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26 septembre 2018 3 26 /09 /septembre /2018 06:47

Une histoire, deux lectures.

Henri VERNES & Gérald FORTON : La piste de l’ivoire.

Présenté comme la cent-unième aventure de Bob Morane et paru en volume en 1970 sous le numéro 101 dans la collection Pocket Marabout, cette histoire avait bénéficié d’une publication en bande dessinée entre le mois d’août 1962 et le mois de février 1963 dans le magazine Femmes d’Aujourd’hui.

Sur un scénario d’Henri Vernes, Gérald Forton assumait la partie dessins en noir et blanc. Le nom de Gérald Forton n’est pas inconnu des amateurs de bandes dessinées, car outre le fait d’être le petit-fils de Louis Forton, le créateur des Pieds Nickelés, il a publié dans de nombreux supports pour la jeunesse dont le Journal de Spirou, réalisant soixante neuf histoires de L’Oncle Paul à partir de 1952 (il a alors vingt-deux ans) mais également pour Le Journal de Tintin, Vaillant, Pilote, Pif Gadget, il participé également à d’autres aventures, cinématographiques notamment, comme scénariste-imagier pour Toy Story 1.

 

Les deux versions sont donc réunies dans ce volume mais comme il s’agit d’une publication poche, il vaut mieux posséder de très bons yeux pour en apprécier les phylactères et les lignes du scénario. Toutefois le collectionneur pourra toujours essayer de se procurer la version album parue aux éditions Deligne en 1979.

 

Il faut toujours tenir ses promesses. C’est l’amer constat qu’effectue Bill Ballantine, l’Ecossais géant roux obligé de déguster son chapeau, après toutefois une petite préparation aux oignons et à la sauce tomate, pour avoir déclaré que si lui et ses compagnons arrivaient à attraper Zourk, il mangerait son couvre-chef. Mais pourquoi et comment en est-il arrivé à cette extrémité dommageable ?

Alors qu’ils parcourent les savanes du Tanganyika afin de prendre en photos des animaux sauvages, Bob Morane et son ami Bill Ballantine se trouvent à manquer de pellicules. Ils arrivent dans un petit village, Usongo, qui possède un magasin ancêtre des grandes surfaces, modèle réduit, qui propose aussi bien des armes, des lampes tempêtes, de l’alimentation, et heureusement des pellicules photos.

Six individus qui consomment au bar se moquent des deux aventuriers et les échanges verbaux s’enveniment. Le boutiquier prévient les deux amis que le chef de bande se nomme Tholonius Zourk et est un redoutable chasseur d’éléphants. La bagarre qui s’ensuit tourne à l’avantage de Bob Morane et Bill Ballantine qui prennent une chambre à l’hôtel local.

Le lendemain ils aperçoivent Zourk et ses camarades quitter le village à bord d’un Land-Rover. Eux-mêmes reprennent la route à bord de leur GMC et en cours de route décident de prendre quelques clichés de rhinocéros et autres animaux. Ils entendent un coup de feu tiré au loin ce qui fait fuir les rhinocéros en train de batifoler. Ils se font apostropher par un jeune homme placé dans leur dos qui leur signifie rudement que la chasse est interdite. Ils plaident leur bonne foi mais devant l’injonction de leur interlocuteur de filer en laissant leurs armes, une méprise car il ne s’agit que d’une caméra spéciale que tient Bob, Bill Ballantine se rebiffe. Le jeune homme perd son chapeau et ils se rendent compte avec stupeur qu’il s’agit d’une jeune fille. Ann Kircher démontre que celle qu’il avait inconsidérément qualifiée de minette pratique les arts martiaux avec maestria.

Ann Kircher est la fille du garde-chasse local, un conservateur de gibier chargé de préserver la faune. Le malentendu est rapidement effacé, mais à nouveau des coups de feu se font entendre au loin. Les Kasongos attaquent l’habitation paternelle pense aussitôt Ann. Tout le monde en voiture, Bob Morane au volant de leur GMC et Ann à celui de son véhicule tout terrain. Effectivement, ce qu’Ann avait prédit se produit et ils arrivent à temps, quoique, apparemment, les Kasongos n’ont guère de cœur à l’ouvrage.

Mais leur aventure n’est pas finie. Si effectivement Bob Morane et Bill Ballantine parviennent à s’emparer de Zourk qui dirige les indigènes, ce qui vaut l’épisode mémorable de dégustation de chapeau, celui-ci parvient à s’échapper. Ensuite c’est au tour des deux compères d’être enfermés dans une case par les Kasongos. Grâce à un subterfuge ils s’échappent et retrouvent Ann et son père.

Ann et ses deux compagnons sont à nouveau poursuivis par les Kasongos, Zork à leur tête. Ils suivent trois éléphants, dont un semble mal en point, qui entrent dans une caverne nichée sous une cascade. La terre tremble. C’est le Viraronga, un volcan, qui se réveille, et un feu de brousse se propage.

 

La Piste de l’ivoire est un pur roman d’action et d’aventure, et cet épisode n’intègre pas, comme c’est souvent le cas, d’éléments fantastiques. Pas d’animaux fabuleux, mais la faune sauvage de la savane. Une intrigue mouvementée au cours de laquelle Bob Morane et ses compagnons risquent à plusieurs reprises leur vie, mais leur force de caractère, leur volonté, et une bonne dose de chance leur permettent de braver les éléments et les hommes. Cette histoire est également l’occasion de pointer du doigt les chasseurs d’éléphants et de rhinocéros, des pilleurs d’épaves qui n’en veulent qu’à l’ivoire, denrée fort recherchée pour diverses raisons mercantiles.

Lors de l’écriture du scénario en 1962, le Tanganyika venait d’obtenir son indépendance, le 9 décembre 1961 exactement, et à aucun moment Henri Vernes n’émet un commentaire désobligeant envers cette toute jeune nation. Tout juste s’il se permet d’affirmer que les indigènes ne souhaitaient pas être civilisés, les Pygmées principalement. Mais il reconnait, lors de la rencontre entre Bob Morane et le chef de l’état, qui n’est pas nommé, que celui-ci est un homme affable, compréhensif, désirant aider son quémandeur, se montrant en tous points courtois et diplomate.

Henri VERNES & Gérald FORTON : La piste de l’ivoire.

L’épilogue du roman diffère légèrement de celui de la bande dessinée, mais Henri Vernes a rectifié quelques détails lors du passage de la BD en roman, sans que cela soit préjudiciable pour l’un ou l’autre version.

Henri VERNES & Gérald FORTON : La piste de l’ivoire.

Henri VERNES & Gérald FORTON : La piste de l’ivoire. Collection Bob Morane 2030/101. Editions Ananké. Parution 4 mars 2005. 202 pages.

ISBN : 978-2874181221

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24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 06:40

Par l’auteur de Des souris et des hommes et de

A l’est d’Eden…

John STEINBECK : La grande vallée.

La grande vallée, c’est celle de Salinas, dans le comté de Monterey en Californie centrale. Si aujourd’hui cette ville de Salinas compte environ 150 000 habitants, au moment où John Steinbeck écrivit ce recueil de nouvelles, sa population était de 11 000 âmes environ.

