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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 04:55

Hommage à Alain Paris, décédé le 19 janvier 2019.

Alain PARIS : Svastika et Seigneur des Runes. Le Monde de la Terre Creuse 1 & 2.

Ce n’est que tout récemment que la nouvelle de la disparition d’Alain Paris a été diffusée sur les réseaux sociaux. Aussi, quelques romans seront présentés dans les prochains jours en hommage à ce grand romancier de l’Imaginaire.

Un romancier qui meurt, c’est une comme une nécrose en littérature, et ses successeurs apporteront leurs pierres à l’édifice, mais il existera toujours un manque.

 

En l'an 799 du Reich, Arno von Hagen semble avoir son avenir tracé droit devant lui. Son père Ulrich est l'un des conseillers du Protektorat d'Ukraine; sa fiancée, Irène von Largo, est la fille du Reichsprotector d'Ukraine et en ce qui concerne sa vie matérielle, il n'y a rien à craindre de ce côté.

Quant aux loisirs et occupations principales, son temps se partage entre la chasse aux ours et aux loups, ainsi qu'à son éducation. Pour compagnie, il possède Orso, un esclave qui lui est tout dévoué. Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes mais...

Oui, il y a un Mais. Asbod, la maîtresse d'Ulrich son père, tente de coucher avec lui et de l'initier aux joies de l'amour. Arno ne l'entend pas de cette oreille et juge déshonorante et même infamante l'action de copuler avec sa belle-mère. Frustrée et vexée Asbod décide de se venger et sa vengeance sera terrible.

 

Mais ne dévoilons pas trop l'histoire et le suspense offert au lecteur n'en sera que plus attrayant.

Alain Paris propose une histoire uchronique mêlée de fantastique et d'Heroïc-Fantasy. Uchronique par l'extrapolation envisagée par Alain Paris dans le cas où l'Allemagne aurait gagné la Seconde Guerre Mondiale, un Allemagne qui couvrant pratiquement toute l'Europe serait revenue à une civilisation quasi médiévale. Seuls quelques empires se partagent la Terre qui, version officielle, serait une sphère creuse dans laquelle vivrait l'humanité. Je sais que cela prête à rire, mais souvenez-vous de Galilée et sa théorie selon laquelle la Terre serait une boule alors que pour tous notre vieille planète n'était qu'une espèce d'assiette.

Alain PARIS : Svastika et Seigneur des Runes. Le Monde de la Terre Creuse 1 & 2.

Alors suivons dans Seigneur des Runes la suite des tribulations d'Arno von Hagen qui de jeune seigneur presque béni des dieux deviendra esclave et qui par force de sa volonté, par son courage redeviendra un guerrier et peut-être, qui sait, un haut personnage. L'empire germanique, s'il est dirigé par un empereur, normal me direz-vous, est en fait tenu en laisse par la Sainte-Vehme, qui correspond à l'Inquisition espagnole, tandis qu'une autre organisation, plus ou moins secrète et occulte elle aussi et composée d'astrologues, essaie de tirer les ficelles en coulisses, contrecarrant les projets, les agissements de la Sainte-Vehme.

Svastika, suivi de Seigneur des runes (Fleuve Noir) composent le début du cycle dit du Monde de la Terre creuse, cycle qui comporte dix titres. Grâce à une écriture flamboyante, épique, adressant des clins d'yeux à certaines époques de notre histoire, ces histoires m'ont réconcilié avec Alain Paris, lequel m'avait quelque peu déçu lors de sa précédente incursion dans la SF avec Soldat Chien 2.

Alain PARIS : Svastika et Seigneur des Runes. Le Monde de la Terre Creuse 1 & 2. Anticipation N°1629. Juin 1988 et Anticipation N°1635. Juillet 1988. Edition Fleuve Noir.

ISBN : 2-265-03849-0 et 2-265-03861-X

Réédition L'ivres-Book. Version numérique.

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 05:55

Peut-être est-ce un poète ?

Max-André DAZERGUES : Le Bossu est dans la Lune.

Comme bien souvent, la mer est démontée dans les parages de l’île d’Ouessant, et nul ne sait quand elle sera remontée comme le signalait Raymond Devos.

A bord de l’Armoric, le capitaine Canaille (déformation de son véritable nom de Kharnouailles mais un surnom qui n’est pas usurpé) presse ses matelots de mettre un canot à la mer. Yves Plougarel, marin de confiance, doit conduire jusqu’à une petite crique un passager qui a payé largement la traversée depuis l’Irlande. Il s’agit du Bossu, alias Martial Lucas, un insaisissable malfaiteur.

L’esquif brave les éléments et le Bossu est débarqué sur le continent, au pied des falaises à l’Anse des Farfadets. Tandis qu’Yves Plougarel attend tranquillement que son passager revienne, le Bossu grimpe l’escarpement rocheux, presqu’abrupt, puis se dirige vers une maisonnette isolée et perdue dans la nature.

Il est attendu par le professeur Foxa, un alias en référence au docteur Ox de Jules Verne, qui doit lui remettre des plans. Le savant travaille également sur l’énergie nucléaire et la bombe atomique, mais ce sont bien des documents secrets sur une fusée interplanétaire que le Bossu achète pour le compte d’une tierce personne.

