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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 07:30

 Une façon comme une autre pour ne pas être reconnu !

  voyageur-copie-1.jpg

 

 

Le personnage principal de ce roman, ce n’est ni le photographe professionnel et tueur mégalomane qui sème ses cadavres comme le Petit Poucet ses cailloux, ni son frère, psychiatre spécialisé, ni la jeune biographe devenue biographe contre sa volonté, ni même l’inspectrice de police, jeune femme personnellement impliquée dans ce drame puisque l’une des victimes est sa propre nièce. Non, le personnage principal, c’est la Mort.

Comme le précise d’ailleurs le criminel à celle qu’il a choisie comme biographe : Le problème c’est que la mort a un attrait certain pour moi. J’aime plus ce qui s’achève que ce qui commence.

Mais la mort est partout présente, obsessionnelle, implacable, et fait partie du décor, comme une compagne fidèle des acteurs de ce drame. Mercedes Barren, par exemple, qui a perdu son mari, alors qu’elle était jeune mariée. Une mort qui lui avait donné rendez-vous au Viêt-Nam. La mort qui lui avait déjà ravi son père au détour d’une route. Ann Hampton, qui est entrainée à son corps défendant dans cette histoire a assisté toute jeune à la mort accidentelle de son frère, provoquée par la rupture de la glace recouvrant un lac gelé.

Les deux frères, le tueur et le psychiatre, ont aussi côtoyé la mort dans leur jeunesse, mort qui a entrainé leur père adoptif au fond d’un lac. C’est donc la mort qui domine ce roman, mais une mort violente, une mort toujours provoquée et non passive.

Mercedes Barren, inspecteur de police à Miami ne s’est jamais remariée et sa vie est entièrement consacrée à son métier. Ses seuls élans de tendresse et d’amitiés sont dirigés envers Sasan, sa nièce. Une nuit elle est réveillée par son patron à la Criminelle qui lui annonce par téléphone le meurtre de Susan. Un meurtre accompagné de viol. De toutes ses forces elle se jette dans la bataille. Lorsque l’assassin est arrêté et condamné, elle pense que sa vengeance est accomplie. Pourtant elle n’est pas satisfaite, un geste insignifiant, un regard du meurtrier lui font supposer que l’homme arrêté n’est peut-être pas le coupable. Les présomptions s’accumulent mais aucune preuve tangible ne vient les confirmer. Aussi, cette nouvelle enquête, elle la prend à son compte.

Ce sujet a déjà été abordé et traité de nombreuses fois dans la littérature policière. Le représentant de police qui se marginalise et recherche malgré tout un hypothétique meurtrier, n’est pas le premier à être mis en scène. Donc cette histoire pourrait n’être qu’une pâle copie de ce quia déjà maintes et maintes fois écrit et décrit. Et pourtant non, car John Katzenbach aborde, appréhende cette course poursuite d’une façon personnelle, privilégiant la psychologie et la description morale des personnages, employant le système des nombreux retours en arrière, sur leur enfance, afin d’expliquer leurs faits et gestes. Expliquer et non excuser.

Un roman dense, fort, extrêmement poignant, surtout dans son épilogue.

 

A ne pas confondre avec le titre éponyme de Paul-Jacques Bonzon publié en 1973 dans la Bibliothèque Verte. 

 

John KATZENBACH : Le voyageur sans visage. (The Traveller – 1987 ; traduction Philippe Rouard. réédition de Presses de la Cité – 1988) Editions Presses Pocket Noir. Mai 1990. 416 pages.

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 15:46

La question qui tue : Un policier doit-il se préoccuper de son collègue qui vient de déguster un pruneau mais ne le digère pas, ou doit-il poursuivre l’agresseur qui détale ?

 

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Une semaine que la migraine assiège le crâne de Stanislas Montclair, plus familièrement appelé Stan. Une semaine à se trainer de la chambre au salon, à regarder la télé en fond sonore sans vraiment voir les images, à essayer de lire, ne répondant pas au téléphone ou si peu. Il est seul, sa femme Suzanne étant absente, son travail de commerciale pour une marque de cosmétique l’obligeant à sa déplacer souvent et assez longtemps. Ils sont mariés depuis trois ans mais leur union bat de l’aile. Enfin, le soir du 1er avril, le mal de crâne s’efface comme les nuages chassés par le vent, laissant un ciel bleu uniforme. La secrétaire de son patron l’informe qu’il doit se déplacer le surlendemain à Paris pour régler une affaire à Paris. Le lendemain, il vaque, reprenant ses habitudes, buvant peut-être un peu trop, et décide de sortir la nuit tombée. Il aperçoit deux braqueurs essayant de forcer la portière d’une voiture et les interpelle. Ceux-ci prennent de haut son intervention mais Stan se déchaine et les tabasse. Le lendemain matin, dans le train qui le mène d’Amiens à Paris, un voyageur s’installe près de lui et il jette un coup d’œil au journal du passager. Une manchette attire son regard : Deux hommes retrouvés noyés dans la Somme. Il a tué deux hommes la veille au soir et il ne s’en souvenait pas ! Mais il sait que maintenant des policiers sont à ses trousses.

A peu près au même moment où Stan était assailli pas sa crise migraineuse, Yvan Danvers est arrêté chez lui en banlieue sud de Paris. Il a une gueule de bois carabinée et sur le sol de son salon une femme gît, une flaque rouge autour de la tête. Il est arraisonné par Costume Gris qui l’emmène dans une unité de détention. Il reprend brusquement ses esprits tandis que Stan, son forfait accompli, sombre dans un sommeil profond. Yvan est interné.

