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27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 04:16

Samuel Dharma a depuis changé de pseudonyme, et il est encore meilleur sous celui de Patrick Eris !

Samuel DHARMA : Traqueur.

Samuel Dharma - nouvel auteur du Fleuve noir qui a déjà fourni dans la défunte collection espionnages deux titres, dont Mickey meurtre, est un auteur intéressant à suivre. Il ne manque pas d'idées, ses histoires tiennent la route comme on dit, mais je lui ferai le léger reproche de verser dans une tendance, une mode littéraire selon laquelle il ne peut y avoir action sans description complaisamment macabre.- L'horreur et le morbide cela va bien un certain moment, mais trop c'est trop, et le genre gore ne pourra que s’essouffler dans un proche avenir. Un roman doit posséder une force d'évocation intrinsèque assez puissante dans la suggestion pour ne pas être un étalage complaisant des différentes formes de violence auxquelles peuvent participer ou subir les personnages.

Le plaisir que j'ai à lire un roman de Maurice Limat par exemple ne s'est pas émoussé, tandis qu'il n'est pas sûr que j'apprécie et continue à lire des romans où la description gratuite de la violence et de ses conséquences soit trop explicite. En est-il de même des autres lecteurs, seules les maisons d'éditions peuvent répondre à cette question en analysant les chiffres de vente.

 

Pour en revenir à Samuel Dharma il me semble qu'une carrière d'écrivain se dessine devant lui à condition de gommer certains excès.

Traqueur c’est le nom d'un monstre qui a pour objectif d'abattre un ennemi En cela il est aidé d’une mystérieuse -boite noire. Si un obstacle se présente sur son chemin il l’élimine sans rémission. Mais qui est réellement Traqueur? D'où vient-il? Quelle est sa mission et pourquoi? Cette histoire qui se passe de nos jours aux Etats-Unis, n'est pas sans rappeler par certains points la célèbre série télévisée Les Envahisseurs

Maugendre Paul

Radio Manche. Emission du I6/02/88.

Samuel DHARMA : Traqueur. Collection Anticipation n°I602. Editions Fleuve Noir. Parution janvier 1988. 192 pages.

ISBN : 2-265-03748-6

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26 janvier 2021 2 26 /01 /janvier /2021 04:44

L’avocat a avalé un noyau !

Howard ENGEL : Benny Cooperman détective privé

Le rabbin Meltzer et Saul Tepperman, le président de la communauté juive de Grantham, ville située au Canada non loin des chutes du Niagara, sont fortement embêtés. Larry Geller, avocat à qui de nombreuses personnes avaient confié de l’argent, a disparu depuis deux semaines, emportant avec lui plus de deux millions de dollars. Préférant ne pas soulever de vagues, ils requièrent les services de Benny Cooperman, détective privé, au lieu d’avertir la police.

Benny commence son enquête en interrogeant les proches de Larry Geller : Ruth, son épouse ; Debbie, sa belle-sœur ; Sid et Nathan, ses deux frères. Sid est entrepreneur de maçonnerie et il doit sa fortune actuelle à son association avec Bolduc. Il a pour associés Glenn Bagot, personnage influent et propriétaire des ciments du même nom, et Tony Pritchett, malfrat et magouilleur selon les rumeurs. Nathan est artiste-sculpteur.
Après quelque temps, Wally, un clochard, est retrouvé assassiné, ainsi que Nathan. Et Benny, sur le chantier de la nouvelle caserne de pompiers, met au jour le corps de Larry que l’on croyait à des milliers de kilomètres. La police, en l’occurrence Pete Staziak, ami de Benny, s’empare de l’enquête mais patauge. Tout semble accuser Pia Morley, ancienne femme de Larry Geller, ainsi que Ruth à un moindre degré.

Cependant la touche « bis » du téléphone permettra de trouver le nom de la coupable.

 

Sur une trame un peu mince, avec quelques personnages qui s’interfèrent constamment, Howard Engel réussit à construire un roman sur ce qui aurait pu être une longue nouvelle. Mais ce sont ces digressions, souvent humoristiques qui ne sont pas sans rappeler Woody Allen, concernant la communauté juive d’une petite ville canadienne, qui font tout le charme de Benny Cooperman, détective privé.

Des traits d’humour qui s’expriment soit sous forme de dialogues, soit dans la description de situations, parfois critiques, et jouent sur la dérision du personnage principal envers lui-même ou sur un mode de vie concernant une communauté s’attachant à respecter certains principes.

