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21 août 2019 3 21 /08 /août /2019 04:11

Ce n’était pas mieux avant, mais maintenant c’est pire !

May d’ALENÇON : Marie-Luce infirmière.

Orpheline très jeune, Marie-Luce a été élevée par sa grand-mère. Et toute jeune elle aimait soigner les animaux. C’est tout naturellement qu’elle aidait le bon docteur Miret dans ces déplacements, lui servant éventuellement de secrétaire. Et ayant obtenu son Bac, c’est ce toubib de campagne qui l’a incitée à s’inscrire dans une école d’infirmière à Paris.

Ce jour là, c’est la rentrée. Marie-Luce est triste de quitter sa grand-mère qui n’est plus très vaillante, son chien Basset et Minou-noir son chat, et les habitants de la petite ville de Châtaignac pour rejoindre la capitale. Elle prend le train à Brive et elle va retrouver les autres élèves infirmières à l’Hôpital Saint-Damien.

Elle entame sa seconde et dernière année d’études et espère bien réussir à devenir infirmière et aider le docteur Miret qui vieillit. Elle retrouve avec plaisir certaines de ses collègues stagiaires mais pas toutes. Elle professe à l’encontre de Dolorès une profonde inimitié car la jeune fille préfère se pomponner qu’endosser la blouse d’aide-soignante. Dolorès n’a pas vraiment la vocation et Marie-Luce la soupçonne de surtout rechercher un bon parti. Et puis Maris-Luce n’apprécie pas du tout que Dolorès la surnomme Petite Puce, même si elle n’est pas grande.

Cette année encore elles vont devoir cohabiter pour les soins dans le service d’ophtalmologie. Les Yeux selon le langage en vigueur par le corps médical. Et pour comble de malheur, elles vont être encadrées par les Cerbères, l’infirmière en chef et son adjointe, aussi peu aimables l’une que l’autre.

Il ne faut pas être en retard, la pointeuse en fait foi, et surtout ne pas s’attacher aux malades. Le professeur Laigle est d’un abord froid mais il aime son métier et essaie de soigner au mieux ses malades. Ainsi lorsqu’il s’adresse à l’un de ceux-ci en lui précisant qu’il va tenter de l’opérer à nouveau, la Cerbère en chef ne peut s’empêcher de murmurer :

Du temps de perdu ! Il serait mieux dans une maison de santé. On a déjà trop de malades, pas assez de personnel.

Mais Marie-Luce réagit autrement. C’est dans sa nature de s’apitoyer et d’aider. Et il lui arrive des mésaventures tragi-comiques qui risquent de la faire renvoyer du service et tout simplement de l’hôpital. Heureusement, l’interne qui sert d’adjoint au professeur Laigle, le docteur Roger, est souvent là pour l’aider dans ses démêlés. Pourtant au début elle n’appréciait pas vraiment ce docteur Roger, aux grosses mains, au rire tonitruant, qui l’avait appelée le premier La Petite Puce, un surnom qui rime avec son prénom. Mais peu à peu elle se rend compte que sous des dehors un peu frustre, il a bon cœur.

 

Publié en 1970, mais dont l’action se déroule au milieu des années 1960, ce roman s’avère être onirique dans certaines circonstances, et parfois un peu naïf dans son écriture. Mais ce n’est pas cela qui importe.

C’est le regard jeté sur une profession, qui est une vocation, et ceux qui l’exercent. Les surveillantes rébarbatives, les professeurs mandarins parfois un peu hautains, les élèves-infirmières qui prennent par-dessus la tête leur rôle car elles n’ont pas la vocation, les infirmières et les aides-soignantes débordées de travail… Et en plus de soigner les malades, il faut nettoyer les chambres, passer des nuits auprès des malades sans pour autant s’apitoyer, interdit de leur parler et de rigoler, il faut apprendre et rédiger leurs cours, malgré la fatigue engrangée.

Marie-Luce ne peut pas, n’accepte pas une discipline stricte et elle essaie de réconforter par des paroles, par de petits gestes, le confort des patients dont elle a la charge. Des patients qui sont entassés dans des salles d’une vingtaine de lits, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Elle reçoit de la part du docteur Roger un soutien inattendu alors qu’elle a déclenché une mini-révolution dans le service en apportant à un vieux couple, séparé naturellement car la mixité est proscrite, leur petit chat afin leur prouver qu’il n’est pas à l’abandon. Une initiative qui démontre son bon cœur mais qui s’avère malheureuse. Alors le docteur Roger lui déclare :

Tort ? Ah ça ! Non, vous n’avez pas eu tort ! Moi, du moins, je vous approuve ! Si l’on signait un peu plus le moral des malades, beaucoup guériraient plus vite ! Et c’est surtout la tâche des aides-soignantes, voyez-vous ; les médecins, aux, ont trop peu de temps et, souvent, ils ne savent pas s’y prendre. Une femme est mieux qualifiée : plus douce, plus intuitive…

 

Et je me prends à rêver que ce genre de roman, même s’il est destiné aux adolescents, filles ou garçons, devienne le livre de chevet de nombreux ministres de la Santé et de leurs technocrates de comptables déshumanisés.

May d’ALENÇON : Marie-Luce infirmière. Illustrations de Michel Gourlier. Collection Spirale 115. Société Nouvelle des Editions G.P. Parution avril 1970. 188 pages.

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20 août 2019 2 20 /08 /août /2019 04:00

Elle était si jolie
Que je n'osais l'aimer…

Paul DARCY : Si belle.

Trentenaire, le comte Robert de Tanville aime vaquer dans son vaste cabinet de travail, au milieu de ses livres, de ses bibelots et de ses archives familiales.

Ce matin là, sa femme de charge, la bonne Madeleine vieillissante, lui apporte, en même temps que ses journaux, une lettre en provenance d’Algérie. La misive émane de la veuve de son ancien général, madame Louise Bouvray, qui lui annonce son intention de quitter Alger et de s’installer dans la région avec ses deux filles, Hélène et Josette. Le père de Robert, le colonel de Tanville, et le général étaient amis, et c’est tout naturellement que la veuve du général Bouvray lui demande un asile momentané.

Il va donc chercher à leur arrivée au train madame Bouvray et ses deux filles. Aussitôt Robert est impressionné par la beauté d’Hélène, dix-huit ans. Sa plus jeune sœur Josette est belle elle aussi mais un peu plus fade. Une joliesse un peu moins prononcée. Mais au point de vue caractère, les deux jeunes filles sont totalement différentes. Autant Hélène est hautaine, bipolaire, aguicheuse, autant Josette est serviable et attentionnée.

Pourtant c’est bien d’Hélène que Robert s’éprend, au grand dam de Madeleine. Et lorsqu’il offre à la famille Bouvray de s’installer à La Renardière, une propriété qu’il possède non loin, c’est avec joie que cette proposition est acceptée. Il va leur rendre visite quasi quotidiennement, mais il souffre car Hélène n’a de cesse d’inviter quelques personnes qui lui tournent autour. Dont un certain lieutenant, ce qui attise la jalousie de Robert, même s’il se garde de le montrer.

 

Ce roman est gentillet mais il pèche par son épilogue rapidement expédié et qui laisse de nombreux points d’interrogation en suspend.

