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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 05:13

Prends-moi dans tes petits bras…

Elaine CUNNINGHAM : L’étreinte de l’Araignée.

La collection Royaumes Oubliés, est l’une des collections issues des jeux de rôles, avec Birthright, Battletech, Earthdown, Ravenloff ou encore Lancedragon, toutes collections publiées par le Fleuve Noir dans les années 1990 avec plus ou moins de succès.

Nous retrouvons dans cet épisode Liriel l’Elfe noire et Fiodor de Rashemen à la recherche de la rune magique devant les libérer des malédictions auxquelles ils sont assujettis.

Ainsi Liriel, tout en étant une Drow, c’est à dire possédant les facultés de vivre sous l’eau comme les poissons, veut vivre à la surface de la croûte terrestre et Fyodor se méfie de ses réactions qui le poussent à se mettre en fureur à la moindre occasion alors que c’est un pacifiste convaincu.

Liriel, qui a gardé une grande partie de ses dons, délivre le capitaine Hrolf des geôles de Port-au-Crâne où il est enfermé après un bagarre mémorable. Liriel embarque sur le Demoiselle Elfe, le vaisseau de Hrolf lequel, malgré son statut de capitaine, a bien du mal à faire accepter comme passagère une femme, une Drow qui plus est, même si celle-ci l’a tiré des prisons de Port-au-Crâne.

Départ pour de nouvelles aventures avec à bord Fyodor qui tente, parfois en vain, de ne pas se montrer vindicatif envers les membres de l’équipage, et Ibn le second qui n’apprécie guère la proximité de Liriel. Une femme à bord ! Synonyme de malheur.

Pendant ce temps la Matrone toute puissante de Menzoberranzan désire retrouver Liriel, non point par esprit de famille mais parce que la Drow possède une amulette magique qui devrait lui permettre de réaliser ses souhaits de dominatrice.

 

Entre les pirates, les poulpes géants, les Elfes aquatiques, les merrow, les illithide et tutti quanti, le lecteur se perd un peu dans une histoire brouillonne, dont les événements se bousculent comme si Elaine Cunningham accrochait les épisodes au petit bonheur la chance.

Parfois ennuyeux, parfois agréablement enlevé, ce roman est un peu un fourre-tout, une fourmilière d’idées qui laisse sur sa faim. Le lecteur qui suit avec assiduité cette série s’y retrouvera sûrement, les autres n’ont qu’à s’accrocher au wagon, ou plutôt au navire et à se laisser embarquer dans des aventures dont le fantastique emprunte quelque peu à la mythologie.

Elaine CUNNINGHAM : L’étreinte de l’Araignée. Le monde d’Ombre-Terre 3 (Tangled Webs – 1996. Traduction de Michèle Zachayus). Collection Les Royaumes Oubliés N° 39. Editions Fleuve Noir. Parution mai 1999. 256 pages.

ISBN : 2-265-06589-7

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19 décembre 2018 3 19 /12 /décembre /2018 05:27

Ohé, ohé, matelot, matelot navigue sur les flots…

Jean-Marie ROBILLARD : La route des matelots.

Souvent, parce qu’ils sont destinés aux enfants, les adultes négligent les romans ou recueils de contes, de nouvelles, écrit avec amour, passion, tendresse pour la jeune génération.

C’est un peu dommage car, outre les bienfaits de se retremper l’espace de quelques heures dans une ambiance, dans une atmosphère juvénile, les adultes pourraient se rendre compte qu’il est difficile de raconter des histoires avec des mots simples tout en imprégnant les textes de poésie.

Pouvoir tenir en éveil, captiver des enfants par la magie des mots alors qu’alentour tout concourt, que tout les invite à poser le livre qu’ils tiennent en main et à aller s’amuser, regarder la télévision, jouer sur du virtuel, que sais-je encore, relève du tour de force.

Jean-Marie Robillard, qui fut instituteur dans la région de Granville, grâce à des textes fleurant bon la mer, les dunes, le terroir, les aventures maritimes, associant avec habileté quotidien et fantastique, situés souvent sur le littoral ouest du Cotentin, conte des histoires qui de prime abord paraissent gentillettes.

Et c’est là qu’intervient l’adulte, car ces histoires ne sont pas si innocentes que cela. Il se dégage de ces textes une formidable leçon d’amour pour son prochain, mais aussi du courage, de l’abnégation.

Par exemple, dans La maison sur la falaise, un jeune docteur, de retour de consultation, est invité par une vieille femme à rencontrer un vieillard qui lui fait cadeau d’une aquarelle.

Dans Brume, histoire de mer, d’apparition à la veillée, narré par Grand-Louis. Mais avec Grand-Louis, on ne sait jamais. Affabule-t-il ou raconte-t-il une histoire vraie ?

Dans Pompon, c’est un conflit de génération, conflit entre l’ancien et le moderne, entre le cheval et le tracteur, qui nous est proposé. Pompon qui ne rend plus de services et qui mange le foin réservé aux animaux de la ferme. Rentabilité avant tout ! Que devient la parcelle d’amitié, d’amour là-dedans ?