Deux hommes sur la falaise surveillent les horizons, cachés derrière des rochers. Ils remarquent le bateau stationné, puis le débarquement de la chaloupe et la montée du Bossu. Marco, l’un des deux hommes, descend le raidillon, surprend Yves Plougarel qui attend le retour du Bossu et il l’assomme. Puis il rejoint son compère Andy et les deux hommes se dirigent vers la maisonnette du docteur Foxa. Ils croisent le Bossu qui ne les voit pas et redescend vers l’Anse des Farfadets, puis ils s’introduisent chez le savant et l’embarquent à bord d’un véhicule. Ils déclarent qu’une certaine madame Hetlinger, malade, le réclame à Rennes.

 

Peu avant, à Paris au siège de la Police Judiciaire, une jeune fille prolongée, Mlle Berges, fait tout un foin. Elle désire parler à l’inspecteur Courtois, qu’elle connait bien pour l’avoir eu comme locataire quelques temps auparavant. Elle désire signaler la disparition de sa nouvelle locataire, une certaine madame Hetlinger, qui n’a pas donné de ses nouvelles depuis quatre jours. Elle applique la consigne que cette dame avait donnée. Le commissaire Guerlandes, amusé, assiste à cet entretien. Et c’est ainsi que les deux policiers se rendent à Rennes à la recherche de cette fameuse dame.

 

Roman policier et roman d’espionnage, Le Bossu est dans la lune est la septième aventure de Martial Lucas alias le Bossu narrée dans cette collection Le Verrou.

Un roman qui ne manque pas de péripéties, de rebondissements en tous genres, avec des personnages qui se croisent, ne se voient pas, s’ignorent presque, qui ne se connaissent pas, et qui agissent pour des raisons personnelles, distinctives, interférant par la bande. Un roman qui pourrait être la somme de deux histoires qui se rejoignent via le personnage du Bossu, individu bien connu des services de police et plus particulièrement du commissaire Guerlandes et de l’inspecteur Courtois.

A mon avis, ce n’est pas le meilleur de Max-André Dazergues, mais c’est toutefois un roman plaisant à lire, qui permet de passer le temps agréablement, ce qui était bien le but des publications populaires.

 

Max-André DAZERGUES : Le Bossu est dans la Lune. Collection Le Verrou N°66. Editions Ferenczi. Parution 2e trimestre 1953. 96 pages.

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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 05:13

Y’ a-t-il un psy dans la salle ?

Patrice DUVIC : Autant en emporte le divan.

Derniers détectives privés, Doullens et Resquita, tirent le diable par la queue. Ils possèdent la machine à explorer le temps de Wells, un engin qui les aide dans leurs enquêtes, peu nombreuses, et déclenche des catastrophes.

Liza Verdegris, cliente argentée et vamp dont le dégoût des hommes est dû à un traumatisme infantile, demande au duo d’enquêter sur son passé. Elle aimerait connaître ce qu'il s’est passé lorsqu’elle n’avait que huit ans, en 2007.

Resquita enquête et apprend que leur cliente a perdu à quelques jours d’intervalle ses parents dans un accident d’avion, sa meilleure amie, étranglée par sa poupée, puis son confesseur dans une explosion de gaz. Elle rencontre Carolyne, ex-condisciple de Liza, conservatrice d’un musée et spécialiste des métiers en voie de disparition. Elle croise Liza lorsque celle-ci se rend chez son oncle qui habite dans le même immeuble mais ils n’ont gardé aucun contact.

Doullens est informé que leur cliente est internée dans une clinique psychiatrique qu’elle a regagnée après avoir fugué. Selon le directeur, elle a sur la conscience la mort de quelques psychanalystes qui la soignaient. Les autres sont décédés soit dans des accidents, soit par suicide.

L’archiviste du musée fournit la liste des psychanalystes ayant pu côtoyer Liza. Resquita se fait tabasser par des voyous qui lui demandent de stopper ses recherches tandis que l’un d’eux filme l’agression. Le dernier psychanalyste figurant sur la liste est assassiné et Carolyne s’est emparée de ses archives. Resquita découvre le cadavre de la conservatrice tuée par le revolver qu’il a eu l’imprudence de confier au robot flic de l’immeuble. Il parvient à s’enfuir.

Oscar, le tueur et petit ami de Carolyne, avoue que l’agression n’était qu’une mise en scène imaginée par la conservatrice et qu’elle exerçait une sorte de chantage. En triturant le programme du robot flic, les détectives se rendent compte que celui-ci était aux ordres de l’oncle de Liza. Liza avait été spoliée par son parent qui avait tué tous les protagonistes susceptibles de détenir la vérité sur son traumatisme.

Doullens remonte le temps.

 

Complètement loufoque, ce roman de Patrice Duvic joue sur le côté burlesque en pastichant personnages et situations. Les dialogues sont vifs et savoureux. La face humoristique met en valeur le problème de la robotisation à outrance tout en gardant la fascination de la science-fiction. Ce qui est démontré dans l’épilogue apocalyptique.

Mais l’on retiendra le couple d’enquêteurs dont la complémentarité rejoint celle de Laurel et Hardy, de Bertha Cool et Donald Lam (deux personnages de romans créés par A.A. Fair plus connu sous le nom d’Erle Stanley Gardner) et de bien d’autres créés par des auteurs qui ne se prennent pas au sérieux tout en restant raisonnables et crédibles dans le délire, et même inquiétants dans leurs extrapolations de visionnaires.

