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30 avril 2018 1 30 /04 /avril /2018 13:22

Même sur les anges gardiens ?

Allez leur faire confiance après…

Alain EMERY : La lèpre sur les anges.

Il le sait ! Sa fin n’est pas programmée, pas encore, mais il sait comment il va finir ! Mort ! Assassiné ! Et pour une fois c’est lui qui subira la loi de l’expédition définitive vers les étoiles ou le gouffre de l’enfer.

Lui, c’est le narrateur, tueur professionnel, et s’il est convaincu qu’un jour il sera rayé de la carte des assassins appointés, il se désole de reposer ailleurs que dans un cimetière, sous des couches de fleurs. En général ses confrères et homologues sont balancés dans un bois, coulés dans des blocs de béton, noyés dans de l’acide, ou autre joyeuseté imaginée par des professionnels de l’effacement programmé.

En attendant, il fume et boit dans au fond d’une hacienda, comme dans toute taverne qui se respecte, perdu dans les vapeurs d’alcool, dans le bruit des consommateurs confis dans l’alcool, la fumée, les jeux divers et variés, pour ne pas dire avariés. Et cette gamine prometteuse d’extase, peut-être, aux seins nus, qui danse sur le comptoir.

Il tue le temps à défaut d’autre chose…

 

Encore une histoire de tueurs, penserez-vous. Eh oui, c’est la vie comme disait le croque-mort à chaque enterrement aux représentants de la famille du défunt.

Le lecteur entre dans les pensées de ce trentenaire qui possède déjà un lourd passé. Il se remémore ses débuts, ses principaux contrats, et surtout son commanditaire principal, le Pacha.

Et une bonne nouvelle, c’est une nouvelle qui vous offre sur un plateau le verre de spiritueux qui clôt un bon repas. C’est une nouvelle qui se termine avec un épilogue inattendu. Et là le lecteur est servi.

Pour retrouver la biographie et la bibliographie de cet auteur cliquez le pointeur de votre souris sur le lien ci-dessous :

 

Et pour commander cette nouvelle, une seule adresse :

 

Alain EMERY : La lèpre sur les anges. Nouvelle numérique. Collection Noire sœur. Editions Ska. Parution 2 novembre 2015. 13 pages. 1,49€.

ISBN : 9791023403299

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30 avril 2018 1 30 /04 /avril /2018 07:54

Mesdames, évitez les trains de nuit ! Lorsqu’il n’y a pas grève évidemment…

David COULON : Un jeu d’enfant.

Le meilleur moyen, à mon humble avis, pour découvrir l’univers d’un auteur, et son style, c’est de débuter par une de ses nouvelles, lorsqu’il en a écrites, évidemment.

C’est ainsi qu’avant de lire Je serai le dernier homme… aux éditions Lajouanie, je me suis immergé dans Jeu d’enfant. Une histoire dont on ne ressort pas entier, du moins pour certaines protagonistes.

Parti avec une idée en tête, tuer son ex-femme et son nouveau compagnon, le narrateur prend un train de nuit Gare de Lyon, direction Marseille.

Il est seul dans son compartiment sale, poussiéreux, dégorgeant d’odeurs de tabac froid et d’eau de Javel, et bientôt s’imprègne dans son esprit quelques événements qui se sont déroulés il n’y a guère.

Un tueur en série sévit dans les trains de nuit, s’attaquant uniquement aux femmes, sans distinction d’âge, de provenance, changeant à chaque fois de trajet.

Ses crimes sont signés car la mise en scène est toujours la même (pour les détails lire la nouvelle) et un portrait-robot a été toutefois réalisé. De penser à cet assassin voyageur et ferroviaire, le narrateur se remémore le trajet qu’il va effectuer, tout en examinant le plafond grisâtre. Il a du mal à s’endormir.

C’est à moment qu’il perçoit, provenant du compartiment voisin, des bruits incongrus, des gémissements, des cris, des gargouillis. Il avait bien remarqué la petite brune montant dans le wagon, mais pour autant il ne se déplace pas. Ce n’est pas son problème.

 

Cette nouvelle met en scène un homme occupé à ses propres difficultés familiales et qui ne s’intéresse pas à ce qui peut se dérouler non loin. L’indifférence dans toute sa splendeur, mais à sa décharge, et ce n’est pas pour l’excuser de ne pas s’être déplacé et inquiété de ce qu’il se passait non loin de lui, combien serions-nous véritablement à s’interposer. Il est facile de dire j’aurais fait ci ou ça, virtuellement, mais placés devant les difficultés, serions-nous assez courageux pour nous renseigner et éventuellement mettre un tueur en fuite, ou tout au moins un agresseur.

 

Pour commander cette nouvelle, je vous conseille de vous diriger ici :

 

Davis COULON : Un jeu d’enfant. Nouvelle numérique. Collection Noire Sœur. Editions SKA. 11 pages. 1,49€.