Le docteur Provick est spécialiste en comportement. Il étudie et définit l’origine de certaines maladies, la schizophrénie et la paranoïa entre autres. Il travaille dans une unité privée, en coordination avec son confrère le docteur Vanutti, grâce à des fonds alloués par un organisme privé lui laissant tous pouvoirs. Alors qu’il compulse le dossier d’un patient, il est appelé au téléphone par Damien Nivale, un jeune flic de vingt-neuf ans, qui travaille à l’ancienne, comme son père lui-même policier tué lors d’une arrestation mouvementée. Nivale souhaite que Provick parle avec Yvan Danvers, mais lui parle seulement. Danvers est un tueur, un assassin sans remords, recherché depuis deux ans et qui vient enfin d’être arrêté.

Le commandant Simon Corda, alias Costume gris, observe Yvan Danvers à travers une glace sans tain. Il assiste à son réveil puis l’interroge. Danvers a mal à la tête et ne se souvient de rien. Il ne connait que son nom. Mais dans son crâne une petite voix lui parle, lui ordonne de se rendre en certains endroits. Un peu plus tard, Danvers est comme sous l’influence d’un démon intérieur. Il parvient à s’évader, laissant quelques morts sur place mais n’omettant pas de s’emparer de l’arme à feu d’un des gardiens. Il se rend à Paris, se dirigeant là où la petite voix lui demande de se rendre. Après un nouveau meurtre dans le métro, un imbécile qui se croyait tout permis en fumant sur le quai, Danvers s’installe à la terrasse d’un café et comme s’ils s’étaient donnés rendez-vous, Yvan Danvers et Stan se retrouvent face à face.

Damien Nivale ne décolère pas. Il est détaché auprès de Simon Corda, le responsable d’une unité en marge des services habituels de la police. Corda qui était le collègue, l’équipier de son père et qui avait laissé mourir celui-ci en prenant Stan en chasse deux ans auparavant. Yvan qui avait tiré sur son père, lequel était décédé alors que si Corda était resté près de lui, appelant les secours et lui prodiguant les premiers soins, Damien ne serait pas devenu orphelin. Stan est lui aussi activement recherché car ses empreintes digitales ont été retrouvées sur une photo retrouvée dans la voiture fracturée. Et Corda est aussi anxieux par cette découverte que par la fuite d’Yvan.

Une course poursuite effrénée s’engage entre les deux meurtriers, qui n’en sont pas à leur coup d’essai, et les policiers, Corda en tête assisté de Daguet, ancien militaire et d’autres hommes choisis sur le volet, et Nivale qui n’oublie pas ce les événements antérieurs.

Peu à peu on entre dans cette histoire comme dans un banc de brouillard qui peu à peu s’effiloche. Tout prend forme et l’on remonte le passé, les méfaits de Stan et Yvan, le parcours chaotique qui les a amené à fréquenter les docteurs Vanutti et Provick, le rôle joué par ces deux spécialistes de la psychanalyste et des maladies mentales, ces savants qui essaient de nouvelles thérapies. D’Amiens aux environs de Laon, en passant par Paris et la banlieue parisienne, on suit ce parcours chaotique et semé de cadavres, dans une ambiance angoissante, proche du thriller façon Hitchcock, pour sombrer peu à peu dans le cauchemar.

Les réminiscences sont nombreuses, apportant des éclairages sur certaines actions, motivations et pensées, mais ne se dévoilent que par fragments extirpés parfois comme des images fulgurantes. Quatre hommes plus quelques comparses qui évoluent comme dans une hallucination provoquée par un jeu malsain de manipulations.

Johann Moulin écrit peu, mais ses romans sont travaillés, l’intrigue est fouillée de même que ses personnages. Mais il ne les jette pas en pâture dès les premières pages. Il faut avancer, sortir de l’ombre peu à peu pour que tout s’éclaire à la plus grande satisfaction du lecteur, qui repensera longtemps à tous ces protagonistes plus ou moins perdus dans les limbes d’une fracture mentale. Sauf peut-être Damien Nivale qui veut devenir écrivain et possède au moins un sujet en or dans l’accomplissement de toutes ces péripéties.

Le lecteur retrouvera dans ce roman le personnage du docteur Provick, qui figure dans  L’Irlandais de Brighton, paru en 2010 dans la même collection.


Johann MOULIN : Mémoires funestes. Collections Polar en nord n°129. Editions Ravet-Anceau. 256 pages. 11€.

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 06:54

Météore ... de danger ?

 

meteore01.jpg  

Journaliste photographe Marc Lucciani met la dernière main à son reportage en Russie dans sa chambre d’hôtel qui donne sur le Kremlin. Il a accumulé des photos, rédige les textes, le tout devant paraître dans Libé. Descendu se désaltérer au bar il y retrouve un de ses collègues, un américain, Oscar Selznick de l’agence Reuter, et fait la connaissance de Frank Matheson du magazine Newsweek. Matheson leur propose de se rendre en Sibérie.

Un satellite de la NASA a enregistré en Sibérie un impact de chaleur puis un incendie consécutif à la chute d’un météore cinq mois auparavant. Une expédition américano-japonaise partie de Vladivostok et conduite par le professeur Brodsky, n’a plus donné de nouvelles. L’expédition des trois hommes s’avère plus compliquée qu’ils pensaient.