Patrice Duvic (1946 - 2007) fut surtout un excellent directeur de collection dont principalement la collection Terreur aux éditions Pocket, mais il fut aussi un anthologiste avisé, deux fonctions qui ont relégué dans l’ombre sa peu prolifique carrière d’écrivain.

Patrice DUVIC : Autant en emporte le divan. Collection Anticipation N° 1997. Edition Fleuve Noir. Novembre 1996. 224 pages.

ISBN : 2-265-06160-3

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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 05:57

Y’a un truc !

Paul FEVAL Fils : L’escamoteur de femmes.

Trois enlèvements de jeunes filles se produisent quasiment simultanément en trois endroits différents et les journaux relatent abondamment cette affaire qui met en transe bon nombre de personnages.

En premier, il s’agit de la disparition mystérieuse d’Yvonne de Pergartin, fille du comte et député résidant à La Chapelle-sur-Erdre en Loire-Inférieure, ancienne appellation de la Loire-Atlantique. Alors qu’elle s’apprêtait à se marier avec le vicomte Gérard de Sousgarde, elle regarde son fiancé et s’évanouit. Le jeune homme prend précipitamment la jeune fille dans ses bras et l’emporte dans sa chambre. La porte est enfoncée et personne dans la pièce. Disparue Yvonne ! Le vicomte est retrouvé un peu plus tard évanoui dans une autre pièce. Et des relents de chloroforme se dégagent.

En Italie, c’est une jeune nonne, Carlotta Borgerelli fille d’un puissant industriel, qui devait prendre le voile qui disparait dans des conditions tout aussi mystérieuses dans la chapelle où devait se dérouler la cérémonie. A Londres selon le même principe et dans des conditions similaires, Maud Samseton, la fille d’un riche banquier, est enlevée.

Trois affaires qui ont toutefois quelques points communs dont la presse se fait l’écho. Lors de l’enlèvement d’Yvonne, une auto noire a été vue dans les parages, en Italie un avion peint de la même couleur et en Angleterre, un navire quittant les eaux de Brighton. Trois moyens de transports différents mais tous de couleur noire. Et les trois jeunes filles vont voyager ensemble mais séparément, c’est-à-dire qu’elles seront confinées chacune dans une cabine, pour être emmenées dans une bâtisse bien gardée sur une île de l’Océan Atlantique.

Mais cette affaire ne s’arrête pas là car le coffre-fort du notaire de la famille de Pergatin a été cambriolé. Les policiers locaux préfèrent passer la main à la Police Judiciaire parisienne et deux inspecteurs sont dépêchés à la Chapelle-sur-Erdre pour mener leur enquête.

Et à l’Agence L’œil à Tout, les événements sont suivis attentivement par le patron de l’agence de détectives, Bernard Curville. Cette officine privée possède de nombreuses agences de par le monde. Tout en classant des dossiers, aidé par sa secrétaire la belle Violette Dreux, il écoute les messages diffusés sur un petit poste TSF, messages dont la teneur est relative à des hirondelles convoyées par mer et arrivées dans une île. Surnommé l’Homme à la pince, d’après une affiche publicitaire vantant les mérites de Curville à qui aucun secret ne résiste, le détective est satisfait.

 

Changement de décor et d’époque. Vingt ans auparavant, à Paris.

De Pergartin, Borgerelli et Samseton étaient étudiants à Paris et surtout ils étaient amis. Dans leur sillage ils traînaient Yves de Trévenec, lui aussi étudiant. Ils étaient surnommés les Mousquetaires, Trévenec endossant quelque peu le rôle de d’Artagnan. Invités par de Pergartin chez son oncle le comte de Buittieux, un riche nobliau de province, ils se rendaient parfois à La Chapelle-sur-Erdre. Trévenec fit la connaissance de Solange la fille du comte et les deux jeunes gens étaient liés par un sentiment amoureux. Mais le comte refusa l’idée de ce mariage et exigea des fiançailles officielles avec de Pergartin. Seulement Solange fut enlevée dans des conditions mystérieuses deux jours plus tard le comte était mortellement blessé avec un couteau. Avant de décéder il eut le temps de léguer sa fortune à de Pergartin. Yves de Trévénec fut accusé du crime et Solange informée des événements dans sa retraite refit son apparition, se mariant alors avec son cousin. De Trévenec fut appréhendé et envoyé au bagne en Guyane malgré ses dénégations.

C’est en substance ce que narre le procureur général Gouchard au ministre de l’Intérieur. Cette affaire s’était déroulée en 1912, dont il fut chargé de l’instruction. Comme elle refait surface, il demande qu’exceptionnellement, sa fonction de procureur lui soit retirée et qu’il soit nommé juge d’instruction pour instruire cette nouvelle affaire d’enlèvements des filles des anciens amis. Des amis qui d’ailleurs ne se parlent plus, s’ignorent même depuis l’assassinat du comte vingt ans auparavant.

Déporté au bagne, à Cayenne, Yves de Trévedec n’est pas un forçat comme les autres. Affable, prêt à rendre service, discipliné, il sait se faire aimer aussi bien de ses codétenus que des matons et même du directeur de l’établissement. Grâce à ses notions de médecine il sauve même la fille de monsieur Bouvet et celui-ci, en reconnaissance l’aide à s’évader. Et c’est ainsi qu’Yves de Trévedec découvre un placer dans la jungle et peu à peu il construit sa fortune.

