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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 13:30

Le petit rat de l'opéra...tion !

 

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Une cave d’immeuble sert en général de débarras pour vieilleries que l’on répugne à jeter, on ne sait jamais ça peut servir, pour entreposer du matériel que l’on n’utilise que sporadiquement, genre toile de tente et matériel de camping, ou encore bouteilles de vin qui reposent en paix. Mais découvrir un cadavre, celui d’un adolescent qui plus est, est moins courant. Le gamin est allongé sur le dos, jambes légèrement écartées, l’appareil génital entièrement ablaté. La présence d’un bas de femme autour du cou laisse supposer qu’il a été étranglé avant d’être atrocement mutilé.

La priorité est de savoir à quand remonte la mort, ensuite il faut découvrir l’identité du môme. Pour le capitaine Massier et son adjoint Chartel, la tâche est délicate. Il semblerait que le meurtre se soit déroulé durant un match de football dans le stade situé en périphérie de la ville. Ce qui explique que les jeunes de la cité fussent absents dans les rues et que la nuit précédente s’est déroulée dans le calme, sans incident majeur.

Massier ressent tout à coup des sueurs froides. Ses enfants étaient dehors la nuit du crime. Luc avait un cours de judo et Armelle dinait chez une copine.

Chartel n’a pas d’enfants, ce qui l’amène à se montrer indulgent avec les gamins traités trop souvent et trop rapidement de voyous. Massier sans se conduire en papa poule, est plus tranché dans ses jugements et il convoque ses deux adolescents pour les mettre en garde et leur renouveler les consignes de prudence.

Si Luc est admiratif de son père, Armelle, de deux ans plus âgée, revendique une indépendance dans sa vie privée. Ce qui l’amène à se heurter, oralement cela ne va pas plus loin, à son géniteur. Sa vie sentimentale a déjà connu quelques accrocs, dont une rupture houleuse qui a laissé des traces. Ce qui se traduit pas une hargne à l’encontre de la gent masculine, son père y compris.

Comme d’habitude, la Gendarmerie avait bien fait son boulot, quoi qu’en disent certains, prompts à brocarder cette institution militaro-judiciaire. Grâce donc à la célérité et la conscience professionnelle des gendarmes l’identité du gamin permet de mieux comprendre pourquoi sa disparition n’a pas été signalée plus rapidement. Les parents de la victime, nommée Ricardo, tiennent une épicerie de village à plus de vingt kilomètres de là et l’adolescent au lieu de rentrer chez lui tous les soirs passait deux ou trois nuits par semaine chez des copains. Or, après vérification aucune famille n’a hébergé Ricardo.

Une nouvelle victime est à déplorer, assassinée dans des circonstances similaires, à l’ablation identique et Massier, Chartel et leur supérieur sont dans la panade complète. Puis une autre… Un début de piste se profile lorsqu’un nom leur est soufflé : Face de rat.

Bon mais court roman dont l’intrigue est bien menée mais qui démontre que les policiers ne peuvent pas toujours résoudre une affaire sans un coup de pouce du destin. L’épilogue, bien amené, joue sur un artifice littéraire laissant le lecteur apporter sa propre conclusion. Car si tout est dénoué, expliqué, il restera à une personne à prendre la ou les décisions qui conviennent.

Seul petit bémol : le prix du livre qui n’engage pas à l’achat. 13 euros pour 80 pages, alors que d’autres romans tout aussi bons, sont à une quinzaine d’euros pour 400 pages ou plus, cela peut réfréner les envies du lecteur.


Jean PEREZ : Les rats aussi crèvent de la peste. Editions Les Presses du Midi. 80 pages. 13,00€.

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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 07:57

 

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Dans un café londonien, un homme assis, quelque peu embrumé par les whiskies absorbés, semble en proie à un profond chagrin. Un consommateur l’aborde. S’engage alors une conversation dont le prétexte est de remonter un moral défaillant.

Le questionneur apprend bientôt l’identité de son interlocuteur. Il s’agit d’un ingénieur français, Jean Laneuville, qui revient d’un déplacement aux Etats-Unis. Il ne peut rentrer à Paris car la capitale est occupée par les Allemands. Il s’inquiète du sort de sa jeune femme. Son compagnon lui propose alors de rencontrer quelqu’un qui devrait pouvoir l’aider à passer sur le continent et éventuellement retrouver son épouse. Le lendemain Laneuville a rendez-vous avec un certain Halvil, lequel est déjà au courant des problèmes de l’ingénieur puisqu’il est à l’origine de ses ennuis. Un de ses agents a sur son ordre abordé Laneuville après avoir enlevé sa femme par des hommes déguisés en soldats allemands.

Seulement la kidnappée croyant être entre les mains de véritables belligérants s’est suicidée. Drame que Halvil n’avait pas prévu mais qu’il ne peut révéler. Laneuville passe le Chanel et se réfugie chez une cousine sourde et paralytique près de Royan, accompagné d’un agent d’Halvil, Carruthers. Tandis que Laneuville se promène dans un bois proche, Carruthers se grime et l’ingénieur est berné jusqu’au moment où la supercherie est dévoilée. L’Anglais incite son compagnon à se rendre à Paris chez un certain Garanger. Le rendez-vous est repoussé, Laneuville ayant reçu un message d’un vieil ami, François Gaudaine.