Les relations de Benny Cooperman avec les femmes semblent entièrement platoniques. Quant aux rapports entre le détective et sa mère, ils s’avèrent certes puissants, mais réglés comme du papier à musique. Benny mange chez ses parents tous les vendredis soirs. S’il ne vient pas, sa mère s’inquiète, mais sans poser de questions. S’il désire s’inviter un autre jour de la semaine, il essuie un refus, afin de ne pas troubler la quiétude de la cellule familiale, ni déroger aux habitudes établies.

 

Howard ENGEL : Benny Cooperman détective privé (A city called July – 1986.Traduction de Sara Oudin). Collection Fenêtre sur nuit. Editions du Rocher. Parution avril 1991. 344 pages.

ISBN : 9782268011264

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25 janvier 2021 1 25 /01 /janvier /2021 05:22

Quand Barbara Cartland dénonçait la politique discriminatoire des races appliquée par ses compatriotes !

Barbara CARTLAND : Les roses de Lahore

Devenue orpheline à seize ans dans des conditions tragiques, Azalée Osmund a été recueillie par son oncle, un militaire intransigeant, rigide et obtus à la fin des années 1880.

Elle fille d’un militaire britannique et d’une mère d’origine russe, a quitté son pays natal, l’Inde, et s’est trouvée mise au service de son oncle et de sa famille. Sa tante, qui ne vaut guère mieux que son mari, et leurs deux filles. Elle est devenue la Cendrillon du foyer, occupée à des tâches ménagères, qu’elle subit sans broncher car elle sait qu’elle ne peut se rebeller. Le passé de ses parents ne plaide guère pour elle, selon son oncle. Elle cache un secret honteux, du moins c’est ce qu’il affirme, et elle doit vivre avec sans en parler. Sans pouvoir s’épancher auprès d’une oreille amie.

Lors d’une réception, elle est surprise, dans une salle retirée, par Lord Sheldon, un militaire impérieux et séduisant. Il était en discussion avec un ami, se plaignant de la politique britannique envers les peuples placés sous la domination de la Couronne royale. Il pense être en présence d’une domestique, à cause de sa vêture, et qu’elle l’espionnait mais elle dément toute intention de lui nuire.

Son oncle doit se rendre à Hong-Kong afin de remettre de l’ordre, le gouverneur actuel professant des idées qui ne sont pas à l’ordre du jour. Azalée est toute contente. Elle va retrouver une ambiance et une atmosphère qui lui manquent. Le froid, l’humidité, la grisaille britannique lui pèsent et au moins elle va se sentir presque chez elle. Le voyage s’effectue à bord d’un navire et si la famille Osmund bénéficie d’une cabine de première classe, la pauvre Azalée se verra confinée dans une sorte de débarras.

Mais elle ne reste pas recluse longtemps. Azalée s’occupe, avec l’accord d’une stewardesse, d’enfants des 2e et 3e classes. Au moins pendant qu’elle leur chantera des chansons et racontera des histoires, ils ne seront pas à courir dans les couloirs. Elle se lie avec une Chinoise de Hong-Kong qui doit rejoindre son mari. Et un jour, alors qu’elle se promène sur le pont, elle rencontre incidemment Lord Sheldon. Elle lui apprend son statut d’orpheline mais garde pour elle son secret. Ils tombent amoureux, ça arrive, pourtant durant leur séjour à Hong-Kong, elle continuera à rester évasive sur ce qui la tracasse et l’empêche d’être heureuse.

A Hong-Kong, elle sera reçue par son amie chinoise, et vivra des aventures mouvementées, étant même la proie de pirates qui pillent les navires malgré la flotte britannique qui maraude autour de l’île.

 

Roman sentimental, Les roses de Lahore est aussi un roman d’aventures historiques qui s’immisce dans la sociologie et la géopolitique de l’époque. Barbara Cartland écrit en prologue :

Sir John Pope-Kennedy fut le premier gouverneur de Hong-Kong à traiter les Chinois en égaux. Il fut aussi le premier à mettre en pratique le principe de non-discrimination des races, principe énoncé dans les instructions du gouverneur en 1886 seulement, mais bien antérieurement dans les lois concernant les colonies britanniques.

Et c’est bien ce principe de non-discrimination qui porte l’intrigue de ce roman, Barbara Cartland le mettra souvent en avant, dénonçant la morgue de ses compatriotes vis-à-vis des pays colonisés dont les habitants sont traités comme des êtres inférieurs. Azalée se hausse comme porte-parole de cette révolte morale. Elle n’hésite pas à déclarer à Lord Sheldon, lors de leur première rencontre située sous le signe d’un malentendu :

Les remarques que vous avez faites au sujet des femmes me font croire que vous êtes un homme insupportable, suffisant et vaniteux ; celles émises à propos de Hong-Kong correspondent exactement à ce que j’attendais d’un Anglais buté qui croit que la seule façon de prouver sa suprématie est d’écraser ceux qu’il a conquis par la force des armes.

