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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 15:18

Bon anniversaire à Achille Ngoye né le 12 avril 1944.

Achille F. NGOYE : un portrait-entretien.

Achille Ngoye est né le 12 avril 1944 au Zaïre, dans une cité minière du Haut-Katanga, près de Likasi, d’une famille nombreuse et catholique fervente.

Après des études chez les Bénédictins et les Jésuites, Achille Ngoye se lance dans le journalisme travaillant à l’hebdomadaire Afrique Chrétienne, de 1966 à 1969 et crée parallèlement une revue de bandes dessinées “ Jeunes pour Jeunes (1968) et “ Likembé ” revue musicale.

Il devient chroniqueur, domaine musical, de “ Salongo ” de 1972 à 1982, année où il part pour Paris où il est pigiste et travaille régulièrement pour le magazine “ Actuel ”, le mensuel “ Afrique-Elite ”, assure des pages culturelles à Libération, participe à l’émission Découvertes de Radio-France Internationale. Il est également assistant au mensuel Latitudes ou encore rédacteur au département audiovisuel du service d’information et de diffusion du Premier Ministre (Janvier 1986 à Janvier 1991). Il participe à la rédaction du guide Afrique à Paris (éditions Rochevignes – 1984) à l’almanach Banlieue du mensuel Actuel en 1985, à la réalisation du film Black Mic Mac de Thomas Gilou toujours en 1985, à la rédaction de deux éditions du guide Sans Visa (1991 et 1995) des musiques vivantes de l’espace francophone (Ass. Zone franche), à l’officiel 93 (ex Officiel du Rock, Centre d’information du rock et des variétés, 1992), enfin à La voiture est dans la pirogue, nouvelles d’un collectif d’auteurs pour la revue Encres Vagabondes (2000).

 

Sa bibliographie se compose notamment de Kin-la-Joie Kin-la-Folie aux éditions de L’Harmattan (collection Encres Noires - 1993), de deux Séries Noires : Agence Black Bafoussa (1996) et Sorcellerie à bout portant (1998) et de Yaba Terminus aux éditions du Serpent à Plumes (1999). Sont en préparation Ballet noir à Château Rouge (Série Noire) et Treich Abobo, un recueil de nouvelles pour Le Serpent à Plumes dans la collection Serpent Noir.

Mais cette présentation ne serait pas complète sans les réponses aux quelques questions désordonnées posées par un amateur en fringale.

 

Pourquoi écrire des romans noirs ?

Primo : dans la littérature africaine, c’est un créneau inexploité, d’où son irruption – calculée – dans ce domaine. Deusio : c’est un genre plus ou moins léger. Par le coût abordable de sa production, il permet d’atteindre un public assez large et de passer des messages, sans pour autant mettre des gants comme dans le roman classique. Tertio : la vie n’est pas aussi rose qu’on a tendance à la présenter. (notes du scripteur impertinent : Ah bon, parce qu’il faut calculer maintenant les irruptions et se demander si elles sont cutanées ou pas ? Et pas d’accord sur le coût abordable puisque la plupart des maisons d’éditions préfèrent se lancer dans le grand format en abandonnant progressivement le format style poche moins cher pour l’acheteur, mais moins rentable apparemment pour les éditeurs. Quid du lecteur ?)

 

Quelle est la littérature qui se rapproche de votre sensibilité ?

Le roman historique et le roman policier (Note du scripteur toujours aussi impertinent : ouf, on a eu chaud. Et si le policier n’était pas sa littérature de prédilection, que ferait l’auteur de rompols ?)

 

Ecrivez-vous par désir de montrer une autre facette de l’Afrique que celle décrite par les médias ?

Oui. Cfr première question à tertio. (Note du rédacteur : cela ressemble furieusement à un questionnaire en boucle genre jeu de passer par la case départ sans toucher les vingt mile $)

 

Où puisez-vous vos histoires ?

Je ne me casse pas la tête à imaginer des trames complexes. Mes histoires sont vécues, puisées autour de moi ou dans ma communauté. (Note du scripteur désabusé : A question passe-partout, réponse passe-partout. Bien fait pour le scripteur ).

 

Ecrivant en France, voyez vous l’Afrique avec le cœur, les entrailles, en avez vous une image fidèle et non idéalisée ?

Je ne suis pas un rêveur. Ni un poète. L’Afrique, je la prend telle qu’elle est, avec ses tares et ses problèmes, et les traite crûment, sans états d’âme, laissant au lecteur le soin d’apprécier. Mon regard sur l’Afrique n’a pas changé parce que je suis en France. Au contraire, la distance (le recul) me permet d’être encore plus lucide, d’autant que je ne vis pas les pressions (surtout morales) ni ne me laisse attendrir par la susceptibilité des miens. Comme Woody Allen avec les Juifs, je crois qu’une bonne critique se fait à l’intérieur même de la communauté. (Note du scripteur rassuré : il fallait poser la bonne question pour que l’auteur s’épanche. La suite sera-t-elle aussi intéressante ?)

 

Pensez-vous qu’un écrivain, lorsqu’il met le doigt où ça démange, peut changer l’ordre des choses ?

Changer, non, mais influer. Sur la perception et les réactions futures du lecteur. Mes écrits sont ethnologiques. Je décris la face cachée, ou plutôt non connue, des miens afin de permettre aux gens de l’extérieur de mieux les connaître. (Note du scripteur de plus en plus intéressé : justement le roman noir moderne a été inventé pour extérioriser ce que chacun, les hommes politiques en général mais aussi les petites gens, ressentent en face d’une inconnue qui lorsqu’elle apparaît au grand jour s’appelle racisme, ségrégationnisme, corruption, prévarication, et autres joyeusetés.)

 

Ecrivez-vous pour vous faire plaisir ou êtes-vous un témoin de votre époque ?

Les deux. Même si, pour "bien écrire, je peine au point de me demander pourquoi je me fais souffrir". (Note du scripteur qui devrait aller voir son dentiste : c’est comme lorsque le trou dans la molaire ressemble de plus en plus à un garde-manger qu’on l’explore, quitte à rester sur sa faim).

 

Jetez-vous un regard dénué d’à priori sur ce qui se passe dans les banlieues ou en Afrique ?

J’habite la grande banlieue et suis d’origine africaine, donc… L’objectivité veut que l’on soit honnête avec soi-même quand on doit rendre compte. Les a priori faussent les regards, par conséquent, la prise de vue. (Note du… : Aurais-je dû poser ce genre de question ?)

 

Quelles sont vos passions ?

Je fais plein de choses, mais n’ai pas de passions particulières. Peut-être ce que je fais en ce moment. Ecrire. Mais est-ce une passion quand on écrit depuis longtemps ? (Ultime note : écrire en ce moment ? Est-ce à dire répondre à mes questions plus ou moins tirées par les cheveux, ou ciseler la mouture du dernier roman ? Peut-être aussi que la passion s’émousse avec le temps !).

 

Le scripteur caustique s’excuse auprès de Achille Ngoye et pour se faire pardonner vous propose de vous replonger dans Yaba Terminus, Collection Serpent Noir N°9, éditions Serpent à Plumes.

Entretien réalisé en 1999.

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 15:31

Loup y est-tu ?

Jean-Pierre PERRIN : un entretien.

 

Entretien paru dans la revue 813 N°56, octobre 1996.

 

Dans la série "les jeunes auteurs sont passés à la moulinette", après Paul Borelli, Jean-Jacques Busino, Pascal Dessaint et Olivier Thiébaut, offrons-nous une excursion dans l'imaginaire de Jean-Pierre Perrin, qui vient de publier Le Chemin des loups aux éditions de La Table Ronde.

 

 

Jean-Pierre PERRIN : un entretien.

Après avoir voyagé dans toutes les parties du globe où il se passait un événement politique, Francis le narrateur débarque à Besançon soi-disant comme envoyé spécial. En réalité c'est une voie de garage, une punition pour avoir purgé quelques mois de prison. Il a oublié son rôle de journaliste et a frayé avec les terroristes de l'ETA ou du Sin Fein irlandais. Le couperet est tombé, et le voilà seul, désemparé, dans la cité horlogère. Un cadavre dépecé est repêché dans le Doubs, et il se fait remonter les bretelles par sa direction pour ne pas avoir fourni la primeur de l'information. D'abord il n'était même pas au courant, trop absorbé à écluser et à se débattre avec ses souvenirs. Seulement son passé le rejoint avec l'arrivée d'Angela qui lui avait permis de découvrir la vie clandestine de l'organisation indépendantiste d'Euskadi. Alors qu'il croyait subir une petite vie pépère, ennuyeuse dans une ville engluée sous la neige Francis se trouve plongé dans une enquête qui se transforme vite en rodéo.

 

Lui-même journaliste à Libération, Jean-Pierre Perrin décrit la région de Besançon avec réalisme, sans pour autant user des clichés de carte postale ou dépliant d'offices du tourisme. Et s'il utilise quelques poncifs du roman noir - le héros s'imbibe d'alcool pour oublier sa déchéance et ses ennuis, il écoute du jazz et du blues et se fait consoler par les femmes après avoir donné horions et récolté plaies et bosses, ce que l'on pardonnera volontiers pour un premier roman - Jean-Pierre Perrin développe des thèmes d'actualité et griffe au passage les nouveaux philosophes. Sérieux et humoristique à la fois, Chemin des Loups est la bonne surprise de la rentrée, et espérons que nous retrouverons le journaliste Francis dans de nouvelles aventures !

 

Timide ou pudique, Jean-Pierre Perrin ne se dévoile qu'à petites touches. Aussi ne vous attendez pas à de fracassantes révélations sur sa vie privée. En voici toutefois quelques bribes :

- Je fus un élève paresseux et laborieux qui n'arrivait pas à mieux faire. En 1974, un voyage de quatre mois en voiture sur la route des Indes m'a permis de faire mes humanités ailleurs qu'en fac. Je professe une longue passion pour l'Himalaya, ce qui m'a permis d'étudier le Lhamo ou grand opéra populaire tibétain - un truc qui dure huit heures et s'avère terriblement ennuyeux dès la première seconde. Une de mes secondes patries est l'Afghanistan, pays que j'adore quand j'arrive et que je hais quand j'en pars. J'ai vécu en Iran après la Révolution, et, pendant trois ans, dans quelques émirats arabes. J'ai longtemps bossé à l'AFP, en province et à l'étranger, puis j'ai été adjoint du service étranger de Libération de 1992 à 1995. Aujourd'hui je suis responsable de la rubrique Proche, Moyen-Orient et Asie centrale.

 

- Etes vous un grand lecteur de polars ou de romans noirs?

- Malheureusement, oui. Malheureusement parce que, trop souvent, je me laisse aller à lire un polar médiocre, convenu, besogneux au lieu d'aller à la découverte d'auteurs de genres différents ou de relire quelques classiques. J'adore la poésie et je me maudis parce que cela fait plusieurs années que je n'ai pas relu René Char, Lorca, Rimbaud,... Disons que le polar encourage ma paresse naturelle, en tout cas, il me sert de bouc-émissaire. Polar, levez-vous ! Z'êtes accusé d'avoir corrompu un honnête lecteur.

 

- Quels auteurs ont votre pr‚f‚rence ?

