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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 05:55

Le cas ravage du Caravage.

 

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L’arrivée au domaine de la Josselière est toujours un événement joyeux pour la famille de Rosmadec, et plus particulièrement pour Clémence qui va retrouver son ami le peintre Paul Gauguin. Artiste elle même, elle peint et sculpte, elle est à même d’apprécier la compagnie et les conseils avisés de son maître et de ses compagnons, Emile Bernard et quelques autres.

Mais ce retour à la demeure ancestrale est entaché d’un drame. Albertine, la jeune sœur de Clémence, et Hélène, la fille d’une servante, sont tellement heureuses, qu’elles décident de dormir ensemble afin de pouvoir papoter en toute liberté. Mais en pleine nuit, deux malfrats s’introduisent dans le château et dérobent un dessin du Caravage, découvert à Malte par le grand-père Rosmadec. Les deux jeunes filles entendent les deux malfrats et Hélène descend l’escalier afin de connaître l’origine du raffut. Les deux voleurs s’emparent de la gamine et poignardent mortellement Hector un vieux valet de la famille. Albertine tombe, s’empêtrant les pieds dans la rambarde. Lorsqu’elle revient à elle, elle est atteinte d’une forme d’aphasie. Seulement les deux cambrioleurs pensent s’être emparés de la descendante des Rosmadec et ils réclament en échange de sa liberté une forte somme d’argent.

Clémence et son ami Gildas tentent de retrouver la piste des ravisseurs en enquêtant dans les ports de la côte et jusque sur l’île de Groix, mais à chaque fois ceux-ci se sont déjà défilés. Heureusement Clémence qui possède un solide coup de crayon et ne se départit jamais de son carnet de croquis, dresse des portraits robots. En compagnie notamment de son oncle François, médecin, elle quitte la Josselière afin qu’Albertine puisse consulter à Paris le professeur Charcot, aliéniste réputé pour ses miracles dans le domaine médical, utilisant l’hypnotisme comme traitement.

Profitant de son séjour dans la capitale elle enquête dans les milieux de l’art, en compagnie de ses deux amis, Bouboule et Antoine, dont le lecteur a déjà fait la connaissance dans La Noyée du Pont des Invalides. Par Romain, un jeune homme qui travaille dans la salle des ventes de l’hôtel Drouot, elle apprend qu’un dessin du Caravage va être mis en vente, mais fait inhabituel chez le peintre, ce document est signé. Elle reconnaît l’esquisse qui a été dérobée et assiste donc aux enchères. Elle se renseigne sur le vendeur et l’acheteur. Un nouveau coup de théâtre se produit lorsqu’un jeune adolescent, Pierre, dont les parents sont des familiers de la famille Rosmadec, disparaît au cours d’un voyage qu’il effectuait en Bretagne, sur les traces de la randonnée effectuée par Flaubert et de Maxime du Camp en 1847.

 

Dans ce troisième volet Clémence se montre toujours aussi charmante, intrépide, hardie, persévérante, téméraire et obstinée. Elle n’hésite pas à effectuer de longs voyages, entre Douarnenez, Morlaix, Carhaix, Etretat en compagnie de Gilles le frère aîné de Pierre, afin de traquer les ravisseurs de celui-ci et d’Hélène, l’amie de sa sœur. Elle surmonte les embûches et fait des rencontres saisissantes, telle celle de Gustave de Maupassant, le père de Guy, et découvre les lieux où ont vécu Courbet, Maupassant fils, Corot, Degas et tant d’autres. Yves Josso propose une balade au pays de l’art pictural et littéraire, sans pourtant se montrer pédant. D’ailleurs, il est amusant de lire, via la réplique d’un de ses personnages cette répartie qui ne manque pas de sel : “ On se croirait dans un roman de Jules Verne quand l’auteur croit bon, pour épater son lecteur, de se lancer dans des explications techniques ou théoriques ! Personnellement je saute ces pages ennuyeuses, je les passe… ”. Et qui de nous, enfants, avons pu aller jusqu’au bout des déclinaisons des familles, espèces, groupes, sous-groupes et j’en oublie, des noms de poissons débités en litanie dans Vingt mille lieux sous les mers ? Les captifs de Cornouaille est un roman qui s’inscrit comme un pur bonheur de lecture dans la lignée des maîtres du populaire du XIXème siècle, la maîtrise de l’écriture en plus.

Du même auteur, dans la même collection :  Eté meurtrier à Pont-Aven et  La noyée du Pont des Invalides.


Yves JOSSO : Les captifs de Cornouaille. Collection Grands Détectives N° 4243. Editions 10/18. Juillet 2009. 8,10€.

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commentaires

Lystig 18/10/2012 22:16

quel jeu de mots !!!!

Oncle Paul 19/10/2012 14:16



 Merci



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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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