récit, lui ôtant une certaine crédibilité, mais en phase avec le principe de cette collection Aventures & Mystères qui ne connaîtra que la parution de seize titres avec pourtant au catalogue d’excellents auteurs comme G.-J. Arnaud, François Sarkel qui est devenu depuis Brice Tarvel, Michel Pagel, Gilbert Gallerne, Brice Pelman, Christian Vila, Pierre Pelot…

Mais cette collection oscillait, peut-être trop, entre deux lectorats et le public ne savait s’il s’agissait de romans pour la jeunesse ou pour adultes. Une certaine confusion qui ne lui a guère porté chance. Les manuscrits prévus pour paraître avant la disparition de cette collection l’ont été dans la collection SF qui a remplacé Anticipation qui se déclinait en sous-séries, dont SF Mystère, SF Polar et quelques autres.

 

Son cargo, chargé de caisses d’armes, ne pouvait pénétrer sans les eaux territoriales de Gibraltar car les Anglais auraient aussitôt saisi la cargaison, au nom d’un pacte de non-agression signé par plusieurs pays européens, mais il semblait que les armes destinées aux républicains fussent plus souvent visées que celles livrées à Franco par les Italiens et les Allemands.

 

Avec de l’or par poignées, on finit par amollir les consciences les plus fanatiques.

Georges-Jean ARNAUD : Les Compagnons d’éternité. Une aventure d’Ugo Cardonne. Collection Aventures et Mystères N°7. Editions Fleuve Noir. Parution le 02 septembre 1995. 192 pages.

ISBN : 2-265-05370-8.

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22 novembre 2018 4 22 /11 /novembre /2018 05:59

En Simca 1000 Pigeot ?

Thierry CRIFO : Pigalle et la fourmi.

Gabriel Lecouvreur alias Le Poulpe, est plongé dans une phase nostalgique, arpentant les trottoirs de Pigalle, à la recherche des fantômes de ses parents.

Cheryl désirant acquérir une nouvelle boutique de coiffure, histoire de se décentraliser et teindre la mèche hors de son arrondissement de prédilection, a jeté son dévolu sur une boutique du IXe arrondissement, plus précisément rue de Douai.

Ce n’est pas la mer à boire, pourtant Gabriel n’apprécie guère. Et ne voilà-t-il pas que son vieil ami Pedro lui fait remarquer, bêtement, comme ça par hasard, vendant la mèche sans s’en rendre compte, que ses parents (au Poulpe et non à lui Pedro), que les parents donc de Gabriel, ébouriffé par cette révélation, ont habité précisément cette rue et sont décédés accidentellement dans le quartier de Blanche-Pigalle.

Pas doué pour une fois le Pedro qui décoiffe. Gabriel était persuadé que ses parents étaient morts près de Chartres. Du moins c’est ce qu’on lui avait toujours dit. Alors ? Déboussolé, accablé par la chaleur, il investit un quartier qu’il ne connaît pas et remonte les traces qu’aurait pu laisser son père, découvrir une vérité qui le taraude alors qu’auparavant il n’avait jamais pensé à remonter le passé à la découverte de ses origines.

 

Un Poulpe qui sort enfin de l’ordinaire (avec celui de Pierre Bourgeade : Gab save the Di). Gabriel est entièrement impliqué dans cette enquête, cette quête, et ce n’est pas une affaire qu’on lui propose, par le biais parfois.

Non, cette fois, c’est lui qui est en cause, ses parents, les mensonges qui lui ont été fournis peut-être pour ne pas le traumatiser, lui qui se promène avec dans son portefeuille une photo de ses géniteurs mais n’avait jamais cherché à savoir où elle avait été prise, un retour en arrière qui risque de faire mal.

Thierry Crifo, tout en respectant la Bible du personnage, innove, et c’est comme une bouffée de fraîcheur dans un Pigalle qui transpire sous la canicule.

 

Thierry CRIFO : Pigalle et la fourmi. Le Poulpe N°226. Editions Baleine. Parution le 9 octobre 2001. 200 pages. Réédition en version numérique : 2,99€.

