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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 14:39

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C’est fou ce que l’on peut trouver dans des endroits insolites. Prenez par exemple derrière la cloison qui cache une baignoire, on penserait surtout à de la poussière, à des gravas négligemment poussés par des ouvriers peu scrupuleux, à des morceaux de ferraille et autres déchets laissés là lors de l’installation de la plomberie.

Eric, obligé de changer un joint de robinetterie, après avoir enlevé la trappe d’accès, infiltre sa main dans l’ouverture exiguë et tâtonne. Il sent une espèce de boite qu’il ne parvient pas à sortir. Il soulève le couvercle et palpe l’intérieur ramenant des objets en bois et métal enveloppé dans un chiffon, des papiers, une photo. Sous ses yeux ébahis il commence son inventaire. Le tissu graisseux entoure un pistolet et un chargeur. Il y a également une petite quille en bois, taillée à la main, coloriée, une boucle de ceinturon, des épaulettes, ainsi qu’une série de cartes postales représentant les environs d’Affreville et enfin une photo. Sur le cliché figure une jeune femme attachée à un arbre, les mains liées derrière le dos et accroupie. Au premier plan un jeune soldat allumant une cigarette. Or ce visage ne lui est pas inconnu. Il croit se voir pourtant c’est impossible, il n’a jamais fait la guerre. Il s’agit de son grand-mère, une intuition confirmée en examinant plus attentivement la quille qui comporte une date, le nombre 100 et un prénom : Gilbert.

Il lui faut en savoir davantage et Eric profite du pont de l’Ascension pour descendre en compagnie de Lydia, sa jeune épouse, en Charente où vit son grand-père dans une petite maison située dans les marais. Eric lui montre sa découverte et Gilbert au début se contente de déclarer qu’il avait oublié ces objets qu’il avait caché afin d’enterrer ses souvenirs. Comme beaucoup de soldats de cette époque, il ne s’est jamais étendu sur ces années de sa vie. Pourtant, peu à peu, Gilbert va révéler ce passé, se confiant à Eric et narrant cet épisode peu glorieux.

D’ailleurs, même encore aujourd’hui peu de militaires ayant participé à cette guerre qui ne veut pas dire son nom, pudiquement appelée les événements d’Algérie, racontent ce qu’ils ont vu, endurés, entrepris. Ils rechignent à tout déballer, se retranchant derrière les secrets de la Grande Muette, avouant avec réticence que si des bavures ont été commises c’était à cause des ordres de leur hiérarchie. Certains en sont même revenus traumatisés.

Didier Daeninckx s’inspire d’événements dont il a eu connaissance par des membres de sa famille et d’amis proches, de discussions qui ne se font qu’entres personnes issues du sérail, et d’épisodes réels. D’ailleurs il rend hommage à Michel Boujut, décédé en mai 2011, auteur d’un livre de souvenirs, Le jour où Gary Cooper est mort, qui narre sa propre expérience.

L’histoire de Georges n’est qu’un tout petit morceau du puzzle de la Guerre d’Algérie, mais une pièce importante pour la compréhension de ce qu’elle fut et comment elle a été vécue et ressentie. En fin de volume, un dossier explique cette démarche dans un entretien entre l’éditeur et l’auteur. Une mise au point sur la mémoire, que beaucoup aimeraient voir effacée, mais qui ressurgit grâce aux témoignages, ainsi que sur les antécédents. Ce livre est destiné à l’édification des adolescents, à partir de onze ans, et espère leur démontrer que ce qui a été dit, aujourd’hui encore, comporte de nombreux mensonges et de terribles lacunes. Et tous ceux qui, comme moi, avaient une quinzaine d’années en 1962, lorsque les accords d’Evian ont été signés, se souviennent probablement de cette date historique mais n’ont eu que des informations partielles et partiales par les journaux et la radio. Les membres de leur famille ayant participé malgré eux à ces événements, le mot guerre était interdit, restant sur leur réserve et ne parlant que de péripéties ne prêtant pas à conséquence. Ils préféraient vivre avec des souvenirs peut-être peu glorieux et ne pas les exposer au grand jour.


Didier DAENINCKX : La prisonnière du Djebel. Collection Histoire et Société. Editions Oskar. 80 pages. 9,95€.

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 09:44

Bon anniversaire à Viviane Moore, née le 3 juillet 1960.

 

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En cette année 1133, en pays d’Armor, la rivalité règne entre deux clans, les Lesneven et les Lochrist. Galeran de Lesneven parcourt les bois, chassant la sarcelle, ou, quand l’occasion se présente, le sanglier. Il attend de pouvoir être adoubé chevalier, contre l’avis de sa mère qui ne le sent pas mûr.

Le seigneur de Lochrist a ramené de sa croisade d’Orient une tribu qui sème la terreur dans la région. L’une des causes de discorde entre les deux familles est un cours d’eau qui partage leurs domaines. Dans ce ruisseau se reproduisent des mulettes, sortes de grandes moules d’eau douce qui renferment des pierres baroques de grandes valeur.

