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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 04:43

A cause du Covid 19 ?

Benoit BECKER : Dernier contact.

Dans une villa cossue de Saint-Cloud, près de Paris, un professeur chinois s’active. Il brûle des papiers dans la cheminée, et en range d’autres dans une serviette de cuir noir. Il se méfie de Tô, son domestique, et il a bien raison car celui-ci s’introduit dans la pièce un poignard à la main.

Le professeur est plus rapide. Il abat ce domestique indélicat. Gao, un complice de Tô qui attendait de pouvoir s’introduire dans la demeure, ne peut que constater les dégâts. Tô est mort et le professeur s’est envolé. Aussitôt Gao se lance à la poursuite du professeur jusqu’à la Gare du Nord. Le professeur prend un billet pour le Nord-Express, sa serviette à la main. Gao parvient à monter dans le train in-extremis.

Arrivé à Hambourg, le professeur doit embarquer sur le Matsuro mais le navire n’est pas encore à quai, coincé à Rotterdam à cause d’une petite avarie. Gao qui était attendu par un comparse le suit toujours, et le lendemain, alors que le professeur sort de son hôtel, la filature reprend. Tous se dirigent vers un parc zoologique. Gao et son complice arrivent à s’emparer de la mallette, laissant le professeur mortellement blessé dans la fosse aux lions. Fin de voyage pour le professeur.

Mais il a eu le temps de tirer sur l’un de ses assaillants, le contact de Gao, et l’homme sérieusement blessé a été transporté à l’hôpital. C’est là que le retrouvent Max Carud, un agent secret français, accompagné d’une fort jolie femme qui se fait appeler Maria Von Bissing, une agente allemande qui émarge au Deuxième Bureau Français. Et Maria n’a pas froid aux yeux, ni ailleurs, comme Max Carud pourra s’en rendre compte par la suite.

Les deux agents doivent interroger le blessé dans le cadre d’une enquête qui n’a rien à voir avec le décès du professeur. Il s’agit de Gargenval, un des pontes de la collaboration en France durant la guerre, qui avait suivi Laval à Sigmaringen. Il est soupçonné d’avoir reconstitué des groupements d’anciens miliciens, de faire noyauter des cellules communistes, et de pouvoir fournir des renseignements sur l’activité réelle de certains fonctionnaires vichyssois.

L’homme refuse de parler, d’indiquer dans quelles conditions il a été blessé. Mais pour Max Carud et Maria Von Bissing, dont ce n’est pas l’identité réelle, il n’y a qu’une solution pour que le blessé avoue ses forfaits et le reste. La torture.

 

Ayant appris l’incident survenu à un vieux Chinois, une rencontre malencontreuse avec un lion affamé, Max Carud décide de se rendre à la morgue. Etonné il reconnait le cadavre. Il s’agit de Li-Pang, l’ancien directeur de l’Institut Météorologique de Pékin, qui a fui le régime de Mao Tsé-toung et vivait en France depuis des années.

Gargenval, à force de tortures et d’un peu de chantage, avoue que s’il suivait Li Pang en compagnie de Gao, c’est parce que le professeur désirait transmettre des documents à Tchang Kaï-chek à Formose, des documents qui pourraient changer la face du monde en cas de guerre.

 

Dernier contact s’inscrit dans une époque d’après-guerre, alors que la Chine est divisée entre deux factions. Le parti communiste chinois, sous la bannière de Mao Tsé-toung, prend le pouvoir, et Tchang Kaï-chek est obligé de se réfugier à Formose, aujourd’hui Taïwan, qui était alors sous domination britannique.

Il s’agit donc d’une enquête croisée pour l’agent secret français, Max Carud, et l’on peut dire qu’il bénéficie d’heureuses coïncidences. Il s’aperçoit rapidement que sa collaboratrice Maria Von Bissing, qui s’est imposée dans l’enquête, n’est pas réellement ce qu’elle prétend être.

Le mythe de la belle espionne sans scrupule n’est pas nouveau, et perdure encore de nos jours. Max Carud est un agent qui n’hésite pas, mais il est vrai que dans certains cas cela s’avère indispensable, à employer la manière forte, et même très forte.

Un roman dans l’esprit de ce qu’il se faisait à l’époque d’après-guerre, avec des réminiscences à la collaboration mais qui met aux prises deux entités asiatiques, alors que souvent il s’agissait d’un affrontement Est-Ouest. Quant à la découverte du professeur Li-Pang, elle semble obsolète de nos jours.

Sous le nom de Benoit Becker sa cachait un collectif d’auteurs composé de José-André Lacour, Stéphane Jourat, Jean-Claude Carrière et Christiane Rochefort. Il s’agit donc de l’un ou des deux noms cités en premier puisqu’ils ont collaboré ensuite sous les pseudos de Christophe Stork pour des romans d’Anticipation et de Marc Avril pour des romans d’Espionnage.

