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7 juin 2019 5 07 /06 /juin /2019 04:03

Une femme fait ce qu’elle veut d’un homme, quand elle le laisse commander !

Janine LE FAUCONNIER : Celle qui devait disparaître.

Détective privé en vacances près de Bayonne, Sigfried Morel part un peu précipitamment en Bretagne, réclamé par une vieille dame. S’il accepte ce déplacement, c’est parce que la comtesse Hélène de Kerennac veut l’entretenir d’un souci et qu’elle se réfère à la tante Isabelle du détective avec laquelle elle est amie.

Arrivé au manoir de Kerennac, Morel fait la connaissance de la comtesse et de ceux qui y vivent. Henry, le petit-neveu trentenaire qu’elle a élevé lorsque les parents sont décédés et sa jeune sœur Louise, Olivia la femme quadragénaire d’Henry, David, autre neveu de la comtesse dont Louise est amoureuse, Octavie, la parente pauvre qui accessoirement sert de dame de compagnie, plus quelques employées, Nelly, la jeune femme de chambre et Mathilde la cuisinière.

A quatre-vingt-deux ans, la comtesse est encore en pleine possession de ses moyens physiques et intellectuels. Seulement elle est un peu (beaucoup) directive et entend diriger la maison à sa façon. Ce qui n’a pas empêché Henry de se marier avec Olivia alors que celle-ci était devenue veuve dans des conditions troubles. Pourtant Henry était fiancé avec Isabelle de Braville, une charmante jeune fille habitant non loin, la petite protégée de la comtesse. Cette rupture inattendue n’a guère plu à la comtesse mais pour une fois Henry s’est affirmé vis-à-vis de sa parente.

 

La comtesse dévoile ce qui l’a conduite à appeler Morel à la rescousse. Elle a échappé à un accident mais pas Thérèse, la jeune fille qui lui servait de dame de compagnie. Faut préciser que le manoir est construit bizarrement et que pour passer d’une pièce à une autre il faut emprunter des couloirs et des escaliers. Or donc, selon elle, une corde avait été disposée comme un piège destiné à la faire tomber. Mais c’est Thérèse qui a bénéficié de la chute sans avoir eu le temps de demander L’ai-je bien descendu. Et depuis Thérèse se remet lentement d’une fracture du bassin.

La comtesse n’a pas voulu mêler la police à cette tentative de meurtre, il s’agit selon elle d’affaires privées, et si elle a quémandé Morel, c’est à cause de sa parenté avec sa tante, une vieille amie parisienne. Elle n’oublie pas d’ajouter qu’elle possède une preuve en exhibant la corde traîtresse.

Morel accepte d’enquêter, en attendant une nouvelle tentative qui ne manque pas de se produire, au détriment de Nelly qui en douce, le matin alors qu’elle apporte le petit-déjeuner à la comtesse dans sa chambre, ne se gêne pas pour absorber une partie du thé matinal.

 

Dans ce roman au goût christien, oui, Agatha n’est pas loin du moins spirituellement, dans ce roman donc Morel interroge tout à tour les différents protagonistes, dont le caractère est propre à chacun d’eux. Henry proche de la comtesse et l’héritier principal de la vieille dame ; David, gamin de caractère blagueur qui aime les farces et se montre cynique, sarcastique ; Louise, un peu naïve et osons le dire un peu mièvre ; Octavie, sotte, curieuse et cupide ; Olivia qui traîne derrière elle un lourd passé de possible meurtrière ; les employées de maison. Sans oublier Isabelle la fiancée déchue et peut-être déçue.

Roman christien dont l’intrigue se déroule quasiment en vase-clos, avec réunion des personnages en épilogue et un retournement de situation que n’aurait pas désavoué la Reine du crime.

Janine Le Fauconnier s’attache à l’aspect psychologique des différents protagonistes sans pour autant alourdir le récit qui se lit d’une traite. Un roman que l’on pourrait qualifier rédigé à l’ancienne mais possède un charme vénéneux certain.

 

Janine LE FAUCONNIER : Celle qui devait disparaître. Collection Le Masque Jaune N°1363. Librairie des Champs Elysées. Parution le 25 février 1975. 192 pages.

ISBN : 2702403506

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6 juin 2019 4 06 /06 /juin /2019 04:56

La moutarde leur monte au nez !

A mort à Roma !

B. &F. DARNAUDET, G. GIRODEAU et Ph. WARD : Détruire Roma !

Tous les ingrédients de l’heroïc-fantasy, ou presque, se catapultent dans ce roman échevelé écrit à huit mains et quatre têtes pensantes.

Nous retrouvons avec plaisir les principaux protagonistes des deux ouvrages précédents, mais les auteurs leur fournissent des épisodes les mettant plus ou moins en valeur.

Posel Virt Schneesturm est surnommée le Cardinal du Nord ou le Blizzard vivant, car pour l’heure, et peut-être encore pour longtemps, son sexe alimente les débats. En effet son appartenance à la catégorie mâle n’est pas établie et il serait possible que Posel soit une femme, la papesse de la Dernière nouvelle foi. Ma foi, peu nous chaut, ce sont ses intentions qui comptent et lorsque nous entrons par effraction dans l’histoire, elle chemine vers le fief teutonik de Marienburg afin d’y trouver des alliés pour la réalisation de son entreprise.