- D'abord Cervantès. C'est le père de la littérature moderne, et peut-être celui du polar. Car la quête à la fois dérisoire et sublime de Don Quichotte annonce celle des privés que j'affectionne. Il y a la solitude, les moulins à vent, les plaies et les bosses et au bout du long et âpre chemin une vérité souvent amère. Quand Cervantès écrit que "la meilleure auberge, c'est le chemin", il veut dire que la quête de la vérité est plus importante que la vérité et je souscris tout à fait. Est-ce à cause du "chevalier à la triste figure" que j'apprécie beaucoup les auteurs espagnols, comme Gonzales Ledesma - Soldado (L'Atalante) est un très grand bouquin - ou Mendoza, beaucoup moins Juan Madrid. Quant à Montalban, je trouve que Pépé Carvalho, son privé, s'empâte un peu de livre en livre. Il va bientôt ressembler à Sancho Pança. Attirance extrême aussi pour le polar américain. Dans un genre très différent, Chandler et Ellroy me semblent indépassables. En revanche, je plaide coupable de bailler en lisant Hammett; certes il y a le style Hammett mais je n'arrive pas à m'intéresser à ses histoires. C'est grave, M'sieu le commissaire politique? Combien je vais prendre d'années de rééducation? Du côté français, j'aime tout particulièrement la petite musique de Pouy; mes derniers coups de cœur datent d'ailleurs un peu : "La belle de Fontenay" de Pouy (Série Noire) , "Quai de l'oubli" de Philippe Huet (Albin Michel), et "Fou-de-coudre" de Setbon (Rivages Noirs). Hommage aussi à nos chers disparus : Cook, Manchette, ADG - je sais qu'il n'est pas mort mais vu ce qu'il a pondu ces dernières années, c'est comme si. J'ai du mal à citer de jeunes auteurs mais je ne les connaît pas tous. Globalement, si je me fonde sur les lectures, je trouve que le polar français manque d'ambition.

 

Vous avez cité en premier Cervantès comme auteur ayant votre préférence. Est-ce pour cela que deux personnages de votre nouvelle "Le matador" (cf 813 N°47) ressemblent physiquement à Don Quichotte et Sancho Pança ?

- Maintenant que vous me le dites, peut-être. Mais c'est inconsciemment que je les ai décrits ainsi. Une réminiscence littéraire involontaire qui s'est glissée à mon insu.

 

- Votre héros vous ressemble-t-il ?

- Pas du tout. Il aime surtout les whiskies pur malt des Lowlands, je préfère ceux des Highlands. Pareil pour le jazz, il en préfère la part sombre, Coltrane, Monk... j'aime tout autant la part lumineuse du jazz, celle d'un Stan Getz par exemple. Les femmes, il les préfère brunes et moi plutôt blondes. Et si lui a beaucoup traîné dans les maquis kurdes, j'ai plutôt couru ceux des moudjahidines afghans.

 

- Etes-vous proche sentimentalement des révoltés, des séparatistes, des révolutionnaires ?

- Instinctivement, j'éprouve de la sympathie pour tout homme qui se révolte contre un ordre établi en gueulant qu'il n'est pas un esclave; j'avoue d'ailleurs avoir passé mes vacances pendant plusieurs années à trimballer clandestinement des montagnes de fric pour une guérilla lointaine. Cela dit, une fois cette sympathie passée à travers le tamis de la raison, les nobles causes sont souvent moins nobles. La cause irlandaise est belle mais je tiens les militants de l'IRA pour des barbares. Leur façon de rendre la justice est épouvantable : les violeurs doivent être sévèrement punis mais méritent-ils pour autant le châtiment dit du "pack de quatre" ? Une balle dans chaque genou, une autre dans chaque coude. Et pour que les balles rendent à jamais invalide le supplicié, elles sont tirées de l'intérieur de l'articulation afin de faire éclater les os. Imaginons maintenant que les bourreaux se soient trompés de bonhomme ! En revanche, comme rien n'est simple, la mort de Bobby Sands et de ses copains à la prison de Long Kesh après une grève de la faim effroyable et la méchanceté sinistre et crasse de l'oraison de Margareth Tatcher m'ont beaucoup touché. Je n'ai pas pu m'empêcher de rappeler cet épisode dans Chemin des loups. Quant à l'ETA, c'est pire. Autant j'ai applaudi des deux mains quand ils ont fait sauter Carrero Blanco, l'âme damnée de Franco, autant je les trouve ignobles quand ils flinguent un flic dans l'Espagne de Felipe Gonzales, pour ne rien dire des attentats contre les civils. Tout ça pour dire que si la révolte armée est légitime dans une dictature ou une autocratie, elle est inadmissible dans une démocratie. Reste à voir tout cela sous l'angle littéraire : un homme traqué, en lutte contre l'ordre établi, qui risque sa peau pour un idéal, c'est toujours passionnant.

 

- L'alcool, le Jazz, les femmes sont la marque de fabrique du roman noir. Etait-ce raisonnable de les incorporer à votre roman ?

- C'est vrai, ce sont des poncifs mais j'avais envie de m'amuser avec les lois du genre. Le critique de la revue Lire prétend même que Chemin des loups est une variation ironique sur l'art et la manière d'écrire un roman noir. Il a raison mais ce n'est pas l'essentiel. Ensuite, comme le livre tend à s'échapper du côté des grands espaces, j'avais envie de bien le marquer "Polar" avec ces trois fers rouges dès les premières pages. Le prochain roman sera plus blues et plus bourbon; John Lee Hooker, Buddy Guy, Tony Joe White et Mary Chapin Carpenter vont relayer Parker, Coltrane et Gil Evans. Le Jack Daniels et d'autres bourbons vont remplacer l'Auchentoshan écossais. Il faut varier les plaisirs.

 

- La ballade en traîneau tiré par des chiens est une image forte. Avez-vous vous même fait de semblables ballades? Incidemment cela me fait penser un peu à Jack London.

- Je connais assez bien le Jura, ce qui m'a valu de rencontrer un coureur des bois qui vit de ses chiens et de son traîneau. Sa relation avec ses groenlandais est celle que j'ai décrite. J'ai emprunté le nom de ses chiens et les mots qu'il emploie pour les diriger. Si j'ai imaginé cette course folle entre traîneau à chiens et scooter des neiges, c'est pour essayer d'emmener le polar au-delà de ces autres poncifs que sont l'éternelle filature, les poursuites en bagnole... Là encore, il faut varier les plaisirs. Pour Jack London, je ne sais pas si je lui dois ou non quelques chose. C'est vrai que la fin du livre a un côté L'appel de la forêt. C'est vrai encore que Chemin des loups louche un peu du côté du roman d'aventures. Mais je suis plus fasciné par les personnages d'aventuriers de Conrad et de Malraux que par ceux de London.

 

- Que privilégiez-vous dans un roman : l'atmosphère, la trame, l'écriture ?

- L'intrigue est fondamentale, sinon je m'ennuie, que ce soit en lisant ou en écrivant. Et l'écriture l'est tout autant. Si c'est mal écrit, je ne suis pas client. L'atmosphère, c'est évidemment important comme la densité des personnages. Je renifle d'ailleurs tout de suite les auteurs qui ont imaginé leurs personnages derrière leur claviers d'ordinateurs et ceux qui sont allés les chercher dans la vie, que ce soit la rue ou ailleurs. Car, bien sûr, ça se ressent à la lecture des bouquins.

 

- La carte de visite d'un journaliste, à Libération ou tout autre journal, sert-elle de sésame dans la publication d'un roman ?

- Excellente question, ça me fait très plaisir d'y répondre. D'abord, le copinage entre la presse et l'édition a quelque chose de honteux. C'est le renvoi d'ascenseur permanent. Un critique de bouquins a cent fois plus de chances de voir son premier roman publié par un éditeur qu'un auteur inconnu. C'est différent pour un journaliste qui ne bosse pas dans la Culture avec un grand C comme crotte. Car il n'est pas en situation de renvoyer l'ascenseur à un éditeur, donc il ne l'intéresse pas. Ne connaissant personne dans l'édition, j'ai donc fait ce qu'il ne faut surtout pas faire : déposer son manuscrit au hasard de quelques maisons d'édition de polars et attendre. Résultat, on m'a traité comme si j'étais un verre de Beaujolais nouveau qui se serait glissé dans un caveau d'œnophiles : un éditeur n'a jamais ouvert le manuscrit, un autre ne m'a jamais répondu... Donc, petit conseil à ceux qui veulent se lancer dans l'aventure : ne jamais envoyer votre manuscrit par la poste, ni le déposer sur la pile. Il faut se débrouiller autrement, rencontrer un auteur par exemple qui fera l'intermédiaire. Comme on m'avait dit que les éditeurs disons classiques étaient bien pires, j'étais donc résolument pessimiste en déposant mon manuscrit à la Table Ronde où j'avais simplement eu l'assurance qu'il serait lu. Quelques semaines plus tard, j'avais une réponse. Surprise ! Accueil chaleureux et même affectueux, l'impression d'être dorloté.

 

- Francis sera-t-il le héros de nouvelles aventures ?

Je ne le pensais pas mais je suis bêtement sensible à l'opinion des critiques et déjà trois d'entre eux, dont vous Paul Maugendre, ont souhaité le retrouver. Mais comme c'est déjà un grand brûlé de la vie, j'espère que son âme aura le temps de cicatriser avant les prochaines aventures.

 

- Quels sont vos projets ?

- A quarante quatre ans, j'arrive assez tard dans le monde du polar mais c'est peut-être parce que je n'étais pas prêt avant. Pour bien écrire des histoires, je crois qu'il faut les avoir un peu vécues. Les imaginer ne me suffit pas. Si "Fat City" est le film le plus juste sur le monde de la boxe, c'est d'abord parce que John Huston est un ancien boxeur. Un passage à tabac, autre exemple, ça se raconte quand même mieux si on l'a vécu soi-même, on sait au moins ce qu'on a pensé à ce moment-là. Ça fait surement vieux con de le dire mais j'assume : toute cette extrême violence dans lesquels baignent nombre de polars français, dont on dit beaucoup de bien dans les gazettes, ont été écrits par de jeunes auteurs qui, visiblement, n'ont jamais pris de vrais gnons, ou alors à la maternelle. Et ça me gêne beaucoup parce que ces histoires sonnent faux. C'est comme l'amour, est-ce qu'on peut arriver à en parler sans avoir été amoureux ? Cela dit, j'entends bien rattraper le temps perdu : j'ai donc deux polars en chantier. Deux parce que l'un et l'autre mettent en scène des personnages et des lieux que j'ai un temps approchés ou fréquentés et que je ne peux plus revoir. Donc, la mémoire perd des bribes de souvenirs, des détails, des impressions, des paroles. Et si je me concentre sur un seul bouquin, j'ai peur que les souvenirs relatifs à l'autre histoire, notamment les propos tenus par certains personnages, s'estompent encore plus vite. Le premier se passe dans les Vosges. Point de départ, une histoire de collaboration et d'épuration sur laquelle j'ai fait une longue enquête. L'histoire est terrible, si terrible que j'ai peur qu'elle puisse paraître exagérée. Comme dans Chemins des Loups, je mélange fiction et réalité. Le héros, cette fois, sera un ancien otage du Liban venu régler quelques comptes dans la région. Il va découvrir que, quarante ans avant, il y a eu d'autres otages et d'autres bourreaux, cette fois des Français. Le second se passe dans le Golfe Arabo-persique. Là, le héros est un de ces flics français chargés de la sécurité des émirs, un pote du capitaine Barril. Il veille aussi à ce que les fabuleuses commissions secrètes sur les ventes d'armes à ces pays arrivent bien directement dans la poche de nos hommes politiques, de droite comme de gauche. Catastrophe, un jour il dérape en direction du droit chemin. Comme nos juges n'enquêtent pas sur de telles affaires et que les preuves matérielles sont impossible à réunir, il me restait le polar pour parler des eaux troubles du Golfe. Corruption, esclavagisme, trafics en tout genre, violences politiques et sociales, terrorisme d'Etat, le Golfe c'est aussi ça. Il y a longtemps, c'était Babylone.

 

Déjà Jean-Pierre Perrin est absorbé par son travail de journaliste. Des événements aux Proche-Orient requièrent son attention. Peut-être y trouvera-t-il l'idée d'un autre roman ?

 

 

Bibliographie (Extrait) :

Le Matador. Nouvelle 813 N°47

Les petite rats de l'an 2000. 813N°72/73. Octobre 2000.

