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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 13:35

Oncle Paul : Que faisais-tu avant d’écrire ?
Tout d’abord, j’ai toujours écrit. A dire vrai, il n’y a pas véritablement unM.-Obione---D.-Forma.JPG avant et un après. Simplement, il y a la prise de conscience, la soixantaine en vue, que ce que j’écrivais commençait à présenter un intérêt et une certaine valeur littéraire et qu’il était peut-être temps de le partager avec des lecteurs. Comme mes amis se plaisent à me le rappeler, je suis, en quelque sorte, un jeune auteur tardif.
Mon métier avant que mon activité salariée ne s’arrête ? J’étais magistrat, d’un genre particulier appartenant à l’ordre administratif, dans une juridiction financière. J’ai terminé ma carrière comme commissaire du gouvernement près d’une chambre régionale des comptes, une espèce de procureur financier. Auparavant, durant quelques années, j’ai été directeur régional des affaires culturelles, contrôleur financier, syndicaliste, percepteur, libraire.
Il se trouve que l’aridité de la matière et l’impersonnalité du style administratif n’ont pas entamé ton besoin d’écrire. Comment est venu justement ce besoin, cette envie ?
C’est un besoin que je partage avec beaucoup de gens, écrire est une pratique culturelle majeure dans notre pays notamment, une passion française, il suffit d’interroger les éditeurs qui évoquent l’afflux continu de manuscrits. Mais c’est l’amour des livres qui est à l’origine de mon orientation tardive vers l’écriture éditée. J’ai été un lecteur compulsif durant mon adolescence au point qu’une fois mon bac en poche j’ai voulu devenir libraire.
Si tes romans sont des romans noirs, dans tous les sens du terme comme dans Amin’s blues, toutefois l’humour s’invite parfois comme dans Gaufre royale. Dans lequel de ces genres tu te sens le plus à l’aise ?
Je dirais dans les deux. Cela relève certainement d’un certain éclectisme et d’un goût du plaisir d’écrire comme celui de la table qui peut varier d’un plat à un autre afin de ne pas se lasser de vivre tout simplement, car je pourrais me fixer sur un genre, c’est plus facile de se faire reconnaître lorsqu’on ne laboure qu’un seul type d’objet littéraire. Mais on aime bien caser, typer, et si l’on considère souvent comme une faiblesse artistique le fait de papillonner d’un mode d’expression à l’autre, je crois tout le contraire. Le jeu d’une palette stylistique multiforme, au-delà de l’histoire fictionnelle, m’intéresse davantage que de rouler sur des rails d’une voie sans bifurcations.
Dans Scarelife, c’est un peu un hommage à David Goodis que tu écris. Un auteur qui t’a marqué ?
Quand tu débarques sur la planète polar, tu as le sentiment que tout a étéscarelife1 écrit, et que toi, l’orgueilleux vermisseau, tu n’a sans doute pas grand-chose de neuf à inventer… C’est ce complexe paralysant que j’ai dépassé en décidant de revisiter les grands classiques du genre comme le roman de ring avec Amin’s blues, le road book avec Scarelife, les grandes figures archétypales du genre, comme le détective privé avec Gaufre royale. Quitte à subvertir les codes du genre pour mieux les pratiquer dans une contrainte féconde.
Dans Scarelife précisément, j’effectue un exercice d’admiration envers cette littérature américaine qui m’a passionné, envers Goodis en particulier. Ce n’est pas un pastiche, personne n’a trouvé de références tangibles renvoyant à de précédents romans noirs. Je me suis emparé de l’ambiance, de la lumière, du jus, si l’on peut dire, et j’ai raconté une histoire en utilisant une structure romanesque à trois étages. Le personnage Goodis m’a toujours intrigué. Les looseurs sont éminemment romanesques.
Tu n’as pas vraiment de personnages récurrents. Pourquoi ?
J’ai deux personnages récurrents qu’on trouve dans deux romans à la suite : Les vieilles décences et Le jeu du lézard. Il s’agit d’un flic et d’un juge, à la retraite tous les deux, qui ne s’embarrassent plus de procédure pénale lorsqu’ils tombent par hasard sur des magouilles criminelles. Ils appartiennent à la catégorie des nettoyeurs. Souvent, des lecteurs me réclament une suite que j’ai différée pour l’instant et peut-être pour toujours. En effet, le grand plaisir lorsque tu écris un polar (ou un autre type de roman, j’imagine) c’est la connivence qui s’installe entre l’auteur et les personnages qu’il fait vivre sous sa plume. Et ce processus est bien mystérieux surtout pour les personnes qui ne connaissent pas ce type d’expérience. Au fil de la création, il se trouve que les personnages évoluent, s’en viennent à réagir, te surprennent, tu peux les calmer, les mettre en lumière et même les zigouiller carrément. Cet aspect assez ludique participe du plaisir d’écrire ce type de littérature. Mais quand tu les fais exister de livre en livre, tu les connais par cœur en fin de compte, hormis les situations qui peuvent être différentes, leurs caractères demeurent identiques, ils ne te surprennent plus. Et simplement étoffer le plan du roman que tu as bâti avec les réactions des mêmes zigotos me rappelle trop des tâches répétitives de bureau pour me satisfaire vraiment.
Parallèlement à tes romans, cinq je crois, tu a écris de très nombreuses nouvelles, dont certaines ont été réunies en 2011 dans l’ouvrage Ironie du short. Pourtant il parait que les Français n’aiment pas la nouvelle. Le ressens-tu ainsi ?
ironiedushort11-copie-1.jpgJ’ai écrit plus d’une cinquantaine de nouvelles, regroupées en partie dans deux recueils : Balistique du désir, et le dernier L’ironie du short. Le petit véhicule de la nouvelle me convient, ce format court, cette sorte de pochade littéraire stimule mon plaisir d’écrire, car elle dit tout du geste artistique comme chez le peintre. La nouvelle est un terrain d’aventures pour les littérateurs en devenir. J’ai fait mes premiers pas, comme beaucoup, en écrivant des nouvelles. En répondant à de nombreux concours qui pullulent. On dit communément que faire court, c’est un art à part entière, je ne sais pas, je m’y sens à l’aise avec les couleurs, les odeurs, la vie, la mort, tu ne te prends pas la tête pendant des mois, en quelques pages tout est dit.
Il y a un lectorat de la nouvelle, il est limité du fait d’un certain nombre de facteurs qu’ils seraient trop long d’analyser ici. Mais beaucoup de nouvelles sont publiées, j’ai été étonné de lire à l’occasion du prix Boccace promu par l’association Tu connais la nouvelle la liste des recueils édités dans l’année et la diversité des maisons d’édition. Les récitals de nouvelles lues à haute voix se développent, le chargement sur les liseuses des nouvelles (au format numérique) est en passe de prendre. Le fond consacré aux nouvelles policières et noires, développé par Frédéric Prilleux et son équipe à Pordic, au sein de La Noiraude est exemplaire. On rêve pour la nouvelle du statut dont elle dispose dans les pays anglo-saxons. Faisons un rêve. Il suffirait peut-être d’une campagne promotionnelle à grande échelle et d’un travail plus constant dans les écoles en axant les programmes sur la lecture et l’écriture de fiction courte. Si j’ai des modèles parmi les nouvellistes, ce serait Marc Villard et son compère Jean-Bernard Pouy. Ils ont d’ailleurs tous les deux préfacés mes deux recueils.
Je profite de cette interview pour t’informer que Krakoen lance une nouvelle collection PETIT NOIR au début 2012. Ce sont des petits poches de 20 pages, comprenant une unique nouvelle à lire dans les bistrots sur le zinc ou en terrasse, le temps d’un café (ou sur une liseuse). J’inaugure cette collection avec Gun, l’histoire d’un petit maquereau qui apprendra à ses dépends que la concurrence en matière de tapin profite toujours aux gros barbeaux.

N'oubliez pas de visiter le blog de Max Obione Ici
Vous pouvez retrouver ma chronique de Scarelife Ici et celle de L’Ironie du short Ici.
La seconde partie de l'entretien est ici 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 14:40

Pourriez-vous vous présenter et parler de votre parcours avant la publicatioimg262n de votre premier roman, Nature morte à Giverny paru chez Alain Bargain en 1999.
Agrégée des lettres classiques j’ai enseigné au Lycée de Sèvres pendant toute ma carrière, dans les classes de baccalauréat, les classes préparatoires et les classes à option « cinéma et audiovisuel ». J’ai également animé le premier sutdio en circuit fermé et produit des émissions liitaraires pour la télévision scolaire. J’ai publié des ouvrages scolaires dont l’analyse de La Bête humaine de Zola, dans la collection Profil d’une œuvre chez Hatier. Comme par hasard, j’avais choisi un roman dont l’intrigue est criminelle !
Vos romans proposent deux thématiques : la fin du XIXème et le début du XXème siècle et l’art pictural. Deux passions qui vous poussent à écrire ?
Pour l’époque dans laquelle s’inscrivent mes récits, il se peut que ce soit à cause de l’ambiance dans laquelle j’ai été élevée. Je ne suis tout de même pas contemporaine de la Goulue, mais ma grand-mère paternelle et mon père avaient des disques des chansons du Lapin à Gil, d’Yvette Guilbert, et à quatre ans je connaissais une partie du répertoire de Bruant  En outre les nombreux documents dont on dispose permettent d’imaginer sans peine ce qu’était Paris à l’époque, notamment le Butte Montmartre qui semble n’avoir guère changé, il est donc plus facile d’y inscrire une histoire.
Quant à la peinture, c’est pour moi un grand centre d’intérêt, et j’ai tenté avec mon premier roman sur Monet de traduire avec des mots l’ambiance de certains tableaux en adaptant mon écriture à celle du peintre : légère et « impressionniste » pour Giverny, plus âpre et violente pour les romans dont Lautrec est le héros.
Toulouse-Lautrec apparaît dans Sanguine sur la butte, Danse macabre au Moulin Rouge, juste évoqué dans Meurtre au cinéma forain. Un attrait particulier pour ce peintre ?
Oui. J’aime la rapidité et la force de ses dessins, la puissance de ses peintures, et j’ai appris à le découvrir en travaillant sur lui et en lisant sa correspondance et celle de ses amis. En outre sa position entre le monde de l’art, du spectacle, du demi-monde et des prostituées dont il était autant l’ami que le client, offrait de très intéressantes possibilités d’intrigues.
 

danse macabre

MelièsSanguine butte

 

Je suppose que ce genre de romans historiques demande beaucoup de recherches. Comment travaillez-vous, vous documentez-vous ?