N’avez-vous jamais pensé que tout irait mieux si notre nation traitait ces peuples étrangers avec davantage de générosité, de clémence et de considération ?

Et elle continue sa diatribe en enfonçant le clou. Mais ces propos ne sont pas uniquement à mettre au déficit moral de l’Angleterre. Bien des pays pourraient être la cible de ces vindictes, de nos jours encore.

Ce qui prouve que les romans de Barbara Cartland ne sont pas si anodins que certains veulent le croire en les dénigrant. Encore faut-il les lire pour porter un jugement de valeur.

Barbara CARTLAND : Les roses de Lahore (Fragrant Flower – 1976. Traduction de Roger Foehrle). Editions J’Ai Lu N°1069. Parution 15 avril 1980. 224 pages.

ISBN : 2277210692

Première édition : Editions de Trévise. 1978.

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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 04:56

Retour vers le futur ?

KEMMEL : Au bout du ciel.

En ce temps-là – il peut y avoir cent millions d’années, un peu plus ou un peu moins – existait à l’autre bout du ciel une planète d’âge déjà vénérable que ses habitants appelaient Gorla.

Telle est la première phrase de ce second roman de Kemmel, alias Jean Bommart, dans la collection Anticipation après Je reviens de… En effet il n’aura participé que deux fois au Fleuve Noir pour des romans de science-fiction et d’anticipation. Mais on retrouve dans Au bout du ciel les genres chers à Jean Bommart, c’est-à-dire l’espionnage et le roman policier.

Adam Zohr est réveillé en pleine nuit par son oncle Alexandre, 167 ans, qui se meurt. En réalité, il est déjà mort, mais le médecin lui a injecté un produit presque miracle à l’aide d’une piqûre afin de le maintenir encore en vie durant quelques heures. Adam se précipite à son chevet car le vieillard moribond doit lui confier un secret et mettre en même temps ses affaires en ordre. Il attend le notaire afin qu’Adam puisse percevoir son héritage, soit quelques cinquante milliards. Mais ce n’est pas le plus important.

Gorla est divisée en deux parties. L’Ouralie et la Siamie. Ces deux blocs ont absorbé peu à peu les petits pays, et maintenant ils se font face. Une guerre froide s’est établie et les deux blocs savent que s’ils se combattent, non seulement ce sera à mort, mais que Gorla pourrait exploser, anéantie dans l’univers. Cet état de guerre froide est souvent violé par les Siamites, par des escarmouches, mais il existerait une solution.

Deux pilotes intersidéraux Ouraliens, des frères jumeaux, Luis et Caïn Arkad, ont découvert une planète très lointaine dont les conditions de vie seraient favorables aux Ouraliens. Mais il faut vérifier leurs assertions et Adam participera à la prochaine expédition de reconnaissance.

Seulement, Moatti, le président ouralien, prévoit un voyage de plusieurs mois. Adam est d’accord sur le principe. Mais les membres de l’expédition doivent être célibataires. Qu’à cela ne tienne. Adam va divorcer, au grand dam de sa onzième ou douzième femme. Les choses s’arrangent finalement non sans mal. Lors de son entrevue avec Moatti, Adam a aperçu une jolie jeune fille, la secrétaire du président, qui n’est autre que sa fille.

Il est démontré qu’Alexandre, qui malgré son grand âge se portait comme un charme, a été assassiné. Et pour faire bonne mesure, son valet de chambre et son toubib également.

Mais les ennuis débutent pour Adam. Il échappe de justesse à des accidents qui auraient pu se terminer tragiquement ainsi qu’à des attentats. Un garde du corps lui est alloué, puis un second. Ce qui n’empêche pas Adam de manquer s’écraser lors d’un duel aérien alors qu’il est en compagnie de la charmante secrétaire, Eve Moatti.

Enfin, après quelques péripéties, le grand jour est arrivé. Et Adam est surpris et content car parmi ses coéquipiers pour cette balade interstellaire, il retrouve outre l’un de ses gardes du corps, outre les jumeaux qui sont totalement différents l’un de l’autre, mais surtout la charmante Eve Moatti. Une présence qui lui fait particulièrement plaisir.

 

Dès le début de l’histoire, le lecteur se doute comment se terminera l’histoire de ce voyage, mais l’épilogue est toutefois assez bien amené. L’ensemble est une aimable parabole sur l’origine, non pas du monde, mais de la découverte d’une nouvelle planète habitable et de la survie d’êtres humains en proie à une guerre froide. L’auteur joue sur certaines hypothèses émises sur la présence, il y a bien longtemps, d’êtres extraterrestres sur Terre.

