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18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 05:45

Profitez-en, les rêves ne sont pas imposables !

Jean-Marc LIGNY : Les semeurs de mirages.

Les gens ne savent plus rêver et pourtant ils ont besoin de ces évasions nocturnes.

Plusieurs sociétés se partagent ce marché florissant et Dan Tiger est un créateur de rêves. Il imagine des séquences qui alimentent les nuits de ses concitoyens à l’aide d’appareils sophistiqués.

Mais parallèlement, comme dans toute société de consommation qui se respecte, sévissent les voleurs de rêves. Des êtres en marge de la société, recherchés par la justice, et qui ne doivent leur salut que grâce à leur faculté de créer des mirages et de s’y engouffrer, damnant le pion ainsi à leurs poursuivants.

Une nuit, après de longues heures d’un travail passionnant mais épuisant, en rentrant chez lui, Dan Tiger est enlevé par les semeurs de mirages, et à son tour il devient un voleur de rêves.

 

Les semeurs de mirages, premier titre d’une série intitulée Les voleurs de rêves comportant six tomes, est un peu confus et laisse sur sa faim. Mais il ne faut pas se limiter à ce premier roman car la suite à l’évidence est prometteuse. Toutefois l’idée de départ est intéressante, à savoir comment elle sera exploitée par la suite.

C’est un peu comme nos politiciens, ils s’engagent à des jours meilleurs, nous font rêver, mais tiennent pas toujours leurs promesses.

Jean-Marc LIGNY : Les semeurs de mirages. Les voleurs de rêves 1. Collection Anticipation N°1670. Editions Fleuve Noir. Parution février 1989. 192 pages.

ISBN : 2-265-04050-9

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16 décembre 2020 3 16 /12 /décembre /2020 05:45

Vaut mieux ça que pas de coupable du tout ?

Jean des MARCHENELLES : Un coupable de trop.

Lors d’une réunion de médecins organisée par un éminent professeur, le jeune docteur Bauvin est sollicité par ses collègues pour s’enquérir d’un de leur confrère, nommé Francis Bayard. Celui-ci est réputé pour être un personnage assez mystérieux, taciturne, mélancolique et rêveur, excentrique, maussade, désagréable.

Nonobstant Bauvin accepte de le rencontrer chez lui et dès le lendemain matin, il arrive à l’hôtel du Commerce où loge ce confrère. L’établissement est triste et sale, et selon le concierge, la chambre de Bayard se situe au troisième étage, chambre 9.

Le palier est dans l’obscurité et Bauvin frappe à la première porte. Une jeune fille qui semble quelque peu apeurée lui indique la bonne porte en lui demandant s’il se rend chez le fou. Pour autant Bauvin n’est pas inquiet et rencontre Bayard, sans peur et sans reproche, qui le fait entrer. Ils conversent aimablement, les sujets ne manquent pas car Bayard est musicien, écrit et dessine. D’ailleurs Bauvin remarque un fusain représentant une jeune femme souriante et radieuse. Ils sont interrompus par des coups violents frappés à la porte de la chambre voisine.

La jeune fille, qui avait mis Bauvin sur le bon chemin, est aux prises avec des policiers qui l’accusent d’avoir tué son patron, un certain M. Le Kardec, d’un coup de fusil. L’arme a été retrouvée déposée sur son corps. Meurtre ? Accident ?

Jeanne-Marie Landrieux avoue avoir acheté l’arme mais elle était destinée à son père, garde-chasse. De plus, elle avait eu une discussion avec son patron car elle souhaitait une augmentation. Le commissaire Boulard est persuadé de la culpabilité de la jeune fille.

Bauvin propose alors à Bayard d’enquêter afin de démontrer l’innocence de Jeanne-Marie et découvrir le véritable coupable. Dès le lendemain les deux hommes se rendent à Saint-Hilaire où vivait Le Kardec. Le frère de celui-ci est déjà sur place. Ruiné, il pensait que son frère pourrait l’aider. Encore un coupable potentiel. Boulard et son secrétaire, Aris Serrure, sont également présents et acceptent la proposition de Bauvin d’examiner le corps en sa qualité de docteur. Bauvin est fort étonné d’apercevoir dans la demeure un portrait semblable à celui qu’il a pu examiner chez Bayard.

Mais bientôt la liste s’allonge. Les deux nouveaux amis et confrères s’installent dans le village. Un nouveau personnage fait alors son apparition dans ce cirque. Il s’agit de Marceau Tranquille qui se présente en tant que détective privé.

