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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 07:32

L'amour ne connait pas de frontières !

 

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Chad Brinner, journaliste américain, délaisse son travail de reporter pour une occupation moins lucrative mais qui lui tient à cœur: Sophie Desmarque, une jeune parisienne dont il est amoureux a brusquement disparu de la nature. Envolée. Sans laisser de traces. La ténacité est une vertu souvent payante. Chad Brinner en fait l'expérience à son corps défendant.

Il pense avoir localisé son amie aux bureaux d'une agence de tourisme dont lui-me devient client. Mais ce qu'il pensait ntre qu'un parcours de reconnaissance s'avérera être le prologue d'un fabuleux voyage temporel et interplanétaire. Chad, transporté à des milliers d'années de là découvre une civilisation nouvelle basée sur un système rétrograde. S'il a été enlevé c'est pour devenir serf, esclave des Solariens. N'ayant en tête qu'une obsession, retrouver §ophie, Chad Brinner par sa bravoure, son gout du risque, son impertinence, va connaitre de nombreuses aventures épiques bravant tous les dangers, réprimant des révoltes organisées par des traîtres. A la recherche de celle qu'il aime, il verra son statut social s'améliorer grâce à son courage, sa loyauté, son sens de l'honneur.

Roman de Science-fiction et d'Héroïc-fantasy, avec une légère connotation policière, Projet Nouvelle Vénus était dû à la plume d'un nouvel auteur du Fleuve Noir, Claude J. Legrand, qui nous proposait en même temps dans la nouvelle Collection Noire un roman policier intitulé La virée. Cette chronique radiographique date d'août 1988 et depuis Claude J. Legrand s'est imposé dans le domaine de la science-fiction avec d'autres ouvrages édités notamment chez Rivière Blanche, mais surtout comme scénariste de Bandes Dessinées petits formats.

 

Claude J. LEGRAND : Projet Nouvelle Vénus. Fleuve Noir anticipation n°1638. Parution Juin 1988. 192 pages.

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 13:04

Qu'a fait le fakir ?

 

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Depuis quelques mois un fakir nommé Egyptius est la coqueluche de la haute société Parisienne. Seulement Lucien Barral, lui-même spolié, a remarqué que la présence d’Egyptius dans un endroit était suivie d’un vol de bijoux.

Il engage Guy Farnèse, détective privé et les deux hommes se retrouvent dans une soirée organisée par Lord Markson, à Neuilly. Egyptius propose comme numéro clou de la soirée la disparition pendant dix minutes de Sammy, le fils de l’hôte. Farnèse flaire l’entourloupe et il a raison car il s’agit bel et bien d’un enlèvement. Farnèse se lance à la poursuite du véhicule à bord duquel se trouve Sammy mais il est stoppé par des policiers trop zélés.

Egyptius contacte le père de l’enfant pour lui demander une rançon. Son message émane de Saint-Nazaire et Farnèse se rend sans tarder sur le port. Il est attiré par une fête foraine et plus particulièrement la baraque d’une diseuse de bonne aventure. Il pressent avec raison que la cartomancienne n’est autre qu’Egyptius. Il tente de s’infiltrer par l’arrière mais il est repéré et est jeté dans une cage déjà habitée par un lion. Il réussit à s’échapper mais Egyptius s’embarque sur un canot avec le gamin. Farnèse le poursuit avec quelques minutes de retard mais parvient toutefois à monter à bord du cargo sur lequel Egyptius doit rejoindre les Amériques. Il se débarrasse des marins et du kidnappeur, rendant l’enfant sain et saut à ses parents.

 

Rapidement menée cette aventure pêche toutefois par un manque d’information, même si le mage possède des dons particuliers, d’hypnotisme par exemple. Ne sont pas dévoilés les subterfuges d’enlèvements, mais le truc du magicien est rarement diffusé donc le romancier peut se cacher derrière la subtile réserve du professionnel. Plaisant à lire malgré tout.

 

A lire également de Maurice Limat : Mille et une blessures ainsi que Atoxa des Abysses.

Maurice LIMAT : Egyptius. Collection Mon Roman Policier N°178. Editions Ferenczi. 3ème trimestre 1951. 32 pages.

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 14:29

En cette fin décembre 2003, Gabriel Lecouvreur prend le train pour Grenoble content de retrouver deux anciens amis, mais lorsqu'il arrive sur place, c'est une grande désillusion qui l'attend.

 

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Tout commence ou presque, comme à l'habitude, au café restaurant du Pied de Porc à la Sainte-Scolasse. Gérard le patron lui trouve une mine de papier mâché. Une fatigue due à une nuit passée avec quelques SDF à récupérer dans des containers des supermarchés des denrées périssables la plupart du temps javellisées par des responsable pour qui Humanisme est inconnu de leur vocabulaire.

ledun1.jpgUn appel téléphonique détourne l'attention du Poulpe alors qu'il entame sa lecture du Parisien que Gérard lui tendu négligemment. Alain, un vieux copain, lui propose de venir les rejoindre lui et un autre ancien condisciple à Grenoble où ils vont participer le lendemain 20 décembre à une petite opération dans les rues de Grenoble. Or l'article du quotidien est justement dédié à une protestation de trois éco-citoyens qui depuis début novembre se sont installés dans des arbres centenaires du parc Paul-Mistral. Ils manifestent contre l'implantation d'un stade dont la construction se révèle onéreuse mais de plus défigure ce parc, dont bon nombre d'arbres dits remarquables seront abattus, uniquement au profit... Au profit de qui justement ? Sûrement pas celui des riverains qui grognent contre les nuisances sonores et autres, qui ne manqueront pas lors des soirs de match, des mères et des nourrices dont le parc constitue une agréable promenade digestive et apaisante pour les bambins, des amoureux de la nature qui revendiquent un peu d'air pur dans le centre ville. Peut-être au profit d'une municipalité en quête d'action électorale, d'entrepreneurs publics qui voient là une façon d'augmenter leurs profits, et autres indifférents qui se moquent aussi bien du foot que de politique, du moment que cela n'empiète pas sur leur jardinet de banlieue.

