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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 04:21

Je ne sens plus
Ma différence
Quelque chose me drape
Quelque chose me tue
Quelque chose m'attaque
Je ne la sens plus
Ma différence…

Daniel CARIO : Le sourire du lièvre.

Leur première rencontre, c’était dans la cour de l’école privée de Saint-Mériac, dans les environs de Quimper, en cours préparatoire.

Pourtant c’était comme si elles s’étaient regardées dans une glace, seule la couleur de cheveux les différant l’une de l’autre. Sinon on aurait pu dire qu’elles étaient jumelles, tellement elles se ressemblaient. Jusqu’au bec-de-lièvre qui ornait leur lèvre supérieure.

Marie est la fille adoptive d’un riche notable, qui dirige une entreprise de pompes funèbres, qui ne connait pas la crise, vivant dans un grand manoir situé à la lisière de Saint-Mériac. Hubert Lesvêque et sa femme ont un fils âgé de quatre ans de plus que Marie. Maurice est un fourbe, un être chafouin, qui n’a de cesse d’importuner Marie. Hubert est colérique tandis que sa femme se laisse embobiner par son mari. Marie a été adoptée par madame Lesvêque, malgré l’avis de son mari, parce qu’ils ne pouvaient avoir d’autres enfants, mais elle est un peu la souffre-douleur du foyer. Elle a été recueillie alors qu’elle n’avait que quelques jours, n’ayant pas été déclarée, et ne possède que pour seul bagage une petite médaille en argent qu’elle garde précieusement par devers elle.

Jeanne est la fille d’un vannier qui vit seul dans une maison isolée, dans les bois, mais assez proche toutefois du manoir des Levesque. La mère est décédée trop tôt, et le vannier a reporté toute son affection et son amour sur sa fille. Il n’est pas riche même s’il a trouvé un petit pécule caché dans cette fermette.

Entre les deux gamines, aussitôt, s’élève comme une bulle dans laquelle elles sont enfermées, n’écoutant pas les railleries des autres élèves. Seule leur institutrice les affectionne, ainsi que la directrice dans un moindre sentiment toutefois. Elles deviennent deux sœurs inséparables, au grand plaisir du vannier, tandis que le père Lesvêque et sa femme s’offusquent de cette alliance qu’il juge hors norme. Sa fille ne doit pas frayer avec la fille d’un romanichel, ainsi considère-t-il le vannier. Tandis que Maurice continue à taquiner, à harceler Marie. Les Lesvêque préférant ne rien voir, le gamin ayant toujours raison selon eux.

Jusqu’au jour où le père Lesvêque, dont l’entreprise de pompes funèbres prend de plus en plus d’importance, décide de séparer les deux gamines, envoyant sa fille dans un institut privé catholique dans une ville voisine. En réalité il s’agit d’une usine à fabriquer des religieuses. Les deux fillettes correspondent et les années passent jusqu’au jour où Marie s’évade de cette institution qu’elle exècre, six ans après y avoir été enfermée.

Marie et Jeanne, qui ont alors treize ans, vont pouvoir se retrouver mais le drame éclate, d’une part à cause d’une ronce enfoncée dans la main de Jeanne, et d’autre part par un nouvel harcèlement de Maurice, qui à dix-sept ans veut se prouver qu’il est un homme auprès de Marie.

Marie est portée manquante et Lesvêque, qui n’est pas charitable, accuse le vannier de cacher sa fille. Les années passent, la guerre est déclarée et la soldatesque nazie envahit la Bretagne. Le petit village n’est pas épargné et le manoir de Lesvêque sert alors de quartier général.

 

Ce roman, qui comprend cinq parties, aurait pu être scindé en deux tomes, tellement la première partie, axée sur l’amitié des deux gamines, aurait suffit pour alimenter l’intrigue. La seconde partie, qui est plus orientée sur les démêlés du vannier et de sa fille face à la haine qu’entretient Lesvêque qui s’adonne de plus en plus à la boisson, plonge le lecteur dans les affres de la guerre, l’Occupation et la Résistance.

La première partie est titrée La rencontre, la troisième et la quatrième L’Occupation et La Résistance, et la dernière La révélation. Et la deuxième me demanderez-vous ? Son titre est trop révélateur pour que je le dévoile, mais vous pouvez toujours compulser cet ouvrage chez votre libraire préféré, puisqu’il est considéré, et ce n’est que justice, comme commerce essentiel.

Certains passages sont poignants, notamment lorsque la Résistance entre en conflit avec l’Occupant, des hommes considérés comme des terroristes par les Nazis, des Résistants par les Bretons, du moins la plupart, car d’autres trouvent leur compte dans la présence de la soldatesque allemande. Comme quoi les actions sont interprétées différemment selon que l’on se place d’un côté ou de l’autre des belligérants. Et la versatilité des individus est conditionnée par les avis des uns et des autres.