Natif de cette ville, John Steinbeck s’est très souvent servi du décor de ce comté et de ses habitants pour ses romans dont le célèbre A l’est d’Eden qui fut adapté en film par Elia Kazan en 1955 avec à l’affiche l’immortel James Dean.

Ce Prix Nobel de Littérature 1962 s’est beaucoup inspiré de ceux que l’on appelle les petites gens, les paysans, les ouvriers, les immigrants, les humbles, les laissés pour compte, écrivant des ouvrages contestataires, voire révolutionnaires, tel que Les Raisins de la colère, roman dont il n’avait pas présagé le succès et qui fut interdit de diffusion dans certaines villes californiennes. A cause du langage utilisé mais également des idées qui y sont développées.

 

Ainsi dans La rafle, première nouvelle du recueil, deux personnages arpentent les rues de la petite ville californienne. Le plus âgé essaie de rassurer son jeune camarade qui doit prononcer un discours auprès de quelques ouvriers. Le jeune espère devenir délégué tout comme l’ancien. Il connait son discours par cœur. Lorsqu’ils arrivent dans la cabane qui sert de lieu de rendez-vous, personne n’est présent.

Les nouvelles suivantes sont plus intimistes et mettent en scène des couples. Ainsi dans Les chrysanthèmes, Elisa aime jardiner et elle soigne ses plantes, surtout ses chrysanthèmes dont elle est très fière. Elle a la main verte. Son mari lui en fait compliment et lui propose de sortir le soir, puisque c’est samedi. Il vient de vendre une trentaine de bouvillons, à un bon prix, et il doit aller les chercher dans la montagne. Elisa, restée seule, est abordée par un rémouleur-étameur qui parcourt les routes de Seattle à San Diego, en passant par Salinas. Il a emprunté un chemin de traverse, mais même s’il n’est pas sur sa route habituelle, il ne se pose pas de questions. Si, une, comment il va faire pour manger le soir même. Il propose à Elisa d’affuter ses ciseaux, ses couteaux, mais la jeune femme n’a besoin de rien. C’est un peu une récréation dans la vie d’Elisa et elle lui demande de porter des plantes à une voisine et lui offre la pièce pour avoir décabosser deux vieilles casseroles.

Dans Le harnais, nous faisons la connaissance de Peter Randall, un fermier hautement respecté du comté de Monterey. Mais sa femme Emma est malade. Une fois par an Randall part en voyage d’affaires, pour une semaine, et lorsqu’il revient Emma tombe malade durant un mois ou deux. Et puis elle décède. Randall est sonné, et il confie à Ed Chappell, son voisin, qu’il était quelqu’un de bien, sauf une semaine par an. S’il était un homme bien c’était grâce à sa femme qui malgré sa faible constitution savait le diriger. Sauf une fois par an, pendant une semaine.

Le narrateur de Johnny l’ours est le responsable du dragage des marais dans les environs de Loma. Il est hébergé dans une chambre sinistre mais passe la plupart de son temps dans une cambuse flottante, afin de diriger ses hommes. Un soir, dans un bar, il est le témoin d’un spectacle inhabituel, pour lui. Johnny l’ours, un garçon un peu niais, se met à imiter deux habitants du village. Il restitue aussi bien les voix masculines que féminines, ce qui n’est pas sans conséquence sur la quiétude villageoise. Car ce qu’il dégoise n’est autre que ce qu’il a entendu en se planquant sous les fenêtres des habitations et la vie privée est ainsi étalée en public, au grand amusement des consommateurs. Mais il arrive que Johnny l’ours dépasse les bornes.

Mary Teller aime son mari, mais plus encore l’ordre, le rangement, la disposition exacte des objets et surtout son jardin. Elle soigne ses fleurs et son mari n’a qu’à acquiescer devant le sens pratique qui anime sa jeune épouse. Elle est souvent dans son aire de jeu, plantant, enlevant à la nuit tombée limaces et escargots. Et elle se délecte à regarder les oiseaux se désaltérer, surtout une petite caille blanche. Mais elle a peur de l’intrusion d’un chat. La caille blanche, titre de cette nouvelle, est-elle le volatile qu’elle contemple ou justement elle, cette amoureuse de la faune et de la flore ?

Cette fascination pour les animaux, on la retrouve dans Le Serpent. Le jeune docteur Phillips, biologiste, possède un laboratoire à Monterey. Une maison dont une partie est érigée sur des pilotis plongeant dans les eaux de la baie. Il procède à des expériences et à des dissections. Il possède entre autres des serpents et des rats. Un soir, une femme brune vient le rejoindre dans son antre, désirant assister à l’engloutissement d’un rat par un de ses reptiles. Elle lui propose même d’acheter un de ses animaux pour son plaisir.

 

Treize nouvelles d’inspiration diverse mais toutes tournant autour de ce coin de la Californie où John Steinbeck est né, a vécu, et qui a servi de décor dans bon nombre de ces romans et nouvelles. Tendres, humoristiques parfois, émouvantes souvent, dérangeantes également, sociales la plupart du temps. Frustrantes dans certaines conditions car l’épilogue proposé incite le lecteur à poursuivre l’histoire à sa convenance, ou alors, ce même lecteur aurait aimé que cela se termine autrement. Mais c’est bien l’auteur qui décide.

Steinbeck est profondément attaché à sa terre et à ceux qui y vivent, provenant d’origines diverses. Des paysans, des migrants, des petites gens qui évoluent dans des conditions quelquefois dramatiques, se révélant les jouets du destin ou tout simplement subissant des occasions manquées, avec au bout du compte un avenir guère radieux.

A noter que parmi ces nouvelles, Le poney rouge, la plus longue d’entre elles, avait été publié quelques années auparavant comme livre pour enfant.

 

Sommaire :

La rafle

Les chrysanthèmes

Un petit déjeuner

Le harnais

Johnny l'ours

Le vigile

Le meurtre

La caille blanche

Le serpent

Fuite

Le poney rouge

Le chef

Sainte Catherine, vierge

John STEINBECK : La grande vallée. Nouvelles. (The Long Valley – 1938. Traduction Marcel Duhamel et Max Morisse). Collection Du monde entier. Editions Gallimard. Parution 9 février 1946. 280 pages.

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23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 06:36

Araignée du matin, chagrin

Araignée du soir, plumard ?

Philippe HERIAT : L’araignée du matin.

J’avais quinze ans. J’étais vierge. J’attendais l’amour. Ce fut l’amitié qui vint d’abord.

C’est par ces lignes que le narrateur, Larive, entame son récit, alors qu’il est âgé de trente-quatre ans. Il se remémore.

Son arrivée au lycée Lakanal de Sceaux, son logement à Bourg-la-Reine, ses dimanches avec son grand-père au Châtelet, ses différentes désillusions sont décrites avec une sorte de ressentiment.

D’abord, alors que la rentrée s’est effectuée deux semaines auparavant en Première A, le professeur de français, latin et grec, un certain monsieur Niquet (je ne m’étendrai pas sur ce patronyme) demande à ses élèves de narrer leur plus belle journée de vacances. L’exemple type de rédaction proposée à l’époque et même plus tard. Larive y met tout son cœur et pense être, sinon le premier, au moins parmi les premiers. Cruelle désillusion, il est dernier et ses condisciples se gaussent devant les saillies de Niquet, en bons futurs flagorneurs. Seul un élève, un Parisien faraud du nom de Berthet, le félicite, déclarant qu’un type à l’Œuvre écrit tout bonnement pareil. Il est bon à cet âge de trouver du soutien.