Aidé par des amis dévoués, il devient Joao Marco, riche Portugais et il fréquente assidument ou échange des informations avec notamment Curville, le détective surnommé L’homme à la pince.

 

On ne peut s’empêcher en lisant ce roman de penser aux feuilletonistes célèbres que furent Alexandre Dumas, Michel Zévaco, Paul d’Ivoi, et bien d’autres, par cette fougue qui anime l’auteur, son imagination, ses délires et son côté fantasque, par une légère approche de la fiction scientifique avec des inventions qui plus tard deviendront réalités.

Naturellement, le personnage d’Yves de Trévenec possède un lien évident de parenté littéraire avec Edmond Dantès, le fameux comte de Monte-Cristo, mais pas que. La vengeance qui l’anime, cette richesse qu’il se constitue, ce retour sous une identité d’emprunt forment le socle de cette intrigue. Et comme dans tout bon roman d’aventures, se greffe une histoire d’amour, le petit plus savoureux qui offre une pause dans toutes ces péripéties débridées. Sans oublier l’humour qui se révèle par-ci par-là afin de dédramatiser certaines situations.

Roman d’aventures, roman policier, roman de frissons et d’angoisse, de suspense, L’escamoteur de femmes est tout cela à la fois, et de nos jours on pourrait le classer dans le genre Frileur (ou Thriller pour les puristes anglophones) même si certains osent déclarer qu’ils ne lisent jamais ce genre d’ouvrages. A croire qu’ils ne connaissent pas la signification exacte de Thriller dont au cinéma le plus célèbre représentant est bien évidemment Alfred Hitchcock.

 

 

Paul FEVAL Fils : L’escamoteur de femmes. Roman posthume. Collection Les Grands Romans. Editions Albin Michel. Parution 8 décembre 1941. 192 pages.

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 05:10

Quand on s'promène au bord de l'eau
Comme tout est beau
Quel renouveau…

Nadine MONFILS : Le silence des canaux. Les enquêtes du commissaire Léon tome 4.

Pour une fois qu’il peut prendre des vacances, le commissaire Léon ne va pas se priver. Et tant pis si sa mère, la possessive et encombrante Ginette, n’est pas satisfaite. Elle n’est pas invitée au voyage en péniche sur le canal de l’Ourcq tandis que Babelutte, son chien, va lui tenir compagnie.

Mais même les promenades sur un canal calme en apparence peuvent réserver des surprises. Et cette balade aquatique ne sera pas de tout repos pour le commissaire Léon qui sera forcé de travailler malgré lui et d’embaucher ses adjoints. Toutefois cela ne l’empêchera pas de continuer ses tribulations.

Au départ, tout va bien. Le commissaire Léon se repose les oreilles, n’entend plus les récriminations et les jérémiades maternelles. Parti de Paris à bord du Bateau d’Emile, le commissaire Léon bifurque à Sevran, muni des papiers nécessaires et de la clé adéquate qui permet d’ouvrir les écluses sans pour autant écluser.

Ne voilà-t-il pas que ce ballot de Babelutte balance sa bottine en caoutchouc, son jouet préféré, à la baille, et le commissaire n’écoutant que son bon cœur et son courage se dépêche d’essayer de la récupérer. Il remonte à l’aide d’une gaffe par la même occasion une touffe d’algue de couleur rougeâtre. Ce sont des cheveux appartenant à une jeune fille rousse qui ne pourra plus se plaindre de son indéfrisable fichu car elle est morte. Et si son visage n’exprime aucun mécontentement, c’est parce que justement elle n’a plus de visage.

Le néo-batelier en informe sa mère et ses adjoints, Bornéo et Pinchon qui se dépêchent de se rendre sur place. C’est l’émoi au café chez Jeannot, le bar attitré du commissaire, les consommateurs habituels lisant les informations, dans leur canard préféré, concernant ce repêchage exceptionnel. Les langues parlent, déjà déliées par les boissons ingurgitées. Et ils auront d’autres trouvailles à se mettre sous les yeux et à commenter car d’autres sans visages mais pas sans dents seront découverts comme s’il s’agissait d’une course aux trésors pour le commissaire qui commence à se dire qu’il fait le plein de cadavres.

Le commissaire Léon va trouver également une gamine, un ancien condisciple de bahut, et sa femme, et faire la connaissance d’autres personnages de plus ou moins bonne fréquentation.

 

Alors sans m’esclaffer, ni hoqueter, comme déclare l’avoir fait Gérard Collard le libraire à la coiffure pseudo tintinesque, j’ai souvent souri en lisant ces tribulations nautiques.

De très nombreux personnages atypiques évoluent dans cette intrigue rose et noire, mais le plus émouvant est bien cette petite Aurélie. La gamine qui vit chez sa grand-mère dans une cabane, pas au fond du jardin mais du bois, est mutique. Elle implore souvent sa mère décédée et quand elle parle, c’est celle-ci qui s’exprime par la bouche de la petite fille.

