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18 mars 2021 4 18 /03 /mars /2021 05:07

Du cercueil en chêne au cercueil à la chaîne…

Hervé MESTRON : Maître de cérémonie.

Pour devenir croque-mort, point n’est besoin d’avoir un casier judiciaire vierge. Du moins aux yeux de monsieur Santoni qui dirige une agence de pompes funèbres. Ce qui arrange bien notre narrateur qui trouve un emploi lui permettant d’oublier son passé et d’envisager l’avenir sous d’heureux auspices.

Ziz (c’est son nom) débute comme porteur, et il faut savoir se tenir droit, marcher au pas, bien placer sa main sous la caisse, l’autre derrière le dos pour compenser le poids, bref tout un apprentissage qu’il assimile assez facilement. Il fait la connaissance de quelques collègues dont Tony, le thanatopracteur, Kevin, le maître de cérémonie, de Nadège qui s’occupe du secrétariat.

Un jour Tony est déclaré absent, sans prévenir, sans toucher à son compte bancaire. Et que peux faire monsieur Santoni sans Tony ? En embaucher un autre. Puis c’est Kevin qui se suicide en basculant de son balcon. Il est vrai que la fonction de croque-mort n’est pas toujours rose.

Alors Ziz est promu maître de cérémonie. Monsieur Santoni lui fait confiance.

Sobre dans ses discours, qui sont réaménagés pour chaque occasion, juste parfois le changement du nom de l’heureux élu destiné à finir poussière, ou cendres, Ziz prend sa nouvelle fonction avec sérieux. Presque. Parfois, il ne peut s’empêcher de s’emmêler la langue, de sourire, ce qui est inconvenant, alors il se retrouve à la porte de ce qui aurait pu être une sinécure. Des clients se sont plaints. Enfin, les membres de la famille du défunt. Il lui faut chercher un nouvel emploi.

Pas de problème, Ziz sait faire. Il s’inscrit dans un club de tir puis avec l’appoint précieux de Nadège, avec laquelle il s’entend très bien et c’est réciproque, il va même alimenter le petit commerce de monsieur Santoni. En général peu de pompes funèbres mettent la clé sous la porte, surtout lorsque d’autres débouchés sont exploités.

 

Court roman ou longue nouvelle, Maître de cérémonie joue résolument dans le registre de l’humour noir, et le lecteur ne peut s’empêcher de sourire lors de certains passages, de certaines descriptions.

Le métier de croque-mort, ou employé des pompes funèbres (chaussures noires exigées), est expliqué de l’intérieur, ce qui est très instructif et ne saura manquer de vous rassurer en cette période où il y a plus de décès que de naissances, selon toutes probabilités.

Mais c’est le traitement de cette intrigue qui déride le lecteur, et plus on avance dans l’histoire, plus on croit lire une farce. Une farce funèbre évidemment, à l’épilogue jouissif. Et comme l’auteur s’adresse la plupart du temps au lecteur, celui-ci devient complice.

 

Tu vois, avant, les filles elles essayaient plusieurs marques de machine à laver avant de se décider, maintenant elles font pareil avec les mecs, elles essaient, elles testent, elles comparent, et au bout du compte, elles s’orientent vers un choix cohérent, au-delà de l’apparence et des boutons qui clignotent.

Hervé MESTRON : Maître de cérémonie. Collection Polaroïd. Editions In8. Parution le 23 février 2021. 80 pages. 8,90€.

ISBN : 9782366241086

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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 05:22

Ce n’était pas mieux avant, puisqu’aujourd’hui c’est pareil !

Mine ORANGE : Dominique et les enfants du soir.

Fils unique de riches commerçants drapiers, Dominique est un solitaire. Il ne manque de rien, il est couvert de cadeaux, mais il aimerait que ses parents s’occupent un peu plus souvent de lui, s’intéressent à lui.

Ils sont accaparés par leur travail et le soir ils sortent au restaurant ou au spectacle. Alors il est seul, comme abandonné. Heureusement, il possède en Julot un ami. Un cheval avec lequel il aime parcourir le bois non loin de chez lui, dans les quartiers chics de la capitale.

Nichée dans les bois, à l’écart de tous promeneurs, une résidence quelque peu rococo se dresse dans un immense parc. C’est la propriété de la femme péruvienne d’un oncle de ses parents qui s’est installé au Pérou. Cela fait déjà quelques années que l’oncle Léon ne donne plus de ses nouvelles. Dominique a récupéré les clés de la villa Czozcco (ancienne appellation de Cuzco), une demeure qui recèle des trésors. Ses parents voudraient en hériter pour la démolir et construire à la place une immense résidence panoramique.