Notamment cette lettre anonyme (qui n’est pas signée, bien évidemment) lui indiquant qu’Hélène rencontrerait le beau lieutenant de Franchay en catimini à la lisière d’un bois jouxtant La Renardière. Bon, le lecteur s’imagine quel peut-être l’expéditeur, mais cela aurait demandé quelques explications et précisions.

Ensuite, comment se fait-il que Robert de Tanville, trentenaire posé, appréciant la solitude et le calme, s’entiche d’une jeune fille inconstante, et apparemment volage ? Pourquoi ne s’intéresse-t-il pas plus à Josette, dont le caractère s’approcherait du sien ?

Ce roman donne l’impression d’avoir été écrit à la va-vite, comme si l’auteur était pressé de rendre sa copie. Des ellipses dans la narration confortent cette impression.

Et alors que Robert de Tanville demeure en Anjou, l’auteur cite la ville de Chambly qui est dans l’Oise !

Paul DARCY : Si belle. Collection Les Romans de la vie N°28. Editions C.E.P. Parution 1er trimestre 1946. 32 pages.

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19 août 2019 1 19 /08 /août /2019 04:17

Grandeur et décadence dans une île paradisiaque !

Pierre BENOIT : Erromango.

Auréolé de son diplôme universitaire d’ingénieur agronome de Sidney et de sa médaille de Melbourne, Fabre débarque sur l’île d’Erromango dans les Nouvelles-Hébrides.

Il vient prendre possession du domaine de Pilbarra que le précédent gérant, Sullivan, abandonne, ayant passé six ans de sa vie à la culture du coprah. Sullivan en profite pour lui donner quelques conseils, des informations sur les résidents et autochtones de l’île d’Erromango, et sur d’autres coloniaux qui vivent dans les îles voisines. Mais à cette soirée où les deux hommes font connaissance, sont invités également l’ancien capitaine du navire qui a amené Fabre, et son remplaçant. Là aussi il y a passation de pouvoir.

Le capitaine Magdalena est un vieux marin qui bourlingue entre Sidney et l’archipel des Nouvelles-Hébrides et autres îles de plus ou moins grande importance. Le Myosotis apporte des denrées et repart chargé de coprah et diverses productions. Il assure également le transport du courrier. Ses haltes sont aléatoires, mais chacun s’y fait.

Si Fabre doit se méfier des Canaques qui vivent sur les hauteurs de l’île, leur réputation étant entachée de cannibalisme, il doit également se défier des deux autres résidents. Un certain Jeffries, l’un des deux Blancs installés sur l’île, veuf depuis des années, considéré comme un ours et un malotru, aurait tué dans des conditions un des prospecteurs pour un vague différent.

L’autre Blanc vivant sur l’île depuis des décennies est un vieux pasteur presbytérien, le Révérend Gibson, qui s’était proclamé évêque et roi d’Erromango. Mais son esprit n’est plus tout à fait en conformité avec ses fonctions.

Quant à Bliss et Cross, s’ils n’habitent pas sur l’île, ils y abordent plus ou moins régulièrement, apportant au Myosotis le coprah qu’ils achètent à un prix dérisoire à leurs indigènes et le revendent avec une marge bénéficiaire conséquente. Ils ne possèdent pas bonne réputation même s’ils se montrent très polis.

Pendant que les trois hommes devisent, le jeune capitaine Simler, dont c’est la première affectation, se montre inquiet quant au temps. Il ne connait pas la région et craint une tornade, vérifiant le baromètre constamment.

 

Fabre, d’origine française mais né en Australie, vient s’installer, non pas pour récolter du coprah comme ses confrères, mais pour élever des moutons, une idée osée mais pas dénuée de pertinence. Il possède de sérieuses références dans ce domaine et a importé des ovins en provenance de Sologne, qu’il est allé lui-même chercher sur place, et dont il pense que la constitution devrait leur permettre de s’apprivoiser facilement. Et, effectivement, les premières semaines lui donnent raison. Bientôt il est même à la tête d’un petit cheptel enregistrant de nombreuses naissances. Il est aidé en cela par des Canaques venant d’autres îles, ainsi que d’un boy qu’il a recruté et de Gabriel, l’ancien serviteur de Sullivan.

Tout irait pour le mieux s’il ne s’adonnait pas à la boisson. Progressivement, inconsciemment, il boit un verre puis deux, et ne les compte plus. Ce n’est parce qu’il n’a rien à faire, car il a remis à neuf les dépendances, et que le soir il écoute les disques qu’il a amené et ceux que lui a laissé Sullivan, sur son gramophone. Non, c’est la pensée d’une jeune femme qui le titille. La Dame de Rose Bay, comme il l’a surnommée.

Il l’a connue à Sidney en fréquentant un hôtel réputé pour son hall dans lequel les jeunes femmes de la bonne société mais qui s’ennuient viennent prendre un verre et plus si affinité. Il a donc connu une jeune femme mariée dont le mari était parti pour son travail et pour une fois, lui volage s’en était entiché durant trois semaines. Puis un jour elle est partie.

Ce souvenir s’est imposé à son esprit lorsque lors d’une soirée à bord du Myosotis, trois mois environ après son arrivée au domaine Pillbara, il a narré ses soirées à quelques coloniaux qui partaient en goguette à Sidney et lui avaient demandé s’il connaissait des adresses. Alors il avait signalé cet endroit, prodiguant ses conseils sans retenue, parlant même de la Dame de Rose Bay. Mais revenu dans son bungalow, il s’est imaginé, à tort ou à raison, que cette jeune femme pouvait être l’épouse décédée de Jeffries. Et cette idée le ronge jusqu’à le pousser à boire jusqu’à plus soif et à négliger son troupeau. Les remords le taraudent. De petits faits en apparence insignifiants mais pourtant lourds de sens qui l’amènent à cette supposition et deviennent bientôt à une évidence.

Débute une lente descente aux enfers ponctuée par des incidents divers dont une tornade qui bouscule tout sur son passage.

 

Publié en 1929, ce roman possède une étude psychologique comme en a écrit Georges Simenon. Et l’on pourrait croire que Pierre Benoit a copié sur l’écrivain belge mais à l’époque de la parution de ce roman, Georges Simenon n’avait pas encore rédigé ses romans durs, noirs.

Ce roman fut-il le déclencheur chez Simenon pour écrire à côté des Maigret qui lui apportèrent la célébrité des romans noirs qui par la suite ont largement alimenté la veine cinématographique ?

Il est vrai qu’Erromango détonne quelque peu parmi la production habituelle de Pierre Benoit. Il connaissait déjà, et dès son premier roman, Koenigsmark, et surtout le suivant L’Atlantide les faveurs du public, le propulsant écrivain populaire aux très nombreux succès. Ce romancier-voyageur met en scène le colonialisme sans en faire l’apologie. Il s’attache à décrire les coloniaux, leur façon d’investir un pays, mais surtout il explore leur psychologie.

Erromango en est le parfait exemple, et avant la lettre c’est un roman dur, âpre, poignant, dénué de cet amphigourisme et de cette grandiloquence qui souvent imprégnait les romans de cette époque. Pas de longues phrases ou de digressions ennuyeuses, mais une narration vivante, rendant bien le caractère d’un homme qui, parti avec de grandes ambitions, se laisse peu à peu submerger par une forme de remords quant à ses actions passées et son dédain pour la femme en général, et qui s’aperçoit d’un seul coup qu’il est peut-être passé à côté du bonheur et a provoqué le malheur de celle qu’il aimait.