Le froid, la neige, les éléments naturels entravent leur périple. Des militaires russes chargés de la sécurité s’emparent de leurs appareils photos. Mais ces tracas ne sont rien comparés à ce qui les attends sur place. Le village de Vitubsk a été entièrement détruit par les flammes. Un effacement de la carte réalisé à l’aide de lance-flammes. Non loin un camp a été construit, gardé par des hommes en armes, juchés sur des miradors ou filtrant les entrées. Une base secrète dans laquelle les trois compagnons vont réussir à entrer dans le camp, pour découvrir l’horreur.

 

Le Météore de Sibérie est un roman d’anticipation, certes, mais c’est surtout un roman actuel car Jean-Pierre Andrevon nous plonge au cœur d’une histoire qui, si elle n’est pas réelle, n’est peut-être pas non plus entièrement fausse.

Le mythe du savant fou n’existe pas d’aujourd’hui, mais l’on sait que les retombées de Tchernobyl ont eu plus de conséquences sur la population que les autorités ont bien voulu l’admettre. De là à imaginer que cette fiction soit plausible, il n’y a qu’un pas que l’on peut franchir aisément.

Comme pour mieux enfoncer le clou, l’auteur dérive entre deux genres, anticipation mais également espionnage. Et si un jour nous apprenons que, au fin fond de la Sibérie, ou d’une autre région semi désertique et difficile d’accès, des scientifiques ou des explorateurs ont découvert une base secrète contenant cette sorte de dérive, nous ne devrions pas être surpris. L’imagination d’un romancier n’a pas de limites, celle des savants non plus.


Voir le site de  Rivière blanche  


Jean-Pierre Andrevon : Le météore de Sibérie. Préface de Stéphane Pons. Collection Blanche N°2006. Editions Rivière Blanche. 176 pages. 16€.


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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 14:47

Une info émanant de notre correspondant exclusif au Québec :


Voici le communiqué de presse officiel, annonçant les récipiendaires des Prix Tenebris 2013, lors de la tenue de la 2e édition des Printemps meurtriers de Knowlton. 

À titre de coordonnateur des Prix Tenebris et comme membre du jury, je suis très fier de notre choix et je félicite les cinq auteurs finalistes ainsi que Chrystine Brouillet ! La qualité des romans publiés en 2012 a été exceptionnelle, ce qui a rendu notre tâche fort difficile. 

Comme blogueur ayant comme préoccupation la défense de la littérature québécoise, je suis très heureux de mentionner combien j'ai été charmé par la grande majorité des polars publiés ici, au Québec. Nous pouvons être fiers de notre littérature.  

Bonne lecture !

Knowlton, 19 mai 2013 — Et les prix sont décernés à...

 

 

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"Mapuche" , de l'écrivain Caryl Férey (Gallimard, Coll. Série noire) remporte le Tenebris 2013 — Meilleur roman, littérature policière de langue française, distribué au Québec.

Le jury était composé de Richard Migneault, créateur du blogue Polar, noir et blanc, de l'auteure Claire Cooke, et de la comédienne et présidente du jury, Louise Laparé.

 

Rappelons que les autres romans en lice pour le titre étaient:

"La Vérité sur l'affaire Harry Québert"de Joël Dicker (Éditions de Fallois)

"Newton. La science du complot" de Matthew Farnsworth (Québec Amérique)

"La Vie comme avec toi" de Geneviève Lefebvre (Libre Expression, Coll. Expression Noire)

"Je me souviens" de Martin Michaud (Goélette)

 

"La Chasse est ouverte" de Chrystine Brouillet (La Courte échelle) s'est mérité le Tenebris 2013 — Meilleur vendeur québécois, devançant "Le passager" de Patrick Sénécal (Alire) et "Je me souviens" de Martin Michaud (Goélette).

Le prix est attribué à partir du palmarès fourni par le système d'information et d'analyse Gaspard de la Banque de titres de langue française (BTLF).

Les romans primés ont été dévoilés lors de la cérémonie de clôture de la deuxième édition du festival international de littérature policière, Les Printemps meurtriers de Knowlton.

 

Vous pouvez retrouver ma chronique concernant Mapuche ici

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 07:32

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Le livre physique c’est-à-dire composé de feuilles de papier reliées et protégées par une couverture cartonnée ou brochée va-t-il être détrôné par le livre numérique mis de force dans un petit boitier nommé tablette où il est à l’étroit en compagnie d’autres ouvrages ? Une question primordiale pour les lecteurs bibliophages comme moi qui aime regarder dans ma bibliothèque ces rangées de livres classés par auteur ou par collection ou encore par éditeurs. Il est vrai que tout cela prend de la place tandis qu’une tablette contenant une ou plusieurs centaines de textes est fort utile au voyageur désireux de ne pas s’encombrer de bagages. Et puis ce lecteur avide de nouveautés technologiques est fort marri lorsque quelqu’un lui dérobe en un tour de main des milliers de pages. Mais ces deux versions de lecture ne s’adressent en réalité qu’à ceux qui possèdent la faculté de pouvoir lire avec leurs yeux.


livre-audio-effroyables-jardins-de-michel-quint.jpgDans le temps, les personnes huppées ou aux globes oculaires défaillants avaient recours à une personne, de sexe féminin et au minois avenant de préférence, qu’ils embauchaient pour leur servir de liseuse. Mais les malvoyants ou les aveugles aujourd’hui ont-ils les moyens de rétribuer ce genre de service à domicile ? Ont-ils quelqu’un à disposition pour leur donner ce petit bonheur : lire avec les yeux d’une tierce personne. Sans oublier ceux qui sont amenés à se déplacer fréquemment à bord de leur véhicule et ne peuvent pas décemment lire un livre tout en conduisant.