ISBN : 9791023404012

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29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 09:52

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément,

à la folie… Pas du tout ?

Kaira ROUDA : Une journée exceptionnelle

Pour commencer tout d’abord, une petite réflexion qui n’a rien à voir avec le roman, que je ne qualifierais pas d’exceptionnel mais d’excellent, c’est de lire ce genre d’accroche qui me fait fuir :

Le nouveau roman noir à lire de toute urgence !

Ce genre de petite phrase est réservée aux rédacteurs pressés de boucler la partie dite culturelle d’un média, et qui rédigent leurs chroniques concernant des romans qu’ils n’ont probablement pas lu en quatre lignes. On ne lit pas en urgence, mais on déguste sa lecture, on ne se jette pas dessus comme un mort de faim qui risque de s’étouffer. Quand je remarque cette invitation qui est presqu’une objurgation, je fuis et je vais voir ailleurs. Cela dit, et ça m’a fait du bien, passons donc à la partie rédactionnelle de ma chronique, qui ne sera pas aussi succincte.

 

La journée, qui devait être exceptionnelle dans l’esprit de Paul Strom, le narrateur, débute par un léger désagrément. Lui qui est habitué à tout prévoir, à tout planifier, afin de tout se déroule comme il l’a décidé, un appel téléphonique vient de l’importuner et de retarder le départ en amoureux pour cette journée, qui se devait être une journée exceptionnelle, je sais je me répète mais dans l’esprit de Paul c’est comme un mantra qu’il ne cesse d’asséner, en compagnie de sa femme Mia.

Il a quarante-cinq ans, douze de plus que Mia, ils sont mariés depuis dix ans et ont deux garçons. Une famille américaine classique, sauf qu’il a refusé un troisième enfant alors que Mia aurait aimé avoir une fille. Il travaille dans une agence de publicité, occupant le poste de directeur conseil, et là qu’il a connu Mia. Elle était jeune rédactrice et a travaillé sous ses ordres. Une fois mariés, il l’a obligée à quitter son emploi afin de s’occuper des garçons et de la maison.

Ils sont propriétaires d’une belle maison, dans le quartier huppé de Granville, banlieue de Colombus dans le Connecticut, ainsi que d’un cottage à Lakeside, sur les berges du lac Erié.

Peu à peu, alors qu’ils se rendent pour passer un week-end en amoureux dans leur cottage, une forme de tension insidieuse puis palpable monte entre les deux époux. Paul rabroue sa femme, pour diverses petites raisons, sans importances, une attitude habituelle chez lui. Toujours avec le sourire. Mais Mia regimbe un peu, pas trop, car c’est quand même lui le mâle dominant, le chef.

Le lecteur le découvre au fur et à mesure du trajet un personnage imbu de lui-même, dominateur, suffisant, égoïste, manipulateur, mégalomane, mythomane, et autres divers défauts qu’il assume avec le sourire. S’il se comporte ainsi, c’est pour le bien de tous. Car il se considère comme un homme, un mari parfait. Parfaitement parfait !

Et il vitupère contre ses voisins, un peu trop curieux à son goût, qui nichent eux aussi à Lakeside. Au début ils les fréquentaient assidûment, mais pour une sombre raison de tricherie à un jeu de cartes, les liens se sont distendus. C’est la vie normale. Contre ses beaux-parents aussi, juste un peu, car ils distribuent quand même quelques largesses à Noël.

Depuis quelques mois Mia a maigri, elle fait un régime se plaignant de maux d’estomac. Les spécialistes n’ont rien trouvé d’anormal, alors elle limite sa consommation alimentaire à de l’eau en bouteille, en verre les bouteilles, et à des salades élaborées sans viande ni poisson. Quant à Paul, ce serait plutôt le contraire, quelques bourrelets ornent sa ceinture abdominale.

Les petits reproches cèdent le pas à des récriminations, de part et d’autre, avec le sourire. Forcé parfois.

Tout au long du voyage, qui dure deux heures environ, sans compter une pause obligatoire, ce qui enrage Paul bien évidemment, puis à l’arrivée au cottage et le début de soirée, en compagnie d’un voisin qui vit en permanence sur place, Buck, lequel aide Mia dans ses petits travaux de jardinage et qui s’incruste pour l’apéritif, le ménage se délite progressivement pour voir son déclin en début de nuit.

Paul est le narrateur de cette intrigue qui monte progressivement en puissance, et pourtant le lecteur arrive à cerner le personnage grâce à ses faits et gestes et à ses pensées.

 

Contrairement à deux ouvrages célèbres narrant la déliquescence progressive d’un couple, La guerre des Rose de Warren Adler et Fête fatale de William Katz, le lecteur n’assiste pas à cette décomposition comme s’il s’agissait d’un film, mais il est dans la tête du personnage principal, ce qui donne encore plus de force à l’intrigue. Il est en phase dans la montée progressive de la tension et de la fissure qui devient fracture dans les relations maritales, du fait de la complexité des personnages et de leurs mensonges. Mais toujours dans l’optique de Paul, qui accumule les accrocs. Et les accrocs, Paul, il n’en manque pas, jusqu’aux scènes finales spectaculaires telles des tragédies grecques.