Mais il ne s’en rend compte que dans la solitude et des souvenirs alimentés par une chanson découverte par hasard sur un disque trouvé dans les affaires de son prédécesseur.

 

Première parution : Editions Albin Michel. 1929.

Première parution : Editions Albin Michel. 1929.

Réédition : Collection La Petite Vermillon. Editions de La Table Ronde. Parution 11 février 1998. 336 pages. 8,70€.

Réédition : Collection La Petite Vermillon. Editions de La Table Ronde. Parution 11 février 1998. 336 pages. 8,70€.

Pierre BENOIT : Erromango. Le Livre de Poche N°516/517. Parution 1er trimestre 1960. 448 pages.

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18 août 2019 7 18 /08 /août /2019 04:44

Sur l’écran noir de mes nuits blanches…

Deux ouvrages du siècle dernier sur Quentin Tarantino.
Deux ouvrages du siècle dernier sur Quentin Tarantino.

Deux livres consacrés à Quentin Tarantino sont parus à quelques semaines d'intervalle chez Méréal et au Fleuve Noir en 1998.

Le premier est signé Yannick Surcouf, descendant du fameux corsaire d’empire et grand reporter-photographe - information donnée par l’éditeur -, le second est écrit par Jean-Pierre Deloux, que les habitués de la revue Polar connaissent bien pour ses articles fouillés, sérieux et précis.

Quentin Tarantino, phénomène éphémère ou gloire durable, nous le verrons et saurons à l’usage. En quelques films il est devenu une véritable coqueluche, soit comme réalisateur, soit comme acteur.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Quentin Tarantino sans avoir jamais osé le demander, vous l’apprendrez dans ces deux études différentes et complémentaires, quoique parfois des similitudes existent.

Construit comme un dictionnaire, l’ouvrage de Yannick Surcouf se décline en trois parties principales comportant de nombreuses illustrations.

Celui de Jean-Pierre Deloux se divise en séquences axées sur une importante biographie, l’étude des films que Q. T. a réalisé ou dont il est le scénariste et un article de fond suivi d’un entretien.

Mais il est bizarre de retrouver certaines analogies dans la manière d’expliquer le phénomène Tarantino dans ces deux livres. Jusqu’aux remerciements qui sont adressés pratiquement aux mêmes personnes dans un style similaire.

Faut-il en déduire que Jean-Pierre Deloux et Yannick Surcouf seraient le même et unique auteur ? Et oui ! .

 

Jean-Pierre Deloux : Quentin Tarantino, fils de pulp. Editions Fleuve Noir Hors Collection. Parution 22 juin 1998. 270 pages. ISBN : 978-2265065208

Yannick Surcouf : Quentin Tarantino, d’Alabama à Killing Zoé. Collection Mything. Editions Méréal. Parution mars 1998. 192 pages. ISBN : 9782909310701

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17 août 2019 6 17 /08 /août /2019 04:17

La suite du Capitaine Tempête et quelques interrogations sur l’auteur !

RICHARD-BESSIERE : Le retour du capitaine Tempête.

Quelques mois plus tard après les événements décrits dans Capitaine Tempête, début 1778, Bruce Anderson, accompagné de Catherine, rejoint Brest à bord du Sea Bird.

Il a à son bord des diplomates américains qui doivent en compagnie de Franklin, déjà arrivé à Paris, convaincre Louis XIV et à son ministre Vergennes de reconnaître l’indépendance des Etats-Unis. Un événement qui entraînerait d’autres pays, dont l’Espagne, à admettre cet état de fait, ne serait-ce que par haine de l’Angleterre. Bruce et ses compagnons Cachalot et O’Brien, ainsi que Catherine, sont reçus en triomphateurs à Brest et ils sont invités chez les Coedec. Seul Yves Coedec, toujours amoureux de Catherine et marié à Solange, ne participe pas à ces réjouissances. Il n’est pas d’accord avec son père et le fait savoir.

Bruce doit repartir vers Norfolk, son bâtiment chargé de munitions, seulement des marins sont atteints du scorbut et il doit renouveler une partie de l’équipage. Pendant ce temps à Londres, Lord Grégory Maxwell n’a pas dit son dernier mot et souhaite toujours non seulement unir Edgar à Catherine, mais s’emparer du capitaine Tempête. Il débarque à Brest et promet sa fille à Yves Coedec en échange d’un petit service. Le jeune homme doit fournir à Bruce des hommes dévoués aux Anglais en remplacement des matelots déficients.

Yves accepte et Bruce recrute en toute confiance les nouveaux membres. Seul l’un d’eux semble louche aux yeux d’O’Brien et Bruce le met à la raison. Yves est obligé d’embarquer avec eux, afin de remettre la cargaison en échange de denrées telles que tabac et café. Au cours du voyage, alors qu’Yves confesse sa félonie, la mutinerie s’enclenche. Bruce et ses hommes parviennent non sans mal à prendre le dessus. Les rebelles, ou ce qu’il en reste, sont balancés à la mer et Yves confié à la grâce de Dieu dans une barque avec quelques jours de vivres.

Parmi les mutins, une jeune femme nommée Gloria est graciée par le Capitaine. Elle voue une haine farouche depuis la mort de son frère, décédé lors de l’insurrection de Norfolk qui a permis la libération d’Anderson. Une violente tempête malmène le navire et les organismes des marins restants, détournant le Sea Bird de sa route. Englué dans les algues de la mer des Sargasses, Bruce tente par tous les moyens d’arracher son vaisseau des plantes marines qui prolifèrent plus vite qu’elles sont coupées.

Les rations sont diminuées afin de ne pas succomber à la disette. Un ouragan libère le navire et peu après Bruce et ses hommes aperçoivent parmi les nombreux navires qui errent depuis des décennies dans les eaux traîtresses, un ancien galion espagnol qui transportait un trésor aztèque. Bruce s’empare des coffres contenant objets de valeur, or et pierres précieuses afin d’alimenter la caisse des révolutionnaires américains. Anderson rencontre les membres du Congrès à Lancaster et leur impose ses conditions. Il veut que le trésor soit affecté à Washington et ses hommes et non à quelques magouilles quelles qu’elles soient. Le Congrès est obligé d’accepter et peu après Bruce rencontre le fameux général. Ensuite il rentre à Tomstown afin de préparer l’expédition du pactole. Le convoi aura lieu par terre, conduit par Cachalot, O’Brien et quelques autres, tandis qu’il sillonnera l’océan dans l’esprit d’attirer à lui l’armée anglaise. Pour ce faire il feint d’être attiré par le charme de Gloria, lui dévoile qu’il convoiera le trésor et la laisse s’échapper, persuadé que la réaction de la jeune femme sera de prévenir l’oppresseur. Tout se déroule sans encombre et Bruce regagne son havre de paix.