Chemin des loups. La Table Ronde. Août 1995.

L'Iran sous le voile. Editions de l'Aube. Mai 1998

Chiens et louves. Série Noire N°2556. Avril 1999.

Les Rolling Stones sont à Bagdad. Irak, dans les coulisses d'une guerre. Flammarion. Septembre 2003.

Jours de poussière. Choses vues en Afghanistan. Editions des Syrtes. Réédition La Table Ronde. Septembre 2003.

La machination. Grancher. Janvier 2004.

Le Paradis des perdantes. Stock. Mai 2006. Réédition le Livre de Poche 2008.

La mort est ma servante. Fayard. Octobre 2013.

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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 14:02

Bon anniversaire à Jean-Jacques Busino né 16 janvier 1965.

Jean Jacques BUSINO : Un entretien.

Le business de Busino

A l'origine la collection Rivages/Noirs ne devait être consacrée qu'à des auteurs noirs américains, connus ou non. Louable intention qui nous réserva de bonnes et belles surprises ou révélations telles que Chesbro, Ellroy, Willeford, Bunker, et quelques autres dont la liste serait plus fastidieuse à énumérer que de lire leurs romans, qui permit la traduction intégrale des œuvres d'auteurs cultes comme Thompson, Goodis et qui confirma de réels talents que d'autres éditeurs négligèrent, ne pouvant continuer à alimenter les éventaires des libraires à cause de difficultés financières ou jetant l'éponge par manque d'ambition.

Ainsi Tony Hillerman, Marc Behm, et des intrus comme De Wetering ou Robin Cook, qui devinrent pensionnaires à part entière. Les frontières s'ouvrirent alors sans difficulté à des romanciers dont la nationalité ne prédisposait pas de prime abord à ce genre de littérature mais qui surent s'affirmer comme de réels talents, attisant la convoitise de maisons d'éditions qui lorgnèrent vers les Amériques Centrale et du Sud. Voir Paco Ignacio Taïbo El Secundo dont la primeur de la découverte revient toutefois à l'évanescente revue Nouvelles Nuits. L'intrusion, presque sournoise, d'auteurs français se fit par la bande. Hugues Pagan ouvrit une brèche dans laquelle s'infiltra après mûre réflexion Marc Villard, bientôt suivi par Tonino Benacquista, Michel Quint ou Michel Lebrun. Que des auteurs confirmés. L'idée européenne creusait son chemin en catimini, relayée par les ardentes féministes, et Pieke Biermann marchait glorieusement sur les ruines du mur de Berlin. Coincée entre l'Allemagne, la France et un transfuge d'origine italienne, La Confédération Helvétique boudait et trouva la parade en proposant sur les fonds baptismaux de l'Europe naissante et polardeuse, un francophone inconnu: Jean Jacques Busino. Son roman Un café, une cigarette arrachant des larmes àMargot, pourtant habituée à la noirceur de ses lectures, nous avons décidé de faire plus ample connaissance avec ce personnage trublion par le truchement d'une correspondance dont parfois l'humour détonne en comparaison de la noirceur de son livre.

Retrouvailles à Naples entre André, seize ans, qui a quitté la Suisse pour revoir sa fille Poupi, et Massimo, guère plus âgé, chef de bande. Ils vont accueillir dans une maison délabrée quelque quatre-vingts orphelins, leur fournir un toit, leur donner à manger, leur apporter l'espérance de constituer ensemble une famille et contrer la toute puissante Mafia sur ses terres. Une histoire qui oscille entre les aventures d'Oliver Twist, le documentaire implacable sur le monde du crime napolitain et la révolte d'enfants confrontés à des adultes qui ne s'embarrassent ni de principes ni d'états d'âme.

 

Qui est Jean Jacques Busino ?

Je suis né en Suisse le 16 Janvier 1965 d'un père et d'une mère Italienne. (Concevez que cela aurait pu être autrement, peut-être pire, par exemple d'une mère noire et d'un colon Israélite). J'ai suivi une scolarité médiocre et fort peu instructive en usant mes fringues sur des bancs blancs d'où je rêvais de monde Léonien et Eastwodien.

Actuellement J.J. Busino est disquaire. Parallèlement il s'occupe de production musicale et possède un studio d'enregistrement . La littérature et la musique sont complémentaires pour Busino qui ne conçoit pas l'une sans l'autre. Il utilise la musique comme stimulateur. Mais qu'est-ce qui l'a amené à écrire ?: 

Entouré de conteurs de génies, j'ai écouté des histoires d'un autre âge et d'une autre époque. Plus tard j'ai remarqué que ces conteurs étaient des pourvoyeurs de réalités. Alors je me suis demandé si ces conteurs étaient des menteurs ou des poètes... J'ai cru que mon père mentait, que les bons ne gagnaient jamais et que les faibles étaient toujours plus faibles. Les poux font des poux et les sous font des sous. Le monde qu'on m'avait fait miroiter n'était que du domaine du rêve et la réalité avait une odeur de faisandé. Dans la musique où je martyrise plusieurs instruments, j'ai recherché les sons qui expriment la rupture. J'ai toujours continué d'écrire, toujours plus, toujours plus vite. L'écriture est un vice qui vous empêche de dormir et d'aimer. Malgré ces certitudes, j'ai cédé aux charmes d'une femme et à l'attrait de la procréation. J'ai ressenti la même joie que Dieu lors de la naissance de mon fils que je n'ai pas laissé sans petite sœur. Imaginer une ville, un monde créer des humains revient à se prendre pour Dieu. Vous faites et défaites des vies en fonction de vos envies et de vos humeurs.

Jean Jacques BUSINO : Un entretien.

L'écriture pour J.J. Busino est une activité annexe qui lui prend la plupart de son temps et Un café, une cigarette n'est pas son premier roman. Il en a déjà écrit 9 ou 10 qu'il a systématiquement jeté à la poubelle.

Depuis dix ans, j'ai du faire naître des dizaines de monde différents jusqu'à ce que ma femme me demande de ne pas les jeter. Pour lui faire plaisir, j'ai fais lire le manuscrit à d'autres personnes qui y ont trouvé Dieu sait quoi. Monsieur Guerif, qui pourtant a l'air d'un homme sérieux, s'est joint au concert de voix qui m'encourageait à publier et j'ai accepté. Dorénavant, j'enverrai mes manuscrits à Rivages plutôt que de les mettre à la poubelle. Monsieur Guerif a reçu deux manuscrits, dont il dispose à sa convenance, et je finis un autre livre en travaillant sur La dette du Diable. Je ne souhaite pas à mes pires névroses de vivre le moment où il faut mettre le mot fin à quelque chose qui ne l'est jamais. Mes histoires sont de purs produits de mon "imagination" et, comme tel, sont des histoires vraies. La réalité se perd et les couleurs s'estompent. Il ne restera que le Noir. Il y aurait tellement de choses à dire. La littérature noire est un bon prétexte. Je choisis un de mes problèmes et je l'illustre par une histoire qui arriverait à quelqu'un d'autre. Après neuf mois de grossesse et d'innombrables recherches et vérifications, je tape le texte que je ne retravaille presque pas - la plupart des phrases ont été préparées à l'avance. Puis je perds le contrôle de mes écrits et si cela peut faire plaisir, rire ou amuser quelqu'un, Monsieur Guerif aura mérité sa place chez les grands.

Comment est né Un café une cigarette, comment naît un roman en général ? La question type dans un entretien et à laquelle l'auteur est parfois bien en peine de répondre.

Je ne sais pas si je peux encore me souvenir de comment est né Un café une cigarette. Je vais essayer de vous expliquer sans me poser la question si cela peut avoir un sens pour quelqu'un d'autre. J'ai commencé ce livre il y a environ cinq ans. Je cherchais deux réponses. Peut-on, au nom d'une cause, faire n'importe quoi ? Et quelles sont les motivations des personnes qui pensent faire des choses "pour les autres". L'histoire en gros m'est apparue rapidement en écoutant le Don Giovanni de Mozart. Il me manquait des détails, des certitudes, des "odeurs sonores ". Les images ne me sont rien, seules les ambiances sonores restent dans ma mémoire. Je ne me rappelle jamais d'un visage, toujours d'une voix. J'ai alors utilisé des livres sérieux sur l'histoire de la Mafia italienne. Des livres de sociologie, des traités économiques, ou des grands reportages. Devant la complexité des données, j'ai décidé de travailler sur une histoire simple entre des "petits" et une ville. Comme si la ville était une mère et les "petits" ses enfants. Comme pour tous les autres de mes bouquins, la période de recherche et de mise en forme m'a pris neuf mois (je vous laisse le soin d'interpréter, ma psychiatre favorite s'en est déjà chargé). Après neuf mois de gestation, je passe quelques mois d'insomnie complète à écrire. Les personnages deviennent un "autre moi". Je les laisse prendre la place qu'ils veulent. Les quelques mois d'écriture sont terribles, infernaux, pour tout le monde et pour moi-même en particulier. Chaque personnage est travaillé au burin et c'est seulement lorsque je les réunis sur le papier qu'ils prennent leurs formes définitives. Les personnages "d'un café une cigarette" sont logiques : le naïf, le simple, le pragmatique, le terre à terre et le play-boy. Je n'avais aucune idée du caractère des enfants et je les ai laissé "évoluer" librement. Et la nuit, lorsque je suis seul, je laisse aller, je décroche. Je cherche depuis longtemps à savoir où me mèneront mes dérives. Passé les premières angoisses, de ne pas revenir, je me promène dans un nouveau monde où j'ai le pouvoir d'anticipation. Lorsque tout va bien, les sons se transforment et la pièce se modifie. Je vois des humains évoluer et je peux même sentir leurs odeurs.

Jean Jacques BUSINO : Un entretien.

Etre édité amène-t-il un auteur à se remettre en question, à faire plus attention à son style, son écriture, à vouloir s'améliorer ?

Vous me demandez si le fait d'être édité chez Rivages change quoique ce soit à mon mode d'écriture... Je ne sais pas... Je ne sais même pas si je sais écrire et combien de temps j'aurai encore des histoires à raconter. Je mesure mal la chance que l'ai d'être entouré de si grands noms du polar. J'écris sans savoir pourquoi, mais certainement pour moi. Chaque fois que quelqu'un me parle de ce que j'écris, je ne reconnais rien. Ma seule échelle de valeur, pour arriver à mettre le mot fin à un texte, est de retrouver les sensations, en relisant, que j'ai eues en écrivant. C'est ma seule unité de mesure. Sans savoir comment, je travaille jusqu'à ce que je sente les personnages d'un livre me quitter. (Le jour se lève, je vais m'étendre un peu et je reprendrais cette lettre demain). Pour compléter ma réponse, l'édition d'une de mes petites histoires chez Rivages m'a pris de vitesse. J'ai écrit pratiquement quatre livres entre le moment où j'ai fini Un café une cigarette et sa publication chez Rivages. J'ai amélioré mon style et je maîtrise mieux les personnages. Naturellement ce n'est que mon avis et je conçois parfaitement que quelqu'un d'autre peut être d'un avis contraire. Mais malgré tout, je ne conçois l'écriture que comme une forme d'onanisme et l'avis de tiers, malgré tout le respect que je lui dois, n'a que peu d'influence sur mon écriture. Les histoires sont des cancers et l'écriture est ma chimiothérapie. Je recherche une sorte de liberté, une sorte d'absolu. Je tends à cet idéal tout en sachant que la liberté est infinie et, comme telle, inaccessible.

Jean Jacques BUSINO : Un entretien.

Si 1275 âmes de Jim Thompson reste l'univers de référence pour J.J. Busino, ses préférences littéraires sont assez éclectiques.