Si ce roman est l’éloge de l’amitié et du droit à la différence, sociale et physique, c’est aussi celui du secret qui souvent prévaut dans les campagnes profondes. Secret familial évidemment avec l’origine indéterminée des enfants abandonnés. S’y ajoute un petit côté fantastique lorsque la fille du vannier est reconnue comme une guérisseuse par l’imposition des mains. Mais il est vrai que l’influence des guérisseurs, des rebouteux, était forte dans la population, à tort ou à raison.

Un roman que l’on ne peut lâcher en cours de lecture tant l’intrigue est habilement élaborée, réservant de nombreuses surprises et sautillant de rebondissement en rebondissement.

Daniel CARIO : Le sourire du lièvre. Collection Terres de France. Editions Presses de la Cité. Parution le 11 mars 2021. 542 pages. 21,00€.

ISBN : 9782258192829

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1 avril 2021 4 01 /04 /avril /2021 04:00

Dans les plaines du far-west, quand vient la nuit…

BUFFALO Bill : A la rescousse ou Les francs-tireurs à cheval

Un cow-boy parfois se repose, même lorsque l’on s’appelle William Cody, alias Bill Cody, alias Buffalo Bill. Mais il est toujours sur ses gardes et ne dort que d’un œil.

Allongé dans l’immense plaine de l’Arkansas près d’un massif de cotonniers, il entend une galopade dans le lointain. Son fidèle cheval, Bucksin, lui aussi a perçu le bruit émanant de sabots. Un cri de femme résonne ainsi que des coups de feu.

Bientôt une jeune fille juchée sur un petit cheval bai est poursuivie par une bande de brigands. Mais l’animal butte et Alice, c’est ainsi que la nomme le chef de ses poursuivants, se trouve en fort mauvaise posture. Heureusement Buffalo Bill est là, chevalier sauvant la veuve et l’orphelin, et les jeunes filles en péril.

Sans viser, Buffalo Bill tire trois balles avec sa carabine. Bilan, deux hommes à terre, ainsi que le cheval du chef, Jack Corters, qui se prétend colonel et est surnommé le Loup de la prairie. Bravache, il préfère toutefois déguerpir ainsi que ses hommes.

Buffalo reconnait en la jeune fille Alice Enfield, dont le père tient l’Agence indienne, un grand magasin fournissant tout ce dont ont besoin Blancs et Rouges. Alice s’est enfuie, ayant eu des différents avec son père qui l’a élevée. Mais Enfield veut récupérer sa fille, et Buffalo Bill ne peut s’élever contre l’autorité paternelle. Alice dit à Buffalo, avant de le quitter, de se méfier d’un certain Hankins, un sang-mêlé, un fourbe qui fricote avec les Cheyennes mais également avec son père.

Seulement les Cheyennes patrouillent dans la région. Heureusement, quatre hommes, des employés de Buffalo Bill arrivent à la rescousse, mettant en fuite les indiens. Puis Buffalo et ses hommes se rendent chez sa mère où vivent ses deux sœurs et leurs maris, leurs enfants, ainsi que les employés, souvent des amis.

Bientôt un orage suivi d’une tempête éclate et Hankins se présente à la ferme de Ruby Creek, le domaine de la famille Cody. La loi de l’hospitalité prévaut, et il est invité à se restaurer. Blessé, Enfield se réfugie dans la ferme, accusant Jack Corters d’avoir enlevé Alice. Jack Corters revanchard passe à l’attaque avec sa bande. Une des gamines est grièvement blessée. Fourbe, Hankins l’est réellement puisqu’il déclare sa flamme à Lotty, l’une des femmes de la maison. Mais les malheurs de Lotty ne sont pas terminés, car Hankins profite d’un moment où ils sont seuls pour hypnotiser la jeune femme et l’enlever.

Buffalo et ses compagnons se lancent à la poursuite de la bande de Jack Corters qui est allié avec les Cheyennes. Mais Buffalo trouve de l’aide avec une autre ethnie indienne, les Ogallallas, grâce à l’entremise de la reine Allanah qui règne sur la tribu depuis quelques décennies.

Les deux camps s’affrontent dans l’île aux Ours mais leurs déboires ne sont pas terminés. De nombreux combats ponctuent cette intrigue dont le dénouement réserve quelques surprises familiales.

 

L’on retrouve dans cette histoire un Buffalo Bill différent de ses précédentes aventures. Il n’est pas soldat et son combat est axé contre des bandits et des indiens. Plus particulièrement les Cheyennes, considérés comme les mauvais garçons. Mais en contrepoint, les Ogallallas sont eux des bons sujets, de bons indiens, et donc il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier. D’ailleurs, la plupart du temps, les indiens incriminés sont mené par des blancs, des hors-la-loi, plus virulents que les autochtones.

En fait, l’Arkansas était alors le rendez-vous d’une quantité de gens sans aveux qui, pour les colons honnêtes du pays, constituaient un bien plus grand danger que les Indiens avec qui les fermiers étaient en lutte perpétuelle. La manière dont les hommes rouges pratiquaient la guerre, tout abondante qu’elle fût en ruses et en traîtrises, pouvait être qualifiée de loyale en comparaison de la lâche et ignoble perfidie que déployaient les voleurs blancs pour arriver à leurs fins.