Entre délire et émotion, Nadine Monfils joue avec le lecteur, dans une intrigue débridée. Je suppose qu’elle s’est autant amusée à écrire cette nouvelle aventure du commissaire Léon, que le lecteur prend plaisir à la lire. D’ailleurs, outre quelques références cinématographiques, elle invite quelques-uns de ses confrères à participer, les intégrant avec subtilité. Notamment un certain Thierry et un certain Mouloud, que les lecteurs avertis ne manqueront pas de reconnaître.

 

 

L’imagination est une carte postale que l’on s’envoie à soi-même.

 

Première édition : Editions Vauvenargue. Parution 11 mai 2000. 246 pages.

Première édition : Editions Vauvenargue. Parution 11 mai 2000. 246 pages.

Réédition : Editions Belfond. Couplé avec Il neige en enfer. Parution 8 novembre 2012. 504 pages.

Réédition : Editions Belfond. Couplé avec Il neige en enfer. Parution 8 novembre 2012. 504 pages.

Nadine MONFILS : Le silence des canaux. Les enquêtes du commissaire Léon tome 4. Editions Pocket N°16245. Parution octobre 2016. 256 pages.

ISBN : 9782266256483

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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 05:05

La romance d’Eros ou du héros ?

Frédérique TRIGODET : Romanceros.

Trois nouvelles, trois tranches de vie, trois histoires simples qui démontrent que souvent en peu de lignes, on peut écrire des textes émouvants sans se perdre dans de longues circonvolutions.

Et Frédérique Trigodet prouve, à ceux qui du haut de leur suffisance déclarent qu’ils n’aiment pas tel genre et que d’ailleurs ils n’en lisent jamais, que les romances peuvent procurer du plaisir littéraire. Et même se montrer plus subtiles que des textes édités par des maisons d’éditions placées sur le haut du pavé.

Et lorsque j’ajouterai que ces trois nouvelles ont eu l’heur de paraître dans un hebdomadaire féminin, Nous Deux en l’occurrence, ces mêmes chroniqueurs devraient réviser leur jugement négatif et s’intéresser à un pan de la littérature au lieu de la dédaigner sans la connaître. Des préjugés qui ne devraient pas être de mise et qui démontrent une intolérance inacceptable.

Mais et si nous abordions le vif du sujet ?

 

Dans Cœur perdu dans les dunes, nous faisons la connaissance d’une quinquagénaire qui est victime de troubles de surmenage, d’épuisement professionnel (Burn-out, en français). Le boulot d’abord, car elle a hérité des dossiers en instance depuis quelques mois à cause d’une collègue absente. Et puis avec Alex, son mari, ce n’était plus ça et il s’est installé dans un petit chez lui, en attendant la vente de leur maison. Une accumulation de petits faits qui lui sont tombés dessus, et la fatigue s’est installée entraînant le dégoût de tout.

Alors elle a décidé de changer d’air et de passer un certain temps dans un mobil-home au bord de la mer. Elle sort tous les jours aspirant avec volupté l’air du large, et lit beaucoup. Le gérant du camping, un jeune homme, assez bavard, et sa femme ne sont pas débordés en ce mois de novembre. Sophie est invitée à une petite soirée regroupant les quelques personnes qui résident au camping, une façon comme une autre de s’intégrer dans la petite communauté. Et c’est ainsi qu’elle remarque un homme seul, Erik. Ils vont se revoir…

 

Marin, dit Marin des montagnes, devait tenir un gîte rural. Un projet qui tombe à l’eau car depuis que Samantha, sa compagne, est partie avec un berger, il n’a plus envie de recevoir des touristes. Alors il procède aux annulations, le cœur gros. Et il s’occupe comme il peut, coupant du bois, en prévision de l’hiver prochain, son esprit obnubilé par Sam. Une femme dans sa vie, cela ne s’efface pas d’un coup de gomme. Un jour, une jeune femme se présente. Elle n’a pas reçu le courrier dénonçant la location. Ce n’est pas de la mauvaise volonté, c’était son ami qui avait procédé aux démarches. Mais il l’a quittée et elle a tenu à se rendre quand même sur les lieux où ils devaient passer leurs vacances.

 

Découvrir sur sa boîte aux lettres un petit bout de papier sur lequel est inscrit en petites lettres : Vous êtes la femme de ma vie ! n’est pas sans intriguer Anaïs, une jeune fille habitant dans un studio d’un immeuble lyonnais. Elle n’est pas chômeuse mais en recherche d’emploi, et donc elle ne roule pas sur l’or. Heureusement, sa logeuse est une amie de sa grand-mère, ce qui déjà est un avantage, de plus elle s’entend bien avec Ginette. Donc elle lui en fait part. Mais elles ont beau recenser les autres locataires de l’immeuble, elles ne voient pas qui pourrait s’amuser à déclarer sa flamme à Anaïs. Les petits mots doux se collent sur des Post-it d’amour.

 

Trois nouvelles, qui si elles sont publiées dans la collection Culissime restent chastes, ou alors légèrement sensuelles. D’ailleurs elles sont cataloguées Romance rose, premier degré sur l’échelle des valeurs de cette collection. Ce qui pour moi est nettement plus intéressant que de lire des textes trop évocateurs, pour ne pas dire suintant de liquide séminal, préférant être acteur plutôt que voyeur.