Alors que Gaudaine veut expliquer à Laneuville qu’il est l’objet d’un traquenard, un inconnu lui tire dessus. Gaudaine est grièvement blessé et Laneuville alerte un voisin afin de chercher des secours. Peu après un toubib et une infirmière se présentent. Le toubib après avoir fait une piqûre annonce que le moribond vient de trépasser.

Incident pour le moins étrange d’autant qu’un autre homme arrive alors que le couple vient de partir. Il se réclame lui aussi du corps médical et ne peut que constater le décès. Laneuville se heurte dans la rue à Garnger qui le dissuade de prévenir la police. Il annonce qu’il connaît l’endroit où est détenue la femme de l’ingénieur. Le soir même Laneuville participe à une expédition en compagnie d’un homme à face de brute et d’une jeune femme en qui il croit reconnaître l’infirmière. Tandis qu’il explore en vain la villa, ses deux compagnons tuent de sang froid les occupants des lieux et font main basse sur le coffre-fort. Des initiatives et un mensonge qui le déçoivent profondément.

De retour chez lui une lettre à l’en-tête d’une clinique l’attend. Il est fort surpris de retrouver son ami Gaudaine sur un lit d’hôpital mais bien vivant. François lui révèle alors une partie des tenants et aboutissants des évènements que vient d vivre l’ingénieur. D’abord, quoi qu’ait déclaré Halvil, Lucienne s’est suicidée. Ensuite les instigateurs de cette mascarade de séquestration qui s’est mal terminée dépendent de l’Intelligence Service, dont Halvil est l’un des responsables dépendant directement du 10 Downing Street. Une machination qui devait inciter Laneuville, qui possède des relations dans le monde du pétrole, à servir leurs projets de domination mondiale. Enfin la seringue ne contenait pas de poison comme supposé mais un simple anesthésique. Mais Laneuville n’est pas au bout de ses peines.


Un roman bizarre auquel la couverture pourrait laisser supposer une interférence fantastique. L’action de cette histoire se déroule durant la Seconde Guerre Mondiale, peut-être au début des hostilités, mais à part deux ou trois paragraphes furtifs où les Allemands font de la figuration “ intelligente ”, la belligérance n’est pas évoquée. La bête noire dénoncée est en réalité la nation anglaise. Une diatribe particulièrement virulente est proférée à l’encontre des agents de l’Intelligence Service tandis que la soldatesque teutonne, malgré Paris envahi, est absoute. Tout est axé sur des méfaits, des forfaits réels ou supposés, des meurtres perpétrés par les services secrets britanniques mettant en cause l’ordre établi. Et ce sont les services secrets britanniques qui sont montrés du doigt comme les ennemis de la patrie. Un parti pris qui peut laisser dubitatif le lecteur d’aujourd’hui plus habitué à des faits de guerre ayant pour cadre la Résistance. Etait-ce afin de ne pas froisser la susceptibilité des occupants, une sorte de vengeance envers les Britanniques qui avaient à leur actif quelques bavures dans les années 40, Dunkerque par exemple, on peut se poser des questions sur cette vindicte proférée envers les Services Secrets d’une nation alliée.

En fait H.J. Magog, de son vrai nom Henri-Georges Jeanne (né le 29/05/1877 à Laon, décédé en 1947) et qui a signé entre autres Jean de la Tardoire et Jean Noal, fit partie de cette cohorte d’écrivains ayant fait allégeance aux occupants et à leurs idées fascistes.


Extraits pages 38,39 et 40 :


“ A quoi servent les victimes de tant de menées souterraines, de tant de crimes impunis et souvent ignorés ? Dans quel but agit une gigantesque pieuvre dont les tentacules s’étendent sur toute la terre… ”


“ Une association de malfaiteurs ? Tu viens de trouver le mot exact. Mais elle a un nom, qui fait trembler les infortunés pris dans ses filets ou menacés par elle, et indigne les autres, les honnêtes gens, ses victimes passées, présentes ou futures. Elle se nomme l’Intelligence Service, orgueil des trafiquants de la City, fondée par leurs ancêtres. ”


“ Voilà les méthodes employées par les maîtres de Downing Street ! Retiens ce nom et cette adresse : c’est là, au n° 10, que siège le cerveau criminel de l’Angleterre. C’est là que s’accumulent les milliards qui servent à acheter les consciences et à payer les assassins pour le plus grand profit d’Albion et de son ambitieux dessein de s’assurer la domination du monde ! 

 

 

H.J. MAGOG et Alain JEFF : L’étreinte de la pieuvre.

Collection Plume et corde N°1, Editions Littéraires et Artistiques. Paris. 1942. Illustration Claudel.

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 16:06

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Comme tout gamin, Michael Lanyard ne se souvient pas de ses premières années d’enfance. Juste qu’il a été amené dans un fiacre alors qu’il n’avait que quatre ou cinq ans dans un hôtel restaurant parisien, le Troyon, du nom de son propriétaire. D’origine anglaise, il ne parle que cette langue mais se mettra rapidement au français, conservant la faculté d’être bilingue. Il est d’abord hébergé dans une sorte de placard puis est relégué dans une petite pièce au grenier. Il répond au nom de Marcel et n’empruntera celui de Michel Lanyard sous les conseils avisés d’un client Irlandais, Bourke.

La nuit, Marcel parcourt les rues de la capitale, chipant à gauche et à droite pour pouvoir s’acheter des livres qu’il dévore. Bourke est un client régulier qui dépose sur sa table de nuit des pièces et Marcel se sert sans vergogne jusqu’au jour où Bourke le surprend. Le truand, car s’en est un, le prend sous son aisselle, lui fournit une identité et lui enseigne les rudiments du métier. Bourke décède et le Loup devenu Solitaire prend son envol, normal lorsqu’on est un rapace.