ISBN : 978-2842193553

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16 novembre 2018 5 16 /11 /novembre /2018 05:28

Dans la vie, il ne se passe généralement rien.

Jean-Baptiste BARONIAN : La vie continue.

C’est Somerset Maugham qui l’a écrit. Et Anaïs inclinerait à faire sienne cet apophtegme.

Bientôt seize heures. Les enfants vont rentrer de l’école, elle leur préparera un goûter substantiel, puis ce sera l’heure du dîner, le mari Julien rentrera de son travail et la soirée s’écoulera devant la télévision.

En attendant, elle s’évertue à traduire des nouvelles de Somerset Maugham, en ayant soin de choisir le mot juste, en mettant un peu d’elle-même dans les phrases sans les dénaturer.

Sauf que ce soir, rien ne va. La logique routinière n’est pas respectée. Julien ne rentre pas à la maison.

Le téléphone sonne, au bout du fil un correspondant anonyme et sceptique. Un attentat a eu lieu. Son mari en est-il la victime ou le protagoniste ? A moins qu’il soit impliqué dans un hold-up.

Et ce personnage qui se prétend policier et effectue une intrusion dans son appartement, que lui veut-il exactement ?

Et ce voisin qui n’a de cesse de vouloir lui faire signer une pétition dont elle n’a cure !

En peu de temps l’univers bien réglé d’Anaïs se fissure, se fragmente, éclate en petits morceaux. L’angoisse s’infiltre en elle et la ronge. Le suspense bouscule son quotidien.

 

Avec La vie continue, Jean-Baptiste Baronian décrit les peurs, les angoisses, le début de panique d’une jeune femme confrontée à ce qui sort de son ordinaire bien rangé, de son train-train habituel.

Une ambiance feutrée teintée de fantastique englobe ce récit contrastant avec les romans noirs que signe Baronian sous le pseudonyme d’Alexandre Lous.

Toutefois ce roman possède un goût d’inachevé, mais que voulez-vous, l’auteur n’y est peut-être pour rien : La vie continue…

 

 

A lire également, sous le nom de Jean-Baptiste Baronian :

La nuit aller-retour

 

Et sous le nom d’Alexandre Lous :

Jugement dernier

 

Jean-Baptiste BARONIAN : La vie continue. Editions Christian Bourgois. Parution le 1er octobre 1989. 132 pages.

ISBN : 978-2267008111

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15 novembre 2018 4 15 /11 /novembre /2018 06:12

Quand le jazz est
Quand le jazz est là…

Pascal ANQUETIL : Portraits légendaires du jazz.

Un célèbre dicton affirme qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Personnellement je préfère l’inverse : il n’est jamais trop tôt pour bien faire.

Par exemple, Noël se fêtera dans quelques semaines, pourtant il n’est pas interdit d’anticiper, de commencer une liste à soumettre à votre conjoint, à votre famille ou à vos amis. Une liste ne comportant qu’une seule ligne, ou si vous êtes gourmand, plusieurs lignes.

Mais je vous conseille de mettre bien en évidence, en priorité absolue, ce livre qui ne ravira pas uniquement que les amateurs de jazz mais aussi tous ceux qui aiment les beaux ouvrages, à placer près de votre discothèque personnelle et à compulser régulièrement.

 

Dans ce recensement de soixante-dix figures marquantes du jazz, seulement oserais-je écrire car il est bien connu que le lecteur avide n’est jamais satisfait, l’auteur de cette nouvelle Bible propose un classement original par genres. Huit genres qui se répartissent ainsi : Les Génies décisifs, Les Maîtres chanteurs (et chanteuses ! c’est moi qui ajoute l’élément féminin car ce sont bien elles qui ont enregistrées les plus belles plages musicales), Les Bâtisseurs de mondes, Les Virtuoses du bonheur, Les Anges déchus du lyrisme, Les Maîtres célibataires, Les Chefs de file et enfin les Musiciens intimes.