Il est amusant de noter de quelle manière les divorces sont prononcés et surtout avec quelle rapidité. Il suffit d’établir une sorte de visio-conférence avec un employé d’état-civil, de décliner leur numéro de code, et de déclarer accepter tous deux le principe du divorce.

Evidemment, la guerre froide entre l’Ouralie et la Siamie nous ramène à celle qui existait entre le Bloc Soviétique et les Etats-Unis, chacun cherchant à établir sa prépondérance. Les moyens employés résidaient surtout dans l’intimidation et les escarmouches et l’annexion, forcée ou non, des pays émargeant dans l’un ou l’autre bloc. L’arme nucléaire étant souvent brandie. Et l’on reconnaitra dans les noms utilisés justement le Bloc Soviétique, l’Ouralie déformation d’Oural, et la Siamie, qui rappelle le Siam mais surtout la Chine.

Les descriptions scientifiques sont si précises, je ne les ai pas vérifiées, et si convaincantes, qu’on se laisse prendre au jeu. Ce qui était le but du roman.

KEMMEL : Au bout du ciel. Collection Anticipation N°193. Editions Fleuve Noir. Parution 1er trimestre 1962. 192 pages.

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 05:36

Et ils se sont amusés à les compter ?

Sax ROHMER : La malédiction des mille baisers.

Comme bien des romanciers de cette époque, celle du début du XXe siècle, Sax Rohmer a été vampirisé par son personnage diabolique de Fu-Manchu. Et la plupart de ses contes et nouvelles longtemps sont passés à la trappe, du moins en France.

Pourtant grâce aux chercheurs et amateurs du genre, dont fit partie Francis Lacassin, des textes oubliés, méconnus ou non traduits sortent du rang, et l’on peut se demander pourquoi ils ont fait l’objet d’un tel oubli.

Dans les douze nouvelles qui figurent dans ce recueil et qui sont recensées dans le sommaire ci-dessous, même si Fu-Manchu n’apparaît pas, quelques thèmes chers à Sax Rohmer sont néanmoins présents.

Celui du savant, pas fou mais presque, et surtout l’Asie mystérieuse, dont la Birmanie, et le Moyen-Orient des contes des Mille et une nuits. L’Egypte notamment y est soit évoquée, soit sert de décor à ces nouvelles ou plutôt contes qui se réfèrent à l’Antiquité ou à la période au cours de laquelle ils ont été écrits, toujours avec ce rapport du mystérieux transmis par les Dieux égyptiens. Des objets découverts dans des magasins d’antiquités ou offerts, en héritage ou autre, mais qui se révèlent maléfiques.

Une constante pour des nouvelles publiées entre 1904 et 1950. Mais contrairement à certains textes de cette époque, ces nouvelles n’ont pas subi l’outrage du temps. Elles ne sont pas surannées, désuètes, et l’on pourrait presque croire qu’elles datent de nos jours, par un auteur qui ne se vautre pas dans la violence ou le sexe, mais les englobe dans une aura de mystère qui se prolonge jusque dans les conclusions.

En effet tout n’est pas toujours expliqué et laisse au lecteur le plaisir de se forger une fin qui lui convient.

 

Sommaire :

Tchériapine (Tcheriapin – 1922)

Maison de cauchemar (Nightmare House – 1932)

La lumière de l'Atlantide (The Light of Atlantis – 1932)

La vallée du Juste (Valley of the Just – 1914)

Le maître de Hollow Grange (The Master of Hollow Grange – 1918)

La lame brisée (A Broken Blade – 1950)

L'araignée verte (The Green Spider – 1904)

La maison possédée (A house Possesed – 1912)

Le chat (The Cat – 1914)

Le lit-léopard (The Leopard-couch – 1904)

La marque de Maat (The Mark of Maat – 1944)

La malédiction des mille baisers (Curse of a Thousand Kisses – 1918)

Sax Rohmer ou Aladin et la lampe incendiaire par Francis Lacassin.

Première édition : collection les Maîtres de l’étrange et de la peur N°13. Editions 10/18. Parution février 1981.

Première édition : collection les Maîtres de l’étrange et de la peur N°13. Editions 10/18. Parution février 1981.

Sax ROHMER : La malédiction des mille baisers. Traduction de Robert-Pierre Castel. Collection L’Aventure insensée N°1852. Editions 10/18. Parution mai 1987. 238 pages.

ISBN : 9782264010513

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20 janvier 2021 3 20 /01 /janvier /2021 07:03

Mary Lester n’a pas peur de se mouiller !

Jean FAILLER : Les bruines de Lanester.

Inspecteur stagiaire depuis six mois, affectée à Lorient, Marie Lester se retrouve souvent confinée dans le commissariat de quartier de Lanester. Et elle s’ennuie plus ou moins dans cette ambiance d’hommes qui se montrent volontiers machistes, lui octroyant des tâches subalternes.