 

BUFFALO Bill : A la rescousse ou Les francs-tireurs à cheval (Buffalo Bill’s Rifle Rangers – A story of Rough Riding Rescue). Fascicule 3. Parution éditions Eichler 1906-1908.

Réédition : Ebooks libres et gratuits. Parution février 2018. 113 pages.

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31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 04:35

Meilleur que le bain du même nom ?

Max-André DAZERGUES : Le cocktail de minuit.

La fête bat son plein à l’Elyséeum, un luxueux music-hall de l’avenue des Champs-Elysées, et surtout dans les coulisses. Le spectacle mis en scène par Maxime Frémy, le directeur, vient d’être joué pour la deux-centième fois et la vedette principale, Gladys Damour, est ovationnée. Elle doit se produire pour les Etats-Unis.

Naturellement Maxime Frémy est aux anges, mais il n’est pas le seul. L’amant de la charmante chanteuse, le banquier Abel Berhmann, ne peut que se réjouir, car le succès enregistré par sa maîtresse rejaillit sur lui. Seul peut-être Mimi d’Olso, le chanteur florentin, un individu chafouin, ressent une pointe de jalousie.

Berhmann invite chez lui à une petite fête quelques-uns des participants à cette prestation qui vient de se terminer. En sortant il remarque une des danseuses, une des Darling Girls, et elle lui tape dans l’œil. Et il se renseigne auprès de Mimi d’Olso. Comme à son habitude, à minuit, délaissant ses invités, Berhmann se rend dans son bureau afin de déguster son cocktail de minuit qu’il ingurgite quotidiennement à la même heure.

Ignorant l’attrait qu’elle suscite, Colette Denis rentre chez elle, dans sa mansarde où elle vit avec sa mère souffrante. Leur jeune voisin, Georges Serrières, s’enquiert de leur santé. Il est si prévenant avec Colette.

Dans un journal, il repère une petite annonce dans laquelle il est précisé qu’on recherche un secrétaire particulier. Pas de nom mais un numéro. Il se rend au journal, puis au domicile du particulier qui n’est autre que le banquier Berhmann. Celui-ci engage le jeune homme mais à une condition, que Georges soit à sa disposition vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Comme Georges a besoin de se refaire une santé financière il accepte, mais ne peut prévenir immédiatement son amie Colette.

Berhmann demande à Mimi d’Olso de lui organiser une entrevue avec Colette, et la jeune fille, confiante se présente au domicile du banquier. Elle accepte une coupe de champagne puis Berhmann tente de la prendre dans ses bras. Quoiqu’elle soit un peu grise, Colette se défend. C’est à ce moment que Georges entre inopinément dans la pièce et surprend Colette dans les bras de son patron.

Aussitôt il imagine que son amie cède aux avances de son patron alors qu’il n’en est rien, au contraire. Il coupe les ponts avec la pauvre Colette. Un peu plus tard, la banque Berhmann connait de sérieuses difficultés de trésorerie, mais Berhmann n’en a cure. Il continue à déguster son cocktail de minuit. Jusqu’au jour où il est découvert mort dans son fauteuil. Empoisonné. Crime ou suicide ? Georges est soupçonné de meurtre.

 

Comme souvent, un roman sentimental peut cacher une histoire policière.

Le cocktail de minuit est une œuvre de jeunesse, avec ses défauts et ses qualités, et malgré certaines coïncidences troublantes, l’intrigue tient la route, avec un épilogue dont on se doute mais qui est toutefois bien amené.

Par la suite Max-André Dazergues rédigera des intrigues plus abouties, toujours dans le registre sentimentalo-policier, mais en se renouvelant.

Max-André DAZERGUES : Le cocktail de minuit. Collection Mon livre favori. Editions Ferenczi. Parution 5 août 1929. 64 pages.

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30 mars 2021 2 30 /03 /mars /2021 04:37

Admirez la sobriété de la couverture !

Jo BRIX : Tirez les premiers.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, la vedette allemande S-121 a pour mission de patrouiller en Mer du Nord et de surveiller les déplacements des navires britanniques et les convois américains apportant ravitaillement et matériel aux Russes.

Le capitaine de corvette Karl Winkler est d’abord un soldat allemand, embringué dans une guerre qu’il subit sans partager l’idéologie nazie. Au contraire de l’enseigne de vaisseau Thielen, jeune viking blond aux yeux d’acier, qui lui est résolument nazi.

Ne confondez jamais un soldat allemand et un soldat nazi, lui intime-t-il alors qu’il surveille avec ses jumelles le Heinkel abattu par des Spitfires au dessus de leurs têtes. Mais le brouillard les empêche de distinguer le lieu d’amerrissage des parachutistes.