Le Poulpe qui digère encore les libations de la veille est réveillé par leledun2.jpg contrôleur qui lui annonce que son voyage est terminé depuis dix minutes. Et à la sortie de la gare pas d'Alain pour l'attendre. Un rendez-vous manqué, pense-t-il à tort. Mais non, Michel est là seulement les retrouvailles sont assombries car le fils d'Alain, José, vient d'être appréhendé pour meurtre. Une jeune femme qui squattait un coin retiré sous des buissons non loin des travaux, déjà entamés, du futur stade, a été retrouvée morte, assassinée. José, selon la rumeur, était amoureux d'elle, et des affaires lui appartenant ont été découvertes dans son appartement. Mais s'il fallait n'en écouter que la rumeur, il y a bien longtemps que toute la population serait soupçonnée d'un crime. Il en faut plus pour Gabriel Lecouvreur qui va plonger ses grands bras dans la boue du chantier pour rechercher la vérité alors qu'il est si facile pour les policiers à s'en tenir à des appâts rances. Or d'après des SDF du quartier, Judith, c'est le nom de la défunte, partageait une cabane construite de bric et de broc avec Mathilde, avec qui elle s'entendait très très bien et qui a disparu elle aussi depuis quelques jours.

ledun3.JPGGabriel n'aime pas du tout le tour que prend cette affaire et tout en participant à une manifestation de protestation, va remonter la filière, rencontrant quelques personnages clé, et comme il faut s'y attendre se voir octroyer quelques coups bas qui l'obligeront à compter ses abattis afin de vérifier si la déconstruction opérée à son physique ne lui a pas occasionné quelques fractures.


Publié en 2010 ce roman s'inspire d'un événement réel qui a connu des hauts et des bas et quelques articles dans les quotidiens. En effet la construction du complexe sportif et du stade grenoblois a non seulement fait couler beaucoup de mortier, de ciment, mais aussi d'argent, d'encre et de déclarations politiques. Des jugements ont été rendus en faveur des opposants à son édification, mais ils ont été soit cassés, soit détournés. Une fois de plus, cette série du Poulpe met le doigt où ça démange. Mais Marin Ledun évite l'écueil trop souvent mis en avant, celui des fascistes, quoique leurs exactions méritent d'être dénoncés, mais qui ici n'aurait eu aucun sens. Un Poulpe qui nous remet l'eau à la bouche qui donne envie d'en lire d'autres.


Marin LEDUN : Un singe en Isère. Collection Le Poulpe N° 264. Editions Baleine. Parution 11 février 2010. 162 pages. 8,00€.

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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 14:36

Parfois les personnes réservées attirent plus l'attention que celles qui se montrent expansives.

 

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Ainsi cette jeune femme que Jim Messanger côtoie assez souvent à son restaurant habituel. Elle mange toujours le même plat, sans rien dire, sans s'intéresser à ce qu'il se passe à côté d'elle, comme si tout était invisible pour elle. Il essaie même de l'aborder mais sans succès. Il la suit un jour jusque chez elle et apprend ainsi qu'elle se nomme Janet Mitchell. Et puis un beau, ou mauvais, jour, elle disparait.

Jim Messanger est expert-comptable à de San Francisco et il ne nourrit aucune ambition particulière. Il se sent bien à sa place et ne revendique rien. Proche de la quarantaine, il est célibataire. Il a été marié alors qu'il n'avait que vingt ans avec Doris, étudiante comme lui, mais cela n'aura duré que sept mois. Même pas le temps d'une gestation. Un de ses collègues et ami tente bien de lui faire rencontrer des femmes de son âge, peine perdue. Sa seule passion réside dans le jazz, et quelques exercices de gym ou de jogging pour entretenir sa forme. S'il a surnommé Janet Mitchell Mademoiselle Solitude, lui-même se complait dans son isolement affectif et social.

solitude1.jpgLa disparition de Mademoiselle Solitude est due à un départ précipité, peut-être programmé. Elle a été retrouvée dans sa baignoire, les poignets tranchés par un rasoir, et elle tenait entre ses doigts une photo délavée sur laquelle subsiste une silhouette d'enfant. Les policiers ne se bougent guère les méninges pour découvrir son identité. Ils savent seulement qu'elle possédait un coffre dans une banque, coffre recelant quatorze mille dollars. L'inspecteur Del Carlo auprès de qui il se renseigne ne peut lui donner plus de renseignement, à savoir que pour l'instant le corps est au frigo en attente d'une éventuelle demande de la famille. Sinon elle sera enterrée ou incinérée sans autre forme de procès.

La concierge de Janet Mitchell accepte de le laisser fouiller dans les solitude2.jpgmaigres affaires de la défunte en échange de quelques dollars, et il subtilise un livre : Trésors de la poésie américaine. Un vieil exemplaire sans valeur mais qui peut mettre Jim Messager sur la trace de son inconnue. En effet un tampon de la bibliothèque municipale de Beulah, Nevada, figure sur les dernières pages. Seul indice mais il va se débrouiller avec et pour une fois il prend une grande décision. Il demande à son patron d'avancer ses vacances, fournissant un vague prétexte, et le voilà parti dans le désert du Nevada où se niche cette petite ville.

Il n'existe pas de Mitchell dans la bourgade mais il parvient à apprendre que la suicidée se nommait en réalité Anna Roebuck et tout le monde est apparemment content, satisfait de sa disparition. Il apprend qu'elle a été accusée d'avoir tué son mari, Dave, plus de six mois auparavant. Dave était un alcoolique et un coureur de jupons, il n'est regretté par personne, sauf peut-être par son frère John T. malgré les nombreux différents qui les opposaient. Ce que les villageois reprochent à Anna c'est d'avoir tué sa fille Tess avec une pierre à la tête, et de l'avoir jetée dans un puits. Des meurtres qu'elle avait toujours réfutés mais les suspicions, pour ne pas dire les certitudes sont ancrées dans l'esprit. Elle prétendait s'être rendue dans une mine proche à la recherche de petites pépites d'or comme cela lui arrivait souvent. Et qu'elle avait découvert le drame à son retour. Sans preuves elle n'avait pas été poursuivie et avait même touché l'argent de l'assurance. Puis elle s'était enfuie à San Francisco, ce qui explique sa solitude, son repli sur soi, son étanchéité à l'extérieur.

