Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
Un recueil de nouvelles du grand William Irish, cela se déguste, le soir, tranquillement lové sur son divan, alors que dans la cheminée pétille joyeusement un feu de bois. Car ne vous y trompez pas, ce n’est pas parce que ces nouvelles ont été à l’origine éditées dans la mythique
revue Black Mask aux Etats-Unis, qu’elles ont été écrites comme sorties d’un même moule.
L’amateur d’exotisme se régalera avec Le signal d’alarme, une sombre histoire de maharadja et de pierres précieuses, tandis que le cinéphile trouvera son compte avec On tourne, une façon bien particulière de se débarrasser d’une étoile montante. L’œil trouvé prouve que le troc est toujours à l’avantage de quelqu’un, certes, mais qu’il faut se méfier des objets dont on ne connait pas la provenance. En haut des marches atteint le paroxysme du suspense. Faut dire que le protagoniste de cette histoire, un condamné à mort, a l’espoir chevillé au corps. Mais perdra-t-il la tête à cause d’une femme ? Stupéfiant reprend l’un des thèmes majeurs dans l’œuvre de Irish. : le cas d’un homme qui se réveille, du sang maculant ses vêtements, avec l’impression d’avoir côtoyé un cadavre, et qui va tenter de résoudre cette énigme : a-t-il oui ou non tué un homme, un soir de déprime, et où ? Un meurtrier bien distrait prouve que le crime parfait n’existe pas, même si vous avez mis tous les atouts de votre côté et que vous ne vous êtes pas laissé distraire, pour une fois.
Des nouvelles sur lesquelles planent l’humour noir, féroce de William Irish, mais aussi un machiavélisme littéraire jamais ou rarement atteint. Le tout précédé d’une préface, sobre, de Jean-Patrick Manchette. On ne se lasse pas de redécouvrir William Irish et de se laisser entraîner dans son univers, mélange de pessimisme et d’optimisme, de rigueur et d’ingénuité.
William IRISH : Black Irish. Collection Grands Détectives n° 1971, éditions 10/18.