Dans Le bateau d’Emile, on assiste au sauvetage d’un canot parmi les éléments déchaînés.

Avez-vous déjà entendu le chant des baleines ? Non ? C’est dommage ! Mais saviez-vous que les baleines étaient capables de montrer leurs sentiments d’une autre façon ? Pourtant, c’est ce que Jean a vu là-bas, à l’autre bout du monde, dans l’Antarctique. Une histoire qui a pour titre L’homme aux baleines.

En lisant La route des matelots de Jean-Marie Robillard, je suis sûr que vous reviendrez sur certains préjugés qui font du tort à la littérature enfantine.

 

Jean-Marie ROBILLARD : La route des matelots. Illustrations de Claire Forgeot. Collection Zanzibar N°32. Editions Milan. Parution janvier 1988. 94 pages.

ISBN : 9782867262838

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18 décembre 2018 2 18 /12 /décembre /2018 05:39

Une ligne à ne pas franchir !

Laurence GOUGH: Ligne dure

Oscar Peel et Pat Nash, pris de panique à la vue d'une vedette de police, ont jeté par-dessus bord leur cargaison, soit environ vingt kilos d'héroïne représentant la modique somme de 80 millions de dollars.

Le roi de la drogue à Vancouver, Gary Silk charge Franck, son garde du corps, et Nash d'abattre le fautif. L'exécution a lieu près d'un appontement et le corps balancé à l'eau. La voiture, accidentée, est laissée sur place. Les officiers de police Jack Willows et Claire Parker découvrent des impacts de balles, des traces de sang et une douille dans le véhicule abandonné. Un cadavre est retrouvé accroché à une pile de pont. L'autopsie et les relevés d'empreintes digitales permettent d'identifier le noyé. Il s'agit d'Oscar Peel. Willows et Parker se rendent chez la jeune veuve, une gamine de vingt ans qui allaite son enfant. Elle donne tous les signes d'une droguée.

Pendant ce temps, Paterson, le patron d'une entreprise de logiciels, est au bord de la faillite. Il entrevoit une solution à ses déboires lorsqu'il aperçoit deux gamins jouant avec un sachet de poudre. Se faisant passer pour un flic, il confisque le sac récupéré sur la plage. Il prend une chambre dans un hôtel minable et demande trois prostituées, partant du principe que sur les trois une au moins est droguée. Randall, le protecteur des filles, est intrigué et lui tire les vers du nez. Paterson propose la marchandise puis se rend compte qu'il est dans une nasse. Il tire sur Randall, le blesse et s'enfuit. Il épluche des coupures de journaux afin de connaître le nom d'un dealer notoire et relève le nom de Gary Silk. Franck et Nash font alliance. Franck déteste de plus en plus les manières odieuses de son patron. Il décide de l'éliminer et Nash par la même occasion. Nash de son côté est dans le même état d'esprit.

Une plaque de métal est retrouvée dans le sac ayant enveloppé le cadavre de Peel. Il s'agit de la base d'un trophée décerné lors d'un concours de squash. Renseignements pris auprès d'un professionnel, le trophée a été remis à Silk. Willows et Parker, débarquent accompagnés d'une quinzaine de policiers chez Silk, lequel est en compagnie de Franck et consorts. La fouille des hommes permet de trouver des armes dont celle qui a servi à tuer Peel.

 

Entre les démêlés d'un PDG en proie à des problèmes financiers, un roi de la drogue imbu de lui-même et méprisant les autres, un couple de policiers qui pratiquent esprit d'équipe et amitié complice pour ne pas dire amoureuse, et autres protagonistes, Laurence Gough propose des personnages à la limite de la caricature ou du pastiche.

Pourtant ils sont crédibles, tout comme l'est l'intrigue, qui maniée avec précision n'en possède pas moins un humour sous-jacent. Un roman qui se lit avec d'autant plus de plaisir qu'il ne convoie pas de message et les temps morts sont inexistants. Les personnages sont décrits en quelques lignes.

Un petit coup de griffe est destiné au passage envers les sportifs et leurs facultés intellectuelles, et le mauvais caractère de McEnroe qui semble la bête noire de Laurence Gough.

 

Laurence GOUGH: Ligne dure (Hot shot - 1989. Traduction de Laetitia Devaux). Collection Les Noirs N°26. Editions Fleuve Noir. Parution le 1er septembre 1997. 318 pages.

ISBN : 978-2265061781

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16 décembre 2018 7 16 /12 /décembre /2018 05:35

Sur l’écran noir de mes nuits blanches…

Michel PAGEL : Cinéterre.

Dans la série Moi j’aime le cinéma, Michel Pagel nous apporte une preuve éblouissante de son attachement et de ses goûts pour les toiles fantastiques en les accommodant et les transposant à sa manière, celle d’un chef.