 

solitude4.jpgJim Messanger, que certains prennent pour le Messager, rencontre divers habitants du lieu, la bibliothécaire, le pasteur, sa fille, une serveuse de restaurant, le shérif, la sœur d'Anna et son fils, un ancien garçon de ferme, des hommes de main, le fameux John T. Roebuck, le seigneur régional, sa femme plus jeune que lui et alcoolique, mais à part l'un de ceux auxquels Jim est confronté, tous sont persuadés de la culpabilité d'Anna. Quand on ne veut pas se poser de questions, les apparences sont plus faciles à digérer. Pourtant la découverte de Tess dans un puits, habillée d'une robe blanche alors qu'avant sa mort elle portait un jean et une chemise, la tenue locale, est l'une des nombreuses interrogations que se pose Jim Messanger. Et pour bien lui signifier qu'il est un intrus, il échappe miraculeusement à la mort. Grâce à une force de volonté qu'il se découvre au fur et à mesure des événements il persévère. Jim possède le courage de l'inconscience, et en même temps il se révèle à lui-même. Il se sent investi d'un but sans vraiment s'en rendre compte, cela le change de son univers étriqué.

 

Ce roman donne l'impression diffuse d'être plongé dans un roman rural de Pierre Véry, Goupi Mains-Rouges par exemple. Du moins dans la partie qui se déroule dans le Nevada. Les pick-up remplacent les carrioles à chevaux, mais la mentalité est le même. Les secrets malsains et complexes qui embuent les familles, lesquelles se tiennent les coudes parce que rien ne doit filtrer en dehors de la communauté. Tous sont englués dans le mensonge. Des personnages frustres et pervers, pour la plupart imbibés d'alcool. Et malheur à l'étranger qui ose s'immiscer dans leurs petites affaires.

Le grand retour de Bill Pronzini, même si ce roman date de 1995, et l'on se demande pourquoi les éditeurs français l'ont progressivement effacé de leurs catalogues, que ce soit son éditeur emblématique, la Série Noire, puis le Fleuve Noir, Rivages et le Rocher par exemple. Il ne nous reste plus qu'à souhaiter que Denoël qui vient de prendre la relève continue dans cette voie, car il reste au moins dix-huit titres de la série du Nameless et une quinzaine d'autres romans, sans oublier ceux publiés sous pseudonymes dont celui de Jack Foxx, à traduire.

 

 

Bill PRONZINI : Mademoiselle Solitude (Blue Lonesome - 1995. Traduction de Frédéric Brument). Collection Sueurs Froides. Editions Denoël. Parution le 10 octobre 2013. 336 pages. 20,90€.

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 07:13

Hommage à Samuel Fuller né le 12 août 1912

 

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Quelques paroles échangées sur un trottoir avec des hippies, au coin d'une rue londonienne, et Charley va vivre la semaine la plus mémorable de sa carrière de cinéaste et de journaliste.

Robert et ses compagnons, hommes et femmes, décident de squatter une immense propriété abandonnée dans Mayfair, sise au 144 Piccadilly. Soixante chambres, dix salles de bains, une salle de cinéma, de quoi accueillir en toute tranquillité une communauté. Robert se réfugie derrière une loi de 1381, modifiée 1623, qui malgré ses six cents ans d'existence n'est pas caduque. C'est un pacifiste convaincu, militant, répondant à la violence par la dialectique.

Charley, cinéaste et journaliste, décide de se joindre à ces hippies bien sympathiques et qui en définitive ne font rien de mal. Ils occupent une maison ? Et alors ! Le propriétaire légitime n'avait pas à la laisser à l'abandon alors que dans Londres tant de gens cherchent à se loger. Des policiers tentent bien de s’interposer mais Robert, qui joue avec la loi en juriste éminent, annihile toute velléité de leur part. Au dehors, la foule s’amasse, alléchée par ce divertissement pour le moins inhabituel, de cette résistance et la télévision couvre l’événement.

Robert édicte ses principes à sa petite communauté : la drogue sous toutes ses formes est prohibée, de même l’exhibitionnisme et les orgies sont fortement déconseillés. Charley assiste en spectateur amusé à l’installation de cette communauté, se laissant draguer par quelques-unes des jeunes femmes. Le deuxième jour, il part en compagnie de Zyx, un Noir dont l’ambition est de fonder les Tigres — en référence aux Panthères Noires — sillonner le quartier en camion afin de récolter des subsides et d’assurer le ravitaillement. En cours de route ils sont agressés par des Skinheads — qui avaient été chassés par la communauté, — mais Charley a le dessus. Les vivres commencent à manquer et la drogue couve.

Robert, la mort dans l’âme, se résout à faire appel aux Angels. C’est introduire le loup dans la bergerie, un loup nommé Lover Boy qui investit le 144 Picadilly avec ses motos, ses compagnons, ses femmes et de la drogue. Au dehors le nombre des badauds grossit et à l’intérieur, la tension monte. Robert et sa copine Molly sont enlevés par des Skinheads qui ont réussi à s’infiltrer dans ce fort Chabrol, mais Lover Boy, Charley et quelques Angels parviennent à les délivrer. Cependant, le comportement de Lover Boy et de ses séides est de plus en plus provocateur et la drogue passe de mains en mains. Charley tente bien de raisonner Robert, mais celui-ci est toujours hostile à tout acte de violence. Et, le sixième jour, le 144 Picadilly, tel un chaudron sous un feu ardent, se met à déborder. Lover Boy, complètement dément, fait une piqûre d’héroïne à Europa, une avocate acquise à la cause des hippies, ainsi qu’à Charley, puis les unit dans un simulacre de mariage façon Angels.