Elle est accompagnée du sénéchal Laguerre qui lui propose de monter en Nederland afin de s’allier avec les Libéraux de Bolkestein et si cela ne l’agrée guère, elle accepte néanmoins car la parole du sénéchal est sage. Mais Simon de Malfort tempête car il se sent seul, pensant à une défection de Laguerre, alors que celui-ci se dirige vers Paris. Malfort doit couper la route aux troupes du sultan An-Nisâr. Un jeune chevalier conseille de se diriger vers Poitiers afin de couper la route aux Arabes. Il se nomme Martel.

Pendant ce temps, Xavi El Valent et ses compagnons, le Dard M’Odet, Lo Singlar et quelques autres se trouvent confrontés à une horrible bête. Xavi se défend vaillamment mettant tout son cœur à l’ouvrage, brandissant son fidèle Glaive de justice qui en rougit de plaisir, mais le Tre (c’est le nom de son adversaire) sait où donner de la tête. Elle lorsqu’elle est coupée, elle repousse multipliée par trois. L’hydre n’est pas loin.

A Roma, au Vatikan, trente vieillards vêtus de rouge, s’apprêtent à élire un nouveau pape, officiel selon leurs critères. Pedro de Luna a exigé la tenue d’un nouveau concile, promettant, s’il est élu, de recruter des milliers d’Almogovarks, d’être impitoyable envers les hérétiques et d’activer le dôme magique de Sanctus Philippus. Il est élu sous le nom de Benedictus XIII, et non sous celui de Luna Park comme certains le pensaient.

Mais les imbrications religieuses et politiques sont complexes, ce qui n’empêche pas l’amour de s’insérer dans ces pages, et les faits d’armes se suivent sans pour autant se ressembler. Ainsi, arrêtons-nous quelques instants dans l’antre de Çal’Us, le mage mi-homme, mi-ours, un nécromant qui garde prisonnière la jeune Enrekhtouès, l’Egyptienne. Xavi et ses compagnons sont accueillis, façon de parler, par Agna, sorcière et incidemment sœur de Xavi. Çal’Us possède dans un cercueil une momie et il veut la ramener à la vie, ce qu’il fait, mais il ne pensait certes pas que celle-ci allait réagir d’une façon non programmée. Il s’agit d’Abdul al-Hazred, un nécromancien auteur du Nécronomicon.

Je passe rapidement sur bon nombre de faits d’armes ayant pour protagonistes Bernadette (elle est chouette !) di Venezia, cardinale amazone de son état, Gontran le Défiguré, chef des lézards religieux et dont le mot d’ordre est il n’y a pas de lézard, Olympe de Fois, dévot, dite la Pucelle, qui manie la hachette, Jirrodo, nabot démoniaque et chef des cardinaux de la bande à Gontran, plus quelques autres, de moindre importance mais dont la présence s’avère capitale dans des épisodes hauts en couleurs. Et pour la petite histoire, sachez qu’un navire métallique va s’immiscer dans le décor, mais je n’en dis pas plus même si vous restez sur votre faim, car déjà j’en ai trop écrit.

 

Ce roman est découpé en trois chants, comme à l’époque médiévale des trouvères, à ne pas confondre avec les troubadours qui n’étaient pas d’origine occitane, titrés et signés :

Dans l’antre des Teutoniks, des trouvères Boris et François Darnaudet.

Le sort en est jeté par Philippe Ward, qui se déclare troubadour juste pour embêter ses compagnons.

Tagumpay, tagumpay ! pel narrador katalan Gildas Girodeau

 

Chaque auteur porte cette histoire quelque peu déstructurée mais possédant une logique et une continuité en jouant avec les différents personnages et en leur donnant une prépondérance ou en limitant leurs interventions. Chacun des auteurs intègre ses préférences, ses phantasmes, ses points d’ancrage, sa sensibilité, et on ne sera pas étonné, du moins ceux qui ont lu leurs romans, que chez Darnaudet père et fils une grande part est consacrée aux combats, chez Philippe Ward on retrouve le thème de l’ours, chez Gildas Girodeau la Méditerranée, Mare Nostrum, fait partie intégrante du décor même si elle ne sert que liaison, le tout étant lié à l’Occitanie.

Et l’on ne sera pas étonné non plus des nombreux clins d’yeux envoyés à d’autres auteurs, et à eux-mêmes, par personnages interposés, dont l’identité ne devrait pas échapper à ceux qui connaissent l’amitié qui les lie souvent depuis des années. Donc outre, Dard M’Odet, Laguerre, Jirrodo, les initiés reconnaîtrons sans mal qui se cache sous les patronymes de Bernadette di Venezia, Galerne de Palerme, Queudeville, Zolma…

Mais on pourra également remarquer que Lovecraft (voir ci-dessus) et la mythologie grecque ou les Contes des Mille et une nuits , avec les chevaux ailés et la présence d’Orientaux, entre autres, s’immiscent dans cette histoire qui dépasse largement le cadre de l’Occitanie.