 

Malgré mes réticences déclinées en début de chronique, ce roman s’avère un excellent divertissement, voire plus, car le lecteur, surtout s’il se prénomme Paul et possède un embonpoint gênant pour tourner le volant, commence à se poser des questions. Ressemble-t-il au narrateur dans sa vie quotidienne, familiale, professionnelle, relationnelle ?

Kaira ROUDA : Une journée exceptionnelle (Best Day Ever – 2017. Traduction par Amélie de Maupeou). Collection Charleston noir. Editions Charleston. Parution le 10 avril 2018. 384 pages. 22,50€.

ISBN : 978-2368121986.

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28 avril 2018 6 28 /04 /avril /2018 10:18

Quoi ma main, qu’est-ce qu’elle a ma main…

John Dickson CARR : La main de marbre

Après quelques dix ou douze années d’absence, Jeff Marle revient au pays. Plus précisément en Pennsylvanie où il retrouve, à la demande de celui-ci, le juge Quayle qui veut lui présenter son manuscrit.

Durant toutes ces années, Jeff Marle a vécu à Paris où il a participé à quelques affaires afin d’aider son ami Henri Bencolin, préfet ou juge selon les précédentes aventures qui lui ont été consacrées, dont Le marié perd la tête, Le secret du gibet ou encore La mort sous un crâne. Jeff Marle retrouve donc dans un environnement quelque peu délétère, les enfants du juge : Mathieu, qui poursuit des études de droit mais n’est qu’un bon à rien selon son père, Marie, l’aînée, Virginia dite Jenny, et Clarissa, la belle (trop belle ?) Clarissa qui est mariée au docteur Twills, lequel n’exerce pas mais possède un laboratoire dans la demeure des Quayle. Manque à l’appel Tom, qui ne supportait plus son père et réciproquement. Enfin, le juge lui-même et Mrs. Quayle qui se terre dans sa chambre depuis le départ de Tom.

Le juge Quayle propose à son invité une boisson, du brandy, tout en lui racontant des faits qui le perturbent. Notamment cette main blanche qui s’amuserait à déambuler sur le manteau de la cheminée. Une main provenant d’une statue de Caligula. Peu après il se trouve mal. Empoisonnement à l’hyoscyamine décrète le docteur Twills, son gendre, qui le soigne. Mais Mrs. Quayle, elle aussi, a été empoisonnée, mais à l’arsenic disséminé dans son plateau-repas. Des drogues que possède Twills dans son laboratoire. Toutefois, entre deux conversations, discussions, reprises de contact avec les rejetons Quayle, Jeff Marle se demande comment a pu être empoisonné le juge se souvenant un peu plus tard que celui-ci ajoutant de l’eau de Seltz dans son breuvage, le poison pouvait se trouver dans le syphon.

Les événements se précipitent. La nuit suivante, le docteur Twills est lui aussi empoisonné à l’hyoscyamine et il en décède. Reed, le docteur de la famille et médecin légiste, procède aux premières constatations tandis que le détective Sargent débute son enquête. Le juge était ruiné et seule Mrs. Quayle ignorait que Twills subvenait aux besoins de la famille depuis des années.

Patrick Rossiter, qui fut l’amoureux de Virginia dix ans auparavant, effectue son retour, se prétendant détective privé, de même que Tom qui réintègre le foyer familial tandis que Clarissa est assassinée dans la cave d’un coup de hachette. Enfin l’on peut se demander quel rôle est dévolu à cette main de marbre qui joue sur les nerfs du juge Quayle.

 

Quatrième roman de John Dickson Carr, La main de marbre n’atteint pas la densité souhaitée et l’auteur cherche encore sa voie. Rossiter préfigure les personnages emblématiques campés par ce maître du meurtre en chambre close, Sir Henry Merrivale et le docteur Gideon Fell, lequel sera créé l’année suivante dans Le gouffre aux sorcières.

Quelque peu bavard, touffu, pour ne pas dire ennuyeux à certains moments avec beaucoup de délayage, ce roman fut le premier à être publié dans la collection Le Masque et il ne sera suivi que vingt ans plus tard par Clés d’argent et figure de cire. Mais il popularisa un peu plus John Dickson Carr en France lequel possédait déjà une certaine notoriété, étant par ailleurs édité dans diverses collections dont L’empreinte, L’énigme, ou encore Détective-club dans des éditions plus ou moins tronquées, tout comme le fut Agatha Christie, un procédé qui n’entacha pas leur réputation et l’engouement des lecteurs. Ce roman n’atteint pas l’intensité des ouvrages qui ont suivi et ont définitivement assis la renommée de l’auteur, comme La chambre ardente, Trois cercueils se refermeront et bien d’autres qui possèdent un côté fantastique tout en possédant un intrigue maîtrisée dans une énigme apparemment insoluble. Sans oublier une certaine forme d’humour.