 

Sam-Fuller.jpg144, Picadillyest un livre dur, sauvage, parfois à la limite de la pornographie et de la scatologie. Quelques scènes seront taxées de complaisance, principalement celles liées au sexe et à la drogue, mais ce n’est là qu’un reflet de la réalité, même si elle dépeint son paroxysme. En même temps, tout est tendresse et amour ; à l’érotisme brûlant succède la pudeur et la coexistence pacifique cède la place à un bellicisme effréné. Un véritable combat des chefs où le Bien et le Mal s’affrontent dans la ruse, la brutalité, l’excès. Mais l’espoir est toujours permis et l’altruisme forcera les portes, même si l’être humain doit se dédoubler et parfois agir comme un double honni.

Dans cette dualité constante, l’on sent également la transposition de l’écrivain dans son héros, devenu son double. D’abord détaché, Charley se trouve peu à peu impliqué dans cette revendication des squatters, les aidant à maintes reprises. Charley, cinéaste, a dix sept films à son actif et fume des cigares Castro 1 ou Cabanas — comme Fuller bien sûr. Ce roman est en fait la novélisation du scénario d’un film que Fuller ne put jamais réaliser. Mais qu’en est-il du texte original puisqu’il s’agit d’une « adaptation » et non d’une traduction intégrale ?

 

 

Sam FULLER : 144 Piccadilly. (144 Picadilly - 1971. Texte français d'après Jean-Yves Prates). Editions Ramsay. Parution janvier 1991. 300 pages.

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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 06:47

Un passeport à jour est requis !

 

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Selon la légende, Diane, Sarah, Isis et Elphécéria, les filles de la Terre, se seraient envolées en direction d'Andromède. Leur symbole représentait trois licornes. En ce temps là, les humains contrôlaient encore la planète et les Cybers obéissaient au doigt et à l'œil. Mais les multiples ratés des voyages spatiaux ont changé la donne et depuis les Cybers règnent avec à leur service des androïdes, les Andros. Bref le système solaire est dans la compote.

Murdoch, qui affiche fièrement son ascendance écossaise, et Ragnar, qui lui est descendant de Vikings, se trouvent dans la montagne tibétaine, à bord d'un 4X4 périmé. Théoriquement ils sont en vacances et en profitent pour visiter la région. Le Népal, dont l'habitant n'est pas laid, est comme les autres contrées, surveillé par des policiers Andros. Il leur est interdit de franchir les limites de zone humaine ou de s'aventurer hors des frontières du camp spatial. Ce qui n'empêche pas Murdoch et Ragnar de trouver refuge dans une espèce d'hôtel. Le réceptionniste leur demande leur carte de séjour, puis il les informe qu'ils pourront trouver des yacks à louer, avec un guide, et cent litres d'essence, liquide contingenté, pour le retour.

Les deux amis continuent ensuite leur périple sur le plateau 4000, le nouveau nom du Tibet. En réalité ce ne sont pas de vieilles connaissances, et Murdoch a approché Ragnar car celui-ci possède des autorisations spéciales tandis que Murdoch a d'autres raisons pour voyager. Son but est de retrouver une zone de fracture ignorée des Cybers. Or d'après Murdoch ceux-ci ont relâché leur surveillance depuis une centaine d'années et c'est bien pour cela qu'il a choisi cette période pour agir. Ils rencontrent des cavaliers, des autochtones, dont le chef leur offre une mule chargée d'une tente et de provision.

Ils essuient une tempête de neige, dorment sous leur tente, un peu perturbés car leur boussole est devenue folle. Enfin ils découvrent l'entrée d'un puits, dont les batteries d'ascenseur sont hors d'usage. Ils se tapent une descente de deux mille cinq cents mètres, par les escaliers de secours, pour arriver dans des salles encombrées de boîtes de conserves et de bouteilles vides. Il ne fait nul doute que des touristes se sont passés par là, des siècles auparavant. Une signature séculaire. Ragnar découvre un bijou, une boucle d'oreilles ornée de trois licornes, l'emblème des Filles de la Terre, ainsi qu'une fresque dessinée sur les parois de cristal. Quant à Murdoch il tripote une sphère incrustée dans la paroi et un changement diffus s'opère. Lorsqu'ils remontent à la surface, ils sont attendus par des cavaliers, pas les mêmes que ceux qui les avaient accueillis, et retour à leur point de départ, toujours avec cette sensation que tout en étant pareil, c'est différent. Enfin ils peuvent reprendre un avion qui les transportent jusqu'à Londres. Fin du voyage ? Que nenni ! Ragnar s'étonne, la capitale a bien changé d'aspect elle aussi. Là où des immeubles de dressaient, c'est la campagne qui règne.

Nos deux héros vont connaître de nombreuses aventures ou mésaventures, des vicissitudes, des surprises de taille leur sont réservées, tout au moins à Ragnar, car Murdoch ne semble pas perturbé par ces divergences. Ragnar retrouve son appartement, mais pas son épouse qui l'a quitté bien auparavant, et pourtant le réfrigérateur est empli de vivres et une femme, une inconnue qui semble le connaitre et dont le visage lui dit quelque chose, s'introduit chez lui, lui fait quelques recommandations dont il ne comprend pas grand chose, comme à son habitude. Seule une petite sphère trahi le passage de l'inconnue.