Je prépare pendant plus d’un an ma documentation avant de me lancer dans l’histoire (précisons toutefois que j’ai beaucoup d’autres occupations, petits-enfants, voyages, sorties, donc je ne suis pas vissée chaque jour à ma table de travail !). Je lis les ouvrages concernant mon héros, ses contemporains, rencontre parfois – c’est une chance – ses descendants directs ou indirects qui s’intéressent à mes projets. Je vais, pour certains faits divers, travailler aux archives de la police. Pour mon roman Piège de feu à la Charité j’ai pu consulter, et c’est très émouvant, la main courante du commissariat des Champs Elysées, ou heure après heure, jour après jour sont relatées les étapes de la catastrophe (causée par une maladresse lors de la projection de films), la liste des victimes, celle des objets retrouvés sur les lieux, autant de drames intimes dans le drame collectif. Et j’ai eu la surprise qu’un descendant du commissaire dont j’avais gardé le nom reconnaissance son aïeul et me remercie de lui avoir donné une seconde vie !
Meurtre au cinéma forain vous a-t-il été suggéré par le cent cinquantenaire de la naissance de Méliès ?
Non, c’est un pur hasard ! Je ne l’ai découvert qu’en correspondant avec son arrière petit-fils dont les informations, sollicitées tout au long de l’écriture du roman, ont été extrêmement précieuses. Je suis heureuse que mon livre ait été ressenti comme un hommage par sa famille ; sa petite-fille m’en a d’ailleurs remerciée.
Avez-vous d’autres romans en cours d’écriture concernant cette époque?
Non, pas pour le moment. Je ne voudrais pas m’enfermer dans cette période ni faire de mon commissaire Berflaut un personnage trop longtemps récurrent.
Votre précédent roman, publié début 2011 sort complètement de cette requiemthématique. Il s’agit de  Requiem pour un jeune soldat, aux éditions Nouveau Monde, dont l’action se déroule au pied de Monte Cassino. Comment vous est venue l’idée de cette histoire qui peut s’apparenter à un récit ?
Lors d’un voyage, j’ai découvert la tombe d’un jeune soldat autrichien dans le cimetière des moines d’un couvent cistercien de Casamari, proche de Monte Cassino. Frappée par le fait qu’il n’y a jamais de sépulture de laïc dans un cimetière monacal, j’ai écrit au père abbé qui m’a expliqué la raison pour laquelle ce jeune soldat tué à vingt ans à Monte Cassino reposait parmi les moines. Emue par cette histoire, j’ai décidé de faire revivre ce jeune soldat en lui donnant un double littéraire, et j’évoque les épisodes, connus ou moins connus, de cette terrible bataille et la destruction inutile du célèbre monastère.
C’est un ouvrage auquel vous tenez beaucoup. Pourquoi, et a-t-il été plus difficile à écrire que les autres ?
J’y tiens pour des raisons personnelles que mes amis devinent dans la dédicace. Il a été plus difficile à écrire que les autres parce que je ne suis pas historienne et qu’il m’a fallu étudier les épisodes de cette phase de la campagne d’Italie, me familiariser avec le vocabulaire des armes, ainsi qu’avec la vie monacale ; j’ai choisi pour narrateur le moine qui avait assisté le soldat tout au long de son agonie ; « parler moine » était un exercice de style intéressant. Enfin je voulais faire passer l’émotion sans tomber dans le pathos et il me semble d’après les nombreuses réactions de lecteurs qu’ils y aient été sensibles.
Nature-morte.jpgVous avez publié trois romans chez Alain Bargain. Si c’était à refaire, le referiez-vous et avez-vous gardé de bonnes relations avec cet éditeur ?
Je ne crois pas que je le referais car la maison Bargain est spécialisée, et y réussit d’ailleurs très bien, dans le roman régional, ce qui est tout de même réducteur quand on a pour ambition d’écrire autre chose que des intrigues dont l’essentiel est de parcourir une ville ou un site en intéressant surtout les lecteurs habitant la région.
Je n’ai pas gardé de bonnes relations avec cet éditeur qui n’a guère de considération pour ses auteurs - c’est le moins qu’on puisse dire.
Vos projets en général ?
Mener à bien deux ou trois textes dont je ne suis pas encore satisfaite (un roman sur la Toscane, deux autres textes sur le cinéma), et … leur trouver un éditeur.
Egalement continuer à faire des conférences-dédicaces autour des personnages ou des événements abordés dans mes livres.

A lire également un entretien réalisé par René Barone et publié ici

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 13:50

GUIEU Jimmy , de son véritable pseudonyme Henri-René Guieu, est né le jimmy-guieu.jpg19 mars 1926 à Aix en Provence, et est décédé le 2 janvier 2000 dans des conditions mystérieuses selon certaines sources. Jimmy Guieu a également écrit sous les noms de Dominique Verseau, Claude Rostaing, Claude Vauzières et conjointement avec Georges Pierquin sous le nom de Jimmy G. Quint, des romans d’espionnage.

A l’âge de sept ans, une tante l’a abonné à une revue pour enfant et c’est ainsi qu’il a été fasciné par la lecture. Trois ans plus tard, un camarade de la cour d’école, un grand comme il l’appelait, et qui s’intéressait à l’alchimie et à la philatélie l’initie à l’ésotérisme. En réponse à l’avalanche de questions passionnées que Jimmy lui posait, ce “ grand ” (Guy Ehmard, âgé de 16 ans) lui répondit : ”étudie et tu comprendras ”.

Impressionné par la forte culture de ce “ grand ” qui sut donc l’intéresser au monde étrange de l’occultisme et de la Tradition, Jimmy Guieu éprouva à son contact la soif d’en savoir davantage, non seulement en ces domaines mais aussi par une sorte d’effet boule de neige, sur l’archéologie, la géographie, la géologie, la chimie (file moderne de l’alchimie), l’astronomie, voire la psychiatrie… L’occupation, la barbarie nazie le révoltent et à l’instar d’innombrables jeunes, il entre dans la Résistance.. à l’âge de seize ans et demi ! A dix-huit ans, il est instructeur de sabotage et agent d’un réseau-action opérant dans le Midi de la France. Arrêté par la Gestapo, interné à la prison des Beaumette (Marseille), désigné pour la déportation, il simule la folie, berne deux psychiatres allemands et se voit libéré… pour reprendre aussitôt du service et gagner le maquis de Dompierre-sur-Yon (Vendée). A la Libération,  il doit alors songer à gagner (fort mal) sa vie en devenant représentant de commerce en toutes sortes de camelotes infâmes (nous sommes en 45-46) puis en faisant de l’assurance, voire de la photo-stop sur la voie publique. Il s’orienta un temps vers l’import-export et séjourna au Maroc (Tanger et Casablanca). A son retour en France il devint l’imprésario d’un orchestre, puis son animateur et chanteur (Fleuve Noir Info N°53 – 1969).

Guieu-Jimmy-La-Grande-Epouvante-Livre-754724238_ML.jpgEn 1952 Jimmy Guieu écrit son premier roman : Le pionnier de l’atome. Qu’il regrette fort d’avoir écrit dans un style qu’il juge sévèrement aujourd’hui…, après dix-sept ans de métier, il est vrai (FNI 53). En 1953, il publie deux ouvrages documentaires qui font autorité : Les soucoupes volantes viennent d’un autre monde et Black-out sur les soucoupes volantes lequel est préfacé par Jean Cocteau.

A partir de 1947, Jimmy Guieu est captivé par le phénomène des soucoupes volantes et devient l’un des pionniers de l’ufologie européenne. Et dès 1951 il collabore aux premières enquêtes des chercheurs français et étrangers, fondant l’IMSA (Institut Mondial des Sciences Avancées – World Institute of Advanced Sciences). En 1993 il participe à la création de l’UECDS (Union Européenne de Chercheurs pour le Droit de Savoir) et est nommé conseiller technique. Il est en outre consultant du CEOF (Centre d’études OVNI/France). Ce chemin, ou plutôt une autoroute parcourue par Jimmy Guieu, débute au Fleuve Noir par des documentaires et des romans dits d’anticipation. Parmi les documentaires qu’il a écrit, sa préférence allait Nos Maîtres les Extra-terrestres, ou EBE, parce que, et je cite madame Lucia Guieu : faisant preuve d’une clairvoyance peu commune et une grande soif de vérités, il se sentait impliqué pour la défense du droit de savoir. L’on ne s’étonnera pas dans ce cas que ses deux livres de chevet étaient la Bible et Le matin des magiciens de Berger et Pauwels. En littérature en général il aimait aussi bien le fantastique, l’ésotérisme, la parapsychologie et les auteurs français et anglo-saxons travaillant sur l’ufologie.