Lord Maxwell, toujours lui, n’a pas changé d’un iota dans ses idées. Et la présence de Gloria devenue la maîtresse de son fils va lui donner une idée. Un jour Bruce reçoit à son bord un émissaire du Lord lui indiquant que Maxwell désire une entrevue, ses sentiments à l’égard du pirate ayant radicalement changé. Catherine est circonspecte mais Bruce néanmoins accepte. C’était un piège et Bruce est fait prisonnier et dans la foulée un prêtre uni Edgar à Catherine qui n’en peut mais. Quelques mois plus tard, Cachalot et O’Brien qui ont connu bien des vicissitudes et des aventures maritimes depuis la capture de leur capitaine préféré, échouent près de Savannah, recueillis par une famille de pêcheurs. Ils y retrouvent par hasard Yves Coedec qui n’a pas péri en mer comme ils le pensaient mais a connu lui aussi pas mal de tribulations. Il fait partie de l’escadre de l’amiral d’Estaing et dorénavant se fait appeler Charles Baron.

Personne ne sait qu’il est vivant. Il doit évaluer les canons et batteries qui protègent Savannah, afin que l’amiral puisse s’emparer du port. Mais les autorités de Savannah connaissent les projets de l’amiral et la défense est acharnée. Coedec et ses amis Cachalot et O’Brien sont surpris par des soldats anglais alors qu’ils étaient cachés dans une grange. Ils sont menés devant un conseil de guerre expéditif. Ils s’attendent à être pendus ou fouettés jusqu’au sang, mais heureusement pour eux, une bonne fée veille en la forme de Gloria. La farouche adversaire des patriotes fait libérer les trois hommes, répondant d’eux. Elle rumine sa vengeance à l’encontre d’Edgar et dévoile sur l’oreiller à Yves où résident les nouveaux mariés : New York.

 

Placé sous le signe des trois A, Amour, Action, Aventures, Capitaine Tempête et Le retour du capitaine Tempête nous proposent un épisode glorieux pour la France, l’émancipation des Etats-Unis. Un esprit d’autonomie, d’indépendance flotte sur la nation, pardon sur le royaume français, avec le désir avoué surtout contrarier et même combattre l’hégémonie anglaise sur les mers et par conséquence sur terre. Evidemment, les armes et munitions ne sont pas fournies gratuitement aux insurgés. En contrepartie ceux-ci doivent alimenter les besoins de nos ancêtres en tabac et en café.

Reconnaissez qu’aujourd’hui s’élèvent de nombreuses divergences quant à la suprématie américaine qui alors était inexistante et à ce goût de luxe cancérigène actuellement prohibé concernant l’herbe à Nicot. Mais n’entrons point dans de douloureuses polémiques et restons dans le contexte historique de l’époque, c’est à dire fin des années 1770 début 1780.

La France donc, par le biais de Beaumarchais entretient des relations privilégiées avec les révoltés américains, qui rappelons le forment déjà une fédération composée de treize états, et qui sont aidés dans leur démarche libératrice envers le joug anglais par de jeunes généraux comme Rochambeau et Lafayette, lequel réglait la solde de son armée avec ses propres deniers. Quelques années plus tard la Révolution éclatait, la royauté aussi, et tout doucement les Etats-Unis s’unifiaient. Une période faste, entre autres, pour exacerber l’esprit aventureux des hommes (et des femmes) épris de liberté dans un monde en mouvement à la recherche d’une nouvelle façon de vivre, d’exister. La Liberté éclairant le Nouveau Monde émanera donc à plusieurs titres, et sous de multiples formes, de la France mais il ne faut pas pourtant se cacher la face. Il s’agit bien de revanche, de compétition, envers un autre état dominant. La rivalité s’exerçant outre mer, à l’Occident, du Canada jusqu’en Louisiane.

Mais je m’éloigne car Richard-Bessière ne fait qu’écrire une page d’histoire mettant en valeur certes un corsaire, d’où les titres des deux volumes, mais surtout, et cela est quasiment occulté par justement les intitulés des romans, la volonté, le courage, l’esprit de décision, le sang-froid, l’énergie qui se dégagent d’une jeune femme. Catherine Lagrange restera une figure inoubliable par sa grâce, sa vitalité, son dynamisme, sa candeur parfois, sa beauté, sa grâce émouvante, sa fidélité à un homme, à un idéal, son abnégation. Si vous voulez en rajouter, vous pouvez.

 

RICHARD-BESSIERE : Le retour du capitaine Tempête.

Au fait, j’allais oublier de vous signaler que ces deux romans signés Richard-Bessière ne sont que des rééditions au Fleuve Noir, sans mention d’une première édition, et qu’ils avaient paru en 1953 et 1954 aux éditions André Martel sous les titres respectifs de Pour le meilleur et pour le pire et Capitaine Tempête, et signées Ralph Anderson.

Comme on peut s’en rendre compte le titre du premier volume a donc été changé lors de sa réédition reprenant tout simplement celui du deuxième tome de l’édition originale. Les couvertures étaient signées Jef de Wulf et Gourdon s’en inspirera pour la réédition au Fleuve Noir. Elles seront plus épurées et le graphisme amélioré mais l’esprit est le même.

Or, un mystère cependant demeure. Ces romans sont-ils vraiment de Richard Bessière ? Selon certains Ralph Anderson serait le pseudonyme conjoint de Richard Bessière et François Richard, alors directeur de collection au Fleuve Noir et qui ont signé les premiers Anticipation de Bessières sous le nom de Francis Richard-Bessières. Mais dans un courrier échangé avec Bessière, celui-ci ne m’a jamais indiqué cette première édition, ni ce pseudonyme.

Alors que penser ? Que son père serait éventuellement l’auteur des deux romans et que lui-même les aurait fait rééditer par la suite sous son nom ? Ensuite pourquoi publier ces deux romans initialement chez Martel puisque la collection Grands Romans était en gestation et a démarrée fin 1954.

D’ailleurs de très nombreux points d’interrogation sont toujours en suspend concernant les premiers romans de Bessière et sa collaboration avec François Richard, collaboration qu’il a toujours nié. En effet il argue du fait que c’est son père qui signa le contrat le liant au Fleuve Noir sous la houlette de François Richard, dont il était un ami, ne pouvant le faire lui-même car il était mineur. Or, comme chacun sait, Bessière est né en 1923 donc en 1951, date de la parution de Les Conquérants de l’Univers, premier volume de la collection Anticipation, Bessière était âgé de 28 ans et donc pouvait voler de ses propres ailes.

Mais il a toujours entretenu l’ambigüité concernant ce pseudonyme de F. Richard-Bessière ainsi que celui F.H. Ribes en affirmant qu’il s’agissait de ses propres initiales et agglutination de ses prénoms et nom.

F. Richard-Bessière puis Richard-Bessière pour Anticipation et F.R. Ribes peuvent très bien se décliner ainsi :

Pour F. Richard-Bessière et Richard-Bessière : François Richard et Henri Bessière. Pour F.R. Ribes : François et Richard, puis Richard pour RI et BES pour Bessière.

Mais dans tous les cas, il a toujours affirmé qu’il s’agissait d’une seule et unique personne, lui, rédigeant ces romans, avançant qu’il se prénommait François Henri Michel Bessière. Or, ce prénom de François ne figure pas à l’état-civil. Mais comme selon lui, on l’aurait toujours appelé François chez lui, pourquoi se gêner…

Selon la revue Lunatique n°27, de mars 1967, les premiers romans Anticipation auraient été rédigés en collaboration avec Bessière père et dateraient de 1941 !