La sorcellerie et la magie jouent un rôle primordial et l’on pourrait croire que ceci réglerait bon nombre d’actions, mais chaque protagoniste possède, là aussi, ses points forts et ses faiblesses. Et cela fait penser, un peu, au combat entre Merlin et Madame Mim dans un dessin animé de Disney.

L’épilogue laisse un peu sur sa faim, mais il faut laisser les auteurs se renouveler et leur laisser le temps, d’autant qu’ils ont d’autres préoccupations, d’autres romans en solo à écrire.

B. &F. DARNAUDET, G. GIRODEAU et Ph. WARD : Détruire Roma ! La saga de Xavi El Valent 3. Collection Blanche N°2176. Editions Rivière Blanche. Parution le 2 avril 2019. 220 pages. 18,00€.

ISBN : 978-1-61227-862-9

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5 juin 2019 3 05 /06 /juin /2019 04:51

Pratique pour faire un barbecue ?

Yves-Marie CLEMENT : Dans les laves du Mékatang.

Alors que leurs parents sont toujours égarés au cœur de la forêt amazonienne, Tom et Zoé, les jumeaux, ont été propulsés sur l’île de Zigandja au pied du volcan Mékatang grâce (ou à cause) de leur Talisman donné par le vieux sorcier Yaguara.

Ils vivent en compagnie d’Harmony et Gordon, deux volcanologues venus étudier les récentes coulées de boues. Les autochtones, qui sont au nombre de trois cents environ, vivent dans le petit village de Kuala Balu situé sur le bord de mer. Ils se sont fait un ami en la personne de Siwidjo, un jeune garçon de leur âge, débrouillard et dont l’oncle est le chaman de la communauté.

Depuis quelque temps les fumerolles qui s’échappent des fissures sur les pentes du volcan et d’autres signes précurseurs inquiètent les volcanologues alors que les insulaires ne veulent pas se rendre compte du danger imminent. Ils ont l’habitude des fumerolles et pour eux le volcan gronde mais il n’a pas donné signe de vie depuis des décennies, alors pourquoi s’affoler. Les convaincre de quitter leur île s’avère inutile, de toute façon, selon le chaman, ils possèdent des solutions de rechange, des cachettes secrètes où ils pourront se réfugier si le volcan venait à se montrer par trop dangereux, si l’éruption venait à tout ravager.

Ils vivent de leurs plantations de bananiers et ne veulent pas quitter leurs lopins de terre, préférant penser au présent qu’à un avenir qu’ils se refusent à envisager. Autre danger qui se profile pour Tom et Zoé, l’apparition en hélicoptère de l’exécrable et terrifiant Monsieur Murdery, lequel traque depuis de nombreuses aventures les deux enfants afin de leur dérober leur Talisman.

 

Ce petit roman destiné aux enfants de 10 ans et plus est un ouvrage sympathique écrit par un grand voyageur, fasciné entre autre par les volcans.

Né en 1959 à Fécamp, en Seine Maritime il a vécu en Guyane et actuellement il est basé avec sa famille à Mayotte. Son expérience des volcans, il l’a obtenue, alors qu’il rédigeait ce livre, en parcourant les flancs du Piton de la Fournaise, à la Réunion, lors d’une éruption.

Auteur de plus de soixante-dix romans pour adultes et pour enfants, contes et nouvelles, il pratique également les arts martiaux, discipline que l’on retrouve parfois dans ses écrits, et il affirme retrouver dans l’écriture la sérénité et la rigoureuse discipline qu’il a découvertes dans leur pratique.

Yves-Marie CLEMENT : Dans les laves du Mékatang. Le Talisman maudit tome 5. Collection Nathan poche n° 205. Editions Nathan. Parution 3 juin 2010. 154 pages.

ISBN : 978-2092527337

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4 juin 2019 2 04 /06 /juin /2019 04:51

Pensez à vous protéger, les dépenses de teinturerie ne sont pas remboursées !

Luis ALFREDO : Eventration.

Être responsable de la sécurité dans un supermarché n’est pas de tout repos, mais cela possède aussi ses avantages… palpables. Et être copain avec ce même directeur tout en étant vigile de base, procure ces mêmes avantages, voire plus.

Patrice Rousse, au patronyme adéquat pour sa fonction, est devenu chef de la sécurité après avoir trimé dans tous les domaines professionnels de ce magasin, et à quarante cinq ans, il peut être satisfait. Un salaire plus que confortable, un sale air de viveur, des employés à sa botte et une femme, magnifique, qui le botte. Seul problème, il n’a pas réussi à avoir d’enfant.

Son copain Lucien, simple vigile vigilant, qu’il invite parfois chez lui pour se sustenter, lui apporte la satisfaction de pouvoir reluquer et palper certaines clientes indélicates. La fouille au corps lors d’un vol à l’étalage, ou alors direction le commissariat et tous les ennuis que cela implique. Naturellement, les clientes préfèrent se faire palper que de rendre dans un endroit peu fréquentable, tel qu’un poste de police.