Du côté des policiers, c’est surtout Aris Serrure qui mène l’enquête, mais Marceau Tranquille, Bauvin et Bayard ne laissent pas leur place, fouinant un peu partout et parfois les pas des uns empiètent sur ceux des autres.

 

Si la lecture de ce roman s’avère agréable, il n’en reste pas moins vrai que certaines incohérences surgissent au fil des pages.

Ainsi Bayard ne se montre-t-il point aussi bourru et mutique que sa réputation le laissait croire. Quant à Bauvin, il délaisse allègrement ses patients au profit de l’enquête. Et d’autres petites choses également que le lecteur aura le plaisir de débusquer en tournant les pages.

Francis Bayard qui se promet de consigner cette intrigue et écrire son premier roman policier observe :

Est-ce réellement un roman policier ? Je crois que c’est aussi un roman d’amour.

Et il continue par ces propos :

J’avoue qu’il n’est pas banal. Je suis peut-être sorti du cadre habituel… Comme vous le reconnaissez vous-même, il n’est pas tout à fait comme les autres… Et c’est pourquoi j’aurais pu l’intituler : Un étrange roman policier.

 

Dernière petite précision. Il existe également une incohérence sur le nom de l’auteur figurant sur la couverture et en page 5 !

 

Jean des MARCHENELLES : Un coupable de trop.

Jean des MARCHENELLES : Un coupable de trop. Collection La P.J. N°8. Editions La technique du Livre. Parution 1939. 64 pages.

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15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 05:42

Un coup de barre ? Arès et ça repart…

Alain PARIS : Le dieu de la guerre.

1968.

Michael Anderson, un Américain qui fête ses vingt-quatre ans, fait partie des Long Range Reconnaissance Patrol, une troupe d’élite.

Il est déposé en pleine jungle cambodgienne, nanti d’antidépresseurs, d’amphétamines et d’un armement conséquent. Sa rencontre avec une patrouille de Nord-Vietnamiens se solde par quelques morts mais aussi par une fuite qui le fait trébucher dans un des pièges mortels disposés à dessein par l’ennemi.

Son réveil n’est pas aussi douloureux qu’il le présumait. Alors qu’il pensait se retrouver dans une geôle ou un hôpital vietnamien, son retour à la vie s’effectue dans un paysage qui lui est inconnu.

Une espèce de yéti l’engage à le suivre et c’est avec stupeur qu’il se voit convoqué par une étrange assemblée. Zeus, Aphrodite, Dionysos et quelques autres personnages composent cet aréopage incongru.

Onze des Dieux de l’Olympe, de la Grèce antique, lui proposent l’immortalité. En échange il doit retrouver Arès, le dieu de la guerre, et le ramener auprès de ses compagnons.

Mais Arès voyage dans le temps et participe à différents conflits. Le reproche qui lui est fait est d’en détourner le court logique. La mission de Michael Anderson n’est guère aisée.

Mais au fait, cette mission ne cache-t-elle pas un piège ? Et l’immortalité qu’on lui fait miroiter n’est-elle pas un leurre ?

 

Alain Paris, dont on n’aura pas oublié l’excellente décalogie consacrée au Seigneur des Runes, nous offre avec ce Dieu de la guerre un trop court roman, mi-fantastique, mi mythologique, qui aurait demandé à être plus dense, plus étoffé. Comme si Alain Paris était pressé de remettre son manuscrit à son éditeur qui l’avait déjà programmé.

Si l’épilogue laisse sur sa faim, on peut penser que Michael Anderson est en proie à des visions fournies par l’absorption des antidépresseurs et amphétamines, et qu’il se trouve dès lors dans une phase onirique.

Quoi qu’il en soit, ne boudons pas trop afin de ne pas gâcher notre plaisir !

Alain PARIS : Le dieu de la guerre. Collection Anticipation N°1671. Editions Fleuve Noir. Parution février 1989. 160 pages.

ISBN : 2-265-04051-7

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13 décembre 2020 7 13 /12 /décembre /2020 08:18

Une ambiance onirique ?

Christine BINI : Le marbre et la brume. L’univers littéraire de Georges-Olivier Châteaureynaud.