Un jour Dominique découvre dans cette luxueuse villa à l’abandon, une jeune fille de son âge réfugiée dans l’une des chambres. Sa figure est marbrée et elle a faim. Celle qui se surnomme la Reine d’Aubervilliers mais qui répond également au nom de Moucheronne, s’est enfuie de chez une vieille femme qui la battait. Elle aimerait bien que Dominique retrouve son frère, Aubervilliers-John, qui est devenu un voyou.

Dominique lui apporte quelques vivres puis, comme le soir il est seul, il décide de partir à la recherche d’Aubervilliers-John aux Halles. Les premiers contacts sont rugueux, mais lorsqu’il apprend que Dominique s’occupe de sa sœur, le jeune voyou devient plus conciliant. Malgré tout il traîne une mauvaise réputation dans ce quartier surnommé le Ventre de Paris.

 

Dominique se fait un ami en la personne de Félix que les autres collégiens délaissent, à cause de sa couleur de peau : c’est un Noir. Mais si les préjugés sont tenaces, Félix démontrera qu’il vaut nettement mieux moralement que leurs condisciples.

Et c’est ainsi que Dominique, parfois accompagné de Félix, sillonnera le quartier des Halles, recueillant un vieux chien, Roitoutou, faisant la connaissance d’un joueur d’orgue de Barbarie, qui coïncidence se prénomme Léon comme son grand-oncle. A la demande de Moucheronne il logera des gamins des rues, des orphelins qui traînaillent à gauche et à droite, rejetés par tous. La villa Czozcco est transformée en refuge où s’épanouissent des enfants de toutes nationalités, et qui s’amusent avec les trésors confinés dans la demeure. Des singes et des perroquets empaillés, un théâtre de marionnettes…

Mais cela ne peut continuer ainsi car malgré toute la bonne volonté affichée par Dominique, Félix et Léon Brindezinc, il va falloir trouver une solution pour expliquer ce qui constitue un squat. Et surtout continuer à assurer leur subsistance.

 

Pétri de bonnes intentions, Dominique et les enfants du soir, navigue entre mièvrerie, mais à l’époque de la lecture (il y a plus de soixante ans) cela ne m’avait pas marqué, et une leçon d’altruisme. Ce roman dénonce également le racisme, car Félix est fils de roi africain, mais surtout d’un commerçant, roi du chocolat. Dédaigné à cause sa couleur de peau, il est ensuite considéré comme un enfant tout à fait remarquable par les parents de Dominique lorsqu’ils apprennent la condition sociale et financière de son jeune ami et de ses parents. Quant à Dominique il est considéré comme l’égal de l’Abbé Pierre, en recueillant des traumatisés de la rue.

Ce roman nous permet également de nous remémorer quelque peu l’ambiance des Halles, principalement le quartier des bouchers, et de ces restaurants fréquentés par ceux qui étaient surnommés à juste titre les Forts des Halles, et par les bourgeois venus déguster les plats mais qui étaient servis à l’étage. Une forme de discrimination.

A part les Halles qui n’existent plus, l’intrigue de ce roman pourrait se dérouler de nos jours. Outre les enfants laissés à l’abandon dans la rue, on peut également signaler l’appât du gain avec la démolition envisagée d’un domaine remarquable pour construire à la place des immeubles de prestige.

Mine ORANGE : Dominique et les enfants du soir. Collection Idéal-Bibliothèque N°146. Editions Hachette. Parution 1er trimestre 1958. 192 pages.

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16 mars 2021 2 16 /03 /mars /2021 04:48

Dans la jungle, terrible jungle…

Jack CANNON : La nuit de la jungle.

Ancien agent de la CIA en retraite Engels est découvert assassiné. L'Agence et le BOSSY, groupe d'élite du N.Y. City Police Department représenté par Hauptmann, prennent en charge l'enquête, au grand dam de Ryker.

Il en héritera toutefois lorsque la femme d'Engels, théoriquement protégée par des gardes du corps dans une chambre d'hôtel, connaîtra le sort de son époux. Puis Hauptmann sera découvert, dépecé et torturé sur le toit d'un immeuble où il devait tenir une conférence. Sa femme et l'un de ses enfants sont également abattus.

Jorgenson, qui appartient à la CIA, fournit à Ryker ainsi qu'à son coéquipier Lentini et à Lindly, inspecteur et rare ami de Ryker, des informations. Selon lui le meurtrier serait un nommé Morgan qui aurait été à la solde de l'Agence à la fin de la guerre du Vietnam et aurait à son actif bon nombre de cadavres de Viets sur la conscience, touchant une prime pour chaque dépouille.