Comme ses parents sont en poste à Saigon, il loge chez une institutrice qui tient également une pension pour une dizaine de collégiens. Il possède sa chambre particulière mais il est astreint à quelques contraintes d’horaires. De plus madame Hermentier, le nom de la logeuse, est réfractaire à l’électricité, aussi doit-il faire ses devoirs à la lampe à pétrole dans la salle d’étude. Il s’essaie à rimailler, et quand madame Hermentier découvre ses poèmes, c’est pour se moquer de lui devant tout le monde. Elle lui déclare même qu’il a une araignée dans la tête.

Il est déçu mais va trouver une compensation en l’amitié qu’il se découvre au contact de Max Berthet. Celui-ci s’est fracturé une jambe et la mère du gamin demande à se qu’il vienne rendre visite à l’éclopé. Le début d’une relation amicale en laquelle Larive compte beaucoup. C’est la première fois qu’il a un ami, et il le crie à tout le monde. Il philosophe et ses camarades s’esbaudissent.

Tu me fais bien rigoler, dit un de nos camarades. L’amour, l’amitié ! Dans ces bateaux-là, on ne se montre jamais comme on est, et on ne veut rien voir chez le voisin. D’abord, en amour, les femmes ne sont plus elles-mêmes, et en amitié… Tu connais, toi, une amitié absolument désintéressée ?

L’année scolaire était terminée, les vacances ont passé, et cette conversation se déroulait, alors qu’ils étaient au Lycée Louis-Le-Grand à Paris, sur la terrasse des jardins du Luxembourg. Larive enregistre sa première désillusion. Max lui annonce qu’il a une maîtresse, madame Crespelle, une veuve, et il lui propose de la rencontrer.

Alors, l’amour, ce n’était donc pas notre amitié ? Se plaint Larive le soir, seul dans sa chambre.

Effectivement, madame Crespelle reçoit chez elle les deux amis, et Larive est subjugué. D’autant qu’une lettre, qu’il doit retourner à l’expéditrice, l’informe qu’elle le préfère à Max. Il n’est qu’un jouet et cette belle amitié dont il s’enorgueillissait vole en éclats, sans bruit.

 

Retour sur l’adolescence, au moment où les sens commencent à s’éveiller, L’araignée du matin est un court roman sobre dans lequel le narrateur expose ses espoir, ses doutes, ses affres.

Sa déception est immense lorsqu’il se rend compte qu’il a été trahi. Par Max, par madame Crespelle ? Par les deux ? Et il va jusqu’à penser à se suicider mais il faut savoir que des impondérables se glissent dans les décisions mûrement envisagées. Et l’adolescent perdu dans ses illusions trimbalera durant vingt ans cette araignée qui s’est logée dans sa tête. Et qui continue à tisser sa toile car Larive ne peut échapper à ses souvenirs.

Et le passage entre l’adolescence et la maturité est ponctuée par La Grande guerre, car Berthet pour des raisons qui lui sont personnelles s’engage avant d’être appelé, et Larive en fera tout autant.

Ce volume est complété par une nouvelle, Le départ de Valdivia.

Philippe HERIAT : L’araignée du matin. Illustrations de Antral. Collection Le Livre Moderne Illustré N°222. Editions J. Ferenczi et Fils. Parution le 23 mai 1935. 160 pages.

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22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 06:24

Laisse un goût de miel ?

Jonathan CARROLL : Le baiser aux abeilles

Neuf romans et trois mariages. Ratés ! Les mariages, s’entend, car pour ce qui est des romans, ce sont des best-sellers. Mais l’inspiration de Sam Bayer est depuis quelques temps aux abonnés absents et sa plume ne veut plus courir sur le papier.

Son éditeur et son agent littéraire le pressent de leur fournir un nouveau livre rapidement, mais cela ne s’écrit pas à la demande. Cela n’empêche pas Sam Bayer d’entretenir sa popularité lors de nombreuses séances de dédicaces, les lecteurs étant toujours aussi nombreux et friands de petits mots et de signatures sur les bouquins qu’ils possèdent ou viennent d’acheter.

Lors d’une séance organisée dans une librairie new-yorkaise, une jeune femme se présente à lui, avec quelques romans. Elle est collectionneuse et possède des ouvrages traduits en plusieurs langues. Sam Bayer, qui ne baille pas, est subjugué par cette beauté qui se nomme Veronica Lake. Comme l’égérie du cinéma américain des années 1940.

Rentrant chez lui dans le Connecticut, Sam Bayer ressent brusquement le besoin de retourner à sa maison. Pas celle où il vit actuellement, une grande bâtisse dans laquelle il vit seul en compagnie de son peu agréable chien Louie, mais celle de son enfance à Crane’s View. Il a quitté la petite ville trente ans auparavant, et la dernière fois qu’il y est retourné remonte à dix ans. Une bouffée de nostalgie l’étreint.

Il s’arrêt au Scrappy’s Diner, le lieu de rendez-vous des adolescents à son époque, et les souvenirs affluent. Afin de le faire patienter, la serveuse lui propose de consulter l’annuaire du lycée local. Ainsi il pourra reconnaitre d’anciens professeurs qui exercent toujours. Interloqué il aperçoit un visage inconnu mais qui est associé à un nom qui lui ne s’est pas dissolu dans sa mémoire. Pauline Ostrova.

Sa Pauline Ostrova était la tante de celle dont le portrait figure sur cet annuaire. Etait, car la Pauline Ostrova qu’il a connu est morte. Il avait repêché son corps flottant dans l’Hudson, un soir qu’il s’amusait avec ses copains, une petite bande vauriens. Il n’avait que quinze ans, et cet épisode l’avait fortement marqué. Un coupable présumé avait été arrêté, le petit ami de Pauline. Or Edward Durant, c’était son nom, avait avoué, et incarcéré à Sing Sing. Le jeune homme s’était pendu dans sa cellule ne supportant plus de servir de fille aux caïds de la prison.

Sam Bayer est persuadé tenir le sujet de son prochain roman et il en informe son éditeur et son agent. Il en fait part également à sa fille Cassandra, seize ans ainsi qu’au petit ami de celle-ci, lequel va l’aider dans ses recherches. Car il se demande si Edward Durant, malgré ses aveux, était réellement coupable Pauline étant connue comme une jeune fille volage butinant les jeunes pousses et les vieilles tiges. Il retrouve également quelques anciens amis, dont Frannie McCabe, qui est devenu le responsable de la police de Crane’s View. L’ancien loubard devenu policier, Sam Bayer n’en revient pas. Veronica Lake elle aussi apporte son soutien et sa possibilité d’effectuer des recherches sur certains des habitants de Crane’s View, ceux qui étaient susceptibles d’être à l’origine du meurtre de Pauline Ostrova.