Deux autres vedettes rapides allemandes sillonnent également la mer. Bientôt la S-121 est engluée dans un des convois. Un destroyer se lance à leur chasse mais ils parviennent à lui échapper. Un cargo lourdement chargé se présente quasiment face à eux mais il est accompagné par un croiseur qui n’hésite pas à lancer des torpilles.

Les deux autres vedettes allemandes arrivent rapidement sur place mais elles sont victimes des tirs nourris des escorteurs allemands. La S-121 parvient à échapper aux navires alliés et retrouve sur sa route le cargo. Le capitaine, après avoir reçu les ordres de l’état-major tranquillement installé à l’abri à terre, fait envoyer des torpilles sur le cargo.

Le bâtiment est touché et ils récupèrent trois naufragés. Un vieil homme grièvement blessé et deux jeunes femmes, des Suédoises, sont recueillies. La Suède est un pays neutre, n’est pas en guerre et donc les naufragés sont étrangers au conflit. Le vieil homme décède rapidement et il est immergé.

La vedette joue au chat et à la souris avec les navires alliés. Le brouillard et le froid s’intensifie et la navigation s’effectue au radar. Elle va rencontrer un navire qui s’avère être un leurre puis plus problématique, un sous-marin.

Mais à bord la tension est vive entre le capitaine, vieux marin expérimenté, et l’enseigne de vaisseau, un jeunot imbu de lui-même, ayant obtenu ses galons sur les bancs de l’école, mais fanatique. Et la présence des deux jeunes femmes n’arrange pas la situation.

 

Ce bon roman consacré à un épisode de la guerre maritime entre l’Allemagne et les Alliés était probablement destiné à la collection Feu lorsqu’il a été écrit. Mais celle-ci fut sabordée en 1975.

Et sous le pseudonyme de Jo Brix se cachait un romancier du Fleuve Noir, Roger Maury, qui eut quelques démêlés avec cette maison d’éditions à cause, notamment, de sa collusion avec Henry Trémesaigues, qui avait fondé la sienne, employant de nombreux auteurs sous divers alias maison.

C’est ainsi que furent publiés, outre Roger Maury, Piet Legay ou encore Roger Vlatimo, un vieux routier du roman populaire souvent sous des pseudonymes conjoints.

Tirez les premiers est solidement charpenté, documenté, seulement, collection oblige, des épisodes érotiques se sont greffés sur l’intrigue. Etaient-ils prévus dès le départ, ou ont-ils été ajoutés pour justifier le titre de la collection Warsex, l’auteur ne nous le dévoilera plus puisque Roger Maury est décédé en 2016.

Toute l’action se déroule sur la vedette, unité de lieu, en une journée et une nuit, unité de temps, avec l’antagonisme entre deux hommes qui se dressent l’un contre l’autre et dont les idées sur la guerre sont diamétralement opposées.

Et dire qu’il y avait toujours quelques idiots pour croire en la valeur des généraux, des amiraux… Des types comme les autres, oui ! Comme les politicards qui menaient le monde. Comme le grand et superbe Reichführer. Des types à qui on élèverait des statues si on gagnait et que l’on vomirait si on perdait. Des types qui retireraient la gloire d’avoir fait tuer des milliers d’hommes sans jamais connaître de la guerre autre chose que ce qu’ils lisaient dans les fameux rapports.

Jo BRIX : Tirez les premiers. Collection Warsex N°017. Editions Promodifa. Parution 2e trimestre 1976. 192 pages.

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26 mars 2021 5 26 /03 /mars /2021 04:50

Sans conservateur !

Henri CHRISTIAN : Sorbet au sang.

Il neige sur Oléron, La Tremblade et Marennes. Un temps peu propice pour sortir en 4L. N’est-ce pas messieurs les gendarmes qui vous retrouvez les roues en l’air, au fond d’un ravin, groggys comme si vous aviez percuté une moissonneuse-batteuse-lieuse. Voiture et, plus embêtant, radio inutilisables.

Que faire dans ce cas ? Tout simplement rentrer à la gendarmerie à pied.

En cours de route nos deux pandores rencontrent bien des motards mais ceux-ci sont également en panne. Ils continuent leur promenade forcée en espérant trouver âme qui vive, mais en hiver, toutes les habitations, essentiellement des résidences secondaires, sont désertes. Pourtant un téléphone serait le bienvenu, afin de prévenir les collègues et sortir de la panade dans laquelle ils sont plongés.

Pendant ce temps, Albert Simin, dit le Cow-boy, procède à une attaque en règle en compagnie d’autres malfrats. Tout avait été pensé, conçu de main de maître et l’attaque de la diligence, pardon, du fourgon blindé, a lieu comme prévu.

Quelques balles sont échangées, des corps restent sur le tapis enneigé, mais ce sont les aléas du métier. Ce qui n’était pas prévu, c’était ce fameux accident qui favorise des rencontres avec la maréchaussée, rencontres non souhaitées.