Vous connaissez tous les trois dimensions qui ont donné lieu à moult problèmes lors de vos années d'adolescence sur les bancs de l'école. Largeur, longueur et hauteur, mais pourquoi le précisé-je. La quatrième dimension vous est peut-être moins familière et qui désigne l'espace-temps. Et nos deux intrépides voyageurs vont justement effectuer des allers-retours dans le temps, leur premier voyage datant de l'an 6338 de notre ère. Mais quelle est donc cette cinquième dimension ? L'explication en est donnée par Louis Thirion, simplement, mais je me garderai bien de vous en signifier le sens, non point que cela me soit difficile, je n'ai qu'à recopier quelques lignes, mais bien pour préserver l'intérêt de l'intrigue. Sachez toutefois que ces nombreux déplacements dans le temps sont facilités par des bulles spatiotemporelles évoluant à travers des sortes de tunnels supportés par des points d'ancrage.

Murdoch est un personnage mystérieux dont la présence et les motivations sont mal définies, au départ, tandis que Ragnar lui est un être ordinaire, un peu naïf, qui est bousculé par les événements. Et puis il a une marotte, une obsession, celle du ketchup, de la sauce tomate. Il faut bien assouvir quelques instincts.

Louis Thirion nous entraîne dans un voyage spatiotemporel loufoque, un peu à l'image du roman de Lewis Carroll, Alice au Pays des merveilles, à la différence que Murdoch et Ragnar ne seront pas vraiment confrontés à des merveilles. C'est un peu également l'esprit burlesque du film de Mel Brooks, La folle histoire de l'Espace ou Spaceball, novelisé par Jovial Bob Stine et publié aux éditions J'ai Lu en 1987. Un moment de détente, une histoire d'Anticipation, la science-fiction n'étant qu'en arrière-plan, laissant à l'auteur la liberté d'offrir aux lecteurs une imagination débordante, foisonnante et nullement ennuyeuse comme cela arrive parfois ou qui est ressentie comme telle par des lecteurs peu averti de ce genre littéraire. C'est le point également de dénoncer la trop grande place accordée à la science par rapport à l'être humain, à la robotisation qui envahi notre quotidien, et qui nous rend esclave de la machine.

Mais l'humour qui transpire de ces pages n'est pas trop appuyé, ne tournant pas à la farce. Il est subtil, léger... intemporel...


Louis THIRION : Passeport pour la 5ème dimension. Collection Blanche N° 2011; éditions Rivière Blanche. 152 pages. 15,00€.

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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 09:14

Hommage à Joseph Bialot né le 10 août 1923

 

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L’enlèvement de son petit-fils Julien, la veille du Jour de l’An et sa reconstitution contre une énorme rançon n’abat pas Lucien Perrain. Au contraire, il se charge de remettre lui-même l’argent réclamé aux ravisseurs, dans la banlieue parisienne près d’Etampes.

Hélas la neige qui recouvre la campagne environnante d’un blanc linceul transformera cette nuit de fête en tragédie. Pour Lucien c’est un retour en arrière qui s’effectue. Les souvenirs affluent. Des souvenirs vieux de quarante cinq ans, la déportation, la vie, si l’on peut appeler ainsi l’existence larvaire dans le camp de concentration de Bonne Espérance. Des images qui s’impriment en surimpression, lui faisant perdre les esprits, la notion du temps. Et c’est le drame.

Lucien Perrain abat les deux truands chargés de la transaction. Un geste irréfléchi, impulsif, subordonné à des souvenirs poignants. Le fil ténu qui pouvait le mener à son petit-fils semble irrémédiablement cassé.

 

bialot.jpgDans ce roman, Joseph Bialot puise dans ses souvenirs personnels tout en adaptant ce qui pourrait être un fait-divers. L’humour qui imprégnait son précédent roman, « Un violon pour Mozart » n’est plus de mise. Ici, c’est le combat âpre d’un homme seul contre les éléments, contre l’adversité, contre lui-même : « Lucien Perrain vivait ainsi, tiraillé entre la nausée et cette passion féroce de respirer, de marcher, de chanter, de jouir qu’il connaissait si bien depuis quarante-cinq ans ».

Un roman qui s’inscrit directement dans la définition que Joseph Bialot donne du roman policier : « Le roman policier représente la tragédie moderne au quotidien. C’est une littérature qui permet d’explorer un univers où les situations individuelles sont poussées au paroxysme. Il y a dans tout roman noir un moment, un seul où tout bascule, où tout le code social, où tout le corps social, se trouve confronté avec sa logique à une situation affective. Et c’est le clash ». Une excellente réédition à ne pas manquer.

 

A lire également de Joseph Bialot : Votre fumée montera vers le ciel; La main courante et Ô mort, vieux capitaine...


Joseph BIALOT : La nuit du souvenir. Série Noire N° 2215, 1990. Réédition Folio Policier N°603. Parution le 16 décembre 2010. 240 pages. 6,80€.

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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 13:48

Et de miroirs...

 

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Tricher s'avère plus long, plus fastidieux et demande plus d'énergie afin de connaître les bonnes réponses lors d'un concours ou d'un examen que de réviser. Mais certains ne peuvent s'en empêcher et parfois cela débouche sur des conséquences imprévisibles.


ombres2.jpgScott Borland est un élève qui ne panique pas lors des examens. C'est un tricheur professionnel de l'université de Seattle, état de Washington, qui arrive décontracté et sait qu'il obtiendra un A+ comme résultat. Pirate informatique il déniche les sujets soit en s'infiltrant dans les ordinateurs des professeurs, soit en les écoutant discourir grâce à un astucieux système de micros disposés un peu partout dans le campus et les salles des enseignants. C'est ainsi qu'il apprend que le prochain devoir proposé par le professeur Thompson traitera des induction embryonnaires mais autre chose attire son attention. Miller, prof de génétique végétale, et Thompson se donnent rendez-vous à minuit dans une salle située en sous-sol d'un des bâtiments de l'université. Scott se promet fort d'y faire un petit tour afin de savoir ce que trament les deux enseignants.

Il vit dans un studio qu'il partage avec un condisciple, devenu son ami, Thomas Ellory, studio qui est un véritable foutoir. Si Scott est d'apparence cool et conventionnel, Thomas lui plutôt du genre hard rock gothique. Et ils ne s'embarrassent pas du ménage, laissant trainer partout canettes de soda, reliefs de pizzas et autres bricoles dont slips et chaussettes sales. Que voulez-vous, un étudiant, ça étudie (ou ça triche), ce n'est pas programmé pour le rangement.