Mais ces recherches dans le passé semblent importuner quelqu’un et Sam Bayer reçoit des messages l’invitant à calmer ses ardeurs de détective, tandis que d’autres, au contraire, sont pressés de lire son futur manuscrit. Et quelques cadavres vont parsemer ses recherches.

 

Le seul reproche que l’on peut effectuer à propos de ce roman, et encore n’est-ce qu’un avis personnel, réside dans la longueur de cette enquête particulière. En effet plus d’une année va s’écouler entre le début de la résolution de Sam Bayer de remonter le passé, et l’épilogue final qui apportera la solution.

Malgré cette petite réserve, l’intrigue de ce roman est particulièrement intéressante pour plusieurs raison. L’enquête en elle-même bien évidemment, mais aussi les rapports parfois ambigus entre les différents protagonistes. Entre Veronica Lake et Sam Bayer surtout.

Cette relation est un peu du genre Je t’aime moi non plus, car la jeune femme apporte des éléments confidentiels sur des événements passés qu’elle puise auprès de personnages peu recommandables parfois. Et Sam Bayer apprend par des moyens détournés des épisodes peu glorieux sur la jeunesse de Veronica, ce qui lui chamboule l’esprit. L’ami de cœur de sa fille Cassandra lui non plus n’est pas inactif car malgré son jeune âge, il s’infiltre dans des réseaux informatiques et soulève de nombreux lièvres.

Il existe entre Sam Bayer et l’auteur une certaine corrélation. Et la difficulté de trouver l’inspiration de la part de l’écrivain de papier est peut-être celle que peut ressentir l’écrivain de chair. Une impression qui se dégage dans les premières pages, et la rencontre entre Veronica Lake et le romancier peut se traduire par un épisode réel, vécu. Car le lecteur ne se rend pas toujours compte du travail de l’écrivain pour la promotion d’un roman.

Les tournées de promotions peuvent être exaspérantes et épuisantes. Trop de villes en trop peu de jours, des interviews avec des gens qui n’ont pas lu votre livre mais ont besoin de vous pour remplir quelques minutes d’une émission télé ou radio sans queue ni tête, des repas solitaires dans des restaurants lugubres… A mes débuts, ces tournées me semblaient excitantes et romantiques ; à présent, je m’en acquittais comme je serais allé pointer à l’usine.

Une réflexion qui sent le vécu. Et le sexe dans les romans, qu’en pensent l’auteur et son double ?

Quoique mes romans comportent beaucoup trop de scènes de sexe de bas étage, je ne tenterai même pas de décrire ce qu’a été mon expérience avec Veronica Lake. Les mots sont impuissants à traduire le sexe. Bien sûr, on peut toujours faire monter les blancs en neige afin de créer des simulacres, d’accoupler verbalement des éléments de corps, mais le résultat est aussi éloigné de la réalité que peut l’être une carte postale d’un authentique paysage.

 

Le drame de la vieillesse, c’est de ne plus pouvoir mettre en pratique le savoir qu’on a mis si longtemps à acquérir.

Le problème n’est pas de s’aimer, mais de vivre ensemble. Quand l’amour vous bâtit une maison, c’est à vous de la meubler.

Jonathan CARROLL : Le baiser aux abeilles (Kissing the Beehive – 1998. Traduction Nathalie Serval). Collection Imagine. Editions Flammarion. Parution le 20 mai 2002. 308 pages. 16,30€.

ISBN : 978-2080682642

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20 septembre 2018 4 20 /09 /septembre /2018 05:57

Il est Hypperbone, si je puis dire !

Jules VERNE : Le testament d’un excentrique.

En ce vendredi 3 avril 1897, règne une effervescence inhabituelle dans Chicago. Un char tendu de draperies d’un rouge éclatant traverse la ville, accompagné de toutes les personnalités de la cité, hommes politiques, journalistes, riches entrepreneurs, et combien d’autres invités à défiler, précédés d’orchestres et d’orphéons, salués par une foule nombreuse estimée à plusieurs centaines de milliers d’individus, tous sexes et âges confondus.

Les applaudissements fusent, il règne une espèce de joie diffuse, dont l’origine est pourtant mortuaire. Il s’agit de se rendre après quelques heures de marche jusqu’au cimetière d’Oakswoods, la plus grande et la plus célèbre nécropole chicagoise afin de procéder à l’inhumation de William J. Hypperbone.

A peine âgé de cinquante ans, ce milliardaire qui avait bâti sa fortune en spéculant sur les terrains immobiliers, est donc conduit à sa dernière demeure, un mausolée véritable petit palais où même est prévue une salle à manger avec tout ce qu’il faut pour se sustenter, vivres y compris.

Mais le plus curieux réside dans ce fameux testament qui va être lu devant une nombreuse assemblée. Passionné du noble Jeu de l’Oie au sein de son cercle, les Club des Excentriques, il a imaginé que six concurrents désignés au sort participeraient à un immense Jeu de l’Oie organisé selon les règles du dit jeu, les différents Etats composant les Etats-Unis figurant les cases de ce jeu. Et l’Illinois, état dont Chicago est la capitale, représenterait les cases où figure l’Oie. Mais tout est expliqué en détail dans ce roman ludique. Le vainqueur recevant la coquette somme de soixante millions de dollars.

Et c’est ainsi que sortis d’un chapeau, maître Tornbrock, notaire, et George B. Higginbotham, le président du club, révèlent le nom des heureux candidats à cette course déterminée par deux dés, avec six millions de dollars de récompense à la clé pour le vainqueur.

Il s’agit de Max Réal, artiste peintre paysagiste de vingt-cinq ans qui commence à posséder une certaine renommée. Il est célibataire et adore sa mère, sentiment partagé réciproquement. Il se verra accompagné par un jeune noir, Tommy qui rêve d’être son esclave afin de ne plus avoir de problèmes financiers.

Tom Crabbe, boxeur, champion hors normes, puisqu’il peut avaler jusqu’à six repas par jour ce qui ne l’empêche pas de démolir ses adversaires. Mais la tête pensante est son entraîneur, John Milner, qui l’accompagne partout, et est son porte-parole officiel. Un couple figurant la tête et les jambes.

Herman Titbury, quarante-huit ans. Petit banquier et prêteur sur gages marié avec une maritorne, sorte de dragon femelle. Le couple s’entend bien dans l’avarice, ce pourquoi ils n’ont pas eu d’enfant.

Harris T. Kimbale, journaliste, chroniqueur en chef de La Tribune. Trente-sept ans, célibataire, et fort estimé de ses confrères, qui se promet bien de ramener des articles sensationnels.

Lissy Wag, jeune femme de vingt et un ans, est sous-caissière dans un grand magasin. Elle partage son petit appartement avec Jovita Foley, vingt-cinq ans, vendeuse dans le même magasin.

Hodge Urrican, cinquante-deux ans, célibataire, officier de la marine des USA, en retraite depuis six mois et au caractère irascible et son faire-valoir qui se montre encore plus vindicatif que son mentor.

Mais un codicille figure en fin de ce règlement. Un septième candidat est prévu pour participer à ce jeu. Il s’agit d’un inconnu dont le patronyme n’est pas dévoilé. Il s’agit d’un certain XKZ et bien malin serait celui qui pourrait le décrire. Même le notaire affirme ne pas en savoir plus sur ce concurrent inédit.