Ryker décèle dans la confession de Jorgenson des mensonges ou des omissions. Il pense que Morgan, soi-disant lépreux, est à ses trousses aussi il se réfugie chez les parents de son ex-femme, des Allemands qu'il accuse de nazisme. Ceux-ci possèdent dans leur ferme un arsenal impressionnant. Une nuit ils entendent du bruit. Le lendemain les chiens sont retrouvés morts.

Lentini décède en voulant utiliser la voiture piégée et Lindly est blessé. Ryker regagne New-York. Un nouvel équipier, Crowley, lui est dévolu. Il tend un piège à Morgan en compagnie de Jorgenson dans une localité de Long Island. Les deux hommes se retrouvent seuls en pleine nuit et Jorgenson avoue le reste de l'histoire Morgan.

 

Cette cinquième aventure de Ryker diffère des précédentes en cela que le tueur ne présente pas le même profil, et surtout parce que la CIA est impliquée aussi bien dans cette affaire que dans des exactions commises lors de la guerre du Vietnam.

Un récit qui repose sur le mensonge, les faux-fuyants, les illusions, et au cours duquel Ryker, et le lecteur, a du mal à cerner la vérité. Le doute subsiste dans les esprits quant à l'identité réelle de Jorgenson.

Bizarrement, le copyright est de 1975 alors que l'action se passe au début des années 1980.

Sous le pseudonyme de Jack Cannon se cache Nelson de Mille, auteur américain qui a également signé sous les pseudonymes de Kurt Ladner et Brad Matthews.

Jack CANNON : La nuit de la jungle. (Night of the phoenix – 1975. Traduction de Jean-Louis Touchaut). Série Ryker N°5. Collection Supercops N°24. Editions Fleuve Noir. Parution 25 mars 1998. 220 pages.

ISBN : 978-2265049932

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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 05:14

Le nouveau sujet du Bac ?

Ellery QUEEN : Les quatre côtés du triangle

A la fin des années 1980, de nombreux inédits d’Ellery Queen furent publiés aux Editions J’Ai Lu, alors placées sous la houlette de Jacques Sadoul.

Mais la plupart du temps ce furent des apocryphes, des romans édités sous le label Ellery Queen mais dont le nom des véritables auteurs était masqué. Exemple Sherlock Holmes contre Jack l’Eventreur qui a été rédigé par Paul W. Fairman.

Ces romans n’étaient pas égaux dans la forme et le fond, dans le style et l’écriture, même s’il est toujours difficile de comparer lors de traductions. Les Quatre côtés du triangle possède un petit air de pastiche puisque nous retrouvons le détective, au nom éponyme de son auteur supposé, immobilisé à l’hôpital, dans le rôle d’un Armchair-détective, c’est-à-dire d’un détective qui résout les énigmes sans se déplacer sur le terrain, et dont le plus célèbre représentant reste le héros de Rex Stout, l’Homme aux orchidées alias Nero Wolfe.

On retrouve dans ce roman tout ce qui a fait le charme des précédents romans, cette rigueur de l’intrigue, ce sérieux dans la construction, la résolution de l’énigme par une espèce de jeu de piste. Cette fois, c’est un anagramme qui conduit à la solution, le retournement de situation, tout ce qui a permis à Ellery Queen de régner pendant cinquante ans sur le roman policier sans que les textes aient pris une ride.

 

La famille McKell est richissime de père en fils. Une tradition que le fils bafoue allègrement puisqu’il veut devenir écrivain et ne désire pas succéder à la tête de l’entreprise, de l’empire même, familial.

Lutétia, la mère très puritaine, confie à Dane que son père pourrait avoir des relations extraconjugales. Dane enquête… et s’éprend de Sheila, celle qui serait la petite amie de son père. Cruel dilemme ! Jusqu’au jour où Dane ne peut supporter cette situation et cette tension.

 

Excellent roman signé Ellery Queen, mais qui est l’œuvre d’Avram Davidson, connu en France pour quelques romans de science-fiction et surtout pour ses nouvelles éparpillées dans des revues et magazines dont Mystère Magazine, Le Saint détective magazine, Fiction, Choc et Choc Suspense.

Ellery QUEEN : Les quatre côtés du triangle (The fourth side of the triangle – 1965. Traduction de Laure Terilli). Collection J’Ai Lu policier N°2276. Editions J’Ai Lu. Parution le 29 octobre 1987. 256 pages.

ISBN : 9782277222767

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13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 04:46

Mais on a le droit de le dévoiler ?

Gilles VIDAL : L’art de la fuite est un secret.

Abandonnant sa toile inachevée sur le chevalet (cheval laid ?), Victor, le narrateur, quitté précipitamment son logis parisien et rejoint la gare la plus proche en emportant quelques affaires de rechange dans un sac.