Il reprend les personnages de Frankenstein, de Dracula et de Mircalla, alias Carmilla, l’héroïne de Sheridan Le Fanu, incarnés à l’écran par Christopher Lee, Peter Cushing, Boris Karloff et Ingrid Pitt. Il les réinjecte dans un roman où tout ce petit monde se côtoie, se combat, et comme figurants Michel Pagel fait appel à des héros qui se nomment Edmont (Dantès ?), le professeur Carrère (Jean-Claude Carrière, le scénariste qui sous le nom de Benoît Becker écrivit quelques Frankenstein au Fleuve Noir au début des années 50 ?), Yann Libert (Jean Libert, l’un des deux Paul Kenny ?) et quelques autres comme Brooks (Terry ?).

Mais reprenons depuis le début et suivons le guide, ou plutôt l’ouvreuse, comme au cinéma.

Yann, jeune étudiant privé de vacances car ses parents désirent qu’il révise afin d’obtenir son bac, est féru de cinéma. Sa “ claustration ” forcée dans la capitale ne l’empêche pas d’aller au cinéma, et plus particulièrement au Gothic, qui comme son nom l’indique est spécialisé dans la projection de films fantastiques, et plus particulièrement de vieilles toiles.

Un après-midi, il aperçoit une affichette demandant un projectionniste. Il se propose et comme il a l’habitude de ce genre de matériel, l’utilisant au ciné-club, il est embauché. Bonne opération puisqu’il va pouvoir visionner gratos. Et puis l’ouvreuse, Marion, n’est pas déplaisante à regarder. Là où ça se corse, comme disait Napoléon regardant son cheval brouter les arbres, c’est lorsque des inconnus à la mine patibulaire mais presque, s’introduisent dans la cabine, s’en prennent violemment au père de Marion et enlèvent celle-ci.

Ebaubi, stupéfait, ébahi, abasourdi, et tutti quanti, Yann les voit traverser l’écran. Lui, il ne rencontre qu’un mur lorsqu’il veut en faire autant. Carrère, le père de Marion, lui apprend, alors qu’il était jeune physicien, avoir été transporté dans le monde de Cinéterre, un monde parallèle issu du cinéma fantastique et à la botte de Frankenstein. Après quelques démêlés et en mettant au point un translateur de réalité, il avait réussi à revenir dans notre monde. Seulement Frankenstein n’avait pas apprécié cette défection et surtout il voulait s’accaparer l’engin magique d’où l’intrusion de ses sbires et l’enlèvement de Marion.

Youpi, qu’il dit Yann l’intrépide, une épée en main et je cours chercher la belle. Grâce à l’invention du père d’icelle, il traverse aisément l’écran et se retrouve dans une rue du XIXème siècle. Laquelle rue est plongée dans la nuit, lavée par une pluie battante et il s’affale sur les pavés glissants. Les débuts ne sont guère brillants mais à cœur vaillant (antienne connue…) Et les ennuis commencent.

Un chevalier lui propose la botte, enfin je veux dite un duel à l’escrime. Puis des trublions, séides de Frankenstein, se pointent, bagarre générale, et Yann et son compagnon sortent vainqueurs du combat, mais ce n’est pas tout. Il faut retrouver Marion. Et nous ne sommes qu’à la page 50 d’un bouquin qui en compte 315.

Bon, je ne voudrais pas trop déflorer l’intrigue, à la rigueur Marion (laissez-moi mes fantasmes s’il vous plait), et je n’évoquerai pour vous appâter que quelques scènes hautes en couleurs, quoique nous soyons plongés théoriquement dans un film en noir et blanc. Poursuites infernales en compagnie d’Edmont, l’homme qui voulut le provoquer en duel et qui est devenu un ami, traversée de la Manche et échouage sur les côtes de Rosbeafs suite aux agissements de vilains naufrageurs, cavalcades en Angleterre, délivrance d’une simili sorcière qui allait être immolée sur un bûcher, passage au XXe siècle histoire d’aller plus vite que les ravisseurs, voyage en avion jusqu’en Bucovine, région de la Transylvanie où perche Dracula, et… à vous de lire maintenant.

 

Véritable roman feuilleton en feux d’artifice, ça pète de partout, c’est frais, c’est léger, ça rebondit comme une gazelle énamourée au printemps alors que la savane reverdit sous l’ondée bienfaisante (peut-être un peu forte l’image !), bref c’est le livre indispensable pour ceux qui veulent renouer avec les phantasmes pré-pubères des romans d’action dans lesquelles le merveilleux s’accouple au fantastique.

Dumas, Zevaco, Féval, Stoker, Shelley (non pasteurisé), et les autres, n’ont qu’à bien se tenir, petit papa Pagel a plus d’un tour dans son ordinateur, ou son stylo plume, je ne sais pas trop, mais le bougre, il a du talent. On ne s’ennuie pas, et d’ailleurs pourquoi s’ennuierait-on avec un livre, hein, je vous le demande ?

 

Réédition : sous le titre Les Vampires derrière l’écran. Editions Degliame. Parution septembre 2003. 304 pages. 14,90€.

Réédition : sous le titre Les Vampires derrière l’écran. Editions Degliame. Parution septembre 2003. 304 pages. 14,90€.