Afin de mieux connaître la personnalité, plongeons nous dans un article du Fleuve Noir Informations (n°138-1979) via quelques questions dites indiscrètes posées par Bernadette Laffont.

-      Comment avez-vous été amené à écrire des romans d’anticipation ?
En lisant Pascal. La fameuse “ Pensée ” : ”Qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout ”.

-      A quel âge avez-vous commencé d’écrire ?
A douze ans, un feuilleton que je contais à mes copains de classe contre la modique somme de 25 centimes l’épisode. Ne l’ébruitez pas : je n’ai jamais déclaré ces droits d’auteur à mon percepteur !

-      On m’a dit que vous avez été chanteur de charme ?
J’ai été chanteur de charme, c’est une autre histoire, de 1948 à 1951.

-      Quel genre aviez-vous adopté ?
Je m’efforçais d’imiter deux chanteurs que j’aime beaucoup : notre ami Henri Salvador et Georges Ulmer.

-      Avez-vous beaucoup voyagé ?
Durant la guerre, membre d’un réseau du S.R.., j’ai fait une quinzaine de fois le tour de France pour assurer des liaisons ; par la suite, j’ai parcouru l’europe et l’Afrique. Un bref séjour aux States, un autre à Tahiti.

-      Quelles langues parlez-vous ?
L’anglais (avec l’accent américain !), l’espagnol, l’italien, quelque peu le tahitien…

-      Où Allez-vous chercher les noms étranges de vos personnages extra-terrestres ?
Dans le “ code national français ”, un monumental ouvrage servant à coder les câbles ou lettres intéressant le commerce d’import-export. Dans les innombrables groupes de consonnes et de voyelles formant des onomatopées bizarres, je choisis ceux qui me paraissent les mieux “ prononçables ”, je les divise, les associe ou les transforme afin d’obtenir des noms “ propres ”.

-      En dehors de la littérature, quelle profession auriez-vous aimé exercer ?
Celle d’archéologue ou d’électronicien.

-      Comment travaillez-vous ?
Le matin, en général, mon courrier, des articles pour la presse ou préparation d’émissions radiophoniques. De 13 heures 30 à 21 heures, ponte quotidienne. Reprise du chapitre en cours à 22 heures jusqu’à minuit ou davantage. Ensuite, un soir sur deux, j’étudie un ouvrage scientifique. Les autres soirs, une heure de détente avec un Anticipation, un Policier ou un Espionnage.

-      Croyez-vous vraiment à l’existence des soucoupes volantes ?
 Croyez-vous vraiment que la Terre tourne ? La négation de cette question procède du même esprit que la négation de la précédente.

-      Avez-vous une devise ?
“ Hors des cages de la vie, il n’est d’issue que le savoir ”. H.G. Wells.

-      A travers vos romans, l’on sent cette confiance en un avenir meilleur pour l’humanité. Est-ce votre propre conviction ou bien un simple décor littéraire ?
L’humanité, cela ne date pas d’hier, est soumise à un phénomène de croissance. Tout comme chez l’individu, elle traverse des périodes crises cycliques, mais son évolution générale va en s’améliorant, quoi qu’on en dise. Nous connaîtrons encore quelques remous, certains catastrophiques et à l’échelle planétaire : de ces convulsions, psychiques ou matérielles, naîtra une espèce nouvelle, sans doute meilleure et différente sur le plan mental, psychique. Déjà certains indices annoncent cette race.

Jimmy Guieu, reconnu comme l’un des piliers de la collection Anticipation Guieu-Jimmy-La-Voix-Qui-Venait-D-ailleurs-Livre-164816830_M.jpgdu Fleuve Noir, est un auteur à part, car sa Science-fiction aborde des problèmes capitaux qui concernent directement notre Terre et notre Epoque, même s’ils semblent avoir pour cadre une lointaine planète perdue dans un passé et un avenir accessible à tous. L’univers “ guieuvien ” est celui des mystères qui entourent les Origines, le Présent, et le Devenir de la race humaine. Chaque roman de cet auteur est un “ message ”. Guieu pressent une grande Vérité cachée, et son but est plus de communiquer au lecteur les hypothèses les doutes qui lui viennent à l’esprit, que de faire œuvre de simple romancier. C’est un prédicateur qui a choisi cette voie comme d’autres choisissent le porte à porte (Jean Giraud dans Horizons du Fantastique).

Si le grand axe qui régit l’œuvre de Jimmy Guieu est la visitation et la surveillance de la Terre par des êtres d’une autre planète qui ne cherchent qu’à favoriser en secret l’épanouissement de l’homme voir (Anticipation N° 31, 36, 41, 45, 47, 51 54, 58, et 72) au travers des aventures de Jean Kariven et ses amis, quatre autres thèmes sont également abordés : la mise en garde quasi permanente contre l’utilisation inconsidérée de l’énergie atomique, le danger que représente l’accumulation de ses radiations, son côté humaniste et sa haine du racisme sous toutes ses formes, et le rôle joué par les sociétés secrètes, Temple et Alchimistes par exemple. Sans oublier que l’œuvre de Guieu pose cette question fondamentale et récurrente : Que va devenir la race humaine ?

Comme le souligne toujours Jean Giraud dans son article :Héritier de Charles Fort et précurseur dès 1954 du Matin des Magiciens, en raison de sa foi en l’avenir de l’homme et parce que pour lui espoir et confiance ne sont pas des mots vides de sens, Monsieur Guieu mérite qu’on l’admire et qu’on le respecte en tant qu’Ecrivain de Science-fiction à part entière.

Jimmy-Guieu.JPGIl ne faut pas oublier non plus que Jimmy Guieu fut conférencier, producteur radiophonique, et de Radio-Monte-Carlo à l’ORTF de Marseille, le spécialiste des émissions de vulgarisation scientifiques, de documentaires et d’émissions pour les jeunes. Il produisit également un mardi sur deux, à 19H30, les carrefours de l’étrange une émission qui passionna les auditeurs, et assura une rubrique de l’insolite dans la revue Provence-Panorama. En 1954 L’homme de l’espace reçut le Grand Prix du Roman de Science-fiction et en 1969 L’ordre Vert le prix du roman ésotérique.

Les dictionnaires consacrés à la Science-fiction oublient souvent l’apport des auteurs français, oblitérant leur popularité parce que justement ils étaient trop populaires pour la masse de lecteurs friands d’évasion. Jimmy Guieu n’échappe pas à la règle et Roger Bozzetto écrit, dans La Science-fiction, l’encyclopédie de poche dirigée par Denis Guiot, J.P. Andrevon et G.W. Barlow (MA éditions – 1987) : c’est la cohorte des J. Guieu, des Richard-Bessière, des M. Limat, etc. à qui l’on ne peut rien reprocher que d’être des contre exemples pour la S.F. à un moment (depuis 1960) où elle se veut une dimension originale de l’imagination, et se présente comme “ fiction spéculative ”.

La jalousie des uns est toujours attisée par le succès des autres, et les critiques peuvent décrier tel ou tel auteur, telle ou telle production, tel ou tel ouvrage, la vox populi aura toujours raison. Et si Jimmy Guieu eut pendant cinquante ans, et en a encore aujourd’hui, malgré l’oubli et le rejet des intellectuels de la S.F., c’est peut-être justement parce qu’il a su toucher la corde sensible à travers ses écrits, qu’il a su donner une quatrième dimension à la littérature d’évasion.

Richard D. Nolane a publié un très bel article sur Jimmy Guieu que vous pouvez retrouver ici. Les éditions Rivière Blanche proposent quelques romans et nouvelles inédites de Jimmy Guieu. A découvrir ici.

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 10:36

De son véritable patronyme Martiniani Marc, né à Toulon le 30 décembre 1 9M.-Malte.JPG67, Marcus Malte habite depuis plus de quarante ans à La Seyne sur mer. Après un bac littéraire il se tourne vers le 7ème art, obtenant une licence d’études cinématographiques et un CAP de projectionniste. Il également été musicien, thème qui se retrouve dans ses livres. Il aime la vie, les hommes, les femmes et le reste. Ce qui l’amène à déclarer “ rien d’extraordinaire dans ma vie ! » Il lit depuis qu’il sait lire et écrit depuis qu’il sait écrire. Une profession de foi. “C’est essentiellement une question de plaisir (pour moi et pour essayer d’en procurer autour de moi). Je ne cherche pas particulièrement à faire du Noir ou de la littérature pop. C’est ainsi ou plutôt je fais ce que je peux ! ”