Le lendemain matin, le professeur Thompson est retrouvé mortombres1.jpg par le gardien au milieu de l'encombrement indescriptible qui règne au premier sous-sol. L'assassin s'est acharné car les rotules, les bras ont été brisés par des coups de revolver et il a achevé sa victimes par deux balles dans la tête. Selon le légiste, l'agonie aurait duré au moins une demi-heure. Peu après les disparitions de Miller et d'un autre professeur sont enregistrées. Le capitaine Fleming est chargé de l'enquête. Fleming, qui doit faire valoir ses droits à la retraite dans quelques mois, sait qu'il doit conclure rapidement et avec brio cette affaire car il brigue la mairie de Blackstone, petite ville de la banlieue de Seattle où il vit avec sa femme dans une luxueuse villa.

 

hood-and-hood-river-valley-oregon-gino-rigucci.jpgUn peu près au même moment, à Portland dans l'Oregon, à près de trois cents kilomètres de Seattle, un cadavre calciné est découvert dans une forêt. Or bizarrement le corps a été déterré après avoir séjourné dans la terre pendant près de quatre ans. Près de lui des papiers, eux aussi a moitié brûlés sont retrouvés. Un peu plus loin, une pelle et deux jerricans ont été oubliés, sciemment sans aucun doute. Le lieutenant Lorenzo arrive aussitôt sur place et procède aux premières constatations en compagnie de ses adjoints. Grâce à l'informatique et une recherche sur les personnes disparues depuis quatre ans, ainsi qu'à l'étude du crâne par comparaison, il s'avère que le défunt est un peintre assez renommé disparu sans laisser de traces. Il s'agit de Joseph Ziegler dont l'art pictural lorgnait du côté gothique, inventant une nouvelle tendance, le Crash. De même les papiers permettent de découvrir l'identité supposée de celui qui a défoui le corps. Et cela mène les enquêteurs sur la piste de Martin Bosc, un adolescent qui n'a plus donné de ces nouvelles le même jour que la disparition du peintre.

Lorenzo est un dipsomane, consommant jusqu'à deux litres de Portland_Oregon.jpgBourbon ou whisky par jour. C'était un roc, il l'est encore apparemment, mais il est en proie à des vertiges et des tremblements lorsqu'il n'a pas ingurgité sa dose quotidienne d'alcool. Cette addiction a été provoquée trois ans auparavant par la perte de sa femme et de deux de ses enfants. Un chauffard les avaient fauché dans la file d'attente du cinéma. Seul Miles, le petit dernier âgé maintenant de cinq ans a survécu. Et une suspension plane sur sa tête, qui par ailleurs est toujours abritée par un bonnet noir informe. Et la suspension va tomber quelques jours plus tard, à cause d'une grosse bavure funeste, ce qui ne va pas l'empêcher de continuer coûte que coûte son enquête. Toutefois, il réussit auparavant à contacter la tante de Martin Bosc et découvre quelques éléments qui vont l'aider dans son enquête, une photo notamment. Martin Bosc avait perdu ses parents une dizaine d'années auparavant, d'un accident de voiture, et il s'en était sorti miraculeusement. Lorenzo rencontre également Anouk Stern, la psychothérapeute qui a eu Martin Bosc comme patient.

 

Bientôt ces deux affaires vont se rejoindre et Lorenzo, accompagné de la psychothérapeute, se rend à Seattle où Fleming sue sang et eau, il pèse cent-quarante kilos pour un mètre quatre-vingts, pour traquer le coupable. Heureusement Fleming est aidé par Scott le pirate, qui lui délivre des infos, des conseils, des marches à suivre, des pistes, par messages téléphoniques. Et il ne peut se rebeller ni se retourner contre son informateur trop bien renseigné, car celui-ci connait trop de secrets sur sa vie privée et ses comptes bancaires.

 

Une intrigue tirée au cordeau, millimétrée et surtout minutée dans le temps. L'histoire débute le mardi 24 juin 2014 à 10h23dans le comté de Hood River, dans l'Orégon, lorsque Lorenzo arrive sur les lieux de la crémation de cadavre, mais dans le chapitre suivant, nous somme invité à suivre Scott à l'université de Seattle, état de Washington, le lundi 23 juin 2014 à 13h55. Ensuite par le jeu subtil entre les allers et retours de lieux et dans le temps, nous arrivons jusqu'à la fin de l'enquête, assez brutale, jusqu'au lundi 30 juin 11h45. Entre-temps, le lecteur n'aura guère le temps de souffler en suivant notre trois protagonistes principaux.

Mais d'autres portes s'entrouvrent et le lecteur pourra s'immiscer dans le domaine des savants fous, des biologistes et chercheurs agronomes dans une exploration des organismes génétiquement modifiés pour des profits mercantiles. Bien entendu, le FBI n'est pas loin, et le lecteur ne sera pas déçu de se rendre compte que derrière l'agence fédérale, le gouvernement états-uniens joue un double-jeu. Enfin, et c'est une découverte pour moi, l'un des sujets traités est celui du syndrome de Beckermann, ou Trouble de la Personnalité Glissante, qui explique les motivations du tueur, et ce sans vouloir entrer dans des détails qui défloreraient trop l'intrigue.

Un roman qui n'a rien à envier aux formatés Américains, et qui promet de beaux jours à son auteur. Décidemment les éditions Critic nous réservent de belles et bonnes surprises, souvenez-vous des trois romans de David S. Khara dont le dernier en date est Le projet Morgenstern ou encore Goodbye Billy de Laurent Whale, et souhaitons leur de continuer dans cette voie de découverte d'auteurs possédant le sens de la narration allié à une imagination qui ne doit rien aux stages d'écriture.


Ivan ZINBERG : Jeu d'ombres. Editions Critic. Collection Thriller. Parution le 6 mai 2014. 510 pages. 20,00€.