Tout ceci est bien trouble et troublant n’est-ce pas ?

 

Cet article et Capitaine Tempête ont fait l’objet d’une publication, quelque peu différente dans l’ouvrage Richard-Bessière, une route semée d’étoiles paru en 2005 aux éditions L’œil du Sphinx.

RICHARD-BESSIERE : Le retour du capitaine Tempête. Collection Grands Romans. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1970.

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16 août 2019 5 16 /08 /août /2019 04:49

Comme un ouragan …

RICHARD-BESSIERE : Capitaine Tempête.

Catherine Lagrange, un peu plus de seize ans, orpheline – son père est inconnu et sa mère est décédée quelques mois après sa naissance - est élevée dans un couvent situé entre Brest et Morlaix. Tout en acquérant une instruction assez poussée, elle participe aux activités domestiques, n’étant pas comme ses condisciples une riche héritière. C’est ainsi qu’en compagnie du père Mathieu, l’homme à tout faire du couvent, elle se rend à Brest afin d’effectuer quelques emplettes nécessaires à la vie scolaire. Elle y fait la connaissance d’Yves Coedec, d’une manière fugitive mais prépondérante.

Quelque temps plus tard elle surprend une conversation entre un homme et Sœur Marthe, qui dirige le couvent. Une âpre discussion oppose Sœur Marthe à Lord Maxwell. Celui-ci prétend récupérer sa fille Catherine afin de lui faire épouser son neveu, sous un prétexte bassement matériel. Il est le fondateur et le président d’une société d’exportation et d’importation maritime l’Indian Pacific, et acculé à la faillite il n’a d’autres ressources que d’organiser cette union susceptible de le renflouer. Sœur Marthe réserve sa réponse mais Catherine refuse de rencontrer cet homme, dont elle ignore l’identité.

La jeune fille décide de quitter le couvent et se rend à Brest. Elle se fait embaucher comme dame de compagnie chez les Coedec, retrouvant avec plaisir Yves dont les fiançailles avec Solange sont imminentes. Riche armateur, Coedec père entretient avec les opposants américains qui fomentent la guerre d’Indépendance, des relations étroites et plus particulièrement avec Bruce Anderson, surnommé le Capitaine Tempête. Il envisage d’affréter des navires dont la cargaison serait constituée d’armes afin d’aider les rebelles dans leur combat contre le roi d’Angleterre George III, avec l’aval de ministres de Louis XVI et d’hommes politiques dont Beaumarchais.

Lors d’une promenade dans la campagne bretonne, Yves se montre un peu trop entreprenant auprès de Catherine qui le remet à sa place. Elle le considérait simplement comme un frère et son geste déplacé la choque. Mais elle continue à le considérer comme un ami. Le secrétaire et confident de Lord Maxwell, William Ferraby, a retrouvé la trace de Catherine et il tente de convaincre celle-ci de rejoindre son père. Si elle n’obtempère pas, il dévoilera aux Coedec sa véritable identité lesquels penseront immédiatement avoir recueilli une intrigante.

Déboussolée, la jeune fille erre dans Brest. Elle tombe nez à nez avec le père Mathieu et lui narre ses malheurs. Il assure à sa protégée que tout va s’arranger. Il donne rendez-vous à Ferraby et l’assassine, presque malgré lui. Regagnant le couvent sa carriole se renverse et le père Mathieu décède dans l’accident. Pendant ce temps Bruce Anderson débarque chez ses amis les Coedec. Il veut connaître les projets de Maxwell sur un éventuel blocus de la part des Anglais. Pour cela il faudrait que quelqu’un rejoigne Plymouth où Shannon, un de ses agents, est établi. Catherine, en dette envers Anderson, se propose, puisqu’elle maîtrise parfaitement l’anglais, d’effectuer cette mission. Arrivée sur place, le 1er janvier 1776, elle contacte immédiatement Shannon. Mais il est à la solde de Lord Maxwell qui séquestre aussitôt la jeune femme.

Dix-huit mois plus tard, Bruce Anderson arraisonne près des côtes américaines un bâtiment anglais. Parmi les passagers, Catherine et sa gouvernante, miss Hawkins, véritable cerbère qui la surveille nuit et jours. Bruce n’a pas digéré l’échec de Plymouth. Il croit en toute logique que Catherine les a grugé lui et les Coedec. Elle a beau essayer de lui raconter son histoire, il ne veut pas l’entendre, d’autant que Shannon a été retrouvé mort peu de temps après l’arrivée de la jeune fille en terre anglaise.

Cachalot, le maître canonnier ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine sympathie envers la prisonnière. Les deux femmes et quelques soldats rescapés sont débarqués sur les côtes de la Virginie, non loin de Norfolk. C’est ainsi que Catherine, se retrouve malgré elle chez son oncle, le gouverneur de la Virginie Lord Maxwell, et son cousin Edgar, le futur promis. Bruce Anderson apprend de source sûre par le capitaine Berthier, envoyé par Coedec, que Shannon était un traître à leur cause. Aussitôt il organise la libération de Catherine, le jour même où elle devait se marier avec Edgar.

La jeune fille est mise en sûreté dans un ranch, non loin de Tomstown où mouille le Sea Bird, le navire d’Anderson, appartenant à Dolorès, la maîtresse du corsaire. Mais Catherine est amoureuse du fringant Bruce et comme c’est réciproque, il n’en faut pas plus pour que s’accomplisse un rapprochement au grand dam de Dolorès. Le gouverneur Maxwell fait répandre le bruit que le Sea Bird a été pris en chasse par la flotte anglaise, coulé et que de nombreux membres de l’équipage sont dans les geôles de Norfolk. Aussitôt Anderson décide de se rendre dans la capitale de la Virginie mais heureusement, O’Brien, le second du navire, Cachalot et John Smith se lancent à la rescousse.

A eux quatre ils mettent en déroute l’armée qui attendait de pied ferme le corsaire et ils retournent au ranch. Seulement Maxwell connaît pratiquement le lieu de leur refuge et des militaires anglais campent dans la région. Tandis qu’Anderson et d’autres corsaires vont à l’encontre de la flotte de Coedec afin de les protéger des attaques maritimes anglaises, la pauvre Catherine n’est pas au bout de ses avatars. Dolorès, rongée par la jalousie, la dénonce au représentant du gouverneur et Catherine est à nouveau enfermée dans le palais gouvernemental de Norfolk. Bruce, sa mission terminée rentre au ranch mais il est capturé lui aussi par les Anglais. Dolorès se rend compte qu’elle a fait une grosse bêtise et elle veut se racheter.

Pendant ce temps Catherine, mise au courant de la situation par son futur beau-père passe à l’acte. Elle s’échappe du palais, obligeant Edgar à la suivre et confie son otage à des rebelles américains. Dolorès tente de délivrer Bruce mais la relève de la garde empêche son projet. Elle est mortellement blessée et Bruce comparaît devant une mascarade de tribunal. Catherine a alerté Cachalot et O’Brien et elle débarque en compagnie des corsaires dans le port de Norfolk. Alors qu’il allait être pendu haut et court Bruce rue dans les brancards tandis que les insurgés se ruent sur les portes du palais. Un duel oppose le gouverneur à Bruce. Maxwell est mortellement blessé, et son fils Edgar a réussi à filer à l’anglaise.