Si on lui demande parmi sa production quel est l’ouvrage qu’il préfère, il répond modestement : Aucun de mes romans ne plaît entièrement. Seulement quelques phrases dans chacun. Quand j’en aurai écrit 200, je rassemblerai peut-être les meilleurs morceaux. Dans le domaine littéraire, il privilégie le polar, le roman noir. Mais il n’est pas toujours certain que ce soit de la littérature populaire. Sinon tout, quand c’est bon avec toutefois une préférence pour Giono, qu’il met au dessus du lot. Parmi les romanciers plus spécifiquement noirs ou policiers, il aime à l’instar de beaucoup de ses confrères Chandler, Goodis, Manchette. Mais il professe surtout une vive admiration pour Frédéric Dard/San-Antonio. Une anecdote qu’il narre volontiers : ”Le premier de ses bouquins sur lequel je suis tombé s’appelait San-Antonio chez les Gones. Il traînait depuis un bon moment entre les deux banquettes de la vieille voiture de mon père. Je l’ai ramassé, dépoussiéré, ouvert, j’en ai lu une partie, puis je me suis arrêté et l’ai mis de côté. Parce que j’avais 12 ans. Je sortais à peine du Club des Cinq et de Fantômette. San-Antonio, je n’y comprenais pas grand chose. Sa langue, son style, ses mots, tout ça, c’était trop nouveau pour moi, trop original. Une explosion. Je sentais que beaucoup de choses me dépassaient, je sentais en même temps que c’était dommage, parce que c’était précieux et qu’il n’en fallait rien perdre. Bref, ce n’était pas le moment. Patience. J’y suis revenu quelques années plus tard. J’y suis encore et toujours. ”


Mais Marcus Malte ne fait ni du San-Antonio, ni du Frédéric Dard. Il écrit du Malte, se bonifiant à chaque livraison. Il débute dans la collection Noirs du Fleuve Noir avec Le doigt d'Horace (1996,) puis Le lac des singes (1997) mais Carnage Constellation (1998) est sans aucun le roman qui aurait dû mériter un prix en 1998, de par cet humanisme qui s’en dégage, sa construction fouillée, travaillée, ses personnages qui tentent de se surpasser tout en refusant le titre de héros. Et, sans vouloir déflorer l’intrigue et l’atmosphère de ce roman, disons que Marcus Malte a écrit des morceaux d’anthologie dans lesquels l’amour prend le pas sur l’érotisme. Ensuite il émigre aux éditions Zulma où là encore, il se fait remarquer par des ouvrages emprunts de poésie, de musique, gardant son style particulier, et ses personnages décrits tout en émotion : Et tous les autres crèveront, La part des chiens, Mon frère est parti ce matin..., Intérieur nord, Garden of love, Toute la nuit devant nous. Garden of love est peut-être le roman qui aura le plus marqué les lecteurs et obtenu une grande diffusion nationale, sortant du carcan des amateurs de romans noirs, obtenant le Grand Prix Littéraire des lectrices de ELLE 2008. Mais Marcus Malte écrit aussi des romans pour enfants et adolescents, publiés chez Syros ou Pocket Jeunesse.


Mais cet article ne serait pas complet sans la chronique de son dernier roman paru en janvier 2011 à la Série Noire avec pour titre tout l’univers musical de Marcus Malte :  Les Harmoniques.

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 17:28

Ecrire une biographie de Jean-Pierre Ferrière, sans évoquer son année comme secrétaire de Brigitte Bardot, serait inconcevable, mais en même temps répétitif, car tous les Ferriere2.jpgarticles qui lui sont consacrés indiquent cette époque. D’autant qu’il tenu cet emploi que neuf mois. Mais paradoxalement parmi la longue liste des adaptations cinématographiques tirées de son œuvre B.B n’aura jamais été au générique. C’est une autre actrice, une comédienne que Jean-Pierre Ferrière vénère, pour laquelle il voue une admiration sans borne et qui interprétera les rôles féminins dans des films auxquels il participera souvent comme scénariste et qui figure en couverture du recueil Dérapages : Danielle Darrieux.


Mais revenons sur le parcours de cet écrivain qui se fait rare et donc précieux.

Ferriere4.jpgNé le 4 mars 1933 à Châteaudun, chef-lieu d’arrondissement du département d’Eure-et-Loir et qui servira de décor dans bon nombre de ses romans sous l’appellation de Châtignes, Jean-Pierre Ferrière quitte la France à dix-sept ans pour ne pas passer son bac et se rend par goût de l’aventure au Maroc. Entre 1950 et 1955 il anime des émissions radio, jusqu’à trois émissions par jour sous des noms différents. Durant cette période il s’est mis à écrire, tous les jours. Puis il part au service militaire. De retour à Paris, en lisant les petites annonces dans un journal, il tombe par hasard sur celle-ci : Comédienne cherche secrétaire. Téléphoner n°… Il répond à la convocation et se retrouve en compagnie de sept postulantes. Il est le seul représentant masculin mais c’est lui sera choisi, car Vadim préfère engager un homme susceptible de pouvoir protéger sa femme dans la foule.


  Cadavres-en-soldes.jpg

Entre temps Jean-Pierre Ferrière avait soumis des textes de pièces-radio à des personnes qui par hasard connaissaient l’éditeur Frédéric Ditis. Celui-ci lui commande un roman policier. Aussitôt demandé, aussitôt fait et Cadavres en soldes, un véritable succès, parait dans la collection La Chouette en janvier 1957. Il s’agit de la première apparition des sœurs Bodin, un cycle qui comportera sept titres. Des romans humoristiques dans lesquels deux vieilles filles, Berthe et Blanche, jouent aux détectives. Puis Jean-Pierre Ferrière passe au roman noir avec Les Veuves. Lorsque Frédéric Ditis décide d’abandonner sa ligne éditoriale consacrée au roman policier en 1963, Jean-Pierre Ferrière entre au Fleuve Noir dans la collection Spécial Police, collection dans laquelle il se cantonnera, excepté quelques romans édités dans la collection Grands succès et qui seront souvent réédités. La femme en néon, La nuit de Madame Hyde, Le carnet noir de Rosemonde Talbot.


Femme-en-neon.jpgOutre les sœurs Bodin, Jean-Pierre Ferrière avait entamé un cycle consacré à Evangeline mais il est contraint de la mettre de côté, car sa production destinée pour le Fleuve Noir est justement plus noire. Il la mettra toutefois en scène encore une fois dans La mort en sautoir, car il s’agissait d’un roman, quelque peu retapé qui devait être destiné à Ditis. Mais Evangeline réapparaitra dans une série télévisée.


Il ne s’est pas intéressé au roman d’espionnage, parce qu’il lisait des romans policiers de gens comme Sébastien Japrisot, auteur qu’il estime beaucoup. D’ailleurs ses auteurs de prédilection ont pour nom, outre Japrisot, William Irish pour son côté romantique, Simenon, Fred Kassak, Patricia Highsmith…

Il œuvre de préférence dans le suspense psychologique avec des personnages de femmes, attachants et évolutifs. Et les femmes sont des protagonistes récurrents, ce qu’il explique par des souvenirs d’enfance. Ou alors j’ai été traumatisé par les films de Bette Davis et de Joan Crawford ; je les ai tous vus. Je crois d’ailleurs que c’est Max Ophüls, j’ai vu Lola Montès plus de vingt fois, qui a dit : le cinéma pour moi, c’est faire faire de jolies choses à de jolies femmes ! Pour moi le roman policier c’est faire faire d’horribles choses à de jolies femmes. Le thème principal de ses romans se décline ainsi : C’est presque toujours un personnage de femme qui a quarante ans, Monstressesquarante-cinq ans, dont la vie est terminée et à qui s’offre une chance, une possibilité nouvelles. N’ayant rien à perdre, elle s’y donne entièrement, en ne reculant devant rien. C’est le dernier frisson.


Très rapidement le cinéma s’est intéressé aux romans de Jean-Pierre Ferrière. C’est ainsi qu’a été adapté en 1962 Cadavres en vacances avec Simone Renant, Roger Coggio, Noël Roquevert et dans le rôle des sœurs Bodin, Jeanne Fusier-Gyr et Suzanne Dehelly. Dans une mise en scène de Jacqueline Audry, dialogues de Pierre Laroche. Ensuite, en 1963, Les Veuves devenu Du grabuge chez les veuves ! un titre que n’apprécie guère Jean-Pierre Ferrière. Réalisé par Jacques Poitrenaud, dialogues d’Albert Simonin (d’où le titre) les personnages principaux étaient interprétés par Danielle Darrieux, Darry Cowl et Jean Rochefort. D’autres films ou téléfilms suivront comme Constance aux enfers, Divine, Une atroce petite musique, La mort en sautoir, avec Danielle Darrieux, Michèle Morgan, Alice Sapritch... films auxquels il collaborera souvent comme scénariste et dialoguiste. Avec Ricet-Barrier il signe une comédie musicale en 1972 : La Femme-femme, avec Rosy Varte et Philippe Lemaire.


A l’origine, Jean-Pierre Ferrière voulait devenir réalisateur, et non pas devenir écrivain. Le hasard en a décidé autrement. Mais il reste toutefois une constante de l’école de la radio qui réside dans la qualité des dialogues. Et c’est peut-être cette passion pour le cinéma, et l’espoir contrarié de travailler pour le cinéma, que très souvent l’intrigue propose une héroïne évoluant dans le monde cinématographie. Dans les romans policiers, on tue toujours par amour, par passion, on tue pour venger quelqu’un, etc., ou pour de l’argent, mais le comédien qui est prêt à tout pour devenir ou redevenir une vedette, je trouve que cela nous change des motifs habituels.

Sa définition du roman policier : C’est un conte pour vieux enfants !.

Sources : correspondance personnelle avec l'auteur et Mystère Magazine n° 280 de juin 1971.

Vous pouvez également retrouver un entretien avec Jean-Pierre Ferrière grâce à René Barone ici

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 14:02

La parution du nouveau roman d’Alexis Lecaye : Loup y es-tu ? m’incite à vous proposer un entretien avec l’auteur réalisé pour la revue 813 et publié en 1996. C’était à une époque au cours de laquelle Alexis Lecaye était fort occupé par la série télévisée Julie LescautLecaye.jpg dont il est l’heureux papa.