Quant à l’illustration de couverture, il s’agit d’une photo semblant retouchée d’une gare avec le dessin assez rigide d’un personnage en premier plan.

Benoit BECKER : Dernier contact. Collection Espionnage N°85. Editions Fleuve Noir. Parution 4e trimestre 1955. 224 pages.

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 04:21

Qui a dit que c’était pareil ?

Michel GRISOLIA : Flic ou voyou.

Devenu au cinéma Flic ou voyou, L’inspecteur de la mer est le premier roman publié de Michel Grisolia. Un premier roman qui s’inscrivit comme une réussite avec pour toile de fond Nice, la ville natale de l’auteur.

Nice qui servira de décor à bien d’autres romans, des romans moins aboutis, plus vite écrits, des œuvres de commande peut-être, mais dans lesquels Michel Grisolia exprime une sensibilité à fleur de peau et un amour pour sa ville, même si celle-ci fut parfois secouée par de troublantes affaires. Mais ceci est une autre histoire.

L’inspecteur de la mer, c’est David Géant. Un inspecteur un peu à la coule, le contraire du super-héros. Un homme qui cherche à comprendre, qui tergiverse, qui réfléchit, agit parfois à retardement, et commet inévitablement ce que l’on pourrait qualifier des bavures.

Il n’a pas la gâchette facile, et sa fainéantise, son relâchement, l’empêchent de précéder, d’anticiper les événements. Comme le constate Lauren, sa fille de seize ans, adolescente éprise de liberté et contradictoirement dépendante de son père : On dirait toujours que c’est sur la mer que tu enquêtes. Tu avances, elle recule, tu recules, elle avance. Tu crois tenir un indice, un galet, elle recouvre tout ou elle te file entre les doigts.

La découverte d’un corps dans une voiture aux portières bloquées, d’un homme mordu mortellement par un cobra royal, va déclencher toute une série de meurtres.

Des cadavres qui se mettent en travers de la route de l’inspecteur David Géant, a-t-on idée de s’appeler ainsi, un véritable défi et une provocation, des cadavres donc se mettent en travers de la route de notre inspecteur, et sa fille ne se gêne pas pour lui donner des conseils ou pour s’immiscer dans une enquête réservée aux grandes personnes.

Un roman original, à l’humour plus que noir, morbide, qui se clôt dans une fantasmagorie apocalyptique.

Si l’explication finale, l’épilogue, déçoit quelque peu, l’ensemble du roman est d’une très haute tenue et Michel Grisolia marie habilement grandiloquence, humour, sensibilité et terreur.

L’inspecteur de la mer a été adapté au cinéma par Michel Audiard et Jean Herman (Jean Vautrin) et réalisé par Georges Lautner en 1979. Les rôles principaux sont tenus par Jean-Paul Belmondo, Marie Laforêt, Michel Galabru, Georges Géret, Jean-François Balmer et une pléiade d’acteurs de renom.

Michel GRISOLIA : Flic ou voyou. Collection Grands détectives N°2030. Editions 10/18. Parution 21 août 1989. 352 pages.

ISBN : 9782264013071

Première édition sous le titre L’inspecteur de la mer. Editions Jean-Claude Lattès. 1977.

Prix Mystère de la Critique 1978.

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30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 04:23

La poésie est la parente pauvre de la littérature…

Chantal ROBILLARD : Dentelles des reflets de Venise.

Pourtant que de grands poètes la littérature française peut s’enorgueillir !

Et souvenons-nous, lorsque nous étions adolescents, nous aimions coucher sur le papier nos espérances, nos sentiments, nos regrets, nos amours, nos déclarations, nos envies. Ecrire était un exutoire, et il ne nous venait pas à l’idée d’être publié, connu, sauf certains qui véritablement possédaient ce talent inné et entrevoyaient une sorte d’idéal à atteindre.

Nous n’étions pas des Victor Hugo en puissance, des Verlaine, des Rimbaud, des Jacques Prévert dont les poèmes se transmettent, sur papier ou de bouche à oreille, pour le plus grand plaisir des amateurs de mots. Et il faut compter sur ceux, et celles, qui prennent la relève, livrant leurs impressions, leurs émotions, leurs visions, et les partageant.

Toutefois, si nous nous sentons parfois l’âme d’un poète, il faut avouer que nous ne lisons guère de textes qui faisaient le bonheur des lecteurs des siècles précédents. Peut-être par rejet de ces poèmes écrits par Charles d’Orléans, Ronsard, et tous les autres dont nous devions apprendre lors de notre vie scolaire les poèmes par cœur, les analyser, les disséquer, les expliquer.

 

Heureusement, il existe encore de nos jours de grands poètes, malheureusement méconnus, dont l’ami Guy Allix, un poète local. Sans oublier Céline Maltère et Chantal Robillard, qui font parties de mon Panthéon.

Chantal Robillard, nous offre de découvrir Venise autrement qu’à travers les guides, la petite fûtée, ou redécouvrir pour qui a, contrairement à Ulysse, n’a pas fait un beau voyage, ou alors en canapé.