 

John Dickson CARR : La main de marbre (Poison in Jest – 1932. Traduction de Jean George). Réédition Collection Fac-similés Prestige. Editions du Masque. Parution le 11 avril 2018. 264 pages. 9,90€.

Première édition Collection Le Masque Jaune N°268. Parution 1939.

Réédition Mai 1995. Traduction revue et complétée par Dominique Chambron.

ISBN : 978-2702448908.

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27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 09:22

Bon anniversaire à Didier Daeninckx, né le 27 avril 1949.

Didier DAENINCKX : Zapping.

Et si la part de vie, si nos faits et gestes, si la part d’impondérables étaient régis par la télévision ?

Bien sûr, ce n’est qu’une extrapolation de nos esprits enfiévrés par la présence quasi constante de l’étrange lucarne. Mais Didier Daeninckx s’est amusé, à l’aide ce recueil de nouvelles de démontrer l’influence parfois perverse, pernicieuse de cet hôte dont la présence dans nos foyer témoigne d’une subordination d’un être humain envers un objet.

Objets inanimés, avez vous donc une âme demandait le poète Lamartine. La télévision certainement peut se targuer de posséder cette conscience et d’en déployer ses mystères sans retenue par le truchement de ceux-là même qui l’animent.

Les jeux, débiles ou non, les reality-show, les prestations politiques, gangrènent les esprits avides de la bonne parole. Intoxication jugeront certains, mais intoxication délibérée de part et d’autre. De la part de ceux qui nous assènent leur point de vue ; intoxication des téléspectateurs, quelle que soit leur sensibilité.

Avec humour noir, pertinence et causticité, Didier Daeninckx égratigne et le lecteur pourra reconnaître, au passage, animateurs, journalistes ou émissions. Mais il ne faut pas croire, l’homme qui subit avec consentement les images diffusées n’est pas la seule victime. Les images ou les messages. Les pantins qui s’agitent dans l’aquarium à ondes hertziennes se trouvent parfois pris à leur propre piège.

Il suffit de rester lucide, de trier le bon grain de l’ivraie, et surtout de ne pas écouter ou regarder les sirènes en emmagasinant ce qui se veut être la bonne parole.

Les lecteurs assidus de Didier Daeninckx connaissent déjà quelques unes des nouvelles de ce recueil : Une question pour une autre, Bis répétita ou F.X.E.E.U.A.F.R. Ils pourront se régaler à la lecture de Cinq sur cinq, Une famille de merde, ou encore Voix sans issue.

En tout dix-neuf nouvelles, tranches de vie comme prises sur le vif qui vous feront regarder la télévision d’une autre œil. Mais avec l’invasion du matériel japonais ou coréen, vous me rétorquerez non sans malice qu’il était normal d’avoir les yeux bridés !

 

Réédition Folio N°2558. Parution 15 février 1994. 240 pages. 6,60€.

Réédition Folio N°2558. Parution 15 février 1994. 240 pages. 6,60€.

Didier DAENINCKX : Zapping. Recueil de nouvelles. Editions Denoël. Parution 27 août 1992. 212 pages.

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25 avril 2018 3 25 /04 /avril /2018 08:44

Une plongée fascinante dans l’histoire !

Thomas LAURENT : Code Victoria.

La chaleur règne sur les Pyrénées en ce mois de septembre, mais cela n’arrête pas Victoria. Elle est à la recherche de son amant, parti trois mois auparavant et dont elle n’a plus eu de nouvelles. Le corps n’a jamais été retrouvé pourtant les gendarmes l’ont déclaré mort. Et ce n’est pas la première disparition inexpliquée qui se produit dans les environs.

Victoria est journaliste sportif pour un journal local à Lille et c’est dans les bureaux du média qu’elle a fait la connaissance de Victor. Ils sont tombés amoureux l’un de l’autre, et puis leur vie privée ne nous regarde pas. Sauf qu’elle n’avait pas souhaité l’accompagner et maintenant, trois mois après elle est à Plainedrant bien décidée à découvrir ce qu’il s’est réellement passé dans ce val perché dans la montagne à 2400 mètres d’altitude.

Après avoir consulté des archives locales, s’être renseignée auprès du maire et de quelques autres personnes, elle est persuadée qu’elle vient de mettre le pied dans un mystère qui la dépasse. Mais elle est courageuse, pugnace, amoureuse et elle va se rendre dans le petit village de Rochehauh, un bourg oublié de tous sauf des entrepreneurs qui ont décidé d’établir un barrage. Le village sera noyé, mais qu’importe puisqu’il n’est plus répertorié sur les cartes.