Il se sent traqué (par qui, par quoi, cela ne nous importe pas, c’est la suite qui compte) et prend un billet pour le premier train en partance. Il s’installe dans un wagon et est bientôt rejoint par quelques voyageurs dont une jeune femme.

S’ennuyant, il sort son calepin à esquisses, et croque (tiens, il commence à avoir faim !) la jeune voyageuse. Arrivés à destination, la voyageuse, Agnès de son prénom (nous ne sommes pas encore familiarisés avec elle, mais en l’appelant par son prénom, cela évite les répétitions) demande d’un ton impératif à Victor de lui montrer ses dessins.

Elle est favorablement impressionnée et elle aimerait qu’il lui fasse découvrir sa production. Ne l’aurait-il pas sous forme de clichés dans son téléphone portable ? Comme tous les artistes, il doit être fier de présenter ses œuvres ! Hélas, non. Il a ôté la carte de son portable afin de ne pas être repéré.

Tant pis. Elle l’emmène chez sa grand-mère qui accueille favorablement ce nouvel amoureux. Démenti immédiat d’Agnès, mais ce n’est pas grave. Victor est nettement mieux que Gabriel, le précédent compagnon d’Agnès, qui n’était pas un ange. D’ailleurs Agnès elle aussi est en fuite, désirant échapper à cet individu patibulaire (mais presque) et vindicatif.

Comme il possède son permis de conduire (et doit surtout de se bien conduire), Agnès lui propose d’emprunter le véhicule de sa mamie et de se réfugier dans une vieille demeure appartenant à une grand-tante décédée dans la campagne (non, elle n’est pas décédée dans la campagne, quoi que, c’est la demeure qui est sise dans la nature). Il existe des problèmes d’héritage, n’entrons pas dans les détails, mais laissons nous aller sur de petits chemins qui ne sentent pas forcément la noisette.

Sur place, Victor découvre une résidence quelque peu décrépite mais calme. C’est un bon point, d’autant qu’il pourra s’installer dans une pièce qui semble avoir accueilli quelqu’un qui maîtrisait la peinture (Des palettes en font foi. Des palettes d’artiste-peintre, est-il bon de le préciser !).

Seulement un individu s’invite dans ce petit coin prévu pour le recueillement, et cela dégénère. Un tableau figuratif sous forme de nature morte ?

 

Dans ce court roman, nous entrons de plain-pied dans une intrigue dont on ignore le début, mais cela ne nuit en rien à l’histoire.

Lorsqu’on fuit, il faut se dépêcher. Est-ce pour ça que les chapitres sont inexistants, comme si lecteur devait suivre Victor, le narrateur, et Agnès dans leur périple et surtout ne pas les perdre de vue ?

La peinture tient une grande place dans ce texte, mais ce n’est pas étonnant, sachant que Gilles Vidal est lui-même artiste-peintre. Des tableaux sombres, dans lesquels le noir prédomine, avec des coulures d’un brun rougeâtre, comme des dégoulinures de sang. D’ailleurs, la couverture est là pour en témoigner.

La poésie n’est pas absente non plus car Gilles Vidal n’oublie pas qu’il sacrifie pour son plaisir à cette forme littéraire qui subsiste, bon an mal an, malgré la défection du lectorat.

Cette histoire de fuite en avant (je sais, fuite en arrière serait plutôt impropre), une balade menée rapidement sur les routes, les protagonistes se déplaçant comme s’ils avaient le diable à leurs trousses (ce qui est peut-être vrai) est appelée en général Road-story par les snobinards qui préfèrent se réfugier dans des anglicismes de mauvais aloi. Mais ce n’est en aucun cas, un road-movie comme imprimé en quatrième de couverture, puisque ce terme s’applique aux films. Petite remarque en passant, mais à lire des expressions anglo-saxonnes dans des romans français (dans leur présentation) ainsi que dans les médias, me hérisse toujours un peu le poil.

Nonobstant, ce roman minimaliste est mené sur les chapeaux de roues et démontre que point n’est besoin de s’éterniser dans une intrigue pendant cinq cents kilomètres, pardon cinq cents pages. Trop de délayage fait perdre sa force au propos.

Gilles VIDAL : L’art de la fuite est un secret. Editions La Déviation. Parution le 4 mars 2021. 120 pages. 12,00.

ISBN : 979-1096373369

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11 mars 2021 4 11 /03 /mars /2021 05:17

Que je t’haine, que je t’haine, que je t’haine…

Johnny Halliday.

Maurice PERISSET : Les noces de haine.

Dans le monde du spectacle, au cinéma ou au théâtre, le mensonge est roi. Et pas seulement sur scène.