Mais Chantal Robillard ne s’est pas contentée d’écrire des bouts rimés, elle s’est imposée des contraintes, jouant sur les mots et les sonorités, déclinant en début de phrases l’alphabet, mêlant assonances et allitérations, en un jeu de construction syllabique, en acrostiches, haïkus en 357, par exemple, et autres formes modernes.

Les photographies de Chantal Robillard viennent en appui de ces/ses textes, les enluminant, leur conférant une saveur particulière. Comme des cartes postales véritablement personnalisées, sortant de l’ordinaire.

En tout, quarante-cinq poèmes écrits avec ce regard énamouré que seule peut partager une amoureuse d’un lieu emblématique.

Et comme le précise la quatrième de couverture :

Chantal Robillard est une poétesse, inconditionnelle de Venise, où elle se rend toujours hors-saison. Elle nous offre ici ses poèmes sur le difficile vie quotidienne des Vénitiens, qui doivent tout se faire livrer par voie fluviale, nourriture ou objets usuels, et sont obligés d’écoper inlassablement l’eau sournoise à chaque acqua alta. Nous découvrons avec elle une Venise vivante et frémissante, lors de nos flâneries au long des canaux, dans les ruelles labyrinthiques, les petites places à puits centraux…

Vous pouvez acquérir cet ouvrage directement chez l’éditeur en pointant le curseur de votre souris sur le lien ci-dessous :

 

Chantal ROBILLARD : Dentelles des reflets de Venise. Poèmes. Photographies de l’auteur. Préface de Françoise Urban-Menninger. Editions Astérion. Parution 6 décembre 2020. 92 pages. 12,00€.

ISBN : 9781716384400

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29 janvier 2021 5 29 /01 /janvier /2021 05:28

De tous temps il y a eu des rebelles !

Hélène SIMART : Le rebelle.

Quelques individus voient du Dard partout. Ainsi ils affirment que sous le pseudonyme d’Agnès Laurent, auteur de romans dans la collection Angoisse du Fleuve Noir, il ne s’agirait pas d’Hélène Simart mais du créateur du commissaire chéri de ses dames, San-Antonio. Ils arguent en effet que le style d’Hélène Simart serait totalement différent de celui d’Agnès Laurent. Ils oublient qu’entre Frédéric Dard et San-Antonio ce fameux style est lui aussi distinct et que si ces deux noms n’avaient pas été reliés, on aurait souvent du mal à imaginer qu’il s’agit du même auteur.

Ayant eu l’occasion de lire un roman d’Hélène Simart, je me suis amusé à comparer et je n’ai trouvé aucune différence majeure entre cette dernière, spécialiste des romans dits sentimentaux, et celui d’Agnès Laurent, dont j’ai chroniqué par ailleurs L’Ultime rendez-vous.

Deux romans axés sur la psychologie des personnages principaux.

Entre Davies Norton, orphelin recueilli et élevé par son Oncle Edouard Norton, et celui-ci, s’est élevé un mur. Davis, après des études non achevées de médecine, s’est tourné vers la sociologie, abandonnant peu après les études et quittant le domicile de cet oncle, un hôtel particulier de Neuilly. Une rupture qui semble définitive et qui d’ailleurs l’est, puisque lorsque nous faisons la connaissance de Davies, celui-ci s’introduit dans la demeure familiale et apprend par Pierre, le fidèle serviteur, que son oncle vient de décéder.

Le conflit entre l’oncle et le neveu était permanent, et les événements de Mai 68 ont forgé l’esprit contestataire du jeune Davies. Il était devenu un rebelle, préférant effectuer de petits boulots pour subsister, louant une chambre mansardée dans un quartier très populaire de la capitale, et se rendant souvent dans une cité défavorisée de Nanterre et dans un bidonville.

Or donc, lorsqu’il arrive chez son oncle défunt, dont il ignorait le décès, il est interloqué par l’annonce que celui-ci venait de se marier avec une jeune femme de plus de trente ans sa cadette. Répondant au doux nom de Marie-Estella, c’est-à-dire Marie-Etoile. Le comble est atteint lorsqu’elle déclare sans vergogne que si elle s’est mariée, c’était bien pour l’argent, Edouard Norton ne désirant pas que Davies soit héritier.

Lors d’une nouvelle visite à Marie-Etoile (j’aime bien ce prénom !) Davies apprend qu’elle a fait venir son père et son jeune frère qui étaient restés en Espagne. Il avait bien vu sur une étagère la photo d’un homme déjà âgé, mais il s’était fourvoyé dans ses suppositions.

Davies reçoit très souvent ses amis dans son studio. Jacqueline, la seule femme du groupe ; Louki, ancien pupille de l’Assistance publique, efflanqué, faux Chérubin instable ; Fan, un métis intelligent et nonchalant ; Georges dit le Pluvian, maigre et roux, ayant perdu trois doigts de sa main droite dans une courroie de transmission. Ils se sont connus sur les barricades de Mai 1968.