Pourtant trois affaires qui se succèdent vont lui permettre de démontrer sa valeur, son opiniâtreté, sa pugnacité, ses capacités.

D’abord c’est la découverte d’un clochard, maintenant on les appelle des SDF à chaque époque sa terminologie, noyé dans les eaux du Scorff, entre Lanester et Lorient. Mary Lester se rend sur place, examine les lieux, et l’hypothèse avancée d’un accident lui semble incongrue. La disposition du corps peut-être, et d’autres éléments troubles éveillent sa curiosité.

Ensuite c’est la disparition du directeur d’une société locale qui l’accapare. Mais l’inspecteur Amédéo, son référent, s’empare de l’enquête, jugeant que cela ne relève pas du domaine de Mary Lester, laquelle ne se satisfait pas des explications avancées par son supérieur. Une prérogative qu’il justifie avec des arguments peu convaincants.

Enfin, une petite bande d’adolescents se sont amusés à voler une voiture et à cambrioler une maison. Seulement le conducteur, un jeunot qui n’a pas l’âge de passer son permis, a eu un accident. Conséquence immédiate, il a été arrêté. Amédéo se fait fort de lui faire avouer ses forfaits en utilisant les arguments frappants. Un usage de la force qui déplait souverainement à Mary Lester qui ne manque pas de sermonner son supérieur.

Mais bientôt Mary Lester, grâce à son enquête souterraine, aboute les trois affaires pour se rendre compte qu’en réalité tout se tient. Tout est imbriqué. Un heureux concours de circonstances l’amenant à une conclusion qui est juste tout en étant fausse.

 

Mary Lester, encore jeune mais à la personnalité affirmée, doit se débrouiller dans cet univers masculin mais elle reste stoïque même si à certains moments, elle sent monter en elle la rage.

Les façons de procéder d’Amédéo la révoltent mais elle saura rester assez calme pour mener son enquête en catimini, et s’attirer des sympathies qui l’aideront pour résoudre ces trois affaires qui n’en font qu’une.

Plus que l’intrigue proprement dite, c’est l’intégration de Mary Lester qui importe à l’auteur, ainsi qu’une conclusion inattendue. Pourtant, lorsqu’elle démontre à son commissaire l’identité du coupable, le lecteur est en droit de penser que tout est fini. Mais alors pourquoi l’histoire continue-t-elle ? Parce qu’il y a un truc ! Les histoires d’amour finissent mal en général. Une fois de plus, cela est vérifié.

Mary Lester, à la fin de ses études de droit a travaillé un certain temps chez un avocat. Elle aurait pu se tourner vers la magistrature, mais elle a pris un autre chemin.

Avocat, juge, voilà des professions respectables ! Qui n’a entendu à la radio, à la télé, les justiciables à la veille de procès retentissants, proclamer la main sur le cœur, le menton fièrement pointé en avant :

J’ai confiance dans la justice de mon pays !

A-t-on de la même façon entendu dire :

J’ai confiance dans la police de mon pays !

 

Une première édition de ce roman, qui lançait la série Mary Lester, a été publiée aux éditions Alain Bargain en 1992.

Jean FAILLER : Les bruines de Lanester. Une enquête de Mary Lester à Lorient. Série Mary Lester 1. Editions de Palémon. Parution 4e trimestre 1998. 176 pages.

ISBN : 9782907572125

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19 janvier 2021 2 19 /01 /janvier /2021 05:15

La peur de l’étranger jusque dans

les petits villages…

Barbara SYDNEY : Amoureuse de l’étranger.

Les habitants du petit village de Rosbourg, en Picardie, ne comprennent pas pourquoi Arnaud Benaerts, supposé écrivain spécialisé dans les romans d’aventures pour enfants, s’est installé seul dans une vieille masure dénuée de tout confort louée au fermier Fabry.

Les filles du fermier étaient présentes lorsque cet inconnu a proposé d’habiter cette masure. Marieké, seize ans, est sous le charme. Ses deux sœurs, Wilfride, vingt-deux ans et Célia, l’aîné de vingt-quatre ans, sont plus réservées. D’ailleurs Célia est fiancée à Benoît, le jeune instituteur du village. Marieké, afin de rencontrer le plus souvent possible le romancier, lui apporte des œufs, du beurre, des produits de la ferme. Mais l’homme ne se confie guère. Il n’est pas vraiment mutique mais cache jalousement sa vie privée, familiale.

Les villageois eux-aussi se posent de nombreuses questions et toutes les suppositions sont avancées. Arnaud est-il en fuite ? Certains affirment qu’il serait un repris de justice. Célia va jusqu’à affirmer qu’il est un espion.