Frédérique Trigodet s’attache à ses personnages, comme si elle les connaissait intimement, et par contrecoup le lecteur aussi. Il est happé par ces textes agréables, à l’écriture soignée, dans des atmosphères parfois insolites mais pourtant si proches de l’aspiration de bien des personnes recherchant le calme ou la tranquillité ou vivant dans un immeuble qui n’est pas l’HLM de Renaud. Et le lecteur peut prolonger ces nouvelles selon sa sensibilité et sa logique particulière.

Un moment de plaisir et de détente qui pourtant emprunte à la vie ordinaire, quotidienne de tout un chacun. Et la démonstration que se montrer hautain envers des textes publiés dans des magazines dits féminins n’est pas de mise, alors que souvent on y trouve des textes prometteurs, dus à des auteurs tout autant talentueux.

 

Sommaire :

Cœurs perdus dans les dunes. Publié dans Nous Deux N°3775 du 5 novembre 2019 sous le titre : Rencontre sans paroles.

Marin des montagnes. Publié dans Nous Deux N°3656 du 25 juillet 2017 sous le titre : Un exil volontaire.

Post-it d’amour. Publié dans Nous Deux N°3739 du 26 février 2019 sous le titre : Petits messages d’amour.

Frédérique TRIGODET : Romanceros. Trois nouvelles numériques. Collection Culissime. Editions SKA. Parution 1er février 2020. 34 pages. 2,99€.

ISBN : 9791023407990

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6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 05:56

Le cheval, la plus belle conquête de l’Homme ? Parfois ce serait plutôt le contraire…

Henry V. LAROM : Un poney des Rocheuses

Pour la première fois de sa courte existence, le jeune Andy Marvin passe des vacances dans la ferme de son oncle dans le Wyoming, et plus précisément dans les Montagnes Rocheuses. Il profite du grand air et de la nature. Et surtout, si ses travaux l’accaparent, cela ne lui pose aucun problème car il s’occupe des chevaux, et plus particulièrement du poney qui lui a été attribué, la petite Snippy.

Un jour qu’il revient du village, il aperçoit un homme maltraitant un magnifique alezan. L’animal est jeune, pas encore dressé, et se rebiffe. Au lieu d’user de douceur et de fermeté, l’homme nommé Garland lui assène des coups de cravache, tire sur le mors, et l’animal apeuré a la bouche ensanglantée.

N’écoutant que son courage et son amour des chevaux, Andy s’interpose et propose d’acheter l’alezan. Les négociations sont âpres mais Andy parvient à ses fins, au prix de quarante dollars. Et l’oncle Wes n’est guère satisfait, ayant un vieux contentieux avec le nommé Garland.

Un bronco, c’est-à-dire un alezan qui n’a jamais été sellé, ne se monte pas si facilement, surtout lorsqu’il a subi des sévices. Alors Andy ne parviendra à se tenir dessus et à le diriger qu’au bout de nombreuses heures de dressage, et de patience, entouré et encouragé par son oncle et la fille adoptive de celui-ci, la pétulante Sally, véritable garçon manqué de dix-huit ans.

Des chevaux se sont échappés d’un corral voisin et une prime est offerte à qui les retrouvera. Naturellement Andy se propose de participer aux recherches bien juché sur Sunny, son alezan presque docile, et il s’enfonce dans les Rocheuses. S’il parvient à les retrouver et les ramener, ce sera tout bénéfice pour lui, ainsi que pour Sally qui l’accompagne et l’aide.

Mais d’autres amateurs sont sur les rangs dont Garland et une bande de Dudes, des petits voyous venus de la ville et qui ne lésinent pas sur les coups de feu le cas échéant. Et les dangers se dressent sur la route d’Andy qui ne s’arrête pas en si bon chemin. Car des vols de chevaux sont signalés et Andy accompagne son oncle Wes qui a confiance en lui. Heureusement car la pluie, la tempête, le froid, la neige plus les bandits qui s’invitent dans cette chasse, sans oublier les blessures occasionnées à cause des voleurs de chevaux et des éléments naturels perturbent leurs recherches.

Andy peut compter sur Sunny et il parvient à prévenir le shérif grâce à un téléphone de campagne installé dans une baraque réservée aux garde-chasses qui eux aussi viennent à la rescousse.

 

Un roman dont le Wyoming sert de décor naturel et dont les chevaux, dont la petite Snippy et l’ombrageux Sunny, sont parties prenantes parmi les hommes se pourchassant.

Un roman réaliste pour jeunes et moins jeunes lecteurs, et qui décrit la nature et la vie quotidienne des éleveurs de chevaux au milieu du XXe siècle en cet état rural. Un roman que l’on pourrait cataloguer comme un épisode du Far-West mais sans les Indiens.

Il n’y a pas de temps morts dans cette aventure d’un jeune citadin qui découvre la campagne et s’y trouve à son aise. Un roman d’aventures plaisant qui est également un reportage et un documentaire sur la vie des ruraux aux USA.

Henry V. LAROM : Un poney des Rocheuses

Henry V. LAROM : Un poney des Rocheuses (Mountain Pony – A story of the Wyoming Rockies. 1946. Traduction de Charlotte et Marie-Louise Pressoir). Illustrations de Jean Reschofsky. Collection Bibliothèque Verte. Editions Hachette. Parution 1952.

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 05:48

Cicatrices m’étaient contées… et comptées !

François-Bernard TREMBLAY : Sutures.

Pour parodier un célèbre présentateur des informations à la télévision, qui aurait pu être surnommé Gai-Luron, Montréal a peur !