Il sévit également en coulisses, se cachant derrière les sourires de façade, des amours intéressées, des faux-fuyants, des faux-semblants, des rancœurs, des jalousies professionnelles ou sentimentales.

Le couple formé par Caroline Maxence-Labray, directrice avisée du théâtre Visconti, et Stéphane, son second mari, relégué dans un vague rôle de secrétaire, se lézarde et pas obligatoirement à cause de leurs dix-huit ans d’écart.

Un secret les relie, les attache l’un à l’autre, devenant de jour en jour plus pesant, tel un joug dont chacun d’entre eux voudrait bien se débarrasser. Et pour que ce secret ne s’ébruite pas, afin d’éviter un éventuel scandale toujours préjudiciable dans la vie professionnelle, la seule solution envisageable réside dans la séparation qui ne peut s’effectuer que par la mort de l’un des deux protagonistes.

Caroline, qui ne vit que pour et par son théâtre, décide de supprimer, ou plutôt de faire supprimer son mari, lorsque l’occasion se présente sous la forme d’un jeune comédien. Un jeune pris sur le fait lors d’une indélicatesse et qu’elle pense pouvoir manier à sa guise.

Mais l’on a beau être habitué à la mise en scène et aux scénarios bien ficelés, à la vie comme au théâtre, c’est sans compter sur les impondérables, sur le fameux coup de théâtre. Et caroline n’avait pas tout prévu, n’imaginant une solution qu’en fonction de ses désirs, oubliant un peu vite que son partenaire dans la vie peut bousculer une mise en scène trop bien réglée.

 

Maurice Périsset, qui connait bien le monde du spectacle, a écrit une satire féroce sur le monde du théâtre.

Bien sûr il ne faut pas tout prendre à la lettre, comme dirait mon facteur, mais il n’y a pas de fumée sans feu.

Nonobstant, que le spectacle continue !

Maurice PERISSET : Les noces de haine. Collection J’ai Lu Policier N°2759. Editions J’ai Lu. Parution mars 1990. 320 pages.

ISBN : 9782277227595

Première édition : Editions du Rocher 1984.

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10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 05:36

Les jeux de l’amour et du bas art !

Luis ALFREDO : Artransgression.

Pratiquer des exercices masochistes, parfois cela influe négativement sur la santé. Pour preuve Antoine-Albert de Thiers est retrouvé dans une position plus que délicate, suspendu entre sol et plafond, les fesses bien à l’air et marbrées. Il a été abattu d’une balle de revolver.

Mais ce n’est pas la seule victime de ce genre de jeux pas très innocents, car sa dominatrice, habillée en Catwoman, est, elle aussi, partie retrouver ses ancêtres. Triste fin pour ces deux amateurs de plaisirs frelatés.

Et morbide tableau figuratif qui s’offre à la vue de René-Charles de Villemur et de son adjoint Octave, d’autant que le défunt était le propriétaire d’une galerie d’art moderne. Mais vraiment moderne, c’est-à-dire du grand n’importe quoi sur lequel s’extasient les gogos, les bobos, les spéculateurs.

La première mission de Charles-René est de présenter ses condoléances à la veuve, qui n’est pas joyeuse mais presque. L’entente dans le couple n’était pas cordiale, et d’ailleurs la femme de Thiers qui en valait plus du double, avait conservé son nom de jeune fille. Elle est l’héritière d’un domaine qui périclite et est hypothéqué.

Seulement comme René-Charles ne se laisse pas mener par une première impression, il vérifie les dires de la dame, s’immisce dans les affaires douteuses du galeriste et gratte là où ça démange. Pour cela il embauche son ami le détective Joan Nadal, plus à même de filer la veuve dans ses déplacements. Car la digne madame de Carsac, veuve Thiers, est en relation avec son supérieur hiérarchique, et le grand chef aimerait que René-Charles ne mette pas ses pieds n’importe où.

 

Nous retrouvons René-Charles de Villemur, qui ne déroge pas à ses habitudes, cigarettes mentholées en début de journée, tabac brun dans l’après-midi et cigares coûteux le soir, à la conversation recherchée et à l’inamovible chapeau mitterrandien, sans oublier le nœud papillon, dans une enquête qui ne manque pas de saveur.

Elle nous permet également de retrouver quelques personnages qui évoluent dans les épisodes précédents et ne manqueront pas de fournir la trame d’autres épisodes.

Car il s’agit bien d’un feuilleton que cet Itinéraire d’un flic mais dont chaque épisode se suffit à lui-même. Ou presque.

L’humour est toujours présent et en ce qui concerne l’art dit moderne, nous pouvons lire une diatribe pleine de saveur émise par Joan Nadal, qui compare l’empaquetage du Pont-Neuf par des petites mains payées au salaire minimal par Christo, une œuvre d’art !, et le bâchage par les sœurs des petites mains précédentes d’un immeuble en rénovation, ce qui n’est plus de l’art mais juste une réhabilitation de façade !