Réédition numérique : collection science-fiction N°32. Editions Multivers. Parution juin 2016. 250 pages. 3,49€.

Réédition numérique : collection science-fiction N°32. Editions Multivers. Parution juin 2016. 250 pages. 3,49€.

Et sous son nom dans une suite du club des 5 :

 

Michel PAGEL : Cinéterre. Collection SF N°51. Editions Fleuve Noir. Parution septembre 1998. 320 pages.

ISBN : 2-265-06518-8  

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14 décembre 2018 5 14 /12 /décembre /2018 06:31

Quand on vous dit qu’il est préférable d’aller chez son libraire !

Maurice LIMAT : Amazone de la mort.

Depuis que sa fiancée Christiane est décédée d'un arrêt cardiaque quelques semaines auparavant, Cyrille, toutes les nuits, est en proie à un horrible cauchemar.

Ce cauchemar récurrent est devenu comme une idée fixe. Christiane l'appelle à l'aide, elle veut qu'il vienne la chercher, il aperçoit une sorte de machine, un laboratoire, mais il ne peut rien faire pour la sortir de ces limbes dans lesquels elle est engluée.

Il consulte un toubib qui, après examens, ne lui trouve aucun symptôme psychique. Cyrille, vingt-neuf ans, est un homme dans la force de l'âge, bâti en athlète, en pleine possession de ses moyens physiques ou mentaux. Le docteur Sorbier, le praticien auquel a eu recours Cyrille, qu'il connait bien puisque c'était le médecin de famille, préfère demander à son ami Teddy Verano, le détective de l’étrange et du surnaturel, de rencontrer le jeune homme et d'établir son diagnostic.

Teddy Verano est persuadé de la véracité du récit de Cyrille et pour s'en convaincre, il se rend en compagnie de celui-ci près de Pacy-sur-Eure, dans le petit cimetière où est inhumée Christiane. De nuit, munis de pelles, les deux hommes mettent au jour le cercueil simplement enfoui sous un tumulus en attendant la dalle définitive. Cyrille ne ressent pas la présence de Christiane. Pour cause, et leur surprise est énorme lorsqu'ils s'aperçoivent que le cercueil est vide !

Teddy décide alors de poser quelques questions au fossoyeur qui a procédé à l'inhumation. Pour cela il se rend au village, affublé de l'alias de Théodore Verdier, représentant, afin de récolter des renseignements sur Paul Halbin, le croquemort. C'est un ivrogne qui n'a pas bonne presse dans le bourg. Deux jours plus tard, Teddy et Cyrille se présentent de nuit à la cahute d'Halbin. Ils repèrent les lieux et c'est ainsi qu'ils distinguent l'arrivée d'une jeune femme habillée de noir. Une fenêtre leur permet d'assister au spectacle, malheureusement ils n'entendent rien. La femme parle et à un certain moment elle ôte son manteau noir et apparaît nue. Halbin veut la toucher mais dès qu'il a frôlé l'épiderme de sa visiteuse, il retire sa main comme s'il s'était brûlé.

Puis elle sort. Teddy décide de la suivre. Elle passe près d'eux, marche d'un pas mécanique, dégageant un froid glacial, puis s'évanouit dans la nature. Le détective et son compagnon retournent à la cabane. L'ivrogne délire puis s'emparant d'une pelle en frappe Cyrille, le blessant. Teddy l'assomme à moitié. Toutefois il parvient à le faire parler mais l'homme ne peut que bredouiller quelques mots. La femme, qu'il ne connaît pas, ayant la peau glacée et pourtant brûlante, et les tombes, qu'il a violées, toutes recelant des jeunes femmes. Il est trop saoul pour continuer et s'effondre. Teddy remet à plus tard leur entretien et c'est le retour sur Paris. Mais ils n'ont roulé que quelques kilomètres lorsqu'ils distinguent une lueur rouge. Un incendie. Celui de la cabane. Incendie provoqué accidentellement par Halbin qui s'éclaire à l'aide d'une lampe à pétrole ou incendie criminel ?

Teddy décide alors de consulter une de ses amis, la voyante Anita, afin qu'elle détermine si Cyrille est perturbé psychologiquement. En réalité elle décèle qu'il est médium mais elle apporte quelques révélations qui conforte Teddy de continuer son enquête.

Cyrille est mis provisoirement sur la touche et Gérard, le fils d'Yvonne et donc le beau-fils de Teddy Verano, va participer activement à l'enquête qui ne manque pas de les surprendre.

 

Maurice Limat reprend et développe le thème du mort-vivant, avec naturellement à l'origine de ces résurrections, un savant fou qui a mis au point une drôle de machine pour réaliser ses expériences.

Ce sont cinq femmes qu'il a ainsi réveillées, les Amazones de la mort comme il les appelle. Teddy et Gérard vont se trouver confrontés à ces cinq zombies et ne devoir la vie sauve que grâce à leur expérience, pour l'un, et la fougue de la jeunesse pour l'autre.