Et puis il y a les petits malfrats, les voyous de la cité d’en face, qui n’hésitent pas à chaparder canettes et autres denrées. Là, la palpation est plus brutale.

A force de fréquenter chez Patrice, Lucien s’est aménagé un petit nid douillet dans la couche de Geneviève, la femme de son chef. Il rend service, c’est tout. Mais Patrice Rousse se doute que sa femme a zébré le contrat de mariage d’un coup de canif, lui qui n’hésite pas à baguenauder hors des liens du mariage.

Youssef, lorsqu’il rentre de son travail en mobylette, profite d’une brèche dans le grillage du parking pour se diriger au plus vite jusque chez lui. Mais la ligne droite, si elle est le plus court chemin d’un point à un autre, n’est pas exempte de tous les dangers.

Le commandant René-Charles Villemur n’est pas dans son assiette. Il est peiné car il vient d’apprendre par le journal que Patricia Boyer s’est suicidée. Et comme il n’a pas de nouvelles de son compagnon Christian, il ressasse et n’est pas toujours à prendre avec des pincettes. Alors la découverte d’un cadavre dans une zone en friche aux abords du supermarché, peu lui chaut. Presque, car il est un policier avant tout, et en compagnie de son adjoint Octave qui passe par toutes les gammes de la réflexion, il interroge le responsable de la sécurité du magasin et les autres vigiles. Car ils sont quand même les premiers concernés.

 

Non retrouvons avec plaisir ce commissaire, d’habitude débonnaire et amateur de whisky, sans oublier le tabac sous différentes formes, sauf la pipe, quoi que, embarqué dans une affaire qui l’embarrasse et à laquelle il s’attelle avec réticence. Mais Octave est là, qui le pousse, voire le bouscule, lui suggérant des pistes de recherche, des possibilités d’enquête.

 

Le meilleur moyen pour vous procurer ce court roman est de diriger le pointeur de votre souris sur le lien ci-dessous :

Luis ALFREDO : Eventration. Itinéraire d’un flic 4. Collection Noire Sœur. Editions Ska. Parution le 3 juin 2019. 2,99€.

ISBN : 9791023407730

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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 04:31

Un éditeur qui se prend d’amitié pour un auteur, ça existe toujours ?

Janine LE FAUCONNIER : Un tiers en trop.

Le narrateur, un éditeur, recueille un adolescent qui vient de perdre sa mère, tombée accidentellement dans un escalier, et son père qui s’est suicidé.

Il a fait la connaissance d’Eric lorsque celui-ci lui a présenté un manuscrit. L’ouvrage était mal bâti, mal ficelé, bref impubliable, mais le quadragénaire s’est épris d’amitié envers ce gamin un peu perdu.

Seulement Eric se montre peu à peu sous son vrai jour : pervers, manipulateur, faussement naïf, enjôleur. Pourtant le narrateur, malgré les conseils et mises en garde d’un de ses (très) proches amis continue à garder confiance en Eric, persuadé que le jeune homme va enfin entrer dans le droit chemin.

Plusieurs années plus tard, il couche sur le papier les faits qui se sont déroulés, et dont il fut un acteur plus ou moins consentant, essayant de démêler un imbroglio sentimental, affectif, et de comprendre ce qui lui a échappé.

Les années soixante et soixante-dix sont ainsi restituées dans une ambiance parisienne bourgeoise, apparemment tranquille, mais le ver était dans le fruit.

 

Une étude de mœurs et une introspection psychologique qui ravira ceux qui sont lassés des romans de sérial-killers, des plongées dans les banlieues en proie à la crise et des road stories répétitives.

 

Janine LE FAUCONNIER : Un tiers en trop. Editions de Fallois. Parution octobre 2000. 250 pages.

ISBN : 978-2877063951

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2 juin 2019 7 02 /06 /juin /2019 03:08

Gaby a le vent en Poulpe…

7 Maures sur ordonnance. Recueil de nouvelles.

Trois nouvelles au menu, avec toutes les trois un héros récurrent, un enquêteur indépendant, nommé Gabriel. Ceci devrait vous rappeler quelqu’un.

Et en effet, en quatrième de couverture, il est indiqué Poulpe à la mode corse. Donc pas de surprises et pourtant les différences sont nombreuses, et Gabriel, dit Gaby, n’est pas un succédané de Lecouvreur, juste un personnage similaire.

Ces nouvelles sociales qui se déroulent en Corse ou en Bretagne possèdent un point commun, outre le héros : elles se déroulent en 1978 et 1979, une vision de l’Histoire avec un certain recul appréciable.

 

Dans On achève bien l’écheveau (vous remarquerez l’aimable jeu de mot) de Christian Maïni, il s’agit pour Gaby d’enquêter sur un meurtre, une affaire classique.