Le ravitaillement s’effectue une fois par mois, quand il pense et a envie, par Paul, un habitant de la vallée qui dispose d’une camionnette brinquebalante. Paul la dépose au bout du chemin après avoir parcouru bien des kilomètres, affirmant qu’il ne peut aller plus loin et qu’il faudra qu’elle se débrouille pour descendre jusqu’au village médiéval en péril enfoui dans une vallée.

Elle est accueillie par Boris un quinquagénaire, qui lui désigne un logement chez une vieille dame. Le village semble mort et un peu plus haut se dresse le Manoir. Et puis il ya aussi la vieille église et le couvent qui dans le temps accueillaient quelques moines, l’Ordo Oleam, mais il lui est signifié par Boris qu’elle ne peut les visiter.

Pourtant, reprenant l’enquête qui avait été amorcée par Victor, elle tente de déchiffrer un codex crypté, dont elle a eu en main les premières pages à Plainedrant, et dont il manque une grande partie. Elle sent autour d’elle des menaces, s’introduisant en catimini dans les jardins du monastère, apercevant comme un visage qui pourrait être celui d’un fantôme. De plus elle rêve, ou cauchemarde, ayant la vision d’une porte, lorsqu’elle dort dans la pièce qui lui a été allouée dans une cave, la propriétaire vivant à l’étage. Comme tous les autres habitants de ce bourg médiéval qui semblent l’ignorer ou l’éviter. Toutefois le châtelain l’invite en son manoir qui fut un Lebensborn afin de lui confier ses appréciations sur le fameux Codex.

 

Dans une atmosphère délétère, Victoria se trouve amenée à enquêter sur un passé lointain, un passé proche et surtout le sien.

Elle a été recueillie alors qu’elle n’avait que quatre ans environ, tenant dans sa main un petit mot sur lequel n’étaient inscrits que sa date de naissance et son prénom Victoria. Elle a vécu en pensionnat et en famille d’accueil, puis elle a réussi seule ses études parvenant à devenir journaliste, et afin de mieux comprendre le mode sportif, à devenir une fleurettiste accomplie.

Mais si elle semble constituer la cible de l’énigme, ce codex médiéval laissé par un moine et dont le décryptage est une référence au Diable qui serait enfermé dans les entrailles de la montagne en est le support. Mais ce village a également attiré durant la Seconde guerre mondiale une compagnie de nazis, dont la mémoire est représentée par le manoir.

Victoria se sent oppressée, menacée, et pourtant elle ne se décide pas à revenir en arrière, à retourner à Plainedrant, sauf une fois afin d’affiner ses recherches, à tout quitter, à abandonner. Or elle gêne, elle échappe de peu à des agressions et trouvera un allié inattendu. Deux en réalité, car un chat noir, qui ne possède ni maître ni dieu, la suit, la précédant, comme s’il la surveillait, désirait l’aider, la préserver.

 

Angoissant, énigmatique, envoûtant, diabolique, ésotérique tels pourraient être les qualificatifs de ce roman qui nous emmène dans un dédale labyrinthique et historique, avec un petit côté fantastique et beaucoup de suspense. Tel un maître du roman-feuilleton, je pense à Paul Féval, Alexandre Dumas, Amédée Achard notamment, Thomas Laurent pour ce second roman épique nous entraîne dans un tourbillon effréné d’aventures périlleuses, avec une tension progressive et rapidement insoutenable (pour Victoria mais pas pour le lecteur qui en redemande) pour une intrigue habilement menée et dont l’épilogue est apocalyptique. Presque.

Le lecteur vit, vibre en compagnie de Victoria lors des différents périls qu’elle subit, car la narration à la première personne l’incite à plonger dans son esprit, et à partager ses appréhensions, ses souffrances, ses interrogations, ses recherches. Une nouvelle réussite par un auteur dont j’avais apprécié le premier roman, Le signe du Diable.

 

Thomas LAURENT : Code Victoria. Editions Zinedi. Parution le 15 juin 2017. 262 pages. 20,00€.

ISBN : 978-2848591605.

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24 avril 2018 2 24 /04 /avril /2018 08:40

Vous laissez-vous tenter par les sites

de rencontres ?

Michel CHEVRON : Mother Feeling.

C’est un point de vue moderne. Autrefois, les jeunes gens draguaient les jeunes filles dans les bals et au moins, les deux futurs partenaires d’un soir ou d’une vie, pouvaient se rencontrer physiquement dès le départ.

Aujourd’hui, comme dans les catalogues de vente par correspondances, on peut établir un choix, discuter par messages électroniques, puis éventuellement se retrouver à la terrasse d’un café, ou tout autre lieu propice à une première rencontre.

Tout en pensant à Marie, qui a disparu cinq ans auparavant, et dont il possède toujours la photo, Rodolphe Dendron, dit Rhododendron, s’adonne à des nuits blanches en passant son temps sur Internet, compulsant le site de rencontres Mother Feeling. Heureusement, il s’agit d’un site gratuit, car il est en recherche d’emploi également. Il travaille de temps à autre au noir, il n’est pas raciste, et va voir sa mère pour la ponctionner légèrement. Seulement madame mère, qui habite en banlieue, a un nouvel ami du nom d’Alzheimer. Alzheimer jeune, mais qui prend de plus en plus de place, la perturbant.