Comme toujours, une histoire simple que Maurice Limat déroule avec maîtrise, enchainant les actions en une véritable cascade d'épisodes tous plus dangereux et angoissants les uns que les autres. Le côté psychologique n'est pas appuyé, les agissements des personnages étant primordiaux.

Un bon roman d'angoisse et de suspense dans lequel le fantastique n'est pas une émanation spirituelle mais élaboré par un scientifique qui a mis au point une machine infernale. Et entre le cartésien et l'irrationnel la frontière est mince. Teddy Verano, tout en étant le détective des fantômes recherche la cohérence dans les événements.

Voyez-vous, monsieur Arcal, je n'aime pas trop le théâtre de Pirandello, et les jeux de logogriphes.

Et Maurice Limat renvoie son lecteur à deux aventures précédentes de Verano pour expliquer rapidement ses relations avec sa femme Yvonne, comment il l'a connue, ainsi qu'avec Gérard, son beau-fils qui l'admire sans réserve. Il ne s'appesantit donc pas sur la description de ces deux événements, les évoquant simplement en quelques lignes. Il s'agit de Les jardins de la nuit (Angoisse N°129) et de Mandragore (Angoisse N°101).

Maurice LIMAT : Amazone de la mort. Collection Angoisse N°154. Editions Fleuve Noir. Parution 3e trimestre 1968. 256 pages.

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12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 05:18

Quand Paul Gerrard, talentueux auteur de romans noirs, écrivait pour les enfants…

Paul BERNA : Le carrefour de la pie.

Depuis l’aménagement de la déviation de la Rua, entre Tournus et Mâcon, au lieu-dit le Carrefour de la Pie, madame Paulin, outre élever ses deux filles et ses cinq vaches, s’est trouvé une autre occupation rémunératrice : elle a transformé sa ferme et les dépendances en restaurant-buvette et proposant huit chambres aux touristes désirant se reposer ou baguenauder dans la région.

Une occasion rêvée pour la SICA qui fait construire une station-service avec deux pistes d’accès, cinq pompes électriques, un stand et un bungalow pour la famille qui tient le relais. Et tout naturellement Frédéric, le garçon de quinze ans, fils du pompiste, va se lier d’amitié avec les deux fillettes, Colette et Fanny, de la petite auberge paysanne sise de l’autre côté de la route.

Seulement, Langlais, le père de Frédéric, a subi un accident quelques mois auparavant, et depuis il ne peut plus conduire de camions. Un avantage qui aurait dû profiter à Frédéric qui ne voyait son père qu’épisodiquement. Mais Langlais reste renfermé et ne sourit presque jamais, se montrant froid et réservé à l’encontre de son adolescent.

Deux événements lui révéleront en partie ce passé paternel qui lui empoisonne l’existence. D’abord, la rencontre avec deux motards de la gendarmerie, des centurions comme il les surnomme, qui lui indiqueront que quelques mois auparavant, ils étaient affectés dans la Somme et qu’un homme conduisant un camion avait percuté un cycliste. L’homme se serait rendu immédiatement aux forces de l’ordre, s’accusant d’avoir taquiné la chopine et de rouler trop vite. Ensuite, un individu, bossu, nommé Jérémie, arrive dans une camionnette brinquebalante, demandant si par hasard il n’y aurait pas de travail pour lui. Il peut transformer son véhicule délabré en dépanneuse et il affirme que la mécanique et lui ne font qu’un. Langlais se laisse influencer et Jérémie couchera dans une petite dépendance.

Frédéric sent que son père lui cache quelque chose et il se méfie de Jérémie qui prend de l’ascendant sur son père. Toutefois le gamin accepte de l’aider dans les réparations que le bossu pratique sur des véhicules en panne, principalement des conducteurs de passage. Alors il commence à épier le soir, de sa chambre, le mécanicien qui semble s’entretenir avec un individu louche, tandis que deux autres bras cassés prennent pension au Relais de la Pie, du nom du carrefour où sont installées la station-service et l’auberge.

 

Et Frédéric se trouve au cœur d’un étrange trafic de cigarettes de contrebande, que son père aurait pu convoyer.

Alors évidemment, Frédéric va mener son enquête, avec l’aide de ses deux jeunes amies, trouvant également des appuis auprès des deux centurions et du facteur local, se rendant dans un cimetière de voitures installé dans une ancienne carrière de pierre de meulière.

Avec un peu plus de virilité dans les dialogues et dans les actions, ce roman aurait pu convenir agréablement à des adultes, mais il ne faut pas oublier qu’il était destiné à un lectorat de garçons à partir de dix ans.

Si l’épilogue réserve quelques surprises, si la fin paraît être une farce, l’intrigue du roman tourne autour de Frédéric et de son besoin de se voir reconnu, affectionné par son père. Le détachement que celui-ci professe à l’encontre de son fils réside dans ses problèmes antérieurs et il ne veut pas que Frédéric en subisse les conséquences, cachant son secret par honte.