Lors d’une partie de chasse Galeran et ses compagnons tombent en embuscade et il parvient à s’ensauver avec un prisonnier, un jeune homme tremblant de peur. Poursuivi par les hommes de Lochrist, Galeran n’a d’autres ressources que de fuir espérant trouver refuge dans un tertre. La mort sera au rendez-vous et il n’aura la vie sauve que grâce à son prisonnier qui le tire d’un bien mauvais pas.

Ce sera pour lui le début de son apprentissage d’homme. En compagnie d’un valeureux chevalier qu’il rencontre inopinément il parcourt la côte et arrive au Mont Saint Michel. L’abbaye est déjà, pour de nombreux pèlerins qui font étape sur la route de Saint Jacques de Compostelle, un havre de paix, de repos et de ravitaillement. Seulement cette paix est factice et flotte sur l’île comme un mauvais présage, une légende qui comme toutes les légendes s’inspire de faits réels, d’atmosphère délétère de prévarication.


Nous retrouvons le jeune et futur chevalier de Galeran dans sa première aventure, celle qui lui fit quitter son pays natal et parcourir le pays de France en quête d’aventures. Quant au Mont Saint Michel, de tous temps il a exercé un attrait envers l’homme. Le croyant, le religieux, le pèlerin, étaient attirés par cette élévation vers le ciel, prometteur de rédemption et repos entre deux étapes. L’aspirant à l’isolement qui voyait en cette île le lieu idéal pour communier avec Dieu ou se rétablir d’une peine de cœur.

Les envahisseurs appâtés par la proximité et qui voyaient là le marche pied de la conquête. Le touriste aussi, charmé par le site exceptionnel sur lequel l’abbaye a été construite, par la majesté de l’édifice, par le mysticisme qui s’en dégage. Sans parler des marchands du temple qui toujours furent là pour attirer le chaland par des colifichets, parfois de mauvais goût, souvent d’inspiration religieuse, et toujours axés sur la Merveille.


Viviane MOORE : La couleur de l’Archange. Editions du Masque.

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 14:20

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Stone Island est comme une perle posée délicatement sur une soierie bleutée. Une perle avec un crapaud toutefois, le volcan qui domine l’archipel. La mère des Ténèbres ainsi a été nommée cette verrue qui s’érige au-dessus de la jungle.

Fiona Taylor, jeune femme devenue avocate depuis quelques semaines, s’extasie sur cette vision qu’elle découvre du hublot de l’hydravion à bord duquel elle voyage, avec comme pilote Sam Damon, qui entre nous soi-dit est charmant. Stone Island, la plus grande île de cet archipel de la Polynésie et membre du Commonwealth. Capitale Pacific Town. Mais si Fiona est ravie par cette vision, elle appréhende toutefois la rencontre qui lui est promise.

Quelques jours auparavant, elle qui sait qu’elle n’est qu’une enfant adoptée, a reçu une lettre l’informant qu’elle est l’héritière d’un richissime colonial récemment décédé. Or elle lui en veut à ce père biologique qui l’a abandonnée, ainsi qu’à sa mère d’ailleurs. Arrivée à bon port elle repousse sa visite au domaine préférant passer la nuit dans un hôtel.

Le lendemain, c’est déterminée qu’elle se rend chez sa grand-mère, qui dirige l’immense domaine Richmond. Elle s’y rend en taxi et connait la frayeur de sa vie lorsque leur véhicule se retrouve face à face à une auto qui dévale le flanc de la montagne, se dirigeant droit vers eux. Le chauffeur du taxi n’a que le temps de ranger son taxi contre le flanc de la montagne, échappant de justesse à la collision. Elle aperçoit un gamin apeuré qui conduit tandis qu’un adulte est à l’arrière mal en point. Miss McGregor lui révèle que sa mère est morte en couches et que son père ne s’est jamais remis du décès de sa mort. Il a même tenté de se suicider avec Fiona dans ses bras peu après. Heureusement sans conséquence sur la santé physique du père et de la fille. Mais il a fallu interner le père atteint psychiquement par la perte de sa femme. C’est Miss McGregor qui a alors décidé de confier sa petite-fille à une famille adoptive américaine.

Mais Fiona n’est pas entièrement satisfaite des explications de sa grand-mère et elle repart en colère. Elle possède un caractère entier et elle a de qui tenir. En redescendant, raccompagnée par un vieux serviteur Ma’ohi, ils aperçoivent quelques policiers et la voiture au fond du ravin. Elle tente bien d’avertir l’une des policières qu’elle a assisté ou presque à l’accident, elle n’obtient comme réponse que d’effectuer une déposition au commissariat.