L’argent de l’oncle, présumé détourné par Marie-Etoile, aurait fait le bonheur de ces cinq amis, qui aident les défavorisés de la cite Marguerite et du bidonville. Déjà Davies avait eu des projets d’emploi de cette manne, espoir tombé à l’eau. Pour autant lui et ses camarades ne désarment pas. Sachant que Marie-Etoile doit se rendre dans un restaurant huppé, les amis investissent l’établissement, le visage masqué, et dévalisent les clients. Seulement, Davies se brûle le poignet à la cigarette de Marie-Etoile et de plus il lui chipe une bague de valeur. Deux faits anodins qui seront lourds de conséquences.

Mais ce n’est pas assez, et un kidnapping est envisagé. Davies s’est entiché du jeune frère de Marie Etoile qui voit en lui un ami, un protecteur. Malgré ses objurgations, le gamin est enlevé à la sortie de l’école et Davies est contrarié, voire en colère. Marie-Etoile est désemparée.

 

Ce roman publié dans une collection sentimentale est également un roman policier, de suspense et d’angoisse. La bonne entente entre les amis se fissure bientôt, surtout lorsque Louki traite Fan de métis. Une entorse raciste que Davies n’admet pas.

Les actions entreprises par les amis envers les enfants de la cité et ceux des bidonvilles sont à assimiler aux agissements d’œuvres caritatives, un peu comme le font les compagnons d’Emmaüs, mais à une petite échelle. Et il y a en eux l’aspect de Robins des Bois modernes. Seulement, cela ne peut toujours durer, surtout lorsque les tensions s’élèvent et que le cœur s’émeut.

Il n’y a guère de différence entre Hélène Simart et Agnès Laurent, malgré les assertions de certains, du moins dans ce roman, beaucoup moins qu’entre Frédéric Dard et Agnès Laurent. Il me faudra trouver d’autres romans de cet auteur afin d’affiner les comparaisons.

 

On s’acharne à tuer le temps, en attendant qu’il nous tue. Finalement, c’est toujours lui le plus fort. Il gagne toujours.

 

Croyez-vous que si les clients des grands restaurants pratiquaient le jeûne, cela remplirait pour autant l’estomac des autres ?

Opinion bourgeoise d’une société de consommation.

Hélène SIMART : Le rebelle. Cercle Romanesque. Editions Jules Tallandier. Parution 3e trimestre 1975. 220 pages.

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 05:05

Et non remboursé !

Olivier KOURILSKY : THC sans ordonnance.

Dans la neige immaculée pyrénéenne, une tête écrabouillée et des viscères éparpillés constituent le reliquat d’un corps qui sera retrouvé peu après dans une cour de ferme.

Pour le commissaire Claude Maplède (Tiens, cela me rappelle quelqu’un !) et son adjoint le lieutenant Pierre Leroy, il s’agit d’un véritable imbroglio. Ils se sont déplacés de Toulouse à la demande de l’adjudant-chef Bergui, de la brigade de Saint-Lary-Soulan, qui se trouve dans un cas dépassant ses compétences. Autant les deux policiers toulousains sont incommodés par le spectacle peu ragoûtant, autant l’adjudant-chef reste stoïque, calme, voire serein. Comme s’il avait l’habitude de ce genre de scène.

D’autant que l’identification du cadavre ne va guère être facilitée, les porcs de Bigorre, appartenant à une petite entreprise familiale et vivant en plein air, ont commencé à en déguster les extrémités. Les doigts et les orteils ont disparu dans leur estomac, ce qui va nuire évidemment à la fabrication de pâtés et dégoûter la clientèle locale. Des traces de pneus d’un 4X4 sont bien relevées, mais il s’agit d’un type de véhicule assez répandu.

En attendant les résultats de l’autopsie, les deux policiers s’installent à l’unique chalet du village d’Aulon, dont la patronne qui gère seule l’établissement, aidée parfois par un jeune homme, est l’heureuse propriétaire d’un 4X4, actuellement indisponible pour des raisons relevant de pneumatiques défaillants.

Heureusement, grâce à l’analyse ADN du défunt, qui offrait un repas non désiré aux vautours et aux porcins, l’identité est établie en compulsant le fichier national automatisé des empreintes génétiques. Ce qui ne les avance guère puisque l’homme, un nommé Pedro Ramirez, est inscrit comme trafiquant de drogue. Ce serait une excellente piste, sauf que le Pedro Ramirez en question est officiellement décédé trois ans auparavant d’une crise cardiaque, et enterré en Espagne, non loin de Huesca, près de la frontière.

Une vérification s’impose et, à leur grande surprise, le cercueil ne contient que des pierres. Les propriétaires de l’entreprise de pompes funèbres, qui ont procédé à l’inhumation, sont morts d’un accident de voiture quelques années auparavant. Le docteur qui a établi l’acte de décès a vendu son cabinet à un jeune confrère et depuis a disparu dans la nature.