La belle et jeune Maddalena, qui est arrivée par hasard un jour dans le village et n’en est plus repartie, dont les antécédents n’ont filtré qu’avec parcimonie, adoptée par tous et principalement par Santa l’Ebréa, a été retrouvée morte poignardée. Les deux pandores, Casanova et Pantanacce, ont été chargés officiellement par le brigadier-chef Beauger de régler cette affaire, mais Gaby s’entend avec eux pour se mêler à l’enquête.

Plus que la résolution de l’énigme, ce qui prévaut dans cette nouvelle, c’est le style linguistique employé, la sémantique. Un peu à la manière de San Antonio, qui n’était pas le précurseur des romans humoristiques, avec jeux-de-mots à foison. L’auteur se fait plaisir tout en amusant le lecteur par ses calembours, mais il existe une véritable recherche dans cette accumulation d’homophonie ou polysémie, d’à-peu-près, et il s’agit d’une véritable gageure oulipienne.

 

Avec Flic ou barbouze, de Marek Corbel, plus d’amusement sémantique, ou si peu. Car le sujet est grave. Plus grave que le meurtre d’une jeune fille. Le brigadier-chef Beauger, lors d’une soirée à Bastia, a surpris une conversation entre le commissaire-divisionnaire, un homme muni d’une canne et un truand de renommée insulaire nommé Jojo de la Citadelle.

Leurs propos concernaient un certain Nitro, un Espagnol fou vivant à Botmeur. C’est peu mais rien n’arrête Gaby qui prend son bâton de pèlerin, et après s’être plongé dans son encyclopédie géographique, il se rend à Carhaix en Bretagne. En cours de route il fait la connaissance de Guillaume, un musicien itinérant et vestige de la génération des hippies, lequel lui propose de s’engager à faire les moissons. Initiative non négligeable car Gaby possédera un alibi pour son arrivée. Il ne lui reste plus qu’à découvrir qui se cache sous l’identité de Nitro, parmi la communauté espagnole installée dans ce coin finistérien, et l’aider à échapper aux griffes de l’homme à la canne, un certain Alexandre Benallini qui est accompagné du tueur à la solde de Jojo et surnommé le Kanak.

Cet épisode se déroule quelques années après la mort de Franco, mais son esprit est toujours vivace de même que la Retirada et l’exode d’une partie de la population en délicatesse avec le Caudillo. Et on appréciera la présence d’Alexandre Benallini, soi-disant (sans T à soi) lieutenant-colonel et président directeur général d’une organisation Ripublica

 

Le troisième volet de ce recueil, Sept Maures sur ordonnance d’Olivier Collard, aborde un sujet politique et social, avec le projet du président de la République de l’époque, Valéry Giscard d’Estaing, de revenir sur les accords d’Evian. Celui-ci voulait expulser 100 000 Algériens de France non pas en légiférant mais par ordonnance. Ceci ne s’est pas réalisé, freiné au dernier moment par l’aile modérée de sa majorité. Une expulsion qui devait être accompagnée d’une prime de dix mille francs (nouveaux et non anciens comme il est précisé dans le texte) soit la modique somme de un million d’anciens francs. Je vous laisse le soin de convertir en euros, car à l’époque, cette monnaie n’était pas envisagée.

Sept Corses d’origine algérienne sont nommés, tirés au sort ou non, ne possédant pas d’attaches familiales, et Gaby va tenter de trouver un stratagème pour faire avorter ce projet inique. Et naturellement, on retrouve certaines figures de l’époque, dont certaines se sont suicidées dans une flaque d’eau ou noyées accidentellement.

Eminemment politique et humaniste, cette histoire ne laissera pas indifférent le lecteur qui a connu cette époque ou justement qui la découvre et pourra effectuer un parallèle avec ce qu’il se passe de nos jours et sous les gouvernements précédents, qu’ils soient de gauche ou de droite.

Trois histoires, trois tonalités, trois écritures, un seul but, intéresser le lecteur !

7 Maures sur ordonnance. Recueil de nouvelles. Collection Trinnichellu N°4. Editions du Cursinu. Parution le 4 février 2019. 198 pages. 10,00€.

ISBN : 9791090869363

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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 04:19

Une parodie vampirique…

Paul FEVAL : Ann Radcliffe contre les vampires : La ville-vampire.

Dans ce roman paru dans le Moniteur universel du 12 septembre au 25 octobre 1874 et intitulé La ville vampire – Aventure incroyable de madame Anne Radcliffe, Paul Féval retrouve la veine incroyable du délire maîtrisé qui se dégageait déjà dans La fabrique de crimes.

Une parodie du roman noir ou gothique dont une des pionnières fut Ann Radcliffe avec son plus célèbre ouvrage : Les mystères d’Udolphe (ou Udolpho), et auquel Féval se réfère dans ce court ouvrage. Mais afin de donner du crédit à son récit, il se met en scène dans l’entrée en matière de la façon suivante.

 

Mylady, une amie anglaise de l’auteur, propose à celui-ci de l’emmener, en compagnie de sa femme (ouf, l’honneur est sauf !) dans son château sis dans le Shropshire. Elle désire lui faire rencontrer une vieille dame, qui change de nom tous les ans à Noël. Actuellement elle se nomme Mlle 97. Trois ans auparavant, elle était Mlle 94. Pour la petite histoire, signalons toutefois que cette brave dame s’appelle Jebb et vit dans un cottage non loin du château de Mylady. Et vivaient dans cette région M. et mistress Ward, les parents d’Anne Ward, plus connue sous le nom de son mari, William Radcliffe.