Jack Turner, le chef de la police de Stone Island, le commandeur, a bien du mal à gérer sa jeune sœur Joyce qui s’est accoquinée avec un petit malfrat. Elle aguiche des touristes assez âgé, les emmène dans une case et se déshabille, son copain prenant des photos compromettantes. Mais Jack la surveille et déjoue ce petit plan qui pourrait s’avérer juteux. Jack possède quelques amis d’enfance et ils se retrouvent souvent à la paillotte de Todd Tyson, afin de déguster un bon repas. Todd Tyson est fier de ses tablettes de chocolat abdominales qui restent fermes malgré la chaleur. Outre Tyson et sa serveuse Gabrielle s’attablent Sam Damon et Coupland, le lieutenant de police, adjoint et ami de Turner. Ce jour-là une surprise est promise au commandeur, surprise qui se manifeste par deux mains posées sur ses yeux. Il reconnait sans peine Jennifer, son ancienne maitresse qui l’a quitté dix ans auparavant pour un play-boy. Celui-ci s’est montré par la suite violent, et elle vient de l’abandonner en Australie.

C’est alors que Turner est appelé sur les lieux du drame. Il reconnait Manuarii Keave, le roi de la noix de coco. L’homme porte des traces de couteau et le toubib ne peut plus rien pour lui. Quant au conducteur, il s’agit de son fils aîné, âgé d’une douzaine d’années, qui essayait de rejoindre l’hôpital à bord du véhicule. Malgré quelques leçons de conduite, le gamin affolé a précipité les événements. Aussitôt Turner et Coupland se précipitent chez la femme de Keave. Apparemment le domaine est déserté. Dans une pièce ils la découvrent évanouie et le second fils, Teiki, est caché dans un placard, tenant serré dans sa main un couteau. Lorsqu’il entend l’intrusion des policiers, il lance l’arme blanche. Coupland est touché et il riposte blessant l’enfant.

Un autre meurtre est perpétré sur une jeune prostituée qui pourtant choisit ses clients. Elle est découverte dans une chambre attenante au bar où elle avait l’habitude de lever ses proies. Le barman pressé de questions ne sait rien et s’enfuit lorsque les premiers résultats d’analyses du laboratoire sont communiqués à Turne. Le propriétaire du bar déclare lui aussi ne rien savoir, mais en visionnant les vidéos qui sont placées dans les chambres, les deux policiers peuvent enfin dresser le portrait robot de l’agresseur. Portrait qui correspond à l’homme qui a tué Keave. Un Ma’ohi tatoué de partout.

Jade Lohan, une ancienne de Turner, qui s’est installée comme détective privée, est engagée par madame Keave afin de résoudre le meurtre de son mari.

Les chemins de Fiona et Turner vont se croiser à de nombreuses reprises car il semble bien que le meurtre de Keave puis d’un autre notable, celui de la prostituée n’étant vraisemblablement qu’un dommage collatéral, et la mort accidentelle, un accident peut-être provoqué, de McGregor, soient reliés. Mais quel est ce lien justement ?

Alexis Aubenque est le digne fils spirituel des grands romanciers populaires du XIXème siècle, Dumas, Sue, Ponson du Terrail, Féval et bien d’autres. Il possède l’art d’entretenir le suspense, l’intrigue s’enrichissant de nombreux rebondissements. Les fins de chapitres en général sont porteurs de révélations, mais aussitôt un nouveau chapitre débute avec un nouveau personnage, et c’est ainsi qu’on voit évoluer Fiona, Turner, Jade, et les autres dans un tourbillon échevelé.

Alexis-Aubenque.jpegStone Island est un roman populaire captivant qui ne contente pas d’une intrigue unique mais possède des ramifications. Ainsi les retrouvailles de Jennifer et Turner, les approches de Jade qui voudrait bien mais n’ose point, l’attitude de Coupland qui peu à peu se transforme en personnage vindicatif, hargneux, violent, Fiona qui se fâche après sa grand-mère puis lors d’explications semble rassérénée, pour mieux se montrer indignée, mortifiée. Sans oublier les personnages secondaires qui tiennent une place non négligeable dans l’action en constantes répercussions, pour ne pas dire éclaboussures, Sam Damon, le pilote de l’hydravion qui effectue la navette entre les îles et l’Australie, Rahiti, le vieux serviteur Ma’ohi, Tamaro, le barman en fuite ou Tu Ra’i Po, le principal protagoniste, le tueur, ou encore ceux dont l’auteur parle sans qu’ils soient présentés au lecteur, comme Le Cardinal.

Si j’ai nommé Tu Ra’i Po, ce n’est pas de ma part déflorer l’identité du principal responsable des meurtres, car dès le début le lecteur est placé dans la confidence. Ce n’est donc point son identité qui importe mais ses motivations, le pourquoi du comment de cet enchaînement. Et surtout ces innombrables rebondissements, retournements de situation, la montée en puissance du suspense, avec à chaque l’anti-monte lait placé par l’auteur, qui relance l’intrigue et l’action dans une folle sarabande.