Né le 22 août 1951, cet homme que l'on ne voit guère, pour ne dire pas jamais dans les festivals et autres lieux de rencontre des auteurs de polars - oubli de la part des organisateurs ou préférence de l'écrivain à rester claquemuré dans son antre ? Après une maîtrise d'histoire, quelques petits boulots, une incursion dans le cinéma et la composition de story-boards, a disséqué pour le Monde les parutions de S.F. en tant que chroniqueur. Puis peut-être pour contredire Ky, lequel affirme dans Pour le Roi de Prusse (L'Atalante) que « La plupart des critiques ne savent pas écrire de livres et pourtant ils savent comment faire », Alexis Lecaye s'est investi dans la rédaction d'ouvrages, essayant sa plume tout d'abord en composant un essai "Les pirates du Paradis" qui traite de la SF, bien évidemment, puis dans l'écriture de romans policiers.

D'abord, première question, celle que je posais in petto et en préambule, pourquoi ne vous voit-on jamais dans les festivals ? Pour les raisons déjà évoquées ou par pudeur, par timidité, parce que vous ne vous sentez pas à l'aise au contact de vos confrères ?
Parce que je me sens plus à l'aise devant mon micro ordinateur ou à une réunion de travail avec moins de six personnes.

Si la SF vous intéressait, pourquoi ne pas avoir continué dans cette voie en écrivant des romans de ce genre ?
Parce que j'avais plus de plaisir à en lire qu'à en écrire. Et je n'étais pas mûr pour l'écriture.

Et maintenant cela ne vous tente plus ? La SF serait-elle plus difficile à écrire que le Polar, car ne vous sentant pas mûr pour l'écriture vous vous êtes lancé quand même dans la rédaction d'ouvrages historico-policiers ?
Tout est difficile. Parfois on a envie d'écrire certaines choses, et d'autres fois, on a envie d'écrire d'autres choses. D'autre part un auteur ne peut faire complètement abstraction du public. Y'a-t-il encore des lecteurs de SF ?

dissolution.jpg"La dissolution" est votre premier roman publié. Est-ce le premier écrit ?
Oui

Plus que l'histoire et l'intrigue, était-ce la plongée parmi les militants d'un parti politique qui vous tenait le plus à cœur ?
Oui. Enfin la plongée dans le milieu étudiant des années 70.

Le deuxième roman "Marx et Sherlock Holmes" vous consacre, en tant qu'auteur. Vous vous attaquez à un mythe et en même temps vous plongez dans l'histoire, plongée que nous retrouverons dans d'autres œuvres telles que "Les chemins de Sigmaringen" ou "Les carnets secrets d'Hyppolite Vernet". Quelle place accordez-vous à l'Histoire avec un grand H ?
J'aime l'Histoire. J'éprouve un intérêt particulier pour le 3ème tiers du XIXème siècle.

Outre "Marx et Sherlock Holmes" vous ajoutez à la fameuse saga holmésienne un second roman "Einstein et Sherlock Holmes". Ce personnage vous-a-t-il profondément marqué lors de vos lectures enfantines ?
On peut le dire.

Seriez-vous tenté aujourd'hui de jouer avec d'autres personnages de la littérature policière et lesquels ? Marlowe, l'homme aux orchidées, Miss Marple, Maigret, ou d'autres ...
Non.

Après quelques autres romans vous prenez le pseudonyme d'Alexandre Terrel. Einstein-et-Sherlock.jpgPourquoi ?
A la demande de mon éditeur Claude Durand, chez Fayard, pour ne pas interférer avec mes autres romans.

Votre entrée au Masque s'effectue avec "Rendez-vous sur ma tombe" qui bénéficie d'un lancement pour le moins inédit puisqu'il est adapté avant sa parution en feuilleton et les cassettes sont diffusées sur des radios libres. Le livre a-t-il été écrit avant le feuilleton ou est-ce l'adaptation du dit feuilleton ?
L'adaptation, si mes souvenirs sont bons.

Suivent quelques romans dont "Le témoin est à la noce", "La morte à la fenêtre", etc... puis c'est la saga d'un personnage enquêteur sortant de l'ordinaire : le héros est un croque-mort. Vous lui consacrerez 7 livres. Comment vous est venue l'idée d'un tel personnage et pourquoi l'avoir abandonné ? Fera-t-il l'objet d'une adaptation télévisée ?
L'idée m'est venue par élimination : quel personnage ayant un rapport étroit avec la mort n'avait pas encore été traité dans le polar ? Pour l'adaptation, pas la moindre idée.

Oui, mais pourquoi l'avoir lâchement abandonné en cours de route et au milieu de ses cercueils ?
Lâchement ? On s'est séparés d'un commun accord après sept aventures communes.

"Un Week-end à tuer" parait directement au Livre de Poche sans passer par la filière habituelle, puisque en général, cette collection ne publie (ne publiait à l’époque) que des rééditions. Comment se fait-il? Anachronisme sur la couverture apparait le nom d'Alexis Lecaye, et à l'intérieur c'est Terrel qui est annoncé comme auteur. Erreur d'impression ?
Michel Averlant, mon éditeur au Masque, aimait beaucoup "Week-end à tuer" mais jugeait que le Masque n'était pas encore prêt à accueillir ce genre de thriller. Il s'est battu pour le faire éditer directement au Livre de Poche et l'a repris plus tard. Pour ce qui est des noms, c'est probablement une confusion. Je ne l'avais jamais remarqué...

croquemort.jpgEnsuite vous écrivez d'autres romans dont les personnages pourraient se retrouver dans de nouvelles aventures. Pourquoi ne pas leur inventer de nouvelles péripéties ?
Parce que je n'en ai pas éprouvé le besoin.

Depuis quelques années vous privilégiez l'écriture de scénarios à celle des romans. D'abord l'adaptation de quelques Imogène, personnage cher à Exbrayat. Etait-ce une idée à vous ou une commande ? Pourquoi avoir changé la nationalité d'Imogène et avoir planté le décor en Bretagne ?

Problèmes d'ajustement à une autre forme et à d'autres exigences d'écriture. C'était une commande. Les choix de nationalité et de décor étaient des choix de production, je le souligne. Une série franco-anglaise aurait imposé des problèmes de coproduction quasiment insurmontables.

Qu'avez vous ressenti en écrivant ces adaptations?
Un grand plaisir quand je recevais mon chèque.

Ensuite arrivent Deux flics à Belleville et surtout Julie Lescaut. Comment est née Julie Lescaut. Vous attendiez vous à un tel succès ? Etait-ce pour faire le pendant de Navarro ?
Julie Lescaut est née un peu comme le Croque-mort, de mon désir de trouver un personnage de flic tel qu'on n'en avait jamais vu un, et moderne en même temps. Mais cette fois, à la différence du Croque-mort, avec l'idée que ce flic - cette femme - soit une héroïne grand public. Toutefois je ne m'attendais bien attendu pas à un tel succès, même si je l'avais souhaité. Le succès c'est un mélange de facteurs prévisibles et imprévisibles : l'opportunité, l'adéquation du personnage avec le public, l'affection du public pour la comédienne qui interprète le rôle...

Vous sentez-vous plus à l'aise dans l'écriture de scénarios ?
J'ai mis dix ans à apprendre à écrire des scénarios, ce qui me donne une certaine expérience, mais ne signifie pas que j'ai fait le tour du sujet. J'ai et j'aurais toujours beaucoup à apprendre - des autres œuvres, des critiques, en tirant profit de mes erreurs et de mes insuffisances en respectant le don de scénariste inné du public, en jouant avec lui, en le provoquant et en étant aux aguets des moments où il se détache.

Pourquoi n'avoir publié qu'un roman consacré aux aventures de Julie Lescaut ? Julie-lescaut.jpgLe roman a-t-il été écrit avant ou après les débuts de la série télévisée ?
a) Parce que je n'ai pas eu le temps de continuer.
b) Le roman a été écrit avant. La série en découle.

Vous faites partie des auteurs phares français du Masque avec Paul Halter et Michel Grisolia. Cependant vous jouez dans un registre différent quoique proche de celui de Grisolia. Auriez-vous envie d'écrire des histoires de chambres closes ?
Le jeu à énigme du roman policier m'intéresse de moins en moins, comme lecteur et comme auteur. Les seuls vrais secrets qui méritent pour moi d'être percés sont ceux de l'âme humaine.

J'ai cherché et je n'ai pas trouvé de nouvelles à votre actif. Une lacune de ma part ? Est-ce un genre littéraire qui ne vous inspire pas ?
J'en écris peu et les garde la plupart du temps pour moi.

L'Histoire est l'un de vos thèmes de prédilection, études obligent, mais vous avez également abord‚ d'autres genres comme le fantastique avec "L’île des magiciennes" puis effleuré l'espionnage avec "Le bagnard, la voyante et l'espion". Reviendrez-vous à ce type d'ouvrage ?
Peut-être.

1984 fut une année faste pour vous puisqu'elle se concluait avec deux Prix. Depuis plus rien. (A ma connaissance) Attachez-vous de l'importance à ce genre de distinction.
Ça fait plaisir, mais on s'en passe très bien.

Quels sont vos projets ?
Un gros roman qui se passe en partie à la fin du XXème siècle, et en partie aux deux tiers du XIXème siècle. La suite de Julie Lescaut et bien d'autres projets pour la télé, comédies, comédies dramatiques, aventures...