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 12:27

Christian Mantey est né le 5 septembre 1941 à Paris, dans le XIVème arrondissement, arrondissement parisien cher à Georges Brassens, John Williams qui se fit connaître dans les années soixante avec les interprétations de Je suis un nègre, Si toi aussi tu m’abandonnes ou OK Corral, et plus près de nous Renaud.

Christian Mantey fréquente l’école primaire, lycée jusqu'en 3ème, mantey.jpggrouillot dans un cabinet de métreurs à Paris, avec travail sur les chantiers en parallèle pour lier la technique et la pratique; monteur de chaudières au forfait; puis apprenti-métreur dans une boîte de chauffage et de clim du Quai de Valmy; engagement pour 3 ans dans les Sapeurs Pompiers de Paris; employé à la sécurité incendie chez Citroën à Nanterre; vendeur de journaux au kiosque le Figaro à la sortie du métro Sablons; régisseur pour une boîte de production de documentaires et films de maintenance; bouquiniste à mi-temps à Suresnes; contrat avec le Fleuve Noir en février 1968 et auteur en Spécial Police et Anticipation jusqu'en 1984 où il part chez Gérard de Villiers pour écrire la série JAG avec Pierre Dubois, le célèbre dessinateur et passionné elficologue, spécialiste des lutins et des fées, avec lequel il a commis Survivance et Shea au Fleuve sous le pseudo de Budy Matieson, deux volumes qui préfiguraient la série JAG forte de 35 volumes, série où sont venus se greffer Joël Houssin, Serge Brussolo, et Christian Vila pour un seul volume… qu'il avait d'ailleurs confié à un nègre !!!

Un passage à vide l'oblige à stopper l'écriture et il est trop tard pour reprendre JAG aux dires de l'éditeur; alors il écrit une douzaine de Blade avant de quitter l'écurie de Villiers; il se reconverti alors dans la vente de livres jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de la retraite, durant laquelle il pense souvent recommencer à écrire mais il n'existe plus de maison d'édition de genre comme à l'époque…

 

A NOTER que j'ai omis de parler d'une collaboration avec Jean Philippe Berger qui nous a permis de sortir 3 volumes au Fleuve sous le pseudo J CH Bergman; d'un livre érotique que j'ai écrit  chez de Villiers  "l'amour à quatre mains" signé Pierre Pauhljac, et la coécriture d'un scénario et dialogue d'un téléfilm pour TF 1 dans la série "  VAN LOC "intitulé "Victoire aux poings"; et aussi la coécriture d'un scénario de BD chez Glénat, second épisode de Silien Melville intitulé "retour de manivelle "… 

 

 Voilà en gros son pédigrée, rien au niveau diplôme que son Certif comme on disait à l'époque, et une vie quelquefois compliquée mais dont il ne regrette pas une seconde. Et comme c'est un homme discret, qui a répondu obligeamment à mes quelques questions, je n'ai pu obtenir de photo de lui. Tout au plus a-t-il ajouté que Pierre Dubois est bien le conteur/dessinateur/elficologue passionné du monde de l’invisible; il se pourrait même que nous reprenions une collaboration d’ici peu…. 

 mantey6.jpg

Anticipation

728 : Transit pour l'infini (1976)

755 : Black planet (1976)

1093 : Titcht (1981)

1193 : L'Effet Halstead (1983)

1219 : Wild life connection (1983)

1280 : No man's land (1984)

 

Spécial Police

738 : Un Safari pas comme les autres (1969)

783 : Le Même, en noir (1970)

845 : L'Encagé volontaire (1971)

882 : Les Arcans (1971)

923 : Le Dernier bravo (1972)

953 : Commission desperados (1972)

1052 : Les Aussi pires (1973)

1093 : Meurtre à la ligne (1974) Dans Meurtre à la ligne, il met en scène Joëlle Goron (qui fut l’une des journalistes présentatrices d’émissions de Christine Bravo dont Frou-Frou et est également scénariste de téléfilms) et son mari Jean-Jacques, ses amis alors inconnus du grand public.mantey5.JPG

1106 : Six personnages en quête d'un tueur (1974)

1113 : Poupée de sire, volées de plomb (1974)

1155 : Un Chasseur dans la ville (1975)

1179 : Témoin (1975)

1233 : Mourir à Cefalu (1976)

1325 : Moi, un flic... (1977)

1383 : Timothy superflingue (1978)

1400 : De l'autre côté d'ailleurs (1978)

1633 : Le Même, en noir (Rééd. de 783) (1981)

1688 : L'Encagé volontaire (Rééd. de 845) (1981)

1731 : Mourir à Cefalu (Rééd. de 1233) (1982)

1821 : Les Arcans (Rééd. de 882) (1983)

1835 : Commission desperados (Rééd. de 953) (1983)

1916 : Mégapolice (1984)

 mantey1

Sous le pseudo de Budy Matieson :

Collection Anticipation 

1019 : Survivance (1980)

1135 : Shea (1982)

 

Sous le pseudo de J. Christian Bergman :

Collection Anticipation

914 : Palowstown (1979)

952 : Homme, sweet homme... (1979)

993 : Apocalypse snow (1980)

 

Sous le pseudo de Jeffrey Lord, collection Blade

120 - Le cimetière des hommes machines (1998)

122 - Les rebelles de Terra Nova (1998)mantey2.jpg

128 - Les titans de Jadalgad (1999)

130 - Les convulsions du temps (2000)

132 - L'agonie de la planète sans ciel (2000)

138 - Le dieu nu de Belina (2001)

143 - L'Empire du Milieu (2002)

 

Sous le pseudo de Zeb Chillicote, collection Jag.