Seule une femme participe donc à ce jeu grandeur nature, mais il ne s’agit que du simple hasard voulu par l’auteur, et le profil physique et psychologique de ces six candidats est plus détaillé dans le roman donc je en m’attarderai pas plus.

Le départ de ces concurrents s’échelonnera de deux jours en deux jours à partir du 1er mai 1897. C’est Max Réal qui va débuter le parcours. Il a quinze jours pour rallier Fort Riley dans le Kansas et connaître alors quelle sera sa prochaine destination qui lui sera signifiée par télégramme.

Il en sera de même pour les autres candidats qui devront se plier à plusieurs contraintes. Les voyages seront à leur charge, de même que les pénalités éventuelles, puisque certaines cases donnent lieu à paiement de primes, ou de retour en arrière. La date d’arrivée du vainqueur ne peut donc être déterminée et ce parcours peut prendre des semaines, voire des mois.

 

Jules VERNE : Le testament d’un excentrique.

Nous suivons les différents participants lors de leurs différentes pérégrinations hasardeuses. Car tout ne tourne pas comme sur des roulettes, les impondérables s’accumulent. Ainsi tandis que l’un des candidats est malade, l’autre est confronté à des grèves de cheminots, un troisième risque de la prison pour avoir inconsidérément demandé un grog au whisky dans un état qui interdit la consommation d’alcool. Ou alors un participant arrive juste au dernier moment à son lieu de rendez-vous ayant traîné en route pour admirer le paysage et allier l’utile à l’agréable.

Si certains se retrouvent, par le lancer de dés, non loin de leur lieu de départ, l’état qui est désigné jouxtant l’Illinois, d’autres sont obligés de traverser les Etats-Unis d’Est en Ouest, puis à nouveau d’Ouest en Est, ce qui occasionne non seulement des frais mais oblige à un jonglage dans les moyens de transports. Le train, naturellement, le bateau, le fiacre, le cheval et même une triplette, trois vélos en un, vont servir de moyen de transport.

Des cartes du pays sont éditées à des millions d’exemplaires afin que le bon peuple puisse suivre les déplacements des concurrents. Une curiosité naturelle, mais comme il s’agit d’un jeu, les parieurs sont nombreux. Chaque candidat se verra donc affublé d’un dossard fictif, une sorte de petit drapeau qui personnalisera sur les états concernés leur position.

Et, le lecteur s’en doute, l’épilogue se termine un coup de théâtre final, propre au roman populaire, alliant suspense et retournement de situation. Ce roman est le soixante-quatrième publié par Hetzel, d’abord en feuilleton d’abord dans Le Magasin d’éducation et de récréation puis en deux volumes en 1899.

Il ne déroge pas à la ligne de conduite de Jules Verne qui ne se contente pas de mettre en scène des personnages participants à un jeu de hasard, mais il en profite pour alimenter ses jeunes lecteurs de détails géographiques, historiques et économiques en tous genres. Les itinéraires, les villes traversées, le nombre d’habitants et bien d’autres détails qui n’apportent pas grand-chose à l’intrigue mais au contraire la ralentissent.

S’il ne possède pas le souffle épique du Tour du monde en quatre-vingts jours, qui était un pari, réaliser un voyage en un temps déterminé, il faut quand même constater que cette intrigue est un tour de force, l’adaptation d’un jeu de salon en grandeur nature.

Pour les possesseurs de liseuse, ce roman est disponible gratuitement sur le site ci-dessous :

Jules VERNE : Le testament d’un excentrique.

Collection Les intégrales Jules Verne. Editions Hachette. Parution 1979. 474 pages.

Editions Ebooks Libres et Gratuits. 460 pages.

ISBN : 978-2010055935

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11 septembre 2018 2 11 /09 /septembre /2018 09:24

Et elles sont bleues ?

Georges-Jean ARNAUD : Les oranges de la mer.

Après Les Moulins à nuages, qui a reçu le prix RTL grand public, Georges-Jean Arnaud propose un deuxième volet consacré à la saga familiale.

Les oranges de la mer, c’est d’abord et surtout Caroline, la grand-mère paternelle. C’est aussi la vie d’un village, d’une portion de terre accrochée entre sel et mer, le Barcarès, Leucate. Des paysages aujourd’hui défigurés.

On a peine à croire, de nos jours, nous qui possédons tout ou presque, à imaginer le dénuement de ces êtres pauvres mais dignes. Chaque malheur, chaque signe contraire du destin, chaque catastrophe, chaque revers, chaque coup du sort étaient ressentis plus cruellement que la misère était déjà présente à chaque porte, ou presque.

Il fallait se contenter de peu lorsqu’on n’avait rien. Pourtant la bonne humeur régnait et l’arrivée des Espagnols, entendez par là la semence de pissenlits amenée par le vent dégoulinant des Cévennes, signifiait rires et cris de joie.

Le bois était rare dans les cheminées, et il fallait découper dans le journal hebdomadaire des bandes de papier, économie forcées, pour allumer et alimenter le feu. Le phylloxera, la guerre de 14, la chute des cours du vin, autant de pierres noires dans un chemin déjà abondamment empierré.

 

A partir de ses souvenirs, Caroline, sous la plume de Georges-Jean Arnaud, raconte son existence et celle de ses proches. Sa jeunesse, son appréhension de l’école, son désir entretenu pendant des années de lire Les Misérables de Monsieur Victor Hugo, son mariage avec Philibert, l’étameur trop prodigue, les petites joies et les grandes peines.

Et les fameuses confitures d’oranges, des oranges échouées sur la plage un beau matin, gorgées d’eau de mer, des oranges qui deviendront des confitures talisman, baromètre familial, et qui seront conservées, personne n’osant les manger de peur d’y retrouver un kilo de sel malgré tout le sucre englouti dans la préparation.

Les Oranges de la mer, c’est le livre des petites gens, de ceux qui n’attendaient pas l’aumône d’où qu’elle vienne, et dont la seule richesse consistait en l’amour du pays et la foi en leurs possibilités.

Un livre tendre, parfois drôle, parfois pathétique. Un livre hommage.

 

Georges-Jean ARNAUD : Les oranges de la mer. Editions Calmann-Lévy. Parution décembre 1990. 344 pages.

ISBN : 978-2702119396

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10 septembre 2018 1 10 /09 /septembre /2018 10:04

Un plaidoyer pour les artistes qui devrait être lu par les ministres successifs de la Culture, mais pas que !

Dominique PEKO : La planète des Norchats.

Afin de coloniser la planète Soloma, des enfants, garçons et filles de huit ans, sont mis en condition dans une réplique dite Soloma Minor.

Ils étaient éduqués dans des pensions, mais le nouveau traitement qui leur est infligé leur convient parfaitement. Ils mangent, non seulement à leur faim, mais découvrent des denrées nouvelles, comme du lait frais, du beurre en motte et du pain fabriqué sur place. Ils découvrent des animaux amusants, les vaches par exemple.