Lanyard, plus connu des services de police et de ses confrères sous le nom de Loup Solitaire, possède une couverture non mitée. C’est un collectionneur d’art reconnu, et la nuit, il se transforme en Arsène Lupin, une filiation qu’il revendique. Ayant réalisé deux beaux coups à Londres il débarque à Paris avec les bijoux de la richissime Madame Omber ainsi que des documents subtilisés à Ekstrom, lequel les avait lui-même dérobés à un ingénieur français qui avait conçu un appareil révolutionnaire dans le domaine de l’aviation.

A la descente du train en provenance de Londres il a la mauvaise surprise de se rendre compte qu’un agent de Scotland Yard du nom de Roddy et un homme de la préfecture de police reluquent les figures des passagers. Mais les deux hommes ne s’intéressent pas à lui, du moins ils ne paraissent pas l’apercevoir. Quoique possédant des cachettes dans la capitale, c’est sur une impulsion qu’il se rend en taxi à l’hôtel Troyon qui a changé de propriétaire. Or le premier individu qu’il aperçoit est le fameux Roddy. Une coïncidence, sans aucun doute. L’homme semble surtout surveiller une vieille connaissance, le comte Rémy de Morbihan qui est en train de manger en compagnie l’Américain Bannon et de sa fille Lucy.

Morbihan tout comme Bannon, sous des dehors respectables, sont deux malfrats et Lucy, Lanyard l’apprendra peu après dans des circonstances particulières, est en réalité infirmière et s’appelle Lucy Shannon. Mais les événements se précipitent. Le soir même il découvre Lucy dans sa chambre, et elle prétend être atteinte de somnambulisme. Lanyard est persuadé que quelqu’un a visité l’une de ses caches et il en a la preuve en découvrant une inscription sur un billet de banque adressé au Loup Solitaire. La Meute l’invite à participer à une réunion dans un lieu dit l’Abbaye de Thélème, un restaurant. Il s’y rend confiant et reconnait, malgré leurs masques, Morbihan, Popinot et Wertheimer, trois malfrats qui lui proposent une association. Seul lui est inconnu le quatrième homme. Naturellement Lanyard refuse, justifiant son surnom de Solitaire. De retour à l’hôtel il découvre Roddy assassiné tandis qu’un inconnu tente de le faire passer de vie à trépas.

Lanyard est obligé de fuir, de chercher une cachette, aidé en cela par Lucy dont les agissements sont pour le moins mystérieux. Une partie de cache-cache débute entre Lanyard et les membres de la Meute réunis en Syndicat des Bas-fonds. Il s’éprend de Lucy et apparemment il ne lui est pas indifférent mais elle est désire rester sur ses gardes. Les nombreuses tribulations de Lanyard influent sur sa façon de se conduire et il décide de devenir honnête. Mais y arrivera-t-il ? Pourra-t-il tenir sa promesse pour conquérir le cœur de Lucy ? Et qui est Lucy qui se conduit d’une façon énigmatique ?

Bien évidemment le lecteur ne pourra s’empêcher, et avec raison, de rapprocher le Loup Solitaire d’Arsène Lupin dont les trajectoires sont sensiblement équivalentes. Avec un charme désuet nous suivons les pérégrinations de cet homme, de ce voleur dandy qui est amené à louvoyer entre le Bien et le Mal, reprenant ses activités de voleur pour mieux se dédouaner, obligé de retrouver son habit de cambrioleur pour pouvoir s’innocenter.

Les tribulations de Lanyard l’amènent à voyager, le plus souvent en automobile, dans un Paris qui n’est plus vraiment celui que nous connaissons, avec l’évocation des anciennes fortifications par exemple. Il devient même à l’occasion chauffeur de taxi. Mais des scènes ne manquent pas de pittoresque, surtout lorsque Lanyard est obligé de prendre l’avion, un coucou, lui qui n’apprécie guère ce moyen de déplacement. Une ambiance rétro dont on sort attendri, comme lors d’une séance de cinéma à la vision d’un film en noir et blanc et parfois muet. D’ailleurs vingt-quatre adaptations cinématographiques ont été réalisées entre 1917 et 1949, c’est dire si ce héros attachant connut un véritable succès justifié et mérité.

Louis-Joseph Vance a écrit huit romans consacrés au Loup Solitaire et seulement cinq ont été traduits en France, dans la collection Le Masque. Il en manque donc trois à l’appel et si Jean-Daniel Brèque avait l’heureuse initiative de les proposer aux lecteurs français, nul doute qu’il y aurait des amateurs pour les lire. Un vœu pieux ?

 

 

Louis-Joseph VANCE : Le Loup solitaire (The Lone wolf – 1915. Traduit par Théo Varlet & Louis Postif. Première édition 1928, collection Le Masque N°13. Librairie des Champs Elysées). Collection Baskerville N° 12, éditions Rivière Blanche. 280 pages. 20,00€.

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 07:45

La fin d'une époque !

 

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Ce roman de Michel Quint marque la fin d’une époque : celle de la collection Spécial Police du Fleuve Noir après près de quarante ans de bons et loyaux services.