Le lecteur déjà âgé et qui comme moi lit sans vergogne ces romans pour adolescents, retrouvera une partie de son enfance, le milieu des années 1950, avec toutes ces voitures qui ont fait rêver, de la 4Cv à la Simca Aronde, dont la Châtelaine de la famille Langlais, et quelques autres que l’on peu découvrir lors de réunions des vieilles gloires automobiles. Ainsi que les pompistes qui obligeamment donnaient à boire aux véhicules déshydratés.

 

Paul BERNA : Le carrefour de la pie. Bibliothèque Rouge et Or N°115. Editions G.P. Parution mai 1957. 192 pages.

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10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 06:12

Vous mendierez des nouvelles !

Didier DAENINCKX : Non lieux.

Didier Daeninckx aurait pu se contenter d’écrire de simples histoires policières. Mais cela ne lui suffit pas.

En peu de romans il s’est découvert une passion : se faire l’archéologue du monde contemporain. Dans un créneau que peu d’auteurs ont abordé, il pallie la mémoire défaillante de nos historiens officiels.

Il fouille et met à jour des évènements que la conscience politique aurait aimé voir s’effriter au fil du temps. Il soulève le bandeau d’une justice qui s’obstine à ceindre des yeux d’une myopie affligeante, savamment entretenue.

Avec sensibilité et hargne, avec virulence parfois aussi, il dépoussière des dossiers honteux. Une agressivité parfois tempérée par un humour clin-d’œil. La dérision sublime la dénonciation de certains évènements.

Le champ de prédilection de Didier Daeninckx semble être celui des champs de bataille. La Première, la seconde Guerre Mondiale, mais pas du côté des professionnels, des militaires de carrière. Il se range résolument du côté des humbles, de ceux qui souffrent dans leur chair, dans leur cœur.

Dans ces trente textes qui composent ce recueil, c’est surtout la chasse à l’injustice sous toutes ses formes qui prédomine. Des histoires parues dans différents magazines, spécialisés ou non, et il aurait été injuste que tout un chacun ne puisse les lire et les apprécier à leur juste valeur à cause du tirage parfois confidentiel de ces magazines.

Didier Daeninckx s’érige comme l’anti-fossoyeur des temps modernes.

 

Au sommaire :

F.X.E.E.U.A.R.F.R. - 1985

Consigne automatique 548 - 1988

Main courante - 1984

Caniphobie - 1988

Le Fantôme de l'Arc en Ciel - 1985

Tête à Tête - 1986

Le point de Vue de la Meurtrière - 1985

La Mort en huit Chiffres - 1986

Confidences - 1989

L'Arithmonane - 1987

Le Musée du dernier Instant - 1987

Ils reviennent - 1987

La Guetteuse - 1987

Le plus grand Criminel de tous les Temps - 1987

Toute une Année au Soleil - 1987

Le Vieux du premier Mardi du Mois - 1988

L'Homme-Tronc - 1988

La Révolution dans la Révolution - 1987

Le Vœu - 1988

Le Reflet - 1988

Les Poissons rouges - 1988

Scénars à vendre - 1988

Le Partage des Tâches - 1988

Le Jeu-Mystère - 1988

L'Exode du Lecteur - 1988

Cheval Destroy - 1988

Les Versets étatiques - 1989

Le Contrat social - 1989

La Révolution de Randrianantoandra - 1989

Non Lieux - 1987

 

Didier DAENINCKX : Non lieux. Collection l’Instant noir N°23. Editions de l’Instant. Parution 18 octobre 1989. 236 pages.

ISBN : 978-2869291362

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6 décembre 2018 4 06 /12 /décembre /2018 05:31

Personne ne vous avait demandé !

Maurice LIMAT : Ici, le bourreau.

Vivre chez les beaux-parents, lorsqu'on est marié(e) n'est pas une sinécure. Et c'est bien pour faire plaisir à sa femme Marie-Claude que Bob décide de louer une maison forestière près de Senlis, quittant Paris et la famille.

Le propriétaire n'étant pas à l'heure au rendez-vous, Bob décide de s'introduire dans la demeure. Aussi bien que Marie-Claude, Bob ressent l'impression d'une présence. Ils pensent même apercevoir au dehors une ombre se glissant entre les arbres. Mais la nuit tombe, et désagréable surprise, un pneu de la voiture est crevé. Comble de malchance, la roue de secours n'a pas été remise. Il ne leur reste plus qu'à passer la nuit sur place. Heureusement, des provisions ont été prévues dans le réfrigérateur.

Marie-Claude se monte son cinéma, se demande pourquoi les locataires précédents sont partis précipitamment, et malgré les soins dont l'entoure son mari, elle ne peut s'empêcher de ressentir de la peur. Une angoisse qui confine à de l'épouvante, d'autant que durant la nuit passée dans une chambre de ce qui devrait être un nid douillet, elle rêve d'un échafaud, un homme en rouge une grande hache à la main et du sang qui gicle partout. Senlis, la cité médiévale qui a connu la Jacquerie au XIVe siècle, étant toute proche, elle impute ce cauchemar à cette proximité.