Après avoir été accueillis par le directeur, Victor Samp, à l’attitude plaisante, ils sont divisés en groupe de seize et seront encadrés par deux jeunes guides. Axel et sa sœur jumelle Chrysoline sont affectés dans le groupe cornaqué par Diane et Valleran. Ils savent que leur séjour ne sera pas de tout repos, qu’ils rencontreront des difficultés, voire des déboires, mais l’âge et la volonté alliés à l’enthousiasme ont raison des montagnes dressées sur leur route. Et de plus, ils se lient d’amitié avec Lonart dont ils apprécient la gentillesse, et Marge, une gamine réservée.

C’est ainsi que trois années se déroulent avec de petits incidents à la clé. Axel s’étant approché de trop près des Rouges-fleurs reçoit du pollen dans les yeux. Un peu de pommade, et tout s’arrange. Des missions leurs sont confiées. Par exemple grimper au flanc d’escarpements rocheux afin de récupérer des œufs de Volubs, de drôles d’oiseaux, qui n’apprécient pas l’intrusion. Mais il s’agit d’œuvrer pour leur survie car ces œufs ne pèsent pas moins de deux à trois kilos, ce qui constitue un excellent repas roboratif.

Et puis il existe les Norchats, des espèces de gros chats mâtinés de pumas qui n’hésitent pas à les attaquer. Axel en fait l’expérience mais il parvient à se débarrasser de l’animal, qui n’était qu’une réplique de ce qui peut exister sur Soloma, la vraie. L’entraînement sportif est assez poussé, et Axel se rend compte que peu à peu il ne parvient pas à progresser. S’il est attiré par l’aventure, il possède d’autres centres d’intérêt. Il aime jouer de la musique, dessiner, et écrire des histoires.

Ses défaillances sportives risqueraient de lui coûter sa place sur le vol vers Soloma la vraie, au bout de cinq ans de stage. Et Victor Samp, le directeur, lui propose de démontrer ses capacités artistiques et il promet d’étudier le cas d’Axel auprès du comité de sélection.

 

Outre quelques références, dans le nom de certains des personnages relatifs à des auteurs de science-fiction célèbres, il s’agit bien d’un roman, sinon de science-fiction au moins d’anticipation. La colonisation d’une planète, entamée une douzaine d’années auparavant, est le but de cette aventure.

Mais au-delà des nombreuses péripéties rencontrées par les divers protagonistes choisis pour leurs capacités d’intégration, de bravoure, de débrouillardise, d’anticipation sur les événements, de résistance, c’est la résolution du directeur de donner sa chance à Axel, malgré son manque de performances sportives qui prime.

Il explique son choix d’intégrer Axel dans le groupe de départ, et le statut d’artiste qui est confié à l’adolescent est une revanche pour le directeur. Auparavant Victor Samp lisait beaucoup mais il a été brimé, car il fallait privilégier l’utile à l’agréable. Et il ne veut pas d’une nouvelle civilisation sans artiste malgré l’avis de l’ordinateur.

Nous allons fonder une nouvelle civilisation là-bas. Une civilisation sans artistes est-elle viable ? J’ai répondu non. L’ordinateur a dit oui, mais il est l’enfant d’une civilisation technologique où l’artiste est nié. Sa réponse n’est donc pas valable.

Et il enchérit :

Vois-tu, lorsque j’étais adolescent j’ai énormément lu, et des livres que presque personne ne lisait : des romans, des poèmes, écrits il y a un siècle ou deux ; car maintenant plus personne n’écrit. On tape sur des claviers, on fait s’animer des lettres sur un écran, on emplit des fiches, mais on n’écrit plus. Plus personne n’a l’imaginaire ouvert sur l’inutile, qui est simplement beau, mais c’est énorme, c’est l’essentiel. De nos jours l’imagination doit être rentable sinon on l’étouffe.

Il s’agit bien d’un plaidoyer, publié en 1982, pour la culture, pour le statut d’artiste, pour la musique, la peinture, l’écriture. Nul doute que nos politiciens devraient s’inspirer de ce roman pour mener une politique qui ne soit pas préjudiciable à la Culture, même si beaucoup pensent que le pragmatisme prévaut sur la rêverie.

 

Dominique PEKO : La planète des Norchats. Collection Bibliothèque Verte. Editions Hachette. Parution 15 avril 1982. 156 pages.

ISBN : 9782010087899

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7 septembre 2018 5 07 /09 /septembre /2018 08:16

C’est ce que l’on appelle l’enfer ?

Jean MURELLI : Les noirs paradis.

L'esprit complètement ensuqué, Clément Bonnat se réveille dans une pièce qu'il ne connait pas. Normalement il aurait dû fêter le réveillon de Noël avec sa compagne Mariette et il est attablé parmi un véritable désordre d'assiettes, de plats, et de reliefs d'un repas copieusement arrosé.

Soudain la mémoire lui revient. La veille au soir, alors qu'il rentrait de la réception organisée pour Noël à Lorquigny par son patron - il est représentant-placier d'une marque de peinture - il aperçoit au bord de la route un homme dont la voiture a glissé dans le fossé. Il le prend à bord de son véhicule et l'accompagne chez lui à Sagemont-en-Seine. Dupré, dont la femme et les filles sont parties aux sports d'hiver, l'invite à réveillonner avec lui et Bonnat; par lâcheté, n'ose pas refuser. Dupré, entre deux verres lui a parlé d'une légende locale, un moine issu du XVe siècle qui aurait fait sa réapparition, avec cadavres à la clé.

A trois heures du matin, Dupré lui a proposé un café, et Bonnat s'est endormi sur la table. Maintenant il est six heures, et il lui faut penser à rentrer. Bonnat se rend dans la cuisine et il découvre Dupré affalé, mort, une vilaine griffure sur la nuque. Comme il n'est pas loin de Flavricourt et de Rambaud, deux patelins où il est né et a vécu, Bonnat décide de se rendre chez ses amis d'enfance, les Devolder, et de leur demander leur soutien.

En effet, lorsqu'il était gamin, il fréquentait Isoline et Joachim, son cousin qui est devenu son mari. La mère de Bonnat était bonne chez le père de Joachim, grand industriel à la tête d'une filature. Déjà Isoline était fantasque, mais il en était amoureux. Ils acceptent de dire que Bonnat avait passé la soirée avec eux, et il peut rejoindre son foyer parisien la conscience tranquille.

Mariette, sa compagne, et leurs voisins, Françoise et son mari J.B., se posaient de questions quant à sa défection au réveillon. Mentant avec aplomb, Bonnat pense s'en être tiré. D'autant qu'il traîne derrière lui dix-huit mois de cabane pour une histoire frauduleuse dont il fut la victime. Et son casier judiciaire entaché ne plaiderait pas en sa faveur s'il était soupçonné de meurtre. Seulement, il se rend compte que son calepin a disparu. Or sont consignés dessus ses nom et adresse, ceux de ses clients et une annotation de Dupré qui lui fournissait l'adresse d'un nouveau client.

Bonnat se rend à nouveau au Prieuré, le nom de la demeure de Dupré, mais aperçoit des policiers en train d'enquêter. Et parmi ceux-ci J.B. qui est inspecteur de police. Cela n'arrange pas ses affaires.

Un cycliste remet le précieux document, emballé, à sa concierge et Bonnat soupire. Pas longtemps, car l'expéditeur s'est amusé à dessiner sur une page une capuche de moine avec à l'intérieur une tête de mort.