Bruce peut enfin filer le parfait amour avec Catherine après avoir recueilli les derniers mots de repentance de la part de Dolorès. Fin du premier tome sur ces phrases qui semblent définitives : Ils se retrouvèrent sur la grande terrasse dominant la mer. Devant eux, sur les flots ensoleillés, se balançait le Sea Bird toutes voiles dehors… Ces grandes voiles gonflées de vent et d’espoir… d’amour et de liberté !

 

A première vue, et en se fiant au titre, le lecteur pourrait penser que ce roman serait entièrement dédié à l’héroïsme masculin, le héros bravant mille et un dangers. Si en partie ce souhait est réalisé, il convient toutefois mettre en avant le personnage de Catherine, dont on sait seulement qu’elle est issue des amours adultères d’un Lord anglais et d’une mère probablement de souche plébéienne. Catherine se montre dès sa prime adolescence comme une jeune fille courageuse, aussi bien en action qu’en parole, la force de caractère dont elle est pétrie étant transcendée plus tard par l’amour et son corollaire, la haine.

Ainsi elle gifle l’une de ses condisciples, riche héritière, qui, l’odieuse, la traite de bâtarde. Sœur Marthe comprend la rébellion de la jeune Catherine mais elle ne peut supporter que deux de ses pensionnaires se chicanent, même si le geste de Catherine est compréhensible. Elle demande donc aux deux adolescentes de se réconcilier.

Catherine rêve de découvrir la mer et reproduit sur des toiles sa passion, peignant des voiliers. Mais ses connaissances maritimes sont nettement moins étendues que celles de Melle de Bretteuse. Celle-ci jette un coup d’œil indifférent sur les dessins de Catherine et persifle : “ Très drôle, mon amie, mais je crois que vous avez tort d’essayer de reproduire quelques chose que vous n’avez jamais vu ”. A quoi Catherine, sans se démonter, réplique : “ Vous semblez oublier, ma chère, que nombre de peintres de talent ont maintes et maintes fois représenté le ciel, le purgatoire et l’enfer. Vous pensez sans doute qu’ils ont eu l’occasion de les visiter ? ”.

Cette force de caractère, Catherine aura l’occasion de la mettre en valeur aussi bien dans ses relations avec Yves Coedec, que dans ses engagements au côté de Bruce Anderson. Elle se révèlera même décisive dans ses interventions, usant non de ses charmes mais de son courage. Elle n’est pas vénale, contrairement à une autre figure de proue féminine du roman, Dolorès. Car la Métisse, comme elle est surnommée, cédant à la jalousie perd l’homme qu’elle aime et malgré ses remords, elle ne pourra survivre à ses trahisons. Catherine la blonde et Dolorès, la brune, deux entités qui se confrontent incarnant le Bien et le Mal.

Sans s’appesantir sur les descriptions physiques et morales des divers protagonistes de ce roman, ce qui évidemment pourrait être intéressant en soi mais alourdirait cet article, penchons nous sur une figure connue : Pierre Augustin Caron de Beaumarchais. Si aujourd’hui il est plus connu comme homme de théâtre, auteur entre autre du Barbier de Séville, Beaumarchais se montra particulièrement actif en faveur des patriotes, des indépendantistes américains.

Richard-Bessière le décrit ainsi : …Malgré ses quarante trois ans bien sonnés, (il) était un homme extrêmement actif qui donnait l’impression d’une perpétuelle jeunesse. Très sympathique, parlant un langage direct, son talent d’écrivain et ses succès littéraires faisaient de lui un homme de premier plan. Mais si Beaumarchais devait un jour être connu surtout comme auteur dramatique, il était principalement un intrigant aimant l’aventure, et qui n’hésitait pas à faire preuve de la plus grande désinvolture quant aux expédients à employer. Le trait le plus saillant de son caractère résidait dans son amour insensé de la liberté. De là à aimer puis à essayer de favoriser le mouvement de révolte américain, il n’y avait qu’un simple pas qu’il n’avait pas hésité à franchir lorsqu’il avait fait la connaissance à Londres d’Arthur Lee. Certains le représentaient comme un aventurier de profession, alors que Caron de Beaumarchais était tout au plus un exalté qui se donnait corps et âme à ses sentiments du moment.

D’autres personnages historiques font de brèves apparitions ou sont simplement nommés, comme par exemple La Fayette, mais c’est pour mieux transposer la fiction dans la réalité.

Demain, suite avec le second volume de cette passionnante histoire.

 

 

RICHARD-BESSIERE : Capitaine Tempête. Collection Grands Romans. Editions Fleuve Noir. Parution juillet 1969.

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15 août 2019 4 15 /08 /août /2019 04:20

Il y a 70 ans, le 15 août 1949, sortait des imprimeries de la S.L.I.M., 37 boulevard de Strasbourg (Paris Xe) le premier titre de la collection Spécial Police du Fleuve Noir.

Jean BRUCE : Tu parles d’une ingénue !....

Tu parles d’une ingénue mettait en scène pour la première fois un héros récurrent qui connaîtra moult aventures, aussi bien au début dans la collection Spécial Police, puis dans la collection Espionnage du Fleuve Noir, enfin aux Presses de la Cité dans la collection Un mystère avant de continuer dans la collection Jean Bruce Espionnage, toujours aux Presses de la cité.

Ce héros a pour nom Hubert Bonisseur de la Bath, plus connu sous son matricule d’agent des services secrets américains de OSS117. Héros de romans, 88 au total sous la plume de Jean Bruce, et à la mort de celui ci dans un accident de voiture le 26 mars 1963, par sa femme Josette Bruce aidée par un collectif de romanciers pour 143 volumes, et enfin sous la signature de François et Martine Bruce pour 24 nouvelles aventures, mais aussi de nombreux films dès les années 1957.

Le premier film a été réalisé par Jean Sacha sous le titre de OSS117 n’est pas mort avec Yvan Desny dans le rôle principal. Puis ce sera tour d’André Hunebelle de prendre la relève de 1963 à 1968 pour cinq titres. OSS117 est alors interprété successivement par Kerwin Matthews, Frédéric Strafford et John Gavin. Enfin Michel Hazanavicius en réalisera 2 en 2006 et 2009 avec Jean Dujardin dans le rôle titre.

Lequel de ces comédiens s’approche le plus physiquement du personnage de fiction ? Le mieux est peut-être de reprendre la description qu’en fait l’auteur dans ce premier roman :

 

Hubert Bonisseur de la Bath était vraiment un phénomène. De nationalité américaine, il était de lointaine descendance française. Héritier de traditions jalousement conservées, il faisait très « vieille France » et n’avait pas du tout le genre américain. Mais sous des apparences d’amabilité et de nonchalance, Hubert dissimulait une terrible personnalité. Son intelligence, très vive, était lucide et froide comme une lame d’acier. Doué d’une facilité d’adaptation véritablement extraordinaire, il était toujours dans le ton quel que soient la situation et le lieu. Son flegme était souvent exaspérant, il le savait et en usait à bon escient. C’était avant tout un homme d’action. Ses nerfs d’acier et une absence totale de scrupules faisaient de lui un adversaire particulièrement redoutable. Il menait toujours le jeu sans ménagement et avec une brutalité désirable. Hubert était un dur, Pierre ne lui connaissait qu’une faiblesse : c’était son penchant immodéré pour les jolies femmes.