Ce roman dû à deux journalistes, Henri Bovet et Christian Gonzalès, est mené rondement et se lit rapidement. Un roman au style qui mêle lyrisme d’avant-garde et argot désuet. Déconcertant mais pas dénué d’intérêt.

Henri CHRISTIAN : Sorbet au sang. Collection Beretta 9 mm N°4. Editions Fleuve Noir. Parution octobre 1989. 160 pages.

ISBN : 9782265041783

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25 mars 2021 4 25 /03 /mars /2021 05:39

Pourtant ils ne sont pas sur la paille !

Richard Martin STERN : La moisson de la violence

Tout comme son prédécesseur en littérature, John Steinbeck, Richard Martin Stern est né en Californie, et c’est tout naturellement qu’il prend pour décor de l’intrigue dans certains de ses romans cet état de l’ouest des Etats-Unis.

La moisson de la violence est tout proche des thèmes développés par Steinbeck dans A l’est d’Eden et dans Les raisins de la colère, quoique selon Richard Martin Stern ce dernier roman fut dénigré par la plupart des Californiens qui ne s’y reconnaissaient pas. Et qui ne reflétait pas la stricte vérité, ce qui est évidemment un point de vue subjectif. Des analogies évidentes foisonnent entre ces ouvrages mais le développement, l’écriture, ainsi que la période au cours de laquelle ces événements sont narrés, s’avèrent différents.

La crise économique ensuite, et un livre Les raisins de la colère qui exaspéra agriculteurs et industriels dans toute la vallée. Un tas de mensonge, à les entendre, les choses n’allaient pas si mal, pour personne. Peut-être.

 

En 1849, la ruée vers l’or provoque l’arrivée de nombreux pionniers en Californie. Ces migrants désirent s’enrichir le plus rapidement possible mais bien souvent il ne s’agit que d’un miroir aux alouettes. Les familles Meyer et Stanfield font partie de ces nouveaux venus dans l’état qui a proclamé son indépendance en 1846, interdit l’esclavage et s’est doté d’une constitution en 1849, intégrant l’Union américaine en 1850.

La famille Stanfield préfère investir dans le foncier et lorsque nous faisons la connaissance de ces deux familles, George Stanfield est à la tête d’un immense domaine agricole tandis que Karl Meyer dirige une banque prospère. Ils sont cousins par leurs ancêtres et leurs enfants suivent un parcours différent des parents.

Peter, âgé de vingt ans et le fils de George, est animé d’idées plus ou moins révolutionnaires, anarchistes. Il vit seul en ville dans un taudis, et fréquente très souvent son cousin Paul, le fils de Karl. Sa sœur Ellen, dix-sept ans, est désignée comme la maîtresse de maison, sa mère étant décédée lors de l’accouchement. Elle est plus raisonnable, la tête sur les épaules, mais cela ne l’empêche pas de rejoindre son frère et son cousin, s’ébattant nue dans les eaux du canal d’irrigation.

George possède ses bureaux à San Francisco mais grâce à son frère Scott, le domaine agricole est en pleine expansion. Fruits et légumes sont récoltés, le raisin étant traité, selon son espèce, en consommation de table ou transformé en raisin sec.

Les ouvriers agricoles sont payés avec un lance-pierre, mais sont assez nombreux pour que les patrons refusent d’embaucher même pour une paye au rabais.

Mais l’orage gronde parmi la population et les autres petits exploitants. Outre le domaine agricole, la famille Stanfield possède des puits de pétrole et surtout des forages hydrauliques. Et les fermiers sont ulcérés que leur eau soit détournée au seul profit des Stanfield.

Le bâtiment abritant la déshydrateuse pour fruits séchés est incendié et l’appareil est détruit. Plus grave, il est à déplorer la mort d’un des gardiens, tandis que l’autre est blessé mais incapable décrire les agresseurs. Le shérif est chargé de l’enquête mais d’autres faits se sont déroulés précédemment et se produisent par la suite.

Le père de George, sénateur à Washington, et Jane, sa sœur célibataire et sexagénaire qui vit en Europe, s’installent au domaine. Peter pendant ce temps recueille une routarde, Benji, dix-sept ans, qui paie en nature son hospitalité.

 

Drames en tous genres et problèmes sentimentaux ponctuent cette intrigue, un peu longuette, d’une saga familiale. La description de l’ascension d’une famille de migrants qui arrive à s’imposer en Californie lors de la ruée vers l’or et à dominer fermiers et hommes politiques. Naturellement, ces parvenus ont empiétés sur leurs concitoyens, moralement, financièrement, sociologiquement non sans laisser de traces indélébiles. Ils règnent en maître sur la Vallée, étant à l’origine de la ville de Stanhope qu’ils contrôlent via des pressions, des dessous de table et des largesses.

Pourtant alors que des attentats sont perpétrés, que des grèves traduisent les revendications des cueilleurs, les tensions familiales enveniment cette union de façade.