Tout écrivain qui raconte une histoire à laquelle je peux m'identifier m'intéresse. En vieillissant, j'ai tendance à préférer des auteurs qui soignent "aussi" la forme. Par exemple Pirandello, Sciascia ou le merveilleux livre d'étude comportementale d'Henri Laborit. Je passe aussi beaucoup d'heures dans le DSM-3R, manuel de psychiatrie qui me permet de mieux travailler sur des personnages éloignés de ma psychologie.

L'entretien est terminé. Il ne me reste plus qu'à mettre cet échange de correspondance en forme. Quant à Busino, il me confie : ... je retourne voir un Monsieur qui m'attend pour cuire le visage d'une femme qu'il vient de tuer.

 

Entretien publié dans la revue 813 N°47 de Juin 1994.

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 13:52

Le mystère Georges Tiffany

Georges TIFFANY : un portrait

Dans son excellent blog Action-Suspense, Claude Le Nocher a disséqué quelques ouvrages de Georges Tiffany, auteur du Fleuve Noir de 1964 à 1972 pour quatorze romans dans la collection Spécial Police et un dans la collection Grands Romans en 1966. Mais qui est (ou était) Georges Tiffany ? Jacqueline de Boulle, son véritable patronyme, est née en 1922 et est probablement d’origine belge.

De cet auteur féminin, on ne connait presque rien, sinon qu’elle a écrit en collaboration avec son mari, Lino Matassoni, quelques nouvelles dont L’homme qui voyait la mort, publié dans Fiction N° 101 (avril 1962). Lino Matassoni fut assistant de production notamment pour « Le feu aux poudres », film franco-italien réalisé par Henri Decoin en 1957, avec entre autres Lino Ventura, Raymond Pellegrin, Françoise Fabian et Jacqueline Maillan.

Georges TIFFANY : un portraitGeorges TIFFANY : un portraitGeorges TIFFANY : un portrait

En 1954, Jacqueline de Boulle reçoit le Prix Rossel décerné sur manuscrit pour Le Desperado, publié l’année suivante aux éditions René Juilliard. Ce roman narre l’aventure tragique de Luis Miguel Pereiro, un ancien séminariste devenu héros de l’armée espagnole républicaine puis résistant monarchiste. Fait prisonnier par les troupes de Franco il s’attend à être condamné à mort et s’attend à être exécuté, lorsque son père, pourtant incroyant, porte la croix dans la procession de Bilbao. Sa peine est commuée et lorsqu’il sort de prison, il est déconnecté des réalités de son siècle. Il devient paria, errant dans les groupuscules de résistance royalistes. Puis il exerce divers métiers plus ou moins humiliants à Paris. Il mourra, ne pouvant échapper au destin, sur le sol natal, en sautant d’un train en marche, voulant éviter les policiers qui le poursuivent.

Jacqueline de Boulle publie ensuite aux éditions Del Duca quelques romans sous son nom dont Chuquimata en 1957, Rossana plus douce qu’un péché (1958), L’amour est un serpent gris (1958), Lilo (1960), L’allumeuse (1963), ainsi qu’aux éditions Marabout, dans la collection Mademoiselle Flavia, jeune fille romaine (n°23 – 1957) puis toujours dans la même collection une dizaine de romans sous le pseudonyme de Tim Timmy dont La famille Andrieux (n°27), Les locataires de madame Andrieux (n°52), Les Andrieux aux sports d’hiver (n°61), Les mensonges de Jo Andrieux (n°73). Elle écrira aussi sous son nom des ouvrages pseudo-pédagogiques : La cuisine facile, simple, imaginative, économique en 1973 et Recevoir facilement en 1976 aux éditions belges Rossel.

 

Sources diverses dont le journal Le soir du 18 mai 1961.

Georges TIFFANY : un portraitGeorges TIFFANY : un portraitGeorges TIFFANY : un portrait

Dans la collection Spécial Police du Fleuve Noir

426 : Le Singe bleu (1964)

461 : Un Meurtre dans les yeux (1965)

481 : La Main tranchée (1965)

510 : La Morte dans la lagune (1966)

539 : La Tragédie du Viking (1966)

593 : Etes-vous Emilie? (1967)

636 : Le Château du margrave (1968)

652 : La Boutique aux pendues (1968)

714 : Le Masque nègre (1969)

744 : Les Papiers du mort (1969)

785 : La Dame aux corbeaux (1970)

821 : La Cage de verre (1970)

895 : La Mort en chaîne (1971)

948 : Le Bouillon d'araignées (1972)

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 13:47

Le 4 mars 2004 disparaissait Jean-Pierre Goiran, plus connu des amateurs de romans policiers et de science-fiction sous le nom de Jean-Pierre Garen, l’un des piliers du Fleuve Noir, du temps où cette maison d’édition fondée par Armand De Caro privilégiait dans ses multiples collections populaires de poche les auteurs francophones.

Jean-Pierre Garen : Un portrait.

Né le 10 novembre 1932 à Paris dans le 8ème arrondissement, Jean-Pierre Goiran effectue des études classiques au lycée Condorcet puis se dirige vers la médecine. Externe, puis interne des hôpitaux de Paris il devient chef de clinique à la faculté, qualifié en chirurgie générale, gynécologie et obstétrique. Il exerce la chirurgie en clientèle libérale aux environs de Paris à partir de 1966.

Il publie son premier roman au Fleuve Noir en 1960, dans la collection Spécial Police : Justice à rendre (N°246). Suivront 22 autres romans policiers jusqu’en 1982, avec une interruption entre 1966 et 1971. Son deuxième polar sera publié en 1962 (En pâture aux crabes, N°296) et sa production sera d’environ de deux à trois volumes par an jusqu’en 1966. En 1975, parallèlement à la rédaction de ses romans policiers, genre qu’il abandonnera en 1982 avec Vengeance en solitaire, Jean-Pierre Garen se consacre à la Science-fiction, dans la collection Anticipation du Fleuve Noir produisant plus d’une cinquantaine d’ouvrages consacrés pour la plupart au cycle du Service de Surveillance des Planètes Primitives dont le héros principal est Marc Stone. Cette série bénéficiera d'une collection particulière intitulée Marc Stone, qui reprenait les premiers titres ainsi que des inédits dont la numérotation débutait à 39. Seulement cette collection n'aura vécu que quelques mois de juin 1998 à février 1999.

Jean-Pierre Garen a publié également sous son nom deux ouvrages médicaux : Guide de la contraception aux éditions Masson en 1972 et Traiter une stérilité. Il est aussi l’auteur d’une douzaine de nouvelles parues dans diverses petites revues.

Sa préférence en matière de lecture allait naturellement vers des ouvrages sur l’histoire de la médecine, et sur l’histoire en général. Il se défendait d’écrire des romans populaire, n’aimant guère cette locution : “ Je n’aime pas le terme de Littérature populaire qui est péjoratif pour l’auteur et le lecteur ”. Il ajoute “ J’ai commencé puis continué à écrire par jeu avec un discret désir de dédoublement de personnalité. Docteur Jekyll le jour, j’exerce sagement mon activité de chirurgien. Le soir, les weeks-end et pendant les vacances Mr Hyde paraît avec le désir de s’évader et de projeter ses fantasmes dans d’autres univers. Pourquoi une littérature d’aventures ? Je ne suis pas doué pour le nombrilisme, l’introspection, les angoisses métaphysiques. Comme beaucoup de chirurgiens, je préfère une action rapide à l’attente dans le doute”.

Jean-Pierre Garen était notamment président du Groupement des Ecrivains-Médecins français et membre de l’académie Littré.

De sa production policière, on retiendra principalement deux cycles, le premier, le plus important, consacré à l’avocat Johnny Adams, l’autre au juge Pierre-Olivier Dumas. Johnny Adams, avocat à Pine City (qui deviendra au fil des intrigues Big Pine) en Californie, est calqué sur les romans d’Erle Stanley Gardner, quasiment une copie conforme de Perry Mason. Au passage, appréciez la similitude des noms : Gardner/Garen. Adams, ancien de la guerre de Corée, où il a combattu auprès de Joé, son ami propriétaire d’un bar et avec qui il partage les coups durs et les bagarres, est marié à une charmante jeune femme prénommée Sylvia (Notez encore au passage ce clin d’œil au couple Johnny/Sylvie dont le mariage médiatique eut lieu le 12 avril 1965), Adams donc ne rechigne pas à aller au charbon, retroussant ses manches afin de défendre son client (ou sa cliente). La plupart du temps l’audience préliminaire commence un jeudi et Adams a donc le temps de résoudre l’énigme et trouver le coupable du meurtre dont son client est injustement soupçonné, pour ne pas dire accusé par un district attorney (Himes de son nom) plutôt vindicatif et peu désireux d’approfondir son dossier. Il est vrai qu’Adams se révèle sa bête noire et Himes cherche plus à le contrer, le contrarier, le tourner en dérision, qu’à fignoler son accusation. Outre Joé, Adams peut compter sur deux autres amis, Bill le journaliste et Phil Dixon, agent du FBI.

Pierre-Olivier Dumas est lui juge d’instruction à Toulon et habite au Lavandou. Sa femme s’appelle Sylvie (coïncidence ?) et ses enquêtes, disons plutôt ses investigations, sont complétées par le lieutenant Boyer. Nous sommes loin toutefois du gendarme de Saint-Tropez, et de l’ambiance quelque peu farfelue qui se dégage des films interprétés par Louis de Funès.

Jean-Pierre Garen : Un portrait.

Les romans de Jean-Pierre Garen s’inscrivent dans un registre classique et se lisent avec un certain plaisir, même si aujourd’hui ils semblent ancrés dans leur période. Le rythme de production et de parution effaçait le système parfois répétitif sinon des intrigues, du moins de l'ambiance et de la description des personnages. Un auteur que je classerai parmi les bons tâcherons de la littérature populaire, au style limpide, qui voulait se faire plaisir tout en essayant de distraire son lecteur. Et comme tous les auteurs du Fleuve Noir, c’était une figure emblématique de la production à la française, avec ses qualités et ses défauts. Ne retenons que les qualités, les défauts étant mineurs et ne prêtant guère à conséquence.

Les amateurs désirant connaître un peu plus l’œuvre de Jean-Pierre Garen et plus particulièrement ses ouvrages de science-fiction consacrés à Marc Stone et sa saga du Service de Surveillance des planètes primitives peuvent diriger avec profit le curseur de leur souris sur http://jeanpierregaren.free.fr/ et ils auront tous les renseignements qu’ils souhaitent. De même ils pourront découvrir toutes les couvertures des romans de Jean-Pierre Garen ainsi que sa bibliographie complète avec un petit résumé de chaque livre.

Jean-Pierre Garen : Un portrait.
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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 07:57

Malgré l’emprunt d’un pseudonyme viril, Mario Ropp, était une femme.

Mario ROPP : Un portrait.

De son vrai nom Maïa, ou Marie-Anne, Devillers née le 18 décembre 1917 à Héricourt (Haute Saône), elle est décédée le 20 décembre 2007 à Tonnerre (Yonne). Comme l’aimait à souligner Michel Lebrun, Ropp était le nom d’une marque de pipes, mais ce pseudonyme est tout simplement emprunté à Roppe, petit village situé dans le Territoire de Belfort, dont elle avait raccourci le nom. Quant au prénom de Mario, c’est Armand de Caro qui le lui avait suggéré. Elle “ déteste raconter sa vie ” (Correspondance personnelle), pour la simple et bonne raison qu’elle “ ne voit pas en quoi ma vie et mes opinions peuvent intéresser les gens qui me lisent ”. Ses goûts androgènes seraient dus à son signe astral (Sagittaire), ce qui expliquerait sa passion pour les animaux et les plantes. Et aussi pourquoi elle a choisi ce pseudonyme viril pour écrire au Fleuve Noir ou un prénom qui laisse planer l’ambiguïté pour les livres parus chez Ditis dans la collection la Chouette (Dominique Dorn). Une inclination qu’il ne faut pas traduire obligatoirement par misanthropie.