Pourtant, d’après les renseignements que j’avais pu obtenir auprès de la maison d’édition à l’époque, il ne s’agissait que d’une simple mise en sommeil de cette collection qui avait furtivement changé de nom, devenant Polices tout simplement depuis quelques mois. La collection repartira de plus belle m’avait-on signifié, mais avec des manuscrits sélectionnés avec plus de rigueur que lors des dernières années.

Pour en revenir à Michel Quint, et à son roman, que dire… Que si tous les manuscrits qui avaient été édités les derniers mois précédents la fin de cette collection avaient été du même tonneau, nul doute que Spécial Police devenue Polices aurait eu encore de beaux jours. Que plus qu’un roman policier, c’est un roman littéraire dans lequel l’auteur joue.

Il jour avec les mots, il poétise, il se fait plaisir dans l’écriture espérant, et réussissant, amener du plaisir au lecteur.

Michel Quint ne se contente pas d’aligner les mots les uns à la suite des autres. Il les choisit comme un diamantaire distingue ses plus belles pierres et les enfile une à une, construisant ses phrases en douceur, les ciselant. Et d’un seul coup le lecteur s’aperçoit qu’il est en train de commettre une hérésie : il se laisse bercer par les mots, l’histoire étant reléguée au second plan, alors que dans tout roman d’aventures c’est justement l’histoire qui prime. Alors, tant pis, on pardonne à Michel Quint de nous avoir démontré qu’un romancier de fiction policière sait aussi écrire, et qu’il manie avec aisance la langue française.

Ray, qui anime quotidiennement un jeu radiophonique, découvre sa femme Bella assassinée, sauvagement mutilée. Qui est le criminel ? Une bande de terroristes, comme l’aimerai le faire croire une lettre envoyée aux journaux, thèse retenue par le commissaire Favreau ? Ne serait-ce pas plutôt un ex-candidat auquel l’animateur du jeu radiophonique aurait manqué ? Un secret a-t-il été dévoilé inconsciemment ? Mais pourquoi s’en prendre à Bella, qui vivait recluse dans son appartement et qui, il faut le dire, ne manquait pas de beauté, de charme, de séduction, mais était aussi affligée d’une innocente sottise. Une ravissante idiote en quelque sorte.


Michel QUINT : Bella ciao. Spécial Police N° 2075. Editions Fleuve Noir. Décembre 1987. 160 pages.

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 16:57

Vaudou, quand tu nous tiens !

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Bill Pronzini, c’est avant tout le créateur du Nameless, le détective sans nom, mais il a écrit également des westerns, des essais, publié des anthologies policières, cosigné des romans avec M.H. Greenberg, John Lutz, Marcia Muller ou Barry Malzberg.

Mercredi des Cendres ne fait pas partie de la saga du Nameless. Totalement différent, c’est un roman de suspense alors que ceux mettant son héros de prédilection en scène sont plus des romans de détection.

Mercredi des Cendres est donc un roman de suspense dans lequel entrent un peu de mystère et de fantastique. L’action se déroule durant le Carnaval de La Nouvelle-Orléans. Ambiance de liesse, musique de jazz à l’appui. Mais le vaudou, cette coutume, ce culte qui provient des Antilles plane sur cette assemblée et principalement sur Steven Giroux, venu passer quelques jours en Louisiane, afin de se changer les idées, étant séparé de sa femme et de son enfant depuis peu

A l’hôtel où il réside, il fait la connaissance de Juleen. Ils discutent, vont assister à un défilé, se plaisent, et finissent la soirée chez la jeune femme. Pauvre Steven qui a bu quelques verres de trop et qui s’endort au moment le plus intéressant.

Cruel réveil. Juleen a disparu, ses bras sont couverts de sang. Que s’est-il passé, l’a-t-il assassinée ? Cette question il se la pose mais n’ose pas la résoudre bien qu’une odeur suspecte monte de la cave. Une senteur cadavérique… Le mystère plane, envoûtant.

Parmi les parades, les défilés aux participants déguisés, aux spectateurs masqués, il erre désemparé. Mais un homme portant un masque de dragon le suit inlassablement. Le vaudou, cette religion antillaise d’origine catholique, va donner des sueurs froides à Steven qui sera débordé par les événements et sera secondé inopinément par Mona. Mais Mona est-elle vraiment de son bord ? Bientôt il va douter.

Après un démarrage un peu lent, le livre atteint des dimensions démoniaques et sanglantes, que ce soit parmi la foule composite, turbulente, déchaînée, dans ce tourbillon carnavalesque qui sévit dans les rues de La Nouvelle-Orléans, ou dans le calme trompeur et mensonger des bayous.


Bill PRONZINI : Mercredi des Cendres (Masques – 1981. Traduction de Danièle et Pierre Bondil). Collection Engrenage International N°129. Décembre 1985. 288 pages.

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 13:22

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Hamed Ben Bella, figure marquante de l’indépendance de l’Algérie aura passé plus de vingt ans de sa vie en prison.

Gérard Streiff, en journaliste consciencieux, relate la vie de cet homme profondément épris de justice, de liberté et d’amour de son pays, quoique fils d’émigrants marocains.

L’ouvrage débute sur une image insolite. Ahmed Ben Bella en footballeur. Carrière qu’il aurait pu continuer si la seconde guerre mondiale n’en avait pas décidé autrement. Grâce à Ben Bella, l’Olympique de Marseille gagne son match contre Antibes, match comptant pour le championnat de France et joué le 21 avril 1940. Ce sera le dernier match joué en championnat.