Jebb narre alors une aventure extraordinaire survenue bien des années, des décennies même auparavant, à la jeune Anna ou Anne (je respecte l’orthographe des patronymes employé par Paul Féval), qui était amie avec Cornelia de Witt, accompagnée de sa gouvernante, la signora Letizia, et d’Edward S. Barton, lequel était suivi de son répétiteur Otto Goëtzi.

Pour tous, il était évident qu’Anne et Ned Barton allaient unir leur destinée, mais il n’en fut rien. Cornelia et Ned Barton se fiancent tandis que William Radcliffe demande la main d’Anne. Mais en attendant les deux mariages, la signora Letizia a rejoint à Rotterdam où elle tient la maison du comte Tiberio, le tuteur de Cornelia. Rotterdam où devait avoir lieu le mariage entre Ned Barton et Cornelia. Seulement, une mauvaise nouvelle leur parvient. La comtesse douairière de Montefalcone, née de Witt, vient de décéder en Dalmatie et Cornelia en est l’unique héritière d’une fortune immense. Tiberio se trouvant être l’héritier de Cornelia si, éventuellement, il arrivait quelques chose de fâcheux à la jeune fille.

Pendant ce temps Anne prépare activement son mariage, pas seule je vous préviens car il faut du monde pour coudre une robe de mariée, et elle reçoit quelques lettres dont une de son ami Ned. Elle s’endort et elle est la proie d’un rêve, ou plutôt d’un cauchemar. Elle se trouve dans un paysage qui n’est pas anglais, une église et des sépultures, des tombes jumelles sur lesquelles sont inscrites deux noms : Cornelia et Edouard !

Selon les autres missives, les liens qui unissaient Letizia, Goëtzi et leurs supposés protégés sont très distendus. Il se trame une sorte de complot et le mariage de Cornelia et Ned est retardé. D’après Ned, Cornelia a été enlevée par son tuteur et emmenée en Dalmatie, puis il a été atteint d’une fièvre qui lui procurait des hallucinations, à moins que ce ne fût la réalité. Il aperçoit dans le noir des prunelles vertes et des personnages incongrus. Anne décide alors de rejoindre Ned en compagnie de son factotum, Grey-Jack, un véritable hercule, qui déclare que Goëtzi n’est autre qu’un vampire.

Débute alors une course poursuite qui les entraîne jusqu’en Dalmatie où ils vont connaître des aventures effrayantes en compagnie de Cornelia et Ned, des épisodes réglés par Letizia et Goëtzi qui sont en très bon terme, se trouver face à une araignée géante aux yeux verts, jusque dans une ville surnommée la Ville-vampire, une vaste nécropole réservée au repos de légions de vampires.

 

Ce roman, qui débute comme une paisible relation amoureuse ou amicale entre quatre jeunes gens, devient peu à peu une succession d’aventures où l’angoisse se le dispute à une accumulation de péripéties toutes plus ou moins grotesques les unes que les autres, tout en étant périlleuses. La vie de nos principaux protagonistes est très souvent mise en danger à cause des manigances des deux lascars nommés Letizia et Goëtzi.

Dans la dernière partie de l’ouvrage, celle où les protagonistes évoluent en Dalmatie, dans la Ville-Vampire, le lecteur a l’impression de se trouver face à un dessin animé adapté d’après des comics de Marvel, avec une araignée géante, des personnages aux yeux verts qui se dédoublent, et des combats féroces.

L’épilogue pourrait n’être qu’une immense farce, mais Paul Féval s’en sort avec une pirouette, promettant ne pas utiliser un aspect déjà usé jusqu’à la corde, et fournissant une excuse aléatoire.

Dans cette véritable parodie de roman gothique ou roman noir comme étaient définis à l’époque ce genre de romans, La Ville-vampire ou Aventure incroyable de Madame Anne Radcliffe, titre originel de ce texte, Paul Féval accumule des situations que l’on pourrait qualifier de nos jours d’ubuesques, rocambolesques, surréalistes qui rejoignent dans la démesure La fabrique de crime, lui-même roman parodique qui joue dans le cauchemar halluciné et dont l’épilogue propose lui aussi un retournement de situation insensé.

Il innove en quelque sorte le roman loufoque dont Cami, auteur notamment de Loufock Holmès, le détective idiot, ou Pierre Dac et Francis Blanche, avec les Aventures de Furax, en furent les principaux chantres.

Editions Marabout. Bibliothèque Marabout Fantastique N°408. Parution 1972.

Editions Marabout. Bibliothèque Marabout Fantastique N°408. Parution 1972.

Paul FEVAL : Ann Radcliffe contre les vampires : La ville-vampire. Postface d’Adrien Party. Editions Les Moutons électriques. Parution le 7 juin 2018. 144 pages. 13,00€.