Après avoir passé son enfance à Belfort, elle s’installe à Paris avec sa famille et entre à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs pour en sortir, quatre ans plus tard, munie d’un diplôme aussi honorifique qu’inutile (FNI 22). Sa famille s’installe dans l’Ouest, à la limite de la Bretagne et de la Normandie. Puis c’est la guerre et l’après-guerre, période sur laquelle elle n’a rien à dire (FNI 22). De retour à Paris elle travaille comme simple ouvrière dans un atelier de brochage à l’expédition des journaux. Un travail fastidieux mais enrichissant sur le plan humain. Elle apprend beaucoup au contact de ses collègues féminines à qui elle raconte des histoires. Un auditoire qui l’écoute avec un mélange de confuse admiration et d’ahurissement. Son patron, qui la catalogue d’agitatrice et de pétroleuse, ne lui demande pas moins de réaliser les portraits de ses chiens de chasse. Par passion des bêtes et besoin d’exotisme, elle travaille ensuite chez un éleveur en grand de poissons exotiques et d’aquarium. Elle déclarait avoir beaucoup aimer cette période et les milliers de petits poissons qu’elle nourrissait, soignait et vendait chaque jour. Puis elle concrétise son rêve, partir en Afrique. Grâce à ses dons pour le dessin et à son diplôme des Arts Déco, elle est engagée par Théodore Monod, alors directeur de l’Institut Français d’Afrique Noire à Dakar, comme dessinatrice en botanique afin d’illustrer une monumentale flore de l’Afrique Occidentale. Elle passera trois ans à Dakar puis cinq ans près d’Abidjan. Lors d’un congé en France, en 1956, elle rencontre Armand de Caro et c’est le début d’une carrière littéraire qui durera 27 ans. Dès l’âge de quinze ans elle ressent le besoin d’inventer des histoires, écrivant aussi bien des poèmes que des romans d’aventures en passant par des histoires d’amour frisant l’érotisme (FNI 22). Dans ce même bulletin elle écrivait aussi : Sur le plan plus personnel, ou sentimental, que dirais-je ? Je suis trop indépendante pour me marier, j’aime trop vivre au milieu des animaux pour imposer cette compagnie à un homme, alors je reste seule. Ce qui n’est pas toujours drôle mais ce qui fait pourtant dire à la plupart des gens que j’ai choisi la meilleure part, et je me demande alors pourquoi ils ne font pas comme moi ! Il faut croire qu’ils ne trouvent pas cette part tellement bonne !

Si elle considère que la littérature populaire “ c’est peut-être parce que c’est la plus facile ”, sa préférence va pour les romans policiers, “ ce sont les plus drôles à écrire ”. D’ailleurs, à part Graham Greene “ parce qu’il a le sens de l’humour en toute circonstance ”, elle ne lisait plus que des romans policiers, de tous les auteurs, anciens ou actuels.

Maïa Devillers a produit des romans à la sensibilité féminine prononcée, vouant non seulement du respect mais également une forme d’amour pour ses personnages, bons ou mauvais. Ce qui l’amena parfois, malgré des intrigues originales, à écrire des romans qui selon certains critiques auraient eu plus leur place dans des collections spécifiquement féminines. Ainsi Louise Lalanne alias Maurice Bernard Endrèbe déclare dans M.M. 245 à propos de Ne rêve donc pas - “ Mario Ropp est au roman policier ce que Françoise Sagan est au roman tout court ”, et trouve que Mario Ropp serait plus à sa place dans la collection Présence des femmes. Or si Mario Ropp n’a jamais été publiée dans la collection Présences des femmes, c’est parce que « cela ne me dit pas grand-chose de raconter des histoires sentimentales ». Pierre Boileau se montre plus enthousiaste et à propos de La mort sur la piste, il écrit - “ C’est un excellent roman d’aventures policières, bien mené, avec des scènes émouvantes, et dont le héros, le brutal et pitoyable Karl Räder, est dessiné avec bonheur” (Le Saint 51). Pourtant certains de ses romans possédaient une ambiance glauque. Quelques uns de ses romans ont été traduits en Italie, en Espagne et même en Finlande. Ça va trop loin, A moins d’un miracle et Thalassa furent publiés en feuilletons entre 1965 et 1968, et Ne fais pas ça Isabella a été adapté à la télévision par Véronique Castelnau et Gilbert Pineau, réalisation de Gilbert Pineau avec pour vedette principale Anne Gaël, en 1967.

Mario Ropp avait complètement cessé d’écrire en 1983, année où elle a eu 65 ans, et où elle a jugé bon de prendre sa retraite. A l’époque elle possédait beaucoup moins d’animaux : Deux chiens, deux chats, deux oiseaux. Et elle se passionnait toujours pour les œuvres techniques scientifiques et s’intéressait à l’électronique. Enfin elle avait un train électrique. On retrouve d’ailleurs cette passion dans certains de ses romans comme Et si on jouait au train ? Les jeux des grandes personnes et quelques autres. On retrouvait aussi comme théâtre de ses romans sa région dont Une seule nuit à Saint Florentin.

Mario ROPP : Un portrait.
Mario ROPP : Un portrait.

http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/2014/09/dominique-dorn-les-chiens-ne-parlent-pas.html

Autres publications - sous le pseudonyme de Dominique Dorn, tous aux éditions Ditis, coll. La Chouette - Le parfum de la peur, 141 (1959); Le rêve de Corinne, 150 (1959); Le lévrier afghan, 162 (1960); Notre métro quotidien, 183 (1960); Les chiens ne parlent pas, 193 (1961); Solo, 206 (1961); Véronique et la Saint Médard, 216 (1961). Sous le pseud. de Maïa Walbert - Ed. Elan, Romans d’aujourd’hui - Cauchemar aux roches roses. Ed. Arabesque, Colorama - L’amour ne vient jamais seul (1959); Si peu le temps d’aimer (1959); La clé sous le paillasson (1960); Lucioles au vent (1960). Sous le pseudo de Michèle Vaudois - Arabesque, Coll. Les Nymphes - De myrtilles et d’amour (1961). Sous le pseudo Maïa de Villers - Samaïa, l’éléphant (1947) roman pour enfants.

 

Grands Romans

Thalassa

Mataï-Ino

 

Polar 50

29 - La route aux loups

 

Spécial Police

136 - Jeu sans joie

166 - La route aux loups

187 - La mort sur la piste

196 - Sans whisky ni cadavre

200 - Plus facile de mourir

217 - Pas encore assez mort

229 - Souviens-toi du vent

240 - Des trains et des morts

251 - Un coup pour rien

264 - Mauvais anges

274 - Bonne nuit, inspecteur

287 - La moto

299 - Mieux vaut l'oubli

309 - L'ange gardien

319 - Et la neige tombait...

334 - Les dangereux retours

347 - La fille sur le parvis

356 - Le hérisson

374 - Un très long cheveu

386 - Les enfants perdus

402 - Absence

421 - Hilda aux yeux trop clairs

434 - Ne jugez pas

446 - Ça va trop loin

462 - Le temps d'une chute

475 - Jeux de clés

488 - Celle des deux qui vivait

502 - Ne fais pas ça, Isabella

515 - L'homme sans auto

531 - Tornades

550 - Entre chiens et femmes

568 - Ne pleure pas pour moi

590 - Les cheveux d'Eléonor

597 - Tueurs d'occasion

614 - L'emporte-pièce

635 - Douce haine

650 - Ne rêve donc pas

671 - La nuit de l'araignée

684 - Les petits corniauds du destin

702 - Le fond du silence

719 - Le monde à personne

735 - Le temps du bulldozer

749 - Une seule nuit à Saint-Florentin

772 - Quand même pas pour une orchidée

781 - Furie en jaune

808 - Ce printemps trop froid

816 - Si elle était morte...

842 - Pourquoi voulez-vous qu'une alouette chante?

860 - La mort en peaux de phoque

872 - Un homme mort et un enfant

892 - Festival en mort majeur

904 - Des loups pour un chaperon rouge

914 - Une sournoise odeur de sapin

931 - Une fois de trop

954 - Revoir Deborah et mourir

967 - Une rose de sang pour Pénélope

985 - Trois malheureux accidents

997 - La vérité en filigrane

1018 - A cause d'une grille restée ouverte

1035 - Aucune raison de la tuer

1049 - La meute des affreux

1068 - Un train pour l'angoisse

1074 - Les eaux ou nagent les piranhas

1124 - Du mythe à la réalité

1130 - Jeux de hasard et de mort

1144 - Un flic dur à tuer

1151 - Le temps des enfants fous

1198 - Partis pour les Galapagos

1206 - La chatte dans un jeu de quilles

1219 - Mortelle mélopée mécanique

1227 - Ne volez pas n'importe quoi

1244 - Une fois, il y eut Vanina

1302 - Une entourloupe royale

1336 - Voler mais pas tuer

1346 - Tout du rat, sauf l'astuce

1362 - Au pays de nulle part

1381 - Prisons en noir et en couleur

1409 - Cocktails d'alcools et de morts

1429 - Le chaland passe, les morts restent

1443 - La ferme et l'arbre mort

1471 - Ci-gît Valmah

1489 - Le courage de l'inconscience

1507 - Une tornade nommée Risko

1517 - Les jeux des grandes personnes

1540 - Plongeon dans les eaux troubles

1558 - Mais à qui appartient Victor?

1577 - Il fallait détourner la tête

1599 - La panthère et le petit chien

1606 - La femme d'une autre mort

1631 - Vous ne pourrez jamais comprendre

1650 - Et si on jouait au train?

1683 - Héroïne sans héros

1724 - Plus facile de mourir Rééd. SP 200

1735 - La menotte ne fait pas le truand

1764 - Des millions pour un cauchemar

1795 - Le bouscule pas, c'est qu'un môme

1814 - Et la neige tombait... Rééd. SP 319

1839 - Mais Juana n'était pas morte

 

Autres publications - sous le pseudonyme de Dominique Dorn, tous aux éditions Ditis, coll. La Chouette - Le parfum de la peur, 141 (1959); Le rêve de Corinne, 150 (1959); Le lévrier afghan, 162 (1960); Notre métro quotidien, 183 (1960); Les chiens ne parlent pas, 193 (1961); Solo, 206 (1961); Véronique et la Saint Médard, 216 (1961). Sous le pseudo. de Maïa Walbert - Ed. Elan, Romans d’aujourd’hui - Cauchemar aux roches roses. Ed. Arabesque, Colorama - L’amour ne vient jamais seul (1959); Si peu le temps d’aimer (1959); La clé sous le paillasson (1960); Lucioles au vent (1960). Sous le pseud. de Michèle Vaudois - Arabesque, Coll. Les Nymphes - De myrtilles et d’amour (1961) Sous le pseud. Maïa de Villers - Samaïa, l’éléphant (1947) roman pour enfants.

Mario ROPP : Un portrait.

Voir également Les chiens ne parlent pas de Dominique Dorn, un alias de Mario Ropp

http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/2014/09/dominique-dorn-les-chiens-ne-parlent-pas.html

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 16:40

Bon anniversaire à P.-J. Hérault Né le 22 septembre 1934 à Paris dans le quatorzième arrondissement.

P. - J. HERAULT : Un portrait.

Michel Rigaud qui n’avait pas encore adopté le pseudonyme de P.J. Hérault, écume successivement les lycées Fontane à Niort, des Feuillantines, Montaigne et Michelet à Paris et Vanves, se retrouve élève de la Faculté de Droit puis de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Paris et enfin l’Ecole des Hautes Etudes Sociales et Internationales. Il devient Officier de Renseignements en Zone opérationnelle durant la guerre d’Algérie et en ramène une technique du Renseignement qu’il exploitera plus tard avec des romans d’espionnage.