Si j’ai évoqué Dumas, ce n’est pas pour rien, car hormis ces romans d’inspiration historique, il ne faut pas oublier des histoires au long court placées résolument à son époque et je pourrais citer entre autres Georges et surtout Le Comte de Monte-Cristo. Et l’épilogue appelle une suite qui, si elle est envisagée, sera la bienvenue et est déjà attendue.


Alexis AUBENQUE : Stone Island. Collection Toucan Noir. Editions du Toucan. 432 pages. 9,95€.

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 12:20

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Tangor, planétoïde située aux confins des mondes habités, et dirigée par Logan, est peuplée d’exilés en poste pour cinq ans environ. Hommes et femmes sont chargés d’extraire d’une carrière des cristaux précieux et d’une aquaferme du chlorophydès, espèce de plante marine destinée à la survie. Tout n’est pas sans danger, surtout à l’aquaferme, le lac étant fréquenté par des monstres.

Mais Tangor sert également, en tant que dernière station avant les mystérieux nuages de Magellan, d’ultime base de tremplin, pour les astronefs chargés d’explorer l’inconnu. Aucune de ces navettes n’est revenue, perdues corps et biens dans l’infini galactique.

C’est ainsi que Logan fait la connaissance de Thytia lors du passage du Colossus, une nouvelle nef devant poursuivre et réussir la mission confiée à ses prédécesseurs. C’est le coup de foudre entre les deux jeunes gens, mais bientôt il faut penser au départ et à la séparation, peut-être définitive si le Colossus subit les mêmes avatars que ses devanciers.

C’est alors que sur Tangor une mystérieuse épidémie se propage parmi les ouvriers et la révolte commence à gronder, d’autant que contrairement à ce qui avait été convenu, la planète mère ne veut envoyer aucun engin afin de rapatrier ceux qui ont effectué leur temps d’exil.

Après son départ, son éviction, en compagnie de bon nombre de ses confrères qui n’avaient plus l’heur de plaire à la nouvelle direction du Fleuve Noir, Piet Legay revient en force avec un roman qui se lit un peu comme une parabole.

Le besoin des nations de pousser toujours plus loin la recherche, l’exploration, quitte à oublier, à laisser tomber, ceux qu’elles ont envoyés au casse-pipe. Mais ceci a existé de tout temps et Piet Legay, en écrivain sérieux, solide, a su renouveler le genre avec humanisme. Un roman qui fait la part belle à l’aventure, aux effets spéciaux, à la touche sentimentale, qui joue sur la fiction mais pourrait facilement être transposable à n’importe quelle époque de notre histoire.

 

Piet LEGAY : Ultime frontière. Collection Blanche N°2023. Editions Rivière Blanche. Préface de Richard D. Nolane. 180 pages. 16,00€.

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 07:47

Bon anniversaire à Marc Villard, né le 29 juin 1947

 

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Abandonnant l'habit de romancier noir, Marc Villard ôte en même temps un masque et se découvre en tant qu'homme. Celui qui comme tout un chacun se penche parfois sur son passé et épluche ses souvenirs.

En vingt cinq courtes nouvelles, il déshabille l'écrivain et c'est l'être humain qui surgit. Son enfance, ses errances d'adolescent, ses premiers pas dans l'édition à compte d'auteur, ses phobies et ses rendez-vous presque manqués avec Christine sont sujets à se moquer de soi-même et peut-être à régler ses comptes avec une enfance, si l'on en croit pas toujours heureuse.

Pas tant par manque d'argent que d'affection ou de compréhension. Il se retourne et regarde le gamin qu'il fut, celui qui ressentit ses premiers ‚mois en classe de CM1, celui qui joua les ouvreurs dans une salle de cinéma à seize ans, celui qui à vingt et un ans paie pour faire publier ses premiers poèmes. Vingt ans plus tard, il se trouve confronté‚ à d'autres situations qui cocasses pour le lecteur sont déprimantes ou émouvantes, consternantes ou attendrissantes pour l'auteur.

Ainsi sa rencontre en compagnie de Joseph Périgot d'élèves de CM1/CM2 dans une bibliothèque et de la séance de dédicaces pour le moins insolite qui s'ensuivit ou le voyage qu'il fit à Bordeaux à l'initiative d'un comité d'entreprise.

Pudique, Marc Villard ne dévoile pas tout à fait ses sentiments et tel l'acrobate il s'efface dans une pirouette humoristique. Il nous montre une autre facette de son talent, celle de se mettre en scène, de se moquer de soi-même, ce qui se révèle souvent plus difficile que de se gausser des autres. Plus périlleux aussi. Mais Marc Villard s'en sort par la justesse de son écriture, par son talent et par une certaine forme d'humilité.


Marc VILLARD : J'aurais voulu être un type bien. Recueil de nouvelles. L'Atalante. Juin 1995. 160 pages. 10,60€.