ISBN : 978-2361834654

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30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 04:30

La nuit, quand revient la nuit…

Edith WHARTON : Le triomphe de la nuit

Un fantôme, ce n’est pas seulement ce drap blanchâtre en forme de parachute à moitié gonflé qui se promène, qui déambule, dans les couloirs sombres d’une maison abandonnée, une chaîne et un boulet à la traîne.

C’est une image, une projection que seuls peuvent percevoir des personnes choisies délibérément par cet ectoplasme. Emanation du Mal, il peut pourtant se manifester pour contrecarrer une action justement malfaisante.

Le fantôme est-il un personnage décédé, ou le double d’un être vivant, le mister Hyde d’un docteur Jekill calculateur et intéressé ? Peut-être tout simplement le fameux ange gardien qui au lieu de réfréner vos instincts les plus bas, les plus vils, va tenter de faire avorter ces mauvaises actions à l’aide d’une tierce personne. Mais que la communication est parfois difficile !

 

Sans grands effets sanguinolents, sans effets spéciaux comme dans les romans et nouvelles écrits par la jeune génération, que ce soit dans le domaine du fantastique ou de l’épouvante, Edith Wharton empoigne son lecteur et celui-ci, subjugué, comme sous la magie des mots, s’investit dans ces histoires où le noir prédomine.

Dans sa préface, Edith Wharton écrit : Aussi profond que se cache notre perception du monde des esprits, j’ai l’impression qu’elle se laisse entamer peu à peu par les deux ennemis planétaires de l’imagination que sont la TSF et le cinéma. Jadis l’imagination était nourri d’informations qu’on obtenait en faisant un effort et qu’on assimilait ensuite lentement. A présent on les sert sur un plateau, toutes cuites et déjà mâchées. Ainsi la génération actuelle voit elle son aptitude créatrice s’étioler rapidement, en même temps que sa faculté de soutenir son attention.

A ces deux ennemis cités par Edith Wharton, on pourrait ajouter aujourd’hui la télévision.

Il est bon et réconfortant de lire des textes empreints de sensibilité, d’émotion, alors que la guerre de la surenchère dans l’horreur sévit au petit et au grand écran afin de mieux traumatiser les esprits incapables de réagir à la subtilité d’une évocation écrite.

Edith Wharton sait décrire une atmosphère trouble sans agressivité, le meilleur encouragement à la lecture, et à la communion auteur-lecteur.

 

Sommaire :

Préface.

La cloche de la femme de chambre

Les yeux

Plus tard

Kerfol

Le triomphe de la nuit

Editions 10/18. Collection Domaine étranger N°2430. Parution octobre 1993.

Editions 10/18. Collection Domaine étranger N°2430. Parution octobre 1993.

Editions Joëlle Losfeld. Collection Arcanes. Parution juin 2001.

Editions Joëlle Losfeld. Collection Arcanes. Parution juin 2001.

Edith WHARTON : Le triomphe de la nuit (The Ghost Stories of Edith Wharton – 1973. Traduction de Florence Lévy-Paoloni). Intégrale des histoires de fantômes d’Edith Wharton volume 1. Editions du Terrain vague. Parution janvier 1990. 192 pages.

ISBN : 2-85208-114-8

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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 04:36

Un parfum de Harry Potter, mais un parfum

volatile…

Emmanuelle et Benoît de SAINT CHAMAS : Le Collectionneur

Un archéologue est par nature destiné à découvrir des choses intéressantes, voire surprenantes, en plongeant dans le passé de l’humanité, mais ce que distingue dans une salle mortuaire égyptienne le professeur Clairet et ses deux assistants est à proprement parler impensable.

Sur la porte de pierre figurent des inscriptions plus anciennes que les hiéroglyphes, et pourtant sur la tombe est déposé en évidence un… disons un objet qui ne devrait pas y figurer sauf si la tombe a été violée récemment et qu’un étourdi ait oublié un matériel devenu courant aujourd’hui mais dont l’existence ne remonte qu’à quelques décennies. Pourtant rien ne permet de supposer que la tombe ait été visitée, au contraire.

Dans le même temps, à Paris, Raphaël et Raphaëlle, les jumeaux d’à peine douze ans, orphelins et élevés par leur parrain Tristan, découvrent qu’ils ne sont pas tout à fait comme leurs condisciples. Raphaël est très ami avec Aymeric, ils sont toujours ensemble, comme indissociable. D’ailleurs ils ont été surnommés Rapharic.

Mais comme dans toute communauté qui se respecte, façon de parler, les deux complices sont en butte aux moqueries, souvent accompagnées de coups, de la part de Riveran, le perturbateur de la classe qui n’hésite pas à les provoquer dans la rue. C’est ainsi qu’un jour Riveran se montrant plus particulièrement agressif, les deux amis sont sauvés par un personnage qui apparait et disparait comme par enchantement.

Raphaëlle et Suzanne sont copines malgré leur différence de caractère. Suzanne se la pète comme l’on dit familièrement. Et Raphaëlle pour l’impressionner s’amuse à effectuer de petits tours de magie. Mais Raphaël et Raphaëlle se découvrent le pouvoir de communiquer entre eux, comme s’ils étaient doués de télépathie ou de télékinésie.