Connu pour ses très nombreuses nouvelles mais également pour ses romans comme L’autre rive, son dernier en date paru chez Grasset, réédité au Livre de Poche, Georges-Olivier Châteaureynaud est un auteur à part, émargeant à la chapelle littéraire initiée par Frédérik Tristan : la Nouvelle Fiction. Parmi les membres de ce groupe littéraire on peut signaler Hubert Haddad et Francis Berthelot et quelques autres.

Après une introduction présentant la genèse de cette mouvance et ses membres, Christine Bini s’attache à décortiquer l’univers littéraire de Georges-Olivier Châteaureynaud, un univers découpé en six territoires : L’enfance et la famille, La ville et le pavillon, La mort, les morts, les âmes et l’au-delà, Le monde littéraire, Le fantastique, et enfin L’humain. Parmi ces six chapitres je n’en retiendrai que deux : L’enfance et la famille et Le fantastique.

Dans le premier, Christine Bini met l’accent sur la présence récurrente d’un enfant, la plupart du temps un garçon roux, dont l’enfance est perturbée par la non présence du père intermittent ou parti définitivement. Une non-présence souvent due aux vicissitudes de la guerre et à la propension de délaisser le foyer conjugal. Quant à la mère qui vit seule, nerveusement fragile, elle travaille souvent au service comptabilité dans une usine de confection. La mère et l’enfant vivent chichement dans un petit appartement. Les comparaisons ne s’arrêtent pas là, car les noms des jeunes protagonistes renvoient souvent à l’auteur, d’une manière plus ou moins bien déguisée. Ainsi lorsqu’on s’appelle Châteaureynaud pourquoi appeler un personnage Manoir, et le prénom de Hugo dont la terminaison GO renvoie à Georges-Olivier.

Ce que je ne comprends pas, c’est que Christine Bini, après s’être acharnée à nous démontrer que tous les écrits, romans ou nouvelles empruntent largement à l’enfance de l’écrivain, déclare : Si l’œuvre est à ce point attachante, et importante, c’est bien parce qu’elle échappe au piège de la confession, qu’elle refuse de s’enfermer dans la peinture du quotidien, de s’engager dans l’impasse de l’autobiographie ou de l’autofiction, mais s’en remet à la fiction pure.

Le chapitre, ou plutôt selon la définition de Christine Bini le territoire, consacré au fantastique, nous plonge dans l’univers castelreynaldien qui se démarque du fantastique comme on le conçoit aujourd’hui avec les ouvrages de Stephen King et consorts.

Non, l’univers de G.-O. Châteaureynaud est beaucoup plus onirique, subtil, que l’on pourrait croire, apparenté au merveilleux des contes de fées. Très loin de Stephen King, comme le souligne Christine Bini, mais que j’assimilerais à l’univers des grands anciens qui jouaient sur un fantastique suggéré plus que visuel comme Camilla de Shéridan le Fanu, plus sur l’émotivité que sur la grandiloquence, comme La dame pâle, extrait La femme au collier de velours, les recueils des Mille et un fantôme ou encore Le château d’Epstein attribués à Alexandre Dumas mais dont l’apport de Gérard de Nerval n’est pas négligeable.

Christine Bini, dans cette exploration de l’univers castelreynaldien, nous offre une balade, et une ballade, qui donne envie de lire ou de relire, peut-être avec des yeux neufs, l’œuvre de Georges-Olivier Châteaureynaud et d’en découvrir les pans cachés. Un auteur attachant en marge des courants et qui construit texte après texte, une œuvre singulière et personnelle. En complément de son analyse, Christine Bini propose également un répertoire des personnages ainsi que celui des lieux. Bref un essai transformé.

Christine BINI : Le marbre et la brume. L’univers littéraire de Georges-Olivier Châteaureynaud. Editions Alphée. Parution le 11 mars 2010. 280 pages.

ISBN : 978-2753805491

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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 05:14

Le conte du comte, ça compte !

Alexandre DUMAS : Le comte de Mazzara.

Comme souvent, surtout dans les romans écrits dans les années 1860, Alexandre Dumas n’hésite pas à se mettre en scène, tout au moins dans les premiers chapitres.

Ainsi nous le découvrons alors qu’il vient de recevoir un courrier de son ami Ferdinando Petrucelli della Gatina, un député italien qui séjourne assez régulièrement à Paris. Celui-ci lui propose un manuscrit à lire, corriger et éventuellement à publier sur le support qui lui semblera bon et dont le titre est Le comte de Mazzara.