Le lendemain, le jeune couple reçoit la visite du propriétaire. La défection de la veille n'était due qu'à une erreur d'une journée de leur part et ceci explique quelques disfonctionnements, mais pas pour autant cette étrange impression d'une présence diffuse. Pour autant, Bob et Marie-Claude ne se cloîtrent pas. Habitués à sortir, ils se rendent souvent à Paris, pour des concerts ou dîner dans leur restaurant favori. Un restaurant italien dont ils connaissent bien le gérant, cuisine de qualité, musique d'ambiance assurée par des guitaristes, et même une voyante qui passe de table en table parfois.

Paméla, la tireuse de cartes, énumère quelques révélations à Marie-Claude qui se laisse prendre au jeu. Une grande maison, une forêt, un chien, un amour. Et celui qu'elle aimera sera le bourreau. Elle a raison sur tout sauf sur le chien. Bob dissipe le malentendu en annonçant justement des amis vont leur prêter un jeune chien-loup. Quant au bourreau, peut-être est-ce Bob ?

Afin d'effectuer quelques réparations sur sa voiture, Bob allume dans l'atelier un brasero et muni de tenailles se met à fondre un peu de plomb. Une vision que ne peuvent supporter ni Moloch, le chien, ni Marie-Claude. Quelques temps plus tard le couple est invité à un bal masqué. Bob se retrouve à danser avec une jeune femme vêtue d'effets médiévaux, tandis que Marie-Claude est dans les bras d'un homme déguisé d'un pourpoint écarlate et le visage caché sous une cagoule. La femme entraîne Bob sous une charmille et l'embrasse sur la bouche. Peu après Bob ne sent presque plus ses lèvres, devenues comme glacées.

 

Si le thème de la maison hantée, par un bourreau ou tout autre personnage, forme le fond de bien des romans d'angoisse et de fantastique, dont le célèbre La Maison du bourreau de John Dickson Carr, Maurice Limat y apporte sa touche particulière déclinant le récit à trois voix.

En effet, à tour de rôle Marie-Claude, Bob et Paméla narrent cette aventure, chacun des trois personnages intervenant pour des récits plus ou moins longs mais qui se complètent.

Le récit puise sa force dans ce système narratif, les incidents, les événements, les sensations, les sentiments étant rédigés à la première personne. Le côté psychologique prédomine, plus fouillé que dans d'autres romans de l'auteur, reléguant l'action au second plan. L'angoisse est toujours présente, et l'épilogue ne lorgne pas sur le fantastique alors que tout est justement imprégné d'un irréel en provenance de l'époque médiévale.

Une histoire qui prend sa source dans une histoire d'amour, histoire qui se prolonge au-delà des siècles.

Maurice LIMAT : Ici, le bourreau. Collection Angoisse N°141. Editions Fleuve Noir. Parution 2e trimestre 1967. 224 pages.

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5 décembre 2018 3 05 /12 /décembre /2018 05:40

Un auteur de la Série Noire en Bibliothèque Verte, vive le mélange des genres !

Sid FLEISCHMAN : Jack chercheur d’or

Les finances de tante Arabelle étant au plus bas, le jeune Jack, 12 ans, a décidé de se rendre en Californie, cédant à la nouvelle mode de la ruée vers l’or.

Et c’est ainsi que le 27 janvier 1849 il embarque à bord du Lady Wilma en compagnie de Pinkerton, le fidèle valet de chambre, laissant à Boston tante Arabelle et ses deux jeunes sœurs Constance et Sarah. Jack et Pinkerton sont des passagers clandestins et se sont réfugiés dans la calle, dans deux tonneaux, parmi des semences de pomme-de-terre et des plants de vigne que les heureux propriétaires comptent bien faire fructifier à leur arrivée en Californie. Mais le navire recèle également des barils de poisson fumé, du bois de charpente et des briques destinés à la construction d’habitations. A bord 186 migrants, beaucoup moins que ceux qui attendent un embarquement sur les quais de Boston.

Jack est un gamin déluré, tandis que Pinkerton est assez rigide dans son maintien, vêtu d’une redingote noire, affublé d’un chapeau rond et portant ostensiblement au creux du bras un parapluie. Mais Pinkerton est un homme affable et aussitôt le voilier à aube voguant en pleine mer, il décide d’aller présenter ses hommages au capitaine, le redoutable et redouté Taureau furieux des mers. Naturellement le capitaine est furieux mais accepte la proposition de Pinkerton de charrier le charbon dans la chaufferie. Comme il fait froid, n’oublions pas qu’ils sont partis fin janvier, au moins ils seront au chaud.

Bientôt, en descendant vers les Tropiques et l’Equateur, la chaleur commence à devenir insupportable. Pinkerton ne manque jamais de ressources mais avec tact affirme que la solution d’un problème lui a été soufflée par Jack ou un autre interlocuteur. C’est ainsi que le voyage va durer cinq mois et connaître de nombreuses péripéties amusantes ou frôlant la catastrophe. Et Jack se verra attribuer le rôle de mousse, s’exerçant à monter dans les vergues, ce qui lui permettra  de se muscler avantageusement.