Né à Marnia en 1918, un 25 décembre, Ben Bella est un enfant assez précoce et ses résultats scolaires encourageants puisqu’il obtient son certificat d’études à douze ans. Mais pour des raisons administratives son père falsifie sa date de naissance, le vieillissant de deux ans. Il part au service militaire en 1937. Déjà le jeune Ben Bella était un enfant révolté et dans l’école qu’il intègre à Tlemcen, pour passer le brevet, il se rebelle à quatorze ans contre son maitre qui, protestant rigoriste, se moque de l’Islam. Il échoue au brevet ce qui ne l’empêche pas de faire une prépa militaire et il est intégré en 1937 au 141e régiment d’infanterie alpine qui est basé à Marseille. Il passe sergent et ses espoirs de footballeur s’évanouissent fin avril 1940. La vraie guerre vient de commencer.

Toujours l’esprit rebelle il n’accepte pas la discrimination qui règne dans le régiment. Alors il est muté dans un régiment de tirailleurs marocains, où il se sent plus à l’aise. De nombreuses péripéties émaillent ces années de guerre. De révolte contre certains supérieurs, de faits de guerre glorieux, notamment en Italie au Monte Cassino. Fin juin 1944 il est décoré de la médaille militaire, une distinction remise par le Général de Gaulle lui-même qui a fait le voyage.

Mais le 8 mai 1945, jour de la signature de l’Armistice, des émeutes éclatent à Sétif et Constantine. Des dizaines d’Européens sont tués et la répression ne se fait pas attendre. En représailles ce seront des milliers de morts que déplorera l’Algérie. Ce carnage signe l’engagement politique de Ben Bella qui adhère au MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) et malgré que les dés soient pipés, Ben Bella est élu en 1947 comme conseiller municipal de Marnia.

Le MTLD tergiverse et certains, des jeunes principalement, trouvent que ce parti est trop mou. Une OS, Organisation Spéciale, est créée et Ben Bella est nommé à sa tête. Les fonds manquent et le meilleur moyen de s’en procurer est d’en prendre là où il y en a. Un hold-up est organisé contre la Poste d’Oran, et en mars 1950 Ben Bella est arrêté. Il écope de huit ans de prison mais il parvient à s’évader. Muni de faux papiers, il regagne Marseille puis Paris au début des années 50. En 1954 est créé le Comité révolutionnaire d’unité et d’action et Ben Bella est nommé à sa tête en compagnie de huit autres membres. En octobre 1954, le groupe qui a pris le nom de FLN, Front de libération nationale, réuni en Suisse, décide l’insurrection et le 1er novembre 1954, la guerre d’Algérie débute avec au départ peu d’armes. Ce soulèvement prendra des proportions que les plus anciens connaissent et ont parfois vécues.

Ben Bella est véritablement la figure marquante de la libération de l’Algérie, de son indépendance, mais de loin, car emprisonné. On pourrait le comparer à Toussaint Louverture, figure historique des mouvements anticolonialistes et abolitionniste d’Haïti, œuvrant pour l’émancipation des Noirs.

Si ce livre, écrit avec simplicité et clarté, sans parti pris, avec impartialité, par Gérard Streiff est destiné aux préadolescents, théoriquement, mais les adultes peuvent pour ne pas écrire doivent le lire car si tout un chacun connait le nom de Ben Bella, attaché à la signature des accords d’Evian, peu connaissent la carrière de l’homme, son engagement politique, ses convictions, les transformations envisagées et pour certaines réussies lors de son court mandat présidentiel.

guerre-algerie.jpgEn complément à cet ouvrage, une chronologie : l’Algérie de la colonisation à l’indépendance ; une filmographie et un entretien avec l’auteur. Il est à noter que, et c’est signalé dans l’ouvrage, qu’Alexandre Dumas, en 1846 avait écrit une nouvelle, Arabes et Français, dans laquelle il dénonçait la colonisation, le premier texte anticolonialiste de la littérature française. De même, Boris Vian avait composé en 1954 pour la guerre d’Indochine la chanson Le déserteur et publiée dans le douloureux contexte de la guerre d’Algérie. Elle sera censurée jusqu’en 1962.

Dans la même collection et sur la même thématique, Gérard Streiff a signé : La guerre d’Algérie ; Discours et textes officiels. Un complément indispensable pour se remémorer ou mieux connaître des événements qui ont marqué durablement les esprits, avec souvent des rancœurs de part et d’autre, toujours fermement ancrés dans les consciences.


Du même auteur : Le trésor de Staline et dans la même collection : L'espion qui a vaincu Hitler, Richard Sorge.


Gérard STREIFF : Ben Bella et la libération de l’Algérie. Collection Histoire & Société. Editions Oskar. De 12 à 112 ans. Novembre 2011. 96 pages. 9,95€.

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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 09:19

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D’après une info repérée dans le quotidien britannique The Telegraph et relayée par Ouest-France du 3-4 août 2013, il y aurait plus de probabilité que les couche-tard développent un comportement narcissique, machiavélique et psychopathique. Un point commun partagé par Hitler et Staline. Or serait-ce à cause de cette propension à veiller le soir que Staline n’a pas voulu croire les informations que lui a délivrées Richard Sorge, alors en poste à Tokyo ?