Dumas en profite pour informer ses lecteurs, qu’il avait participé auprès de Garibaldi à une échauffourée à Palerme, une révolte contre les Suisses envoyés par les Napolitains. Les Siciliens n’appréciaient guère cette ingérence. L’un des hommes de Garibaldi, que Dumas connaissait, devait lui narrer l’histoire du Palais Mazzara, mais blessé, il ne put décrire dans quelles circonstances ce Palais était devenu la propriété d’Alphonse de Quinzac.

Or, dans le même temps, ce manuscrit est accompagné d’une autre lettre, émanant justement d’Alphonse de Quinzac, qui le prie de venir déjeuner lorsque bon lui semblerait. Dumas s’empresse d’accepter et le jour même il se rend à l’adresse susdite, d’autant que son fils est ami avec de Quinzac. Dumas remarque dans le salon le portrait d’une fort belle jeune femme et il s’avère qu’elle participe à l’histoire dont il va être le bénéficiaire.

De Quinzac après ce repas, préparé par Dumas de conserve (mais ce sont des produits frais) avec la cuisinière, recueille le récit qui coïncide avec celui de Ferdinando Petrucelli della Gatina.

Le comte de Mazzara habitait à Palerme et de Quinzac fut invité en son château. Or il remarque que les Palermitains, jusqu’aux domestiques, fuient ce comte qui semble attirer le malheur sur son passage ou à son contact. De Quinzac peut s’en rendre compte de visu lors des déplacements qu’il effectue en compagnie du noble. Les Palermitains et par extension les Siciliens sont superstitieux et ils ont décrété que Mazzara portait la poisse. Même Flora, la fille de celui-ci, ne vit pas au même étage.

De Quinzac tombe amoureux de la belle Flora, d’abord en découvrant le tableau la représentant, puis en la dévorant des yeux lorsqu’elle se présente en chair et en os (non elle n’est ni maigre ni grasse). Seulement Flora possède un lourd passé et de Quinzac se demande comment, alors qu’elle a vingt-deux ans, qu’elle ne soit pas mariée, malgré sa beauté et sa richesse.

 

Dans ce roman, mi-grande nouvelle mi-causerie, qui fut publié en feuilleton dans Le Mousquetaire en 1866 et jamais édité en volume depuis, et l’on se demande pour quelles raisons, nous retrouvons les thèmes de prédilection chers à Alexandre Dumas.

Les voyages et surtout l’Italie servent de décor à ce que l’on pourrait considérer comme un roman historique. Mais le personnage de comte porte-malheur nous entraîne dans une voie quelque peu fantastique. L’action et les combats sont abondamment exposés dans la première partie, et l’on apprend que Dumas transportait des armes à bord de sa goélette, armes qui étaient destinées à Garibaldi.

Enfin, Dumas était un épicurien, et s’il aimait manger et boire en fin gourmet, c’était également un excellent cuisinier (d’ailleurs à l’époque de l’écriture de ce roman, il rédigeait son dictionnaire de cuisine) n’hésitant pas à prendre la place de la cuisinière. Et à lui délivrer un hommage regrettant que les hommes prennent trop souvent leur place, du moins dans les guides spécialisés.

Un homme moins intelligent que vous aurait un cuisinier ; mais vous avez remarqué, vous, que la femme fait une cuisine plus fine, plus délicate, plus distinguée que l’homme. Le difficile est de la trouver jeune et déjà à l’apogée de son talent. Une cuisinière doit être belle, fraîche, coquette et avoir de vingt-huit à trente-cinq ans.

Dumas émet comme on peut le lire quelques réserves (alimentaires) mais l’intention est là. Et au passage, il égratigne quelques confrères.

Que voulez-vous, quand j’ai vu que ceux à qui je donnais des leçons de roman n’en profitaient pas, je me suis rejeté sur les leçons de cuisine.

 

Un bon petit roman méconnu qui sera fort bien accueilli comme invité au pied du sapin de Noël.

 

Alexandre DUMAS : Le comte de Mazzara. Préface de Philippe Radé. Collection Aventures & Mystères. Editions Manucius. Parution mars 2019. 176 pages. 13,00€.

ISBN : 9782845787032

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10 décembre 2020 4 10 /12 /décembre /2020 05:18

Doit-on s’en plaindre ?

Jacques MONDOLONI : C’est pas tous les jours revanche.

Jules, qui accepte son prénom depuis qu’il a découvert les livres écrits par Jules Verne, est en foyer. Sa mère, Odile, est emprisonnée pour une vague affaire de recel de drogue. Son père ne peut le garder car des individus le traquent au pied de leur immeuble.