Pendant ce temps, à Paris, dans le quartier chic jouxtant le Bois de Boulogne, Lucrèce d’Aigremont et son mari Xavier parlent de lui à demi-mots, sans le nommer. C’est toujours Il ou Lui. Xavier se montre plus conciliant tandis que Lucrèce voue une haine inextinguible envers l’écrivain. Quant aux enfants, Patrick qui va au lycée, et Catherine, quatorze ans, ils n’ont pas leur mot à dire.

Un jour, Arnaud Benaerts quitte le village et rejoint la capitale. Les habitants de Rosbourg, non prévenus, se posent des questions, lancent des rumeurs, alimentées par Célia. Marieké est déçue et Wilfride se rend compte qu’elle est tombée amoureuse d’Arnaud et le défend auprès de tous. Un gamin, qui s’avérera n’être autre que Patrick s’installe dans la masure, attendant Arnaud.

 

Ce roman d’amour et de haine psychologique procède par ellipses, les personnages apparaissant peu à peu mais leur rôle et leur rapport avec Arnaud se précisent par petites touches au fur et à mesure qu’avance le récit.

A la fin le lecteur saura quels liens attachent Arnaud et la famille d’Aigremont, et chacun des personnages dévoile sa véritable personnalité. La tension est alors à son comble.

Barbara Sydney n’est autre que Viviane Sirmen, épouse successivement Cambon puis Pernet, mais elle était surtout connue sous le pseudonyme de Liane Méry pour de très nombreux romans érotiques notamment chez Eurédif dans les années 1970.

Malheureusement, si elle a beaucoup produit, c’était souvent chez des éditeurs qui payaient mal, mettant parfois la clé sous la porte en oubliant de régler leurs dettes. Ce genre de mésaventure est arrivé à de très nombreux romanciers dits populaires, dont André Jammet qui signait Paul Berg ou encore Colonel Céruse. Des témoignages écrits le confirment.

 

Un seul geste. Un seul acte. Celui qu’espèrent toutes les femmes à un instant de leur vie : un baiser.

Mais ceux qui partent ne reviennent jamais tels qu’ils sont partis.

Première édition collection Nous Deux N° 231. Parution janvier 1965.

Première édition collection Nous Deux N° 231. Parution janvier 1965.

Barbara SYDNEY : Amoureuse de l’étranger. Collection Romance au coin du feu N°39. Editions Presses Sélect Ltée. Canada. Parution 4eme trimestre 1976. 176 pages.

Réédition de Cet inconnu dans la plaine. Collection Rose rouge N°8. France Sud Publication. 1976.

Première édition collection Nous Deux N° 231. Parution janvier 1965.

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18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 05:29

Les microbes d’antan n’étaient pas ceux de maintenant…

Microbes d’antan. Recueil de nouvelles recueillies et postfacées par Christian Soulignac.

Au sommaire de ce recueil des nouvelles écrites par Charles Epheyre, Gaston Vassy et H.G. Wells.

Le microscope par Gaston Vassy (1847 – 1885) met en scène Cornélius Schultz, docteur en mathématiques, en sciences physiques, en médecine, en théologie, auteur d’un ouvrage en vingt quatre volumes et ne vit que par l’achèvement du vingt cinquième traitant de l’influence des animalcules du sang humain sur l’équilibre de l’âme. Son voisin Zanello Zanelli a été surpris en train de vitupérer, de lancer des malédictions, de vouer aux gémonies le brave docteur et même de le considérer comme un rotifère. Cornélius invite donc son irascible voisin à lui rendre visite et se plaint de ne pas posséder un microscope assez puissant pour compter le nombre de facettes placées sur l’œil d’un infusoire polygastrique.

Cette aimable nouvelle est l’une des moult variations fantastiques du thème de Faust qui était à l’honneur à l’époque de sa parution, en 1873. Quant à Gaston Vassy, il fait partie de cette cohorte d’inconnus que l’on redécouvre aujourd’hui, aussi bien à travers cette parution, que par des revues spécialisées comme le Codex Atlanticus.

 

Le microbe du professeur Bakermann par Charles Epheyre (1850 – 1935). En ces derniers jours du mois de décembre 1935, le professeur Bakermann se frotte les mains de satisfaction. Il a trouvé le moyen de créer un nouveau microbe, plus redoutable que tous ceux déjà enregistré, le Bacillus morti-fulgurans. Et comme tous les soirs ou presque, il va fêter sa découverte entre amis, sans leur en parler bien sûr. Seulement sa femme n’apprécie pas du tout, premièrement qu’il s’encanaille à boire des chopes de bière et à jouer au piquet. Deuxièmement Madame Bakermann est jalouse et pense que son époux a conté fleurette avec une de leurs anciennes domestiques. Alors elle fait une incursion dans le laboratoire de son mari afin de découvrir de supposées lettres qu’Elisa (c’est le nom de cette servante) aurait écrites au professeur et ce qui devait arriver se produit. Elle a été exposée aux effets néfastes du bacille et elle en meure. Le docteur consulté affirme qu’elle a été contaminée par le Koussmi-koussmi du Dahomey. L’épidémie gagne la ville puis les pays environnants.