Né d’un père allemand et d’une mère russe, Richard Sorge nait en Azerbaïdjan. En effet son père est ingénieur dans le pétrole et travaille dans la région de Bakou, non loin de la frontière iranienne. La famille revient en Allemagne peu avant le déclenchement de la première guerre mondiale. Richard Sorge possède donc la double nationalité allemande et russe mais il combat dans l’armée allemande au début du conflit, alors qu’il est trop jeune pour être incorporé. Il est blessé trois fois, séjourne trois fois à l’hôpital. Il rencontre une infirmière qui est profondément pacifiste et socialiste et sa vison sur la guerre change du tout au tout. Il participe à ces mouvements tandis qu’en Russie c’est la fameuse révolution d’octobre. De socialiste il devient communiste et côtoie l’Internationale Communiste dont le siège est à Berlin. Il choisi son camp et intègre les services secrets russes. Il quitte l’Allemagne pour la Russie et suit l’école d’espionnage. Il est envoyé d’abord en Allemagne avec une couverture de journaliste puis en Asie, la Chine en premier lieu puis le Japon. Il possède une couverture de journaliste allemand mais travaille pour les Russes.

C’est à Tokyo qu’on fait sa connaissance dans ce roman. Il est devenu le secrétaire de l’ambassadeur allemand et recueille auprès de ses nombreux contacts, ses fourmis comme il les appelle, de nombreuses informations que son ami Max Klausen transmet par radio à Borzine qui est en poste à Vladivostok. Lors d’une réception il apprend qu’Hitler, qui pourtant avait signé un pacte de non-agression avec Staline, a décidé d’envahir la Russie. Seulement Staline, trop imbu de lui-même, et peut-être naïf, croyant que le pacte le protégerait, lui envoie une fin de non recevoir. Pour lui, il s’agit d’une information tronquée. Sorge est fou de rage, et continue de transmettre les infos à Moscou, avec précision. Et à la date prévue, la Russie est envahie, et malgré ses avertissements, l’armée soviétique n’est pas prête. Les hommes et le matériel sera rapatriés en urgence du fin fond de la Sibérie jusque sur les lieux des combats. L’on sait comment cet affrontement se termine, dans des bains de sang, avec des millions de morts à comptabiliser.

Ce livre, relatant ces événements qui se situent entre avril 1941 et novembre 1944, est complété par un dossier comprenant une description du groupe Ramsay, le petit réseau de Richard Sorge, des extraits des mémoires de l’espion russe, et un entretien avec Gérard Streiff, l’auteur.

Si tout le monde a entendu parler de Richard Sorge, combien connaissent véritablement son histoire et l’influence qu’il eut sur le déroulement du front russe, qui d’ailleurs aurait été moindre si Moscou l’avait écouté. D’autres informations sont parvenues à Staline qui en a tenu plus ou moins compte. Mais Sorge a été abandonné par les siens et il ne fut reconnu par l’URSS qu’en 1964, onze ans après la mort de Staline, lequel n’a jamais voulu reconnaître ses erreurs et ses défaillances.


Gérard STREIFF : L’espion qui a vaincu Hitler : Richard Sorge. Collection Histoire & Société. Editions Oskar. De 12 à 112 ans. 112 pages. 9,95€.

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 07:55

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1967. Un an avant mai 68 et sa révolution estudiantine et prolétarienne. Révolution qui ne secoue pas uniquement la France mais d’autres pays européens et également certains campus des Etats-Unis.

1967. Deux ans avant cette fameuse année érotique chère à Serge Gainsbourg. Le début du déferlement d’ouvertures de sex-shops, de la parution de livres, symbiose de l’érotisme et du pornographique, du tournage de films audacieux préparant l’arrivée sur le marché de films dits classés X, du déclin de la censure (en ce qui concerne les choses du sexe) et du bouleversement radical dans les mœurs.

1967. L’espoir pour l’ouvrier de l’utopique louche de caviar dans sa gamelle, en quête d’une ascension sociale, alors que le bourgeois s’encanaille en fumant des Gauloises trop fortes pour ses petites bronches.

L’Angleterre se trouve plongée en pleine crise d’adolescence, de croissance. La pudique Albion retrousse ses jupes et donne une bouffée d’air frais à des dessous mités. Lydia, héroïne pervertie, névrosée et schizophrène, elle l’avoue, a trouvé le joint : lorsque sa mère lui coupe les vivres vestimentaires, elle se déloque et pose pour des photos d’art (doux euphémisme) en compagnie de dockers membrus et frustres. Si seulement elle y trouvait son plaisir. Que nenni ! Ces séances la laissent irritée ! Elle est envahie du dégoût d’elle-même et de la société en particulier.

Un qui n’apprécie guère ces séances photographiques et rémunératrices, quoique, c’est John Odion, millionnaire en quête d’amour charnel et sentimental, tandis que les deux cousins de la Belle hébétée se frottent les mains, principalement Viper, eux qui commercent dans le graveleux authentique et le sado-maso libidineux et sénile.

Pour la mère de Lydia, Lady Quench, qui améliore son ordinaire en organisant des visites dominicales du domaine familial à des touristes balisés, c’est dur d’avoir élevé des enfants d’une telle engeance. Alors que Lydia vend ses charmes, ou ce qu’il en reste, sa sœur Béatrice milite au Parti Communiste. Shocking !

vices-prives.jpgLes autres personnages qui gravitent dans ce roman, Mendip le cousin associé de Viper et homosexuel, Farlock, tout le contraire du valet inspiré du personnage de Wodehouse l’inimitable Jeeves, qui se conduit en domestique exécrable et ivrogne, ou encore sir Andrew, légume cloué dans son fauteuil, plus raide et moins pensant que le roseau, et autres personnages imbus d’eux-mêmes, pourris de l’intérieur et à l’extérieur guère plus avenant, tous ces personnages semblent sortir d’une galerie de monstres.