Toutefois, lors des permissions du week-end, Jules et son père se retrouvent dans une cabane, dans les jardins familiaux encore épargnés, mais plus pour très longtemps, par les constructions neuves.

Jules, s’il apprécie ces moments de détente, n’aime guère retourner au Centre. Il s’isole, se plongeant avec délectation dans la lecture, et ses relations avec ses autres condisciples ou le Docteur Piquouze, le directeur du Centre, et la mère Casse-Dure, l’infirmière en chef, se réduisent à leur plus simple expression.

Tout ce qu’il attend, et l’assistante sociale le lui a promis pour peut-être bientôt et sous certaines conditions, c’est la libération de sa mère.

Mais c’est long, malgré ses sorties avec son père, au cours duquel il apprend à tirer avec un Smith et Wesson Spécial 38, et à le démonter et remonter (pas le père mais l’arme !).

 

Jacques Mondoloni nous livre un conte charmant, aussi bien destiné aux grands comme aux petits. Sans être moralisateur, avec un épilogue enlevé, il peut nous enseigner à se montrer patient mais pas résigné.

Jacques MONDOLONI : C’est pas tous les jours revanche. Collection Eden Fictions. Editions Eden Production. Parution septembre 2003. 72 pages.

ISBN : 9782913245907

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9 décembre 2020 3 09 /12 /décembre /2020 05:51

Il est mort le soleil…

Francis CARSAC : Terre en fuite !

Tout le monde sait que le Soleil est un astre qui produit de l’énergie. C’est une étoile qui nous fournit de la lumière et de la chaleur.

Mais qu’arriverait-il si le Soleil se transformait en nova, c’est-à-dire qu’après une période d’éclat de vive intensité, celle-ci déclinait ?

Il est mort le soleil, fut le titre d’une chanson. Mais ce décès entraînerait-il ipso facto celui de notre bonne vieille Terre ?

Aussi, quand les physiciens calculent avec certitude la date de transformation du Soleil en nova, date assez rapprochée, ils imaginent de faire déménager la Terre accompagnée de Vénus, et, en voyageant dans le cosmos, trouver une étoile de remplacement. Cela ne va pas sans perturbations, ni dissensions.

Les Destinistes, par exemple, qu’aujourd’hui on appellerait peut-être des Complotistes, se soulèvent contre l’autorité en place, préférant mourir que de voir le cours du destin changer par la seule force de l’homme.

Autre problème qui va se poser à nos explorateurs, à nos émigrés dans l’Univers, dans le Cosmos : Si d’autres créatures vivent sur des planètes inconnues, quel sera l’accueil réservé à ces envahisseurs ?

 

Ce roman dû à la plume d’une des pionniers et des maîtres de la science-fiction française d’après-guerre est préfacé par Francis Valéry, spécialiste incontesté de la science-fiction, libraire, éditeur, et maître d’œuvre d’un fanzine remarquable « Ailleurs et Demain ».

Francis Valéry qui rend hommage, un hommage mérité, à Francis Carsac, mais qui égratigne au passage auteurs, éditeurs et critiques. Quelques pages savoureuses, passionnées, polémiques mais au combien véridiques. Ou presque.

Première édition : Collection Le Rayon Fantastique N°74. Editions Gallimard. Parution 2e trimestre 1960.

Première édition : Collection Le Rayon Fantastique N°74. Editions Gallimard. Parution 2e trimestre 1960.

Francis CARSAC : Terre en fuite ! Collection Fantastique/SF/Aventures N°213/214. Nouvelles Editions Oswald. Parution août 1988. 272 pages.

ISBN : 2-7304-0508-9

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8 décembre 2020 2 08 /12 /décembre /2020 04:22

Y’avait-il encore un Médecin ? Oui, mais plus pour longtemps !

J.B. LIVINGSTONE : Meurtre dans le Vieux Nice.

Quoi de plus attristant et de plus provocant que le décès d’un Lord anglais dans une ville où se tient un congrès mondial de criminologie.

C’est pourtant ce qui arrive à Nice, en plein cœur de la vieille ville, comme un défi envers les spécialistes du genre.

Un Lord anglais est donc découvert mort, assassiné, le crâne défoncé par un boulet de canon datant du 16e siècle, apparemment empoisonné par un toxique, les lèvres scellées à l’aide d’un papier encollé, un poignard au manche de nacre enfoncé dans le cœur et une cordelette autour du cou. C’est quand même beaucoup pour un seul homme !