Ce roman, cette intrigue, qui n’est pas sans rappeler d’autres ouvrages, dont ceux de Steinbeck déjà évoqués, est proche également dans l’esprit des séries télévisées qui passionneront des millions de téléspectateurs, Dallas et Dynastie à la fin des années 1970 et courant 1980. Le rêve américain dans toute son ampleur et ses méfaits.

Richard Martin Stern a été publié en France en Série Noire, dans la collection L’Aventure Criminelle et  aux Presses de la Cité.

Richard Martin STERN : La moisson de la violence (Standfield Harvest - 1972. Traduction Alexandre Ralli). Collection Toison d’or N°26. Editions Jean Goujon. Parution 2e trimestre 1980. 448 pages. Première édition : Editions de Trévise 1975.

ISBN : 286291099

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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 05:46

Mais parfois le jeu tourne au drame !

Maurice PERISSET : Les maîtresses du jeu.

Immobilisée dans un fauteuil roulant depuis l’accident qui coûté la vie à son mari, le docteur Pascal Delorme, Marie-Laure a décidé de se lancer dans l’écriture de romans policiers.

Une de ses nouvelles a été publiée, ce qui constitue un encouragement notable. Pour écrire ce roman, elle met en scène ses familiers, ses proches. Mais prémonition ou hasard, elle est sujette à des visions qui malheureusement se réalisent.

Par exemple, son ami Félix, son ex-amant, est retrouvé mort, la tête dans la vase dans un canal d’irrigation. Une mort qui arrive fort mal à propos, ou bien, c’est selon, puisque de nombreux projets deviennent ainsi caducs.

Gilles, le fils de Marie-Laure, ne pourra pas passer quelques jours en mer à bord du yacht de Félix, tandis que d’autres se frottent les mains. Le lotissement Les vergers du Lez ne sortira pas de terre et l’harmonie de la nature ne sera donc pas détruite.

 

Maurice Périsset nous livre ici un très beau livre de mœurs provinciales, à l’atmosphère étouffante, proche du style de Simenon, mais à l’intrigue plus travaillée et à l’écriture plus soignée.

Ce roman a d’ailleurs permis à son auteur d’obtenir le Prix de la Ville de Reims, prix qui s’ajoute à ceux déjà obtenus : Prix du Quai des Orfèvres, Prix du Suspense français, Prix Moncey.

A signaler que Maurice Périsset est également l’auteur de quelques biographies consacrées à Gérard Philippe, Jean Gabin ou encore Simone Signoret.

Maurice PERISSET : Les maîtresses du jeu. Collection J’ai Lu Policier N°2570. Editions J’ai Lu. Parution avril 1989. 320 pages.

ISBN : 9782277225706

Première édition : Editions du Rocher. 1984.

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23 mars 2021 2 23 /03 /mars /2021 04:32

Être une femme libérée, ce n’est si facile…

Marcelle DAVET : La lueur dans la nuit.

Cachée derrière un pilier de l’église de la Madeleine, Marianne Marcy assiste au mariage de son dernier amant en date. Elle est quelque peu dépitée, mais elle saura rebondir, comme à chaque fois.

Elle se remémore son enfance auprès de ses grands-parents, son passage au théâtre de Montauban où elle a été repérée grâce à sa voix harmonieuse, puis son entrée au conservatoire de Toulouse, sa présence à l’Opéra de Paris, son mariage avec le Prince Savouroff, l’assassinat de celui-ci lors de la révolution russe d’octobre 1917, son emprisonnement puis sa fuite facilitée par un rustre avec lequel elle a couché en guise de remerciements, puis son retour à la Paris, où elle connait le succès sur les planches de l’Opéra.

Cette remontée de souvenirs a été déclenchée également à la lecture d’un article d’un journal annonçant la présence d’Olga Savouroff, épouse Karl von Forbak, sa belle-sœur. Aussitôt elle se précipite à l’hôtel où réside cette princesse qu’elle aimait bien et est accueillie bras ouverts.

Olga s’inquiète pour la santé de son fils. L’air de Berlin ne lui convient pas et il doit s’installer quelque temps dans le Sud de la France. Mais il lui tarde de rejoindre son mari dont elle est toujours follement amoureuse. Marianne lui propose alors de s’occuper de son fils puisqu’elle-même va se rendre sur sa terre natale, à Montauban.

Elle retrouve le jeune homme, prénommé Eitel, qui a dix-huit ans et ne paraît pas si mal en point que cela. Et le jeune homme commence à lui faire une cour effrénée qu’au début elle repousse. Mais bientôt ils se retrouvent dans le même lit. Au grand contentement d’Eitel et d’elle-même car elle a toujours aimé l’amour et sa pratique charnelle.

Mais Eitel, malgré son jeune âge est imbu de sa petite personne, suffisant, et Marianne n’est qu’une passade à ses yeux. Bientôt Marianne fait la connaissance d’un militaire, le commandant Jean de Sermoy, et entre eux débute une histoire d’amitié suivie d’une histoire d’amour. C’est par hasard qu’il apprend l’identité de scène de Marianne, mais aussi ses précédentes frasques amoureuses. Pourtant cette fois, Marianne ne joue pas.