Des monstres pas forcément physiquement, mais mentalement sûrement.


Peinture au vitriol d’une certaine catégorie de Britanniques, d’une société en pleine décadence, Vice privés, vertus publiques montre les lézardes dans l’édifice puritain au cours des années 60. Mais de cette dégradation morale ne jaillit pas le rayon de soleil régénérateur. C’est la purulence qui suinte. Le personnage de Lydia focalise tout l’avilissement et le désespoir qui tenaillent les jeunes héritiers en mal de vivre. Les autres ne vivent pas, ils survivent.

Bizarrement, ce roman, noir, est une bouffée de fraîcheur surtout après avoir lu J’étais Dora Suarez.


A lire également du même auteur : Bombe surprise.


 Robin COOK : Vices privés, vertus publiques (Private places and public places – 1967. Traduction de Jean-Paul Gratias). Editions du Terrain vague. 1990. Réédition Rivages Noir N°166. Octobre 1993. 254 pages. 7,65€.

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 14:20

Les sept cavaliers de l’Apocalypse entourés de leurs mentors ont frappé !

 

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L’apocalypse, qui à l’origine signifiait révélation ou dévoilement, a pris au fil des siècles une connotation de catastrophe rapide et violente. C’est donc ce contexte que les responsables du concours ImaJn’ère ont incité les participants à un concours de nouvelles à développer. Et tous ont pris à leur compte une vision basée sur des faits réels, ou par le biais de la politique-fiction ont décrits des événements qui pourraient nous tomber sur le râble un jour.

Les sept gagnants dont certains ne sont pas à leur coup d’essai délivrent par leurs textes un message qui n’est guère à l’honneur, la plupart du temps, des dirigeants gouvernementaux.

Et le petit train qu’ils composent en autant de wagons brinquebalant sur des rails de l’incertitude est entraîné par une locomotive habituée à conduire les voyageurs-lecteurs dans des chemins escarpés. Jean-Bernard Pouy, puisque c’est de lui dont il s’agit, s’est posé la question de savoir dans Scato intégriste comment pourrait évoluer la société si l’Eglise catholique, qui déjà se montre homophobe, lançait une croisade tout en défendant le mariage.

Avec Le goût amer des empanadas, Julien Heylbroeck, qui a déjà fourni quelques nouvelles dans des anthologies publiées par Rivière Blanche, reviens sur trois journées décisives dans l’histoire du Chili. Le 9 septembre 1973, l’inspecteur Caballero ainsi que son adjoint Casares sont amenés à enquêter sur le meurtre de Junio Vidal, le grand patron d’une entreprise de transport. Les camionneurs sont en grève, la veuve est éplorée et mondaine, et l’armée s’agite. La junte militaire s’apprête à renverser le président chilien.

Les oubliés de Vincent Herbillon s’inscrit dans l’après-cataclysme apocalyptique, dans un pays non défini mais qui affecte toute la planète. Et les Oubliés sont tous ceux qui sont rejetés, parqués, recherchant une maigre nourriture parmi les détritus. Ils sont surveillés par des miliciens qui n’hésitent pas à tirer sur ceux qui veulent fuir leur condition. Les gros, les hommes politiques, les financiers jouissent quant à eux d’une aisance obscène.

Jilali Hamham avec 93 panthers imagine une révolte des habitants d’origine arabe de la banlieue parisienne et plus précisément les habitants du 9.3. Houriad Jawad, la Marianne au keffieh comme elle a été surnommée, et ses trois compagnons remontent une avenue proche des Champs Elysées à bord d’un fourgon. Elle est communication avec d’autres véhicules qui ont quitté le département de la Seine Saint-Denis, exacerbés par l’ostracisme qui y règne. Ils ont mitonné un feu d’artifice à leur manière et essaient de ne pas se faire remarquer par les motards de la police qui sillonnent l’avenue.

Emeute  d’Eric Lainé extrapole sur l’explosion de haine qui s’est déclarée dans des quartiers parisiens suite à un banal fait divers comme il en arrive parfois. Une voiture volée, une course poursuite avec un véhicule de la Bac, des policiers qui ne se maitrisent pas et un coup de feu tiré en l’air atteignant un gamin jouant sur une terrasse d’un quatrième étage. L’engrenage de la violence et des habitants se prennent pour des résistants, devenant des miliciens presque pour le plaisir, se croyant dans un jeu de rôle.

Yuri, crâne rasé et couturé de cicatrices, le personnage principal de Extrasystole, de Jérôme Verschueren, est l’homme de main de Paul, un homme secret, riche, le dirigeant d’une société de clearing. Yuri a des problèmes de cœur, pourtant il a toujours vécu sainement, même en tôle  : vodka bio, à profusion. Ce jour-là, 21 décembre 2012, il sait qu’il n’a plus que quelques heures à vivre, mais auparavant il faut qu’il termine un boulot.

Samedi 12 décembre a également inspiré Jean-Hugues Villacampa, l’instigateur de ce concours, dans Samedi noir. Des policiers en armure et des membres d’un Service d’ordre anar s’affrontent boulevard Voltaire à Paris. Le chômage vient de dépasser les cinq millions de personnes et encore tout le monde n’est pas compté. Des familles entières sont jetées à la rue. Dans ce contexte Arnaud est au four et au moulin, et ce n’est pas de la galette.