Pedro Ramirez était en cheville avec des malfrats parisiens dont Lambert, riche industriel, Daneur, ancien directeur d’un club de karaté et judo, Doresme, le chauffeur de Lambert, et un homme de main, Boris Korsoff dit King-Kong à cause sa morphologie. Ils sont actuellement sous les verrous. Etaient car Korsoff s’est évadé trois semaines auparavant, et Lambert doit bénéficier d’une remise de peine. Ces quatre personnages avaient été arrêtés par le commandant Claude Chaudron, chef de groupe à la Criminelle, et Hubert Piron, commandant affecté aux Stups.

Maplède se met en relation immédiatement avec Claude Chaudron et il est tout étonné d’avoir à faire avec une femme. Réaction compréhensible à cause d’une prénom épicène. Nonobstant, Chaudron et Piron s’emparent de cette affaire, avec quelques-uns de leurs hommes, dont une femme, et bientôt ils se rendent compte qu’un tueur joue au Petit Poucet semant des cadavres. Le triste individu pratique la politique de la terre brûlée.

 

Nous retrouvons avec plaisir les personnages principaux des précédents romans d’Olivier Kourislky, c’est-à-dire Chaudron et compagnie pour une affaire qui s’avère tortueuse. Une enquête qui les mène à la frontière espagnole, du côté de Pithiviers et en d’autres endroits où Korsoff est localisé ainsi que divers protagonistes malfaisants.

Pedro Ramirez servait d’homme de main à des trafiquants de cannabis, le fameux THC ou en langage clair le tétrahydrocannabinol, plus connu sous l’appellation de cannabis récréatif. Mais ce qui s’avère le plus intéressant, quoi que, ne réside pas dans cette enquête échevelée, mais dans le rôle des différents participants officiels ou non.

Ainsi Victor Maupas, l’ancien chef de Chaudron parti en retraite va s’insérer dans cette enquête, un peu par ennui et beaucoup parce que son amie Agnès, qui est mariée et dont il est plus ou moins secrètement amoureux, est l’une des victimes du tueur.

Si l’identité du coupable, responsable de la mort de Pedro Ramirez, trottine dans la tête du lecteur, ce n’est qu’au dénouement final qu’elle est dévoilée, et surtout les motivations qui l’ont conduit à se débarrasser du trafiquant.

Un très bon roman policier, qui sonne juste pour le profane que je suis, et qui permet de retrouver des personnages connus dans leur vie quotidienne, professionnelle, familiale et sentimentale.

L’action débute en septembre 2019. Ils ont eu chaud, car après ils étaient confinés.

Olivier KOURILSKY : THC sans ordonnance. Editions GLYPHE. Parution 15 janvier 2021. 240 pages. 15€.

ISBN : 9782352851264

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27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 04:16

Samuel Dharma a depuis changé de pseudonyme, et il est encore meilleur sous celui de Patrick Eris !

Samuel DHARMA : Traqueur.

Samuel Dharma - nouvel auteur du Fleuve noir qui a déjà fourni dans la défunte collection espionnages deux titres, dont Mickey meurtre, est un auteur intéressant à suivre. Il ne manque pas d'idées, ses histoires tiennent la route comme on dit, mais je lui ferai le léger reproche de verser dans une tendance, une mode littéraire selon laquelle il ne peut y avoir action sans description complaisamment macabre.- L'horreur et le morbide cela va bien un certain moment, mais trop c'est trop, et le genre gore ne pourra que s’essouffler dans un proche avenir. Un roman doit posséder une force d'évocation intrinsèque assez puissante dans la suggestion pour ne pas être un étalage complaisant des différentes formes de violence auxquelles peuvent participer ou subir les personnages.

Le plaisir que j'ai à lire un roman de Maurice Limat par exemple ne s'est pas émoussé, tandis qu'il n'est pas sûr que j'apprécie et continue à lire des romans où la description gratuite de la violence et de ses conséquences soit trop explicite. En est-il de même des autres lecteurs, seules les maisons d'éditions peuvent répondre à cette question en analysant les chiffres de vente.

 

Pour en revenir à Samuel Dharma il me semble qu'une carrière d'écrivain se dessine devant lui à condition de gommer certains excès.

Traqueur c’est le nom d'un monstre qui a pour objectif d'abattre un ennemi En cela il est aidé d’une mystérieuse -boite noire. Si un obstacle se présente sur son chemin il l’élimine sans rémission. Mais qui est réellement Traqueur? D'où vient-il? Quelle est sa mission et pourquoi? Cette histoire qui se passe de nos jours aux Etats-Unis, n'est pas sans rappeler par certains points la célèbre série télévisée Les Envahisseurs

Maugendre Paul

Radio Manche. Emission du I6/02/88.

Samuel DHARMA : Traqueur. Collection Anticipation n°I602. Editions Fleuve Noir. Parution janvier 1988. 192 pages.