Tous les ans, à la même période, Rhodo découvre sous sa porte une carte d’anniversaire signée du Nain jaune. Il vient justement d’en recevoir une, et cela va troubler sa journée, et les suivantes, mais heureusement, une bonne nouvelle se profile à l’horizon. Il avait postulé pour un emploi et sa demande est agréée mais auparavant il doit se présenter à son potentiel employeur.

Il est engagé à la compagnie CRS (Cellule Rainer Strauss, du nom de son dirigeant) pour suppléer efficacement les huissiers et autres recouvreurs en tout genre. Il devient l’adjoint de Bekrit, un ancien policier qui a passé vingt-sept ans de sa vie à la Tour pointue, et leur mission, la première pour Rhodo, c’est de se rendre chez une brave dame qui refuse à son mari de montrer leur gamin. Un gamin qui depuis le temps a bien grandi, mais à chaque récrimination du père, elle avance toujours une bonne excuse pour ne pas le présenter.

D’autres cas se présentent à Bekrit et Rhodo, tous plus ou moins désagréables les uns que les autres, et offrant tous un intérêt particulier, pour le demandeur. Et non pas sans problèmes pour Rhodo qui commence à penser qu’il a mis les pieds, et peut-être le nez, dans une ou des affaires qui le dépassent. Ce qui ne l’empêche pas de penser à Marie. Oh Marie, si tu savais, tout le mal que tu me fais…

 

Michel Chevron joue avec les codes et les genres. On ne peut s’empêcher de penser aux romans-feuilletons du début du XXe siècle avec un « héros » malgré lui qui combat les Méchants, menés par un savant fou. Car, et comme cela est précisé en quatrième de couverture, donc je ne dévoile rien, Rhodo et Bekrit sont confrontés à un trafic d’organes d’enfants. Et Michel Chevron n’invente rien, il constate un fait réel, toutefois dans une histoire qui s’apparente à une aberration humaine.

Le personnage de Bekrit est lui aussi intéressant et ravagé. Il est obsédé par les nombreuses petites victimes qui ont parsemé son parcours professionnel. Ce qui l’amène à comprendre et aider Rhodo, plus qu’un ancien flic lambda pourrait le faire.

Le contrepoint est fourni par le personnage du Nain jaune, sorte de Joker, ce personnage créé par Jerry Robinson, Bill Finger et Bob Kane qui apparaît initialement dans Batman, au printemps 1940 et deviendra un héros malfaisant psychopathe récurrent avec de nombreuses adaptations dans les Comics ou bandes dessinées, au cinéma, à la télévision, et même en jeux vidéos.

Une horreur moderne compensée par une écriture qui louvoie entre recherche linguistique et humour noir. Entre lyrisme et parler de tous les jours, entre cruautés et émotions, entre scatologie et pudeur.

Un Michel Chevron devenu un chevronné des rebondissements en tous genres, et surtout d’une littérature addictive.

 

Michel CHEVRON : Mother Feeling. Thriller. Serge Safran Editeur. Parution le 15 mars 2018. 296 pages. 21,00€.

ISBN : 979-1097594077

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 06:43

Une reconversion réussie !

Pascal JAHOUEL : Butcher.

Si pour une raison ou autre, vous êtes obligé de quitter votre profession et d’en choisir une de substitution, pourquoi ne pas vous adonné à ce que vous connaissez le mieux ?

C’est ce que fait le narrateur, qui ancien boucher, n’a pas perdu la main et est devenu tueur. Et son arme est bien entendu le couteau !

Car c’est une fine lame, et le cou, tôt ou tard, il le découpe proprement. Au moins ses victimes n’ont guère le temps de souffrir. Ou, s’ils le font, c’est avec un sourire kabyle.

Georges Gonzo, le narrateur, surnommé le Butcher, ce qui veut dire en français (j’ai vérifié dans mon petit dictionnaire) boucher ou égorgeur, nous invite à nous mettre dans son esprit. Il nous livre ses réflexions, son passé, peut-être son avenir, dans des descriptions qui amalgament langue française choisie et argot de vieux voyou.

La gouaille d’un personnage content du travail bien fait. Il n’a rien contre ses victimes, il est payé, comme quand il était boucher. La seule différence est qu’il n’est plus aux pièces ou à la tâche. Même si des taches il en fait, car le sang ça gicle et les vêtements en sont imprégnés.

 

En quelques pages, Pascal Jahouel nous livre sa vision d’un tueur, un thème souvent exploité, sans cesse renouvelé, sang cesse de couler, et c’est jouissif en diable, grâce à la façon de s’exprimer sans violence. Pour ceux qui ne connaissent pas encore l’auteur, un bon moyen de le découvrir dans son univers particulier. Un humour noir, évidemment, et une ironie douce-amère.