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 15:54

Et si je prends tout, on me fait un prix !

 

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Une voiture peut elle être amoureuse d’un arbre ? Nul ne le sait véritablement, tout ce que l’on peut constater, c’est qu’un véhicule arborant fièrement le signe distinctif Auto-école s’est encastré dans un arbre, espèce non déterminée, comme si tous deux voulaient procéder à une liaison contre nature. A l’intérieur la conductrice et un passager forts mal en point, prêts à passer de l’autre côté de la barrière, si ce n’est déjà fait.

Rapidement transportés à l’hôpital Georges Pompidou, grâce à la diligence des pompiers qui ont désincarcéré les corps avec leur ouvre-boîte spécial, les médecins du service des soins intensifs ne peuvent que constater le décès de la conductrice. Quant au passager, Simon Beecher Jr, s’il est vivant, c’est bien parce qu’il y met de la bonne volonté. Son cœur joue au courant alternatif et au moins trois organes vitaux sont endommagés : un rein, le foie et le pancréas, sans oublier le poumon droit qui est lacéré. Il n’est pas le candidat idéal au don d’organes.

Tout le monde s’affaire auprès de lui, Mélissa, Arlette, Juliette, Michel Fournier, Alexandre Leterrier, Vincent N’guyen, en procédant en priorité aux premières installations du matériel médical, à la transfusion de sang et de plaquettes, ce qui n’est pas forcément synonyme de bonne entente dans les artères qui véhiculent pas de mal de déchets genre cocaïne, gamma-Gt et autres cochonneries. Donc toubibs et infirmières s’occupent du mort vivant tout en pensant aux problèmes afférents à leur vie privée, sociale, financière, familiale.

Enfin les parents de Simon Beecher Jr arrivent de Chicago. Maman est en larmes, tandis que Simon Daddy Beecher, responsable dans une importante firme pharmaceutique américaine, tente de circonvenir les toubibs et l’un des responsables du ministère de la santé d’utiliser un nouveau médicament pas encore mis sur le marché mais infaillible selon lui et susceptible d’apporter un réel confort à son fils. Il propose dessous de table, voyages de conférence aux Seychelles et autres douceurs.

La recherche de donneurs d’organes est entamée activement, et Simon Daddy Beecher ne s’embarrasse pas de scrupules, mettant sur la touche les médicastres qui ne lui conviennent pas. Et il en faudra plusieurs, de donneurs, de chirurgiens aussi, et du temps, et des relances cardiaques, car Simon Beecher Jr n’a pas l’air de tenir plus que ça à la vie en fin de compte.

 

Comme vous l’aurez compris, Mathieu Picard aborde divers thèmes mais toujours liés à celui de l’univers médical. L’acharnement thérapeutique, sous la pression parentale, même si le père ne professe à l’encontre de son fils qu’un amour filial dilué dans l’arrogance. Et cet acharnement thérapeutique n’est que le prétexte à tester une nouvelle panacée, dont le succès serait synonyme de rentrées financières conséquentes. Donc les laboratoires de recherche sont mis indirectement en cause, mais surtout les visiteurs médicaux qui n’hésitent pas à employer tous les moyens et subterfuges pour imposer leurs produits. Et cette façon de procéder s’étend comme une toile d’araignée, le terrain le plus fertile se trouvant bien évidemment en Afrique.

Parallèlement à l’histoire principale se greffent (c’est de circonstance, non ?) les problèmes des soignants, quel que soit leur niveau dans la hiérarchie, problèmes financiers ou amoureux, car en dehors et même pendant les heures de services, ils sont confrontés comme tout un chacun à la dure loi de la réalité. On ne dépose pas ses soucis au vestiaire en enfilant sa blouse blanche ou verte, mais on les colporte en soi, accrochés à l’esprit comme le Pthirus inguinalis.

Quant au style, qui est un véritable exercice, il est déroutant et captivant à la fois.


Mathieu PICARD : La foire aux organes. Editions Coups de Tête N°60. 168 pages. 14,00€.

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 12:43

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La canicule sévit à Good Hope, petite ville de la Virginie. Clara, la blanche et Elie le noir, s’aiment et attendent un enfant. Seulement, le bébé, nommé Nora Carol, décède peu après sa naissance d’une malformation. Nora Carol est inhumée en l’église baptiste Victory en présence du pasteur Derby nommé depuis quatre mois, et de la grand-mère de Clara, Rosy Epps, près des tombes de ses ancêtres.

Derby remet à Clara une chaînette avec un crucifix en sautoir. Snead, l’intendant de l’église, ne l’entend pas ainsi. Il convoque les diacres qui votent à l’unanimité l’exhumation du corps. Selon la tradition, un noir ne peut être enterré dans ce cimetière mais dans celui d’une église baptiste voisine. Le soir même Clara informe Monroe, adjoint du shérif Talley, que son époux n’a pas reparu de la journée.