L’ex-inspecteur-chef Higgins, qui se trouve sur place un peu à cause du congrès, un peu à cause d’une vieille histoire sentimentale, est prié instamment de débrouiller cette affaire, pour le bien et l’honneur de la France, de Scotland Yard et des criminologues.

Une belle occasion de découvrir et visiter Nice sous un angle touristique, contre-point du Nice décrit par Patrick Raynal ou Michel Grisolia dans leurs romans.

Un Nice obscur, secret, vivant au rythme du Carnaval et de sectes plus ou moins caritatives.

Renouvelant avec le roman d’énigme et le roman de détection, J.B. Livingstone apporte une bouffée de fraîcheur dans le roman policier. Humour garanti allié à une écriture alerte, vive, spirituelle, dénuée de vulgarité, au service d’une histoire.

A l’époque de la parution de ce roman, on ne savait rien de cet auteur qui vivait masqué. Depuis, on a appris que derrière ce pseudonyme britannique, se cachait un romancier spécialisé dans l’égyptologie, Christian Jacq. Plus d’une quarantaine de romans consacrés à Higgins sont parus et plus tard, dans les années 1990, il s’est attelé à une nouvelle série consacrée à Lord Percival, sous le pseudonyme de Christopher Carter.

Ce roman a été réédité sous le titre Crime niçois, collection les enquêtes de l’inspecteur Higgins, dans une coédition. XO Éditions - J. Éditions. Parution le 23 janvier 2020. 238 pages. 13,90€.

J.B. LIVINGSTONE : Meurtre dans le Vieux Nice.

J.B. LIVINGSTONE : Meurtre dans le Vieux Nice. Les Dossiers de Scotland Yard. Editions du Rocher. Parution juin 1990. 240 pages.

ISBN : 9782268009568

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 04:51

Toc toc toc, qui qu’est là

Qui qui frappe à ma porte ?...

Pierre Vassiliu

Collectif : Invisibles visiteurs. Edgar Allan POE, Guy de MAUPASSANT, Henry JAMES.

Ces trois auteurs sont universellement connus, et leurs textes aussi. Alors, était-il justifié de les rééditer alors que l’on peut les trouver un peu partout sur papier et même en version numérique gratuite ?

Oui, car ces textes sont accompagnés de ces bonus indispensables permettant de mieux situer l’œuvre dans un contexte lié à l’époque de leur parution ou dans des analyses ultérieures. Surtout que si Le Horla est une des références constamment présentée comme l’une des œuvres majeures de Maupassant, il ne faut pas oublier que cette nouvelle connu trois éditions, dont la première est intitulée Lettre d’un fou, et que la plupart du temps, c’est la troisième version qui prime.

L’homme sans souffle d’Edgar Allan Poe, Le Horla, précédé de Lettre d’un fou de Guy de Maupassant et Le tour d’écrou de Henry James ont en commun d’avoir été écrits et publiés au XIXe siècle, et d’être considérés comme des classiques de la littérature fantastique et leurs auteurs ont eu des points communs.

Mais à nom avis personnel, plus que du fantastique, ces quatre textes – en incluant Lettre d’un fou - relèvent surtout de l’angoisse, et j’ajouterai de l’angoisse impressionniste. Le fantastique en effet y est présent mais vu par le (ou la) narrateur car ces nouvelles sont rédigées à la première personne, et donc on peut considérer que les impressions vécues, ressenties, sont enfuies dans des esprits légèrement perturbés, ou plus.

Et l’on pourrait même parler dans le cas de ces narrateurs qui expriment leur peur, leur angoisse, leurs appréhensions, leurs visions personnelles d’événements qui ne se produisent qu’à leur seul contact, qu’ils sont atteints de paranoïa.

L’homme sans souffle d’Edgar Allan Poe est inclus dans l’ensemble qui porte le titre de Contes grotesques. Et il s’agit bien d’une nouvelle qui semble être une farce, mais pas pour le narrateur, qui le lendemain même de ses noces, entreprend d’agonir d’injures sa femme. Hélas, le souffle lui manque alors il l’embrasse, la caresse. Il ne manque pas d’air ! Mais ce souffle qui l’a quitté lui manque et il va connaître, au cours des pérégrinations qui l’entraînent pour retrouver sa respiration, car malgré tout il vit encore, la mort justement, son enterrement auquel il assiste de l’intérieur, sa résurrection, dans une sarabande infernale propre à couper le souffle. Cette nouvelle est résolument placée sous le signe de l’humour noir, et parfois, à cause de certains jeux de mots, j’ai pensé à ce grand manipulateur du vocabulaire que fut Raymond Devos.