Pascal JAHOUEL : Butcher. Nouvelle numérique. Collection Noire Sœur. Editions SKA. Parution 30 octobre 2015. 20 pages. 1,49€.

ISBN : 9791023402278

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22 avril 2018 7 22 /04 /avril /2018 09:06

Le môme Piaf…

Ellis PETERS : Le moineau du sanctuaire

L’une des missions principales des églises et des couvents était d’accueillir les vagabonds et ceux qui, pour une raison ou une autre, étaient pourchassés par la foule et les gens d’arme.

C’est ainsi que le jeune Liliwin, saltimbanque, musicien et jongleur, se réfugie en piteux état au couvent de Shrewsbury, sis entre Angleterre et Pays de Galles. Il est poursuivi par des villageois, Daniel, le fils de l’orfèvre, en tête. Il lui est reproché d’avoir dérobé des pièces et des objets précieux et d’assassinat en la personne de l’artisan.

Blessé, Liliwin se défend comme un beau diable (dans un couvent !) d’avoir perpétré ce qu’on lui reproche. Il avait été engagé pour distraire les invités, lors de la noce de mariage de Daniel. Seulement quelques convives légèrement avinés, ou cervoisés, l’ont bousculé alors qu’il jonglait et un pot de valeur lui a échappé des mains et s’est brisé. Un incident qui a mis l’orfèvre en colère, sa mère la vieille Juliana et d’autres. Liliwin se cache, puis sous la menace s’enfuit et se refugie au couvent. Mais il est bientôt prouvé que l’orfèvre qui soi-disant était décédé se porte comme un charme, ou presque.

Cadfael croit en l’innocence de Liliwin et il demande à son ami, le shérif-adjoint Hugh Beringar, d’enquêter en sa compagnie. Mais tout d’abord il faut récupérer dans un fossé un sac que le troubadour a perdu en se cachant. Il s’agit de son rebec, entre autres objets, instrument retrouvé au lieu dit et que va réparer frère Anselme, le chantre.

Si l’abbé donne son aval à frère Cadfael, le prieur est lui plus réticent, mais il n’a pas voix au chapître. Cadfael débute donc son enquête en fouillant dans les environs, dans la famille de l’orfèvre également. Mais un cadavre est retrouvé flottant dans la Severn, rivière qui passe à Shrewsbury. Il s’agit du serrurier, locataire de maître Walter, et tout laisse supposer qu’il se serait noyé accidentellement. Cadfael n’est pas convaincu, quelques indices laissant supposer qu’il s’agit d’un meurtre.

Chez l’orfèvre, c’est Suzanne, la fille de Walter, qui tient les cordons de la bourse, une prérogative à laquelle elle est particulièrement attachée. Daniel, quoique jeune marié, sort le soir et Marjorie, son épouse devant le Seigneur, doit faire sans. Quant à Rannilt, la petite bonne, elle a été subjuguée par Liliwin, et elle le rejoint dans sa cache sous l’autel. Mais chut… Laissons les amoureux vaquer à des occupations de leur âge !

 

Après un début enlevé, l’histoire s’enlise quelque peu. Ellis Peters prend son temps pour décrire les avatars subis par Liliwin, les différents personnages qui gravitent autour de l’orfèvre, Walter Aurifaber, dans leur quotidien et leurs travers, leurs cachotteries, leurs mensonges ainsi que les recherches de Cadfael et ses entretiens avec tous les protagonistes, sans oublier les rendez-vous qui ne sont pas manqués entre Rannilt, la jeune bonne, et Liliwin, le baladin, et leurs amours cachés.

Mais vers la fin, le récit devient trépidant avec une chute qui n’est pas vraiment inattendue mais fort bien amenée.

 

Première édition mars 1990. Réimpression décembre 2017. 256 pages.

Première édition mars 1990. Réimpression décembre 2017. 256 pages.

Ellis PETERS : Le moineau du sanctuaire (The Sanctuary Sparrox – 1983. Traduction de Nicolas Gilles). Collection Grands détectives N°2087. Editions 10/18. Première édition mars 1990. Réimpression décembre 2017. 256 pages. 7,50€

ISBN : 9782264032980

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21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 08:20

Entre avaler des couleuvres et avoir une langue de vipère, il faut savoir serpenter !

Patrick CAUJOLLE : Beau temps pour les couleuvres.

De nombreux auteurs de littérature policière ont débuté en écrivant de la poésie. Ce n'est pas un crime, demandez à Marc Villard ou Adam Saint-Moore par exemple. Cela leur a permis de peaufiner un style qui souvent imprègne leurs romans. Patrick Caujolle a donc emprunté cette voie, récoltant au passage quelques prix honorifiques. Mais la poésie est un art confidentiel et rares ceux qui actuellement se font un nom dans ce domaine pourtant exigeant. Et ce sens du rythme, de la description, du regard porté sur la nature ou les êtres humains s'en ressent, apportant une note plus souple dans la narration.