De retour à la vie civile, il réalise un vieux rêve : voler. Il devient pilote de planeur puis d’avion et en même temps il entre comme reporter à Paris-Presse et collabore à Candide. Ensuite il travaillera à l’Aurore, Paris-Jour et sera chroniqueur à RTL. Enfin à TéléStar en tant que rewriter puis chef des informations. En 1972 il participe à la création d’un mensuel aéronautique, Aviation 2000. Regrettant de ne pouvoir exploiter la mine d’informations que représentent les reportages, il trouve bientôt la solution en écrivant des romans d’espionnage. Lecteur du Fleuve Noir depuis un certain après-midi de septembre 1953, à Madrid, il se met au travail et porte son premier manuscrit au Fleuve Noir. Ce sera Réseaux sommeil en 1971 suivi par deux autres romans, Stratégie Détonateur et Le barrage maudit.

Mais il découvre la science-fiction et s’y plonge avec délectation et écrit pour la collection Anticipation vingt quatre titres, de 1975 à 1996. Il en garde une petite anecdote : « L’une des dernières, et très jeune directrice littéraire, m’a dit que j’étais un dinosaure du Fleuve. Je ne suis toujours pas convaincu que c’était gentil ».

A ma question, Comment vous est venu le besoin, l’envie, le plaisir d’écrire et pourquoi de la littérature populaire, il m’a répondu : « Au début pour l’argent. J’étais journaliste. Je ne savais qu’écrire ou faire la guerre. Ensuite parce que je ne trouvais pas les histoires qui me plaisaient. Alors je me les suis racontées. La S.F. parce que c’est un genre où l’on peut tout écrire, dans n’importe quel domaine. La littérature populaire parce que c’est la seule qui soit un reflet de son époque ». Peut-être est-ce pour cela qu’il apprécie surtout les ouvrages sur l’aviation, l’une de ses passions, et ses auteurs préférés sont Pierre Clostermann et Nicolas Montserrat. Il ne lit guère la littérature générale, sauf exception, parce qu’elle l’ennuie. « Ça ne bouge pas assez, beaucoup d’auteurs se regardent le nombril ». Il a pratiqué, régulièrement, des sports aussi différents que la voile, la plongée en scaphandre autonome, le ski, l’escrime et l’aviation sous toutes ses formes, à l’exclusion du parachutisme et du vol libre qui le terrorisent. Enfin il passe ses vacances d’été dans les îles grecques du Dodécanèse.

Il s’explique sur son « métier » d’auteur mais aussi pourquoi il écrit des romans de science-fiction ainsi : « Nous avons besoin de critiques. D’encouragements, à un moindre degré. Alors nous avons tous nos trucs. Le mien est terriblement égocentrique. Si des personnages sont vivants dans mon crâne, si je vois une scène, si je me sens bien, si j’ai envie d’être dans un engin spatial, au milieu des commandes des voyants de contrôle, alors je pense que cela plaira à d’autres. Mais si une histoire m’ennuie, alors je recommence, ou je laisse tomber. Je ne suis pas capable d’écrire pour aligner des lignes. Il faut que j’y prenne plaisir, que je m’y amuse, que je rêve. C’est pourquoi j’ai laissé tomber l’espionnage, il y a bien longtemps. Je travaillais, à l’époque, pour Paris-Presse et mes confrères du service de politique étrangère me racontaient des anecdotes qui n’avaient pas leur place dans le journal. J’en tirai un roman. Mais j’ai été vite lassé. Je connaissais les techniques de renseignement pour les avoir apprises dans l’armée. Mais tous ces romans se ressemblaient à mon avis. Je me sentais prisonnier. L’Anticipation, au contraire, représentait la liberté totale pour un auteur. Et le Space-opéra était le genre où je me sentais le plus à l’aise. Peut-être parce que j’ai piloté pendant vingt-neuf ans et que j’aime voler, en planeur ou en avion. Un poste de pilotage m’est familier. Ceci explique cela ».

P. - J. HERAULT : Un portrait.P. - J. HERAULT : Un portrait.P. - J. HERAULT : Un portrait.

Dans ces romans il existe une forme d’antimilitarisme, mais il modère toutefois cette prise de position dans ses propos : « Une armée n’est que le reflet, parfait, de la nation qui la génère. Rien de plus. Elle peut avoir une grande conscience ou être un ramassis de brutes infâmes, à l’image du pays. Donc l’antimilitarisme systématique me parait primaire. Il faut savoir de quoi l’on parle, ne pas avoir passé ses vingt ans dans un fauteuil… Ni être une féministe qui discourt de ce qu’elle ignore. C’est l’esprit militariste, le goût du combat pour le combat et la férocité, la perte de son âme, que je ne supporte pas. De même que la violence, que je déteste. Mais il arrive toujours un moment où l’on ne peut pas faire autrement que l’employer. On peut reculer, accepter, jusqu’à un certain point où la liberté, la dignité, peut-être, impose de se battre, défendre des grands principes, plutôt. En revanche je hais, peut être parce que je les ai approchés, professionnellement, les politiciens. Menteurs par fonction et ne faisant pas honneur à la race humaine ». P.J. Hérault ne manie pas la langue de bois, c’est tout à son honneur.

Aujourd’hui il continue d’écrire et Rivière Blanche accueille ses romans inédits (six pour l’instant), mais c’est la marque de fabrique de Rivière Blanche : publier d’anciens auteurs du Fleuve Noir, des romans oubliés de la fin du XIXème siècle, et découvrir de nouvelles pousses, dans tous les domaines de l’Anticipation et du Fantastique. J’y reviendrai. Cependant il est un roman traitant d’uchronie qui jusqu’à peu tenait à cœur à P.J. Hérault et qui est resté longtemps dans ses tiroirs mais, n’étant pas publié pour diverses raisons. « Un gros livre de 1600 pages non publié en raison de sa taille, essentiellement, et du fait de ma nationalité non américaine ! » déplorait-il. « C’est une uchronie sur l’Europe où j’ai mis beaucoup de moi-même, des personnages qui ont une conscience, ce qui importe beaucoup à mes yeux ». Depuis ce gros roman a été édité chez Interkeltia, sous le titre Millecrabe, en trois volumes. Enfin oserai-je dire, et P.J. Hérault peut être fier de s’être obstiné et d’avoir eu foi en lui et en son œuvre. Et je ne serais pas complet (cet article a été écrit en juin 2011) si j'oubliais de signaler que des romans inédits et des rééditions sont publiés aux éditions Critic.

P. - J. HERAULT : Un portrait.P. - J. HERAULT : Un portrait.
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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 13:05

Un credo et une profession de foi : N'importe quelle littérature pourvu qu'elle soit POPULAIRE ! Ecrite pour le plus grand public et à un prix bon marché, à portée de toutes les bourses.

 

Max-Andre-RAYJEAN.JPG

Jean Lombard est né le 21 octobre 1929 à Valence (Drôme). Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le pseudonyme de Rayjean n'est pas un hommage à Jean Ray mais une contraction des prénoms de sa femme (Raymonde) et du sien. Max-André étant un souvenir envers un écrivain lyonnais, Max-André Dazergue. Après son B.E., il poursuit des études secondaires dans l'espoir de passer son bac, mais d'origine modeste il lui faut gagner sa vie. Il entre aux P.T.T., très peu de temps car licencié après des compressions de personnel (déjà), ce qui le réjouit secrètement. Il effectue ses obligations militaires en Allemagne où il s'occupe de la Poste. Parallèlement il songe sérieusement à écrire et envoie des textes à Fripounet, Cœurs Vaillants et Ames Vaillantes. Sa première nouvelle parait en mars 1948 dans Le Journal des Voyages. Il tâte également du livre pour enfant et écrit plus de quatre cents scénarii de bande dessinée pour Artima avant d'entrer au Fleuve Noir en 1956. A vingt six ans il devient écrivain professionnel, avec une moyenne de trois à quatre romans par an. Il a produit deux ouvrages pour Le Puits Pelu, collection le Glaive : Le dernier acte (1951) et La morte du métropolitain (1956). Chez Jacquier Loupe Espionnage : Epreuve de force (1960 sous le nom de Jean Lombard, l'alias de Max-André Rayjean étant réservé au Fleuve Noir depuis 1956. Et il est parfois confondu avec un auteur homonyme produisant à la Corne d'Or).

"Mon but était d'apporter à la science-fiction la simplicité, justement par le truchement d'une collection populaire. J'essaie toujours d'élargirrayjean7.jpg mes thèmes, mais une chose me préoccupe : le secret de la vie.... Tous les thèmes biologiques me tiennent à cœur. J'aurais aimé faire carrière dans un laboratoire de recherche... Je ne trouve pas tous mes ouvrages bons, loin de là... mais ils ont tous un point commun : ils plongent dans le futur immédiat de notre planète" (FNI 75 1971). Tout comme la plupart de ses confrères du Fleuve Noir, il n'a pas été épargné par la critique spécialisée, et n'est guère recensé dans les dictionnaires de S.F. Son appartenance peut-être à une science-fiction populaire, française. Pourtant il a su renouveler un genre, en sortant des ornières anglo-saxonnes : " Je vous dirai sans détour que sans lui [Le Fleuve Noir] la science-fiction serait à l'heure actuelle quasiment inexistante et chaque volume ne tirerait à guère plus de cinq mille exemplaires, en étant optimiste ” (FNI 75 1971).

Jean Lombard a tâté tous les genres : Aventures, Espionnage, Science-fiction, Police, Guerre, Western. En tout environ 400 textes disséminés dans diverses revues de bandes dessinées sous forme de contes.  

 

Il écrit notamment pour le magazine Vigor les aventures de Bob Corton. 42 épisodes dessinés par Cazenave. A ce sujet il ne faut pas se fier aux information du site de La Bédéthèque qui attribue textes et dessins à Cazenave. De même pour la revue Ardan il est le scénariste de 107 épisodes de Tim l'Audace, signés Jean Lombard, M.A. Rayjean, quelques uns n'étant pas signés. Il est l'auteur également des aventures de Tomic dans la revue Téméraire, de quelques épisode de Ray Alcotan, Atome Kid, Tommy Flash...


Tous les romans de Jean Lombard sont du même cru, le style Fleuve Noir, il faut éviter le racisme, le sexe, les guerres spatiales (c'est dépassé !)... (La Tribune Magazine 13 mars 1980).

Parmi sa production il préfère : Les parias de l'atome, Ere cinquième, Terrom, Age un, L'an un des Kréols, Le secret des Cyborg, Retour au néant. Grand Prix du roman d'anticipation en 1957 avec Les parias de l'atome et Le secret des Cybord en 1974.

Max-André Rayjean a également écrit 6 romans pour la collection Angoisse du Fleuve Noir.

Après la grande purge du Fleuve Noir à la fin des années 1980 puis les essais ratés de nouvelles collections, le désert éditorial s'étalait devant eux à l'infini pour M.-A. Rayjean et ses confrères. Heureusement au milieu des années 2000, les Editions Rivières Blanches ont pris la relève, permettant à certains d'entre eux d'enchanter nos nuits. Max-André Rayjean fait partie de ces rescapés et depuis quelques inédits ont vu le jour : Le cycle d'Orga; Complexe 18; Défi à la Terre; Momie de sang et Opération étoile dont j'aurai l'occasion de vous parler.