Dans les Génies décisifs, génie étant un mot à prendre dans le sens d’aptitudes innées, de dispositions naturelles, et qui concerne les personnes qui possèdent ces aptitudes, sont recensés sans que l’on puisse contester ce choix : Duke Ellington, Louis Armstrong, Django Reinhardt, Thélonious Monk, Charlie Parker, Miles Davis, John Coltrane et Bill Evans. Tous ces interprètes ont en effet apporté et imposé leur souffle, leur doigté, leur sonorité, leur innovation, leur empreinte, leur conception du jazz. Ils sont aussi, chacun dans le genre qui les a rendus célèbres, des pères fondateurs, des références immuables du monde musical. Ils sont devenus des icônes, dont le nom est inscrit au firmament et dont l’étoile brillera longtemps.

Mais ce sont d’autres figures légendaires, bien connues des amateurs de jazz mais pas forcément des profanes, de ceux qui ne possèdent qu’une approche approximative de ce type musical, qui ont retenu mon attention parce qu’elles méritent un détour appuyé.

Jimmy Lunceford, par exemple, chef d’orchestre rigoureux dont on disait qu’il conduisait son ensemble d’une baguette de fer dans un gant de velours. Il concurrença même dans les années 30 Duke Ellington, débutant en 1934 avec le bigband d’élèves d’une école de Memphis et investissant le célèbre Cotton Club. Le départ de Sy Oliver, trompettiste et arrangeur, sonna le glas de cette formation tout autant auditive que visuelle.

Autre artiste atypique, multi-instrumentiste, homme orchestre et barde visionnaire malgré ou à cause de sa cécité, Roland Kirk pouvait jouer de plusieurs instruments à vent à la fois. Malheureusement ses prestations scéniques, alors qu’il était harnaché d’instruments de son invention, ont occulté son talent de musicien.

Si j’ai cité deux cas typiques du jazz, j’aurais pu également parler de Michel Petrucciani, Jelly Roll Morton, Charlie Parker, Barney Wilen, Chet Baker, Clifford Brown, Fats Waller, Art Farmer, Lennie Tristano, Wes Montgomery, Albert Ayler, Horace Silver… Et parmi ceux-ci combien de destins brisés à la fleur de l’âge…

Les artistes masculins, instrumentistes et interprètes sont représentés majoritairement mais les femmes sont également présentes, très peu, trop peu, avec en tête Billie Holiday, Ella Fitzgerald. Mais des fiches sont aussi consacrées à des chanteuses anciennes ou modernes, telles que Anita O’Day, Sarah Vaughan, Abbay Lincoln, Shirley Horn ou encore Diana Krall.

Chaque fiche est accompagnée d’une, ou plusieurs très belles photos en noir et blanc, pleine page.

 

Pascal Anquetil, amateur (dans le sens de connaisseur) éclairé du jazz si l’on en croit son Curriculum Vitae, président du jazz club de Dunkerque, membre de l’académie du jazz, administrateur de l’Orchestre national de jazz, collaborateur à Jazz Magazine-Jazzman, et autres casquettes tout aussi avouables, Pascal Anquetil aime le jazz et sait le faire aimer.

Il écrit avec une plume trempée dans l’encrier du savoir et de la passion, du lyrisme et de l’affectif. Et n’étant qu’un modeste chroniqueur non appointé, je me garderai bien de gloser, comme certains des confrères de Pascal Anquetil, sur un style parfois emphatique, car tous ces musiciens le valent bien. Ce livre est un véritable plaisir des sens, à lire et à regarder, à offrir et à s’offrir (si il en reste !).

Pascal ANQUETIL : Portraits légendaires du jazz. Tana éditions. 224 pages. Parution le 29 septembre 2011. 222 pages. 45,00€.

ISBN : 978-2845676985

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13 novembre 2018 2 13 /11 /novembre /2018 05:50

Hommage à Hugues Douriaux décédé le 5 mars 2018 !

Hugues DOURIAUX : Vermine.

Zlonni est un être vivant, de race indéfinie, mais le lecteur perspicace arrivera bien avant la fin du roman à le démasquer.

Chassé par ses congénères, bouté hors du temps où il vivait, parce qu’il s’est vanté connaître le dieu qui les nourrit, lui et tous ceux de sa race, il parcourt le monde à la quête du Graal.

C’est-à-dire trouver un autre dieu et aussi découvrir la Vérité. Mais quelle Vérité ?