 

Marcelle Davet, plus connue sous le nom de Michel Davet par ses nombreux romans publiés chez Plon et aux Presses de la Cité notamment, fut une romancière prolifique dès les années 1930 jusqu’au début des années 1980.

Née Hélène Marty, le 2 décembre 1905 à Catus dans le Lot, elle est décédée le 16 novembre 1990 à Paris, dans le 16e arrondissement. Selon certaines sources (Babelio et Wikipedia), elle aurait emprunté son nom de plume à sa grand-mère, dont c’était le nom de jeune fille, et serait restée célibataire, sans enfant. Des informations qui se contredisent puisqu’elle se serait mariée avec le docteur Davet.

Elle a également signé sous les pseudonymes de Madeleine Bru et Laura Mirandol. Son roman Douce a été adapté au cinéma par Claude Autant-Lara, l’héroïne étant interprétée par Odette Joyeux.

Avec La lueur dans la nuit, elle nous propose un étonnant portrait de femme, libre avant l’heure, ayant eu de nombreux amants, mais n’étant pas une femme vénale. Une amoureuse tout simplement, profitant de la vie et des hommages, ou des circonstances parfois dramatiques tout en y trouvant malgré tout son plaisir.

Comme elle le déclare elle-même :

J’ai mené la vie libre des hommes et, jusqu’à ce jour, je pensais que c’était mon droit.

Ce qui était permis aux hommes était interdit aux femmes. Rappelez-vous ces mères de famille qui déclaraient, cachez vos poules, je sors mon coq, parlant de leurs fils.

Marcelle Davet dans ce roman, à l’écriture soignée, égalait la pensée de ces romancières qui se sont fait une célébrité littéraire dans le combat de la femme pour la parité, l’égalité sexuelle, et autre, telles que Renée Dunan, Colette, Françoise d’Eaubonne et bien d’autres, mais n’a pas atteint la gloire à laquelle elle aurait pu prétendre, étant éditée chez un éditeur populaire dont la production était trop prolifique pour marquer les esprits.

 

Marcelle DAVET : La lueur dans la nuit. Collection Le Livre favori N°1146. Editions Ferenczi. Parution 2e trimestre 1954. 64 pages.

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22 mars 2021 1 22 /03 /mars /2021 05:05

Guide touristique, un métier de tout repos ?

Philippe WARD : Comuna 13.

A cause d’indélicatesses dénoncées par l’IGPN, Sébastien Rafeou a été obligé de quitter son emploi de policier et de dire adieu à sa retraite. Alors il s’est expatrié en Colombie devenant en premier lieu garde du corps, ce qui ne le changeait guère de son premier emploi, puis il a trouvé le bon filon en devenant guide touristique à Medellin.

Les touristes ne manquent pas et il connait les endroits susceptibles de les intéresser comme le Graffiti tour, ainsi dénommé pour les nombreuses fresques picturales qui ornent les murs. Ainsi, à chaque fois qu’il les entraîne dans Comuna 13, un quartier déshérité de Medellin, il ne manque d’effectuer une pause chez Anna Lucia qui prépare le meilleurs jus de canne à sucre de la ville, voire du pays, le vendant un prix dérisoire.

Ce jour-là, Anna Lucia remet à Sébastien un bijou, un pendentif dans lequel est inséré une émeraude. Puis elle lui de venir la rejoindre le lendemain car elle veut lui confier un secret concernant Griselda Blanco.

Ouvrons une parenthèse : Griselda Blanco, la première narcotrafiquante, présentée comme le mentor de Pablo Escobar, a été assassinée à Medellin le 3 septembre 2012 par des inconnus en moto qui lui logent deux balles dans la tête. Fermons la parenthèse.

Le lendemain, Sébastien, se rendant au rendez-vous fixé par la vieille dame, découvre son cadavre. Il assiste à son enterrement et rencontre Maribel Cifuentes, la petite-fille d’Anna Lucia. Il lui parle de son pendentif et ils sont d’accord pour envisager que le bijou aurait pu être offert par Griselda Blanco à son amie.

Maribel est une ancienne des FARC, et elle est profondément antifasciste. Elle désire se présenter à la mairie de Medellin afin d’y faire le ménage. Seulement, un personnage convoite lui aussi le trésor présumé de Griselda Blanco. Il aborde Sébastien et lui met le marché en main. Non seulement il désire le pendentif mais le trésor de Griselda, persuadé qu’Anna Lucia lui a fait des confidences.

Ce personnage n’est autre que Lozano, le petit-fils de l’empereur de l’émeraude, mais il n’a pas la stature de son aïeul. Ce qui ne l’empêche pas d’être toujours accompagné de ses gardes du corps et de ses sicaires.