 

Luis ALFREDO : Artransgression. Itinéraire d’un flic Saison 2. Collection Noire Sœur. Editions Ska. Parution le 1er mars 2021. 68 pages. 2,99€.

ISBN : 9791023408560

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9 mars 2021 2 09 /03 /mars /2021 05:15

Et ce n’est pas la nôtre…

Frédéric CHARLES : La mort est leur affaire.

Quand on est dans la dèche comme Mazur, le meilleur moyen de se procurer un peu d’argent, c’est de mettre des objets personnels en gage. Seulement quand on les récupère, payer avec des billets qui ont été coupé en deux et raboutés avec une bande de scotch, cela attire l’attention du prêteur. Une fois, cela va, mais à la seconde, il alerte la police.

Mazur avait été contacté par un individu qui l’avait fait embaucher dans un laboratoire comme surveillant, en lui fournissant une identité factice. Un travail pas trop fatiguant, car Mazur doit, lors de la sortie des employés, les fouiller afin de vérifier s’ils ne sortent pas indûment un objet fabriqué sur place.

C’est ainsi qu’il se voit remettre dix billets de dix dollars coupés en deux, le reste lui étant donné lorsque son contrat sera honoré.

Lors du déshabillage d’un des employés, celui-ci doit lui remettre un petit objet enveloppé dans du papier de soie, puis à la sortie le lui redonner, et ni vu ni connu, l’homme peut repartir avec.

Mazur, suite à la dénonciation du prêteur sur gages, est filé par un policier qui n’est guère malin. Mazur le repère aussitôt car ce flic arbore fièrement une cravate jaune avec dessus un dessin peint à la main. Il ne lui reste plus qu’à tenter à déjouer cette filature et se fondre dans la nature.

Seulement le FBI d’un côté, celui qui l’a recruté de l’autre, sont sur ses traces. Le premier à le retrouver est l’un des sicaires de Marambo, l’homme qui lui a remis l’argent et qui est affublé d’un nez en forme de groin. Mazur est enlevé en voiture et le conducteur le propulse sur la route à l’aide d’un siège éjectable. Théoriquement, Mazur ne devrait plus faire parler de lui. Sauf qu’il n’est pas mort dans l’accident provoqué et qu’il est recueilli par une jeune comédienne qui rentre chez elle.

Dorothy Spring, la comédienne, prend cette aventure comme un jeu. Elle vit une comédie qui l’amuse et Mazur est hébergée chez elle, ou plutôt chez ses riches parents, absents pour le moment.

Le lendemain, la photographie de Mazur est étalée pleine page, et Mazur se rend au théâtre où se produit Dorothy Spring. La jeune fille qui n’a pas lu les journaux n’est au courant de rien, aussi elle accepte de le maquiller et le grimer, comme s’il s’agissait d’une bonne farce.

Mais la police, le FBI et Marambo et ses hommes de main, sont à sa poursuite, et cela va dégénérer pour Mazur.

 

Roman hybride, mi-policier, mi-espionnage, La mort est leur affaire se déroule dans un New-York qui est un peu un décor de film d’action.

Le but de Mazur est de faire passer une ampoule contenant un produit détonnant capable de tout détruire sur des centaines de mètres à la ronde. Seulement si trois ampoules sont été récupérées, il manque la quatrième qui est en possession de Mazur.

Et cette ampoule est un peu la sauvegarde de Mazur car ses traqueurs veulent la récupérer en bon état. Donc il faut s’emparer de Mazur tout en évitant de trop le brusquer, car si l’ampoule vient à être éclatée, les conséquences seraient terribles. Pour lui, ce n’est pas bien grave aux yeux de ceux qui le pourchassent, mais aussi pour tous ceux qui se trouvent à sa proximité dans un rayon de quelques dizaines de mètres. Des quartiers entiers de New-York seraient à reconstruire !

Au fait, l’auteur qui se cache sous le pseudonyme de Frédéric Charles n’est autre que Frédéric Dard. Ce roman est dédié à Robert Hossein, en souvenir du Plomb. Affectueusement. F.C.

 

Frédéric CHARLES : La mort est leur affaire. Collection Espionnage N°61. Editions Fleuve Noir. Parution 1er trimestre 1955. 224 pages.

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 04:27

En français, Cow-boy veut dire bouvier ou garçon vacher.

James HOLIN : Pleine balle.

Pourquoi a-t-on affublé de ce terme certains policiers particulièrement virulents ? Parce qu’ils sont souvent prompts à dégainer leur colt ? Peut-être.