Les éditions Thélème ont pensé à cette alternative de lecture en proposant des CD audio, en offrant une véritable panoplie de textes classiques ou récents, dans tous les domaines susceptibles de contenter tout un chacun. Cela va de Victor Hugo, Marcel Proust et Alexandre Dumas jusqu’à Raymond Carver, Valentin Musso, John Irving…

Mais je m’efface et leur laisse le soin de se présenter :

 

De grands auteurs lus par de grands acteurs

Les Editions Thélème proposent des textes classiques et livre-cd-audio-la-rigole-du-diable-de-syvlie-granotier.jpgcontemporains en version sonore, en audio book, lus par de grands acteurs. De Marcel Proust à Victor Hugo, de Platon à Jane Austen, le choix des audiobooks est guidé par le rayonnement que les Editions Thélème veulent donner à des auteurs, en rendant accessibles à tous les textes incontournables de la littérature.

Idée cadeau originale, pour les vacances, les longs trajets, et les après-midi de détente...

Promouvoir la lecture à voix haute, partager une intimité avec un auteur, et faire résonner les mots dans leur dimension vivante et moderne, tout cela est rendu possible par le talent de grands acteurs.

Le catalogue s'agrandit avec les auteurs contemporains qui font la rentrée littéraire : découvrez l'univers onirique de Haruki Murakami, les vies imaginaires et libres de Véronique Ovaldé, le cri de la Nouvelle-Orléans dévastée de Laurent Gaudé, et l'Amérique désabusée et grandiose de Jonathan Franzen.

La collection FRISSON s'enrichit également avec Lisa Gardner, qui a reçu le prix du policier de ELLE pour La Maison d'à côté.

Retrouvez également des textes classiques, en philosophie avec Epictète et Platon, et en littérature avec Emily Brontë ou Maupassant, lu par Bernadette Lafont, des acteurs de la Comédie-Française et du Conservatoire Supérieur National.

 

livre-lu-derniers-adieux-de-lisa-gardner-lu-par-elodie-hube.jpgLes amateurs de littérature populaire retrouveront avec plaisir quelques connaissances : Ray Bradbury ; Arthur Conan Doyle ; Frédéric Dard alais San Antonio ; Bret Easton Ellis ; James Ellroy ; Lisa Gardner ; Sylvie Granotier ; Stephen King ; Jack London ; Hectoir Malot ; Michel Quint ; Robert Louis Stevenson ; Boris Vian ; Philip K. Dick…

Des textes lus par des acteurs tels que Lorànt Deutsch, André Dussolier ; Michel Galabru, Sylvie Granotier ; Bernadette Laffont ; Michaël Lonsdale, Michel Piccoli ; Robin Renucci, Jacques Weber… pour les plus connus, et même Alain Bashung en compagnie d’autres intervenants pour Une anthologie de la Poésie du XIe au XIXe siècle.


livre-audio-de-san-antonio-t-es-beau-tu-sais-lu-par-julien-.jpgVous pouvez retrouver la liste de ces liseurs à domicile ici.

 


D’ailleurs, j’allais oublier, vous pouvez écouter un extrait afin de pouvoir vous faire une idée auditive.

J’ai essayé, on peut comme disait San Antonio, d’ailleurs vous pouvez retrouver ma chronique concernant Underworld USA de James Ellroy.


A bon entendeur, salut !

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 12:22

Avant la fin c'était le début...

Nouvel hommage à Boris Akounine né le 20 mai 1956.

 

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Dans ce recueil dédié à Conan Doyle, Patricia Highsmith, Agatha Christie et Umberto Eco, Boris Akounine ne se livre pas au jeu de la parodie ou du pastiche. Il se contente, oserais-je écrire, de placer son enquêteur fétiche Eraste Fandorine dans l’univers littéraire, l’atmosphère des romans des auteurs précités.

 

Ainsi dans la première nouvelle dédiée à Conan Doyle, La guivre des Baskakov, il nous emmène dans une région, située à une soixantaine de kilomètres de Moscou, où vit une soit disant une bête monstrueuse, la guivre appelée aussi vouivre, en réalité un anaconda ou un congénère semblable. Un drame vient de se dérouler dans le district de Pakhrinsk, au domaine des Baskakov. Anissi Tioulpanov est chargé par son supérieur Eraste Pétrovitch Fandorine d’enquêter sur la mort de la propriétaire des lieux et sur cette fameuse bête qui suscite la frayeur parmi les habitants de la région. Sophie Baskakov était malade et depuis la mort de son fils, militaire, dans un combat contre les Afghans, elle avait rédigé un testament en faveur de sa fille adoptive Barbara Ilinitchna. Celle-ci hérite donc de la demeure et de quelques arpents de terre qui ne valent rien ou presque. Ne valaient presque rien devrais-je écrire, car depuis l’annonce de la construction d’une voie ferrée, les terrains ont vu leur valeur quasiment centupler. Ce qui attise les convoitises évidemment. Mais les drames se suivent et se ressemblent, des traces d’un serpent monstrueux, à moins que le meurtrier se soit servi d’une bûche de bois pour les graver dans la terre meuble, sont présentes et Tioulpanov aura du mal à conclure son enquête. Heureusement l’aide efficace d’un vieux vagabond l’amènera à la solution.