Heureusement qu'Alexis Lecaye est plus disert dans ses romans ! Il semble faire partie de ces auteurs que la moindre interview rebute, ne se sentant pas à l'aise pour répondre. L'inconvénient d'effectuer un entretien par courrier. Serait-il plus disert devant un micro ? Pourquoi pas. J'ai eu l'impression de jouer le rôle de la jouvencelle extirpant les comédons de son acnéique amoureux. Pardon pour l'image. Il ne nous reste plus qu'à nous replonger dans son œuvre ou à regarder à la télé les aventures de Julie Lescaut la piquante commissaire de police magnifiquement interprétée par Véronique Genest.

Cet entretien a été réalisé en 1996 et publié dans la revue 813.

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 15:14

Gilles Guillon est le directeur de la collection Polars en nord qui va bien fêter son numéro 100. Il a accepté de répondre à quelques questions.

Pourriez-vous nous raconter le parcours des éditions Ravet-Anceau qui existent me semble-t-il depuis le milieu du XIXème siècle ?
Les éditions Ravet-Anceau sont nées en 1853. C’est le plus vieil éditeur du nord de la France. Pendant plus d’un siècle, Ravet-Anceau a édité des annuaires. Tous les Nordistes avaient un « Ravet-Anceau » chez eux. Dans les années 1990, la maison s’est tournée vers la cartographie, mais le marché des cartes et des plans de villes s’est effondré avec l’arrivée du GPS. Il y a dix ans, Ravet-Anceau a dû se diversifier. J’ai été recruté en 2005 pour développer de nouvelles collections.

Vous dirigez la collection Polars en Nord. D’autres collections de romans ravet4.jpgpoliciers ont-elles existé par le passé ou est-ce une première et un virage pour l’éditeur ?
La création de Polars en Nord a été un virage radical pour la maison d’édition. Ça a surpris beaucoup de monde. Passer des cartes routières aux romans policiers était inattendu. Pour autant, nous ne sommes pas partis de zéro. Nord Compo, la maison-mère de Ravet-Anceau, est le n°1 français indépendant du prépresse et fabrique près de 20 % des romans publiés par les grands éditeurs nationaux.

Comment est née l’idée de cette collection et était-ce pour surfer sur la vague du polar régionaliste ?
Je lis des polars depuis plus de trente ans. Au début des années 90, j’avais adoré Le géant inachevé, de Didier Daeninckx, un polar qui se passe à Hazebrouck. Je trouvais sympa de lire une histoire qui se déroule dans la région. A l’époque, à part ceux de Michel Quint, il n’y avait pas de polars nordistes, alors qu’en Bretagne et à Marseille on commençait à trouver des polars régionaux chez plusieurs éditeurs. Il y a une dizaine d’années, j’ai proposé mes services à L’Ecailler, sans succès, puis j’ai décidé de créer ma propre maison d’édition pour publier des polars nordistes. C’est au moment où j’allais démarrer que j’ai été recruté par Ravet-Anceau. Le PDG du groupe m’a dit Banco ! quand je lui ai expliqué mes projets. Fin 2005, paraissaient les premiers titres de Polars en Nord.

Comment sont choisis les romans que vous publiez et leurs auteurs bien évidemment ?

Je reçois des manuscrits, je les lis et je choisis les meilleurs que je propose ensuite à un comité de lecture, qui valide mes choix (ou pas). Peu importe que l’auteur soit connu ou inconnu, à partir du moment où il correspond à notre ligne éditoriale et que son roman est bon.

Contrairement au Fleuve Noir qui demandait à ses auteurs de produire X livres par an, signant un contrat pour un minimum de quatre, vous renouvelez constamment votre catalogue. Désir de publier un maximum d’auteurs ?

Pas du tout, mais avant 2005, les éditeurs nordistes ne publiaient pratiquement pas de romans, car ça ne marchait pas (soi-disant). Quand Polars en Nord a démarré, nous avons commencé à recevoir des dizaines de manuscrits d’auteurs inconnus et talentueux. Six ans après, ça continue. Le stock de bons manuscrits ne semble pas près de s’épuiser. Dans le nord de la France, dans le sillage de Franck Thilliez, il y a un véritable vivier d’écrivains de polars. Donc pas besoin de presser nos auteurs pour qu’ils écrivent, il y en a plein d’autres qui frappent à la porte. Ces dernières années, flairant le bon filon, d’autres éditeurs locaux nous ont d’ailleurs emboîté le pas.

La contrainte toutefois est de placer l’intrigue dans la région Nord-Picardie. Puis vous étendez votre panoplie à Polars en Région qui se cantonne à la Normandie et à Champagne-Ardenne. Pensez-vous évoluer vers l’ensemble de la France ?

Ravet-Anceau est un éditeur régional qui vend des livres régionaux. Notre politique éditoriale est liée à notre politique commerciale. Nous publions des ouvrages dans les régions où nous avons des commerciaux. Notre territoire se limite aux régions Nord-Picardie, Normandie et Champagne-Ardenne. Ce serait idiot de faire des bouquins dans des régions où nous n’avons personne pour les vendre. Nous avons tenté l’expérience il y a quelques années en Rhône-Alpes. Ce fut un échec. Donc pas d’évolution au niveau national, même si les libraires de Nice ou Montpellier peuvent commander nos livres en direct.

ravet3.jpgAvez-vous beaucoup de manuscrits en attente ?
En ce moment, il y en a une cinquantaine. Les dix meilleurs seront publiés au cours du second semestre 2012.

Quels sont les critères, en dehors que les intrigues se déroulent dans la région Nord, que vous imposez à vos auteurs ?
Les polars que nous publions doivent parler de la région. Nous faisons de la fiction en décors réels. C’est-à-dire que les intrigues doivent se dérouler dans des lieux existants, pas dans des villes fictives. C’est contraignant, les auteurs doivent faire des repérages, comme des journalistes, pour ne pas raconter n’importe quoi. Ce n’est pas du polar touristique, car la vision que Polars en Nord donne de la région est souvent très sombre et hyper réaliste.

Demandez-vous à vos auteurs de procéder à une réécriture de leur manuscrit ?
Quand il s’agit de modifications mineures, je les fais moi-même. Quand il s’agit de renforcer l’intrigue, de réécrire des chapitres entiers, de supprimer des personnages… c’est l’auteur qui s’en charge. Je travaille avec un comité de lecture qui me fait part de ses remarques. On peut demander à un auteur de réécrire trois ou quatre fois un manuscrit avant de le publier. C’est long, mais nous ne sommes pas pressés. Il vaut mieux peaufiner que bâcler.

Parallèlement à la production de livres papier, vous éditez des livres numériques. Quel est le rapport des ventes entre ces deux catégories ?
Une des sociétés du groupe Nord Compo, Nordsoft est un des pionniers du livre numérique en France. Il y a trois ans, ils ont transféré notre catalogue en numérique, ce qui a fait de Ravet-Anceau un des premiers éditeurs français à proposer des polars en PDF ou au format ePub. Pour l’instant, les ventes sont marginales, mais elles doublent chaque année. Pour un éditeur régional comme Ravet-Anceau, dont les livres sont difficiles à trouver en librairies au sud de Paris, le numérique permet de toucher des lecteurs qui sont loin de notre région d’origine. Tant que certains libraires se comporteront comme des censeurs, le numérique a de beaux jours devant lui…

Avez-vous l’intention d’intensifier votre production ?
Nous publions 20 à 25 polars par an. C’est déjà beaucoup. En 2010, nous avons ravet2.jpgélargi le territoire de Polars en Nord à la Normandie et à Champagne-Ardenne. En 2012, nous allons poursuivre notre implantation dans ces deux régions.

J’ai remarqué que les livres portaient un titre, normal, mais qu’une mention figure au dessus du copyright : Titre original… Pourquoi cette, disons, anomalie et rectifiez-vous le titre choisi par l’auteur ?
Une des contraintes de Polars en Nord, et des collections de polars régionaux en général, est de proposer des livres géographiquement localisables. Cette localisation doit apparaître dans le titre ou sur le bandeau de couverture, c’est pourquoi nous rebaptisons souvent les romans que nous publions. En tant que bibliophile, j’aime bien connaître le titre d’origine du roman que je lis, c’est pourquoi nous mentionnons le titre initialement choisi par l’auteur.

Vous-même écrivez-vous ?
J’ai été journaliste pendant plus de vingt ans. Tous les jours, je devais écrire. C’était laborieux. Aujourd’hui je suis ravi de ne plus avoir à le faire. Peut-être qu’un jour je m’y remettrai, mais pour l’instant je n’en ai ni l’envie, ni la capacité. D’autres le font bien mieux que moi.