ISBN : 2-265-03748-6

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26 janvier 2021 2 26 /01 /janvier /2021 04:44

L’avocat a avalé un noyau !

Howard ENGEL : Benny Cooperman détective privé

Le rabbin Meltzer et Saul Tepperman, le président de la communauté juive de Grantham, ville située au Canada non loin des chutes du Niagara, sont fortement embêtés. Larry Geller, avocat à qui de nombreuses personnes avaient confié de l’argent, a disparu depuis deux semaines, emportant avec lui plus de deux millions de dollars. Préférant ne pas soulever de vagues, ils requièrent les services de Benny Cooperman, détective privé, au lieu d’avertir la police.

Benny commence son enquête en interrogeant les proches de Larry Geller : Ruth, son épouse ; Debbie, sa belle-sœur ; Sid et Nathan, ses deux frères. Sid est entrepreneur de maçonnerie et il doit sa fortune actuelle à son association avec Bolduc. Il a pour associés Glenn Bagot, personnage influent et propriétaire des ciments du même nom, et Tony Pritchett, malfrat et magouilleur selon les rumeurs. Nathan est artiste-sculpteur.
Après quelque temps, Wally, un clochard, est retrouvé assassiné, ainsi que Nathan. Et Benny, sur le chantier de la nouvelle caserne de pompiers, met au jour le corps de Larry que l’on croyait à des milliers de kilomètres. La police, en l’occurrence Pete Staziak, ami de Benny, s’empare de l’enquête mais patauge. Tout semble accuser Pia Morley, ancienne femme de Larry Geller, ainsi que Ruth à un moindre degré.

Cependant la touche « bis » du téléphone permettra de trouver le nom de la coupable.

 

Sur une trame un peu mince, avec quelques personnages qui s’interfèrent constamment, Howard Engel réussit à construire un roman sur ce qui aurait pu être une longue nouvelle. Mais ce sont ces digressions, souvent humoristiques qui ne sont pas sans rappeler Woody Allen, concernant la communauté juive d’une petite ville canadienne, qui font tout le charme de Benny Cooperman, détective privé.

Des traits d’humour qui s’expriment soit sous forme de dialogues, soit dans la description de situations, parfois critiques, et jouent sur la dérision du personnage principal envers lui-même ou sur un mode de vie concernant une communauté s’attachant à respecter certains principes.

Les relations de Benny Cooperman avec les femmes semblent entièrement platoniques. Quant aux rapports entre le détective et sa mère, ils s’avèrent certes puissants, mais réglés comme du papier à musique. Benny mange chez ses parents tous les vendredis soirs. S’il ne vient pas, sa mère s’inquiète, mais sans poser de questions. S’il désire s’inviter un autre jour de la semaine, il essuie un refus, afin de ne pas troubler la quiétude de la cellule familiale, ni déroger aux habitudes établies.

 

Howard ENGEL : Benny Cooperman détective privé (A city called July – 1986.Traduction de Sara Oudin). Collection Fenêtre sur nuit. Editions du Rocher. Parution avril 1991. 344 pages.

ISBN : 9782268011264

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25 janvier 2021 1 25 /01 /janvier /2021 05:22

Quand Barbara Cartland dénonçait la politique discriminatoire des races appliquée par ses compatriotes !

Barbara CARTLAND : Les roses de Lahore

Devenue orpheline à seize ans dans des conditions tragiques, Azalée Osmund a été recueillie par son oncle, un militaire intransigeant, rigide et obtus à la fin des années 1880.

Elle fille d’un militaire britannique et d’une mère d’origine russe, a quitté son pays natal, l’Inde, et s’est trouvée mise au service de son oncle et de sa famille. Sa tante, qui ne vaut guère mieux que son mari, et leurs deux filles. Elle est devenue la Cendrillon du foyer, occupée à des tâches ménagères, qu’elle subit sans broncher car elle sait qu’elle ne peut se rebeller. Le passé de ses parents ne plaide guère pour elle, selon son oncle. Elle cache un secret honteux, du moins c’est ce qu’il affirme, et elle doit vivre avec sans en parler. Sans pouvoir s’épancher auprès d’une oreille amie.

Lors d’une réception, elle est surprise, dans une salle retirée, par Lord Sheldon, un militaire impérieux et séduisant. Il était en discussion avec un ami, se plaignant de la politique britannique envers les peuples placés sous la domination de la Couronne royale. Il pense être en présence d’une domestique, à cause de sa vêture, et qu’elle l’espionnait mais elle dément toute intention de lui nuire.

Son oncle doit se rendre à Hong-Kong afin de remettre de l’ordre, le gouverneur actuel professant des idées qui ne sont pas à l’ordre du jour. Azalée est toute contente. Elle va retrouver une ambiance et une atmosphère qui lui manquent. Le froid, l’humidité, la grisaille britannique lui pèsent et au moins elle va se sentir presque chez elle. Le voyage s’effectue à bord d’un navire et si la famille Osmund bénéficie d’une cabine de première classe, la pauvre Azalée se verra confinée dans une sorte de débarras.