 

Dans 0,1 pour cent nouvelle dédiée à Patricia Highsmith, le chef de la police moscovite, dans une conversation avec Fandorine, émet des doutes sur le décès naturel ou plutôt l’homicide involontaire du prince Borovski. Celui-ci aimait ingérer au cours de ses repas des noyaux d’abricots, aliment pourtant bien connu pour contenir de l’acide prussique. En général, cela ne prête guère à conséquence, mais pour une fois la dose de poison était trop conséquente et fatale. L’héritier est un panier percé et ce trépas arrive à point nommé pour lui permettre de renflouer des caisses désespérément vides. La solution et le nom du coupable, ou des coupables, nous est délivrée dans l’avant-dernier chapitre, mais Fandorine résoudra-t-il cette énigme ? Peut-être car il possède une piste dans le dernier chapitre. Mais le suspense demeure et cette nouvelle se clôt en point d’interrogation.

 

Le Five o’clock à Bristol nous entraîne dans cette cité anglaise où réside Fandorine suite à son éviction du gouvernement russe, ayant quitté en hâte son pays avant même que sa demande de démission soit acceptée. Il loge chez Miss Palmer (anagramme de miss Marple !), une vieille fille qui lui loue une chambre afin de préserver son maigre pécule. Le petit pavillon de miss Palmer est une annexe du château appartenant à la famille du vieux Lord Berkeley. En son jeune temps miss Palmer, qui n’a jamais connu ses parents, son père étant mort sous les balles à Waterloo et sa mère décédée en couche, avait été recueillie par Lord Berkeley, colonel du régiment auquel appartenait son père. Elle l’avait soigné et accompagné durant ses vieux jours, au détriment de sa vie sentimentale. Le fils aîné du lord lui avait mis à disposition à vie le bâtiment dans lequel elle réside, mais celui-ci est fort malade et les héritiers souhaitent ardemment son départ. Lorsque le vieux Lord disparait dans la nature ainsi qu’un précieux collier, Fandorine et Miss Palmer unissent leurs cellules grises et la vieille dame démontre qu’elle possède un esprit vif dont les déductions ne sont pas à négliger.

 

Enfin, dans Avant la fin du monde, dédiée à Umberto Eco, la plus longue nouvelle du recueil qui aurait pu paraître seule comme un roman, Fandorine revient sous un nom d’emprunt en Russie. Pour la première fois le gouvernement russe va procéder à un recensement de la population et Fandorine se rend dans le district de Sterjents, à mille kilomètres de la capitale, accompagné de son fidèle serviteur japonais Massa. Mais les habitants de cette région retirée interprètent cette initiative comme la fin du monde et l’avènement de l’Antéchrist. Comme toutes les décisions prisent par le gouvernement d’ailleurs. Les Vieux-Croyants comme ils sont surnommés n’acceptent ni la religion orthodoxe ni tout ce qui peut être une forme de modernisme. Et certains vont même jusqu’à se terrer dans des fosses qu’ils ont eux-mêmes creusées pour eux et leurs familles, et trépasser avec l’aval de leurs coreligionnaires, malgré le renfort de policiers appelés à faire régner le calme.

 

Quatre nouvelles donc, en forme d’hommage aux grands de la littérature policière d’énigme et de détection, de suspense et de mystère, écrit « à la manière de », dans un mimétisme littéraire indéniable, quatre univers qui vont de 1888 jusqu’en 1897 dans lesquels Boris Akounine se plonge avec délectation et brio. Et les illustrations de I Sakourov apportent ce petit plus qui en fait un livre agréable à lire, dans l’esprit des ouvrages qui paraissaient au XIXè et début du XXè siècle.


A lire du même auteur:  Léviathan.


Boris AKOUNINE : Avant la fin du monde. Dédicaces 3, Presses de la Cité. Illustrations de I. Sakourov. Traduit du russe par Luba Jurgenson. 392 pages. 19,50€.

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 08:18

Léviathan et reviens ?


Hommage à Boris Akounine né le 20 mai 1956.

 

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En ce mois de mars 1878, une véritable hécatombe est découverte au domicile parisien de Lord Littleby, un collectionneur d’objets d’art indous. Les cadavres de neuf de ses serviteurs ont été découverts à l’office tandis que celui de l’Anglais est retrouvé dans sa chambre, le crâne fracassé. L’autopsie des employés démontre que ceux-ci ont d’abord reçu une injection mortelle de morphine. Le vol semble avoir été le mobile de cette cascade de crimes puisqu’une statuette en or représentant Shiva a été dérobée ainsi qu’un châle. Peu après la statuette est retrouvée dans la Seine. Le voleur assassin aurait-il ressenti un sursaut de conscience et se serait-il débarrassé de cet objet par trop encombrant ?

C’est ce que pensent les journalistes. Le commissaire Gauche chargé de l’enquête possède un début de piste. Une sorte de broche représentant une baleine en or retrouvée près du cadavre du Lord. Il s’agit d’une breloque, emblème qu’une compagnie maritime avait donné aux heureux passagers du lancement officiel du Léviathan, dont c’est la première croisière à destination de l’Inde. Gauche en déduit que le passager qui ne serait pas en possession de ce signe de ralliement serait indubitablement le meurtrier. Il embarque et à sa grande surprise, dix passagers ne possèdent pas cet insigne, dont Eraste Fandorine, un diplomate russe qui a déjà résolu quelques affaires mais dont la renommée n’est pas parvenue aux oreilles du policier français.