Comment passe-t-on de journaliste à directeur de collection, et n'étant pas écrivain soi-même jette-t-on un regard plus impartial sur les manuscrits ?
Le passage de journaliste à directeur d’une collection de polars n’a pas été très compliqué, étant donné que je lis des romans policiers depuis plus de 30 ans. Au contraire, mon expérience de journaliste m’est très utile. J’ai longtemps été secrétaire de rédaction dans la presse magazine et mon travail consistait à remanier les textes des pigistes et des correspondants pour les rendre publiables. Je fais la même chose avec les manuscrits que je reçois. Grâce à cette expérience, il me semble avoir plus de facilités que d’autres éditeurs qui sont incapables de remanier un texte.
Je ne suis pas écrivain, ce qui fait que je juge les manuscrits des autres comme un lecteur de base. Je dis souvent aux membres de mon comité de lecture : « Imaginez que vous ayez acheté ce livre, dites-moi si vous êtes satisfait de votre achat. »  C’est pourquoi j’ai probablement plus de facilité à dire non à un auteur qui ne veut pas qu’on déplace une virgule à son chef-d’œuvre.

ravet1.jpgVos projets ?
Je viens d’avoir 50 ans. C’est l’échéance que je m’étais fixée pour faire une pause. Je quitte Ravet-Anceau à la fin de l’année. En 2012, un auteur de la collection, Maxime Gillio, me succédera à la tête de Polars en Nord. Je pars faire le tour du monde que je n’ai pas pu faire quand j’avais 20 ans, un voyage de quatre mois qui va me mener en Amérique du Sud, en Australie, en Chine et en Afrique du Sud. Après, je verrai… mais je continuerai à lire des polars.

Que retiendrez-vous de ces années passées à la tête de Polars en Nord ?
Tout d’abord la chance d’avoir lancé une collection à succès (une centaine de titres publiés, 250 000 ventes). C’est toujours plus agréable de travailler dans un secteur qui marche bien. Le succès de Polars en Nord a été un pied-de-nez à ceux qui disaient qu’il n’y avait pas d’auteurs, ni de lecteurs dans le Nord. Avoir découvert autant de nouveaux auteurs dans cette région est ma plus grande satisfaction. Certains d’entre eux sont au début d’une carrière prometteuse, et pas seulement au niveau régional.

Côté négatif, l’étroitesse d’esprit et les préjugés d’une frange de polardeux (souvent des auteurs aigris qui ne trouvent pas d’éditeur) me sidère. Pour eux, polar régional rime forcément avec médiocrité. Ils ont de telles œillères que rien ne peut les faire changer d’avis. Face à eux, j’ai l’impression d’être un borgne au royaume des aveugles.

Vous pouvez découvrir le catalogue de la collection Polars en nord ici

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 14:35

SylvieMoulinAVent-1.jpg

Pourriez-vous vous présenter ?
Difficile. Pas très grande, cheveux clairs, yeux bleus. Voilà pour le physique – comme dans Photoshop, j’ai gommé les imperfections. Née à Paris et fille du Midi. Hébergée à mon corps défendant dans le Beaujolais. Valeurs phare : amitié, respect, bienveillance. Plein de défauts, mais rien ne m’oblige à vous les dire ici. Horreur de la routine, du mépris et des fruits de mer.

La question qui est souvent posée lorsqu’un auteur se rend dans un établissement scolaire est : A part écrire, qu’est-ce que vous faites comme métier ? Alors je vous pose la même question :
A part écrire… je fais écrire les autres ! J’anime des ateliers d’écriture créative ainsi que des formations aux écrits professionnels dans les secteurs administratif et médico-social. Faire prendre du plaisir à écrire, dédramatiser l’écriture et permettre de mesurer l’impact de l’écriture sur autrui sont quelques-uns des objectifs que je poursuis à travers mes différentes interventions.

Vous avez commencé à être publiée depuis 2006. C’était des romans, comment dire, de littérature blanche ? Depuis vous avez enchaîné trois romans ancrés dans le genre policier. Vous vous sentez plus à l’aise dans ce genre ? Une autre façon d’aborder la littérature ? Ou tout simplement parce qu’ils se vendent mieux ?
En fait, je n’ai pas envie de m’enfermer dans un « genre ». En matière de littérature, j’ai des goûts très éclectiques : romans, polars, autobiographies, poésie classique et contemporaine… alors, pourquoi ne pas tenter toutes ces aventures côté écriture ? Après ma « trilogie polardesque », je pense passer à quelque chose de très différent.

Ces trois romans policiers ont un point commun : le liquide à teneur plus ou moins forte en alcool : Un petit jaune, référence au pastis, Moulin à vent, référence au Beaujolais et ce petit dernier Le vin des Maures, qui affiche sans complexe la couleur, si je puis dire ? Seriez-vous une militante de Bacchus ?
Avant tout, je suis militante de la convivialité. À travers mes titres vinicoles, je revendique également le droit à une certaine légèreté, au plaisir, au débordement. Marre des interdits, marre de cette société axée sur les profits, marre de la morosité ambiante, marre parfois des gens bien comme il faut (dont je fais sûrement partie. Quoique…)

Je fais référence dans Le Vin des Maures à Agatha Christie. Vous-même l’évoquez à travers Le Crime de l’Orient-Express. Un auteur qui figure en bonne place dans votre bibliothèque ?
J’ai lu tous les Agatha Christie. Et tous les Frédéric Dard (San Antonio). Et Izzo. Et Mankell. Et certains Jonquet – je me réjouis de lire ceux de ses bouquins que je ne connais pas encore. Je possède une grande bibliothèque « spécial polar ». On y trouve tous les auteurs que je viens de citer et bien d’autres encore.

Vous utilisez un peu sa façon de procéder. Peu de personnages, des indices et un épilogue qui joue avec le lecteur, en dépit des règles éditées par Van Dine. Comme dans Dix petits nègres, le Crime de l’Orient-Express (on y revient !) ou Le Meurtre de Roger Ackroyd. Le plaisir de déboussoler le lecteur et lui démontrer que tout est possible même l’impensable ?

À vrai dire, je me contrefous un peu des règles. Avant tout, je cherche à m’amuser. Et à me laisser guider par mes personnages. Ce sont eux qui me dictent mes intrigues, pas moi. Si ce que j’écris plaît à certains, c’est super, ça m’encourage pour continuer et, comme je suis aussi humaine qu’un(e) autre, ça flatte mon ego. Si ça ne plaît à personne, ça ne m’empêchera pas de continuer à écrire – zonkapa acheter mes livres. Je crois qu’il ne faut pas s’arrêter à ça, que c’est en écrivant qu’on devient écriveron. Ou pas. Mais bon, écrire, c’est une nécessité pour moi. Une façon de me retrouver. J’ai parfois l’impression que la vie m’éparpille.

J’ai constaté que vos romans sont relativement courts alors que la mode est aux pavés. Vous avez peur de ne pas tenir la route ou êtes-vous une minimaliste ?
Alors… compte tenu du fait que je ne suis pas célèbre, que mes romans ou polars ne sont pas adaptés à l’écran et que, par conséquent, je touche des droits d’auteur plus symboliques que réels… je suis bien obligée de trimer pour gagner ma pitance. Ce qui signifie : gérer de A à Z une association, animer des foSylvieLeMuy-1.jpgrmations dans la France entière, animer des ateliers et stages d’écriture, remplir des missions diverses (en ce moment, par exemple, j’écris un livre avec les ouvrières licenciées de Lejaby). ça plus quelques menus travaux hebdomadaires qui, je ne sais pourquoi, échoient souvent aux personne de mon sexe, genre ménage, lessive, repassage etc. Plus, de temps en temps, quelques balades ou randos ou visites d’expos pour m’aérer le corps et l’esprit. Plus les invitations d’amis qui nous sont chers, à mon sculpteur de mari et à moi. Plus le fait que j’ai besoin d’un nombre minimum d’heures de sommeil pour « tenir la route » comme vous dites… Je me demande bien quand j’aurais le temps d’écrire un pavé ? À moins d’y consacrer dix ans, peut-être. Je crois bien que je me lasserais avant.

Vous pratiquez l’humour dans vos romans. Et dans la vie ?

Ça, il faudrait demander à mes proches. À tous ceux qui participent à mes formations, à mes animations, à tous ceux que je côtoie. Je me sens bien mal placée pour parler de ça. J’aimerais bien qu’on me voie comme ça, une nana sympa et pleine d’humour mais bon… c’est peut-être juste un gros fantasme.

Préparez-vous une suite aux pérégrinations de Jo dans le monde des détectives privés (d’emploi et de domicile personnel) et quels sont vos projets ?

Pour l’instant, Jo est en stand-by. J’ai un projet d’écriture très différent, mais c’est encore secret. Ça se fera à deux (non, ce n’est pas ce que vous pensez) et ce ne sera pas un polar. Voilà tout ce que je peux en dire pour l’instant.

Retrouvez mes chroniques concernant les livres de Sylvie Callet : Un petit jaune, Moulin à Vent et Le Vin des Maures.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 17:58

Pourriez-vous vous présenter, me fournir une biographie ?

Je suis un apprenti écrivain entré, comme beaucoup d’autres, comme étudiantphoto-michel.jpg à l’université… et qui pour ne jamais la quitter, est devenu professeur d’université… Les lectures et écritures académiques ont longtemps éclipsé l’écrivain qui sommeillait en moi (manque de temps, manque de disponibilité d’esprit pour aller au-delà d’un scénario ou d’une nouvelle), jusqu’au moment où le virus de l’écriture romanesque ne refasse surface… Désormais, je tente de concilier la direction d’une équipe CNRS d’une centaine de personnes et la production presque annuelle d’un roman… ce qui, croyez-moi, n’est pas toujours simple…

Vos précédents romans, édités chez PTC ou aux éditions des Falaises, sont-ils toujours disponibles et envisagez-vous une réédition en collection de poche, Pocket par exemple ?