 

Alors qu'il se promet un week-end tranquille à pêcher la truite dans l'étang de Hers avec son copain Pierrot, le capitaine Gérard Escaude, attaché au commissariat de l'Ouest, quartier Saint-Cyprien à Toulouse, est arraché à ses idées vagabondes et halieutiques par le téléphone. Il n'avait plus que vingt minutes à tirer pour s'échapper du bureau, les plus longues, mais la substitut du procureur annihile ses volontés d'aller taquiner la truite pour lui proposer d'aller fouiner en eaux troubles.

Un homicide vient d'être signalé dans une rue calme, un homme qui aurait poignardé sa légitime épouse d'environ une trentaine de coups de couteau. La défunte n'a plus besoin de soins, sauf des analyses de la police scientifique et de l'autopsie réglementaire, tandis que son mari, Marcel Duval, retraité de la SNCF, découvert prostré, on le serait à moins, a été transféré dans un service médico-judiciaire. Le lendemain, affolement général, Duval a disparu. Il s'est simplement enfui de l'hosto mais est rapidement retrouvé.

Interrogé par Escaude et un inspecteur stagiaire, Victor, qui découvre la boutique, Marcel Duval ne nie pas les faits. D'abord il a été retrouvé sur les lieux du drame, un couteau ensanglanté près de lui. Marcel se déshabille, c'est une image, et raconte sa petite vie maritale. Lui contrôleur, elle secrétaire médicale, n'ayant plus grand chose en commun que l'art, la passion de la littérature pour elle, de la peinture pour lui. Et puis les années passent et il s'est trouvé une maîtresse. C'est bon pour l'hygiène. Seulement un SMS malheureux lu par son épouse, le drame et puis voilà...

 

Pour Escaude, le genre d'enquête banale, rapidement bouclée, sauf que... D'après le légiste, si l'épouse de Marcel Duval n'aurait pu survivre à ses blessures, elle serait décédée de toute façon à cause des médicaments ingurgités, du Phénobarbital, en masse. Un médicament qui n'est plus délivré dans les pharmacies depuis des décennies. De plus, si les empreintes de Marcel Duval figurent en bonne place, une autre se révèle aux yeux exercés de la police scientifique, jetant un doute dans l'esprit des enquêteurs. Et lorsque Escaude et Victor se rendent chez la belle Marie-Jo Vigouroux, la jeune maîtresse présumée de Duval, elle en fait tout un pastis. D'accord, ils se connaissent, mais rien de plus que quelques papotages concernant la vie de famille, ou ce qu'il en restait, et la peinture.

Autre point qu'il convient d'éclaircir, c'est le rôle du fils Duval, Théo, qui est actuellement à Paris interné pour des problèmes de schizophrénie.

Tout comme les truites qui gobent les mouches artificielles utilisées par Escaude lors de ses parties de pêche, le capitaine devra avaler de nombreuses couleuvres durant son enquête, mais ce ne sont pas les premières qu'il déguste. Ses parcours, autant familial que professionnel, ont été chaotiques. Il aime son métier de flic mais n'apprécie pas sa hiérarchie. Ecoute, je vais pas me mettre un grelot autour du cou pour faire plaisir à des Le Nimir (son patron) de bas-quartier qui sont cons comme la lune. Et encore, avec la lune, il y a des éclipses. Lui et quelques autres seront toujours des exécuteurs des basses œuvres mais jamais des flics.

 

Tout comme la poésie sert d'auto psychanalyse, le roman lui aussi permet à des écrivains de pouvoir évacuer ce qui les perturbent dans leur travail. Ainsi Patrick Caujolle, qui a passé quinze ans à la Crim' du SRPJ de Toulouse, se sert de l'écriture d'un roman pour évacuer tout ce qui le mécontente, ce qu'il n'apprécie pas dans sa profession, ce qui le met en rogne et il s'en explique à plusieurs reprises via Escaude s'adressant à son stagiaire qui est encore tout feu, tout flamme.

La politique du chiffre, les carriéristes, mais également les avocats, bref une analyse du mal-être par procuration. Et c'est ce que l'on peut reprocher à ce roman, les digressions qui ralentissent le rythme de l'enquête et de la lecture.

Le roman policier tend à servir d'exutoire à une corporation mal dans sa peau, et l'écriture à indiquer les rancœurs, l'incompréhension ressenties par les membres d'une corporation coincée entre politiques et public, le besoin d'empathie qui en découle, mais pas sûr que le lecteur adhère à ce déballage d'états d'âme.

 

Patrick CAUJOLLE : Beau temps pour les couleuvres. Collection Polar. Editions De Borée. Réédition. Parution le 19 avril 2018. 289 pages. 6,90€.

ISBN : 978-2-8129-2288-6

Première édition : Editions du Caïman. Parution le 5 septembre 2014. 224 pages. 12,00€.

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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