Mais elle ne reste pas recluse longtemps. Azalée s’occupe, avec l’accord d’une stewardesse, d’enfants des 2e et 3e classes. Au moins pendant qu’elle leur chantera des chansons et racontera des histoires, ils ne seront pas à courir dans les couloirs. Elle se lie avec une Chinoise de Hong-Kong qui doit rejoindre son mari. Et un jour, alors qu’elle se promène sur le pont, elle rencontre incidemment Lord Sheldon. Elle lui apprend son statut d’orpheline mais garde pour elle son secret. Ils tombent amoureux, ça arrive, pourtant durant leur séjour à Hong-Kong, elle continuera à rester évasive sur ce qui la tracasse et l’empêche d’être heureuse.

A Hong-Kong, elle sera reçue par son amie chinoise, et vivra des aventures mouvementées, étant même la proie de pirates qui pillent les navires malgré la flotte britannique qui maraude autour de l’île.

 

Roman sentimental, Les roses de Lahore est aussi un roman d’aventures historiques qui s’immisce dans la sociologie et la géopolitique de l’époque. Barbara Cartland écrit en prologue :

Sir John Pope-Kennedy fut le premier gouverneur de Hong-Kong à traiter les Chinois en égaux. Il fut aussi le premier à mettre en pratique le principe de non-discrimination des races, principe énoncé dans les instructions du gouverneur en 1886 seulement, mais bien antérieurement dans les lois concernant les colonies britanniques.

Et c’est bien ce principe de non-discrimination qui porte l’intrigue de ce roman, Barbara Cartland le mettra souvent en avant, dénonçant la morgue de ses compatriotes vis-à-vis des pays colonisés dont les habitants sont traités comme des êtres inférieurs. Azalée se hausse comme porte-parole de cette révolte morale. Elle n’hésite pas à déclarer à Lord Sheldon, lors de leur première rencontre située sous le signe d’un malentendu :

Les remarques que vous avez faites au sujet des femmes me font croire que vous êtes un homme insupportable, suffisant et vaniteux ; celles émises à propos de Hong-Kong correspondent exactement à ce que j’attendais d’un Anglais buté qui croit que la seule façon de prouver sa suprématie est d’écraser ceux qu’il a conquis par la force des armes.

N’avez-vous jamais pensé que tout irait mieux si notre nation traitait ces peuples étrangers avec davantage de générosité, de clémence et de considération ?

Et elle continue sa diatribe en enfonçant le clou. Mais ces propos ne sont pas uniquement à mettre au déficit moral de l’Angleterre. Bien des pays pourraient être la cible de ces vindictes, de nos jours encore.

Ce qui prouve que les romans de Barbara Cartland ne sont pas si anodins que certains veulent le croire en les dénigrant. Encore faut-il les lire pour porter un jugement de valeur.

Barbara CARTLAND : Les roses de Lahore (Fragrant Flower – 1976. Traduction de Roger Foehrle). Editions J’Ai Lu N°1069. Parution 15 avril 1980. 224 pages.

ISBN : 2277210692

Première édition : Editions de Trévise. 1978.

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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 04:35

C’est un cas, K !

KÂÂ : Silhouettes de mort sous la lune blanche.

Silhouettes de mort sous la lune blanche était le premier roman de Kââ publié au Fleuve Noir dans la collection Spécial Police sous le numéro 1862 en 1984. Puis il fut réédité dans la collection Moyen Format aux éditions du Masque en 2002. Un roman plein de fureur qui emprunte à la veine des gangsters en cavale.

Le narrateur s’est tout simplement débarrassé lors d’un braquage de l’un de ses complices qu’il ne trouvait pas fiable. Evidemment les frères de celui-ci et d’autres comparses se lancent à la poursuite du tueur qui n’en est pas à son premier forfait.

Toutefois il trimbale avec lui Straub salement amoché par une balle, et le soigne possédant des rudiments de médecine. Le duo s’enrichit d’une nouvelle recrue, Corinne, veuve depuis que notre amateur d’armes à feu, mais également fumeur, buveur et gastronome, a tué son homme, sous le prétexte qu’il connaissait la cache des deux hommes en cavale.

 

Ce n’est pas le meilleur roman de Kââ, loin de là, mais Silhouettes de mort sous la lune blanche était le premier roman de Kââ édité, et peut-être le premier écrit.

Ce roman, qui est un véritable catalogue des armes à feu, s’inscrit dans le domaine de la poursuite infernale, semble parfois répétitif, et le héros (qui n’est pas si sympathique que ça) possède une sacrée dose de chance.

A lire ou à relire pour mieux apprécier les autres œuvres de l’auteur.

K : Silhouettes de mort sous la lune blanche. Présentation de Jérôme Leroy. Collection La Petite Vermillon N°480. Editions de La Table ronde. Parution le 21 janvier 2021. 296 pages. 8,90€.