Editions Plon:

1- Pierre Dubois + Christian Mantey : Jag le félin (1985

2- Pierre Dubois + Christian Mantey : Le collier de la honte (1985

3- Pierre Dubois + Christian Mantey : La compagnie des os (1985)

4- Joël Houssin + Christian Mantey : La poudre de vie (1985)

5- Joël Houssin + Christian Mantey : Le peuple ailé (1986)

6- Joël Houssin + Christian Mantey : Le monde fracturé (1986)

7- Joël Houssin + Christian Mantey : La ville piège (1986) mantey3.jpg

8- Serge Brussolo + Christian Mantey : Les hommes tritons (1986)

9- Joël Houssin + Christian Mantey : La cité de fer (1986)

10- Serge Brussolo + Christian Mantey : Les tourmenteurs (1987)

11- Joël Houssin + Christian Mantey : Le maître des orages (1987)

12- Christian Mantey : Le doigt du seigneur (1987)

13- Joël Houssin + Christian Mantey : Le cœur noir (1987)

14- Serge Brussolo + Christian Mantey : Les enfants du feu (1987)

 

Presses de la Cité (1988 - 1989)

15- Joël Houssin + Christian Mantey : Les yeux d'encre (1988) mantey4.jpg

16- Christian Mantey : Les vierges de pierre (1988)

17- Christian Mantey : L'île de lune (1988)

18- Christian Mantey : Désert mécanique (1988)

19- Christian Mantey : Les mangeurs d'âmes (1989)

20- Christian Mantey : Les ventres mous (1989)

21 - Jacques Barberi + Christian Mantey : Station labyrinthe (1989).

22 - Christian Mantey : Cloaque bay (1989)

23 - Christian Mantey : Destination apocalypse (La saga de l'arche 1)  (1989).

Vaugirard (1990 - 1995)

24- Christian Mantey : La mort métal (La saga de l'arche 2)  (1990)

25- Christian Mantey : Métalmorphose (La saga de l'arche 3)  (1990)

26- Christian Mantey : Les faiseurs d'acier (La saga de l'arche 4)  (1990)

27- Christian Mantey : Les naufragés de l'arche (La saga de l'arche 5)  (1990)

28- Christian Mantey : L'univers du barillet (L'univers du barillet 1)  (1991)

29- Christian Mantey : Les portes de lumière (L'univers du barillet 2)  (1991)

30- Christian Mantey : Les loups d'Osborne (L'univers du barillet 3)  (1991)

31- Christian Mantey : Noire prairie (L'univers du barillet 4)  (1992)

32- Christian Mantey : Ceux du miroir (L'univers du barillet 5)  (1992)

33- Christian Mantey : L'oiseau de cristal (L'univers du barillet 6)  (1992) 34- Christian Mantey : Les guerriers de verre (1994)


Sous le pseudo de Pierre Pauhljac, collection Les érotiques de Gérard de Villiers. Editions Garancière :

L'amour à quatre mains (1988)

 

Vous pouvez retrouver un article consacré à quelques romans de Christian Mantey sur Action-Suspense.


 

 


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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 13:17

Ah le bon temps des B.D. petits formats...

 

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Cette année la collection les Petits Polars du Monde innove en proposant de mettre plus en valeur les illustrateurs et en leur consacrant trois volumes en bandes dessinées. Après Anthony Pastor qui combine illustrations et scénario avec Le cri de la Fiancée, Jean-Christophe Chauzy au dessin et Marc Villard pour le scénario dans Tango Flamand, c'est au tour de Mako d'étaler son talent avec comme complice Didier Daeninckx dans ce nouvel opus.

La colombophilie est un sport très prisé dans la région Nord-Pas de Calais qui compte pas moins de dix mille pratiquants, sur les vingt mille recensés en France. Et Stéphane est l'un d'eux.

mako1.jpgAlors qu'il regagne son usine avec sa camionnette transportant ses précieux volatiles, il reçoit sur son téléphone portable un message lui signifiant qu'il est licencié. Une façon un peu cavalière de lui apprendre que la boite va fermer et qu'ils vont tous se retrouver au chômage. Pour Stéphane, comme pour les autres d'ailleurs, c'est la tuile. Le délégué syndical fait ce qu'il peut, c'est à dire organiser un piquet de grève mais les CRS sont déjà sur place bloquant le passage. Personne ne peut sortir, personne ne peut entrer. Mais que va faire Stéphane de ses oiseaux qui ont l'habitude de crécher dans un local attribué au comité d'entreprise de l'entreprise ?

Chez lui il est accueilli froidement par sa femme qui lui reproche de trop boire pour noyer ses difficultés et peut-être de la tromper. D'ailleurs elle a décidé de faire ses valises. Alors il se réfugie dans son café habituel, marmonnant ses malheurs au patron qui n'en peut mais. Deux clients de passage l'entendent se plaindre du sort réservé à ses pigeons voyageurs, alors que lui-même est pris pour un pigeon par son employeur, et lui proposent un petit travail.

 

Ecrire que cette histoire ne vole pas bien haut serait prétexte mako.jpgà un mauvais jeu de mot, mais il est vrai que si j'attendais plus au départ du scénario de Didier Daeninckx, le format ne se prêtait guère à un long développement. Toutefois, cette histoire s'inscrit dans l'air du temps, malheureusement, et me fait penser à un épisode réel, qui n'est pas celui évoqué par Didier Daeninckx.

Dans les années 1970 à 1990, des pigeons voyageurs étaient utilisés pour transporter des prélèvements sanguins à fins d'analyses entre l'hôpital de Granville et le laboratoire d'analyses d'Avranches, soit vingt six kilomètres environ. Didier Daeninckx a imaginé une autre utilisation qui n'est pas bête pour ces bestioles ailées et est peut-être déjà exploitée.

Les dessins de Mako sont précis, réalistes, en symbiose totale avec l'histoire et les lieux. Les décors sont finement dessinés avec de nombreux détails, de même que les personnages, mais en privilégiant ce qui est grave, important au détriment du futile.


MAKO & Didier DAENINCKX : Les pigeons de Godewaersvelde. Petits Polars du Monde N°10. Parution 06 août 2014. 64 pages. 2,50€.

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
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