Au même moment un incendie ravage l’église de Victory. Elie est sur place brandissant le poing, proférant des invectives à l’encontre de l’église. Monroe l’appréhende mais Elie nie avoir provoqué l’incendie. Nathan Deeds, ancien substitut du procureur à Good Hope, et qui s’est installé à Richmond après s’être séparé de sa femme huit mois auparavant, est commis d’office comme avocat. Deeds n’est pas convaincu de l’innocence de son client mais il accepte toutefois de prendre en charge la défense.

A Good Hope, Deeds retrouve Derby, un vieil ami d’enfance et se heurte à Talley qui fait la loi dans tous les sens du terme dans la ville et au procureur Fentress, son ancien patron. La découverte du corps calciné d’Amanda, la fille du shérif, dans les décombres de l’incendie n’arrange pas les affaires du prévenu. La condamnation à mort est requise mais Deeds est de plus en plus persuadé intimement que son client est innocent. Pourtant il encourage celui-ci à plaider coupable car il ne possède pas de preuves du contraire.

Selon le médecin légiste Amanda aurait bu, été violée et battue avant son décès. Deeds se demande pourquoi la jeune fille, âgée de dix-sept ans, se trouvait dans une église baptiste alors que son père est un fervent catholique, quoique séparé de sa femme depuis des années. Amanda était une fille secrète vivant la plupart du temps chez sa mère en dehors de Good Hope. Les conclusions du légiste ne conviennent pas à Deeds qui demande des compléments d’information.

Ce roman fort intéressant à plus d’un titre, est placé sous le signe de la dualité. Dualité Noir-Blanc, mais aussi dualité intérieure. Le personnage de Deeds, qui était substitut du procureur se retrouve placé de l’autre côté de la barre en devenant avocat. Il est persuadé de régir son couple comme il le devrait, mais tombe de haut lorsqu’il apprend par la bouche de sa femme qu’elle l’a trompé, une seule fois.

Dualité également entre le rôle du pasteur Derby et ses actes : il aime les femmes et la boisson. Dualité entre les églises : Amanda qui fréquentait l’église catholique - son père fervent pratiquant lui non plus ne suivait pas la conduite chrétienne - se tourne vers l’église baptiste par curiosité. Enfin on notera que Snead, le responsable des diacres qui exige l’exhumation et le déplacement du corps du bébé, réfute les termes de racisme et de ségrégationnisme, mais se retranche derrière la tradition. Les us et coutumes ont parfois bon dos.


Robbins DAVID : Terre brûlée (Scorched earth – 2002) trad. américain Nora Camelo. Editions de l’Archipel. Février 2004. 352 pages. 20,95€

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 13:09

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Entre un père qui est plus souvent à l’ombre qu’à la maison, une belle-mère qui refile plus de torgnoles que de sourires, un frère qui se vautre comme une otarie échouée dans le canapé du salon en guise d’activité rémunératrice, Freddy n’est guère gâté par la vie. Et puis la Sénarde, c’est pas franchement le quartier propice pour s’éclater, pour jouir de la vie, lorsqu’on est ado.

Alors Freddy décide de partir, de fuir cette ambiance délétère et de rejoindre la capitale. Il ne connait personne et traine ses baskets dans les lieux mal famés de la ville. Paris, ville lumière, surtout lorsqu’on a assez d’argent pour s’éclairer avec des pétards. Au début, car dans l’engrenage, c’est tout le bras qui y passe et devient vite une écumoire, bras poinçonné à coups de seringues. Squatteur un jour, squatteur toujours, entre La Chapelle, Barbès, Montmartre, parfois de petits extras Place de Clichy ou Gare de Lyon.

Il trouve toujours un copain, une amie pour l’aider dans sa quête de plaisirs frelatés, mais ce qui lui manque le plus, ce sont les fonds, des fonds qui ne gisent pas dans ses fonds de poche, évaporés, absents. Alors dans l’attente du RMI, il doit accepter quelques privautés. Aller même au bout de ses désirs qui sont ses besoins, et ne pas s’embarrasser de remerciements lorsqu’on peut faire autrement. Et les médicaments ne se trouvent pas sous les grolles des fachos qui sillonnent les plaines du canal Saint Martin ou autres endroits où ils sont sûrs de trouver de la viande à tabasser en toute impunité. Le trottoir, quand t’es môme, c’est pas le palais du rire.

Ce court roman, 115 pages, se décline en de très courts chapitres, comme des nouvelles au raccourci, et cela slame dans la tête. De petits poèmes s’éparpillent en cours de route et référence est faite à Mano Solo. L’écriture de Léo Lamarche est un coup de scalpel qui entame l’esprit et vous tient éveillé. L’horreur, la poisse, le glauque, la noirceur au bout de la nuit, l’envie d’aider Freddy dans sa quête, les questions qui s’entrechoquent, est-ce vraiment de la fiction, et le lecteur arrive à l’épilogue lessivé, rincé, broyé, pantelant. Léo Lamarche est une jeune femme au visage angélique dont les yeux bleus expriment la sérénité et pourtant que de violence dans ses écrits. Le diable au corps du stylo.