On se revoit à la Saint-Truphème propose Robert Darvel, le créateur des éditions du Carnoplaste. Trois meurtriers, les assassins de la malheureuse Gabrielle deRhuys, ont un problème. Que faire du corps ? Ils entreprennent de le découper en trois et chacun de leur côté d’en emmener un morceau, et de s’en débarrasser, selon leur inspiration. Et de revoir à la Saint-Truphème pour échanger leur façon de procéder.

Nouvelle qui vous rappellera sans aucun doute votre enfance, Tir aux pigeons de Dominique Delahaye. Gamin, Jean-Pierre a reçu en étrennes un tir aux pigeons, un mobile sur lequel sont juchés des volatiles en carton et qu’il faut abattre d’une flèche munie d’une ventouse. Son copain Philippe était très fort à ce jeu-là tandis que Jean-Pierre peinait. C’était dans une ville où les hauts-fourneaux ne chômaient pas. Pas encore. Bien des années plus tard, les hauts-fourneaux s’éteignent et Jean-Pierre a entrepris de réaliser une action d’éclat.

 

Le thème récurrent est bien la rébellion, l’émeute, l’insurrection, menées par des factions intégristes, par des rejetés de la société, des bandes organisées ou des particuliers. Ce qui se traduit soit par des actes isolés soit par des opérations mûrement réfléchies qui entrainent des faits divers qui pourraient passer inaperçus ou mettent la société en danger.

Chaque auteur a développé selon son inspiration, son envie, sa vision d’un monde en déliquescence, ce thème qui était l’objet d’un concours de nouvelles lancé par l’association ImaJn’ère. Le sujet retenu était plus précisément : Apocalypse sociétale : Notre société n’a jamais attendu les prévisions apocalyptiques des fins-du-mondistes de tout poil pour concocter les pires atteintes aux droits fondamentaux de l’Homme et l’imagination diabolique des hommes de pouvoir surprend chaque jour un peu plus le commun des mortels. La notion d’apocalypse ou de fin du monde se décline sous les formes les plus divers selon sa propre perception du cataclysme ultime.

Et vraiment les auteurs s’en sont donné à cœur joie pour imaginer ce qui pour eux est le symbole du cataclysme, de l’apocalypse. Souvent dans un déchaînement de violence, parfois avec un humour noir très prononcé, ils se sont dépatouillés avec brio de ce qui n’était pas au départ un thème évident, et surtout ils ont su le renouveler.

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L’association ImaJn’ère sous la houlette de Jean-Hugues Villacampa édite également deux fanzines, La Tête en l’ére et La Tête en rêve, que vous pouvez télécharger en visitant le site de PhénomèneJ,  une bouquinerie basée à Angers et qui édite également le plus vieux fanzine français La Tête en Noir dirigé de main de maître par Jean-Paul Guéry, le préfacier de l’ouvrage et son petit frère La Tête en Rose dont l’unique rédacteur est Michel Amelin. ou celui de ImaJn'ère.


Contact par courrier à Phénomène J : 3 rue Montault ; 49100 Angers.


Total Chaos : Recueil collectif. Editions ImaJn’ére. 192 pages. 14,00€.

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 14:22

Petit hommage, tardif, à Robin Cook, décédé le 30 juillet 1994.

 

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Petit malfrat sans grande envergure, Le Bourdon a connu en prison un vieux pédé du nom de Grindlay, connu pour ses idées fascistes et leader du Parti Angleterre Forte Angleterre Libre. Si Le Bourdon décide d'adhérer à cette nouvelle donne politique montante et d'y associer son ami Spurmaway, c'est plus pour y trouver son content financièrement que par idéologie.

Mais au sein de ce parti les adjoints du Leader jugent celui-ci un peu trop mou, trop laxiste, prônant toute une série de mesures destinées à sensibiliser l'opinion publique. Un journaliste qui mange à tous les râteliers, vendant sa prose au journal le plus offrant s'insère dans ce micmac tandis qu'un jeune prostitué lui aussi exerce un chantage auprès du leader. Un policier qui appartient aux Services Spéciaux se lance dans la chasse aux fascistes mais incompris par ses chefs, il est catalogué comme cinglé.


Robin Cook a choisi la dérision pour écrire ce roman qui date de 1963, alors que la montée du fascisme en était à ses balbutiements. La dérision et l'humour, pour mieux peut-être sensibiliser ses lecteurs et avec un recul de trente ans, on s'aperçoit que notre auteur britannique avait écrit un roman prémonitoire. La causticité qui se dégage de cette œuvre et l'humour parfois pince-sans-rire, à la limite du burlesque, dénoncent des idées aujourd'hui banalisées. Et l'on se dit que ce qu'il décrit n'est pas possible, seulement il suffit de regarder autour de soi pour se rendre compte que Robin Cook n'a rien inventé, tout juste extrapolé avec justesse et intuition les années 90. Un roman léger qui nous change des dernières œuvres de Robin Cook qui s'attache avec une certaine morbidité à analyser le comportement de tueurs en série. Un livre rafraîchissant malgré le sérieux du contexte.

Les assidus de Robin Cook retrouveront Jenny Rofrio, duchesse par alliance, un personnage évoqué dans Crème Anglaise, le premier roman traduit en France en 1966 du plus français des auteurs britanniques.


Robin COOK : Bombe surprise. traduit de l'anglais par Jean Esch. Editions Joëlle Losfeld. Novembre 1993. Réédition Rivages Noirs N° 260. Janvier 1997. 256 pages. 8,15€.

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