C’est le cas de Camerone, commissaire à la Police Judiciaire de Creil, que l’idée vengeance taraude depuis trente ans. Il vit seul, sa femme ayant préféré le quitter pour ne plus subir son caractère acrimonieux, emmenant avec elle leur fille. Et il fait partie de ces nombreux policiers cabossés (il n’y a plus que ça en littérature noire !) avec sa main droite inexistante, sauf lorsqu’il enfile une réplique en résine.

Un vendredi en fin d’après-midi, à quelques jours de Noël, alors que le froid règne en maître sur la cité, Camerone, descendant de Kabyle aux yeux bleus, vitupère. Il est convoqué à Beauvais à une réunion de travail organisée par le directeur de cabinet du préfet, et à laquelle participent également quelques huiles qu’il n’apprécie guère. Seule la colonelle de gendarmerie trouve grâce à ses yeux, à cause de son humour et de son détachement envers ces réunionites qui ne servent à rien.

Quelques affaires sont évoquées, des incivilités affublées d’un nom anglo-saxon, ce qui leur confère probablement plus d’intérêt qu’elles n’en valent. A un moment la colonelle évoque des attaques de distributeurs de billets à la bonbonne de gaz. Aussitôt Camerone établit un lien avec le Blond, un spécialiste de ce genre de braquage qui n’a plus fait parler de lui depuis un bout de temps.

Rentrant à Creil, il est informé qu’un véhicule vient d’être découvert calciné. Il se rend immédiatement sur place, puisque c’est sur son chemin. La plaque d’immatriculation a été volée sur un autre véhicule. Et une concession de voitures allemandes, située près de Chantilly, a été braquée la nuit même. Les indélicats sont repartis avec une grosse cylindrée en brisant la vitre du magasin. Comme personne ne l’attend chez lui, il décide d’aller faire une petite visite chez le concessionnaire afin de visionner les enregistrements des caméras de surveillance.

Il assiste en différé à l’attaque de la concession et du départ précipité de la salle d’exposition (Showroom pour les snobs) de la voiture volée. Un épisode parmi tant d’autres à mettre à l’actif des cambrioleurs. Il s’agit de trois hommes cagoulés et il lui semble reconnaître à l’apparence physique, à sa façon de procéder, à une gourmette, celui qu’il traque depuis des années. Celui qui est surnommé le Blond, ou encore le Manouche.

Par un indicateur qui vit lui-même dans une caravane, il parvient à engranger quelques éléments concernant les trois malfrats et localiser l’endroit où se terre le Blond. Mais il veut le surprendre en flagrant délit. Alors il appelle à la rescousse ses hommes, dont une femme. Débute alors une course poursuite nocturne entre le Blond et ses deux compagnons, et les deux voitures banalisées de la police, avec à bord Bernard, son adjoint, Leila, la capitaine de la PJ avec laquelle il entretient une relation épisodique et en dents de scie, Martoche, le brigadier pas très finaud ainsi que Testo, un petit nouveau qui est un adepte de la musculation. En salle ou ailleurs.

Débute une longue nuit de poursuite sur les routes départementales de l’Oise, avec une incursion dans la Somme, les policiers assistants à quelques effractions de la part du Blond et de ses compagnons. Et dans le froid et l’humidité, Camerone pourrait fredonner La nuit est chaude, elle est sauvage…, mais il n’est pas un amateur de chansons populaires. Il préfère la musique dite classique.

 

Le lecteur suit cette équipée sauvage tout en découvrant au cours des chapitres ce qui motive cette vindicte qui anime Camerone. Pour autant, et ce n’est que mon avis personnel, je n’ai guère ressenti de compassion, d’empathie, ni même de sympathie envers ce flic obnubilé par une affaire dramatique qui remonte à trente ans auparavant.

Certes, James Holin joue dans le registre de l’émotion, mais cela ne suffit pas pour faire vibrer. Certes il existe des épisodes épiques, très cinématographiques, avec un policier qui se prend pour l’inspecteur Harry Callahan, plus connu sous le surnom de Dirty Harry. Les différents protagonistes de cette intrigue menée en quatrième vitesse, ils passent même la sixième en certains endroits, ne sont pas lisses. Ils possèdent tous un profil atypique, une psychologie très marquée devenant presque des caricatures de personnages sortis d’une bande dessinée. Et parfois la tension monte entre eux dans une ambiance de jalousie, de déception, de rancœur. Mais il faut préciser que Camerone y est pour beaucoup dans ce climat délétère.

D’autres épisodes sont humoristiques, notamment la conférence de presse organisée par le procureur d’origine alsacienne surnommé Kouglof. Un personnage imbu de sa petite personne et qui ramène à lui les succès enregistrés par les policiers.