Un nouveau meurtre similaire est perpétré dans les environs de Sagemont. Heureusement ce soir là ils étaient, lui et Mariette, invités chez leurs voisins, J.B. et Françoise, pour regarder la télévision.

 

Le début du roman commence comme une histoire à la William Irish. Un personnage qui sort d'un évanouissement, coup porté à la tête ou coma éthylique, et découvre près de lui le cadavre d'un homme qu'il ne connait pas ou depuis peu de temps. Bonnat ne cherche pas à savoir qui est le coupable, mais bien à défendre son intégrité, d'autant que son voisin policier mène l'enquête.

Donc il s'agit d'abord d'un roman d'angoisse et de suspense, ces deux ingrédients étant entretenus par la narration à la première personne.

Mais dans ce qui pourrait être une seconde partie, le thème de la sorcellerie diffuse s'installe, avec d'autres meurtres à la clé, et une ambiance relayée par les rumeurs des habitants du village. Celle d'un moine, ou de son fantôme, revenant accomplir une sorte de vengeance mais dont les motivations sont inconnues.

Le décor joue un grand rôle, celui du manoir de La Brettière, avec ses tours, ses couloirs, ses secrets, ses passages souterrains, la forêt environnante. Ainsi que ses habitants, Isoline et Joachim son mari et petit cousin. Elle est toujours pareille que dans son enfance, belle à couper le souffle, toujours aussi vive, un peu fofolle. Joachim lui n'a qu'une passion, ses serres avec ses plantes rares qu'il cultive avec amour. Sans oublier quelques personnages, peu nombreux, Juliette la servante du château, la mère de Bonnat, femme rigide qui a toujours servi le père Devolder et qui n'appréciait pas que son fils ait des relations avec les enfants du Maître.

C'était un temps où le paternalisme qui prévalait encore et Bonnat en a profité durant un certain temps. C'était le temps où la télévision se regardait entre voisins, Bonnat et Mariette par exemple étant invités à la regarder certains soirs.

 

En exergue un extrait du poème de Baudelaire, Moesta et errabunda : ... Mais les verts paradis des amours enfantines...

 

Jean MURELLI : Les noirs paradis. Collection Angoisse N°110. Editions Fleuve Noir. Parution 3e trimestre 1964. 224 pages.

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5 septembre 2018 3 05 /09 /septembre /2018 08:06

Sur les genoux ? A dada sur mon chameau, quand il trotte…

Une production Christian JACQ !

Célestin VALOIS : Faites sauter le Pharaon.

A trente ans, Basile Espérandieu, dit tout uniment Basile, est maître de recherche détaché du Centre National de la Recherche Scientifique et correspondant de l’Académie des Sciences. Ce qui en jette. Et il émarge à un service secret, un service de renseignements fondé sur les échanges des correspondants des Cinq Académies, et dont le but est de regrouper les informations recueillies auprès de chercheurs de tous horizons. Cette émanation scientifique est indépendante des pouvoirs politiques et peut ainsi voler de ses propres ailes. La finalité étant de tisser un réseau international pour sauver le monde de la dictature. Tout un programme, une utopie que l’on ne rencontre que dans les romans. Mais néanmoins on peut rêver à son existence.

Mais Basile est distrait. Il se trompe dans les dates par exemple, dans les cartes et les digicodes pour s’introduire en toute légalité et insouciance sous la Coupole de l’Institut de France. C’est ainsi que son intrusion perturbe son chef, l’un des trois plus grands physiciens français, mais comme Basile avait terminé il vient remettre son rapport sur la mission qui lui avait été confiée, avec quelques jours d’avance.

Cette mission, qu’il avait acceptée comme Monsieur Phelps, sans quoique ce soit se détruise dans les cinq secondes, consistait en la remise d’un rapport sur les relations politiques entre l’Egypte et Israël et leur potentiel scientifique. Et pour sceller cette alliance, le président égyptien doit se rendre à Jérusalem car il a un projet qui ne fait pas que des heureux. Bref, Basile se propose de retourner en Egypte afin de peaufiner sa mission.

En attendant, il se rend de nuit dans une pharmacie homéopathique où travaille Béatrice, la jeune directrice du laboratoire homéopathique de l’officine et accessoirement sa maîtresse. Il a caché dans une armoire un vase égyptien qu’il destine à son amoureuse. Il possède la clé de la porte d’entrée, mais il n’en a pas besoin, car celle-ci est déjà ouverte. Des voleurs se sont introduits dans la boutique. Ils espèrent pouvoir s’emparer du vase d’albâtre qui émet un trait violet et des rayons rougeâtres.

Les deux hommes sont éberlués, et l’un d’eux choit tandis que l’autre parvient à s’enfuir, non sans avoir violemment percuté Basile qui se retrouve les fesses par terre. Et menotté car la police vient de faire son apparition.

Conduit au commissariat, Basile est embastillé en compagnie d’un truand, Jo le Corse, qui a fondé la Société de Défense de l’Environnement du bois de Boulogne. Une société destinée à protéger ses intérêts dans ce qui dans le temps se nommait le pain de fesses. Basile à l’aide d’un petit outil, un vulgaire trombone de bureau, ouvre les menottes de son nouvel ami qui s’était fait coffrer exprès, recherché qu’il était pour une histoire de dettes avec le Grec. J’abrège.

Basile est dédouané par l’individu assommé, car naturellement il ne possédait pas ses papiers sur lui. Une distraction de plus qui aurait pu lui être fatale. Seulement l’inspecteur Lafuge n’est pas convaincu de l’innocence de notre scientifique agent secret, et il décide, sans en informer sa hiérarchie de suivre pas à pas Basile qui fidèle à son idée va embarquer pour l’Egypte.

Mais le vase égyptien n’est pas un objet unique, un autre existe et doit être remis lors d’une cérémonie entre Begin et Sadate afin de sceller l’amitié entre les deux peuples. Seulement il contient un produit nocif qui lors de l’ouverture du vase risque de provoquer la mort de très nombreuses personnes. Une petite manipulation à découvrir dans un grimoire permet cette opération d’enlèvement d’opercule sans danger. Mais encore faut-il trouver la clé.

 

Nous suivons avec amusement les tribulations de Basile le Distrait, ainsi que divers protagonistes, dans ses déplacements et ses recherches. Un roman humoristique d’aventures qui pourrait être une aimable bluette, à la façon d’agents secrets comme l’avait si bien interprété Don Adams dans la série télévisée Max la Menace de Mel Brooks et Buck Henry à la fin des années 1960.

Mais on ne peut s’empêcher de penser également à Pierre Richard dans Le Grand blond avec une chaussure noire, un film d’Yves Robert de 1972, d’autant que Basile lui aussi est blond, et que cette couleur de cheveux est anormale en pays arabe. Surtout lorsque Basile se trouve sans chapeau dans un édifice religieux.

Les gags s’enchaînent dans la joie et la bonne humeur, sauf pour quelques participants à cette aventure mouvementée. Car en sous-main d’autres protagonistes n’apprécient pas le rapprochement envisagé entre Sadate et Begin. Des marchés juteux sont en jeu. Et quarante ans ou presque après la parution de ce roman, on peut se dire que rien n’a changé ! Et même que cela a empiré.