Enfin presque, parce que la psychose ne s’est pas déclarée, les journalistes n’étant pas encore au courant des faits qui viennent de se dérouler.

Une jeune femme qui émerge d’un étourdissement prolongé est allongée dans une ruelle. Elle ne reconnait pas les lieux et pourtant elle essaie de se déplacer. Elle souffre et personne n’est là pour l’aider. Enfin elle reconnait qu’elle est dans un passage situé juste derrière son immeuble. Elle parvient chez elle, non sans peine, et en se déshabillant elle se rend compte qu’elle a une énorme cicatrice sous le sein. Elle est transportée à l’hôpital. Un lobe de poumon a été prélevé.

Un SDF est lui aussi récupéré dans un quartier déshérité et emmené à l’hôpital, les toubibs ne peuvent que constater que lui aussi porteur d’une cicatrice. Comme si on lui avait oté un rein.

Nick Jarvis et sa coéquipière, et maîtresse occasionnelle, Julie Montpetit, sont chargés de cette enquête pour le moins inhabituelle. S’ils peuvent interroger la jeune femme, Maggie Lemieux, le SDF lui s’échappe de l’établissement sans pouvoir expliquer ce qui lui est arrivé. Maggie elle, et c’est le mieux qu’elle peut faire, s’est rendue compte qu’elle a été absente de chez elle, et dans les vaps, durant quatre jours.

Nick Jarvis demande à l’un de ses indics, un nommé La Fouine, de retrouvé le SDF enfui. Mais la découverte d’un cadavre, dans une partie boisée, et portant le même genre de cicatrice, les amène à se demander si une légende urbaine ne serait pas devenue réalité.

En effet quelques années auparavant, un certain docteur Frankenstein sévissait dans Montréal selon quelques sources. Et devant cette accumulation de faits tangibles, il se pourrait qu’effectivement un chirurgien-transplanteur se dissimule derrière ces amputations.

Alors il leur faut recenser les noms de tous les hôpitaux et cliniques, des praticiens susceptibles d’être en capacité de réaliser de telles opérations, relever à l’étranger des cas similaires, s’accrocher au moindre détail, à la moindre information. Comme ce bout de papier comportant un numéro de téléphone trouvé près du cadavre inconnu.

 

Et il se pourrait que d’autres personnes soient susceptibles de passer sous le bistouri de ce (ou ces) chirurgien-transplanteur. Nick Jarvis et Julie Montpetit sont sur le pied de guerre de même que quelques-uns de leurs collègues et attention à ne pas déraper dans les flaques de sang.

François-Bernard Tremblay aborde un sujet sociétal et médical avec sensibilité et pudeur. Alors que certains de ses confrères se seraient complus à décrire en long, en large et en travers, les interventions chirurgicales, il s’attache aux victimes et aux différents personnages qui gravitent dans cette intrigue parfaitement élaborée.

Des personnages, dont L’Exterminateur, s’installent dans ce roman et au début on ne sait pas quel rôle exact ils jouent. Peu à peu cela se décante, leur implication se trouve plus définie jusqu’à ce que l’enquête aboutisse, non sans mal.

Le thème de la greffe humaine n’est pas un sujet récurrent dans la littérature noire et policière. Et l’on découvre tout un pan de cette pratique souvent placée sous silence. Un peu moins maintenant en France que chaque individu est potentiellement un donneur. Mais ce n’est pas le cas partout. Et il existe des trafics d’organes prélevés volontairement, avec une rétribution parfois conséquente, mais aussi prélevés disons de force et les sujets choisis ne s’en relèvent pas toujours.

Un véritable marché parallèle dont peu de gens ont conscience, car la réglementation varie d’un pays à un autre. D’ailleurs le lien ci-dessous saura mieux éclairer le lecteur que je ne pourrais le faire :

Un sujet sensible traité avec humanisme par François-Bernard Tremblay, professeur de littérature au Québec, dont c’est le premier roman policier, mais pas sa première publication.

Pour en savoir un peu plus sur cet auteur :

François-Bernard TREMBLAY : Sutures. Une aventure de Nick Jarvis. Editions de Mortagne. Parution 23 décembre 2019. 342 pages. 18,00€.

ISBN : 978-2896628902

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4 février 2020 2 04 /02 /février /2020 05:47

Qu’il se dépêche, ils sont en train de fondre !

Serge BRUSSOLO : Le voleur d’icebergs.

Pilote et unique membre d’équipage de son vaisseau spatial, Daniel Sangford ramène sur Terre, en guise de frêt, des tonnes de minerai énergétique, mais également pour son compte personnel, en fraude en quelque sorte, des gemmes qui pourraient bien être des pierres précieuses.

En fait de pierres précieuses, ce sont des œufs qui, grâce à l’humidité ambiante, ont muté et sont devenus de bizarres monstres préhistoriques, genre ptérodactyles et autres réjouissances.

Daniel Sangford est obligé d’atterrir en catastrophe sur la plus proche planète. Celle-ci est recouverte de glace. Aucun être humain, aucun signe de vie.

Seule la carcasse d’un autre vaisseau spatial et les cadavres de ses membres d’équipage.

Au cours de ses recherches, Dan pense avoir déniché un trésor. Mais comme tout trésor, celui-ci n’est-il pas porteur d’une terrible malédiction ?