Ce livre tout en possédant les ingrédients du roman d’aventure est aussi un polar en forme de huis clos, avec en prime de très nombreuses fausses pistes, faux-semblants, coups de théâtre, personnages atypiques, rebondissements, meurtres, et exotisme.

On ne peut s’empêcher de penser au roman d’Agatha Christe Le crime de l’Orient Express, mais en même temps il est différent. Un roman passionnant qui réconcilie ceux qui en avaient perdu le goût avec le whodunit. Un plaisir de lecture et un personnage à suivre, Eraste P. Fandorine. Petit reproche destiné à l’éditeur : en quatrième de couverture on peut lire une appréciation élogieuse d’un(e ?) journaliste à propos de cet ouvrage. D’accord, certains chroniqueurs peuvent recevoir les livres en priorité. Mais préciser que cet article a été publié dans “ L’Yvonne républicaine ” cela me heurte un peu. Mais nous ne sommes plus à une coquille près. 


Boris AKOUNINE : Léviathan. Collection Grands Détectives n° 3559. Editions 10/18. 320 pages. 7,50€.

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 14:27

Les pin's d'Elvis

 

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Malgré la présence de quelques édifices de renom, abritant les hauts personnages de l’Etat, tels que l’Hôtel Matignon, le Ministère de la Défense, le Palais Bourbon, le Musée d’Orsay, l’Hôtel des Invalides, l’Ecole Militaire, Mur-pour-la-Paix_610_457.JPGsans compter la vieille Dame de Fer, le 7è arrondissement parisien ne semble pas si sélect que ça. Du moins c’est ce que pense Julie, treize ans et fille du chef de cabinet du ministre de l’Intérieur. Elle est ce soir-là en compagnie de trois condisciples et ceux-ci se montrent un peu trop pressant à son goût. Ce n’est pas parce que sa copine Agathe, du même âge qu’elle et peut-être même un peu plus jeune, aurait déjà couché avec Rémy, qu’elle va en faire autant. Il va falloir rentrer, mais elle passe encore un petit moment avec Fabio, qui depuis que les autres les ont quittés, se montre moins fier-à-bras. Il tente bien de l’embrasser mais Julie est occupée à tout autre chose. Elle a aperçue au pied du Mur pour la Paix un badaud déambuler, genre touriste asiatique ayant loupé son car. Puis un autre homme s’approche de lui et elle a l’impression qu’une bagarre vient de se déclencher. Alors la langue que Fabio essaie d’infiltrer entre ses lèvres, il peut la remettre d’où elle vient et Julie se précipite vers la plate-forme du monument. Elle ne peut que constater que « son touriste » est en train d’expirer et recueille son dernier souffle, juste un mot « Augustin ». Sur sa veste, près du cœur, il porte cinq pin’s à l’effigie d’Elvis Presley.

Mona Cabriole, journaliste à un magazine d’infos sur le web, PresleyPromo1954PhotoOnly.jpgParisnews, est contactée par Alice, uns stagiaire anglaise, qui s’est fait mystérieusement étrangler sur le Champ-de-Mars (où est érigé le Mur pour la Paix, ce qui entre nous est contradictoire). Il s’agirait d’un Coréen du Sud, son passeport faisant foi. Seulement lorsque Mona arrive sur place, rapidement car elle ne se déplace qu’à bord d’un scooter, si des policiers sont effectivement présents, le cadavre s’est enfui dans la nature. Pas de scène de crime, juste quelques représentants des forces de l’ordre qui ont l’air de prendre l’air. Si elle ne voit rien de particulier, elle entend tout ou presque. Certains parlent de malaise, un autre affirme que le Chinois était mort, bref déjà des controverses dans leurs échanges, mais le plus intéressant réside dans la présence d’une jeune fille non loin. Mona s’en approche mais ne peut rien en tirer. Julie est bouche cousue malgré tout elle ne peut s’empêcher de révéler qu’elle est élève à La-Bruyère.

Une dépêche de l’AFP précise le lendemain matin qu’un touriste coréen à été hospitalisé suite à un malaise survenu au Champ de Mars puis qu’il a pu regagner son hôtel. Et les journalistes peu soucieux de la véracité des infos qui leur sont délivrées vont répercuter l’annonce, et tout cela se tassera. Ce n’est pas le genre de Mona. Le lendemain, son mystérieux informateur, qui la contacte souvent pour des révélations mais toujours de manière anonyme, d’ailleurs elle l’a dans un premier temps surnommé Gorge Profonde en référence au Watergate puis tout simplement Georges, lui fournit des détails supplémentaires avalisant le meurtre. L’homme s’appelle, enfin s’appelait Cho Dong-il. Immeuble_Lavirotte_2007.jpg

Malgré les réticences de son rédac’ chef, Mona a décidé d’enquêter et de mettre cette histoire au point. Et puis ce serait bien de faire la pige aux autres journaux, papiers ou web. Son ami Dial, un grand Noir qui aime lui faire des farces et dont l’idole est le bluesman farfelu Screamin’ Jay Hawkins, auquel il ressemble quelque peu (Mais je sors de l’histoire), son ami Dial est coursier et il a un temps livré des pizzas dans le 7è. Mona en profite pour lui demander s’il connait des fans d’Elvis Presley. Dial lui affirme qu’Elvis Presley, le King en personne, se rend régulièrement dans une pizzeria. Est-ce le véritable Elvis Presley, sensé être mort d’une crise cardiaque le 16 aout 1977 à l’âge de quarante deux ans ou un sosie qui entretient la légende ? Mona s’intéresse à cette déclaration mais quel est le rapport avec son Coréen du Sud tué sur l’esplanade du Mur pour la Paix. Une énigme qu’elle va tenter de résoudre en se rendant au domicile du sieur J.S. Aron, tient comme le deuxième prénom du King, au 29 avenue Rapp, dans l’immeuble Lavirotte, du nom de son architecte.