Parmi les passagers, ils vont faire la connaissance d’un vétérinaire avec un pilon de bois à la place d’une jambe qui se dit possesseur d’une carte au trésor, d’un juge guère sympathique, et d’autres personnages plus ou moins intéressants. Ils vont aider les propriétaires des pieds de vigne et des semences de pomme-de-terre à ne pas perdre leur cargaison, à franchir le Cap Horn alors que la Lady Wilma fait la course avec un autre bâtiment, donner la solution pour pallier le manque de charbon, et autres épisodes marquants avant d’arriver enfin à San Francisco, dont le recueillement de chats dans un port du Pérou.

Mais leur mission ne fait que commencer. Il leur faut s’équiper en véritables prospecteurs, acquérir et maîtriser un âne qui se prend pour un mulet, apprendre à se servir d’une battée, à se rendre propriétaire d’un claim, se débarrasser de malfaisants, Pinkerton acquérant de ce fait le sobriquet de Bras-de-fer, retrouver incidemment la carte au trésor… Mais auparavant ils doivent se constituer un petit pécule pour mener à bien leur expédition. Pinkerton trouve la solution en rasant gratis un prospecteur, recueillant dans les poils de sa barbe fournie des paillettes d’or.

 

Un roman d’aventures distrayant et instructif, dans la lignée des romans de la fin du XIXe siècle, début XXe, dans lesquels les héros étaient des enfants débrouillards affrontant mille dangers. Pinkerton, le valet de chambre, ressemble quelque peu à Jeeves, le majordome créé par P.G. Wodehouse, flegmatique et toujours plein de ressources, fidèle à son jeune maître et secrètement amoureux de tante Arabelle.

La débrouillardise, la réflexion, le sens de l’analyse, le respect des autres, la volonté de réussir sont les thèmes porteurs de ce roman qui pour autant ne se noie pas dans un moralisme naïf. Et toujours un humour présent décompressant les divers épisodes tragicomiques auxquels les protagonistes sont confrontés.

Le titre français est banal et la mention texte français d’Olivier Séchan me laisse dubitatif, laissant penser à une traduction édulcorée du texte original.

La Série Noire a publié d’A(lbert) S(diney) Fleischman trois titres qui sont : Gardez-vous à gauche (SN 949), Sans atouts (SN 956) et Périls au paradis (SN 976) tandis que le Fleuve Noir a publié dans sa collection Espionnage Train d’enfer (Esp. 71).

Sid FLEISCHMAN : Jack chercheur d’or

Sid FLEISCHMAN : Jack chercheur d’or (By the Great Horn Spoon – 1963. Texte français d’Olivier Séchan). Illustrations de François Batet. Collection Bibliothèque Verte N°286. Editions Hachette. Parution 4e trimestre 1965. 254 pages.

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4 décembre 2018 2 04 /12 /décembre /2018 05:06

Il pourrait blesser quelqu’un !

René REOUVEN : L’assassin maladroit.

Maître Octave Manigou, avocat au barreau de Paris, reçoit une missive sibylline d’un expéditeur anonyme, lequel le prévient qu’il va le tuer pour un motif inconnu.

Ce pourrait être une farce, pourtant la balle qui le frôle, le manquant de peu et va se ficher dans une armoire de son bureau, prouve qu’il ne faut pas prendre à la légère cet avertissement. Un assassin maladroit, certes, mais entêté.

Maître Manigou fait appel au ban et à l’arrière-ban de ses troupes, c’est-à-dire ses deux avocats stagiaires et sa secrétaire, pour mener une enquête à Nice, point de départ de toute l’affaire.

Tandis que le futur assassin multiplie ses maladresses, maître Octave Manigou s’échine à trouver le mobile d’une vengeance problématique. Un assassin en devenir qui, cyniquement, écrivant à maître Manigou termine sa lettre par : Ne vous laissez pas abattre.

 

René Reouven use tout à la fois d’un style précis, humoristique et travaillé. Ce qui valut à ce roman, lors de sa parution en 1970 dans la collection Crime-club chez Denoël, le Grand Prix de Littérature Policière 1971.

D’ailleurs Reouven collectionne les prix : Prix Mystère de la Critique en 1982 pour son roman Elémentaire, mon cher Watson, paru sous le pseudonyme d’Albert Davidson, et Grand Prix de la Science-fiction française pour sa nouvelle Un fils de Prométhée parue dans le recueil Les Insolites sous son nom de René Sussan, sans oublier le Prix Cazes en 1965 pour un roman non policier, Histoire de Farczi.

René Reouven, un romancier discret, érudit, qui ne possède peut-être pas une bibliographie imposante, impressionnante, contrairement à certains auteurs écrivant à la chaîne, mais ses romans sont de qualité, ce qui justement en est une !

Première édition Collection Crime-club. Editions Denoël. Parution 1970.

Première édition Collection Crime-club. Editions Denoël. Parution 1970.

René REOUVEN : L’assassin maladroit. Collection Sueurs Froides. Editions Denoël. Parution 2 février 1990. 168 pages.

ISBN : 978-2207236659

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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