 

Que dire de ce roman ? Que c’est du Brussolo. Addictif et irritant à la fois. Avec certaines répétitions, des erreurs de non-relecture (Daniel devient à un certain moment David), des idées pas toujours bien exploitées.

Comme si Serge Brussolo, pressé par le temps, c’est vrai que les glaçons fondent vite, et peut-être par son éditeur, n’avait pas eu le temps d’exprimer tout le potentiel de son intrigue et qu’il lui fallait le nombre de pages imposées par le cahier des charges.

Mais à ne pas négliger pour tout collectionneur des romans de Brussolo en particulier et des ouvrages de la collection Anticipation en général. Mais peut-être a-t-il repris ce thème dans un autre de ses romans et en a-t-il tiré une intrigue nouvelle et plus aboutie. Ce ne serait pas la première fois, tant certains de ses livres donnent l’impression de déjà lus.

Serge BRUSSOLO : Le voleur d’icebergs. Collection Anticipation N°1615. Editions Fleuve Noir. Parution mars 1988. 192 pages.

ISBN : 2-265-03797-4  

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 05:25

En espérant qu’ils ne vont pas importuner les oreilles sensibles des néo-ruraux !

Maurice PERISSET : Les Tambours du Vendredi Saint.

Tous les Vendredis Saints, à Vars-les-Thermes, petite station thermale du Vivarais, une troupe d’amateurs joue la Passion du Christ et organise une procession qui mène de l’église au calvaire.

Le commissaire Jardet et son fils Raphaël, accompagnent la tante Alberte. Tandis que Raphaël filme la procession, Jardet est intrigué par l’interprète du rôle de la Vierge, Marie Burzet, qui semble apeurée avant de s’écrouler, mortellement atteinte par une arme à feu. Elle est la cinquième victime en quatre ans, aussi Jardet — dont on a pu suivre quelques-unes des aventures, notamment dans Le banc des veuves et Pieds et poings liés — ne peut s’empêcher, avec Raphaël, de s’immiscer dans cette affaire et le commandant de gendarmerie n’y voit aucune objection. Coïncidence, toutes les victimes faisaient plus ou moins partie de la troupe de théâtre amateur.

Raphaël assiste aux répétitions d’une pièce due à un jeune auteur local, Christophe. Marie devait tenir un petit rôle et il faut songer à la remplacer. Mais les trois prétendantes au rôle reçoivent des lettres de menaces. Jardet enquête auprès des proches, des parents, des amis des précédentes victimes et ressent des réticences dans chacun des entretiens. L’une des victimes, Valérie, a été retrouvée étranglée au fond d’un puits. Alain, en voulant éviter un camion, n’a pas survécu à un accident de moto, son engin ayant été saboté. Caroline est morte noyée, meurtre déguisé en suicide quand elle a échappé à la secte dont elle faisait partie.

Au cours d’un concert en plein air, le commissaire est alerté par un étrange manège entre Christophe et Irène Lacoste, la mère de Caroline à qui un inconnu vole son sac à main. Jardet continue ses investigations officieuses chez Karsen, un riche olibrius chez qui a été découverte la quatrième victime, un adolescent mort, apparemment, d’hydrocution, qui n’a pu être identifié. Karsen lui aussi a reçu des messages d’intimidation. Le sac d’Irène est retrouvé et Jardet s’intéresse à son contenu, un petit carnet noir appartenant à Alain sur lequel figurent notamment les adresses des parents des victimes. En compulsant les programmes subtilisés par Raphaël dans les archives du théâtre, Jardet apprend que l’avant-dernière pièce programmée, mais non jouée, était signée Cyrille de Vilars qui voulait absolument que son protégé, Sébastien le noyé, joue le rôle principal, ce qui n’arrangeait pas les affaires de Christophe, selon les propres dires du metteur en scène-auteur local.

Dans un garage que louait Marie, Jardet et les gendarmes mettent la main sur une vieille machine à écrire, des bristols vierges, similaires aux lettres de menaces, des lettres écrites par Valérie à Alain et des dossiers, des coupures de presse relatant les crimes ainsi que la robe jaune que portait Caroline lors de sa fuite de la secte. Puis, Raphaël surprend dans les coulisses du théâtre une conversation édifiante entre de Vilars et Christophe, de laquelle il ressort que Sébastien se serait noyé accidentellement. Il aperçoit également une silhouette féminine cachant un objet : un revolver qui pourrait être l’arme du crime ayant servi à supprimer Marie.

 

Partant d’une mise en scène peu commune, cette procession religieuse sous forme de chemin de croix, Maurice Périsset nous invite à nous plonger dans le cœur et l’âme d’une petite ville et à démêler le vrai du faux.

Ou plutôt à faire la part du dit, pas toujours explicite, du non-dit qui recèle dans ses silences ou ses sous-entendus, plus de messages que d’explications laborieuses.

Chacun des protagonistes se retranche derrière un mur de silence, de fausse pudeur, comme les commères qui ferment leurs fenêtres et ne peuvent s’empêcher de regarder à travers les interstices des lames de bois de leurs volets.

Maurice PERISSET : Les Tambours du Vendredi Saint. Collection Dossiers du Quai des Orfèvres. Editions du Rocher. Parution 13 juin 1991. 250 pages.

ISBN : 978-2268011691

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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