Débute alors une véritable guerre entre Lozano et ses hommes, et l’équipe constituée par Sébastien et Maribel. Sébatien et Maribel trouvent des alliés de circonstance, mais sont-ils fiables ? C’est à l’usage qu’ils pourront en juger.

Et le lecteur les suit de Medellin à Bogota en passant par Salento pour finir à Facatativa, échappant aux tueurs lancés à leur poursuite, eux-mêmes à la recherche d’un improbable trésor. Sébastien démontre qu’il n’a pas perdu ses réflexes d’ancien policier et tout naturellement, une histoire d’amour se greffe sur cette trame.

 

A début de cette intrigue, le lecteur a l’impression d’avoir déjà lu maintes fois ce genre d’histoires de tueurs, de courses poursuites, de trésors et de trafiquants. Mais Philippe Ward renouvelle habilement le thème pour offrir, entre fiction et réalité, un opus qui hypnotise au fur et à mesure que l’on entre dans cette succession de péripéties mouvementées.

Cela aurait pu pencher vers un petit côté fantastique, le thème s’y prêtait, avec les bijoux d’origine Muiscas ou Chibcha, du nom de la peuplade indigène qui vivait dans les hautes terres de la Colombie au temps de l’invasion espagnole.

Documenté sans être un guide touristique ou historique pesant, Comuna 13 est un bon roman d’action, d’aventures, agréable à lire et qui au fur et à mesure du développement de l’intrigue devient de plus en plus envoûtant.

Mais il est dommage que subsistent quelques coquilles typographiques, que ne peut relever un logiciel de correction orthographique, parfois savoureuses telles que celle-ci :

Maribel gémit de plus en plus fort, sans se retenir et jouit d’un seul cou.

 

Pour se procurer cet ouvrage, rien de mieux que se rendre sur le site de l’éditeur en pointant le curseur de votre souris sur l’un des liens ci-dessous :

 

Philippe WARD : Comuna 13. Collection I Cal ana. Hors Série 77. Editions Rivière Blanche. Parution 1er mars 2021. 280 pages. 20,00€. Existe en version numérique : 4,99€.

ISBN : 978-1-64932-053-7

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 05:21

Les caviars de Sturgeon.

Theodore STURGEON : Fantômes et sortilèges.

Ne vous attendez pas à côtoyer des fantômes comme si vous étiez en promenade dans un château écossais. Dans ces nouvelles de jeunesse de Theodore Sturgeon, il s’agit plus de surnaturel, et parfois d’une forme de transmission de pensée de la part de certains protagonistes.

Theodore Sturgeon œuvre dans le fantastique classique, traditionnel, ce qui n’est pas déplaisant, au contraire. Il permet au lecteur de nos jours de retrouver la fraîcheur qui émaillait des textes lesquels demandaient à celui-ci d’imaginer quelques scènes au lieu de les subir.

Parfois, l’on sent une influence dictée par les grands anciens, ceux du début du XXe siècle dans l’écriture et le thème choisi. Ainsi, dans Une cargaison, nous retrouvons l’ambiance maritime chère à William Hope Hodgson.

Il s’agit d’un cargo promis à la réforme aux Etats-Unis, durant la Seconde Guerre Mondiale, et qui part effectuer une livraison avec à bord des marins qui devraient se trouver sous les verrous. Bientôt ce cargo ne répond plus aux directives du Pacha malgré les tentatives des marins à lui faire garder le cap. Une entité surnaturelle semble maître à bord et entraver son voyage. Jusqu’à une certaine limite puisque ce cargo pourra rejoindre le continent américain après avoir dérivé jusqu’aux abords du détroit de Gibraltar.

Plus que les fantômes qui ne sont pas présents, ce sont des forces surnaturelles qui guident les protagonistes dans leurs décisions, les influent, les guident, les obligent à se conduire d’une manière différente de ce qu’ils souhaiteraient.

Entre sortilèges et coups du sort, entre essence littéraire de la fin du XIXe siècle et celle de la fin du XXe, ce recueil nous offre des possibilités de s’insérer dans des esprits qui dérangent le bon ordonnancement du cours de la vie, des envies des protagonistes et de leur destin.

 

Au sommaire de ce recueil, huit nouvelles écrites entre 1940 et 1948, réunies par Marianne Leconte et traduite par Eric Piir.

Sommaire :

Le bouffon caratique (Shottle Bop - 1941),

La hantise (The Haunt - 1941)

Les mains de Bianca (Bianca's Hands - 1947)

Une cargaison (Cargo - 1940)

Pas de quoi perdre la tête (Derm Fool - 1940)

L'ombre d'une chance (Ghost of a Chance / The Green-Eyed Monster - 1943)

La cafarde (Blabbermouth - 1947)

Ci-gît Syzygie (It Wasn't Syzygy - 1948)

Theodore STURGEON : Fantômes et sortilèges. Collection Le Masque fantastique N°4. Editions Librairie des Champs-Elysées. Parution 1er trimestre 1978. 256 pages.

ISBN : 2702406807

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