Autre moment de détente, lorsque les policiers empruntant un chemin forestier tombent sur des amatrices de glands dans une forêt de chênes. Si je puis m’exprimer ainsi.

 

James HOLIN : Pleine balle. Collection Polar en France N°32. Editions du Caïman. Parution 23 février 2021. 268 pages. 13,00€.

ISBN : 978-2919066872

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 04:07

Il avait mis le produit de ses fouilles dans les caisses !

Sax ROHMER : L’esprit du faucon noir

Si Fu-Manchu a marqué de son empreinte l’univers littéraire de Sax Rohmer, il ne faut pas oublier les nombreuses autres nouvelles que l’auteur britannique a écrites en prenant pour décor l’Orient mystérieux.

Dans les nouvelles présentées dans ce volume, six sont extraites de Tales of Secret Egypt (1918), six autres textes ayant été proposés dans Le détective d’Allah (Aventure Insensée N°1939). Les quatre autres nouvelles composant ce volume ont été éditées séparément entre 1922 et 1926.

Des textes qui jouent sur le thème du Mystère, avec des à-côtés fantastiques, policiers ou simplement d’aventures, mais toutes possèdent pour décor l’Egypte. L’Egypte antique et l’Egypte moderne se catapultent, s’intègrent, ne font plus qu’une car le passé et le présent s’amalgament.

Les superstitions et le cartésianisme se marient et se jouent des différents protagonistes, en leur offrant de nombreux sujets de conversations.

Lieux hantés, recherches archéologiques contrariées, bijoux portés par de magnifiques femmes aux yeux noirs, phénomènes surnaturels, tels sont les thèmes développés, et que l’on retrouve dans ces nouvelles, à des degrés divers.

Si les bijoux, bagues et pierres précieuses s’avèrent tangibles, palpables, dérobées parfois et issues de trésors millénaires, les autres phénomènes peuvent être interprétés comme des manifestations produites par des illusions, dues à l’alcool notamment, ou à une disposition d’esprit favorable à des réminiscences de sortilèges antiques. A moins que des revenants ou descendants préposés à la garde des lieux sacrés comme les puits menant aux trésors enfouis, prennent leurs rôles au sérieux afin de conserver l’intégrité des ruines sacrées.

La magie des Mille et une nuits se transmet à travers les siècles, trouve de nouveaux supports mais dans la continuité des légendes plus ou moins issues de faits réels. Mais s’agit-il de sortilèges ou de tours de passe-passe ?

 

Et comme deux avis valent mieux qu’un seul, je vous propose celui-ci :

Contrairement à La Malédiction qui jouait à plein la carte d'un Fantastique assez « musclé », L'Esprit du Faucon Noir se situe plus dans la tradition des contes orientaux modernisés, des contes où l'incertitude fantastique et l'onirisme ont la part belle. C'est un Sax Rohmer toujours passionné (comme bien de ses confrères de l'époque) par les mystères de l'Orient que l'on retrouve ici, mais dans une veine inhabituelle chez lui et bien différente de la mise en scène des exactions de Fu Manchu. Cette facette de l'auteur se retrouve également dans l'autre recueil, policier, lui, publié en même temps par « 10/18 », Le Détective d'Allah. En tout cas, c'est toujours avec un plaisir renouvelé que l'on retrouve ce Sax Rohmer nouvelliste, qui sait si bien nous enchanter avec ses perles mystérieuses nées de l'union du désert et de la clarté lunaire.

Richard D. NOLANE. Première parution : 1/9/1989 dans Fiction 411.

 

Sommaire :

Francis LACASSIN : Préface.

 

Secrète Egypte :

Le Seigneur des chacals (Lord of the Jackals)

Le Piège aux Ames (Lure of Souls)

Le Secret d'Ismaël (The Secret of Ismail)

Harun Pacha (Harûn Pasha / Haroun Pasha)

Dans la vallée de la Sorcière (In the Valley of the Sorceress)

Fleur de Grenadier (Pomegranate Flower)

 

Autres mystères d’Egypte :

La Main du Cheikh Blanc (The Hand of the White Sheikh)

Le Père des Voleurs (Father of Thieves)

L'Esprit du Faucon Noir (Spirit of the Black Hawk)

Le Trésor de Taïa (The Treasure of Taia / The Haunted temple)

 

Francis LACASSIN, Bibliographie

 

Sax ROHMER : L’esprit du faucon noir (Tales of Secret Egypt. Traduction de Robert-Pierre Castel). Collection L’aventure insensée N°1940. Editions 10/18. Parution juin 1988. 256 pages.

ISBN : 9782264011251

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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