No 29 Avenue Rapp entrywayL’enquête se révélera plus ardue que Mona le pensait et nettement plus dangereuse aussi. Heureusement son ami Dial est toujours prêt à l’aider et la secourir. L’épilogue, peut être remanié car ce roman est une version revue et corrigée par l’auteur par rapport à sa première édition aux éditions La Tengo, roman que je n’ai pas lu lors de sa parution, s’inscrit en phase avec certains événements qui se déroulent depuis quelques semaines. Bourré d’humour et d’action, ce petit roman est réjouissant en diable, à lire en écoutant quelques titres d’Elvis Presley, les premiers surtout dont Jailhouse Rock qui est également le titre du film dont la chanson est extraite, ou pour ceux qui ont eu la chance de les visionner ses premiers films comme King Creole dont le rôle principal devait être tenu par James Dean.

Mais ce roman s’il est léger, frais, sympathique et décapant, ne manque pas de profondeur. Ainsi lorsque Mona lit le panneau municipal qui est apposé près de l’entrée, elle apprend que l’immeuble Lavirotte a reçu en 1903 le prix des façades de la Ville de Paris. Ce qui lui amène la réflexion suivante : La belle affaire, songea Mona qui trouvait que la ville de Paris se souciait beaucoup des façades et pas assez de ce qu’il y a derrière.

A un autre moment elle déclare à Dial qui se plaint de la saillie d’un collègue mal embouché : On ne peut pas plus éradiquer le racisme que la connerie.

C’est bin vrai ça ! Comme dirait ma grand-mère qui était une copine de la mère Denis.


Stéphane MICHAKA : Elvis sur Seine. Une enquête de Mona Cabriole (réédition des éditions La Tengo – 2011). Editions Pocket N° 15231.

 

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 07:22

Il était une foi !

 

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Depuis le temps cela devait lui arriver : Gabriel Lecouvreur, alias Le Poulpe est atteint d’une crise de foi. Un moment de déprime, un coup de fatigue, une averse qui le trempe et notre héros se réfugie dans une église. L’organiste lui conseille, afin de comprendre le sens de la vie, un besoin que ressent comme une obsession depuis quelque temps Gabriel, lui préconise donc d’effectuer une retraite dans un monastère. Aussitôt conseillé, aussitôt fait.

Il faut vraiment que Gabriel soit mal en point moralement car dans le train qui l’emmène dans son lieu de résidence, il se fait dévaliser par une petite vieille. L’accueil au monastère n’est pas des plus chaleureux, les moines n’ont pas mis les petits plats dans les grands, mais au moins la pitance frugale qui lui est proposée est mangeable, et sa chambre, petite et d’aspect austère, est propre et dénuée de colocataires indésirables tels que cafards, punaises et autres petites bêtes pas forcément inoffensives. Pas comme l’homme qui balance d’une fenêtre un corps avec une croix de fer fichée dans le ventre.

Un événement qui dégrise complètement Gabriel lequel venait de courser un individu dans le parc du monastère. Et tout ça parce qu’il est allé boire quelques bières à la crêperie du village afin de compenser les calories omises de son dîner. Le lendemain, le cadavre a disparu et aucun des abbés en fait écho. Ni Bernard et Antoine, deux résidents dont il a fait la connaissance la veille, et qui n’en sont pas à leur premier séjour. Il remarque que quelqu’un l’espionne à travers la fenêtre de la salle de bain. Dans une de ses poches il découvre un morceau de papier avec un N° de téléphone, celui de Natacha, la tenancière de la crêperie.

Fouinant dans le cimetière du couvent, Gabriel découvre un emplacement fraîchement remué surmonté d’une croix. Le nom de frère Dominique y est inscrit ainsi que deux dates : 1943-2008. Le lendemain un autre abbé est assassiné, poignardé selon le docteur, et les moines ne peuvent cacher l’absence de leur frère, même si les causes de sa disparition sont soigneusement éludées.

 

Cette histoire qui dure sept jours, comme la création, nous montre un Gabriel Lecouvreur mystique, ce qui pour cet anar libertaire est pour le moins insolite. Mais comme on le connaît curieux, on mettra cet état d’esprit sur le compte de l’envie de la découverte d’autre chose, d’une expérience nouvelle. D’une invitation au recueillement, à l’introspection, au renouveau de soi en participant au renouveau monachique. C’est chic.

Ce qui ne l’empêche pas, entre deux prières et une confession, encore une fois acte inhabituel chez lui, de se laisser tenter par le Diable en la personne d’une créature de sexe féminin. L’abstinence, il ne connaît pas, aussi bien en alcool qu’en relation sexuelles. Les voies du Seigneur sont paraît-il impénétrables, mais les voix il ne les entend pas ou les ignore sciemment. Un livre sain, ou saint, comme vous voulez, c’est vous qui voyez.