Dans Le Horla, de Guy de Maupassant, nous découvrons le narrateur lequel qui, du haut de sa demeure de La Bouille, s’intéresse au mouvement des bateaux, notamment un navire brésilien, remontant la Seine. Peu à peu il sent autour de lui une présence, tenace, qui déplace les meubles, boit les verres d’eau et de lait qu’il dispose dans sa chambre. Lorsqu’il veut se regarder dans une glace il est surpris de constater que le miroir ne lui renvoie aucun reflet.

Contrairement à Noëlle Benhamou, qui présente cette nouvelle, je pense que cette présence invisible ressemble fort à ce mal hérité de sa mère qui était dépressive, à la mort de son frère devenu fou, conjugué à la syphilis contractée dans sa jeunesse, et décèle un début de paranoïa.

Enfin, dans Le tour d’écrou d’Henry James, une longue nouvelle ou petit roman, la présence d’entités n’est plus invisible car elle se manifeste sous forme de visions que perçoit la gouvernante de deux jeunes enfants. Elle a été recrutée par l’oncle de Miles, dix ans, et de Flora, sept ans, pour remplacer l’ancienne gouvernante madame Jessel, décédée de façon inexpliquée. Cette nouvelle gouvernante, une jeune fille de vingt ans, tout droit sortie du presbytère de son père, a été reçue à Londres par l’oncle et tuteur, celui-ci lui indiquant que ce sera la première et dernière fois qu’ils se rencontreront. Elle se rend donc dans le château que possède cet oncle célibataire et fait la connaissance de madame Grose, l’intendante, et des enfants. Miles vient d’être renvoyé de son école pour un motif qui n’est pas défini. Les deux enfants sont charmants, aimables, de véritables petits chérubins. La gouvernante aperçoit un jour une forme de spectre en haut d’une des deux tours de la demeure, et d’après les renseignements qu’elle peut obtenir, il s’agirait de Peter Quint, un ancien valet décédé accidentellement. Cette vision s’incruste dans l’esprit de cette gouvernante et elle voit aussi bien Quint que madame Jessel à diverses reprises. Pourtant il semble bien qu’elle seule peut les apercevoir. A certaines reprises, Miles, tout autant que Flora, peuvent se montrer désobéissants, reprenant aussitôt leur petit air angélique.

Cette histoire est consignée dans un manuscrit rédigé à la première personne, manuscrit lu au cours d’une réunion entre amis. Or cette gouvernante le fut également celle de la sœur de l’homme qui lit le manuscrit, vingt ans auparavant. Et la présentation de la réunion et les informations données par ce lecteur, qui pourraient être une sorte de prologue, je l’ai relue après avoir terminé la lecture de la nouvelle. Et certaines indications qui y sont contenues apportent un nouvel éclairage que je n’avais pas saisi lors de la lecture de ce prologue.

Cette nouvelle encensée par tous, je l’ai trouvée longue et ennuyeuse, quelque peu bavarde. Des digressions qui affadissent l’angoisse qui s’en dégage et monte progressivement, certes, mais il y a beaucoup de non-dits et elle est enveloppée d’une sorte de brouillard. De plus, la façon qu’ont les gamins de s’exprimer ne me semble pas conforme aux réparties que peuvent avoir des enfants de dix et sept ans, même s’ils peuvent se montrer roués et prolixes. Ce sont des dialogues entre adultes qui sont rédigés, et non pas des propos ou des réponses à des questions manquant de précisions. Des allusions plus que des affirmations. Mais ce n’est que mon ressenti. Quant à l’épilogue, il est soudain, brutal, et inattendu.

 

Il y avait dans l’air des bruits et des silences, d’indicibles rumeurs évocatrices, qui me rappelaient, avec assez d’exactitude pour que je la saisisse de nouveau, l’impression que m’avait donnée l’atmosphère de cette soirée de juin où pour la première fois j’avais aperçu Quint au sommet de la tour, ou de cet autre moment où, après l’avoir à la fenêtre, j’étais sortie en vain à sa recherche, en scrutant les buissons.