Leur parrain, qui exerce officiellement le métier de journaliste, leur propose de l’accompagner en Egypte sur les lieux de la découverte inouïe et tenue secrète. Et c’est là qu’ils se rendent compte que Tristan est aussi membre d’une organisation secrète et qu’il possède des pouvoirs surnaturels. Lui-même est Chevalier de l’Impossible et il leur propose de suivre des cours afin de devenir apprentis pages, puis de monter en grade dans cette organisation car ils en possèdent les qualités, ainsi que le don.

Ils font leurs premières armes dans les caves du Louvre et se révèlent particulièrement doués, seulement des règles sont à respecter, telles les règles des trois S, Secret, Service, Sagesse. Un mouchard leur est imposé, des Komolks qui se transforment à volonté et sont élevés au rang d’anges gardiens et de rapporteurs comme leur nom l’indique.

Raphaël et Raphaëlle vont devoir non seulement apprendre à obéir mais aussi à respecter leur nouveau statut, à vivre avec leurs Komolks, et bientôt ils sont entraînés dans une aventure hors du commun, en compagnie de leur parrain, à la poursuite du Collectionneur, un être qui défie toutes les polices du monde pour assouvir sa soif de possession d’objets hétéroclites et précieux.

 

En lisant cet ouvrage qui regorge de petits tours de magie que les enfants peuvent s’amuser à réaliser chez eux sans difficultés et empreint d’un humour léger, avec quelques jeux de mots, le jeune lecteur ne pourra s’empêcher de penser à Harry Potter et à sa carrière de magicien à Poudlard.

 Même s’ils n’ont pas lu les romans de J. K. Rowling, les films qui en ont été adaptés sont assez présents à l’esprit pour ne pas établir le lien. Mais s’il existe des ressemblances, les enfants, l’école de « sorciers », les professeurs plus ou moins déjantés et mystérieux, le fond de l’histoire emprunte à des légendes déjà exploitées dans les romans fantastiques, et pourtant les auteurs, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, parviennent à renouveler le genre avec brio, et moi-même étant d’un âge déjà avancé, j’ai été conquis et attend avec une certaine impatience le second épisode des aventures des jumeaux et de Strom, dont la signification réside dans le livre et que je vous conseille de lire à l’envers (pas le livre).

Emmanuelle et Benoît de SAINT CHAMAS : Le Collectionneur (Strom 1). Editions Nathan. Parution 30 juin 2011. 308 pages.

ISBN : 978-2092023105

Réédition Collection Pocket Jeunesse. Parution le 22 mai 2014. 336 pages.

ISBN : 978-2266245296

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28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 04:23

Si vous allez à San Francisco…

Aaron CONNERS : Sous une lune de sang

Une comtesse cacochyme, dont la date de péremption est dépassée, demande à Tex Murphy, détective privé alcoolique et fauché, de lui retrouver une statuette, précieux bien de famille.

Dans cette bonne ville de San Francisco, an de grâce 2042, les sombres rues ne sont pas sûres. Il est question de maléfices et surtout du réveil d’un vieux démon de l’humanité.

Tex Murphy localise l’objet chez Eddie Ching à Mexico et il s’en empare. Tout irait bien, mission accomplie, mais il se le fait dérober. Alors il faut recommencer seul contre tous.

Tous, c’est le Mal, une personnification à laquelle Murphy devra résister malgré la séduction employée. Et pour parvenir à ses fins, le Mal lancera aux basques de Murphy ses Légions avides de déferler sur le Monde, nouveau ou vieux, peu importe.

 

Ce roman d’anticipation, qui reprend tous les ingrédients du roman noir, se donne pour but de dénoncer l’épuration ethnique, ou plus précisément l’envie de certains de ne laisser vivre sur Terre qu’une race d’hommes aux gênes sensés être purs.

Aaron Conners, évoquant une Troisième Guerre mondiale qui se déroulerait à la fin du XXIe siècle, décrit notre monde comme une planète ravagée, soumises aux pluies acides et autres joyeusetés peu écologiques dans lequel, parmi une humanité un tant soit peu assagie mais à la mémoire courte, quelques illuminés, ersatz d’Hitler, influent maléfiquement sur le comportement de leurs contemporains.

Murphy, qui doit sa vocation à la lecture de Conan Doyle, se veut l’héritier spirituel des Sam Spade ou Marlowe, auxquels il doit ce comportement cynique, plongeant sa vie familiale ratée dans l’alcool et le tabac.

Aaron Conners s’inscrit quant à lui dans la lignée des Kaminski et Pronzini, et ses livres, aux aphorismes humoristiques, se lisent avec un réel plaisir.

Aaron CONNERS : Sous une lune de sang (Under a killing moon -1994. Traduction de Grégoire Dannereau). Collection Virtuel N°6. Editions Fleuve Noir. Parution octobre 1997. 256 pages.

ISBN : 2-265-06181-6

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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