Le chemin est long et plein d’embûches, de pièges, d’ennemis qui ont pour non les Longues-oreilles ou les Briseurs de reins.

Il va découvrir l’amour mais entre une Blanche et un Noir existent bon nombre de préjugés dont il est extrêmement difficile de se débarrasser. Le bonheur ne peut s’acquérir qu’à force de tolérance.

D’ailleurs Hugues Douriaux fait dire à son personnage principal :

Je me rends compte qu’un être solitaire ne peut rien en face d’une foule d’imbéciles, fut-il animé des meilleures intentions.

Un roman humaniste qui mériterait une réédition !

Hugues DOURIAUX : Vermine. Collection Anticipation N°1593. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1987. 192 pages.

ISBN : 2-265-03729-X

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12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 05:15

Moi, je dirais Douces, quoi que…

Daniel CONRAD présente : Douces ou cruelles ? Histoires de femmes en proie à l’angoisse.

Un recueil de nouvelles édité par le Fleuve Noir qui semble se spécialiser dans ce genre littéraire depuis quelques années, alors que pratiquement il n’a jamais eu gain de cause durant l’époque d’or de cette maison d’édition. La redoutable tâche de mener à bien cette entreprise a été confiée à Daniel Conrad, le rédac-chef de la revue Ténèbres.

Le thème en est la femme plongée dans un univers angoissant ou en proie à l’angoisse. Comme le remarque si bien le compilateur, la littérature de l’angoisse est la littérature du surnaturel et de l’irrationnel. L’angoisse peut provenir également d’une peur, d’un malaise, mais n’est pas forcément axée vers ou par le fantastique.

Et c’est peut-être pour cela que les roman de la défunte collection Angoisse du Fleuve Noir furent parfois critiqués en leur temps et sont maintenant recherchés par des collectionneurs nostalgiques.

Revenons à nos moutons ou plutôt aux femmes (ce qui bien loin d’être pareil) aux travers d’yeux et de plumes d’auteurs de sensibilités différentes, qu’ils soient du sexe dit fort ou du beau sexe.

Il est évident que dans ce genre d’entreprise, le lecteur préférera certaines histoires à d’autres, pour des raisons de sensibilité propre et aussi de ce qu’il pense trouver dans un tel genre d’ouvrage.

Donc, dire que j’ai préféré les nouvelles de Patrick Eris, de Mélanie Fazi, de Daniel Walther, de Michel Leydier, d’Elisabeth Vonarburg, d’Andréa H. Japp à d’autres, c’est mon choix personnel que je partage avec moi-même. Ce n’est pas pour autant que les autres sont mauvaises, au contraire, mais je n’ai pas ressenti cette petite pincée au cœur et au ventre en les lisant.

D’autant que Daniel Conrad a voulu explorer une vaste panoplie de ce domaine et pas seulement avec des auteurs confirmés, mais avec des débutants ou issus d’un autre genre littéraire tels que Marie Nimier par exemple.

Ce qui m’a marqué c’est le contraste qui existe entre deux auteurs qui se côtoient. Par exemple Patrick Eris développe une nouvelle enrobée de tendresse, de complicité, de poésie, de légèreté, comme si c’était une femme qui l’avait écrite. Par contre, dans celle développée par Mélanie Fazi, il existe une fureur toute masculine.

Un subtil mélange qui devrait plaire aux amoureux et autres de cette littérature quelque peu tombée en désuétude mais qui pourtant a fait rêver pas mal de générations.

Outre les auteurs déjà cités, ajoutons à la liste les noms de B. Aubert, F. Berthelot, N. Caligaris, G.- O. Chateaureynaud, P. Claudel, J. Dorny, A. Duguël, J.C. Dunyach & A. Smulders, C. Ecken, J. Faivre d’Arcier, J.J. Girardot, C. Grimm, C. Katyn, B. Leandri, C. Mamier, Sholby, M. Tabachnick, J. Wintrebert.

 

Daniel CONRAD présente : Douces ou cruelles ? Histoires de femmes en proie à l’angoisse. Collection Moyen Format. Editions Fleuve Noir. Parution 30 mai 2001. 530 pages.

ISBN : 978-2265071582

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