En 1943, Hubert Bonisseur de la Bath, qui appartenait aux services de renseignements de l’Armé américaine, avait été parachuté en France pour y remplir une mission extrêmement dangereuse. Sa parfaite connaissance de la langue et des coutumes du pays, qui avait été le berceau de sa famille, le désignait particulièrement pour y opérer. Pierre qui commandait un réseau de résistance, l’avait connu à ce moment là. Il lui avait prêté son appui. Les deux hommes étaient faits pour d’entendre. Les dangers courus ensemble avaient scellé d’une solide estime mutuelle une amitié qui n’avait cessé depuis lors de s’épanouir.

Hubert Bonisseur de la Bath descendit le premier [de l’avion]. Pierre remarqua tout de suite qu’il n’avait pas changé physiquement. Il était grand et svelte. Ses cheveux châtain clair. Il portait toujours une abondante moustache, très R.A.F., qui n’était là, pensait Pierre, que pour détourner l’attention de ses yeux bleu métallique au regard perçant.

Jean BRUCE : Tu parles d’une ingénue !....

Hubert Bonisseur de la Bath est donc le prototype idéal de l’agent secret et il fera de très nombreux émules dans la collection Espionnage du Fleuve Noir et d’ailleurs. Le résumé de ce roman se fera, si j’ai le temps et le courage, ultérieurement.

 

La collection Spécial Police fort prisée des collectionneurs pour les couvertures signées Gourdon terminera sa carrière en 1987 avec le numéro 2075 par un titre prémonitoire de Michel Quint : Bella Ciao !

 

Jean BRUCE : Tu parles d’une ingénue !....

Jean BRUCE : Tu parles d’une ingénue !.... Collection Spécial Police N°1. Editions Fleuve Noir. Parution Août 1949. 224 pages.

Réédité sous le titre de Ici OSS 117 dans la collection Espionnage du Fleuve Noir N°103. Parution 1956.

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14 août 2019 3 14 /08 /août /2019 04:08

Les portes du pénitencier,

Bientôt vont se fermer…

Georges MUREY : A tête coupée.

Incarcéré depuis un an au pénitencier de Tamiahua, au Mexique, Frank Reynolds, sujet américain, espère bien pouvoir s’évader sous peu. Il purge une peine de dix ans pour trafic de drogue.

Il s’est lié avec son codétenu Tamazun, dont la sortie est programmée prochainement ayant purgé son temps de détention, et il lui demande de faciliter cette évasion en lui fournissant quelques objets indispensables. De même sa femme Jenny va de son côté lui trouver un remplaçant, un sosie, afin de détourner l’attention des policiers qui seront immanquablement à ses trousses.

Grâce à un code, il peut communiquer par lettre avec Jenny qui lui fournit dans ses missives toutes les informations concernant l’avancement de leur projet. Et le 24 mai 195. Elle peut enfin de vive voix, lors d’une de ses rares visites au pénitencier, lui confirmer qu’elle a trouvé le remplaçant idéal, un nommé Roy Merril, 34 ans soit deux ans de moins que lui, un ancien marine de Corée, renvoyé dans ses foyers à la suite d’une blessure et qui depuis travaille comme liftier dans un grand magasin de la Nouvelle-Orléans. Un métier qui connait des hauts et des bas, et l’argent promis a largement contribué dans l’accord du sosie.

Le 5 juillet 195. tout est prêt pour l’évasion. Frank Reynolds a scié un des chaînons de son attache et il parvient à échapper à la vigilance du garde préposé à sa surveillance alors qu’il se rend aux feuillées. Il se cache dans la lagune et grâce à un chiffon rouge placé par Tamazun, il découvre sans difficulté le masque de plongée et les bouteilles d’oxygène qui vont lui permettre de nager sous l’eau jusqu’à un îlot proche. Sur cet îlot l’attend Tamazun avec un canot pneumatique et ils vont longer la côte de la lagune, tandis que Jenny, accompagnée de Roy Merril parcourt la région en voiture.

Le lieutenant Funker, d’origine allemande, est furieux car c’est lui qui avait arrêté Reynolds, et le savoir dans la nature l’insupporte. Il se lance sur les traces du fuyard mais celui-ci lui échappe constamment. Il est vrai que, contrairement au lecteur, il n’est pas au courant de cette substitution et donc il patauge, dans les deux sens, car il lui faut fouiller les marécages.

S’engage une partie de cache-cache orchestrée d’un côté par Jenny et de son compagnon de voyage, et de l’autre par Reynolds et Tamazun. Et tous quatre doivent se retrouver dans une cabane près de Mendes, au nord de Tampico. Et tandis que Funker pense remonter la piste de Reynolds, grâce à un photographe des rues, celui-ci parcourt tranquillement, presque, son chemin en voiture en compagnie de Tamazun.

Seulement comme dans toute machination soigneusement élaborée, un double grain de sable enraye l’engrenage. Reynolds est jaloux de son sosie, et Jenny déteste son mari. Pourtant elle l’aide dans son évasion. Et peu à peu, au contact de Roy Merril, s’instaure une forme de complicité amoureuse. Le piège…

 

Georges-Jean Arnaud, car il s’agit bien de lui caché sous ce pseudonyme américain, écrit justement un roman faussement américain, dont le suspense va grandissant, jusqu’à un épilogue qui n’est guère optimiste.

Si le sosie est souvent pris comme thème dans les romans policiers, afin d’égarer les enquêteur, ici Funker et ses deux adjoints, le lecteur lui n’est pas dupe. Il est mis dès le début de l’histoire dans la confodence avec ce double de Reynolds. Mais la force de Georges Murey réside dans la montée de la jalousie de l’évadé, dans leurs tribulations et dans les relations contrastées entre Merril et Jenny.

Si les deux hommes se ressemblent physiquement, il en va autrement de leur moralité et de leur caractère. L’incarnation du bien et du mal à travers cette mise en scène de sosie. Quant à Jenny, même si elle déteste son mari, elle ne veut pas le tromper. Une forme d’honnêteté qui ne dure pas vraiment, même si les regrets la rongent.

Un bon petit roman de suspense mais qui n’atteint pas encore les réussites de Georges-Jean Arnaud lorsqu’il signera dans la collection Spécial Police du Fleuve Noir.

Georges MUREY : A tête coupée. Collection Feux Rouges N°44. Editions Ferenczi. Parution 1er trimestre 1960. 192 pages.

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13 août 2019 2 13 /08 /août /2019 04:13

Un faux roman d’énigme britannique mais une franche rigolade à la française.

Margaret RING : Fatale party chez le prince.

Wickson, le gardien des réserves de meubles, découvre le corps d’Anny Yall, une call-girl, dans les greniers de Buckingham.

L'inspecteur John Smith, alias Buckingham, mène son enquête auprès des différents protagonistes ayant eu un rapport plus ou moins lointain avec cette hétaïre.

