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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 07:41

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Plus connu sous son véritable patronyme de René Escudié, auteur dramatique, il écrit surtout des romans, des contes et des nouvelles pour les enfants et les adolescents, anime des ateliers d’écriture et participe à des formations d’animateurs et d’enseignants aux pratiques de l’écriture. Il est né le 24 octobre 1941 à Clermont-Ferrand.

Une correspondance personnelle avec l’auteur révèle un peu plus l’auteur : « Je me suis mis à écrire un roman policier à cause de ma maman. Ma mère était un caractère fort et je ne le suis pas moins. Nous avons passé notre vie, jusqu’à sa disparition, à discuter de tout et de rien, l’un ou l’une prenant toujours le contre-pied de l’autre. Quand j’ai décidé de quitter une profession commerciale somme toute honorable pour un emploi de veilleur de nuit dans une station-service, elle n’a rien dit. Elle s’attendait à quelque chose de ce genre depuis qu’à sept ans j’avais décidé de devenir écrivain. Et je pense qu’elle a été satisfaite et peut-être fière de mes premières créations théâtrales. Mais quelque chose la titillait : l’argent. Née fille de fonctionnaire et femme de fonctionnaire, elle avait toujours désiré pour ses enfants la sécurité de l’emploi et la sûreté du traitement. Or les maigres droits d’auteur et la bourse éthique qui me fut alors accordée ne me permettaient pas de quitter mes pompes. Elle commença donc alors à me dire qu’il vaudrait peut-être mieux que j’écrive des choses moins hermétiques mais plus rentables, du boulevard par exemple ou du roman policier. Et moi, je lui rétorquais que ce n’étaient là que propos bourgeois et que j’étais en train de construire une Oeûûûvre ! Et que de toute manière, boulevard et policier étaient des genres trop faciles et que ça ne m’intéressait pas. Jusqu’au jour où maman trouva la réponse magique : Tu dis ça, mais peut-être qu’il faut du talent… Je rentrai chez moi, enfilai deux feuilles séparées par un carbone sur le rouleau de mon amour de petite Olivetti Valentine et commençai à taper. Neuf jours après, je pris une des deux piles de feuilles, la collai et y mis une couverture sur laquelle j’inscrivis ce qui était ma conviction profonde : MINABLES STORY plus un pseudonyme tiré du surnom que me donnait ma grand-mère juste un peu américanisé, le «r’né » devenant Lernay précédé d’un Virgil clin d’œil personnel. Puis je pris une enveloppe et y inscrivis l’adresse du Fleuve Noir. Quinze jours, après je recevais un contrat. Un mois plus tard, un chèque dont je me mis à compter les zéros à plusieurs reprises. Et quelque temps plus tard d’autres qui me permirent d’avoir l’apport personnel à l’achat de ma maison. Ma mère avait raison.

Que s’était-il passé ? D’après ce que j’ai appris plus tard de la bouche de François Richard, directeur littéraire du Fleuve Noir que j’avais invité à la première de ma pièce Gigogne au TEP (où Minables Story fraîchement imprimé trônait dans le décor de Cueco) : Le manuscrit arriva un matin au Fleuve Noir. La fille de Patrick Siry (lui aussi directeur littéraire) avait rendez-vous avec son père, celui-ci étant occupé elle commença à lire Minables Story qu’elle avait emprunté sur le bureau de la secrétaire. Au bout de quelques pas, elle se dit : voilà un sujet pour mon oncle. Son oncle était Georges Roitfeld, producteur de cinéma. Elle prit le téléphone et lui raconta le sujet et Roitfeld dit qu’il l’intéressait pour le réalisateur Raoul André qui était en perte de vitesse. Il prit donc une option sur les droits et le Fleuve Noir s’empressa bien sûr de le publier. Le film ne se fit pas, mais pendant près de deux ans, les chèques arrivèrent régulièrement. Ma mère avait raison… »

Que dire de plus que ce que René Escudié m’écrivit au mois de juillet 2003 ? Qu’il apprécie les feuilletonistes du XIXème siècle. Autre petite anecdote : Il lit n’importe quoi, n’importe qui, étant un lecteur absolu. « Quand j’étais enfant, ma mère se réjouissait que le papier hygiénique ne fut pas imprimé. Nous n’avions qu’un WC ».

 

Voir ma chronique de Minables Story

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