Bibliographie au Fleuve Noir :rayjean5.JPG
Angoisse

178 - Le Sang et la chair

184 - La Bête du néant

202 - Dans les griffes du Diable

222 - La Malédiction des vautours

229 - La Dent du loup

261 - Le Squelette de volupté

Anticipation

71 - Attaque sub-terrestre

86 - Base spatiale 14

104 - Les Parias de l'atome

108 - Chocs en synthèse

114 - La Folie verte

122 - L'Anneau des invinciblesrayjean6

127 - Soleils: échelle zéro

137 - Le Monde de l'éternité

142 - Ere cinquième

151 - Le Péril des hommes

161 - L'Ultra-univers

167 - Invasion “H”

171 - Puissance: facteur 3

177 - Les Magiciens d'Andromède

189 - L'Etoile de Goa

197 - Planètes captives

217 - L'Oasis du rêve

221 - Terrom, âge “un”

229 - La Fièvre rouge

240 - Projet “Kozna”

247 - Round végétalrayjean1

254 - L'Escale des Zulhs

260 - L'Astre vivant

269 - Les Forçats de l'énergie

274 - Le Cerveau de Silstar

284 - Le Zoo des Astors

291 - Plan S.03

303 - Les Clés de l'univers

311 - Les Anti-hommes

322 - Le Septième continent

333 - Le Quatrième futur

344 - Contact “Z”

353 - Civilisation “Oméga”

364 - Le Zor-Ko de fer

375 - L'An un des Kréois

387 - Relais “Kera”rayjean2

403 - SOS Cerveaux

414 - Prisonniers du temps

431 - Retour au néant

437 - Base Djéos

451 - La Seconde vie

466 - Cellule 217

477 - Les Psycors de Paal Zuick

506 - Les Statues vivantes

512 - L'Arbre de cristal

528 - L'Autre passé

542 - La Loi du cube

565 - La Révolte de Gerkanol

587 - Le Monde figé

610 - Les Feux de Siris

629 - Le Secret des Cyborgsrayjean3

644 - Le Grand retour

653 - Barrière vivante

 670 - L'Astronef rouge

692 - Ségrégaria

712 - Les Géants de Komor

753 - Les Germes de l'infini

778 - Les Irréels

796 - Les Métamorphosés de Spalla

815 - Le Piège de lumière

847 - La Onzième dimension

867 - La Chaîne des Symbios

887 - Génération “Alpha”

896 - Les Maîtres de la matière

925 - Les Singes d'Ulgorrayjean4

1004 - Groupe Géo

1054 - Déchéa

1079 - Jairal

1098 - Le Monde noir

1177 - L'Ordre des vigiles

1253 - Alpha-park

1296 - L'Age de lumière

1329 - Le Flambeau de l'univers

1400 - Les Acteurs programmés

1435 - La Guerre des loisirs

1467 - Citéléem

1587 - Le Dernier soleil

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 12:27

Christian Mantey est né le 5 septembre 1941 à Paris, dans le XIVème arrondissement, arrondissement parisien cher à Georges Brassens, John Williams qui se fit connaître dans les années soixante avec les interprétations de Je suis un nègre, Si toi aussi tu m’abandonnes ou OK Corral, et plus près de nous Renaud.

Christian Mantey fréquente l’école primaire, lycée jusqu'en 3ème, mantey.jpggrouillot dans un cabinet de métreurs à Paris, avec travail sur les chantiers en parallèle pour lier la technique et la pratique; monteur de chaudières au forfait; puis apprenti-métreur dans une boîte de chauffage et de clim du Quai de Valmy; engagement pour 3 ans dans les Sapeurs Pompiers de Paris; employé à la sécurité incendie chez Citroën à Nanterre; vendeur de journaux au kiosque le Figaro à la sortie du métro Sablons; régisseur pour une boîte de production de documentaires et films de maintenance; bouquiniste à mi-temps à Suresnes; contrat avec le Fleuve Noir en février 1968 et auteur en Spécial Police et Anticipation jusqu'en 1984 où il part chez Gérard de Villiers pour écrire la série JAG avec Pierre Dubois, le célèbre dessinateur et passionné elficologue, spécialiste des lutins et des fées, avec lequel il a commis Survivance et Shea au Fleuve sous le pseudo de Budy Matieson, deux volumes qui préfiguraient la série JAG forte de 35 volumes, série où sont venus se greffer Joël Houssin, Serge Brussolo, et Christian Vila pour un seul volume… qu'il avait d'ailleurs confié à un nègre !!!

Un passage à vide l'oblige à stopper l'écriture et il est trop tard pour reprendre JAG aux dires de l'éditeur; alors il écrit une douzaine de Blade avant de quitter l'écurie de Villiers; il se reconverti alors dans la vente de livres jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de la retraite, durant laquelle il pense souvent recommencer à écrire mais il n'existe plus de maison d'édition de genre comme à l'époque…

 

A NOTER que j'ai omis de parler d'une collaboration avec Jean Philippe Berger qui nous a permis de sortir 3 volumes au Fleuve sous le pseudo J CH Bergman; d'un livre érotique que j'ai écrit  chez de Villiers  "l'amour à quatre mains" signé Pierre Pauhljac, et la coécriture d'un scénario et dialogue d'un téléfilm pour TF 1 dans la série "  VAN LOC "intitulé "Victoire aux poings"; et aussi la coécriture d'un scénario de BD chez Glénat, second épisode de Silien Melville intitulé "retour de manivelle "… 

 

 Voilà en gros son pédigrée, rien au niveau diplôme que son Certif comme on disait à l'époque, et une vie quelquefois compliquée mais dont il ne regrette pas une seconde. Et comme c'est un homme discret, qui a répondu obligeamment à mes quelques questions, je n'ai pu obtenir de photo de lui. Tout au plus a-t-il ajouté que Pierre Dubois est bien le conteur/dessinateur/elficologue passionné du monde de l’invisible; il se pourrait même que nous reprenions une collaboration d’ici peu…. 

 mantey6.jpg

Anticipation

728 : Transit pour l'infini (1976)

755 : Black planet (1976)

1093 : Titcht (1981)

1193 : L'Effet Halstead (1983)

1219 : Wild life connection (1983)

1280 : No man's land (1984)

 

Spécial Police

738 : Un Safari pas comme les autres (1969)

783 : Le Même, en noir (1970)

845 : L'Encagé volontaire (1971)

882 : Les Arcans (1971)

923 : Le Dernier bravo (1972)

953 : Commission desperados (1972)

1052 : Les Aussi pires (1973)

1093 : Meurtre à la ligne (1974) Dans Meurtre à la ligne, il met en scène Joëlle Goron (qui fut l’une des journalistes présentatrices d’émissions de Christine Bravo dont Frou-Frou et est également scénariste de téléfilms) et son mari Jean-Jacques, ses amis alors inconnus du grand public.mantey5.JPG

1106 : Six personnages en quête d'un tueur (1974)

1113 : Poupée de sire, volées de plomb (1974)

1155 : Un Chasseur dans la ville (1975)

1179 : Témoin (1975)

1233 : Mourir à Cefalu (1976)

1325 : Moi, un flic... (1977)

1383 : Timothy superflingue (1978)

1400 : De l'autre côté d'ailleurs (1978)

1633 : Le Même, en noir (Rééd. de 783) (1981)

1688 : L'Encagé volontaire (Rééd. de 845) (1981)

1731 : Mourir à Cefalu (Rééd. de 1233) (1982)

1821 : Les Arcans (Rééd. de 882) (1983)

1835 : Commission desperados (Rééd. de 953) (1983)

1916 : Mégapolice (1984)

 mantey1

Sous le pseudo de Budy Matieson :

Collection Anticipation 

1019 : Survivance (1980)

1135 : Shea (1982)

 

Sous le pseudo de J. Christian Bergman :

Collection Anticipation

914 : Palowstown (1979)

952 : Homme, sweet homme... (1979)

993 : Apocalypse snow (1980)

 

Sous le pseudo de Jeffrey Lord, collection Blade

120 - Le cimetière des hommes machines (1998)

122 - Les rebelles de Terra Nova (1998)mantey2.jpg

128 - Les titans de Jadalgad (1999)

130 - Les convulsions du temps (2000)

132 - L'agonie de la planète sans ciel (2000)

138 - Le dieu nu de Belina (2001)

143 - L'Empire du Milieu (2002)

 

Sous le pseudo de Zeb Chillicote, collection Jag.

Editions Plon:

1- Pierre Dubois + Christian Mantey : Jag le félin (1985

2- Pierre Dubois + Christian Mantey : Le collier de la honte (1985

3- Pierre Dubois + Christian Mantey : La compagnie des os (1985)

4- Joël Houssin + Christian Mantey : La poudre de vie (1985)

5- Joël Houssin + Christian Mantey : Le peuple ailé (1986)

6- Joël Houssin + Christian Mantey : Le monde fracturé (1986)

7- Joël Houssin + Christian Mantey : La ville piège (1986) mantey3.jpg

8- Serge Brussolo + Christian Mantey : Les hommes tritons (1986)

9- Joël Houssin + Christian Mantey : La cité de fer (1986)

10- Serge Brussolo + Christian Mantey : Les tourmenteurs (1987)

11- Joël Houssin + Christian Mantey : Le maître des orages (1987)

12- Christian Mantey : Le doigt du seigneur (1987)

13- Joël Houssin + Christian Mantey : Le cœur noir (1987)

14- Serge Brussolo + Christian Mantey : Les enfants du feu (1987)

 

Presses de la Cité (1988 - 1989)

15- Joël Houssin + Christian Mantey : Les yeux d'encre (1988) mantey4.jpg

16- Christian Mantey : Les vierges de pierre (1988)

17- Christian Mantey : L'île de lune (1988)

18- Christian Mantey : Désert mécanique (1988)

19- Christian Mantey : Les mangeurs d'âmes (1989)

20- Christian Mantey : Les ventres mous (1989)

21 - Jacques Barberi + Christian Mantey : Station labyrinthe (1989).

22 - Christian Mantey : Cloaque bay (1989)

23 - Christian Mantey : Destination apocalypse (La saga de l'arche 1)  (1989).

Vaugirard (1990 - 1995)

24- Christian Mantey : La mort métal (La saga de l'arche 2)  (1990)

25- Christian Mantey : Métalmorphose (La saga de l'arche 3)  (1990)

26- Christian Mantey : Les faiseurs d'acier (La saga de l'arche 4)  (1990)

27- Christian Mantey : Les naufragés de l'arche (La saga de l'arche 5)  (1990)

28- Christian Mantey : L'univers du barillet (L'univers du barillet 1)  (1991)

29- Christian Mantey : Les portes de lumière (L'univers du barillet 2)  (1991)

30- Christian Mantey : Les loups d'Osborne (L'univers du barillet 3)  (1991)

31- Christian Mantey : Noire prairie (L'univers du barillet 4)  (1992)

32- Christian Mantey : Ceux du miroir (L'univers du barillet 5)  (1992)

33- Christian Mantey : L'oiseau de cristal (L'univers du barillet 6)  (1992) 34- Christian Mantey : Les guerriers de verre (1994)


Sous le pseudo de Pierre Pauhljac, collection Les érotiques de Gérard de Villiers. Editions Garancière :

L'amour à quatre mains (1988)

 

Vous pouvez retrouver un article consacré à quelques romans de Christian Mantey sur Action-Suspense.


 

 


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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 09:06

Avant de dresser le portrait d'Agnès Laurent, auteur de quelques romans dans la collection Angoisse du Fleuve Noir, permettez-moi d'émettre quelques considérations intempestives.

 

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Certaines personnes, dont les raisons m'échappent sauf peut-être dans un but lucratif, ont tendance à parer Frédéric Dard de toutes sortes de pseudonymes. C'est ainsi qu'ils lui octroient les noms, au Fleuve Noir, de ceux de Jean Murelli, de Frédéric Valmain/James Carter, Marcel G. Prêtre, de Virginia Lord, Patrick Sven, Jean Redon pour tout ou partie de leurs romans, ou encore chez d'autres éditeurs pour certains titres Georges Langelaan, Michael Maltravers.

Ce "quelqu'un", moi je le soupçonne de trouver des pseudos de Dard un peu partout pour vendre sa marchandise à des prix prohibitifs !