Une aimable digression sur le ravage provoqué par un microbe et la solution trouvée par le professeur pour le combattre. Mais au delà de cette incursion dans la science-fiction, ce texte a été publié en 1891, on pourra y voir une sorte de prémonition en rapport avec les guerres bactériologiques. N’oublions pas que Charles Epheyre situe son histoire en 1935, incidemment année de sa mort. Mais en 2020 cette nouvelle n’a pas perdu de son sens.

 

Un blanc qui deviendra nègre de H.G. Wells : Cette fois encore une variation sur la découverte d’un microbe et ses effets néfastes. Mais Wells traite son sujet avec humour et l’épilogue est une jolie pirouette. Ce texte a été publié en France en 1904, et selon l’éditeur jamais été réédité. L’occasion de découvrir une nouvelle écrite par l’auteur de La guerre des mondes, de l’Homme invisible, La machine à explorer le temps et autres romans tous plus connus les uns que les autres.

Microbes d’antan. Recueil de nouvelles recueillies et postfacées par Christian Soulignac. Illustrations de Lionel Bret. Collection Biloba. Editions Ginkgo. Parution juin 2003. 96 pages.

ISBN : 9782846790123

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15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 04:55

Cela change du noir…

Frédéric DARD et Robert HOSSEIN : Le caviar rouge.

Quittant l’hôtel Beau rivage sur les rives du lac Léman à Genève, Alex Golovsko mande à un taxi de le mener à Collex, où il a rendez-vous dans le Consulat d’Union Soviétique. Il a reçu un carton d’invitation et il parvient à La Chêsnerais, à pied, s’étant fait déposer auparavant, puis il s’engouffre dans le parc à l’abandon. Tout comme la demeure quelque peu décrépite.

Lorsqu’il arrive au perron, il aperçoit la silhouette d’une jeune femme. Elle s’avance et reconnait Nora, qu’il n’a pas vue depuis cinq ans. Autrefois ils formaient un fameux tandem et un couple, mais les temps ont changé. S’il est resté un espion, un tueur accrédité par les instances supérieures de son pays, Nora a abandonné la partie et s’est recyclée dans la gérance d’un salon de beauté.

Débute alors un huis-clos étouffant entre ces deux personnages qui ont beaucoup à se raconter, ce qu’il s’est déroulé pendant leur cinq années de séparation, la fille de Nora, et bien d’autres sujets de conversations. Du regret et un peu de jalousie, ou le contraire. Un troisième individu, accompagné de ses sbires, l’homme qui les a conviés à se réunir et qu’ils connaissent bien, se présente leur offrant un repas de gala. Les affaires sérieuses seront déballées plus tard. Au menu, caviar noir, le Russe, et caviar rouge, l’Américain. Les agapes sont servies par l’un des sbires tandis que l’autre homme de main se contente de s’adosser à la fenêtre, ses lunettes noires constamment sur les yeux.

Enfin, Youri Mikhaïlovitch, leur amphitryon, aborde le sujet, ou plutôt les sujets. Il veut qu’Alex accomplisse pour lui une enquête, ce sont les ordres des Instances supérieures. Il doit recueillir le témoignage de Nora concernant un certain Caïman. Encore un douloureux souvenir pour Alex, car c’est cet homme qui s’est interposé dans le couple qu’il formait avec Nora. Et, incidemment, il se demande, et d’ailleurs il pose la question à son ancienne coéquipière et maîtresse si sa fille est de lui ou du Caïman.

Youri possède trois photos, qu’il étale l’une après l’autre complaisamment. L’une montre Nora et le Caïman ensemble, une autre le saurien en compagnie d’un homme apparemment inconnu, la troisième enfin, mort, le visage ensanglanté.

Puis Youri les laisse en tête à tête. Seulement, ce qu’ignorent les deux anciens amants, c’est qu’ils sont surveillés par un système de caméra, et leurs propos sont enregistrés.

En incrustation, on suit un tueur s’infiltrant dans une résidence moderne, et dont la mission se dévoile peu à peu.

 

Roman d’espionnage certes, Le caviar rouge est surtout un roman psychologique mettant en scène deux personnages principaux, Nora et Alex, et celui qui les a convoqués, Youri, et quelques gros bras et comparses qui jouent les utilités.