 Voir mon article consacré au Poulpe


Laurent MARTIN : Certains l’aiment clos. Le Poulpe N° 257. Editions Baleine. 176 pages. 8€.

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 12:56

Il y a Salamandre et Salamandre...Celle-ci n'est point un poêle en fonte qui d'ailleurs n'avait pas encore été inventé.

 

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Avant que certains auteurs de fantastique, notamment Richard Matheson, inventent la quatrième dimension, seulement trois étaient répertoriées. De même selon la philosophie naturelle, dont le postulat émis par Empédocle au 5ème siècle avant J.C., quatre éléments constituent le monde, l’Air, l’Eau, la Terre, le Feu, chaque substance présente dans l’univers étant constitué d’un ou plusieurs de ces éléments. Mais n’en existerait-il pas un cinquième ? Une hypothèse imaginée par Jean-Louis Marteil dans son roman, mais que je n’énoncerai pas tout de suite, si éventuellement je dévoile quel est cet élément.

En mai 1221, dans la petite ville de Cahors, l’usurier Bertrand de Vers, qui à l’instar des banquiers de nos jours, vit dans l’opulence, sachant gérer ses affaires sans les confier à des affairistes peu scrupuleux. Il est continuellement habillé d’un manteau noir dont les épaules sont soulignées de chevron d’or. Ce qui l’a fait surnommer par les villageois la Salamandre. Prenant exemple son commis Domenc, essaie de rogner sur les dépenses au profit de son maître, mais parfois les conséquences sont désastreuses. Ainsi alors qu’ils sont proches de leur habitation sur laquelle est appuyé un échafaudage, l’édifice s’écroule, et un ouvrier se tue en tombant. Un accident banal, mais bientôt la rumeur enfle, le vent serait le fautif. Bertrand de Vers réfute cette supposition qui se voudrait affirmation, d’ailleurs il récupère les planches à terre, enfin ce qu’il en reste. Elles sont entreposées dans la cave, et bientôt il acquiert la certitude que l’une d’elle a été sciée. L’usurier en déduit qu’il s’agit d’un sabotage.

Quelques temps plus tard, un corps est retrouvé dans l’Olt, la rivière qui traverse la cité cahorsine. Une nouvelle rumeur se propage, l’eau a tué. Le cadavre n’est autre que l’architecte qui avait installé l’échafaudage meurtrier. Bertrand de Vers ne peut s’empêcher de penser que quelqu’un lui en veut, peut-être même à sa vie. Parmi les prétendants au crime il place en haut de sa liste Mattéo Conti, banquier Lombard toujours affublé de son neveu. L’antagonisme entre les deux hommes est bien connu de la populace, malgré les efforts de Domenc de désirer un rapprochement entre les deux familles. Par exemple si Giovanni, le neveu, venait à prendre pour épouse Maurina, la fille aînée de Bertrand de Vers. Une suggestion fortement refoulée par l’usurier. Domenc, outre sa fonction de commis, est aussi l’amant de Pèirone, la jeune femme de Bertrand, mais il va bientôt tomber dans les rets tissés par Braïda, la fille cadette, une jeune délurée qui lui fait comprendre, gestes à l’appui, qu’il ne lui est pas indifférent même si elle veut préserver sa liberté et son indépendance. Quant à Bernat, le fils c’est tout simplement un benêt.


Pendant ce temps à Bordeaux, Arnaut d’Albas, l’homme de confiance de Bertrand, est chargé de surveiller le transport sur les gabarres qui font la navette entre les deux villes des barriques de vin destinées à la vente. Mais les incidents s’accumulent. D’abord un fût échappe à ceux chargés de le convoyer, des marins qui lui sont inconnus figurent parmi des hommes d’équipage, d’autres barriques ne contiennent que de l’eau au lieu de la dive boisson, enfin quelques-unes des gabarres manquent à l’appel. Il prend la décision de remonter le fleuve afin de se rendre à Cahors, mais en chemin il s’aperçoit qu’il est suivi par des hommes qui en veulent à sa vie. La terre et le feu seront-ils les autres moyens pour procéder à de nouveaux assassinats ?


Dans ce roman policier historique, qui privilégie l’intrigue s’en s’appesantir sur une description trop appuyée d’une époque, d’une cité et des événements qui s’y rapportent, nous voici ramenés quelques huit cents ans en arrière, au Moyen-âge. Il est évident que certaines figures sont évoquées, telle celle de Simon de Montfort et la répression contre les Cathares, mais cela ne pèse pas trop. L’auteur nous livre un roman à l’humour, noir souvent, subtil et les personnages qui traversent l’histoire sont décrits avec truculence, ne serait-ce que dans les surnoms évocateurs qui leur sont donnés : le gabarrier Rince-fût, le capitaine Mord-bœuf, le tavernier Tranche-tripe ou encore le routier Tape-buisson. Les dialogues sont enlevés, sans être emphatiques, dénués d’un vocabulaire emprunté au vieux français ou au régionalisme ce dont bon nombre d’auteurs s’inspirent alourdissant le récit. En espérant que Jean-Louis Marteil nous délivrera d’autres ouvrages de cette veine, celle d’Alexandre Dumas par exemple.


Jean-Louis MARTEIL : La chair de la Salamandre. Collection Blanche & Noire, éditions La Louve. 400 pages. 20€.

 

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