C'est ainsi que s'exclame l'un des intervenants dans une liste laurent3de discussion (Forum BDFI voir également Littérature Populaire). Et personnellement j'ai pu le constater lors de quelques incursions chez les bouquinistes du Square Georges Brassens, situé sur l'emplacement des anciens abattoirs de Vaugirard dans le XVème arrondissement parisien, où des ouvrages côtés 1€ étaient vendus dix ou vingt fois plus avec la mention Pseudo de Frédéric Dard. Pour appuyer leurs affirmations, ces individus signalent qu'entre les romans d'Agnès Laurent et ceux d'Hélène Simart, les différences sont trop importantes pour que la production puisse être imputée à la même personne. Comme s'il n'existait pas de divergence fondamentale entre les romans signés Frédéric Dard et ceux de San Antonio. Et si l'on calcule l'ensemble de cette production attribuée de manière éhontée à Frédéric Dard, il aurait fallu que l'auteur berjallien écrive 36 heures sur 24, à moins de bénéficier de la plume de quelques nègres.

 

Revenons donc à Agnès Laurent qui fait l'objet de cet article.

L'alias Agnès Laurent est non seulement indiqué dans le Dilipo mais il avait déjà été signalé dans Le Vrai visage du Masque de Jacques Baudou et Jean-Jacques Schleret (Futuropolis - 1984) et une recherche sur le site de la BNF le confirme. Il est bien attribué à Hélène Simart, célèbre auteur de romans à l'eau de rose, comme il est convenu d'appeler la production romanesque destinée aux jeunes femmes depuis la nuit des temps, c'est à dire depuis les petits fascicules Ferenczi jusqu'à nos jours chez Harlequin. Or, dans cette production abondante se cachaient et se cachent encore d'autres romancières, et romanciers, qui ont fait leurs preuves par ailleurs, mais je m'éloigne du sujet.

Je confirme également qu'Agnès Laurent est bien l'un des pseudonymes d'Hélène Simart puisant mon affirmation dans un document dont je vous livre ci-dessous et in-extenso la teneur.

 

AGNES LAURENT, héritière de Bizet, est fermée à la grande musique, mais aime inventer les intrigues.

Je suis née à Paris, le 15 octobre 1918, sous le signe de la Balance. Mes parents divorcèrent quand j'avais trois ans. Tout prend sa source dans l'enfance...

Je n'aurais certainement pas eu le même caractère ni la même destinée si j'étais restée dans un foyer uni. Elevée avec tendresse par mes grands-parents, mais séparée de mon frère et de mes parents, je fus une petite fille triste. Ma mère, chanteuse (petite fille de Georges Bizet), ne venait me voir qu'épisodiquement. Quant à mon père, il dirigeait une imprimerie et était écrivain. Remarié, il mourut jeune, à la suite du décès tragique de sa nouvelle femme. Comme les derniers romantiques, il est mort d'amour. J'ai hérité de son âme.

La nostalgie du foyer perdu

A sept ans, je publiais fièrement un poème intitulé L'Anguille dans le journal de Jaboune : Benjamin. Puis bien d'autres, au fil d'une adolescence timide et mélancolique. Mais les poèmes ne sont qu'un exutoire et n'intéressent que ceux qui les écrivent. J'en possède plein une malle qui ne seront jamais publiés !

J'ai continué mes études jusqu'au bac, au lycée Racine, où je disputais les premières places de dissertations à Françoise Parturier qui est devenue "une grande".

Quelques années de pension achevèrent de me donner la nostalgie de foyer perdu. A dix-huit ans, un mariage-éclair, sur un coup de tête, sans amour vrai et vite dissous. C'est alors que j'ai été "catapultée" dans la vie. Divers métiers : vendeuse, secrétaire, figurante, barmaid, ouvrière.

Une anecdote : ayant travaillé pendant quatre mois dans une usine de chocolat, à Bobigny, j'ai été ouvreuse et, à l'entracte, vendait ces mêmes chocolats qu'aujourd'hui je déguste, confortablement installée dans une loge de théâtre. Trois étapes...

Pendant toute cette période, je n'ai jamais cessé d'écrire. C'est un besoin qui n'a rien à voir avec l'argent. Tout d'abord des contes courts dans l'Aurore, puis des nouvelles et des romans complets dans divers hebdomadaires féminins, enfin des romans.

J'aime camper un climat, alterner les genres. Romans roses et romans noirs. Avant d'écrire une histoire, j'y pense pendant de longs mois. Mais je l'écris très vite. Quinze jours ou trois semaines.

Il y a quelques années, j'ai connu la plus grande aventure qui puisse arriver à une femme, son plus grand bonheur aussi. Un grand amour : mon mari. Deux fils... Enfin un foyer heureux, bien à moi. J'essaie de concilier ma vie familiale et mon travail. Ce n'est pas toujours facile, mais heureusement pour moi, j'ai bon caractère et ne suis pas maniaque. Je m'arrange, je triche, car mon appartement est petit. Ma machine change souvent de place. Parfois, je fuis le jerk qui jaillit de l'électrophone de mon plus jeune fils pour me réfugier dans la cuisine ou la salle de bain !

Les plus beaux voyages sont immobiles

simart2.jpgEn 1965 je reçois le Prix du Roman Populaire. Le nom me plaît. Je n'ai jamais pensé lancer un message à l'humanité ! Distraire certains me suffit. En 1967, le Prix Max-du-Veuzit, qui récompense le roman le plus reproduit.

J'ai peur de ne pas avoir assez d'une existence pour réaliser tous mes projets; écrire tous les sujets qui me passent par la tête. Mais je n'ai pas peur de la mort. Ma santé a été toujours fragile. Je ne m'en soucie pas. Une seule angoisse : qu'il arrive malheur à ceux que j'aime. C'est ça, la fin du monde.

J'aime inventer des intrigues, imaginer des héros ou les prendre sur le vif, à l'occasion d'un fait divers ou en "regardant l'humanité sous le nez".

Les voyages ? Si je m'écoutais, je resterais chez moi ! Les plussimart3.JPG beaux voyages sont immobiles, les plus grandes aventures sont intérieures... Mais mon mari me force à voyager. Il n'a pas tort, car on ne décrit bien que ce qu'on a vu.

Malgré ma peur-panique de l'avion, j'y suis montée, car un de mes personnages était pilote. Conscience professionnelle ! La peur subsiste.

Mes goûts ? Simples. Je n'aime ni la violence ni l'injustice. Je ne juge jamais personne, car les défauts sont des maladies de l'âme et il n'y a pas de coupables, seulement des victimes. Il faut aider et plaindre et non blâmer. Mon frère, qui est président de Tribunal, ajoute en souriant, quand nous discutons sur ce sujet : punir. "Pour moi, la bonté passe avant l'intelligence"., jamais du chasseur. Pourtant, mon mari est un haut fonctionnaire de la police ! A mon avis, l'indulgence est la plus grande qualité. Il n'y a qu'une chose que je n'admets ni ne pardonne : la guerre. Non seulement elle est cruelle, mais si inutile ! L'orgueil aussi est un défaut stupide.

L'amitié ? Un sentiment d'homme que je n'ai pas rencontré.

Après la littérature, c'est la peinture que je préfère. Mais je suis "fermée" à la grande musique. Je ne lis pas autant que je le voudrais. Question de temps, ce temps qui ne nous donne jamais celui de réaliser tous nos rêves.

On me croit gaie, parce que je suis vive, souriante. Mais, "à l'intérieur" je suis mélancolique.

La joie, comme la foi, question de grâce

Quand j'avais vingt ans, je pensais : "on ne peut pas être à la fois gai et intelligent". Bien sûr, depuis, j'ai révisé ce jugement, mais il m'en reste des traces. Comme disait Chateaubriand : ... ma mère m'infligea la vie... Le courage, c'est quand même d'essayer de vaincre la tristesse. La joie, c'est comme la foi. Question de grâce. Ne l'a pas qui veut, malgré ce qu'en disait Pascal.

De même qu'il n'y a pas d'athées à part entière, je ne crois pas qu'il existe un chrétien sans doute, il m'arrive de murmurer : "Mon Dieu, faites que vous existiez..." A mon avis, l'existence de Dieu est le plus grand problème. Nul ne l'a résolu. Mais si le Christ n'est qu'une histoire, du moins elle était belle.

Revenons à l'inspiration. Certes, ce n'est pas un mythe et l'on écrit ses meilleures pages sous son impulsion. Pourtant, elle ne vient pas toujours, cette inspiration ! Et il faut bien "s'y mettre", car on n'écrirait pas assez. Ecrire n'est sans doute pas un travail comme les autres, mais c'est un travail quand même. Les paresseux ne font rien.

Un jour, une brave femme qui venait de lire un des mes romans m'a dit : "Vous avez de la chance, c'est quand même moins fatigant que de bêcher son jardin ! Et puis, ça vous vient tout seul".

Elle avait à la fois tort et raison.

Pour résumer, une maxime que j'aime et dont je fais ma règle de vie : "Le bonheur est fait de tous les malheurs qu'on n'a pas".

 

Source : Fleuve Noir Informations. Numéro 68 d'octobre 1970. (merci à Alain de la Bilipo qui m'a transmis la photocopie de couverture ainsi que celle de l'article.

 

Evidemment, ceux qui affirment toujours qu'Agnès Laurent n'est qu'un avatar de Frédéric Dard objecteront que celui-ci a très bien pu écrire ces lignes pour noyer le poisson. Une assertion à laquelle je rétorquerai que s'il a obtenu le Prix du Roman Populaire 1965 pour La fille aux yeux dorés (Bibliothèque de la Famille, Editions Tallandier) ainsi que le Prix Max-du-Veuzit 1967 pour Le prix du Silence (collection Floralies, éditions Tallandier), il faudrait le créditer également du pseudonyme d'Hélène Simart puisque ces deux romans sont signés de ce nom. Il faut être sérieux et ne pas affirmer sur uniquement des présomptions ou de vagues ressemblances dans les textes des romans édités. Les argumentations avancées ne tiennent pas la route.

 

Bibliographie d'Agnès Laurent :

 

Collection Angoisse au Fleuve Noir :laurent2.jpg

182 - Au cœur de ma nuit

188 - L'Ultime rendez-vous

194 - Le Justicier

206 - L'Ennemi dans l'ombre

228 - Le Sang des étoiles

237 - Requiem pour un fantôme

 

Aux éditions du Masque

1520 - L'assassin qui aimait les rousses.

 

Aux éditions Del Duca, dans l'hebdomadaire Nous Deux :laurent1.jpg 46 nouvelles policières de fin 1974 (numéro 1429) à juin 1982 (numéro 1823) dont :

1550 (23 mars 1977) : Il se prenait pour Sherlock Holmes

1614 (14 juin 1978) : L'innocent assassin

1712 (30 avril 1980) : Enquête pour un défunt.

Si l'on prend pour argent comptant la thèse qu'Agnès Laurent et Frédéric Dard ne sont qu'une seule et même personne, il faudrait donc ajouter à la production de l'écrivain berjallien des nouvelles parues dans le magazine Nous deux, ce qui serait pour le moins surprenant. Et je pense que cet hebdomadaire se serait enorgueilli de l'avoir comme nouvelliste.

 

Sous le pseudonyme d'Hélène Simart :

 simart1.jpg

Editions Ferenczi : Six romans dans la collection Petit Livre de 1957 à 1958.

Editions Del Duca : Huit romans dans la collection Delphine de 1958 à 1969 et vingt nouvelles pour le magazine Nous Deux de 1975 à 1984.

Editions Tallandier : Environ cinquante romans dans les collection Pervenche; Sept Couleurs; Bibliothèque de la famille; Arc-en-ciel; Floralies; Quatre couleurs.

 

Sous le pseudonyme d'Emily Smith :

4 romans dans la collection Colombine chez Harlequin de 1981 à 1983 plus 3 nouvelles dans Nous Deux en 1977 et 1978.

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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