Léo LAMARCHE : Macadam blues. Editions Coups de tête N° 22. 2009. 115 pages. 10,00€.

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 09:07

Mise à prix ?

 

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La lecture d’un roman policier historique me ramène inexorablement à ma prime jeunesse, lorsque je commençais à dévorer les œuvres de Paul Féval ou d’Alexandre Dumas. Pas forcément le côté intrigue policière, mais la reconstitution d’une époque, allant le plus souvent de la fin du Moyen âge jusqu’au début de la Révolution avec une préférence indéniable pour les exploits des mousquetaires du Roy.

Dans La tête de la reine d’Edward Marston, le lecteur est absorbé par cette atmosphère dans laquelle l’enquête passe au second plan tout en étant toujours présente insidieusement.

Nicholas Bracewell, régisseur de la troupe théâtrale “ Les hommes de Westfield ”, du nom du mécène qui assure leur pitance à condition que leurs prestations lui permettent de porter haut son blason, Nicholas Bracewell assiste donc à l’assassinat délibéré de son ami Will Fowler au court d’un duel dans une auberge. Il n’a de cesse de retrouver le meurtrier mais il doit régler la mise en scène de la nouvelle pièce de théâtre apologie à la gloire de Sir Francis Drake et de sa victoire éclatante sur l’Armada.

La victoire des Protestants sur les Catholiques, trente ans après la décapitation de la Reine Marie Stuart. Les esprits sont toujours plus ou moins échauffés à cause de cette guerre latente entre les partisans de ces deux religions. Mais dans le milieu du théâtre une autre guerre, froide, oppose les différentes troupes afin de conquérir l’apanage de pouvoir jouer un jour devant la redoutable reine Elizabeth.

Une jeune prostituée est égorgée par celui que Nicholas a surnommé Barberousse à cause la couleur de sa pilosité faciale, un jeune apprenti risque de périr sous l’avalanche de poutres dans sa chambre mansardée (cela ne s’appelait pas encore comme ça à l’époque me souligneront les puristes), Nicholas Bracewell lui même est assommé en pleine rue et le précieux livret de la pièce de théâtre lui est dérobé. Sans compter les mille petits avatars qui compromettent sérieusement le spectacle.

Plus que l’enquête proprement dite, c’est la reconstitution de l’atmosphère, de l’ambiance de l’époque, des difficultés des comédiens à exercer leur art, de la vie du petit peuple dans le Londres de la fin du XIVème siècle, des auberges mal famées, de la prostitution, de l’intérêt porté par certains aux petits garçons (eh oui, ce n’est pas nouveau), sans oublier les moments forts de la décapitation de Marie Stuart ou de la bataille navale confrontant la flotte anglaise contre la puissante Armada espagnole, tout concourt pour faire de ce roman un pur moment de bonheur et de dépaysement. Ce qui nous change quelque peu des avatars de notre époque, avec ses histoires de chômage, de drogue, de prévarication politique et autres joyeusetés qui se banalisent à force d’écrire dessus.


Edward MARSTON : La tête de la reine. Collection Grands Détectives N° 3144, éditions 10/18. Janvier 2000. 254 pages.

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 16:17

  Ce n'est pas Carnaval !

 

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Ce 17 octobre 2010 est un grand jour pour le jeune Jim. Il va se rendre en compagnie de ses parents jusqu’à Washington en avion. L’avion, il l’a déjà pris deux ou trois fois, alors ce n’est pas pour ça qu’il rêve éveillé. Ce n’est pas non plus sa dernière lecture, Les aventures de Huckleberry Finn et de son copain Tom Sawyer, les deux amis ont partagé tellement d’aventures dangereuses, qui l’inquiète, mais bien parce qu’il va vivre un moment historique.

Arrivés à l’aéroport, Jim et ses parents sont pris en charge par deux agents auxquels le père de Jim présente son invitation, puis encadrés comme s’ils étaient des malandrins, ils sont emmenés jusqu’à la Maison Blanche. L’étonnement de Jim est à son comble. Il est en compagnie d’une trentaine de personnes dans le bureau ovale. Et lorsque le Président en personne pénètre dans la pièce accompagné de sa femme, Jim n’en croit pas ses yeux. Son grand-père, William Caldwell, est l’homme de la soirée. Il reçoit des mains du Président la Médaille d’Honneur en récompense de son dévouement inaltérable à la cause des droits civiques et de son courage exemplaire…

Jim ne rentre pas à Atlanta avec ses parents mais obtient la permission de passer quelques jours en Louisiane, au bord du bayou Teche. Dans ce coin tranquille grand-père Billy narre quelques épisodes de son enfance dans le Mississipi, en 1953.