 

Sommaire :

Charles Baudelaire : Edgar Poe, sa vie, ses œuvres.

Edgar Allan Poe : L’homme sans souffle. Traduction d’Emile Hennequin. Illustrations de Pancho.

 

Préface.

Noëlle Benhamou : Le Horla de Maupassant : histoire d’une possession.

Lettre d’un fou.

Guy de Maupassant : Le Horla. Illustrations de William Julian-Damazy.

 

Jean Pavans : Note du traducteur.

Henry James : Extrait de la préface.

Henry James : Le tour d’écrou. Traduction de Jean Pavans. Illustrations de Pancho.

Postface.

Jean Pavans : Quand James dîne avec Maupassant.

Collectif : Invisibles visiteurs. Edgar Allan POE, Guy de MAUPASSANT, Henry JAMES. Editions Baker Street. Parution le 18 novembre 2020. 320 pages. 21,00€.

ISBN : 9782917559840

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 05:19

Dors, mon petit bébé
Ferme tes yeux, il est grand temps
Tu as endormi ta maman
Pense à ton père…

Les Charlots.

SILVIO : Autour d’un berceau.

Le bébé qui repose dans le petit berceau, n’embêtera plus son père. Il est mort, étouffé. Et la nourrice qui s’en occupait gît sur le carreau, étranglée. Pauvre Guillaumette à qui l’enfançon avait été confié quelques jours auparavant.

Le commissaire Vorgan, assisté du brigadier Pointillon, viennent exprès dans ce village reculé de Seine-et-Marne pour enquêter. Les interrogatoires menés auprès des plus proches voisins ne mènent à rien. Guillaumette possédait un amant, une sorte de gorille, mais celui-ci a été découvert cuvant son vin dans une botte de paille. Les soupçons pesant sur lui sont rapidement écartés. Le chien de l’un des voisins a aboyé, puis hurlé à la mort. Ce qu’il n’aurait pas fait si le visiteur nocturne était un familier.

Après avoir examiné les traces d’étranglement et d’autres petits détails, Vorgan et Poitillon regagnent Paris. Mais Vorgan est frustré car il n’a pas trouvé le carnet remis à la nourrice en même temps que l’enfant. L’argent n’a pas été volé et il semblerait qu’il y a eu lutte entre la morte et son agresseur. Donc c’est bien l’enfant qui était visé.

Mais une autre affaire attend la police judiciaire, et plus principalement Vorgan. Un riche industriel vient d’être assassiné chez lui, et le couteau qui a servi à l’occire a disparu. Le maître d’hôtel est soupçonné mais il a n’est plus là. La femme de ce riche industriel l’a renvoyé, arguant qu’il lui tournait autour.

Ce n’est pas une raison pour l’accuser. Il n’y avait personne dans l’hôtel particulier, les employés ayant eu permission de sortie et la femme s’étant rendue chez une amie.

Bientôt Vorgan est persuadé qu’il existe une corrélation entre ce meurtre et celui de la nourrice. Sans oublier l’enfant. Le secrétaire particulier de l’industriel explique qu’il s’est rendu à Sens la veille puis à Avallon, et qu’il a envoyé un mandat. Un talon de chèque à la somme conséquente n’indique pas le destinataire. Une rapide enquête effectuée au bureau de Poste le renseigne.

Grâce à ces quelques éléments, Vorgan établit une filiation entre l’enfant et la maîtresse de Vorgan. Encore faut-il la retrouver, de même que le meurtrier et le commanditaire.

 

Le commissaire Vorgan semble un clone de Maigret, par son côté paterne, réfléchi, déductif, à l’écoute des différents protagonistes. Il ne s’emballe pas, et écoute volontiers les avis et conseils de son adjoint.

Sinon, l’intrigue est assez subtile, d’autant que, sans vraiment le sortir de sa poche le véritable meurtrier n’est réellement découvert qu’à la fin. Mais ce qui amène le commissaire à le confondre est progressivement amené via les protagonistes, dont une tireuse de cartes qui s’appuie sur les tarots.

Silvio est le pseudonyme d’un auteur dont on a pu lire récemment Devant le coffre-fort, c’est-à-dire Gustave Gailhard.

 

SILVIO : Autour d’un berceau. Collection Les récits policiers. Editions La Technique du Livre. Parution 26 février 1948. 32 pages.

Première édition collection P.J. N°17. La technique du Livre (1939).

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