ISBN : 9791037106056

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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 04:56

Retour vers le futur ?

KEMMEL : Au bout du ciel.

En ce temps-là – il peut y avoir cent millions d’années, un peu plus ou un peu moins – existait à l’autre bout du ciel une planète d’âge déjà vénérable que ses habitants appelaient Gorla.

Telle est la première phrase de ce second roman de Kemmel, alias Jean Bommart, dans la collection Anticipation après Je reviens de… En effet il n’aura participé que deux fois au Fleuve Noir pour des romans de science-fiction et d’anticipation. Mais on retrouve dans Au bout du ciel les genres chers à Jean Bommart, c’est-à-dire l’espionnage et le roman policier.

Adam Zohr est réveillé en pleine nuit par son oncle Alexandre, 167 ans, qui se meurt. En réalité, il est déjà mort, mais le médecin lui a injecté un produit presque miracle à l’aide d’une piqûre afin de le maintenir encore en vie durant quelques heures. Adam se précipite à son chevet car le vieillard moribond doit lui confier un secret et mettre en même temps ses affaires en ordre. Il attend le notaire afin qu’Adam puisse percevoir son héritage, soit quelques cinquante milliards. Mais ce n’est pas le plus important.

Gorla est divisée en deux parties. L’Ouralie et la Siamie. Ces deux blocs ont absorbé peu à peu les petits pays, et maintenant ils se font face. Une guerre froide s’est établie et les deux blocs savent que s’ils se combattent, non seulement ce sera à mort, mais que Gorla pourrait exploser, anéantie dans l’univers. Cet état de guerre froide est souvent violé par les Siamites, par des escarmouches, mais il existerait une solution.

Deux pilotes intersidéraux Ouraliens, des frères jumeaux, Luis et Caïn Arkad, ont découvert une planète très lointaine dont les conditions de vie seraient favorables aux Ouraliens. Mais il faut vérifier leurs assertions et Adam participera à la prochaine expédition de reconnaissance.

Seulement, Moatti, le président ouralien, prévoit un voyage de plusieurs mois. Adam est d’accord sur le principe. Mais les membres de l’expédition doivent être célibataires. Qu’à cela ne tienne. Adam va divorcer, au grand dam de sa onzième ou douzième femme. Les choses s’arrangent finalement non sans mal. Lors de son entrevue avec Moatti, Adam a aperçu une jolie jeune fille, la secrétaire du président, qui n’est autre que sa fille.

Il est démontré qu’Alexandre, qui malgré son grand âge se portait comme un charme, a été assassiné. Et pour faire bonne mesure, son valet de chambre et son toubib également.

Mais les ennuis débutent pour Adam. Il échappe de justesse à des accidents qui auraient pu se terminer tragiquement ainsi qu’à des attentats. Un garde du corps lui est alloué, puis un second. Ce qui n’empêche pas Adam de manquer s’écraser lors d’un duel aérien alors qu’il est en compagnie de la charmante secrétaire, Eve Moatti.

Enfin, après quelques péripéties, le grand jour est arrivé. Et Adam est surpris et content car parmi ses coéquipiers pour cette balade interstellaire, il retrouve outre l’un de ses gardes du corps, outre les jumeaux qui sont totalement différents l’un de l’autre, mais surtout la charmante Eve Moatti. Une présence qui lui fait particulièrement plaisir.

 

Dès le début de l’histoire, le lecteur se doute comment se terminera l’histoire de ce voyage, mais l’épilogue est toutefois assez bien amené. L’ensemble est une aimable parabole sur l’origine, non pas du monde, mais de la découverte d’une nouvelle planète habitable et de la survie d’êtres humains en proie à une guerre froide. L’auteur joue sur certaines hypothèses émises sur la présence, il y a bien longtemps, d’êtres extraterrestres sur Terre.

Il est amusant de noter de quelle manière les divorces sont prononcés et surtout avec quelle rapidité. Il suffit d’établir une sorte de visio-conférence avec un employé d’état-civil, de décliner leur numéro de code, et de déclarer accepter tous deux le principe du divorce.

Evidemment, la guerre froide entre l’Ouralie et la Siamie nous ramène à celle qui existait entre le Bloc Soviétique et les Etats-Unis, chacun cherchant à établir sa prépondérance. Les moyens employés résidaient surtout dans l’intimidation et les escarmouches et l’annexion, forcée ou non, des pays émargeant dans l’un ou l’autre bloc. L’arme nucléaire étant souvent brandie. Et l’on reconnaitra dans les noms utilisés justement le Bloc Soviétique, l’Ouralie déformation d’Oural, et la Siamie, qui rappelle le Siam mais surtout la Chine.

Les descriptions scientifiques sont si précises, je ne les ai pas vérifiées, et si convaincantes, qu’on se laisse prendre au jeu. Ce qui était le but du roman.

KEMMEL : Au bout du ciel. Collection Anticipation N°193. Editions Fleuve Noir. Parution 1er trimestre 1962. 192 pages.

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