 

Fausener faisait partie du cercle étroit de ces hommes, inconnus du grand public, qui dirigent la marche boiteuse du monde. Il laissait le devant de la scène aux présidents pantins, aux chefs corrompus des partis politiques, à la kyrielle de gugusses qu’il manipulait à sa guise.

 

Célestin VALOIS : Faites sauter le Pharaon. Série Basile le distrait N°1. Editions Plon. Parution mai 1980. 224 pages.

ISBN : 2259006175

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31 août 2018 5 31 /08 /août /2018 08:20

Ils roulent dans la nuit, transportent de l'essence

De l'huile ou du pétrole

Des pilots de bois, des caisses de conserve

des machines agricoles

C'est la musique de camionneur !...

Marcel E. GRANCHER : Aux 6 F…

Grâce à quelques commanditaires de Cavaillon, Paul Belverge peut enfin être seul maître à bord de son camion tout neuf, un 7 tonnes, et il va partir à la conquête du monde, enfin de Paris avec un chargement de melons.

En cours de route, alors qu’il approche des monts du Morvan, il aperçoit deux hommes en train de molester une jeune fille. Il ne se pose pas de questions, étant bagarreur dans l’âme, étant entré très jeune dans la Résistance et ayant trimballé son barda militaire en Indochine et en Algérie. Il s’interpose et grâce à quelques coups de poings bien placés il laisse les deux belliqueux sur le bitume, laissant sur l’un d’eux sa carte de visite toute neuve, et emmène à son bord Germaine, dite Maimaine.

La jeune fille se rend dans un troquet pour routiers, le Relais de l’amitié et du commerce plus connu sous l’appellation Au relais des 6 fesses. Belverge connaît l’endroit, tenu par madame Servévout et ses deux filles, Nora la brune et Lisette la blonde. Et il leur arrive à ces braves et gentes dames de dépanner le routier en manque d’affection, des chambres étant à disposition. Or Maimaine est la nièce de madame Servévout et il serait possible que le Six fesses devienne le Huit fesses.

Pierre Belverge continue sa route après s’être restauré, c’est tout, et direction Paris, les Halles. Là-bas, il lui faut trouver du fret pour ne pas redescendre à vide. Il dort dans son camion, garé au Carré Beaubourg, mais auparavant il s’engouffre rue Quincampoix, échappant aux bras des travailleuses du sexe qui tiennent absolument à lui montrer leurs appas, et démontrer leur savoir-faire. Il entre au Panier fleuri, charmant troquet tenu par Marinette Entreydon, accorte femme qui accueille avec le sourire et autres démonstrations physiques avantageuses le client. Il s’agit surtout d’un repaire d’habitués dont Belverge va faire la connaissance. Notamment de Canasson, le peintre, et Pépère la Tringlette, sexagénaire qui doit son surnom à ses besoins sexuels qui l’amènent à monter dans les chambres en compagnie d’une allongée, cinq à six fois par soirée.

Mais Belverge va subir quelques avanies, à cause d’un accident de la route notamment, être embaucher à Paris dans une petite entreprise, revoir souvent Maimaine, qui ne participe pas aux ébats de ses cousines avec les copains routiers de passage, et dont il est amoureux. Mais également retrouver sur sa route l’un des balèzes qu’il avait laissé dans les pommes sur le bitume, son chargement de melons étant complet.

Belverge est homme à principes, et il respecte Maimaine, et réciproquement. Ce qui ne l’empêche pas d’opérer à certains déchargements qui ne sont pas notifiés dans son contrat de camionneur. Par ailleurs, s’il aime la bagarre, il ne va pas au devant pour le plaisir de la castagne. C’est un homme paisible en général et qui aime faire des blagues.

 

Si ce roman est enjoué, humoristique, épicurien, voire égrillard dans certaines situations, dans certaines allusions qui prêtent à des interprétations auxquelles n’avaient pas songé les protagonistes dans leurs déclarations, c’est également un plaidoyer envers les camionneurs et leur travail ingrat.

Il faut dire qu’à cette époque, fin des années cinquante, la plupart des camionneurs travaillaient en solo. Rares étaient les grandes entreprises et en général ils étaient propriétaires d’un seul véhicule, voire deux. Alors ils devaient tout faire, trouver du fret à l’aller, au retour, rouler pendant des heures et des heures, subir les tracasseries administratives. Depuis, cela a bien changé, sauf les tracasseries et exigences administratives. De plus, la plupart du temps, ils devaient assurer seuls le chargement et le déchargement du véhicule, selon bien évidemment la marchandise transportée

A l’aide d’exemples, de rappels de textes de lois, d’entourloupes, l’auteur montre quelles furent les conditions souvent difficiles dans lesquelles les camionneurs exerçaient leur métier. Ainsi cette fameuse carte de transport crée en 1934 à l’instigation de la SNCF afin de limiter la concurrence avec les routiers.

Mais sont pointés également l’état des routes, déjà, et bien d’autres freins auxquels étaient soumis les travailleurs du bitume (je ne parle pas des travailleuses qui exerçaient dans un but humanitaire et hygiénique). En effet ils partaient chargés, de marchandises, ayant galérés pour trouver du fret, mais arrivés à destination, il était impensable de repartir à vide, sous peine de manger tout le maigre bénéfice de l’aller. Or, trouver de la marchandise pour retourner en province, pour une société, ce n’est guère difficile car elle possède son réseau d’affréteurs. Et un indépendant est obligé de se débrouiller seul ou passer pas une espèce de courtier, de mandataire, de commanditaire et surtout rouler en surcharge, dépassant parfois cinquante pour cent du maximum autorisé.

 

A noter deux passages dont la teneur ne saurait manquer de faire réagir les lecteurs :

Premièrement le jeu intitulé la Chose, qui fut présenté par Pierre Bellemare, inspiré du Smchilblick de Pierre Dac et qui devint par la suite le Tirlipot sur les ondes d’une radio périphérique puis enfin le Smchilblic à la télévision. Ce jeu décrit par Marcel Grancher dans ce roman, avec de nombreux candidats tentant de découvrir quel est l’objet secret, est quasiment repris avec des ajouts et quelques modifications par Coluche dans son sketch éponyme.

L’autre passage concerne la position des Français et de la France par rapport à la colonisation, et nul doute que ce qui est écrit ferait aujourd’hui bondir les antiracistes et ceux qui se déclarent comme tels mais n’en pensent pas moins pour ne pas se mettre en porte-à-faux. Seulement il faut considérer qu’à l’époque, les déclarations des protagonistes reflétaient la pensée de la majorité du peuple, d’autant que la guerre d’Algérie n’était pas terminée et que la plupart des pays africains venaient d’acquérir leur indépendance dans des conditions souvent avantageuses, au détriment des provinces françaises. Comme le déclarait le journaliste Jean Grandmougin sur les ondes de Radio-Luxembourg, qui était de loin en tête des radios, Le Zambèze avant la Corrèze.

Marcel E. GRANCHER : Aux 6 F… Editions Rabelais. Parution le 25 juin 1961. 256 pages.

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