En premier le Prince Andrew qui utilise le grenier possédant un accès direct avec ses appartements pour développer ses photos et avait organisé une petite réunion débridée. Ensuite avec Mrs Bostwell, l'entremetteuse dont dépendait Anny, Laura Winter son assistante, Jack Red le souteneur qui était son amant de cœur, le vicomte Brashmore qui l'avait présentée au Prince, Samantha Dickson autre call-girl, Ted Darmon le photographe qui avait développé la pellicule de photos prises par Anny aux fins de chantage envers les participants de cette petite réunion, Jim Fowlett l'ami garde du corps du Prince, ou encore Sabrina de Conway issue d'une riche famille du royaume et qui avait participé aux dernières parties.

En effet les photos incriminées représentaient le Prince et ses amis dans des tenues jugées par Buckingham assez scabreuses. Anny réclamait 50000£, mais ni le Prince, ni ses amis ne possédaient cette somme. Jim Fowlett avait offert à l'hétaïre la moitié de la somme réclamée mais elle avait gardé par devers elle les photographies.

C'est ce qu'il explique à Buckingham lorsque Phil Closter, un homosexuel employé au Palais, trouble l'entretien en jurant que son ami Fowlett est innocent. Il fréquente une boîte gay dirigée par Jack Red. Buckingham s'y rend, aperçoit Laura Winter, et fait la connaissance d'Ernie, un prostitué ayant un penchant pour Closter, lequel est assassiné.

 

Une histoire simplette, agréable à lire, sans grande prétention mais qui fait passer le temps avec une certaine bonne humeur surtout lorsque l'auteur égratigne le Prince Andrew et ses amours en déliquescence avec Sarah Ferguson. Le style de roman sans message qu'apprécient bon nombre de lecteurs occasionnels de romans policiers.

Sous le pseudonyme iconoclaste de Margaret Ring, se cachait l’écrivain Philippe de Baleine, journaliste et romancier dont le véritable patronyme était Philippe de Jonas, né le 27 septembre 1921 et décédé le 7 juin 2018.

Vingt quatre romans sont consacrés au personnage de ’inspecteur Buckingham dont les enquêtes se déroulent toutes avec comme personnages des membres de la famille royale britannique.

Réédition : collection L’inspecteur Buckingham N°5. Editions GDV. Parution 1er septembre 1995.

Réédition : collection L’inspecteur Buckingham N°5. Editions GDV. Parution 1er septembre 1995.

Margaret RING : Fatale party chez le prince. (The Prince's Fatal Party. Traduction de Philip Whale). Collection L'inspecteur Buckingham. Editions du Rocher. Parution 23 février 1995. 166 pages.

ISBN : 978-2268019475

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12 août 2019 1 12 /08 /août /2019 04:18

Un héros qui prend de l’altitude !

Captain E.W. JOHNS : Biggles et le Masque noir

En lisant son Bulletin de l’Aviation civile internationale, Biggles, qui émarge au Quartier général de la police de l’Air, Biggles est surpris par la teneur d’un article. Pourtant, à première vue, ce qu’il vient de déchiffrer n’a rien d’extraordinaire. Un nommé Richard Canson, qui n’est pas de papier, vient d’obtenir son permis de piloter.

Or l’homme ne lui est pas inconnu. Il l’a côtoyé alors que Canson servait comme lieutenant dans la R.A.F. Canson s’était illustré par des pratiques douteuses, se montrant malhonnête, voleur, traficoteur, aussi bien envers certains de ses confrères que de l’administration aérienne militaire. Bref un individu peu recommandable mais qui jouissait pourtant au mess d’une popularité qu’il ne méritait pas.

Possédant de nombreux atouts, charme et bagou, il était en outre un bon pilote et un excellent mécanicien. Le genre de type que Biggles n’appréciait pas du tout. Puis les années ont passé mais Biggles doute que l’homme se soit amélioré comportementalement.

Canson vient de reprendre un aérodrome que les Américains ont abandonné à Millham dans le Suffolk. Il débute avec deux appareils, un Auster et un Dove et Biggles se demande avec quel argent il a pu acquérir les deux avions et quel genre d’affaires il escompte en tirer. Biggles décide se rendre sur place, en compagnie de ses deux amis et collègues, Bertie et Ginger.

Direction le petit aérodrome, en avion naturellement, et entre Biggles et Canson, ce sont des retrouvailles pas vraiment chaleureuses. Canson explique qu’il dessert deux lignes régulières, l’une vers la Suisse, l’autre sur la Côte d’Azur, et sa compagnie dépend d’une agence de voyages, Les Croisières du Soleil. La liste d’attente pour ces voyages s’allonge chaque semaine et le pilote ne se plaint pas. Petite entreprise, petits moyens, peu de personnel, mais cela lui suffit pour débuter.

En regagnant Londres, Biggles est pensif car non seulement les deux employés de Canson ne sont pas venus lui dire bonjour mais il y a une bonne raison pour cela. Ce sont d’anciens militaires qui ont participé aux resquilles organisées par Canson. De plus une Rolls était garée près d’un hangar. Le véhicule appartient-il à Canson ?

Alors Biggles demande à Ginger, qui ne s’était pas montré, de prendre une réservation auprès de l’agence de voyages, et de se rendre à Nice puis Antibes. Or ce que Ginger découvre en visitant la vieille ville de Nice n’a guère l’heur de plaire car il se fait agresser par deux individus. Il prend une chambre dans un hôtel d’Antibes et laisse un message codé écrit sur un des murs de sa chambre, message caché derrière des rideaux. Puis il demande à Canson de regagner l’Angleterre, ayant reçu un télégramme le mandant de toute urgence.

Mais Canson se méfie et Ginger est enlevé puis mené dans une maison non loin de l’aérodrome de Millham. Il est fait prisonnier d’un certain monsieur X qui porte un masque noir.

N’ayant plus de nouvelles de Ginger, Biggles s’inquiète et se rend lui aussi à Antibes en compagnie de Bertie puis remonte la trace de Ginger. Cela qui va l’amener à découvrir un étrange trafic.

 

Les adolescents qui se délectèrent, et le font encore peut-être de nos jours, des nombreuses aventures de Biggles pouvaient voyager à peu de frais à bord de petits appareils, avant puis durant la Seconde Guerre Mondiale et même après. Car la carrière de Biggles s’échelonne sur près de quarante ans et les romans qui lui ont été consacrés ont été publiés en France, pour la plus grande part aux Presses de la Cité, mais également dans la collection Spirale des éditions G.P., aux éditions Arthaud, puis chez Lefrancq et Ananké, sans oublier les adaptations en bandes dessinées. Il eut même droit à une série télévisée en 44 épisodes de 30 minutes au début des années 1960.

Et comme bien des romans d’aventures destinés au jeune public, ces ouvrages n’ont pas pris une ride car ancrés dans une période qui permet de découvrir l’aviation et son évolution. D’autant que les histoires en elles-mêmes tenaient, j’allais écrire la route, tenaient en haleine. Des histoires simples mais vivantes, prenantes, qui donnaient envie de continuer l’exploration littéraire aéronautique.

 

Captain E.W. JOHNS : Biggles et le Masque noir (Biggles and The Black Mask – 1964. Pas de nom de traducteur). Illustrations de Michel Jouin. Collection Spirale N°126. Editions Société Nouvelle des éditions G.P. Parution juin 1967. 188 pages.

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