Tout est dans la tension qui se dégage des affrontements entre les trois espions, ou anciens espions, les mensonges, les dénégations, les dénis, les soupçons des uns envers et les autres et réciproquement. On peut parler de machiavélisme sur fond de trahison, supposée ou avérée. Et le dénouement est implacable, avec une mise en scène théâtrale, du genre théâtre de rue dans le style Royal de Luxe.

Dans cette intrigue, qui a proprement parler n’en est pas une, il existe des petits moments de grâce, notamment de la part de Youri. Il est passionné par les oiseaux, et toutes ses pensées s’envolent vers les dizaines de volatiles qu’il possède et à leur comportement en cage, même lorsqu’il s’adresse à ses convives.

Ce roman est dédié ainsi :

A Candice, cette histoire écrite pour elle.

F.D    R.H.

Naturellement, il s’agit de Candice Patou, femme de Robert Hossein.

Ce roman a été adapté dans la foulée au cinéma, réalisé par Robert Hossein, scénario et dialogues de Frédéric Dard et Robert Hossein, avec dans les rôles principaux : Robert Hossein, Candice Patou, et Ivan Desny.

 

Frédéric DARD et Robert HOSSEIN : Le caviar rouge.

Le génie de l’homme se développe au service des technologies mais au détriment du cœur.

L’existence est pleine de gens qui se disent au revoir pour la dernière fois.

Frédéric DARD et Robert HOSSEIN : Le caviar rouge.

Frédéric DARD et Robert HOSSEIN : Le caviar rouge. Hors Collection. Editions Fleuve Noir. Parution juillet 1985. 168 pages.

ISBN : 9782265030282

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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 04:54

Donnez, donnez moi, Donnez, do-donnez, Dieu vous le rendra?

Howard ENGEL : Un privé dans les Algonquins

Aux Etats-Unis, les églises fleurissent comme des pissenlits au printemps dans un pré.

Il suffit d’avoir du bagout, une connaissance assez poussée des Ecritures, placer au bon moment une citation, être la victime consentante d’une vision, se sentir investi d’une mission, et vous voilà paré pour créer votre église.

La voix chargée d’émotion et de courroux, la diatribe aisée et virulente à l’encontre des pêcheurs, l’œil de velours hypnotiseur, tels son les atouts indispensables pour s’instaurer prédicateur. Il ne reste plus qu’à trouver les âmes en peine avides de salut et de les pressurer pour engranger quelques milliers, que dis-je, quelques millions de dollars.

Norbert E. Patten, fondateur de « L’Eglise Fondamentale » est dans une mauvaise passe. La Cour Suprême des Etats-Unis veut fourrer son nez dans le statut légal de cette église au sujet des impôts, et certaines personnes de son entourage commencent à déserter le bateau qui prend l’eau. Ils tentent de récupérer leur mise augmentée des intérêts : une modique somme d’argent qui s’élève à quatre cents millions de dollars.

Patten s’est réfugié au Canada, dans le Parc des Algonquins, sur les bords d’un lac, et Benny Copperman, détective privé juif, est chargé de le surveiller, et de l’empêcher de jouer les filles de l’air. Un petit boulot tranquille en apparence pour Benny qui va pouvoir allier les joies de la nature, la pêche par exemple, aux servitudes de son métier d’enquêteur.

Mais Benny ne se sent guère l’âme rurale et écologiste, lui qui a toujours vécu en ville. Heureusement l’opportunité lui est donnée de sauver la vie à Patten et par conséquent de faire la connaissance du prédicateur en fuite. Les journées sont assez relaxes : parties d’échecs ou de pêche, soirées dans une grange aménagée en compagnie de voisins aspirant au calme et à une semi-solitude. Mais le décès, non accidentel, d’Anéas, un guide indien, rompt la bonne entente qui régnait entre les divers personnages gravitant autour du motel.

 

Howard Engel a créé le personnage d’un détective privé sympathique et pour une fois sans problème, ce qui nous change de la profusion d’enquêteurs affligés d’une tare quelconque indispensable à leur renommée littéraire.

A part être juif et donc d’avoir des problèmes de conscience, d’effectuer ses enquêtes démuni d’armes à feu, d’apprécier modérément la campagne et de cuire ses œufs durs pendant trois quart d’heure, Benny Cooperman est un homme normal, un détective que l’on retrouvera avec plaisir.

 

Howard ENGEL : Un privé dans les Algonquins (Murder see the light – 1989. Traduction de Yves Manciet). Collection Fenêtre sur nuit. Editions du Rocher. Parution avril 1991. 278 pages.

ISBN : 9782268011271

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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