Tous mes précédents romans, Code Lupin, Mourir sur Seine, Sang Famille, Omaha Crimes, sont encore disponibles à peu près partout à condition de chercher un peu ou fond d’une librairie ou sur le net… Les voir édités en poche serait pour moi une vraie reconnaissance, bien entendu… Cela a failli être le cas pour Omaha Crimes (chez Pocket) ou pour Code Lupin… Avis aux éditeurs…

La Normandie est le lieu privilégié dans lequel vous placez vos intrigues. Pensez-vous vous évader un jour et visiter d’autres régions ?

La réponse est claire, oui ! Même si je suis loin d’avoir épuisé les lieux normands emblématiques, secrets ou intimes, et si mon lectorat m’attend en partie sur ce terrain, j’ai déjà deux manuscrits bien avancés beaucoup plus éloignés de la Normandie. Cela dit, pour des lecteurs pas très calés en géographie, je peux faire passer mes polars de Normandie, terre de vikings, pour des polars scandinaves... Ce qui est plutôt vendeur en ce moment… Disons que je fais du régionalisme scandinave méridional.

Pourriez-vous nous parler de Code Lupin et de Mourir sur Seine ?

Code lupin est à la fois un court roman, un jeu de pistes en Seine-Maritime dans les pas codelupin1.jpgd’Arsène Lupin, une biographie de Maurice Leblanc. Le pitch est simple : postuler que Maurice Leblanc a dissimulé un code dans les aventures d’Arsène Lupin… Le couple de héros de Code Lupin dispose d’une journée pour découvrir la clé d’énigme, en visitant l’intégralité des lieux lupiniens… Je me suis amusé comme un fou à tout inventer, mais les coïncidences pourraient presque laisser croire que tout est véridique et qu’un trésor dort, pour de vrai, dans les falaises du pays de Caux… Tiré d’abord à 500 exemplaires, Code Lupin s’est vendu jusqu’à maintenant à près de 7000 exemplaires après 7 ou 8 rééditions…

mourir-sur-seine.jpgMourir sur seine est une enquête plus classique… Pendant l’armada de Rouen, le festival de vieux gréements qui rassemble 10 millions de visiteurs sur les quais de Seine, un marin, puis un deuxième, puis un troisième, sont assassinés… panique à bâbord… Une jolie journaliste et un commissaire débordé doivent démasquer le tueur dans la foule avant que les voiliers ne reprennent le large… La sage ville de Rouen, déjà toute chamboulée par le grand carnaval de l’armada, en devient folle !

Dans Omaha Crimes hier et aujourd’hui se mélangent habilement. D’où vous est venue l’idée ?

L’idée est venue du livre de Sébastien Japrisot, Un long dimanche de fiançailles. J’ai eu envie de transposer l’univers des tranchées de l’est de la France à celle des plages du débarquement en Normandie. Il y avait là une sorte d’évidence ! Ensuite, jouer sur le temps qui passe s’imposait. Ce qui m’intéressait était de faire vieillir ces adolescents, rangers américains ou filles normandes, qui se trouvèrent sur ce petit coin de Normandie le jour où l’histoire du monde bascula…  Comment vivre avec ce souvenir, ce traumatisme, cette émotion, de part et d’autre de l’Atlantique. J’avais également envie de faire vieillir les lieux, les villages reconstruits sans églises, les plages bombardées qui redeviennent au fil du temps des plages tout court… avec leurs touristes de toutes les nationalités qui viennent se faire bronzer sur ces plages, sous les vestiges de blockhaus. J’aime bien les histoires où la mémoire des lieux colle aux bottes des héros…

Omaha, ou tout autre lieu de débarquement, peut-il vous inspirer pour d’autres intrigues ?

Je ne sais pas… je n’aime pas trop revenir plusieurs fois dans les mêmes lieux, de peur omaha1.jpgde me répéter je crois. Dans mes derniers romans, je me suis immergé dans des lieux très différents, dont Veules-les-roses, le plus joli village de la cote normande, ou Giverny pour Nymphéas noirs. C’est à chaque fois l’occasion d’une immersion nouvelle. J’apprends beaucoup, mais chaque roman est l’occasion d’une autre découverte, d’une autre atmosphère à respirer, à capturer… Bref, d’un nouveau voyage… je suis plus « papillon voyageur » que « résidence secondaire » !

Dans Sang Famille, dont le titre est un hommage à Hector Malot, le décor est celui d’une petite ile anglo-normande nommée Mornesey. Imaginaire ou un mélange de Guernesey, Aurigny, Sercq… ?

Disons, pour être plus précis, un mélange de Chausey, de Serq, de l’ile de Ré et de Jersey. sangfamille.jpgChausey pour les couleurs et les marées qui modifient chaque heure les paysages. Serq parce que c’est la plus étonnante des iles anglo-normandes, avec son port de poupée, ses criques et plages inaccessibles. L’ile de Ré parce que c’est le seul endroit que je connaisse où une prison, dans la citadelle de Saint-Martin, jouxte un lieu bondé de touristes. Le contraste est saisissant entre les pistes cyclables et les barbelés ! Jersey enfin pour la révélation finale, la Folie-Mazarin, mais sur ce point, chut… Enfin, j’ajouterai un ou deux rochers de Sarek, en hommage à l’Ile aux trente cercueils de Maurice Leblanc.

2010 était l’année de l’impressionnisme. Sujet idéal que vous avez exploité dans Nymphéas Noirs. Etes-vous un passionné de peinture ? Vous avez effectué des repérages à Giverny ? Et ailleurs ?

Petit, du moins jeune, j’aimais beaucoup peintre et dessiner, mais le goût pour l’écriture a pris rapidement le dessus. Je ne suis pas forcément un passionné de peinture mais pour mon histoire, j’avais besoin de mettre en scène une fillette qui disposait d’un talent particulier, viscéral, mais que son entourage familial et amical s’évertuait à dénigrer, à ne considérer que comme une lubie… La peinture m’a semblé le talent le plus universel à décrire, mais cela aurait pu être la danse ou la comédie. Ensuite, la passion de la peinture imposait de poser mon histoire dans un village particulier, et Giverny s’est imposé ! J’ai effectivement eu recours à beaucoup de repérages sur place et dans les environs. C’est d’ailleurs un des moments les plus agréables de la préparation d’un roman : se promener dans un lieu appareil photo et carnet de notes à la main, peupler par la pensée ce lieu de personnages fictifs, utiliser le décor pour faire progresser l’aventure, traquer le détail insolite, et surtout, se dire que les fantômes auxquels vous donnez vie vont hanter longtemps les lieux, au moins dans le regard des lecteurs qui ne les verront plus ensuite tout à fait de la même façon…

Dans vos romans il me semble que vous utilisez un sujet récurrent : l’imbrication entre passé et présent. Un moyen de consolider vos intrigues ?

C’est vrai que dans tous mes romans, il est presque toujours question de destin, de vie qui bascule, de mémoire et de vengeance, de secrets enfouis qui ressurgissent… Je crois que tous les auteurs ont leurs obsessions : moi c’est la relation passé-présent-futur. Du point de vue technique, cela permet de construire des intrigues tordues, des filets d’araignées compliqués qui prennent le lecteur au piège. Cela permet aussi, je crois, d’éviter d’avoir des personnages trop monolithiques, genres tueurs en série nés monstrueux, et qui le restent jusqu'à ce qu’un flic les abatte dans un bain d’hémoglobine. Je préfère les « méchants » pour qui la frontière entre le bien et le mal dérape à cause d’un grain de sable.

Vous n’utilisez jamais un personnage récurrent. Pourquoi ?

Maline Abruzze, l’héroïne de Mourir sur Seine, a été créée pour revenir dans d’autres aventures. Mais je suis un père indigne et elle continue de dormir dans le placard…

Disons que j’ai au moins l’avantage (pour l’instant ?), de ne pas vivre de mon écriture ; du coup, me « coltiner » un personnage récurrent m’ennuie un peu. Mais surtout, j’aime que lorsqu’un lecteur découvre un de mes romans, il soit dans une position où tout peut arriver : chaque personnage peut mentir, mourir, une trappe peut s’ouvrir à chaque page ; une sorte de voyage dans l’inconnu, sans balises. A l’inverse, le personnage récurrent vous oblige à passer par des codes et limite le champ des possibles : le héros n’est pas coupable, ne peut pas mourir… Certains auteurs policiers ont créé des personnages récurrents, mais parviennent de temps en temps à s’en extraire. Pour ma part, je trouve plus fascinants et inventifs les romans d’Agatha Christie sans Poirot (10 petits nègres ou La souricière) ; même chose pour les Harlan Coben sans Bolitar.

Mais promis, je ressuscite Maline aussitôt que j’ai le temps ou que je vends assez de livre pour en vivre …

Votre prochain roman est-il en gestation, en cours d’écriture ou presqu’achevé ?

Oui, il est presque achevé… En phase d’ultime relecture, disons… Il aura un pied en Normandie et un pied autre part… histoire de sortir doucement de ma région. Puisqu’on en a parlé, j’y pousse plus encore le lien passé-présent. Tout est même basé sur ce principe. Le pitch ? Un accident d’Airbus au début des années 80. Un seul survivant parmi les deux cents passagers, un bébé de trois mois éjecté de l’avion… sauf que la liste des passagers révèle que deux bébés se trouvaient à bord de l’avion. Deux familles vont alors se battre pour découvrir l’identité de la jeune survivante… Pile ou face. L’identité que le juge va choisir sera-t-elle la bonne ? Quelles en seront les conséquences, 18 ans plus tard ?

Merci infiniment et j’incite les lecteurs, en attendant, de découvrir Nymphéas Noirs.

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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