Son père l’a élevé seul, car sa femme est décédée alors que le jeune Billy avait à peine deux ans. Lors de l’épisode qu’il décrit, il a dix ans, et son père est journaliste photographe et imprimeur du Clairon, le journal local de Centreville dans le Mississipi. Il débute son récit en racontant leur départ précipité en voiture avec quelques malles contenant leurs effets, sous la huée et les jets de pierre des habitants Blancs de Centreville.

Billy va à l’école comme tous les gamins de son âge, possède deux amis, Herb et Jerry, et une copine, une fiancée selon les autres gamins, Charlotte. Et c’est en jouant dans la grange de l’oncle d’Herb que les trois garçons font une découverte surprenante. Dans une armoire ils trouvent une sorte de robe blanche ainsi qu’une cagoule. Herb enfile les vêtements et c’est tout honteux qu’il se déshabille rapidement lorsque son oncle le trouve ainsi attifé. L’homme se contente de sourire et de déclarer : Cette tenue, les enfants, c’est la plus belle qu’un Blanc puisse jamais porter. Mais elle est réservée à des circonstances particulières, et personne ne doit savoir qui se trouve dessous, sauf les initiés.

Cette tenue est celle du Ku Klux Klan, et Billy va bientôt savoir à quoi sert cet accoutrement. Un soir, désobéissant à son père, Billy se rend en compagnie d’Herb et Jerry dans une localité voisine où se déroule une fête. Une fête foraine un peu spéciale toutefois. Charlotte joue au chamboule-tout mais les boîtes de conserve qu’elle doit dégommer sont décorées de têtes de Noirs, distordues, caricaturées, effrayantes. Puis peu après apparait un étrange cortège. Un Noir est attaché aux poignets par deux cordes reliées aux pommeaux des selles de deux cavaliers encagoulés. Les Klavaliers du Ku Klux Klan. Puis Billy assiste à une scène qui l’horrifie. C’est le début d’un long cauchemar qui se terminera par le départ précipité de Billy et son père.

Un roman qui prend aux tripes même si l’on connait, par les écrits, les reportages, quelques-uns des événements qui se sont déroulés par le passé. Mais les tabassages de Noirs par des policiers, qui se retranchent derrière leur fonction, font encore la une de l’actualité sporadiquement.

Selon des théoriciens du Klan, les Noirs sont des créatures préadamiques, c'est-à-dire que leur existence date d’avant Adam. Or, d’après la Bible, Adam est le premier homme, et donc tout être vivant apparu avant lui ne peut appartenir qu’à un règne végétal ou au règne animal. On peut se demander si ces hommes et femmes qui se cachent sous les cagoules du Ku Klux Klan sont véritablement des êtres humains, eux qui se référant à la religion chrétienne torturent et tuent impunément d’autres êtres humains dont la seule différence réside en leur couleur de peau.

Roger Martin est fasciné et passionné par l’histoire des Etats-Unis, mais il n’en est pas l’apologue. Au contraire, depuis des décennies, il s’attache à comprendre cette ségrégation raciale, à tenter de l’expliquer, à en décrire minutieusement l’histoire, à retrouver des témoignages, à démontrer que si le Ku Klux Klan est officiellement banni, qu’il existe des résurgences et qu’il réapparait sous d’autres noms. Mais le KKK n’est pas seul en cause, des sectes néonazies sont constituées, et ouvertement ou non encouragées par des hommes (et femmes) politiques qui élaborent des programmes dont les objectifs sont l’expulsion des étrangers, et leurs ennemis sont les partisans de l’avortement ou les homosexuels. Je suis sûr que quelques noms vous viendront immédiatement à l’esprit, ne serait-ce que celui d’une ancienne candidate à la Maison Blanche.

Ce livre est composé d’un roman, poignant, et d’un dossier illustré sur les cent cinquante ans du Ku Klux Klan. Parmi ce dossier, outre l’histoire du KKK, Roger Martin a inclus une filmographie, une discographie et une bibliographie ainsi que les paroles françaises de deux chansons : Strange Fruit, qui fut interprétée par Billie Holiday et quelques autres, et Only a Pawn in their Game de Bob Dylan, ainsi qu’un poème de Roger Martin dédié à Rosa Parks.

Si cet ouvrage est conseillé à partir de l’âge de onze ans, il s’adresse à tous, car tout un chacun doit se sentir concerné par cette dénonciation du racisme et de la ségrégation et l’approuver.

 

A lire également de Roger MARTIN : Jusqu'à ce que mort s'ensuive Les ombres du souvenir Dernier convoi pour Buchenwald.


Roger MARTIN : Des ombres dans la nuit (Ku Klux Klan 1). Collection Histoire & Société ; éditions Oskar. 112 pages. 9,95€.

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